Le financement politique, ma contribution à la démocratie.
24 février 2003

Au directeur des élections : info@electionsquebec.qc.ca
Et à M. le Premier Ministre

Voici la teneur du message présenté à la télévision : « Depuis 25 ans, le financement des partis politiques donne aux électeurs la possibilité de participer de façon transparente et équitable à la vie démocratique québécoise en autorisant l’électeur et lui seul, de contribuer au financement politique pour un montant de 3000 $ par année à chacun des partis. La loi garantit l’intégrité de notre système démocratique.

Sous le couvert du directeur des élections, nous sommes inondés de propagandes gouvernementales. Le message tient de la technique de lavage de cerveau utilisant une dialectique pas très catholique. Ces publicités sont malhonnêtes et sont une dilapidation éhontée des fonds publics.

Examinons les déficiences des raisonnements avancés :

1- Le fait de permettre seulement aux électeurs de contribuer au financement des partis politiques ne présente aucune assurance d’un système démocratique. Que ce soit les électeurs ou les gérants de compagnies qui contribuent à la caisse pour une somme maximale de 3000 $ par année pour chacun des partis, le résultat est le même.

2- Le montant de 3000 $ par année est hors de portée des citoyens ordinaires. Aucun citoyen avec un revenu réduit ou même un revenu moyen ne peut verser 12,000 $ à un parti politique pendant les 4 ans que dure un terme. La démocratie est alors réservée aux citoyens aux revenus élevés et aux hommes d’affaires, une forme de démocratie qui imite bien celle de nos voisins du Sud.

Pour illustrer ce principe, vous n’avez qu’à étudier un peu leur histoire politique. En effet, il n’y a jamais eu de Président de race noire. De plus, tous les Présidents ont été des personnes issues de familles riches, dont certains ont tiré leurs fortunes de commerces plus ou moins honnêtes. Par exemple, la dynastie des Kennedy a tiré sa fortune dans le commerce de l’alcool de contrebande pendant la prohibition. Ces personnes lorsqu’elles sont élues ne sentent aucune gêne à se proposer comme modèles de démocratie, de justice et de charité chrétienne.

3- La personne qui cotise 12,000 $ à un parti politique ne le fait pas par philanthropie, elle s’attend à ce que l’Administration gouvernementale se souvienne d’elle lors de l’attribution des contrats et des nominations politiques. (Le présent message publicitaire est bien l’illustration du principe de récompense aux bons amis qui cotisent à la caisse électorale.) Pas tout à fait une assurance d’une démocratie saine et de justice sociale.

4- Le fait de permettre de contribuer pour le même montant à tous les partis politiques indique bien l’orientation électoraliste de la loi. Celui qui a de l’argent peut miser sur chacun des coureurs et être certain de gagner à tout coup.

5- Si la loi limitait la contribution de l’électeur au seul parti de son choix, on pourrait avoir au moins un doute que ce financement soit le résultat de convictions politiques. Mais encore faut-il qu’il soit assez fortuné pour disposer de 12,000 $, sans attendre aucun bénéfice en retour.

Nous constatons alors que la démocratie est loin d’être assurée par cette loi. La lacune principale de ce système consiste à baser le financement des élections sur les partis politiques. Il n’y a aucune place pour une personne qui a des idées différentes de celles que véhiculent les partis qui siègent au Parlement lors de l’élection.

Une solution de rechange à ce système serait de baser les critères de financement des élections sur les candidats qui se présentent, sans égard aux partis. Tous les candidats seraient financés par les fonds publics selon des normes équitables pour tous les candidats qui respectent des critères préétablis et fixés par consultation populaire.

Ce mode de financement aurait l’avantage de produire un élu qui n’aura pas attache à un bailleur de fonds, pas plus qu’à un parti politique. Il aurait l’indépendance de parler au nom des électeurs qu’il représente sans se soucier de la politique du parti qui souvent va contre la volonté de la population.

Voilà ma conception d’une vraie participation démocratique.
Gaétan Yelle
Cap-de-la-Madeleine, Qc
Gateyel@hotmail.com Courriel

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