25 juin 2009
Commentaires Ciné,
Arts & Culture!
D.I. où la culture
nous émeut!

www.societascriticus.com/DIculture.html
MENU
D.I. a Vu! (Ciné, Théâtre et quelques annonces
d’événements) :
Documents à ne pas taire! (Notre section
documentaire)
D.I. Arts et Culture (Inclus les présentations des festivals de films)
(Les hyperliens ciné et théâtres sont
maintenant sur cette page)
(Les Sortie de films et l’Agenda sont refondus
sur cette nouvelle page)
(Certains textes que nous trouvons marquants)
Toutes nos archives sont disponibles en ligne à Bibliothèque et
Archives Canada
Revue
Societas Criticus à Bibliothèque et Archives nationales du Québec
______________
Révisé
le 21 décembre 2008
Dans les
commentaires cinés, de théâtres ou de spectacles, les citations sont rarement
exactes, car même si l’on prend des notes il est rare de pouvoir tout noter
exactement. C’est généralement l’essence
de ce qui est dit qui est retenue, pas le mot à mot.
Je ne fais pas
non plus dans la critique, mais dans le commentaire, car de ma perspective, ma
formation de sociologue, le film est un matériel et nourrit une réflexion qui
peut le dépasser. Certains accrocheront sur les décors, les plans de
caméra, le jeu des acteurs ou la mise en
scène, ce qui m’atteint moins. Moi, j’accroche sur les problématiques qu’il
montre et les questions qu’il soulève. Le film est un matériel sociologique; un
révélateur social, psychosocial, socioéconomique ou sociopolitique par exemple.
C’est ainsi que sur de très bons films selon la critique, je peux ne faire
qu’un court texte alors que sur des films décriés en cœur, je peux faire de
très longues analyses, car le film me fournit du matériel. Je n’ai pas la même
grille, le même angle, d’analyse qu’un cinéphile. Je prends d’ailleurs des
notes durant les projections de presse que je ne peux renier par la suite, même
si je discute avec des confrères qui ne l’ont pas apprécié de la même manière
que moi, Je peux par contre comprendre leur angle et je leur laisse.
J’encourage donc le lecteur à lire plusieurs points de vue pour se faire une
idée plus juste.
Peut être suis-je
bon public aussi diront certains, mais c’est parce que je prends le film qu’on
me donne et non celui que j’aurais fait, car je ne fais pas de cinéma, mais de
l’analyse sociale! (Je me demande parfois ce que cela donnerait avec une caméra
cependant.) Faut dire que je choisis aussi les films que je vais voir sur la
base du résumé et des « previews »,
ce qui fait que si je ne saute pas au plafond à toutes les occasions, je suis
rarement déçu aussi. Si je ne suis pas le public cible, je l’écris tout
simplement. Si je n’ai rien à dire ou que je n’ai pas aimé, je passerai plutôt
mon tour et n’écrirai rien, car pourquoi je priverais le lecteur de voir un
film qui lui tente. Il pourrait être
dans de meilleures dispositions pour le recevoir et l’aimer que moi. Alors, qui
suis-je pour lui dire de ne pas le voir? Une critique, ce n’est qu’une opinion
après tout. Une indication qu’il faut savoir lire, mais jamais au grand jamais
une prescription à suivre à la lettre. C’est d’ailleurs pour cela que je fais
du commentaire et non de la critique.
Michel Handfield,
d’abord et avant tout sociologue.
(Ciné et Théâtre)
11/4
11/3
Deux films d’écoliers!
(J’ai tué ma mère de Xavier Dolan et
La belle personne DE CHRISTOPHE
HONORÉ)
L’Angoisse érotique de DON JUAN (Théâtre)
LUCIA DI LAMMERMOOR (Opéra)
UN BARRAGE CONTRE LE PACIFIQUE
Amadeus (Théâtre)
Mes Vues d'Afrique: Ça ment pas; Ceux de la colline; L’absence; Mo’Better Blues;
Paris à tout prix; Triomf; Dans l’ombre d’une autre; Conclusion.
GHOSTS OF GIRLFRIENDS PAST / HANTÉ PAR SES EX
Le bal des actrices de Maïwenn
11/2
Mes rendez-vous québécois du cinéma 2009 (Fictions)!
Papa à la chasse aux
lagopèdes
The Curious Case Of Benjamin Button
11/1
ENTRE LES
MURS DE LAURENT CANTET
10/6
Vu au Festival
du Nouveau Cinéma
11/4
D.I., Delinkan
Intellectuel, revue d'actualité et de culture, Vol. 11 no 4, Textes ciné et
culture : www.societascriticus.com
_____________
À
l’affiche dès le 26 juin au cinéma AMC Forum!
Le
film sera présenté dans sa version originale anglaise.
La vedette de films pour adultes, Sasha Grey, devient
vedette de cinéma grand public avec The Girlfriend Experience de Steven
Soderbergh, un drame qui raconte cinq jours dans la vie d’une call-girl de luxe
qui travaille à Manhattan et offre non seulement à ses clients des services
sexuels, mais aussi de la compagnie et de la conversation – soit l’expérience d’une
petite amie. Le film met en lumière le lien confus qui existe entre nos vies
personnelle et professionnelle.
Octobre 2008, l’élection présidentielle est en cours et
l’économie américaine chancelle. La call-girl Chelsea (Grey) n’est pas
inquiète. Elle croit avoir la maîtrise
parfaite de sa vie et pense que son avenir est assuré. Chelsea dirige sa propre entreprise, gagne
2 000 $ l’heure et a un petit ami dévoué (le nouveau venu Chris
Santos) qui accepte son style de vie, sans oublier le chic appartement qu’ils
partagent grâce au succès de Chelsea.
Toutefois, lorsque vous gagnez votre vie en rencontrant des inconnus,
vous ne savez jamais sur qui vous allez tomber…
Magnifiquement tourné, le film fait une incursion dans
l’univers des gens qui dépensent follement, passant des hôtels, boutiques et
restaurants de luxe à l’enclave d’un avion privé. La réalisation est de Steven Soderbergh à qui
l’on doit Traffic (Oscar du meilleur réalisateur), Erin Brockovich (en nomination
pour l’Oscar du meilleur réalisateur) et plus récemment Che.
Le scénario a été écrit par Brian Koppelman et David
Levien, les scénaristes d’Ocean’s Thirteen.
La distribution comprend également l’écrivain urbain Mark Jacobson (New
York Magazine) qui campe un journaliste et le critique de cinéma Glenn Kenny
(anciennement de Première) qui interprète le rôle d’un maniaque sexuel.
La légendaire Sasha Grey, âgée de 21 ans, a tenu la
vedette dans plus de 80 films pornos depuis son dix-huitième
anniversaire. Le magazine Rolling Stone
a inscrit Grey sur sa « 2009 Hot List ».
Commentaires de Michel Handfield
(25 juin 2009)
Call girl, les gens que
rencontre Chelsea (Sasha Grey) sont souvent plus préoccupés par l’économie et leurs affaires
que par son corps. Elle devient une psychothérapeute sexy qui les écoute plutôt
qu’une escorte avec qui ils assouvissent leurs fantasmes sexuels. Et ceux qui
ont besoin de se soulager ne semblent pas trop exigeants, d’abord préoccupé par
eux-mêmes.
Il n’y a pas de barrière ethnique
à l’appel de la dame… qui soulage surtout leur portefeuille, car
elle charge environ 2 000 $ de l’heure! Une boîte de kleenex et un
Penthouse leur coûterait moins cher, sauf qu’ils se paient une belle fille qui
sait les écouter. C’est là son commerce.
Un film sur le pouvoir de l’argent, car ni elle, ni ceux
qui se la paient ne seront tracassés par la police pour prostitution, car on ne
recrute pas sur la rue. On est dans les sphères supérieures de la société, où
les règles du commerce et de la bienséance priment. On est ici dans le commerce
et la relation d’affaires, non plus dans la prostitution. La différence? Sur
St-Laurent, il y a de la prostitution. Au centre-ville, il y a des relations
d’affaires quand une spécialiste des relations humaines rapprochées rencontre
un président d’entreprise dans son penthouse! La police peut arrêter la fille
qui racole sur la rue; elle peut difficilement arrêter celle qui va d’un
stationnement souterrain à un autre, à bord de sa Porche, pour racolage…
Question d’apparences. C’est ce qui fait qu’il peut parfois sembler y avoir
deux formes de justice : une pour les riches et une autre pour les
pauvres.
En fait, il y a des crimes qui en ont les apparences et
d’autres pas! Certains sont signés par le simple fait d’être commis, comme la
fille qui embarque dans une voiture pour aller faire une fellation dans un
parc. Facile à voir et à intervenir pour la police. Moins facile d’identifier
la fille dans un cocktail ou une réunion de gens d’affaires, sur invitation seulement,
ou invitée dans un jet privée. Elle n’en fera pas moins une pipe contre
rémunération, mais cela n’aura pas les mêmes conséquences judiciaires.
Pourtant, elles font le même métier, mais pas au même salaire ni avec les mêmes
risques. Elles n’ont pas non plus le même réseau de contacts et de clients.
Tout est là.
Il y a donc un côté ethnologique à ce film. C’est ainsi
que je l’ai vu, entre fiction et documentaire!
_____________
D.I., Delinkan
Intellectuel, revue d'actualité et de culture, Vol. 11 no 4, Textes ciné et
culture : www.societascriticus.com
D.I., Delinkan
Intellectuel, revue d'actualité et de culture, Vol. 11 no 4, Textes ciné et
culture : www.societascriticus.com
_____________
Avec Denzel
Washington et John Travolta
Pelpham
123, c’est un train du métro de New-York. Un matin, il est pris en otage par un
gang. Leur leader, Ryder (John Travolta), entre alors en communication avec le
répartiteur, Walter Garber (Denzel Washington), qui est en poste ce matin-là.
Peu à peu, nous en apprendrons davantage sur ces deux hommes que le hasard a
mis en contact, l’un ayant le contrôle du train et l’autre étant le répondant
du centre de contrôle. Quel est leur passé? Comment explique-t-on qu’ils en
soient là? Si l’un est un bandit, l’autre n’est pas un répartiteur ordinaire,
car il vient de l’administration. Mais, pourquoi est-il à ce poste? Quant à ce
bandit, ce n’est pas par hasard qu’il fait ce coup. Il a aussi un passé que
nous découvrirons peu à peu, car il semble en connaître long sur les rouages de
la ville et de la finance. Une vengeance? Mais, contre qui et pourquoi?
En
tous les cas, Ryder sait ce qu’il fait, car il observe la réaction des marchés
sur son portable. Si vous voulez savoir comment un « trader » peut faire de l’argent avec une crise, on vous
le montrera! Dans un monde post 9-1-1, où on a parlé de coup boursier pour
quelques-uns (1) lors du 11 septembre 2001, on ne pouvait passer à côté de
cela. Ce n’est pas de la récupération, mais du domaine du possible. Quant à
courir des risques, aussi bien que ce soit pour plusieurs millions que pour
quelques dollars chipés au dépanneur du coin. De toute façon, la peine est à
peine plus sévère puisqu’il s’agit d’un vol dans les deux cas, du moins au
Québec! (2)
Si
Ryder et Garber sont les personnages principaux de ce film, suivez bien l’écran
du portable de Ryder, car c’est le troisième rôle! Il y aura aussi un second
portable à suivre, mais c’est un 5e rôle celui-là. Je n’en dis pas plus : thriller!
S’il y
a de l’action pour satisfaire un certain public, il y a aussi un côté
psychologique, façon d’aller chercher un autre public. S’y mêle aussi une
certaine critique du système économique actuel, comme de dire que les « passagers sont des marchandises »!
Des choses qu’on ne dit pas en public, mais que l’on dit en privé ou en
réunion, d’où certaines fuites qui font parfois mal aux auteurs de ces paroles
qui s’en croyaient pourtant à l’abri!
(3)
J’ai vu ce film en version française, car je
me doutais qu’il y aurait certaines subtilités langagières que je ne voudrais
pas manquer. Montréal étant à la fois francophone, multiculturelle et
anglophone, il serait bon, à côté des
versions originales en langue anglaise et doublée en langue française, d’offrir quelques
versions sous titrées pour ceux qui veulent voir l’original sans passer à côté
d’un détail dû à un accent ou une prononciation par exemple, car l’autre langue
n’est pas toujours facile à suivre. Si cette remarque s’applique à un film en
version originale anglaise pour l’est de Montréal, elle s’applique tout autant
pour les films en version originale française pour l’ouest de l’île. Ces films,
en versions originales, mais sous-titrés, pourraient être une façon de briser
nos solitudes finalement, car un dialogue pourrait s’établir entre gens de
cultures différentes qui ont vu le même film et qui partagent leurs impressions
à la sortie du cinéma. De quoi demander des subventions pour rapprocher nos
deux solitudes linguistiques!
Notes :
1. « Pourquoi la CIA qui surveille en permanence
les marchés financiers n’a-t-elle pas détecté le plus grand délit d’initiés de
l’histoire qui a précédé le 11 septembre? » Cette question ne vient pas
d’un simple quidam, mais d’Éric Laurent, grand reporter et spécialiste de la
politique étrangère. On le retrouve d’ailleurs sur les ondes de France culture, avec Thierry Garcin,
pour « Les Enjeux internationaux »
tous les matins de la semaine, une émission que j’écoute en baladodiffusion!
(Hyperlien plus bas) Quant à cette question, on la retrouve à l’endos du livre
d’Eric Laurent, 2004, La face cachée du 11 septembre, paru chez Plon (France) et chez
Transcontinental (Canada).
2. En effet, ce matin
La presse nous annonçait qu’« Après avoir purgé 18 mois d’une peine de
huit ans et demi de pénitencier pour une fraude de 115 millions de dollars aux
dépens de 9200 investisseurs, l’ancien président de Norbourg, Vincent Lacroix,
se retrouvera sous peu dans une maison de transition et il pourrait recouvrer
la liberté à la fin de 2010. » (André Cédilot, Vincent
Lacroix bientôt en semi-liberté, La Presse, Cahier A, 18 juin 2009) A peine
plus que pour un vol de dépanneur ou de sacoche finalement! Alors, tant qu’à
voler, risquez pour la peine, vous ne devrez pas payer plus cher à la société
en retour! Le message est clair et les intervenants sociaux vont avoir de quoi
expliquer aux jeunes délinquants qui ont fait un dépanneur ou taxé un petit
jeune!
3. Comme en fait foi
cet épisode tout canadien arrivé récemment : En privé, la ministre Lisa Raitt a
suggéré « que le dossier de la
centrale nucléaire de Chalk River était «sexy» et lui permettrait de faire
avancer sa carrière. » (Hélène
Buzzetti, Propos controversés tenus en
privé mais rendus publics - Raitt refuse de s'excuser, Le Devoir, Édition
du mercredi 10 juin 2009 : www.ledevoir.com/2009/06/10/254280.html
Hyperlien :
Les Enjeux internationaux sur France
culture :
http://sites.radiofrance.fr/chaines/france-culture2/emissions/enjeux_inter/index.php?emission_id=29
_____________
D.I., Delinkan
Intellectuel, revue d'actualité et de culture, Vol. 11 no 4, Textes ciné et
culture : www.societascriticus.com
_____________
POUR ELLE DE
FRED CAVAYÉ
AVEC
VINCENT LINDON ET DIANE KRUGER
Les Films Séville, une filiale de E1 Entertainment, est
heureuse d’annoncer que POUR ELLE, le premier long métrage du réalisateur et
scénariste français Fred Cavayé, prendra l’affiche à Montréal et à Québec le 12
juin prochain.
Né de l’idée du scénariste Guillaume Lemans, Pour Elle est
un thriller enlevant sur fond d’histoire d’amour. Saisissant le spectateur à
travers le désespoir rencontré par le couple joué magistralement par Vincent
Lindon (Ma petite entreprise, La Moustache) et Diane Kruger (Troie, L’Âge des
ténèbres).
Commentaires de Michel Handfield
(19 juin 2009)
On est dans le thriller psycho juridique.
Suite à un conflit avec sa patronne, qui sera assassinée
dans le stationnement à la sortie du travail, Lisa sera soupçonnée, puis
accusée à tort. Son mari cherchera à la faire disculper, puis à la faire
évader, puisque la disculpation ne semble pas possible, question d’apparences!
En effet, tout se joue sur l'apparence de justice et de culpabilité ici, mais
les apparences sont contre elle.
Malgré quelques invraisemblances, j’étais pris par ce
film; pris au point de faire des liens et de combler ces incohérences moi-même.
J’avais hâte de savoir s'il allait réussir à faire évader sa femme ou si on
était pour trouver la véritable coupable avant la fin du film. Là, était le
suspense pour moi. Puis, on peut se demander jusqu’où il est prêt à aller pour
sa femme? Va-t-il craquer, car ce n’est
pas un criminel endurci. Il est par contre assez rationnel et a la tête armée
du rêve de sa femme!
Si vous aimez les thrillers et les films français, ce film
a les défauts et les qualités de ces deux genres. Puis, si vous préférez les
films « Américains », attendez le « remake » : « The Next Three Days » par Paul
Haggis ("Million Dollar Baby"
(scénario); « Crash »
(scénario et réalisation); et collaboration au script de « Casino Royale » pour ne nommer que
ceux-là!). D'une façon ou d'une autre, vous serez servi. A moins de voir les
deux, ce que je vous recommande!
_____________
D.I., Delinkan Intellectuel,
revue d'actualité et de culture, Vol. 11 no 4, Textes ciné et culture :
www.societascriticus.com
11/3
D.I.,
Delinkan Intellectuel, revue d'actualité et de culture, Vol. 11 no 3, Textes
ciné et culture : www.societascriticus.com
_____________
J’ai tué ma mère de Xavier Dolan
La belle personne DE
CHRISTOPHE HONORÉ
Commentaires de Michel Handfield
D’abord,
dans « j’ai tué ma mère »,
Hubert ne tuera pas physiquement sa mère, qui l'énerve au plus haut point, mais
il la tuera symboliquement à l’école. Elle viendra d’ailleurs le hanter quand
elle saura ça!
C’est
un film sur l'a-communication entre un ado, qui se sait différent des autres,
car il est homosexuel et l’assume, en même temps qu’il vit sa crise
d’adolescence, et sa mère qui le traite comme un enfant et ne sait pas pour son
homosexualité. Cela fausse son rapport à son fils, d’autant plus qu’elle ne
l’écoute que distraitement, quand elle l’écoute, et se dédit souvent. Trop
souvent au goût d’Hubert. Je le comprends, car il est rationnel même s’il
semble émotif. Puis, comme à
l’adolescence on voit les incohérences (alors que la vie est souvent faite
d’incohérences, de dissonances et de compromis), il prend ça dur le p’tit gars!
Mais, d’avoir des parents cool, ce n’est pas toujours mieux. Les parents
parfaits, ça n’existe pas davantage que les enfants idéaux, sauf dans les
contes de Disney!
Bref,
un film sur la crise ou la « crisse » d'adolescence fait par un jeune
qui en sort à peine, ce qui nous en donne une vision de l’intérieur plutôt que
d’un adulte qui disserte sur le sujet! C’est là que ce film est rafraîchissant
même si Hubert et sa mère sont parfois énervants, mais c’est cela
l’adolescence : on énerve les autres et les autres nous énervent! C’est
très bien rendu. Le jeu d’Anne Dorval est d’ailleurs excellent sur ce point.
Quant à Xavier Dolan, il joue très bien son personnage; mais jusqu’à quel point
le joue-t-il? Il a du talent, mais ce n’est qu’avec le temps que nous pourrons
séparer Xavier d’Hubert!
Quant
aux parents qui comparent leur(s) enfant(s) avec les autres et qui leur
montrent des modèles, parfois, s’ils savaient ce qu'il y a derrière ces
modèles, ils ne les citeraient tout simplement pas. De quoi rendre les parents
peu crédibles, surtout aux yeux de jeunes qui ont accès à toutes sortes
d’informations via l’internet! A leurs yeux, de ne pas savoir pour des parents
est une erreur. Ils ont à apprendre qu’on ne sait pas tout et qu’eux aussi se
frapperont à cette réalité un jour.
Quant à « La
belle personne », film français cette fois-ci, il est sur les relations adolescentes. Les
professeurs ont même beaucoup de place, car on ne voit pas les parents. La
différence d’âge à ce niveau n’est parfois pas très grande entre certains étudiants et de jeunes
professeurs; que quelques années tout au plus, d'où des histoires ambiguës
entre eux. Un prof peut tomber en amour avec certaines de ses étudiantes et
vice versa, cela assez ouvertement même. Même chose pour les garçons avec leurs
professeurs féminins, mais avec un peu plus de discrétion dans ce cas. Un peu
comme au cégep diront certains, car cette fin de lycée, avec le calcul
différentiel et intégral, ressemble à notre niveau collégial. L’âge coïncide
aussi. Un peu plus jeune cela aurait cependant fait des vagues dans le milieu,
soit à l’école ou à la commission
scolaire, du moins ici. Ce genre
d’histoire trouverait aussi son chemin vers les médias, que ce soit par les
parents ou une étudiante éconduite et blessée dans son amour propre par ce prof
qui la quitte pour une autre du même lycée!
Cependant, peu importe l’âge, qu’en est-il de l’éthique? Cette question
se pose toujours dans ces cas-là. Mais, on ne la pose pas vraiment dans le
film.
Cela peut d’ailleurs engendrer des relations troubles
entre les jeunes, question d’amitiés particulières entre gars et filles,
surtout si s’y insère un prof. Qui propos et questions d’identités sexuelles
sont donc au rendez-vous, ce qui donne toujours un potentiel dramatique. Mais,
le pire demeure le trio amoureux. C’est le cas de Junie, seize ans, prise entre
Otto et Nemours, son professeur d'italien. Sujet intéressant que le trio,
traité autant en littérature, cinéma qu’en opéra. Pensons justement à « Lucia Di Lammermoor » dont un
étudiant parle en classe. Il en fait même écouter un extrait avec Maria Callas.
Fascinant, car nous avons parlé de cet opéra il y a quelques jours à
peine.
Deux films à voir pour leur traitement différencié des
relations adolescentes, l’un québécois, l’autre français, mais complémentaire.
Différences culturelles, d’approches et de points de vue qui se complètent
bien.
J’ai tué ma
mère (Sortie le 5 juin)
Présenté
en première mondiale à la Quinzaine des Réalisateurs du festival de Cannes le
lundi 18 mai, J’ai tué ma mère écrit, réalisé et interprété par Xavier Dolan
prendra l’affiche à Montréal le prochain.
Le
film raconte l’histoire de Hubert Minel, 17 ans, qui n’aime pas sa mère et la
jauge avec mépris, ne voit que ses pulls ringards, sa décoration kitch et les
miettes de pain qui se logent à la commissure de ses lèvres quand elle mange
bruyamment. Au-delà des irritantes surfaces, il y a aussi la manipulation et la
culpabilisation, mécanismes chers à sa génitrice. Confus par cette relation
haine / amour qui l’obsède chaque jour de plus en plus, Hubert vague dans les
arcanes d’une adolescence à la fois marginale et typique – découvertes
artistiques, ouverture à l’amitié, ostracisme, sexe – rongé par la hargne qu’il
éprouve à l’égard d’une femme qu’il aimait pourtant jadis. Au terme d’épreuves
décisives et d’épisodes tragiques, Hubert retrouvera sa mère sur la berge
écumeuse du Fleuve Saint-Laurent, là où il a grandi. Dans les caquètements des
oies sauvages, sous le crépuscule rouge, un moment de paix surgira, comme venu
du passé, et un meurtre sera perpétré : celui de l’enfance.
Anne
Dorval, Suzanne Clément, François Arnaud, Patricia Tulasne, Niels Schneider et
Monique Spaziani sont les acteurs de ce film dont la photographie est signée
Stéphanie Weber-Biron et le montage Hélène Girard. C’est Sylvain Grassard qui a
assuré la conception sonore et Nicolas L’Herbier qui a composé la musique
originale. J’ai tué ma mère est une production de Xavier Dolan et de Daniel
Morin comme producteur associé avec Carole Mondello comme productrice déléguée.
Le film est distribué au Canada par K-Films Amérique et à l’International par
REZO Films (Paris).
La belle personne
(Sortie le 5 juin au Cinéma Parallèle.)
Métropole Films est heureuse d’annoncer que le film La
Belle personne prendra l’affiche le 5 juin prochain au Cinéma Parallèle.
Dernier long métrage de Christophe Honoré (Dans Paris, Les Chansons d’amour), le
film a été sélectionné en 2008 au festival de San Sebastien.
Junie, seize ans, change de lycée en cours d'année suite à
la mort de sa mère. Elle intègre une nouvelle classe dont fait partie son
cousin Matthias. Il devient son ambassadeur auprès de sa bande d'amis. Junie
est vite courtisée par les garçons du groupe, elle consent à devenir la fiancée
du plus calme d'entre eux, Otto. Mais bientôt, elle sera confrontée au grand
amour, celui de Nemours, son professeur d'italien. La passion qui naît entre eux
sera vouée à l'échec. Ne voulant pas céder à ses sentiments, Junie s'obstine à
refuser le bonheur, car il n'est à ses yeux qu'une illusion.
Transposition libre et moderne de La Princesse de Clèves,
de Madame de La Fayette, La Belle personne met en vedette deux stars montantes
du cinéma français, Grégoire Leprince-Riguet et Léa Seydoux, ainsi que l’acteur
fétiche de Christophe Honoré, Louis Garrel. Considéré par le réalisateur comme
le troisième tome d’une trilogie amorcée avec Dans Paris et Les Chansons d’amour,
La Belle personne complète le portrait en trois volets de la jeunesse
parisienne et de ses amours.
Hyperliens, avec la coopération de Luc
Chaput :
www.labellepersonne-lefilm.com
http://fr.wikipedia.org/wiki/Lafayette
http://fr.wikipedia.org/wiki/Marie-Madeleine_Pioche_de_la_Vergne,_comtesse_de_La_Fayette
http://princessedecleves.blogspot.com/
http://fr.wikipedia.org/wiki/La_Lettre_(film,_1999)
_____________
D.I.,
Delinkan Intellectuel, revue d'actualité et de culture, Vol. 11 no 3, Textes
ciné et culture : www.societascriticus.com
D.I., Delinkan
Intellectuel, revue d'actualité et de culture, Vol. 11 no 3, Textes ciné et
culture : www.societascriticus.com
_____________
«CARCASSES», de
Denis Côté
SÉLECTION
OFFICIELLE QUINZAINE DES RÉALISATEURS - FESTIVAL DE CANNES
À
L'AFFICHE DEPUIS LE 29 MAI
FunFilm Distribution est fière d’annoncer la sortie du film
CARCASSES, le quatrième long métrage de Denis Côté (Les États nordiques, Nos
vies privées, Elle veut le chaos). Sélectionné par la Quinzaine des
réalisateurs dans le cadre du Festival de Cannes qui se tiendra du 13 au 24 mai
prochain, le film prendra ensuite l’affiche à Montréal et à Québec le 29 mai.
Jean-Paul Colmor entasse depuis plus de 40 ans des
centaines de carcasses d’automobiles sur son terrain au bout d’un rang. Plus
qu’un recycleur et vendeur de pièces de toutes sortes, Colmor propose un lieu
impensable, chargé de mémoire. Chaque jour il revisite son terrain, trimballe
la ferraille, recense ses pièces et autres joyaux rouillés… Toute aussi étrange
est sa petite maison, sorte d’abri où se démarquent dans le fouillis cuisine,
salle de bain et chambre à coucher. Puis un jour, d’autres arrivent et
voudraient bien partager un peu de la solitude et de la marginalité excentrique
de Jean-Paul…
Œuvre atypique mariant le documentaire et la fiction,
Carcasses est le premier film de Denis Côté à être sélectionné à Cannes. Ses
précédents longs métrages ont été présentés dans une trentaine de prestigieux
festivals à travers le monde dont celui de Locarno où Elle veut le chaos et Les
États nordiques ont respectivement remportés le Léopard d’argent du meilleur
réalisateur en 2008 et le Léopard d’or vidéo en 2005.
Carcasses a été écrit et réalisé par Denis Côté et produit
par Sylvain Corbeil et Stéphanie Morissette pour nihilproductions. Le film sera
présenté le 21 mai à à Cannes et prendra l’affiche au cinéma Parallèle à
Montréal et au Clap à Québec le vendredi 29 mai prochain.
Commentaires de Michel Handfield
(8 juin 2009)
Un film sur la valeur et la
désuétude des choses, car il n’y a qu’un fil qui sépare les deux. Ainsi, ces
autos jadis bichonnées par leur propriétaire sont entassées sur ce terrain et
dépérissent. Trop de rouille, leurs pièces ne valent plus rien pour un
collectionneur qui veut réparer son bijou de collection. Pourtant, quelques
mois auparavant, cette pièce aurait pu être celle qu’il cherchait avec amour.
Il aurait pu en donner cher!
Mais, Jean-Paul Colmor voit
quand même de la valeur dans tout ces amas de tôles, de bibelots, de jouets et
de babioles qu’il entasse sur cette terre ou dans sa maison, car cet homme est
d’abord et avant tout un ramasseur! Il fait les encans, les marchés aux
puces et probablement les vidanges pour
ramasser des choses « au cas où
quelqu’un en aurait besoin un de ces jours ». Il a de tout! Mais, qui sait si
ce jour viendra où quelqu’un en aura besoin. En attendant, ce qui est à
l’extérieur se dégrade, rouille, pourrit. Et la nature pousse au travers, ce
qui donne certaines images surréalistes d’arbres poussant au travers de
carcasses de voitures sans valeurs maintenant.
Par contre, dans quelques
millénaires ce terrain sera vraiment une mine d’or… pour les archéologues. Imaginez ce que pourront dire les historiens
du futur à notre sujet quand ils feront des fouilles sur ces terrains et
trouveront les restes d’une vieille « Pontiac Trans-Am 73 » avec des
cassettes « 8 tracks » d’Elvis, de Ginette Reno et de James Last
dedans! Puis, quand ils ouvriront ce qui restera du coffre à gant et qu’ils
tomberont sur les restes d’un vieux numéro de Penthouse avec un drapeau du
Québec, quelle tête feront- ils? La maladie du « ramasseux » aura
quand même son utilité pour documenter notre civilisation de
l’hyperconsommation.
Puis, la fiction se mêle du
film avec l’arrivée de trisomiques dans le décor. Des gens mis de côté par une société
de consommation et de production qui recherche la productivité avant tout. Il y
a là un parallèle avec Jean Paul, car eux aussi sont des marginaux. Mais, plus
puissant encore, il y a un parallèle avec ce lieu : comme ces vieilles
voitures, on les met de côté jusqu’à les oublier, car ils ne sont pas
productifs selon les standards de la société moderne; société qui se dit
pourtant inclusive! Mais, inclusive pour qui? Ils deviennent donc des carcasses
déshumanisées, car on ne leur donne pas la chance d’être utiles, ne serait-ce
que socialement, la société étant d’abord gérée par des critères purement
économiques. Être comptabilisé ou ne pas être! Voilà de quoi nous faire
réfléchir.
_____________
D.I., Delinkan
Intellectuel, revue d'actualité et de culture, Vol. 11 no 3, Textes ciné et
culture : www.societascriticus.com
D.I.,
Delinkan Intellectuel, revue d'actualité et de culture, Vol. 11 no 3, Textes
ciné et culture : www.societascriticus.com
_____________
L’Angoisse érotique de DON JUAN (théâtre, en anglais sous-titré)
Production The Old Trout Puppet Workshop
Espace Libre
Ce fut présenté du 26
au 30 mai 09 dans le cadre de l’Off T.A. tenu en marge du Festival
TransAmériques!
Avec la collaboration
de Vanessa Porteous,
Mercedes Bátiz-Benét
& George Fenwick
À la
fin de sa vie, Don Juan, cet infâme séducteur, est jeté en enfer pour toute l’éternité.
Chargé de chaînes, il se fera traîner sur scène pour se repentir de ses fautes
et nous raconter sa terrible histoire dans l’espoir que nous échapperons à son
destin syphilitique.
Mais,
se repent-il vraiment? Est-il en réalité un monstre cynique ou un saint
mystique? Devrait-on le condamner ou chercher à l’imiter?
Savons-nous ce qu’est
l’Amour? Le faisons-nous bien? Connaîtrons-nous un jour le bonheur?
Le
fantôme de Don Juan est revenu pour nous inciter à éviter l’erreur du mariage,
en nous livrant à l’amour libre. Ses bourreaux démoniaques, les marionnettistes
des Old Trout, nous présentent sa vie, de la naissance à la damnation, sa
recherche du paradis, ses erreurs et ses illuminations amoureuses. À la fin du
sermon, nous sommes libérés; la soirée culmine en une orgie transcendantale où
le public brise ses chaînes et plonge dans un grand océan d’Amour cosmique. La
plupart des soirs en tout cas. Tout dépend du public.
Créée
sur plusieurs années, entre autres pendant trois mois intenses au Mexique,
L’Angoisse érotique de Don Juan est une fantaisie dans la tradition de la
troupe Old Trout. C’est aussi une grande
collaboration fondée sur plusieurs talents, avec des marionnettes très variées,
créées par la troupe. The Old Trout Puppet Workshop est un groupe d’artistes de
diverses disciplines qui ont comme mission de repenser l’art de la marionnette.
Les trois membres fondateurs, Peter Balkwill, Pityu Kenderes et Judd Palmer,
assurent la codirection artistique. La compagnie présente des spectacles de
marionnettes pour adultes depuis près de dix ans. Récemment, elle a présenté
Famous Puppet Death Scenes, qui est encore en tournée en
Amérique du Nord et
ailleurs. The Old Trout est davantage une coopérative d’artistes qu’une
compagnie de théâtre de marionnettes. Elle a produit plusieurs courts métrages,
construit une machine horloge cosmologique pour marionnettes haute de quinze
mètres, écrit des livres pour enfants et donné des ateliers, et elle a même ses
musiciens maison, l’Erreur ! La compagnie loge dans un entrepôt de Calgary en
Alberta.
Mise en scène Vanessa
Porteous Co-auteur Mercedes Bátiz-Benét Compositeur/musique George Fenwick Avec
Peter Balkwill, Pityu Kenderes, Jackson Andrews et Anne Lalancette.
Commentaires de Michel Handfield (8 juin 2009)
Mes
pas m’ont conduit en enfer. Je vais vous conter mon histoire pour que vous ne
fassiez pas les mêmes erreurs que moi. Voilà en gros la proposition scénique de
Don Juan au départ de la pièce. Puis, il reprend le dessus. Chassez le naturel,
il revient au galop!
Ii est
important de connaître sa propre nature. Élevé par les chiens, êtres entiers
dont la sexualité n’est pas réfrénée, que ce soit socialement ou moralement, cela justifie,
pour Don Juan, son comportement. Il ne pouvait pas se contrôler, puisqu’il
n’avait pas appris le contrôle en cette matière. Puis, l’amour est devenu une
façon de fuir la solitude…
De
cette justification, il passe finalement au destin. Son destin. Si Dieu décide
de tout, nous sommes donc programmés! Et, s’il m’a programmé pour aimer les
femmes, il ne peut me condamner aux enfers pour les avoir trop aimés dira en
substance Don Juan! Voilà donc sa défense contre la condamnation de Dieu
puisqu’il n’est finalement qu’une pauvre victime du destin que lui avait choisi
Dieu! C’est donc la grâce de Dieu qu’il demandera à la fin. Comme Jésus, il
dira « aimez vous les uns les autres »,
mais il osera ajouter « dans une sainte orgie! »
C’est
une pièce inventive et intéressante qui pose les enjeux de la sexualité au plan
personnel, mais aussi social et moral.
La sexualité est un choix, mais aussi un comportement programmé ne
serait-ce que par la biologie. Dans le contexte d’aujourd’hui on peut cependant
se demander l’influence de l’image (publicité, télévision et cinéma) sur elle.
Est-elle responsable de l’hypersexualisation
que l’on voit apparaître de plus
en plus tôt chez les jeunes, bombardés d’images à connotation sexuelle? Si,
adulte, on en vient à ne plus les voir, les intègre-t-on de façon subliminale?
On reproche
souvent aux jeunes leur banalisation des comportements sexuels, séparant amour
et sexe au point d’avoir créé un nouveau type de relation, le « fuck-friend » (1), et d’avoir des
relations comme si c’était un jeu de société (2), mais serait-ce une conséquence
de leur surexposition à des images sexuées de plus en plus tôt dans leur vie?
Il ne faut jamais oublier que lorsqu’on banalise une chose, que ce soit la
sexualité, la drogue ou la cigarette, on ne s’en fait plus avec la
surexposition ou la surconsommation de cette chose puisqu’elle est devenue
banale. C’est pourtant là qu’elle risque de faire le plus mal. En ce sens,
cette pièce nous indique qu’on ne doit pas banaliser la sexualité, car,
contrairement à Don Juan, nous n’avons pas été élevés par des chiens qui se
sentaient le cul en signe de reconnaissance.
A
souligner, enfin, le plaisir de voir cette pièce sous-titrée en français!
C’était une bonne idée, car si un mot ou une expression nous échappait, on
pouvait se reprendre sans perdre le fil de l’histoire. C’est aussi un moyen
d’ouvrir sur l’autre public, ce théâtre anglophone s’adressant ainsi à un
public francophone à l’Espace Libre. Cette idée serait à répéter et à élargir.
Certains soirs il devrait y avoir sous titrage dans les théâtres, que ce soit
de pièces en français ou en anglais. La même chose pour les films : il
devrait y avoir davantage de films sous-titrés. Ce serait une façon de briser
les solitudes ethnolinguistiques et d’apprendre à partager. Puis, on
améliorerait ainsi notre compréhension d’une seconde et même d’une troisième
langue. Éducatif, donc!
En
conclusion, cette soirée théâtrale fut à la fois agréable et enrichissante.
Quant à ceux qui croient qu’il ne se passe rien à l’ouest du Québec et surtout
au pays de Stephen Harper, c’est faux, car cette pièce venait de Calgary en
Alberta! Bonjour préjugé!
Notes :
1. Juste à googler « fuck-friend » pour en savoir plus que ce que vous voulez
réellement savoir si vous n’avez pas encore compris ce qu’est un partenaire de baise!
2. Les médias ont
fait du millage pendant un temps sur ce phénomène du « gang bang » chez les adolescents et
pré-adolescents, soit des relations sexuelles en groupe, parfois aussi jeune
qu’à 11 ou 12 ans. Cela se rapproche de « la tournante » qui est par contre une forme de viol collectif,
car les victimes ne sont pas
consentantes. Toutefois, chez les ados et les pré-ados, les personnes
impliqués dans ces jeux sont-elles consentantes ou en mesure de donner un
consentement éclairé? La question se pose.
Hyperlien :
Projet Outiller les jeunes face à
l'hypersexualisation :
www.hypersexualisationdesjeunes.uqam.ca
_____________
D.I.,
Delinkan Intellectuel, revue d'actualité et de culture, Vol. 11 no 3, Textes
ciné et culture : www.societascriticus.com
D.I., Delinkan
Intellectuel, revue d'actualité et de culture, Vol. 11 no 3, Textes ciné et
culture : www.societascriticus.com
_____________
LUCIA DI LAMMERMOOR, Opéra de
Gaetano Donizetti
Genre : Drame
tragique
Structure : En trois
actes
Langue : En italien
avec surtitres français et anglais
Livret : Salvatore Cammarano d’après “The Bride of Lammermoor” de Walter
Scott.
Création : Naples,
Teatro San Carlo, le 26 septembre 1835
Production : Dallas
Opera
Dernière production à
la compagnie : février 2001
Salle
Wilfrid-Pelletier, Place des Arts
23 · 27 · 30 mai · 1
& 4 juin 2009 à 20 h
L’Opéra
de Montréal clôture sa 29e saison avec une production éclatante, véritable
chef-d’œuvre du bel canto, Lucia di Lammermoor de Gaetano Donizetti. Œuvre
tragique la plus célèbre du compositeur italien, Lucia di Lammermoor remporte
toujours les suffrages des amants de l’art lyrique depuis 1835 !
En
Écosse, à la fin du 17e siècle, un château dans des landes brumeuses. Enrico
veut donner sa sœur Lucia en mariage à Arturo, union qui pourrait rétablir la
situation financière précaire de sa famille. Mais, Lucia aime l’ennemi juré de
son frère, Edgardo, avec qui elle a échangé des serments d’amour éternel.
Enrico fait pression sur sa sœur qui, désespérée, finit par céder. Au beau
milieu de la célébration du mariage, Edgardo surgit pour accuser Lucia de
l’avoir trahi. Devenue folle, Lucia assassine Arturo pendant la nuit de noces
et meurt de douleur. Edgardo, ne pouvant vivre sans elle se poignarde sur la
tombe de ses ancêtres.
Tout
cela se passe sur fond de luttes entre familles rivales et dans le contexte des
guerres entre catholiques et protestants. Le livret est une habile adaptation
du roman de Walter Scott, « La
fiancée de Lammermoor » (1819), lui-même inspiré d’un fait divers qui
s’est déroulé en Écosse au XVIIe siècle au cours duquel une noble jeune femme
avait assassiné, la nuit de ses noces, son époux détesté, et était devenue
folle à la suite de ce crime.
Plus
d’une interprète ont immortalisé le rôle de Lucia et chanté la partition
exigeante de l’héroïne de Donizetti, qu’on pense à Nelly Melba (1889), Lily
Pons (1935), et plus près de nous, Maria Callas (1952) et Nathalie Dessay (2002
– version française).
DISTRIBUTION :
Lucia : EGLISE
GUTIERREZ, soprano (Cuba)
Edgardo :
STEPHEN COSTELLO, ténor (États-Unis)
Enrico : JORGE
LAGUNES, baryton (Mexique)
Raimondo : ALAIN
COULOMBE, basse (Canada)
Lord Arturo
Bucklaw : ANTOINE BÉLANGER, ténor (Canada)
Normanno :
PIERRE-ÉTIENNE BERGERON, baryton-basse (Canada)
Alisa : SARAH
MYATT, mezzo-soprano (Canada)
PRODUCTION :
Chef : STEVEN
WHITE (États-Unis)
Metteur en
scène : DAVID GATELY (États-Unis)
Concepteur des
décors : HENRY BARDON (Tchéquie/États-Unis)
Conceptrice des
éclairages : ANNE-CATHERINE SIMARD-DERASPE (Canada)
Chef de chœur :
CLAUDE WEBSTER (Canada)
Commentaires de Michel Handfield (3 juin 2009)
Dès le
départ on est dans l’émotion, ne serait-ce que par la musique. On sent qu’il y
aura un drame. Puis, on voit un homme qui surprend une jeune femme avec un
autre homme! S’ils ont le temps de fuir, ils ont été vus! Les dés sont jetés!
Triangle
amoureux? Non, mais un espion apprendra au frère de Lucia (Eglise Gutierrez,
soprano), Enrico (Jorge Lagunes, baryton),
que sa sœur est en amour avec
Edgardo (Stephen Costello, ténor), son ennemi juré. Le sort en sera
décidé par son frère : faire cesser cette union!
Quand
il y a amour entre gens de bandes rivales, comme dans « West Side
Story » par exemple, la haine n’est jamais très loin. Le drame au
tournant! Enrico usera donc de manipulation, de chantage et de mensonge pour
faire céder Lucia et ainsi concrétiser son plan : la marier à Lord Arturo
Bucklaw (Antoine Bélanger, ténor) par cupidité et intérêt, car la famille
est appauvrie et lui menacé dans cette Écosse conflictuelle (1), où la reine
Marie fut elle-même emprisonnée et exécutée (2). Ce mariage pourrait cependant
redonner du lustre à la famille et à leur demeure, qui tombe en ruine, car Lord
Arturo est riche et pourrait refaire le château. Il constituerait aussi un
protecteur pour Enrico.
On a
donc droit à la méchanceté fait homme en Enrico; très machiavélique auprès de
sa sœur pour en arriver à ses fins. Ne dit-on pas que la fin justifie les
moyens? C’est justement à cette
démonstration que l’on assiste tout au long de cet opéra en crescendo.
Cependant,
on ne badine pas avec l’amour pur, noble et romantique; le sentiment de Lucia
pour Edgardo. Si cela semble aujourd’hui très normal, voir banal, l’amour pour
l’amour était révolutionnaire à cette époque où le mariage était souvent obligé
pour des raisons économiques. Les gens ne se mariaient pas parce qu’ils
s’aimaient, mais apprenaient à s’aimer parce qu’on les avait mariés! Des
mariages forcés pour sceller des alliances de paix dans la noblesse ou agrandir
la terre cultivable dans la paysannerie! Des unions familiales étaient ainsi
scellées par le mariage. A défaut d’amour, c’était, au mieux, des mariages de
raison entre époux consentants. (3) Bien souvent, le consentement n’était même
pas requis, car un père (ou un frère, en cas de père absent) pouvait
« donner » la main de sa fille pour des avantages! Cela est encore
vrai dans certaines cultures. (4)
D’aller
contre cet amour par méchanceté et cupidité ne paiera pas Enrico, car la
déraison d’amour sera plus forte que la raison d’État! Lucia craquera, avec des
conséquences funestes pour son époux; son amour perdu; et pour elle-même. La
chute éclaboussera son frère. On sait qu’il ne s’en relèvera pas.
Opéra complexe sur l’amour et la folie,
car on parle ici d’amour pur (Lucia et Edgardo) et d’amour de soi, cet amour
fou qui conduit Enrico à abuser de sa sœur au point de la vendre, par un
mariage arrangé, pour son propre intérêt. Ce n’est pas le sort de sa sœur qui
l’intéresse, mais son sort à lui qui à besoin de ce mariage pour se sortir du
pétrin. C’est donc la soumission de sa sœur qu’il monnaye, ce qui est demander
davantage qu’un mariage de raison, puisqu’elle n’en retire aucun bénéfice! Ce
mariage représente donc le drame de sa vie pour Lucia, ce qu’elle refusera
fatalement en assassinant son nouvel époux. Inconsciemment, elle préférera
sombrer dans la folie à en mourir que de mourir de chagrin!
Mais,
si la folie de Lucia semble le sujet de la pièce, car très apparente, il ne
faudrait pas oublier la folie cupide et machiavélique d’Enrico qui prépare la
chute de sa sœur et de cet opéra. Finalement, et fatalement pourrais-je
ajouter, on y trouvera une morale : la machination politique et la
cupidité ne peuvent venir à bout de l’amour pur, car cet amour ne s’achète pas
et ne se pervertit pas! Enrico aura
d’ailleurs à assumer les conséquences de ce drame dont il aura lui-même mis en
place l’échafaudage même si on n’en voit pas les conséquences pour lui, cet
opéra s’arrêtant sur la mort des amoureux. Mais, on sait qu’il aura à en
répondre après la tombée du rideau.
Un
grand opéra sur les caractères humains et le noble sentiment d’amour, cet objet du désir que certains voudraient
monnayer et travestir par cupidité. Un opéra qui a fait réagir les spectateurs
à plus d’une occasion, car captivant. On descend au fondement de l’humain dans
ses coins les plus sombre, mais aussi les plus nobles, comme les deux faces
d’une même pièce de monnaie. Un grand opéra dans le genre tragédie humaine. Un
opéra psychologique!
Notes :
1. On peut aussi
penser à « Macbeth ou l’obsession du Pouvoir » joué à l’Opéra de Montréal en janvier dernier :
Societas Criticus, Vol. 11 no 1, du 15 décembre 2008 au 7 février 2009.
2. http://fr.wikipedia.org/wiki/Marie_Stuart
3. Cependant, le
mariage de raison semble revenir à l’avant scène. « Le mariage de raison :
ça peut marcher » peut-on lire sur www.psychologies.com sous le clavier d’Anne-Laure Gannac :
« Sans coup de foudre ni passion, les unions
raisonnables font leur retour. Surtout pour une génération marquée par les divorces.
Souvent plus solides que les mariages d’amour, elles peuvent même faire des
envieux. »
Source :
4. Je pense ici à « NILOOFAR » (France - Iran - Liban / Compétition mondiale des
premières œuvres / 2008 / Couleur / 82 min), vu au FFM 2008 (Societas Criticus,
Vol. 10 no. 5, du 5 août 2008 au 8
octobre 2008)
_____________
D.I., Delinkan
Intellectuel, revue d'actualité et de culture, Vol. 11 no 3, Textes ciné et
culture : www.societascriticus.com
D.I.,
Delinkan Intellectuel, revue d'actualité et de culture, Vol. 11 no 3, Textes
ciné et culture : www.societascriticus.com
_____________
En
salle le 22 mai
Les Films Séville sont heureux d’annoncer que le long
métrage Plus tard tu comprendras prendra l’affiche le 22 mai 2009.
Ce film d’Amos Gitaï d’après le roman de Jérôme Clément met en vedette Jeanne
Moreau et Hippolyte Girardot.
Paris, aujourd'hui ; Victor, un homme d'une quarantaine
d'années, seul, se recueille devant un grand mur où l'on devine des noms
gravés. Le mur à la mémoire des déportés.
Paris, 1987. Alors que le procès de Klaus Barbie est
retransmis en direct, on découvre Victor entouré de documents où il tente de
découvrir la vérité à propos de son passé familial.
De son côté, Rivka, sa mère, s’active à préparer un repas.
De la télévision, on entend très distinctement le début du même procès, le
témoignage d’une rescapée. Lors du diner, Victor tente de faire parler sa mère
qui s’y refuse. Elle fait mine de ne rien entendre ou change de conversation,
elle veut finir tranquillement sa vie, au milieu d’objets et de souvenirs et
entourée de ses enfants et petits enfants. Son attitude ne fait que renforcer
l’agitation de Victor. Sa femme Françoise va le soutenir dans cette reconquête
de la mémoire familiale.
Commentaires de Michel Handfield
(30 mai 2009)
Que s’est-il passé à l’époque de l’occupation? Cette
question ne laisse pas de répit à Victor, né d’un mariage mixte entre un père
français, peut être collaborateur et antisémite, et une mère juive dont la
trace des parents se perd à cette époque. Ses grands-parents auraient-ils été
victimes d’une dénonciation de son père ou de la famille de celui-ci? Et sa
mère qui se tait; cette mère qui lui a cachée ses origines juives. Pourquoi?
Un film sur les racines; ces racines desquelles sortent
des pousses où nous ne les attendons pas. Construit par couches, j’aimerais le
revoir pour mieux le comprendre, car il y a des détails du film qui se
révèleront peut être des clefs à la fin.
A voir et à revoir.
_____________
D.I.,
Delinkan Intellectuel, revue d'actualité et de culture, Vol. 11 no 3, Textes
ciné et culture : www.societascriticus.com
D.I.,
Delinkan Intellectuel, revue d'actualité et de culture, Vol. 11 no 3, Textes ciné
et culture : www.societascriticus.com
_____________
« UN BARRAGE CONTRE LE
PACIFIQUE » DE RITHY PANH
http://www.unbarrage-lefilm.com/
AVEC
ISABELLE HUPPERT
À
L’AFFICHE DÈS LE 15 MAI
Métropole Films est heureuse d’annoncer que le film Un
barrage contre le Pacifique, du réalisateur cambodgien Rithy Panh, prendra
l’affiche le 15 mai prochain au Cinéma Quartier Latin. Mettant en vedette
Isabelle Huppert, le film a été présenté en 2008 au Festival de Rome.
Indochine, 1931. Dans le Golfe du Siam, au bord de l'Océan
Pacifique, une mère survit tant bien que mal avec ses deux enfants, Joseph (20
ans) et Suzanne (16 ans), qu'elle voit grandir et dont elle sait le départ
inéluctable. Abusée par l'administration coloniale, elle a investi toutes ses
économies dans une terre régulièrement inondée, donc incultivable. Se battant
contre les bureaucrates corrompus qui l'ont escroquée, et qui menacent à
présent de l'expulser, elle met toute son énergie dans un projet fou :
construire un barrage contre la mer avec l'aide des paysans du village. Ruinée
et obsédée par son entreprise, elle laisse à Joseph et Suzanne une liberté
quasi-totale. C'est alors que M. Jo, fils d'un riche homme d'affaires chinois
tombe sous le charme de Suzanne. La famille va tenter d'en tirer profit...
Adaptation du roman éponyme de Marguerite Duras, Un
barrage contre le Pacifique a été porté une première fois à l’écran en 1958 par
René Clément sous le titre «Barrage contre le Pacifique». Après plusieurs
documentaires sur la tragédie de son pays le Cambodge, dont La terre des âmes
errantes (1999) et S21, la machine de mort Khmère rouge (2004), le réalisateur
du merveilleux Les Gens de la rizière, Rithy Panh, revient à la fiction
avec ce drame familial porté par une Isabelle Huppert merveilleuse dans le rôle
de la mère.
Commentaires de Michel Handfield
(30 mai 2009)
Le résumé officiel en dit déjà beaucoup. Puis, le roman
existe, car ce film en est tiré. En partie autobiographique (1), je n’ai pas grand-chose
à ajouter, sauf qu’il s’agit d’une histoire de vie. C’est intéressant d’un
point de vue historique et ethnologique, puisqu’on est dans une colonie
française
d’Indochine
(2), le Cambodge (3), qui obtiendra son indépendance plus tard (1953), mais
passera aussi sous la coupe communiste avec le régime dictatorial de Pol Pot
(4), ce qu’on ne voit pas dans le film, puisqu’il s’arrête en 1932 (5) sauf pour un regard sur une rizière
d’aujourd’hui à la fin du film. La rizière que sa mère (Isabelle Huppert)
aurait réussi à faire survivre grâce à son barrage? C’est ce que je suppose.
Une façon de dire qu’elle aurait finalement gagné son pari!
Socialement, il est cependant intéressant de voir que ce
n’était pas tous les coloniaux qui avaient la draguée haute. Certains, comme sa
mère, qui en arrachaient économiquement, étaient condamnés à la débrouille.
Elle dira d’ailleurs à quelque reprise « Salauds de bureaucrates, ils doivent bien rire! » C’est clair
que la corruption a suivi le colonialisme diront certains. Cependant, il n’y
avait pas que les coloniaux qui la maîtrisaient. M. Jo, le fils d'un riche
homme d'affaires chinois, qui est en amour avec Suzanne (Astrid
Berges-Frisbey), en possède tous les rudiments. La corruption est donc humaine,
tout autant que l’envie dont elle serait la fille selon moi.
On voit toutes les ficelles que tirent les profiteurs dans
ce film, car il démonte les mécanismes de l’exploitation devant nos yeux :
vente de terrains qui ne rapporteront
pas assez pour payer l’hypothèque et lotissement de terres déjà habitées par
exemple, que l’on vend au dépends des habitants qui les cultivent déjà, car ils
ne savent pas qu’ils doivent acheter ce qui est déjà leur bien depuis des
générations par l’occupation du sol. Priver ainsi de leur dignité les habitants
fut probablement la pire erreur du colonialisme.
Lucide, la mère de Suzanne voit tout cela et essaiera d’organiser la communauté.
Cependant, par nécessité, elle tentera aussi de marier sa fille à M. Jo. Mais,
Suzanne se montrera meilleure que sa mère dans cet art pour obtenir ce qu’elle
veut de M. Jo sans faire ce que sa mère voudrait d’elle, car elle
« vendrait » bien sa fille au loup... pour se tirer d’affaire. Cela
n’arrivera pas, je vous le dis.
Donc, un film sur les profondeurs de l’Homme;
psychologique et autobiographique en même temps, car c’est en partie la vie de
Marguerite Duras, représentée ici par Suzanne.
Notes :
1.Duras,
Marguerite, Un barrage contre le Pacifique [1950] , 384 pages, Collection Folio (No 882) (1978), Gallimard
roman.
2.
L’Indochine française recouvrait ce que l’on connaît maintenant comme le Laos, le Cambodge et le Viêt Nam.
3. http://fr.wikipedia.org/wiki/Cambodge
4. http://fr.wikipedia.org/wiki/Pol_Pot
5. « En 1932, Marguerite Donnadieu vient en
France où elle fait des études de droit, de mathématiques et de sciences
politiques. » nous apprend sa biographie (http://www.alalettre.com/duras.php)
Hyperliens avec Luc Chaput
http://artsetspectacles.nouvelobs.com/p2303/a391591.html
http://pagesperso-orange.fr/jeanmi.b/sihanoukville.htm
http://www.lepetitjournal.com/content/view/26578/1841/
http://histoireduroussillon.free.fr/Duras/Biographie.php
http://fr.wikipedia.org/wiki/Rithy_Panh
http://fr.wikipedia.org/wiki/S21,_la_machine_de_mort_Khm%C3%A8re_rouge
http://fr.wikipedia.org/wiki/The_Killing_Fields
_____________
D.I.,
Delinkan Intellectuel, revue d'actualité et de culture, Vol. 11 no 3, Textes
ciné et culture : www.societascriticus.com
D.I.,
Delinkan Intellectuel, revue d'actualité et de culture, Vol. 11 no 3, Textes
ciné et culture : www.societascriticus.com
_____________
Il Divo de Paolo Sorrentino (2008)
À
L’AFFICHE DÈS LE 22 MAI
Métropole Films est heureuse d’annoncer que le film Il
Divo, du réalisateur italien Paolo Sorrentino, prendra l’affiche le 22 mai
prochain. Présenté en sélection officielle lors du dernier festival de Cannes
où il s’est mérité le Prix du jury, le film dresse le portrait de l’homme
politique italien Giulio Andreotti, figure emblématique de son pays.
À Rome, à l'aube, quand tout le monde dort, il y a un
homme qui ne dort pas. Cet homme s'appelle Giulio Andreotti.
Il ne dort pas car il doit travailler, écrire des livres,
mener une vie mondaine et en dernière analyse, prier. Calme, sournois, impénétrable,
Andreotti est le pouvoir en Italie depuis quatre décennies. Au début des années
quatre-vingt-dix, sans arrogance et sans humilité, immobile et susurrant,
ambigu et rassurant, il avance inexorablement vers son septième mandat de
président du Conseil.
À bientôt 70 ans, Andreotti est un gérontocrate qui, à
l'instar de Dieu, ne craint personne et ne sait pas ce qu'est la crainte
obséquieuse. Habitué comme il l'est à voir cette crainte peinte sur le visage
de tous ses interlocuteurs. Sa satisfaction est froide et impalpable. Sa
satisfaction, c'est le pouvoir. Avec lequel il vit en symbiose. Un pouvoir
comme il l'aime, figé et immuable depuis toujours. Où tout, les batailles
électorales, les attentats terroristes, les accusations infamantes, glisse sur
lui au fil des ans sans laisser de trace.
Il reste insensible et égal à lui-même face à tout.
Jusqu'à ce que le contre-pouvoir le plus fort de ce pays, la Mafia, décide de
lui déclarer la guerre. Alors, les choses changent. Peut-être même aussi pour l'inoxydable
et énigmatique Andreotti. Mais, et c'est là la question, les choses changent ou
n'est-ce qu'une apparence ? Une chose est certaine : il est difficile
d'égratigner Andreotti, l'homme qui mieux que nous tous, sait se mouvoir dans
le monde.
Commentaires de Michel Handfield
(20 mai 2009)
L’Italie politique; l’Italie de la mafia, comme si elles
étaient intimement liées. Car la mafia semble imbriquée partout comme du lierre
sur la vigne italienne! On suit plus particulièrement Andreotti et la démocratie
chrétienne. De quoi parler de la quadrature du cercle: Église, politique,
affaires et mafia!
On est
en pleine saga machiavélienne : perpétuer le mal pour faire le bien! C’est
cela le pouvoir semble-t-il dans cette Italie d’Andreotti. Pourtant on parle
d’un gouvernement chrétien, proche de l’église catholique qui se dit la seule
descendante de Jésus Christ et de Pierre. Une église qui connaitra aussi son
lot de scandales et dont celui de la banque du Vatican ne sera pas le moindre.
Comme si religion et politique étaient aussi liés que politique et mafia dans
un triangle infernal. « Sur quoi il y a lieu d’observer que la haine
est autant le fruit des bonnes actions que des mauvaises; d’où il suit, comme
je l’ai dit, qu’un prince qui veut se maintenir est souvent obligé de n’être
pas bon; car lorsque la classe de sujets dont il croit avoir besoin, soit
peuple, soit soldats, soit grands, est corrompue, il faut à tout prix la
satisfaire pour ne l’avoir point contre soi; et alors les bonnes actions
nuisent plutôt qu’elles ne servent. » (Machiavel, p. 140) Prince de l’église, prince politique ou
prince de la mafia, tous taillés dans la même étoffe! Pas surprenant qu’on les
retrouve parfois ensemble là où on ne s’y entendrait pas.
Manipulateur et comploteur, sans jamais « manquer de
raisons légitimes pour colorer l’inexécution de ce qu’il a promis » (Machiavel,
p. 128) et justifier ce qu’il a fait, Andreotti sera blanchi des accusations
qui seront portées contre lui. Petit homme à l’air fragile, il se sera montré
très fort, car il ne succombera pas à la vague d’attentats et de suicides qui
auront lieu dans son entourage ni à la justice italienne. Il aura su s’en
tirer. Pourquoi?
Pour ma part, je regarderais qui nomme les juges, car le
pouvoir c'est une machine qui dépasse chacun de ses membres pour le bien de
l’organisation : État, église, entreprises… Imaginons maintenant que
l’Organisation les recouvre tous! Cela donne des possibles à défaut d’une
réponse claire, car personne n’avouera que la mafia s’intègre dans tout et
intègre tout comme un immense réseau de contacts, de communication et
d’organisation finalement. Elle aplanit ainsi les difficultés où il y en a,
faisant céder sur un prix et fermer les yeux saur une norme finalement! Club
social de négociation pour contourner les lois en secret. Avant que ça se sache
les principaux acteurs auront tous passé par les services d’un autre de leur
partenaire, l’église, et ne seront plus là pour en répondre de toute
manière…
Voilà le contexte de ce film et de ce gouvernement de la
démocratie chrétienne. Un film à voir en
complément de « Gomorra »,
car les deux se complètent. On est dans les mêmes eaux, mais en des lieux
différents. Sauf que l’eau c’est l’eau comme la mafia est la mafia peu importe
l’angle! Bene!
Références et hyperliens,
avec la coopération de Luc Chaput:
Machiavel,
Nicolas, 1996 [1532], Le prince,
Paris : Booking International, p. 140
http://en.wikipedia.org/wiki/Giulio_Andreotti
http://fr.wikipedia.org/wiki/Giulio_Andreotti
http://it.wikipedia.org/wiki/La_Repubblica
http://fr.wikipedia.org/wiki/La_Repubblica
http://it.wikipedia.org/wiki/Eugenio_Scalfari
http://en.wikipedia.org/wiki/Cosa_Nostra
http://fr.wikipedia.org/wiki/Mafia
http://en.wikipedia.org/wiki/Salvatore_Riina
http://fr.wikipedia.org/wiki/Toto_Riina
http://en.wikipedia.org/wiki/Lucky_Luciano
http://fr.wikipedia.org/wiki/Lucky_Luciano
http://en.wikipedia.org/wiki/Cesare_Mori
http://fr.wikipedia.org/wiki/Cesare_Mori
_____________
D.I.,
Delinkan Intellectuel, revue d'actualité et de culture, Vol. 11 no 3, Textes
ciné et culture : www.societascriticus.com
D.I.,
Delinkan Intellectuel, revue d'actualité et de culture, Vol. 11 no 3, Textes
ciné et culture : www.societascriticus.com
_____________
Amadeus (Théâtre)
Une pièce de Peter
Shaffer
Mise en scène et
traduction de René Richard Cyr
Avec Benoît McGinnis,
Michel Dumont, Pascale Montreuil, Jean-Pierre Chartrand, Robert Lalonde,
Frédéric Paquet, Denis Roy, Guillaume Baillargeon, Marc Beaupré, Geoffrey
Gaquère, Étienne Pilon.
Décor : Olivier
Landreville
Costumes : François
Barbeau
Éclairages : Martin
Labrecque
Musique : Alain
Dauphinais
Accessoires : Normand
Blais
Un
fantôme erre à Vienne. Ce fantôme hurlant et déchiré, c’est Antonio Salieri,
jadis musicien réputé et compositeur officiel à la cour de l’empereur Joseph
II. Dès l’enfance, Salieri s’est voué tout entier au service de Dieu,
s’engageant à Le célébrer par sa musique. Pour prix de ses sacrifices, il
réclamait la gloire éternelle.
Mais
en 1781, un jeune prodige arrive à Vienne, précédé d’une très flatteuse
réputation : Wolfgang Amadeus Mozart, reconnu comme le plus prestigieux
compositeur de son siècle.
Réalisant
la menace que représente pour lui ce surdoué arrogant et vulgaire dont il
admire le génie musical, Salieri mettra tout en œuvre pour l’évincer.
La
musique adoucit-elle vraiment les mœurs?
Amadeus,
une œuvre géniale, superbement écrite, un chef-d’œuvre qui baigne dans la plus
belle musique du monde.
LES PRIX
Evening Standard Drama Award
London Theatre Critics Award
Tony Award de la
meilleure pièce
Commentaires de Michel Handfield (20 mai 2009)
Antonio
Salieri, jadis musicien et compositeur officiel à la cour de l’empereur Joseph
II, au seuil du grand départ, se confesse d’avoir tué Mozart il y a 32 ans! Il
y avait bien eu des rumeurs, mais, là, une confession avec un Salieri qui
répète « Pardon Mozart, pardonne à
ton assassin. » Puis, il nous
raconte son histoire. Cela vous dit quelque chose? C’est que cette pièce de
Peter Shaffer fut popularisée par le film du même nom de Milos Forman en 1984.
Adapté d’une réalité, c’est néanmoins une
fiction. Non, Salieri n’a pas empoisonné Mozart! Ce n’était que rumeurs et
colportage! Mais, comme la rumeur est souvent plus intéressante – et tenace! -
que la vérité, cela fait d’Amadeus une bonne pièce. Mais, Mozart serait plutôt
mort d’une fièvre rhumatismale selon ce qu’on en sait aujourd’hui. (1)
L’information existe pour qui veut la trouver. Amadeus est donc une caricature,
c'est-à-dire que l’on trafique des traits de la réalité pour faire ressortir
une opposition qui a existé entre les deux hommes, mais qui ne fut pas toujours
à ce point dramatique. Salieri fut certes opposé à Mozart, mais savait aussi
apprécier son génie nous apprend l’Histoire. Il a même enseigné au
fils de Mozart, Karl, qui devint un compositeur mineur mais respecté. (2)
S’il y
a caricature de l’Histoire, il y a aussi exagération des personnages. Salieri
n’était pas nul en musique et Mozart pas si fol que cela! Par contre, que
Mozart soit un génie et Salieri plus conservateur est fort plausible. Mais,
Salieri n’était pas con. Il ne faut pas
oublier qu’il a eu Beethoven comme élève et on connait le résultat. A ce que
j’ai trouvé sur internet, il fut plutôt bon pédagogue même, car de grands
compositeurs furent ses élèves. Qu’il fut jaloux du génie de Mozart, c’est fort
possible, mais pas d’une jalousie destructrice au point de l’assassiner.
C’était plutôt une jalousie admirative, car il suivait ce que faisait Mozart.
De là à alimenter la rumeur qu’il le suivait à le rendre fou, s’amusait à lui
mettre des embuches, le torturait … il n’y eut qu’un pas de franchi si
allègrement qu’on en retint la rumeur qu’il l’empoisonnât! Tout au plus, il lui
empoisonna parfois la vie, car il était un rival au plan professionnel. Mais,
un rival de taille :
« [Mozart] avait les revenus imprévisibles d’un
pigiste, vulnérables aux lois économiques, aux goûts du public viennois, et au
sabotage de ses ennemis. Le succès de L'enlèvement
a été obtenu, par exemple, malgré les machinations menées par Antonio Saleri,
chef de l’Opéra de Vienne et un compositeur favori de l’empereur Joseph II.
Salieri fit de son mieux pour ridiculiser et abattre son rival et ce, incluant
la présence dans la salle de personnes pour chahuter durant la représentation.
Dans ce cas, le stratagème n’a pas fonctionné mais Salieri serait un rival
formidable. Il entrera dans l’histoire non en tant que compositeur mais en
temps que némésis de Mozart. » (3)
Cependant,
en exagérant les caractères de Salieri, au point d’en faire l’assassin de
Mozart pour punir Dieu qui le lui a mis dans les pattes (4), et de Mozart, en
le dépeignant comme fol et sans manière, cette pièce nous fait comprendre que
la vérité se trouve ailleurs que dans cette rumeur persistante. La pièce
s’ouvre d’ailleurs sur des gens qui se racontent les dernières rumeurs pendant
que Salieri attend la mort! Mais, là est aussi la vérité et le mérite de
cette pièce: montrer que la rumeur est parfois plus intéressante que la vérité
au point qu’elle passe mieux le temps.
C’est elle que l’on retient. On en sait ainsi davantage sur la rumeur de l’assassinat de Mozart que sur les vraies
causes de sa mort encore aujourd’hui! (5) On pourrait dire la même chose de
l’assassinat de John F. Kennedy : les rumeurs et les scénarios de complot
semblent plus vraies que les explications officielles! Pourquoi?
C’est
d’abord que les explications officielles sont parfois aseptisées par des
relationnistes professionnels, ce qui fait qu’on a la nette impression que l’on
nous cache quelque chose. Comme la rumeur se construit toujours sur une part de vraie de façon à
être plausible, mais avec un soupçon d’inavouable et de complot qui la rend
irrésistible et intéressante à répéter, cela lui donne de la crédibilité par le
fait même! Puis, comme elle suscite de l’intérêt, elle se perpétue rapidement,
parfois au point d’effacer la vérité! (6)
« Les protocoles des sages de
Sion » en sont l’exemple parfait! (7)
Quant à l’hypothèse du meurtre de
Mozart par Salieri (8), qui a dû s’estomper avec le temps, elle fut ressortie
par l’écrivain russe Pouchkine dans
« Mozart et Salieri » (1830) mis en musique
par Rimski-Korsakov. (9) Puis il y eut cet Amadeus de Peter Shaffer (1979)
repris par le film Amadeus de Milos Forman 5 ans plus tard. (10) De fausses
causalités comme on dit en sciences sociales, mais tenaces, car suscitant de
l’intérêt.
Si
cette pièce est sociologiquement intéressante sur la question des rumeurs, elle
joue aussi sur les caractères opposés de Salieri et de Mozart, ce qui en fait
une comédie psychologique jamais dénudé d’humour. Elle ironise sur le contraste
entre les deux hommes. Mozart et Salieri comme la cigale et la fourmi, Mozart étant à court le sou (11) et Salieri plus conservateur. Avec de bons
mots d’esprit, la recette se révèle excellente et fait parfois lever la
salle, car si on sourit tout au long de
la pièce, on a aussi droit à quelques rires gras dignes des comédies d’été.
Naturellement,
Mozart n’aurait pas dû être aussi simplet que la pièce nous le présente, mais comme enfant prodige il
a dû souffrir d’un certain déséquilibre, c’est-à-dire que la musique a dû
prendre une place disproportionnée par rapport au reste dans sa vie, ce qui ne
pouvait que le faire paraître moins qu’ordinaire en d’autres domaines qui ne
l’intéressaient pas. Il n’y avait qu’un pas à faire pour le caricaturer ainsi
en niais hors de la musique, sauf que ce n’est que caricature, soit une
déformation de la réalité, ce qui ne veut pas dire que tout est faux. Question
de contexte aussi! (12)
La
rumeur utilise d’ailleurs ce même procédé pour pénétrer notre esprit, sauf que
dans le cas de la rumeur elle se déguise en vérité et se présente sous l’aspect
de confidences, ce qui est plus insidieux, car la rumeur est une fiction qui se
fait passer pour vraie. Adjointe à de mauvaises intentions, ça peut devenir une
arme si on sait bien l’utiliser contre un opposant ou un concurrent, que ce
soit un individu, une entreprise, une organisation ou même un gouvernement. On
pourrait faire pendre quelqu’un ou déclencher une révolution sur la base de
rumeurs bien aiguillées! Avec la manipulation, la rumeur constitue une paire de
joker à qui sait en jouer. Mais, mal utilisé, elle peut aussi détruire son
auteur, surtout s’il laisse des traces. Puis, hors de contrôle, elle peut faire
plus de tort que de biens même à ceux qui l’ont fomenté, car si on peut lancer
une rumeur, il est difficile de l’arrêter. Une fois partie, elle n’appartient
plus à ses auteurs et peut donc s’estomper sans trop de dommages ou prendre des proportions qui les
dépassent et même se retourner contre eux. Politiquement, c’est donc une arme
terrible, mais probablement utilisée avec parcimonie vu les risques qu’elle se
retourne même vers ceux qui l’auront partie. Cela est sans compter que des
journalistes ne puissent remonter à la source de la rumeur, ce qui peut être un
coup fatal à ses auteurs.
Si
Salieri a empoisonné Mozart, je vous le répète, c’est au sens figuré, car il
lui a peut être empoisonné la vie, mais pas l’homme. Il l’admirait trop pour
cela malgré sa jalousie. Mais, la rumeur en a fait son assassin. Pour cela,
cette pièce en dit beaucoup plus sur les rapports entre les Hommes qu’il n’y
parait au premier regard. On est donc dans une pièce psychosociologique. Rien
de moins, même si elle est jouée sous couvert d’humour! Un « cover
up » bien réussit.
A
souligner que dans la pièce on en a contre la création du « Mariage de Figaro » par Mozart, que
l’on trouve trop dansant et injurieux pour le Pouvoir du Prince. Et bien, ce
mariage a bien eu lieu en février dernier au TNM pour la pièce de Beaumarchais.
(13) Quant à Mozart, il sera sur la scène de l’opéra de Montréal en novembre
prochain avec la flute enchantée! Et
Salieri n’y sera pas, car c’est Mozart qui a le mieux traversé le temps. Mais,
le fantôme de Salieri pourra toujours être dans les coulisses de l’opéra de
Montréal pour ce Mozart enchanté!
Notes :
1. « La
cause de la mort de Mozart a été établie, sur le fait, à une « fièvre militaire
», un diagnostic vague. Les recherches suggèrent que la cause serait la «
fièvre rhumatismale » laquelle aurait été empirée par l’action de ses docteurs
qui ont prescrit une saignée, une procédure commune et souvent fatale. En
d’autres termes, ni la pauvreté ni l’abandon ni le poison ne sont responsables
de la mort de Mozart mais plutôt un décret aléatoire des mêmes dieux qui
l’avaient si merveilleusement façonné. » http://www.uquebec.ca/musique/catal/mozart/mozwabio.html
Sur un autre site consacré à Mozart on
peut lire : « Les diagnostics
modernes parlent d’une fièvre rhumatismale récurrente ainsi que d’une
insuffisance rénale importante. » (http://www.wa-mozart.net/finvie.htm)
Et sur Wiki : « The most
widely accepted version, however, is that he died of acute rheumatic fever; he
is known to have had three or even four attacks of it since his childhood, and
this disease has a tendency to recur, with increasingly serious consequences
each time, such as rampant infection and damage to the heart valves. » (http://en.wikipedia.org/wiki/Wolfgang_Amadeus_Mozart#Final_illness_and_death)
Les renvoi à cette
maladie sont: http://en.wikipedia.org/wiki/Rheumatic_fever http://fr.wikipedia.org/wiki/Rhumatisme_articulaire_aigu
Pour la rumeur de
l’empoisonnement au plomb de Mozart, voir la note 5 plus bas.
2. La citation
complète :
« Il y eut aussi un service commémoratif à
Vienne, et Antonio Salieri en dirigeait la musique. Pour plusieurs années, une
rumeur voulait qu’il ait empoisonné Mozart. Quoique Salieri ait possiblement
fait obstruction à la carrière de Mozart ici et là, cette rumeur est sans
fondement et elle n’a eu aucun effet sur la réputation de Salieri. En effet, un
peu avant la mort de Mozart, Salieri a assisté à une représentation de La Flûte enchantée assis au côté du
compositeur et il a applaudi chaque numéro. Salieri devint un pédagogue vénéré
qui a enseigné entre autres à Beethoven, Schubert, et Liszt ainsi qu’au fils de
Mozart, Karl qui devint un compositeur mineur mais respecté. Le librettiste
Lorenzo Da Ponte vint en États-Unis où il a enseigné l’italien à l’université
Columbia et dirigea une épicerie, avec une petite opération de contrebande
d’alcool en arrière plan. Quant à Constanze, elle devint la veuve professionnelle
du compositeur. Elle épousa un diplomate danois dont la pierre tombale se lit
comme suit : « Ici repose le second époux de la veuve de Mozart » ». (www.uquebec.ca/musique/catal/mozart/mozwabio.html)
3. www.uquebec.ca/musique/catal/mozart/mozwabio.html
4. « Michel
Dumont considère captivant le parcours que suit Salieri : « De l’envie et de la jalousie dirigée vers
Mozart, il entre dans un conflit avec Dieu et enfin avec lui-même. Salieri voit
le talent de Mozart comme une trahison de Dieu. Lui qui considère avoir tout
donné à l’Être suprême se considère méritant du talent. Pour lui, le génie de
Mozart représente un échec, une insulte de la part
de Dieu. Son cheminement vise donc en quelque sorte à se venger de Dieu et à
détruire l’instrument divin. » qu’est
Mozart naturellement!
(http://duceppe.com/Documents/Cyberprog/Cyberprogramme_amadeus.pdf, p. 11)
5. De plus, la
médecine étant de beaucoup moins avancé qu’aujourd’hui, il n’y a pas eu de
diagnostic clair, ce qui a laissé la porte ouverte aux suppositions
scientifiques, mais aussi aux rumeurs les plus farfelues. Et comme il n’y a pas
eu d’autopsie pour affirmer une vérité hors de tous doutes, quel beau terreau
pour perpétuer rumeurs, mythes et mystères! On entend encore dire qu’il serait
mort d’un empoisonnement au plomb par exemple. Pourtant, rien de cela sur
l’internet, sauf pour Beethoven :
« Si le
crâne de Mozart garde précieusement ses secrets, celui de Ludwig Van Beethoven
a été beaucoup plus éloquent. Non seulement a-t-il été authentifié par des
tests d'ADN, mais des examens aux rayons X, effectués par un laboratoire du
département américain de l'Énergie, ont révélé la cause du décès du compositeur
allemand: un empoisonnement au plomb. » (Charles-Philippe Giroux, Requiem pour un crâne, sur cybersciences.com/)
Le lien
complet :
www.cybersciences.com/cyber/fr/actualites/etre_humain_et_societe/requiem_pour_un_crane.html
Cet article de
Charles-Philippe Giroux souligne aussi que « Le crâne qui est attribué à Mozart depuis plus d’un siècle n’est
peut-être pas celui du compositeur autrichien » suite à des tests de
l'Institut de médecine légale d'Innsbruck (Autriche) et du Laboratoire
d'identification de l'ADN de l’armée américaine de Rockville au Maryland.
« Les deux organisations ont comparé
l’ADN du crâne à celui de fragments osseux prélevés dans le caveau familial des
Mozart, au cimetière Saint-Sébastien de Salzbourg » pour en arriver à
cette conclusion.
6. Je ne peux penser
ici qu’à l’excellent livre d’Edgar Morin, La rumeur
d'Orléans, sur les rumeurs justement ! (1969, France: Seuil)
7. Les protocoles furent
constitués sur la base du « Dialogue
aux enfers entre Machiavel et Montesquieu » de Maurice Joly par un
faussaire antisémite russe, aussi informateur de la police politique tsariste,
Mathieu Golovinski dans le but de faire croire qu’un conseil de sages juifs
avaient mis au point un programme pour anéantir la chrétienté et de dominer le
monde. Rien de moins !
Voir : http://fr.wikipedia.org/wiki/Protocoles_des_Sages_de_Sion
8. « La rivalité entre ces deux
hommes a fait couler beaucoup d’encre au fil du temps. Toutefois, une rumeur
persiste : Salieri aurait-il assassiné Mozart? Bien que la question soit dénuée
de preuves réelles, on se plaît à y croire un peu. Est-ce parce que Beethoven,
élève de Salieri, semblait abonder dans le sens de ce commérage? Ou plutôt
parce qu’après la mort de Mozart, Salieri, peut-être rongé par la culpabilité,
s’affaira avec fougue et passion à faire découvrir et reconnaître l’œuvre du
jeune prodige? L’écrivain Pouchkine en a même rédigé un drame en 1830 dans
lequel il est explicitement question de meurtre. D’un suspense prenant, cette
rumeur ne sera jamais confirmée : la dépouille de Mozart, inhumée à Saint-Marx
en banlieue de Vienne, restera à jamais silencieuse. Telle une véritable
légende urbaine d’antan, la relation conflictuelle entre Mozart et Salieri est
une matière riche, éternelle et dont s’est librement servi Shaffer pour
écrire Amadeus. »
(http://duceppe.com/Documents/Cyberprog/Cyberprogramme_amadeus.pdf)
9. Sur Alexandre
Pouchkine, voir :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Alexandre_Pouchkine
SurRimski-Korsakov,
voir :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Rimski-Korsakov
10. Voir :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Peter_Shaffer
http://fr.wikipedia.org/wiki/Milos_Forman
http://fr.wikipedia.org/wiki/Amadeus_(film)
11. Rumeur là aussi :
« Au cours de la dernière année
de sa vie, alors que la légende veut que Mozart était sur le point de mourir de
faim, il a probablement connu sa meilleure année, au plan financier, alors
qu’il a eu des revenus équivalents à 100,000$. »
Mais, plus loin, cette explication :
« Évidemment, ils n’étaient pas
réellement riches et ne le seront jamais même s’il obtenait les meilleurs
cachets alors payés aux artistes. Il pouvait obtenir l’équivalent de 6 000$
pour une soirée de concert soit autant que certains officiers de la cour
recevaient pour une année entière. Il avait les revenus imprévisibles d’un
pigiste, vulnérables aux lois économiques, aux goûts du public viennois, et au
sabotage de ses ennemis. »
(www.uquebec.ca/musique/catal/mozart/mozwabio.html)
12. « À l’été de 1763, Leopold et ses enfants partirent
en tournée qui allait durer trois ans et qui les mena dans toutes les cours et
les salles de concert à travers l’Europe et Londres. À partir de ce moment et
jusqu’à l’âge de quinze ans, Wolfgang passa la moitié de son temps en tournée.
(…)
En
d’autres mots, il était un enfant-spectacle et sa vie familiale était celle
d’un cirque ambulant. (…) En de telles circonstances, Wolfgang a grandi comme
tout enfant de cirque de toutes les époques, avec une compréhension peu solide
du sens pratique des choses. » (http://www.uquebec.ca/musique/catal/mozart/mozwabio.html)
Puis, Wolfgang maria Constanze en août
1782 sans la bénédiction de son père. De cette union, la biographie de Mozart
nous apprend que « Constanze, alors
âgée de vingt ans, n’était pas la partenaire intellectuelle ni l’âme sœur mais
il semble que ce n’était pas ce que le mari recherchait. Mozart voulait une
compagne de jeu enthousiaste et une partenaire sexuelle et c’était ce que la
pétillante et coquette Constanze semblait être. Quant au mari, il était un
homme-enfant qui pouvait tantôt improviser sublimement dans un élégant salon tantôt
enjamber les meubles et miauler comme un chat. » (Ibid.)
13. Nous avons parlé de cette pièce dans Societas Criticus, Vol. 11 no. 1,
du 15 décembre 2008 au 7 février 2009.
Hyperliens :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Antonio_Salieri
http://fr.wikipedia.org/wiki/Mozart
http://en.wikipedia.org/wiki/Wolfgang_Amadeus_Mozart
http://www.wa-mozart.net/finvie.htm
_____________
D.I.,
Delinkan Intellectuel, revue d'actualité et de culture, Vol. 11 no 3, Textes
ciné et culture : www.societascriticus.com
D.I.,
Delinkan Intellectuel, revue d'actualité et de culture, Vol. 11 no 3, Textes
ciné et culture : www.societascriticus.com
_____________
Sortie : 15 mai
Réalisé par Ron
Howard
Akiva Goldsman signe
le scénario adapté du roman de Brown.
Tom Hanks incarnera
de nouveau Robert Langdon et Bernard Fortin lui prêtera sa voix.
La distribution comprend
également Ayelet Zurer, doublée au Québec par Marina Orsini.
L'équipe
à l'origine du phénomène mondial Le Code Da Vinci revient à la charge avec le
très attendu Anges & démons, long métrage basé sur le populaire roman de
Dan Brown. Tom Hanks reprend son rôle de l'expert en signes religieux Robert
Langdon. Une fois de plus, ce dernier constate que les forces et les racines
antiques n'arrêteront sous aucun prétexte, pas même le meurtre, pour parvenir à
leurs fins. Ron Howard réalise à nouveau le film qu'il produit en compagnie de
Brian Grazer et John Calley. Le scénario a été rédigé par Akiva Goldsman et
David Koepp.
Quand
Robert Langdon découvre la preuve que l'ancienne et secrète confrérie
Illuminati -- la plus puissante organisation clandestine de l'histoire --
revient à la charge, il est aussi confronté à la menace mortelle qui plane
au-dessus de l'Église catholique, l'ennemi juré de l'organisation. Lorsque
Langdon apprend que le temps est compté avant qu'une bombe posée par les gens
de l'Illuminati n'explose, il s'envole à toute vitesse pour Rome où il joint
ses forces à celles de Vittoria Vetra, une superbe et énigmatique scientifique
italienne. Au coeur d'une chasse sans temps mort qui les mèneront dans des
cryptes scellées, de dangereuses catacombes, des cathédrales désertées et même
au centre de la plus secrète voûte de la terre, Langdon et Vetra suivront la
trace laissée par des anciens symboles datant d'il y a 400 ans, des symboles
qui représenteront le seul espoir de survie du Vatican.
Commentaires de Michel Handfield (19 mai 2009)
Dès
les premières minutes on passe du Vatican à l’accélérateur de particules du
CERN en Suisse (1), qui a même fait un site relié au film soit dit en passant!
(2) C’est dire la force d’attraction de cette sortie puisqu’un organisme
comme le Conseil Européen pour la
Recherche Nucléaire, le plus grand laboratoire de physique des
particules du monde, en profite pour éduquer sur un sujet aussi complexe que
l’antimatière! C’est là une retombée forte intéressante de ce film.
Mais,
la science pure n’est qu’une partie de cette construction, car pour dénouer
l’énigme il faudra un historien, Robert Langdon, pour en saisir tous les fils
et remonter l’histoire, car nous sommes dans un thriller qui mélange très bien
science, histoire, politique, religion et philosophie dirais-je.
Depuis
qu’ils pensent, les Hommes tentent de comprendre l’univers et sa création, mais
aussi d’où ils viennent. Avec les avancées modernes, on risque de trouver
l’adresse de Dieu. Mais, s’il n’y avait pas d’occupant? Alors, avant d’en
arriver là, des forces occultes veulent empêcher la science d’aller plus loin.
Question de pouvoir avant de savoirs, car, si Dieu il y a, qui dit qu’il est ce
que l’ont croit? S’il n’était qu’énergie sans domicile fixe? Ou toute autre
chose que ce que l’on dit dans les religions qui affirment qu’il leur a parlé
en personne ou à travers des prophètes? C’est donc une course contre la montre
entre fidèles et infidèles pour des raisons de pouvoirs sur les masses! Pouvoir
par Dieu ou pouvoir par un gouvernement mondial d’illuminés (3) exerçant sa
morale à la place d’un Dieu que l’on n’aurait pas trouvé par exemple! Anges et démons pour bloquer ces avancées
scientifiques qui les menacent! A moins que ce ne soit l’œuvre d’un
manipulateur qui serait à la fois ange et démon comme les deux facettes d’une
même personne… De quoi brouiller bien
des pistes et avoir du plaisir même si certains fins observateurs verront
quelques anicroches dans des détails. Mais, cela n’a rien enlevé au suspens
pour moi. Cependant, je me dois de souligner que je n’ai pas lu les romans, ni
vu le Code Da Vinci. Ceci ne m’a pas empêché d’apprécier ce film non plus.
Qu’en sera-t-il pour les adeptes du roman? Ça, je ne peux le dire.
Finalement,
que le Vatican devienne un champ de bataille entre des tendances
fondamentalistes, réformatrices et scientistes est fort intéressant si l’on
considère les débats sur la place des religions dans le monde moderne.
Cependant, hormis le film, je crois que sans ouverture des religions sur la
science tous y perdront de toutes manières. Bref, un film qui peut faire
réfléchir, même si c’est d’abord une fiction dans laquelle j’ai embarqué.
Notes :
1. http://public.web.cern.ch/public/Welcome-fr.html
2. http://angelsanddemons.cern.ch/fr
3. Les Illuminatis,
genre de trilatérale historique si je puis dire!
Pour des détails, quelques
hyperliens avec la coopération de Luc Chaput :
http://www.cinemovies.fr/fiche_info-12800-prod.html#856
www.danbrown.com/secrets/angels_demons/plane.html
Illuminati : http://en.wikipedia.org/wiki/Illuminati
Franc-maçonnerie: http://fr.wikipedia.org/wiki/Franc-maçonnerie
Illuminati selon les
théories du complot : http://fr.wikipedia.org/wiki/Illuminati_selon_les_théories_du_complot
Illuminés de
Bavière : http://fr.wikipedia.org/wiki/Illuminati_de_Bavière
“Angels & Demons” -
Separating Fact From Fiction by Matt
McDaniel.May 18, 2009:
http://movies.yahoo.com/feature/smg-angels-demons-fact-fiction.html
Une recherche Google
vous fera trouver plein de choses. Mais, à prendre avec des pincettes, car on
circule entre information et fabulation parfois dans un tel sujet.
_____________
D.I.,
Delinkan Intellectuel, revue d'actualité et de culture, Vol. 11 no 3, Textes
ciné et culture : www.societascriticus.com
D.I., Delinkan Intellectuel, revue
d'actualité et de culture, Vol. 11 no 3, Textes ciné et culture :
www.societascriticus.com
_____________
D’abord,
un topo des films que j’ai vu. Ensuite, une conclusion à lire en cette période
de crise du capitalisme, car l’Afrique aurait tant à faire et à nous apprendre si elle le voulait.
Michel Handfield (20 mai 2009)
Ça ment pas (saison 1 - Gohou Show)
2007, 90', SÉRIE TÉLÉ de 22 épisodes de 7', VIDÉO,
FRANÇAIS, INT. : RONA HARTNER, JEAN-LUC ABEL, GABRIEL IONASCU
Origine : Côte-d'Ivoire
Réalisateur : Sankara, Moussa et Sankara, Mamadou
Toute la série se déroule dans un salon de coiffure
chic du quartier d’affaires d’Abidjan. Il est luxueux et est géré par GOHOU.
Ces personnages sont récurrents et toutes les histoires des épisodes doivent
s’articuler autour d’eux. La série montre un autre visage de l’Afrique, gaie et
joyeuse.
Commentaires de Michel Handfield
Différentes histoires qui se déroulent dans un
salon de coiffure avec des coiffeuses sexy et un patron un peu croche sur les
bords. Des combines qui se terminent toujours sur le ton de l’humour! On
joue ici sur les préjugés avec humour.
Une écriture digne d’un Deschamps africain!
Au lieu de traduire des soaps états-uniens, on pourrait passer celui-ci
en version intégrale, car il est déjà en français!
Ceux de la colline
2008, 72’, 35MM, MOORÉ, ANGLAIS, DIOULA, HAOUSSA,
PEUL, GOURMANTCHÉ, FRANÇAIS, SOUS-TITRES FRANÇAIS
Origine : Burkina Faso-France-Suisse
Réalisateur : Goldblat, Berni
Autour d’une mine d’or improvisée sur la colline de
Diosso au Burkina Faso vivent des milliers de personnes. Orpailleurs, dynamiteurs,
marchands, prostituées, enfants, guérisseurs, coiffeurs et marabouts composent
cette ville éphémère. Ces hommes et ces femmes ont tout abandonné dans le même
but de faire fortune. Malgré les dangers et les désillusions, la ruée vers l’or
se poursuit inlassablement.
Né en 1970 à Stockholm, Berni Goldblat est de
nationalité suisse. Il réalise et produit des films depuis 1999, principalement
en Afrique de l’Ouest. Il a réalisé entre autres Mokili (2006) une fiction long
métrage nominée quatre fois et qui a reçu le Prix du meilleur montage aux
Africa Movie Academy Awards (AMAA), Nigeria, 2007. En documentaire, on lui doit
de nombreux moyens métrages présentés dans divers festivals internationaux dont
Des maux d’amour (2006) et La Guerre des sexes (2005).
Commentaires de Michel Handfield
L’or, synonyme de richesse. Dans ce pays où les
gens manquent de l’essentiel, sinon de tout, plusieurs sont prêts à tout pour
trouver de l’or. On est donc à sa recherche avec des moyens de fortune sur une
colline. Une colonie de chercheurs d’or avec son lot d’exploitants autour
d’eux, car qui dit or dit argent et qui dit argent dit commerce. Les biens et
services sont donc surévalués, ce qui fait qu’au bout du compte ces chercheurs
d’or seront rarement plus riches, surtout que l’on ne trouve que des pépites,
rarement des filons! Comme on est seul, parfois découragé, car on trouve plus
de terre et de boue que d’or, quand on trouve une pépite, on fête fort :
jeu, boisson femmes…
Quelles sont donc les chances d’attraper une
maladie sexuelle ou le SIDA avec toute cette promiscuité? J’imagine qu’elles
sont assez élevées même si le film n’en parle pas. Probablement plus élevé que
les chances de s’enrichir. Mais, encore plus triste est le fait qu’il n’y a pas
de lois; pas de règles; et pas de sécurité au travail. Les dynamiteurs vont donc se réunir, car il y a trop
d’accidents. Puis, une fois blessé, il faut survivre, mais, dans cette jungle,
un homme vaut moins qu’une poule! Il y aurait donc place au syndicalisme!
Petite question de ma part, donc :
Peut-on exporter des syndicats en même temps qu’on
leur envoie certaines de nos entreprises pour les exploiter? Cela devrait faire
partie du deal : un patron, un syndicaliste!
Mais, écouteraient-ils ou l’appât du gain l’emporterait
sur des considérations de justice? Né ici, « nous sommes des refusants parce qu’on fait ce qui nous plaît, pas ce
qu’on nous demande. » On ne peut donc faire confiance à
personne : « A part femmes et
commerçants du marché tout le monde est voleur » dira un autre
protagoniste du film. Moi, je ne gagerais pas là-dessus.
Quand les trous deviennent trop profonds et se remplissent d’eau, ils quittent pour une
autre colline et recommencent leur manège. Une colonie de fourmis
voyageuses.
Note :
1. Je parle de promiscuité, mais j’aurai pu parler
de prostitution diront certains. Sauf que, comme Sari l’a si bien dit, c’est de
pauvreté qu’il s’agit. « S’ils
aiment mon fruit, ils peuvent l’acheter et repartir après la nuit. On parle de
prostitution, mais c’est de pauvreté qu’il s’agit » dit-elle dans sa
sagesse de femme qui en a vu d’autres!
L'Absence
Réalisateur : Keïta, Mama
2008, 81’, 35MM, FRANÇAIS, INT. : WILLIAM NADYLAM,
IBRAHIMA MBAYE, MAME NDOUMBÉ DIOP
Prix du meilleur scénario, Fespaco 2009
Après de brillantes études effectuées en France et
une absence d’une quinzaine d’années, Adama, polytechnicien de formation,
revient dans son pays natal, le Sénégal. La joie de sa soeur Aïcha et de sa
grand-mère est indicible. Ce jour béni, elles l’ont tant attendu. Au cours du
repas concocté en son honneur, Adama annonce son installation définitive en
France. Aïcha et sa grand-mère sont effondrées. Chaque année, des milliers
d’étudiants issus du tiers-monde, détenteurs de bourses d’état ou financés par
leur famille, vont poursuivre leurs études en Occident. Cette fuite des
cerveaux est une saignée continue qui prive ces jeunes nations d’une substance
vitale, les condamnant à végéter. Un investissement en pure perte.
Né à Dakar en 1956 ce réalisateur vietnamo-guinéen,
possède la double nationalité franco-guinéenne. Après des études de droit à
l'Université de Paris-I, il devient scénariste. En 1998, il réalise le
documentaire David Achkar, une étoile filante, un hommage à son ami
réalisateur. En 1998, David Achkar qui s'apprêtait à tourner Le Fleuve, meurt
d'une leucémie. Il fait promettre à son ami, Mama Keïta de faire ce film à sa
place. Le cinéaste qui ne connaît pas l'Afrique de l'intérieur entame alors un
voyage initiatique de Dakar à Conakry. Le Fleuve (2002) reçoit le Prix de la
Presse au Festival du film de Paris en 2003. En 2006, il signe Le Sourire du
Serpent, en compétition au FESPACO 2007 et au PanAfrica de Montréal en 2008.
Commentaires de Michel Handfield
Adama, de retour chez sa mère pour un court
séjour, constate que la vie a bien
changé depuis qu’il est parti il y a une quinzaine d’années. Il ne connaît plus
sa sœur, muette, et on sent le malaise entre eux. Je me demandais qu’est-ce que
cela cachait? Qu’avait-il fuit? Puis, peu à peu on le découvrira. Mais, en le
suivant, on découvrira aussi cette Afrique dans laquelle il est arrivé, car il
y a un écart entre le monde qu’il a quitté et celui qu’il retrouve, que ce soit
le Sénégal ou sa sœur. C’est une autre Afrique, où la criminalité et la corruption
semblent avoir pris plus de place qu’avant.
Les champs où il jouait petit avec un de ses amis
sont devenu un quartier huppé. Le quartier des mafias en tous genres :
politique et économique; dans le « légal » et l’illégal! En même temps qu’on suce
les ressources de l’Afrique au profit de quelques uns, d’autres vivent dans la
rue!
Pays d’inégalités sans système de redistribution
sociale, il y aurait pourtant tant à faire, ce qui nous conduit à un autre
problème africain : celui de la fuite des cerveaux. Quand il va visiter
son ancien prof, celui-ci lui parle de
ce besoin de voir les jeunes qu’ils ont soutenus, notamment en les envoyant
étudier en occident, revenir pour reconstruire cette Afrique qui en aurait bien
besoin. « Vous devez être conscient
que la collectivité à payé pour vous » lui dira ce vieux prof en
substance. Mais, s’il a en partie raison, Adama aura aussi raison de lui répondre que « l’Afrique a aussi des diplômés au chômage » comme si elle
était incapable d’utiliser ses ressources. Alors, vaut mieux être ailleurs et
envoyer de l’argent qu’être sous utilisé ou, pire, de ne rien faire ici! Deux
points de vue irréconciliables pour l’instant.