Le Nouvelliste

07 Novembre 2008.

[Élections provinciales - 8 décembre 2008]

Des élections, pour assurer la stabilité parlementaire?

À l’instar du fédéral qui nous a plongé, sans raison dans une élection prématurée, monsieur Charest a voulu, lui aussi, tenter de forcer la main des électeurs. Monsieur Harper se formalise peu de bafouer, même sa propre loi qui prévoit des élections à date fixe. L’opportunisme politique est bien ancré dans les traditions britanniques.

Dans la même foulée, monsieur Charest réclame un mandat fort pour contrer la crise financière. Pour lui cela signifie un gouvernement majoritaire. Cependant, les États généraux de février 2003 optaient clairement pour la représentation proportionnelle et des élections à date fixe. Consultation inutile car Monsieur Charest a accouché « d’une réformette » qui n’a rien changé au pouvoir de décision du citoyen. Il préfère forcer les députés à voter « selon la ligne de parti » même si ça va à l’encontre des électeurs de son comté. Ce système mène à des aberrations comme : le parti Québec solidaire aux dernières élections n’a pas eu de représentant au parlement, même s’il avait environ 5% des votes.

De même, en 2000, Mario Dumont était le seul représentant à l’Assemblée nationale, même s’il avait rapporté près de 15% des suffrages.Malheureusement, au Canada, nous conservons jalousement le modèle moyenâgeux, immigré de la Grande-Bretagne. Ce modèle basé sur la tradition ne colle plus du tout à notre réalité canadienne et parfois mène à des réactions bizarres. Par exemple, je comprends mal pourquoi monsieur Charest a « pété les plombs » parce que ce n’est pas un membre de son parti qui a été élu Président de l’assemblée, pourtant, cette nomination a été le résultat d’un vote en bonne et due forme. Comme l’opposition réunie, forme la majorité en chambre, il était tout à fait normal qu’elle élise un représentant de leur parti.Une fois calmé, monsieur Charest aurait dû se rendre compte qu’il n’est pas nécessaire d’être majoritaire pour fonctionner. Il suffit d’un vrai dialogue qui débouche sur un consensus. Ça, l’opposition l’a compris, L’attitude « I’AM THE BOSS » ne mène nulle part, et surtout, prive une majorité d’électeurs de leur droit au chapitre.

En terminant, je m’en voudrais de ne pas mentionner le tournant historique que le peuple américain a pris mardi dernier en élisant pour la première fois, un Président d’origine afro-américaine. Contre toute attente, la population a mis fin à huit ans de dictature militariste. Barack Obama a gagné son pari en prouvant que les Noirs peuvent aussi espérer aux plus hauts postes, même avec le seul financement du « Petit Peuple.» Le slogan qu’il a martelé :« YES WE CAN », oui « Oui nous pouvons »à condition d’y mettre beaucoup d’efforts, un travail acharné et une grande persévérance. Voici donc la preuve qu’une tradition politique ça peut se changer; à condition de le vouloir et d’en être convaincus. Espérant que ce vent d’ouverture vers les autres et cette volonté de partage de la richesse soufflera aussi vers le Nord.

Gaétan Yelle
Trois-Rivières, QC

Gateyel@hotmail.com Courriel

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