Commission Bouchard Taylor

Commission Bouchard, Taylor
25 octobre 2007 – 11h 20
Salle Royale de l’Hôtel du Roy
Trois-Rivières, Qc

Bonjour Mesdames, bonjour Messieurs

Ces derniers temps, on entend parler sans arrêt du respect de nos valeurs en regard des nouveaux arrivants. Je me demande bien, quelles sont, réellement ces valeurs, particulièrement, en matière de tenue vestimentaire et autres coutumes. Je baserai mon argumentation sur la morale individuelle, et non sur la religion. Pour ma part, je considère que chacun peut se vêtir comme bon lui semble, pourvu qu’il reste décent; peu importe s’il porte le costume, par goût, question de budget, ou pour des motifs religieux. En effet, on peut difficilement exiger de quelqu’un d’aller voter à visage découvert, si ce n’est pas une obligation pour tous les autres citoyens.

Par ailleurs, cet aspect vestimentaire semble faire l’objet de doubles standards dans la population. Si vous regardez les « Reality Show » à la télé; sans être scrupuleux, je crois que c’est loin d’être décent. Ce qui me dépasse, c’est que plus d’un million de spectateurs regardent ces émissions en présence d’enfants, et ce, sans avertissement de contenu. Pour ma part, ça ne représente pas mes valeurs personnelles et il faudrait voir si ce sont devenu les valeurs de la majorité des Québécois. On ne peut pas parler des deux côtés de la bouche en même temps; se plaindre de ceux qui sont trop habillés et ignorer ceux qui sont trop déshabillés.

Pour ce qui a trait aux choix alimentaires et autres signes religieux, c’est un peu la même chose; chacun est libre de manger, de boire, ou de ne pas boire ce qu’il veut pourvu qu’il n’impose pas ses restrictions aux autres. La liberté de chacun s’arrête lorsqu’elle commence à brimer celle de l’autre, mais chacun a l’obligation d’exiger ce respect; pas besoin d’une loi pour ça. « Si tu ne prends pas ta place, tu ne dois pas te plaindre qu’un autre la prenne. »

Lorsqu’un Imam profite de toutes les tribunes pour imposer ses principes extrémistes à la société québécoise, la communauté musulmane a le devoir de mettre autant d’efforts pour dénoncer ces agressions de la part d’une infime minorité des leurs.

D’autre part, le mouvement de la revanche des berceaux du début du siècle, même si elle avait un couvert religieux, avait quand même un fond politique; peupler la colonie. Par la suite, avec la perte du pouvoir religieux et la dénatalité, on a commencé à craindre pour la survie de notre identité nationale. C’est probablement cette crainte sous-jacente qui a éveillé notre méfiance envers les nouveaux arrivants, leurs religions et leurs coutumes particulières. Nous avons un choix à faire. Nous augmentons la natalité des Québécois de souche ou nous devons composer avec une immigration qui deviendra peut-être majoritaire. Ce dernier choix implique une fusion harmonieuse avec les nouveaux arrivants, et cette fusion harmonieuse exclue une assimilation.

Sans être d’accord avec toutes les valeurs de nos voisins du Sud, j’aime bien leur vision de l’immigration. Une fois admis au pays, tous sont considérés comme citoyens à part entière, sans égard à leurs origines. Ils sont tous Américains dans l’âme et sont fiers de leur pays comme s’ils y étaient nés. Il y a un dicton populaire qui dit : « On ne peut pas empêcher un cœur d’aimer, » mais ce n’est pas une loi qui peut le forcer à aimer non plus. Si l’on veut vraiment une intégration harmonieuse des immigrants, « il faut leur faire la cour »; leur montrer nos bons côtés, nos qualités, et surtout, faciliter leur acclimatation, leur faire sentir qu’ils sont désirés dans leur nouveau pays.

Par ailleurs, dimanche dernier, l’émission « Tout le monde en parle » a invité l’Imam Omar Koné qui a donné une vue beaucoup plus ouverte de sa religion. Il nous a fait voir que les valeurs musulmanes ne diffèrent pas beaucoup des nôtres : c'est-à-dire, le respect des autres et la liberté de choix pour les femmes. C’est dommage que les médias n’aient pas présenté, bien avant, cette autre vision de la société musulmane, au lieu de continuer d’alimenter la controverse. En terminant, je crois que cette commission nous permettra de faire une étude exhaustive des valeurs profondes, de la population actuelle du Québec. Par la suite, nous pourrons décider de façon éclairée, si l’on doit modifier nos chartes des droits, en y ajoutant aussi des devoirs s’il y a lieu.

Je vous remercie de votre attention

Gaétan Yelle
Trois-Rivières, Qc

Échanges avec les commissaires :
Gb -M. Gérard Bouchard
Ct - M. Charles Taylor
Ct - Merci beaucoup monsieur. Vous nous avez donné un portrait très, très intéressant de notre situation et je crois que ce que vous nous dites là, à la fin, corresponds beaucoup à la majorité des immigrants, au moins, ceux que nous avons rencontrés. J’ai entendu de la bouche de beaucoup d’immigrants des déclarations qui sont très semblables de ceux qu’on entend aux États-Unis où je me rendais très récemment. Ils sont fiers d’être Américains J’ai des gens qui m’ont dit : « Je suis fier d’être Québécois, je suis reconnaissant envers le Québec. » Je suis heureux d’être Québécois et ils ne demandent pas mieux que cet amour pour le Québec soit reconnu par les autres. Et je crois que c’est justement en faisant que les gens s’échangent et qu’il y ait ce genre de contact, que beaucoup vont apprendre que c’est ça l’attitude de la grande majorité des immigrants.

Gb – Il y a énormément de sagesse dans ce que vous avez dit, monsieur. Est-ce que vous réfléchissez à tous les sujets en profondeur de cette façon-là?

Gy – Bien…je suis un peu informé, avec internet. Je suis l’actualité, disons qu’avant d’écrire cela, au départ, quand l’affaire d’Hérouxville est sortie, mon opinion était pas mal centrée sur celle d’Hérouxville. Mais après m’être informé, puis écouté tout ce qui se passait, mon opinion s’est modifiée un peu beaucoup… Pour arriver un peu à ça, on doit collaborer. Si l’on veut avoir une immigration, ou une qualité de vie avec les nouveaux arrivants, il faut qu’ils fassent partie de notre vie, qu’ils ne soient pas du monde à part. Aussi, quand on parle de nos valeurs, on n’a pas le choix; avec la dénatalité, on a le devoir d’aussi intégrer certaines valeurs des arrivants parce qu’on ne forme pas une société en excluant une partie de la population.

Gb – Ni en les assimilant.
Gy – Exact.
Gb – Est-ce que votre épouse trouve que vous êtes équilibré aussi?
Gy – Je suis séparé. LOL
Gb – Je m’excuse, retirez ma question.
Gy – Pas de problème.
Gb – Je suppose que vous avez bien réfléchi dans ce cas aussi.
Gy – Exact
Gb – Il y a les enregistrements de ce que vous avez dit, mais nous aimerions avoir une copie de votre texte.
Gy – Oui, c’est un brouillon,,, je pourrais vous faire parvenir une copie texte.
Gb – Vous pouvez les faire parvenir à la commission.

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