Le Nouvelliste

le mardi 11 novembre 2008.

Rubrique : Actualité

Un système archaïque.

À l'instar du fédéral qui nous a plongé, sans raison, dans une élection prématurée, monsieur Charest a voulu, lui aussi, tenter de forcer la main des électeurs. Monsieur Harper se formalise peu de bafouer même sa propre loi qui prévoit des élections à date fixe. L'opportunisme politique est bien ancré dans les traditions britanniques. Dans la même foulée, monsieur Charest réclame un mandat fort pour contrer la crise financière. Pour lui, cela signifie un gouvernement majoritaire.

Cependant, les états généraux de février 2003 optaient clairement pour la représentation proportionnelle et des élections à date fixe. Consultation inutile, car monsieur Charest a accouché d'une reformette qui n'a rien changé au pouvoir de décision du citoyen. I1 préfère forcer les députés à voter selon la ligne de parti même si ca va à l'encontre des électeurs de leurs circonscriptions. Ce système mène à des aberrations comme le fait que le parti Québec solidaire, aux dernières élections, n'a pas eu de représentant au parlement, même s'il avait environ 5 % des votes. De même, en 2000, Mario Dumont était le seul représentant à1'Assemblée nationale, même s'il avait remporte près de 15% des suffrages.

Pas nécessaire d'être majoritaire pour fonctionner.

Malheureusement, au Canada, nous conservons jalousement le modèle moyenâgeux immigré de la Grande-Bretagne. Ce modèle, basé sur la tradition, ne colle plus du tout à notre réalité canadienne et parfois mêne des réactions bizarres. Par exemple, je comprends ma1 pourquoi monsieur Charest a pété les plombs parce que ce n'est pas un membre de son parti qui a été élu président de 1'Assemblée nationale, pourtant cette nomination a été le résultat d'un vote en bonne et due forme. Comme l'opposition réunie forme la majorité en chambre, il était tout à fait normal qu'elle élise un représentant de l'opposition.

Une fois calmé, monsieur Charest aurait dû se rendre compte qu'il n'est pas nécessaire d'être majoritaire pour fonctionner. I1 suffit d'un vrai dialogue qui débouche sur un consensus. Ça, l'opposition l'a compris. L'attitude « I am the boss » ne mène nulle part, et surtout, prive une majorité d'électeurs de leur voix au chapitre.

Je m'en voudrais de ne pas mentionner le tournant historique que le peuple américain a pris en élisant pour la première fois un président d'origine afro-américaine. Contre toute attente, la population a mis fin à huit ans de dictature militariste. Barack Obama a gagné son pari en prouvant que les Noirs peuvent aussi espérer aux plus hauts postes, même avec le seul financement du « petit peuple. »

Le slogan qu'il a martelé : « Yes we can », oui nous le pouvons à condition d'y mettre beaucoup d'efforts, un travail acharné et une grande persévérance. Voici donc la preuve qu'une tradition politique ça peut se changer à condition de le vouloir et d'en être convaincus.

Espérant que ce vent d'ouverture vers les autres et cette volonté de partage de la richesse, soufflera aussi vers le nord.

Gaétan Yelle
Trois-Rivières, Qc

Gateyel@hotmail.com Courriel

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