LA DÉMOCRATIE, UN MOT CAMÉLÉON

- Même si idéalement les démocraties devraient assurer l'égalité de tous ses citoyens, les systèmes politiques produisent généralement trois groupes de citoyens :
- Le groupe de bien nantis :
- Ce groupe est formé par les politiciens et leurs amis, les militants et le monde de la finance.  Tout ce beau monde profite du système, établissent les règles de vie, accommodent les lois de l'impôt à leur avantage. Leurs volontés deviennent des règles à suivre intransigeantes pour les législateurs.

- Le groupe des exclus :
- Ce groupe comprend toutes les personnes qui ont vite compris qu'ils n'avaient rien à tirer de ce système politique et qui ont la franchise de ne pas y participer, de ne pas contribuer à ce jeu.  Ils se contentent du minimum, limitent leur consommation de biens, renoncent à la possession de biens matériels.  Au fond, ils sont bien conscients qu'il est impossible de changer ce système par des moyens démocratiques, et encore moins par la force, car le système est bien préparé pour la répression en cas de soulèvement.
(La loi des mesures de guerre dans les années 70).

- Le groupe des petits salariés :
- Ce groupe représente la grande majorité de la population.  L'obligation de travailler des deux conjoints pour arriver à joindre les deux bouts, des horaires et des heures de travail impossibles leur laissent à peine le temps de penser.  Ils ont le sentiment qu'ils sont exploités, mais aussi le sentiment d'impuissance et de résignation.  Ils n'ont vraiment pas le loisir de tenter quoique ce soit pour améliorer leur situation ; c'est la résignation devant les profiteurs de tous acabits.

- CUBA
- Tous les systèmes, lorsqu'ils prennent le pouvoir deviennent corrompus.  Un petit groupe de privilégiés et de supporters se partagent la richesse du pays.

- Même à Cuba, où l'on voulait établir un régime dans lequel tous les citoyens seraient égaux,  dans la réalité, on retrouve les mêmes divisions. On peut voir le groupe des partisans du régime qui occupe les places les plus lucratives : animateurs, employés dans les hôtels pour touristes, guides, employés dans les "Intur Tiendas"(boutiques exclusives pour touristes), bien que les salaires soient quand même relativement bas, ils se démarquent grandement des revenus des autres citoyens et de plus, ils peuvent profiter des cadeaux des visiteurs.  Ces avantages font une énorme différence dans les conditions de vie.

- C'est un peu le même système qui s'est installé après la révolution bolchevique, le système des privilèges et de la corruption ne tarde pas à s'établir dans tout le pays.  Les datchas, les appartements luxueux, les bureaux avec personnel dévoué, les produits de luxe et les produits d'exportation sont à la disposition exclusive de la classe dirigeante.

- Dans les pays du sud, c'est encore pire ; il n'y a que deux groupes : le groupe du dictateur et de son entourage et le groupe des opprimés.  Le premier groupe profite des revenus de la production indigène, de l'aide internationale, du trafic de la drogue et de la contrebande de toute sorte pour s'enrichir.  Les revenus du pays sont détournés dans les banques suisses et des autres pays qui ferment les yeux sur ces activités.
- Les familles : Duvalliers,  Pinochet, Perron, Alliende, Marcos, sont des exemples de collusion internationale contre les peuples opprimés, de la main mise de la finance sur le destin des peuples, sans égard à la misère indescriptible engendrée dans ces pays.

- AU PAYS DE L'ONCLE SAM
- La même situation se retrouve aux États-Unis, mais en plus, il y a les noirs qui sont victimes de discrimination dans l'emploi et dans les droits sociaux primaires.
Ici, dans le mot démocratie on devrait plutôt comprendre ploutocratie (moneycracy) car les candidats à la présidence sont choisis parmi le gratin de millionnaires du pays, par l'élite de la classe aisée.  Les citoyens n'ont en fait qu'un pouvoir théorique à la représentativité ; en effet, la représentation des partis ne tient pas compte du nombre de votes ; à preuve, aux élections de l'an 2000, ce sont les juges qui ont décidé qui sera le nouveau Président, Georges W. Bush.
- Le pays n'a jamais élu un président issu de la classe ouvrière, des minorités visibles,des exclus... Ils ont élu seulement des gens riches...

- EN CONCLUSION :

- Tous les systèmes fondent leur démocratie sur un droit de vote périodique des citoyens, légitimant ainsi leur mandat. Selon eux, ce mandat leur donne tous les pouvoirs, même celui de prendre des décisions qui vont à l'encontre du bien commun.  Ils sont les seuls à connaître ce qui est bon pour la population, ils imposent des lois nullement désirées par le peuple.  Ils utilisent la propagande et la dialectique pour tenter de justifier leurs positions injustifiables.

- Cette pseudo-démocratie limite notre droit de choisir à :"être mordu par un chien ou mordu par une chienne" ; ce qui est loin d'être un choix démocratique ;
je pourrais peut-être avoir le droit de choisir de ne pas me faire mordre.

- Depuis environ 40 ans, je n'ai jamais eu la possibilité de voter "POUR" un candidat ou un parti politique, car tous les candidats ou partis avaient à peu près la philosophie ; on pourrait tirer au sort et ça donnerait le même résultat : patronage, corruption, dilapidation des fonds publics.  J'ai dû voter contre : Maurice Duplessis pour le remplacer par Jean Lesage, contre les libéraux de Jean Lesage pour élire René Lesvesque, contre le PQ – pour le remplacer par les libéraux et de nouveau, contre Robert Bourassa pour ramener le PQ au pouvoir.

- À chaque fois, il n'y avait pas d'alternative valable, comme j'étais réellement écoeuré de l'arrogance et de la mauvaise performance du candidat sortant, je votais contre lui, peu importe qui était son opposant.  C'est un peu comme en Russie où il n'y a que des candidats communistes.

- Lors de la prochaine élection provinciale, je serai probablement dans la même position, car le PQ est devenu aussi arrogant que les libéraux de Robert Bourassa à son dernier mandat.  Espérons que la percée du candidat indépendant dans Mercier(Paul Cliche) aux dernières partielles permettra de rallier les forces de la gauche(ADQ) pour présenter une alternative valable à l'establishment des vieux partis.
11 avril, 2001

- Le système parlementaire qui impose le bâillon aux députés qui veulent présenter la volonté de ses électeurs est inconcevable.  Le système démocratique a tellement subi de contorsions que les représentants en sont venus à oublier qu'ils sont les serviteurs du peuple et agissent comme s'ils étaient les fiduciaires d'une bande d'imbéciles, et d'irresponsables. 19 mars, 2001

- Un bon exemple de ce système qui bafoue la démocratie : – via CPAC : 01-03-14 15:15

- La ministre de la justice dépose un projet de loi omnibus regroupant plusieurs amendements au code criminel : loi contre les jeunes contrevenants, protection des enfants, loi des armes à feu, la sécurité sur internet, etc. Le haut du document porte la mention "secret jusqu'à son dépôt en chambre".
- Ce qui est totalement inadmissible compte tenu que le public devrait avoir son mot à dire sur ces modifications.  Autre anomalie, les journalistes et les attachés de presse du parti libéral sont invités à "une séance de communication sous embargo" à 11: 30, le matin du dépôt des documents ; les attachés de presse de l'opposition sont refoulés.

- Comment l'opposition peut-elle jouer son rôle si on leur cache les documents ?

- Les journalistes sont informés de la version plus présentable du projet de loi et on camoufle les points plus obscurs.  Les journalistes ayant déjà la nouvelle, s'en vont, ils se soucient peu d'attendre les réactions de l'opposition ; qui doit se payer la lecture et l'analyse d'un document de plus de 70 pages en quelques heures, pour préparer la période des questions.

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