Augmentation du budget de l'Assemblée Nationale - 8 mai 2001

M. Thomas Mulcair, député de Chomedy, pendant la période de question fait référence à un article de journal qui prétend que les dépenses des députés sont exagérées. Ce dernier se dit frustré du fait que les comptes de dépenses qui, en principe, doivent être secrets soient disponibles à la presse.

Le président de la chambre, M. Jean-Pierre Charbonneau abonde dans le même sens en disant que ce sont des données personnelles et qui ne servirait à rien de les publier parce que chacun pourrait en tirer des conclusions des plus fantaisistes.

Lorsqu'il s'agit de la Zléa, ou de tout autre domaine de l'administration publique, les principes de huis clos et de documents secrets me posent de sérieux problèmes. Je crois que les principes de transparence et de saine administration devraient avoir priorité. Un fonctionnaire qui n'a rien à cacher n'a pas peur que ses comptes soient publics. Advenant que les comptes de dépenses des fonctionnaires deviennent accessibles au public, les journaux s'y s'intéresseraient les premières semaines de leur publication mais par la suite cela n'aurait plus d'intérêt. Mais le fait que les comptes soient publics assurerait plus de discernement des utilisateurs et la transparence dans l'utilisation des fonds publics.

Actuellement les comptes de dépenses sont vérifiés par du personnel sous la responsabilité du Président ; comment ce vérificateur peut-il contester une dépense présentée par son patron. Pour les dépenses de l'Assemblée Nationale, on devrait prévoir une procédure de vérification des comptes par une unité externe, qui ne relève pas du Président et ce, avant que les versements soient effectuées.

Pour la période de 2001-2002 le budget d'opération de l'Assemblée Nationale passe de 60 à 64 millions, ce qui représente une augmentation de 5% pour une année. Dans une période où l'on coupe à tour de bras dans les services à la population, je trouve indécent d'approuver de telles augmentations pour les raisons suivantes :

1- Parce que le gouvernement limite les salaires de ses employés à 3% et que les revenus des contribuables ne gonflent pas avec l'inflation comme ceux des gouvernements. L'argent ne tombe pas du ciel.

2- Parce que cette augmentation n'est pas causés par l'inflation ou les taxes, puisque ces comptes de dépenses sont exempts d'impôt.

3- Parce que le Ministre M. Rémy Trudel vient de sommer le CHSLD, Centre d'hébergement pour personnes âgées de Boucherville de réduire ses frais d'opérations de 10%, soit 1 million, au risque de mettre en danger la santé et la sécurité des personnes âgées.

4- Parce que ce centre héberge environ 300 personnes avec un budget de 11 millions, ce qui donne un coût annuel, par tête de 36,666$, tandis que la réduction porterait le montant annuel disponible, par tête à 28,571$.

De son coté, l'Assemblée Nationale avec un budget de 60 millions, pour 125 députés, ce qui donne un coût annuel, par tête de 480,000 $ et l'augmentation proposée porterait le coût annuel, par tête à 512,000$ soit une augmentation de 32,000$ par député pour 2001-2002 seulement.

Je sais que mes statistiques sont boiteuses, mais elles permettent objectiver l'ordre de grandeur de l'augmentation et de la coupure. De plus, toute augmentation dans les dépenses gouvernementales mène à l'escalade des coûts, ça devient un droit acquis pour les années subséquentes, puisque l'administration gouvernementale n'applique pas le principe de "budget base zéro"(1) dans ses prévisions budgétaires.

Serait-il possible de réduire les dépenses en supprimant le cirque de la période des questions où une bande de mongols se pavanent devant les caméras, tantôt pour poser une question imbécile, tantôt pour donner une réponse truffée de propagande? Les applaudissements à tout rompre à la suite d'une question ou d'une réponse qui n'a rien de génial.

C'est indécent... je crois déceler les signes d'un gouvernement qui est déconnecté de la réalité quotidienne et des problèmes de la population, les interminables consultations bidon, les études et comités innombrables, on ne fait que piétiner ; on ne fait que retarder les prises de décisions qui impliquent des déboursés ; sauf pour les projets de propagande.

Nos dirigeants devraient appliquer pour eux-mêmes la même rigueur qu'ils prônent dans l'administration des établissements de santé publique.

(1) Budget base zéro- (Zero point budgeting) – principe qui veut que l'on doive prouver la nécessité de chaque dépense et ce à compter du premier dollar placé au budget.

Vous pouvez aussi visiter notre site internet traitant de sujets politiques : http://www.netrover.com/~guyroc

Copies envoyées à :

J-Pierre Charbonneau

Yves Beaumier

Bernard Landry

Impossible de contacter M. Rémy Trudel à aucune de ses adresses de courriels.