Le Nouvelliste

mardi 09 septembre 2008.

[Élections fédérales - 15 oct. 2008]

Rubrique - ACTUALITÉ

Elle aurait dû refuser

Le 3 mai 2007, le gouvernement Harper fait adopter une loi instituant la tenue d'élections date fixe, soit : « le troisième lundi d'octobre de la quatrième année civile qui suit le jour du scrutin de la dernière élection générale.

Cette mesure devait assurer une plus grande transparence dans le système électoral en empêchant le gouvernement de déclencher des élections à une période opportuniste. De plus, cette loi établissait des balises au gouverneur général avant d'accepter de dissoudre la chambre.

A mon avis, madame Michaelle Jean n'a pas respecté l'esprit de cette partie de la loi en acquiesçant à la demande de monsieur Harper. Cette obéissance servile démontre bien la soumission du gouverneur général au premier ministre et le caractère d'inutilité de ce poste dans notre système démocratique. En effet, il n'y avait aucune crise au Parlement canadien. Les conservateurs passaient tous leurs projets de loi au rouleau compresseur, tellement l'opposition était impuissante. D'ailleurs, monsieur Harper l'a affirmé publiquement dans son premier discours à la sortie du bureau de madame Jean. I1 a déclaré en substance qu'il avait rempli toutes ses promesses, mis de l'avant des projets visant l'environnement, 1'énergie, les relations avec le Québec, la défense, etc. Alors, quel est le problème qui le pousse à déclencher des élections avant terme?

Les partis d'opposition n'ont jamais été aussi vulnérables et en particulier le Parti lib6ral. En effet, à la suite des manœuvres douteuses des Trudeau, Chrétien, Martin et compagnie, les anglophones ne pouvaient demander mieux que d'immoler un francophone sur l'autel de l'oubli; ils n'étaient pas assez inconscients pour brûler un de leurs bons candidats anglophones dans une élection qu'ils étaient certains de perdre. De toute manière, vu les circonstances, monsieur Dion n'a aucune chance de réussir, peu importe ses qualités personnelles. Certains premiers ministres ont été choisis pour accomplir le sale boulot tout en permettant aux anglophones de ne pas se mouiller. Juste à voir les députés anglophones assis derrière monsieur Chrétien, lorsqu'il « plantait » les députés du Bloc, et le large sourire qu'ils arboraient en disait long.

D'autre part, le Bloc québécois ne présente pas de danger de prendre le pouvoir puisqu'il n'a pas d'appuis dans 1'Ouest. Tant que les partis d'opposition ne s'uniront pas pour former un troisième parti qui a des racines tout pays, il n’y aura pas de vraies élections démocratiques.

Le bipartisme est 21 la base même de la corruption électorale, puisque les électeurs n'ont pas réellement de choix, c'est toujours bonnet blanc, blanc bonnet. Lorsqu'un premier ministre se vante d'avoir rempli toutes ses promesses électorales et qu'il bafoue une loi sur la transparence qu'il a lui-même fait adopter, je n'aimerais pas le voir à la tête d'un gouvernement majoritaire.

Gaétan Yelle
Trois-Rivières, QC

Gateyel@hotmail.com Courriel

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