Le Nouvelliste

06 Novembre 2008.

Rubrique - ACTUALITÉ

Des élections, pour assurer la stabilité parlementaire?

À l’instar du fédéral qui nous a plongé, sans raison dans une élection, monsieur Charest a voulu, lui aussi, tenter de forcer la main des électeurs. Monsieur Harper se formalise peu de bafouer, même sa propre loi qui prévoit des élections à date fixe. L’opportunisme politique est bien ancré dans les traditions britanniques.

Dans la même foulée, monsieur Charest réclame un mandat fort pour contrer la crise financière. Pour lui cela signifie un gouvernement majoritaire. Cependant, si on analyse les messages envoyés par la population au cours des dernières années, je constate que ce n’est pas le souhait des citoyens. Car en réponse aux États généraux sur la réforme des institutions démocratiques, en février 2003, la population avait fait connaître clairement sa préférence pour un système électoral de représentation proportionnelle avec des élections à date fixe. Malheureusement après un délai interminable, Monsieur Charest a accouché « d’une réformette » qui ne change en rien dans la prise des décisions par le citoyen. Justement, cette réforme a comme principal objectif de briser l’esprit totalitarisme des partis, alors que le député doit voter « selon la ligne de parti » même si ça va à l’encontre des électeurs de son conté.

S’il était en vigueur, ce système permettrait à des groupes d’idéologie différente d’être représentés à l’Assemblée nationale et d’influencer le menu parlementaire. Notre système actuel prive des groupes qui représentent un bon pourcentage des électeurs de cette représentativité. Par exemple, le parti Québec solidaire aux dernières élections n’a pas eu de représentant. De même, aux élections de 2000, Mario Dumont était le seul représentant à l’Assemblée nationale, même s’il avait rapporté près de 15% des suffrages.

Malheureusement, au Canada comme au Québec, on conserve jalousement la forme moyenâgeuse d’administration gouvernementale, immigrée de la Grande-Bretagne. Cette forme de parlementarisme, basé sur la tradition ne colle plus du tout à notre réalité moderne et mène à des situations bizarres. Par exemple, je comprends mal pourquoi monsieur Charest a « pété les plombs » parce que ce n’est pas un membre de son parti qui a été élu Président de l’assemblée, pourtant, cette nomination a été le résultat d’un vote régulier. Comme l’opposition réunie, a la majorité en chambre, il était tout à fait normal qu’elle élise un représentant de leur parti.

Une fois calmé, monsieur Charest aurait dû se rendre compte qu’un parlement n’a pas besoin d’être majoritaire pour fonctionner. Il suffit d’un peu de bonne volonté, d’une vraie consultation qui débouche sur un consensus. Ça, l’opposition l’a compris, L’attitude « I’AM THE BOSS » ne mène nulle part, et surtout, prive les électeurs qui son représentés par les députés d’opposition de leur droit au chapitre, lorsque des décisions importantes doivent être prises.

Lors du dernier scrutin, qui a décidé d’un gouvernement minoritairement, M. Charest nous a dit : « j’ai compris votre message et j’en prends bonne note ». Je ne suis pas certain de ce qu’il a compris, car il utilise le même scénario et les mêmes arguments qu’aux élections de l’an 2000… « Les coudées franches…bla-bla,bla,,.»

L’attitude cavalière de monsieur Charest ne plait pas à la population, lui cacher combien il reste dans son bas de laine : « la Caisse de dépôt » n’est pas justifiable. D’autre part, je trouve inacceptable de présenter « des états financiers VIRTUELS » qui font passer, du jour au lendemain, un surplus de deux milliards en un déficit de trois milliards, tout comme les prix de l’essence. Qui plus est, blâmer le vérificateur général pour ce tour de passe-passe n’est pas très élégant. Il utilise des arguments qu’il est le seul à comprendre. Malheureusement, le citoyen ordinaire, lui, doit avoir une personne ressource sur laquelle il peut se fier pour avoir l’heure juste. Il doit y avoir un responsable des normes comptables pour la province, et ces normes ne doivent pas changer chaque fois qu’un parti différent prend le pouvoir.

Par ailleurs, il dit qu’il ne doit pas y avoir trois paires de mains sur le gouvernail, peut-être, mais si un matelot voit que le capitaine fonce tout droit sur un iceberg, il devrait avoir le droit de le réveiller en criant; « Aie Boss, on s’en va su l’diable, c’est pas là qu’on veut aller. »

En terminant, je m’en voudrais de ne pas mentionner le tournant historique que le peuple américain a pris mardi dernier en élisant comme Président, pour la première fois, un Afro-Américain. La population a mis fin à huit ans de dictature militariste, d’un groupe de financiers affichant la plus complète indifférence envers les plus démunis de cette société. Monsieur Barack Obama a gagné son pari en prouvant que les Noirs peuvent aussi espérer aux postes de décision. « YES WE CAN » et ce, à condition d’y mettre les efforts voulus, un travail acharné et une grande ténacité. Eh oui, même la structure des institutions démocratiques ça peut se changer. Espérant que ce vent d’ouverture vers les autres et cette volonté de partage de la richesse soufflera aussi vers le Nord.

Gaétan Yelle
Trois-Rivières, QC

Gateyel@hotmail.com Courriel

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