Le Nouvelliste

26 février 2009

Qui sont les réels perdants du BLUFF bancaire?

La Royal Bank of Scotland annonce une perte record de 50 Mrds en 2008. Selon : Radio-Canada | Économie-Affaires Presse canadienne, The Globe and Mail et Les Affaires, les trois grandes banques canadiennes viennent d'annoncer des profits lors du 1er trimestre de 2009. La CIBC a réalisé, au dernier trimestre 2008, un profit de 436 millions de dollars et la Banque Royale a généré un bénéfice net de 1,05 milliard de dollars en début d'année.

À la lumière de ces résultats, nul besoin d’être un génie de la finance pour commencer à se poser des questions. Ce que je nomme intentionnellement un bluff, est basé sur des inscriptions aux livres, de données virtuelles, aucunement basées sur des valeurs réelles vérifiables. Selon les conventions bancaires, un établissement n’a pas à assurer que les prêts consentis sont garantis par les liquidités de cette banque. On prête de l’argent virtuel. Aussi longtemps que l’argent virtuel prêté, ne dépasse pas les limites menaçant la réserve de liquidité, tout va bien, autrement, cette banque doit repasser des hypothèques à d’autres pour se couvrir. C’est une roue qui tourne. En plus, si le montant des hypothèques repose déjà sur une valeur gonflée des résidences, c’est la tragédie.

C’est comme jouer à la bourse, sur marge, on achète des actions avec de l’argent que l’on n’a pas, dans l’espoir que les actions vont prendre de la valeur. Si l’action baisse, c’est la déconfiture. Comme le marché des valeurs s’est effondré en fin d’année, la valeur des maisons a baissé dramatiquement. Les banques savent qu’elles ne pourront jamais recouvrer les sommes qu’elles attendaient des prêts. Elles doivent alors rayer ces pertes fictives de leurs livres. Mais en réalité, elles ne perdent rien puisqu’elles avaient prêté de « l’agent virtuel », de l’argent qu’elles n’avaient pas. Tandis que tous les intérêts qu’elles perçoivent, eux, deviennent de « l’argent réel »qui garnit leurs coffres. Elles ne perdent donc pas « d’argent réel », elles retirent moins qu’elles s’attendaient sur leurs placements virtuels. Le seul perdant est le propriétaire qui doit continuer de payer les intérêts sur le prêt initial, d’une résidence dévaluée, ce qui le mène souvent à la faillite. La banque elle, même, si la valeur de la maison est réduite, se retrouve quand même, avec un bien en main, en plus d’avoir profité de la mise de fonds et des versements. Pas étonnant que toutes les chaînes de magasins veuillent vous vendre leur carte de crédit, ça rapporte plus que leur commerce courant, sans trop de problèmes.

Le système bancaire, c’est un peu comme le Monopoly; on joue de l’argent virtuel. Le joueur le plus habile se ramasse avec plusieurs propriétés qui lui donnent des revenus à chaque passage des autres joueurs. (Comme les guichets automatiques) Tout va bien, jusqu’à ce qu’un des joueurs déclare : « Moi, j’en ai assez de ce jeu là ».

Notre système capitaliste est basé sur la confiance entre les joueurs soutenus par les banques centrales des pays. Les banques se sont vues remboursées par le gouvernement pour leurs placements téméraires, contrairement aux petits propriétaires qui ont tout perdu. Ça dépasse l’entendement de renflouer des banques qui continuent de faire des profits records année après année. Pour les banques, c’est « Business as usual », ce sont les contribuables qui doivent ramasser les pots cassés.

Pour la Caisse de dépôt du Québec, c’est un peu le même stratagème, sauf que se sont les déposants des différentes caisses de retraite qui écopent. (40 Mrds de perte) On semble administrer le fonds comme s’il s’agissait de l’argent de Monopoly. Il n’y a pas de responsables : le président, les administrateurs, le gouvernement, M. Charest, Mme Forget. H-Paul Rousseau a reçu 160 000 $ en indemnité de départ, lors de sa démission du poste, probablement à cause du bon rendement de la Caisse!

Nous vivons dans un système dans lequel règne le principe « d’immunité mur à mur, imputabilité, zéro ». Pourtant, on dit souvent : « On doit payer de gros salaires aux administrateurs et aux politiciens, si l’on veut avoir de la compétence »

(LOL = très drôle - je suis peut-être un peu dépassé!)

Gaétan Yelle
Trois-Rivières, Qc

Gateyel@hotmail.com Courriel

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