Pourquoi j'ai marché contre la guerre .
dimanche, 16 février, 2003

Hier, par un froid sibérien j'ai décidé que c'était de mon devoir de me joindre à la marche pour montrer mon opposition à une guerre qui devient de plus en plus éminente. Une guerre d'agression, de terrorisme économique qui finalement viendrait annéantir une population déjà affamée par dix années de sanctions économiques imposées par les Nations-Unies, sous les pressions des grandes puissances. Je ne veux pas pour autant justifier le régime de Sadam Hussein qui agit en tyran et oppresseur des minorités qui réclament leur autonomie.

Je crois important de manifester mon désaccord avec la politique belliqueuse des États-Unis et de l'Angleterre qui de jour en jour tentent de nous présenter des justifications de plus en plus loufoques. Historiquement, ces deux pays fondent leur économie sur la production de guerre. Ils vivent des conflits qu'ils attisent partout dans le monde en vendant des armes et en dépouillant ces pays de leurs ressources naturelles.

Le temps est venu de sortir la masse silencieuse de son apathie, de la faire réagir aux événements qui nous confrontent à longueur d'année. Je ne peux plus entendre cette réflexion : "Cossé tu veux qu'on fasse ".

C'est justement cette attitude défaitiste qui permet à nos dirigeants de nous imposer leurs vues et de nous consulter une fois à tous les quatre ans pour légitimer l'apparente démocratie. Lorsque nous assistons à la flambée du coût de l'essence et que nous nous contentons de dire : « Cossé tu veux qu'on fasse », c'est certain que rien ne changera. Au Québec, il y a une Régie qui fixe le prix minimum de l'essence au détaillant. Est-ce bien le résultat que nous attendons de cette Régie, bien sur que non. Mais qu'est-ce que nous faisons pour faire des pressions sur nos députés et leur dire qu'on en a marre de cette exploitation ? Ce que nous attendons de cette Régie c'est qu'elle fixe un prix équitable et unique partout dans la province. Un prix qui tiendra compte du coût de pétrole brut, des coûts de raffinage et de transport. Ce prix qui pourrait être réajusté aux trois mois en appliquant la moyenne des coûts pour la période.

Le citoyen ordinaire doit s'habituer de faire agir les structures qui sont actuellement plus ou moins de connivence avec le pouvoir politique, je parle bien ici des centrales syndicales qui font de leur mieux pour conserver la chèvre et le chou. Il faudra que le travailleur s'engage dans les structures pour s'assurer que le message que le syndicat véhicule est bien celui des syndiqués. De la même manière, les citoyens doivent faire des pressions sur leurs députés pour le forcer à agir dans le sens désiré, car nous sommes responsables des politiciens que l'on a.

La semaine dernière, j'ai vu mon député faire sa première déclaration publique depuis quinze ans et c'était pour nous annoncer qu'il ne serait pas candidat aux prochaines élections. C'est aberrant, mais je ne peux pas le blâmer, car personne ne lui a botté le derrière chaque fois qu'il a voté selon la ligne de parti et que ça ne faisait pas notre affaire.

Chacun doit prendre la responsabilité qui lui revient dans les grandes orientations politiques. S'impliquer, manifester, faire des pressions sur les structures de représentation, députés, syndicats et mouvements sociaux pour ne pas laisser les membres d'un parti politique prendre les décisions à sa place.

Je sais que ça ne changera pas du jour au lendemain, mais l'effet d'entraînement suivra, il fera boule de neige. Dès que nos politiciens verront que le citoyen commence à se responsabiliser et qu'il ne peut plus tout mener à sa guise sans protestation, il n'aura pas le choix de tenir compte de la volonté populaire.

En terminant, je voudrais illustrer ce que produit l'inaction du public.

La population est consultée au sujet de la réforme électorale. Une pleine page de journal nous annonce cette semaine : « Prenez votre place ! », les états généraux sur la réforme des institutions démocratiques. Les 21, 22, et 23 février prochains..., 1000 citoyens et citoyennes de partout au Québec se réuniront pour discuter des grandes questions relatives à l'exercice de notre démocratie ». J'ai assisté et j'ai participé à la consultation provinciale, sous la présidence de M. Claude Béland, tenue l'automne dernier à Trois-Rivières. J'ai estimé à seulement quelques centaines de personnes la participation à cette consultation publique. Pour la majorité, on réclame un changement important de notre système électoral pour adopter le mode proportionnel. Pour d'autres, la position est plus mitigée, on ne veut pas trop de changement, on aime bien les lacunes du système qui permet plus de manipulation. Les 1000 personnes qui assisteront aux états généraux sont choisies par le comité qui s'assurera de noyer les éléments les plus progressistes dans la masse des éléments représentant les partis actuels qui sont favorisés par un système qui leur permet d'élire un député dans une région rurale représentant 35,000 électeurs alors que le député en région urbaine en représente 350,000.

Pour plus d'informations sur le mode électoral consulté : www.democratie-nouvelle.qc.ca

Ce ne sera pas une grande surprise pour moi de lire les résultats de cette commission. On fera ressortir les points qui favorisent le statut quo et on adoptera des points sans trop d'importance pour calmer l'opinion publique. Ce fut de même avec la commission Clair sur les services de santé, on a retenu ce que le gouvernement voulait, le ticket modérateur et le paiement d'une prime d'assurance pour les vieux. Fait à noter, lors des audiences de cette commission, je n'ai vu que certains groupes de pression, les fonctionnaires des centres hospitaliers et les barbus du RRSSS. Nous étions seulement deux simples citoyens lors de la séance publique de l'après-midi. Si le citoyen ne s'implique pas, ne prend pas en main l'orientation des affaires publiques et politiques, ce sera toujours une minorité qui le fera à sa place, mais pas toujours de la manière dont il désire.

On n’est jamais mieux servi que par soi-même !


Gaétan Yelle
Cap-de-la-Madeleine, Qc
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