25 juin 2009

 

Commentaires Ciné, Arts & Culture!

D.I. où la culture nous émeut!

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D.I. a Vu! (Ciné, Théâtre et quelques annonces d’événements) :

Documents à ne pas taire! (Notre section documentaire)

D.I. Arts et Culture (Inclus les présentations des festivals de films)

D.I. Musique!

 

 (Les hyperliens ciné et théâtres sont maintenant sur cette page)

 

  (Les Sortie de films et l’Agenda sont refondus sur cette nouvelle page)

       

 (Certains textes que nous trouvons marquants)

 

Toutes nos archives sont disponibles en ligne à Bibliothèque et Archives Canada

Revue Societas Criticus  à Bibliothèque et Archives nationales du Québec

 

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Révisé le 21 décembre 2008

 

Dans les commentaires cinés, de théâtres ou de spectacles, les citations sont rarement exactes, car même si l’on prend des notes il est rare de pouvoir tout noter exactement.  C’est généralement l’essence de ce qui est dit qui est retenue, pas le mot à mot.

 

Je ne fais pas non plus dans la critique, mais dans le commentaire, car de ma perspective, ma formation de sociologue, le film est un matériel et nourrit une réflexion qui peut le dépasser. Certains accrocheront sur les décors, les plans de caméra,  le jeu des acteurs ou la mise en scène, ce qui m’atteint moins. Moi, j’accroche sur les problématiques qu’il montre et les questions qu’il soulève. Le film est un matériel sociologique; un révélateur social, psychosocial, socioéconomique ou sociopolitique par exemple. C’est ainsi que sur de très bons films selon la critique, je peux ne faire qu’un court texte alors que sur des films décriés en cœur, je peux faire de très longues analyses, car le film me fournit du matériel. Je n’ai pas la même grille, le même angle, d’analyse qu’un cinéphile. Je prends d’ailleurs des notes durant les projections de presse que je ne peux renier par la suite, même si je discute avec des confrères qui ne l’ont pas apprécié de la même manière que moi, Je peux par contre comprendre leur angle et je leur laisse. J’encourage donc le lecteur à lire plusieurs points de vue pour se faire une idée plus juste.

 

Peut être suis-je bon public aussi diront certains, mais c’est parce que je prends le film qu’on me donne et non celui que j’aurais fait, car je ne fais pas de cinéma, mais de l’analyse sociale! (Je me demande parfois ce que cela donnerait avec une caméra cependant.) Faut dire que je choisis aussi les films que je vais voir sur la base du résumé et des « previews », ce qui fait que si je ne saute pas au plafond à toutes les occasions, je suis rarement déçu aussi. Si je ne suis pas le public cible, je l’écris tout simplement. Si je n’ai rien à dire ou que je n’ai pas aimé, je passerai plutôt mon tour et n’écrirai rien, car pourquoi je priverais le lecteur de voir un film qui lui tente.  Il pourrait être dans de meilleures dispositions pour le recevoir et l’aimer que moi. Alors, qui suis-je pour lui dire de ne pas le voir? Une critique, ce n’est qu’une opinion après tout. Une indication qu’il faut savoir lire, mais jamais au grand jamais une prescription à suivre à la lettre. C’est d’ailleurs pour cela que je fais du commentaire et non de la critique.  

 

Michel Handfield, d’abord et avant tout sociologue.  

 

 

 

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D.I. a VU!

(Ciné et Théâtre) 

 

11/4

 

THE GIRLFRIEND EXPERIENCE

Pelpham 123, l’ultime station

POUR ELLE

 

 

11/3

 

Deux films d’écoliers! (J’ai tué ma mère de Xavier Dolan et La belle personne DE CHRISTOPHE HONORÉ)

CARCASSES

L’Angoisse érotique de DON JUAN (Théâtre)

LUCIA DI LAMMERMOOR (Opéra)

PLUS TARD TU COMPRENDRAS

UN BARRAGE CONTRE LE PACIFIQUE

Il Divo de Paolo Sorrentino

Amadeus (Théâtre)

Anges et démons

Mes Vues d'Afrique: Ça ment pas; Ceux de la colline; L’absence; Mo’Better Blues; Paris à tout prix; Triomf; Dans l’ombre d’une autre; Conclusion.

GOMORRA

GHOSTS OF GIRLFRIENDS PAST / HANTÉ PAR SES EX

Le bal des actrices de Maïwenn

 

11/2

 

Mes rendez-vous québécois du cinéma 2009 (Fictions)!

Papa à la chasse aux lagopèdes

Serveuses demandées

Babine

 

Dédé, à travers les brumes

LES GRANDES PERSONNES

Pontypool

CHE

La fille de Monaco

The Curious Case Of Benjamin Button

Cadavres

 

11/1

 

TRANSIT

ENTRE LES MURS  DE LAURENT CANTET

Gran Torino

THE WRESTLER

SLUMDOG MILLIONAIRE

LE GRAND DÉPART

 

10/6

 

AUSTRALIA

Océan sauvage 3D

 

Vu au Festival du Nouveau Cinéma

Nos enfants nous accuseront

Un Capitalisme sentimental

JCVD

Le Premier venu

 

 

Spécial FFM 2008

 

 

 

11/4

 

 

D.I., Delinkan Intellectuel, revue d'actualité et de culture, Vol. 11 no 4, Textes ciné et culture : www.societascriticus.com

 

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THE GIRLFRIEND EXPERIENCE

À l’affiche dès le 26 juin au cinéma AMC Forum!

Le film sera présenté dans sa version originale anglaise.

 

La vedette de films pour adultes, Sasha Grey, devient vedette de cinéma grand public avec The Girlfriend Experience de Steven Soderbergh, un drame qui raconte cinq jours dans la vie d’une call-girl de luxe qui travaille à Manhattan et offre non seulement à ses clients des services sexuels, mais aussi de la compagnie et de la conversation – soit l’expérience d’une petite amie. Le film met en lumière le lien confus qui existe entre nos vies personnelle et professionnelle.

 

Octobre 2008, l’élection présidentielle est en cours et l’économie américaine chancelle. La call-girl Chelsea (Grey) n’est pas inquiète.  Elle croit avoir la maîtrise parfaite de sa vie et pense que son avenir est assuré.  Chelsea dirige sa propre entreprise, gagne 2 000 $ l’heure et a un petit ami dévoué (le nouveau venu Chris Santos) qui accepte son style de vie, sans oublier le chic appartement qu’ils partagent grâce au succès de Chelsea.  Toutefois, lorsque vous gagnez votre vie en rencontrant des inconnus, vous ne savez jamais sur qui vous allez tomber…

 

Magnifiquement tourné, le film fait une incursion dans l’univers des gens qui dépensent follement, passant des hôtels, boutiques et restaurants de luxe à l’enclave d’un avion privé.  La réalisation est de Steven Soderbergh à qui l’on doit Traffic (Oscar du meilleur réalisateur), Erin Brockovich (en nomination pour l’Oscar du meilleur réalisateur) et plus récemment Che.

 

Le scénario a été écrit par Brian Koppelman et David Levien, les scénaristes d’Ocean’s Thirteen.  La distribution comprend également l’écrivain urbain Mark Jacobson (New York Magazine) qui campe un journaliste et le critique de cinéma Glenn Kenny (anciennement de Première) qui interprète le rôle d’un maniaque sexuel.

 

La légendaire Sasha Grey, âgée de 21 ans, a tenu la vedette dans plus de 80 films pornos depuis son dix-huitième anniversaire.  Le magazine Rolling Stone a inscrit Grey sur sa « 2009 Hot List ».

 

Commentaires de Michel Handfield (25 juin 2009)

 

Call girl, les gens que rencontre Chelsea (Sasha Grey) sont souvent plus préoccupés par l’économie et leurs affaires que par son corps. Elle devient une psychothérapeute sexy qui les écoute plutôt qu’une escorte avec qui ils assouvissent leurs fantasmes sexuels. Et ceux qui ont besoin de se soulager ne semblent pas trop exigeants, d’abord préoccupé par eux-mêmes.

 

Il n’y a pas de barrière ethnique à l’appel de la dame… qui soulage surtout leur portefeuille, car elle charge environ 2 000 $ de l’heure! Une boîte de kleenex et un Penthouse leur coûterait moins cher, sauf qu’ils se paient une belle fille qui sait les écouter. C’est là son commerce.

 

Un film sur le pouvoir de l’argent, car ni elle, ni ceux qui se la paient ne seront tracassés par la police pour prostitution, car on ne recrute pas sur la rue. On est dans les sphères supérieures de la société, où les règles du commerce et de la bienséance priment. On est ici dans le commerce et la relation d’affaires, non plus dans la prostitution. La différence? Sur St-Laurent, il y a de la prostitution. Au centre-ville, il y a des relations d’affaires quand une spécialiste des relations humaines rapprochées rencontre un président d’entreprise dans son penthouse! La police peut arrêter la fille qui racole sur la rue; elle peut difficilement arrêter celle qui va d’un stationnement souterrain à un autre, à bord de sa Porche, pour racolage… Question d’apparences. C’est ce qui fait qu’il peut parfois sembler y avoir deux formes de justice : une pour les riches et une autre pour les pauvres.

 

En fait, il y a des crimes qui en ont les apparences et d’autres pas! Certains sont signés par le simple fait d’être commis, comme la fille qui embarque dans une voiture pour aller faire une fellation dans un parc. Facile à voir et à intervenir pour la police. Moins facile d’identifier la fille dans un cocktail ou une réunion de gens d’affaires, sur invitation seulement, ou invitée dans un jet privée. Elle n’en fera pas moins une pipe contre rémunération, mais cela n’aura pas les mêmes conséquences judiciaires. Pourtant, elles font le même métier, mais pas au même salaire ni avec les mêmes risques. Elles n’ont pas non plus le même réseau de contacts et de clients. Tout est là.

 

Il y a donc un côté ethnologique à ce film. C’est ainsi que je l’ai vu, entre fiction et documentaire!

 

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D.I., Delinkan Intellectuel, revue d'actualité et de culture, Vol. 11 no 4, Textes ciné et culture : www.societascriticus.com

             

 

 

D.I., Delinkan Intellectuel, revue d'actualité et de culture, Vol. 11 no 4, Textes ciné et culture : www.societascriticus.com

 

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Pelpham 123, l’ultime station

Avec Denzel Washington et John Travolta

 

Pelpham 123, c’est un train du métro de New-York. Un matin, il est pris en otage par un gang. Leur leader, Ryder (John Travolta), entre alors en communication avec le répartiteur, Walter Garber (Denzel Washington), qui est en poste ce matin-là. Peu à peu, nous en apprendrons davantage sur ces deux hommes que le hasard a mis en contact, l’un ayant le contrôle du train et l’autre étant le répondant du centre de contrôle. Quel est leur passé? Comment explique-t-on qu’ils en soient là? Si l’un est un bandit, l’autre n’est pas un répartiteur ordinaire, car il vient de l’administration. Mais, pourquoi est-il à ce poste? Quant à ce bandit, ce n’est pas par hasard qu’il fait ce coup. Il a aussi un passé que nous découvrirons peu à peu, car il semble en connaître long sur les rouages de la ville et de la finance. Une vengeance? Mais, contre qui et pourquoi?

 

En tous les cas, Ryder sait ce qu’il fait, car il observe la réaction des marchés sur son portable. Si vous voulez savoir comment un « trader » peut faire de l’argent avec une crise, on vous le montrera! Dans un monde post 9-1-1, où on a parlé de coup boursier pour quelques-uns (1) lors du 11 septembre 2001, on ne pouvait passer à côté de cela. Ce n’est pas de la récupération, mais du domaine du possible. Quant à courir des risques, aussi bien que ce soit pour plusieurs millions que pour quelques dollars chipés au dépanneur du coin. De toute façon, la peine est à peine plus sévère puisqu’il s’agit d’un vol dans les deux cas, du moins au Québec! (2) 

 

Si Ryder et Garber sont les personnages principaux de ce film, suivez bien l’écran du portable de Ryder, car c’est le troisième rôle! Il y aura aussi un second portable à suivre, mais c’est un 5e rôle celui-là.  Je n’en dis pas plus : thriller!    

 

S’il y a de l’action pour satisfaire un certain public, il y a aussi un côté psychologique, façon d’aller chercher un autre public. S’y mêle aussi une certaine critique du système économique actuel, comme de dire que les « passagers sont des marchandises »! Des choses qu’on ne dit pas en public, mais que l’on dit en privé ou en réunion, d’où certaines fuites qui font parfois mal aux auteurs de ces paroles qui s’en  croyaient pourtant à l’abri! (3)

 

   J’ai vu ce film en version française, car je me doutais qu’il y aurait certaines subtilités langagières que je ne voudrais pas manquer. Montréal étant à la fois francophone, multiculturelle et anglophone, il serait  bon, à côté des versions originales en langue anglaise et doublée  en langue française, d’offrir quelques versions sous titrées pour ceux qui veulent voir l’original sans passer à côté d’un détail dû à un accent ou une prononciation par exemple, car l’autre langue n’est pas toujours facile à suivre. Si cette remarque s’applique à un film en version originale anglaise pour l’est de Montréal, elle s’applique tout autant pour les films en version originale française pour l’ouest de l’île. Ces films, en versions originales, mais sous-titrés, pourraient être une façon de briser nos solitudes finalement, car un dialogue pourrait s’établir entre gens de cultures différentes qui ont vu le même film et qui partagent leurs impressions à la sortie du cinéma. De quoi demander des subventions pour rapprocher nos deux solitudes linguistiques!           

 

Notes :

 

1. « Pourquoi la CIA qui surveille en permanence les marchés financiers n’a-t-elle pas détecté le plus grand délit d’initiés de l’histoire qui a précédé le 11 septembre? » Cette question ne vient pas d’un simple quidam, mais d’Éric Laurent, grand reporter et spécialiste de la politique étrangère. On le retrouve d’ailleurs sur les ondes de France culture, avec Thierry Garcin, pour « Les Enjeux internationaux » tous les matins de la semaine, une émission que j’écoute en baladodiffusion! (Hyperlien plus bas) Quant à cette question, on la retrouve à l’endos du livre d’Eric Laurent, 2004, La face cachée du 11 septembre,  paru chez Plon (France) et chez Transcontinental (Canada).

 

2. En effet, ce matin La presse nous annonçait qu’« Après avoir purgé 18 mois d’une peine de huit ans et demi de pénitencier pour une fraude de 115 millions de dollars aux dépens de 9200 investisseurs, l’ancien président de Norbourg, Vincent Lacroix, se retrouvera sous peu dans une maison de transition et il pourrait recouvrer la liberté à la fin de 2010. » (André Cédilot,  Vincent Lacroix bientôt en semi-liberté, La Presse, Cahier A, 18 juin 2009) A peine plus que pour un vol de dépanneur ou de sacoche finalement! Alors, tant qu’à voler, risquez pour la peine, vous ne devrez pas payer plus cher à la société en retour! Le message est clair et les intervenants sociaux vont avoir de quoi expliquer aux jeunes délinquants qui ont fait un dépanneur ou taxé un petit jeune! 

 

3. Comme en fait foi cet épisode tout canadien arrivé récemment : En privé, la ministre Lisa Raitt a suggéré « que le dossier de la centrale nucléaire de Chalk River était «sexy» et lui permettrait de faire avancer sa carrière. »  (Hélène Buzzetti, Propos controversés tenus en privé mais rendus publics - Raitt refuse de s'excuser, Le Devoir, Édition du mercredi 10 juin 2009 : www.ledevoir.com/2009/06/10/254280.html

 

Hyperlien :

 

Les Enjeux internationaux sur France culture :

http://sites.radiofrance.fr/chaines/france-culture2/emissions/enjeux_inter/index.php?emission_id=29

 

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D.I., Delinkan Intellectuel, revue d'actualité et de culture, Vol. 11 no 4, Textes ciné et culture : www.societascriticus.com

 

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POUR ELLE DE FRED CAVAYÉ

AVEC VINCENT LINDON ET DIANE KRUGER

 

Les Films Séville, une filiale de E1 Entertainment, est heureuse d’annoncer que POUR ELLE, le premier long métrage du réalisateur et scénariste français Fred Cavayé, prendra l’affiche à Montréal et à Québec le 12 juin prochain.

 

Né de l’idée du scénariste Guillaume Lemans, Pour Elle est un thriller enlevant sur fond d’histoire d’amour. Saisissant le spectateur à travers le désespoir rencontré par le couple joué magistralement par Vincent Lindon (Ma petite entreprise, La Moustache) et Diane Kruger (Troie, L’Âge des ténèbres).

 

Commentaires de Michel Handfield (19 juin 2009)

 

On est dans le thriller psycho juridique.

 

Suite à un conflit avec sa patronne, qui sera assassinée dans le stationnement à la sortie du travail, Lisa sera soupçonnée, puis accusée à tort. Son mari  cherchera à la faire disculper, puis à la faire évader, puisque la disculpation ne semble pas possible, question d’apparences! En effet, tout se joue sur l'apparence de justice et de culpabilité ici, mais les apparences sont contre elle.

 

Malgré quelques invraisemblances, j’étais pris par ce film; pris au point de faire des liens et de combler ces incohérences moi-même. J’avais hâte de savoir s'il allait réussir à faire évader sa femme ou si on était pour trouver la véritable coupable avant la fin du film. Là, était le suspense pour moi. Puis, on peut se demander jusqu’où il est prêt à aller pour sa femme?  Va-t-il craquer, car ce n’est pas un criminel endurci. Il est par contre assez rationnel et a la tête armée du rêve de sa femme!

 

Si vous aimez les thrillers et les films français, ce film a les défauts et les qualités de ces deux genres. Puis, si vous préférez les films « Américains », attendez le « remake » : « The Next Three Days » par Paul Haggis ("Million Dollar Baby" (scénario); « Crash » (scénario et réalisation); et collaboration au script de « Casino Royale » pour ne nommer que ceux-là!). D'une façon ou d'une autre, vous serez servi. A moins de voir les deux, ce que je vous recommande!

 

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D.I., Delinkan Intellectuel, revue d'actualité et de culture, Vol. 11 no 4, Textes ciné et culture : www.societascriticus.com

 

 

 

11/3

 

 

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Deux films d’écoliers! 

J’ai tué ma mère de Xavier Dolan

La belle personne DE CHRISTOPHE HONORÉ

 

Commentaires de Michel Handfield

 

D’abord, dans «  j’ai tué ma mère », Hubert ne tuera pas physiquement sa mère, qui l'énerve au plus haut point, mais il la tuera symboliquement à l’école. Elle viendra d’ailleurs le hanter quand elle saura ça! 

 

C’est un film sur l'a-communication entre un ado, qui se sait différent des autres, car il est homosexuel et l’assume, en même temps qu’il vit sa crise d’adolescence, et sa mère qui le traite comme un enfant et ne sait pas pour son homosexualité. Cela fausse son rapport à son fils, d’autant plus qu’elle ne l’écoute que distraitement, quand elle l’écoute, et se dédit souvent. Trop souvent au goût d’Hubert. Je le comprends, car il est rationnel même s’il semble émotif. Puis,  comme à l’adolescence on voit les incohérences (alors que la vie est souvent faite d’incohérences, de dissonances et de compromis), il prend ça dur le p’tit gars! Mais, d’avoir des parents cool, ce n’est pas toujours mieux. Les parents parfaits, ça n’existe pas davantage que les enfants idéaux, sauf dans les contes de Disney!

 

Bref, un film sur la crise ou la « crisse » d'adolescence fait par un jeune qui en sort à peine, ce qui nous en donne une vision de l’intérieur plutôt que d’un adulte qui disserte sur le sujet! C’est là que ce film est rafraîchissant même si Hubert et sa mère sont parfois énervants, mais c’est cela l’adolescence : on énerve les autres et les autres nous énervent! C’est très bien rendu. Le jeu d’Anne Dorval est d’ailleurs excellent sur ce point. Quant à Xavier Dolan, il joue très bien son personnage; mais jusqu’à quel point le joue-t-il? Il a du talent, mais ce n’est qu’avec le temps que nous pourrons séparer Xavier d’Hubert! 

 

Quant aux parents qui comparent leur(s) enfant(s) avec les autres et qui leur montrent des modèles, parfois, s’ils savaient ce qu'il y a derrière ces modèles, ils ne les citeraient tout simplement pas. De quoi rendre les parents peu crédibles, surtout aux yeux de jeunes qui ont accès à toutes sortes d’informations via l’internet! A leurs yeux, de ne pas savoir pour des parents est une erreur. Ils ont à apprendre qu’on ne sait pas tout et qu’eux aussi se frapperont à cette réalité un jour. 

 

Quant à « La belle personne », film français cette fois-ci, il est  sur les relations adolescentes. Les professeurs ont même beaucoup de place, car on ne voit pas les parents. La différence d’âge à ce niveau n’est parfois pas très  grande entre certains étudiants et de jeunes professeurs; que quelques années tout au plus, d'où des histoires ambiguës entre eux. Un prof peut tomber en amour avec certaines de ses étudiantes et vice versa, cela assez ouvertement même. Même chose pour les garçons avec leurs professeurs féminins, mais avec un peu plus de discrétion dans ce cas. Un peu comme au cégep diront certains, car cette fin de lycée, avec le calcul différentiel et intégral, ressemble à notre niveau collégial. L’âge coïncide aussi. Un peu plus jeune cela aurait cependant fait des vagues dans le milieu, soit à l’école ou à  la commission scolaire, du moins ici. Ce  genre d’histoire trouverait aussi son chemin vers les médias, que ce soit par les parents ou une étudiante éconduite et blessée dans son amour propre par ce prof qui la quitte pour une autre du même lycée!  Cependant, peu importe l’âge, qu’en est-il de l’éthique? Cette question se pose toujours dans ces cas-là. Mais, on ne la pose pas vraiment dans le film.    

 

Cela peut d’ailleurs engendrer des relations troubles entre les jeunes, question d’amitiés particulières entre gars et filles, surtout si s’y insère un prof. Qui propos et questions d’identités sexuelles sont donc au rendez-vous, ce qui donne toujours un potentiel dramatique. Mais, le pire demeure le trio amoureux. C’est le cas de Junie, seize ans, prise entre Otto et Nemours, son professeur d'italien. Sujet intéressant que le trio, traité autant en littérature, cinéma qu’en opéra. Pensons justement à « Lucia Di Lammermoor » dont un étudiant parle en classe. Il en fait même écouter un extrait avec Maria Callas. Fascinant, car nous avons parlé de cet opéra il y a quelques jours à peine. 

 

Deux films à voir pour leur traitement différencié des relations adolescentes, l’un québécois, l’autre français, mais complémentaire. Différences culturelles, d’approches et de points de vue qui se complètent bien. 

 

 J’ai tué ma mère (Sortie le 5 juin)

 

Présenté en première mondiale à la Quinzaine des Réalisateurs du festival de Cannes le lundi 18 mai, J’ai tué ma mère écrit, réalisé et interprété par Xavier Dolan prendra l’affiche à Montréal le prochain.

 

Le film raconte l’histoire de Hubert Minel, 17 ans, qui n’aime pas sa mère et la jauge avec mépris, ne voit que ses pulls ringards, sa décoration kitch et les miettes de pain qui se logent à la commissure de ses lèvres quand elle mange bruyamment. Au-delà des irritantes surfaces, il y a aussi la manipulation et la culpabilisation, mécanismes chers à sa génitrice. Confus par cette relation haine / amour qui l’obsède chaque jour de plus en plus, Hubert vague dans les arcanes d’une adolescence à la fois marginale et typique – découvertes artistiques, ouverture à l’amitié, ostracisme, sexe – rongé par la hargne qu’il éprouve à l’égard d’une femme qu’il aimait pourtant jadis. Au terme d’épreuves décisives et d’épisodes tragiques, Hubert retrouvera sa mère sur la berge écumeuse du Fleuve Saint-Laurent, là où il a grandi. Dans les caquètements des oies sauvages, sous le crépuscule rouge, un moment de paix surgira, comme venu du passé, et un meurtre sera perpétré : celui de l’enfance.

 

Anne Dorval, Suzanne Clément, François Arnaud, Patricia Tulasne, Niels Schneider et Monique Spaziani sont les acteurs de ce film dont la photographie est signée Stéphanie Weber-Biron et le montage Hélène Girard. C’est Sylvain Grassard qui a assuré la conception sonore et Nicolas L’Herbier qui a composé la musique originale. J’ai tué ma mère est une production de Xavier Dolan et de Daniel Morin comme producteur associé avec Carole Mondello comme productrice déléguée. Le film est distribué au Canada par K-Films Amérique et à l’International par REZO Films (Paris).

 

La belle personne (Sortie le 5 juin au Cinéma Parallèle.)

 

Métropole Films est heureuse d’annoncer que le film La Belle personne prendra l’affiche le 5 juin prochain au Cinéma Parallèle. Dernier long métrage de Christophe Honoré (Dans Paris, Les Chansons d’amour), le film a été sélectionné en 2008 au festival de San Sebastien.

 

Junie, seize ans, change de lycée en cours d'année suite à la mort de sa mère. Elle intègre une nouvelle classe dont fait partie son cousin Matthias. Il devient son ambassadeur auprès de sa bande d'amis. Junie est vite courtisée par les garçons du groupe, elle consent à devenir la fiancée du plus calme d'entre eux, Otto. Mais bientôt, elle sera confrontée au grand amour, celui de Nemours, son professeur d'italien. La passion qui naît entre eux sera vouée à l'échec. Ne voulant pas céder à ses sentiments, Junie s'obstine à refuser le bonheur, car il n'est à ses yeux qu'une illusion.

 

Transposition libre et moderne de La Princesse de Clèves, de Madame de La Fayette, La Belle personne met en vedette deux stars montantes du cinéma français, Grégoire Leprince-Riguet et Léa Seydoux, ainsi que l’acteur fétiche de Christophe Honoré, Louis Garrel. Considéré par le réalisateur comme le troisième tome d’une trilogie amorcée avec Dans Paris et Les Chansons d’amour, La Belle personne complète le portrait en trois volets de la jeunesse parisienne et de ses amours.

 

 

Hyperliens, avec la coopération de Luc Chaput : 

 

www.labellepersonne-lefilm.com

 

http://fr.wikipedia.org/wiki/Lafayette

http://fr.wikipedia.org/wiki/Marie-Madeleine_Pioche_de_la_Vergne,_comtesse_de_La_Fayette


http://princessedecleves.blogspot.com/

http://fr.wikipedia.org/wiki/La_Lettre_(film,_1999)

 

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D.I., Delinkan Intellectuel, revue d'actualité et de culture, Vol. 11 no 3, Textes ciné et culture : www.societascriticus.com

 

 

 

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«CARCASSES», de Denis Côté

 

SÉLECTION OFFICIELLE QUINZAINE DES RÉALISATEURS - FESTIVAL DE CANNES

 

À L'AFFICHE DEPUIS LE 29 MAI

 

FunFilm Distribution est fière d’annoncer la sortie du film CARCASSES, le quatrième long métrage de Denis Côté (Les États nordiques, Nos vies privées, Elle veut le chaos). Sélectionné par la Quinzaine des réalisateurs dans le cadre du Festival de Cannes qui se tiendra du 13 au 24 mai prochain, le film prendra ensuite l’affiche à Montréal et à Québec le 29 mai.

 

Jean-Paul Colmor entasse depuis plus de 40 ans des centaines de carcasses d’automobiles sur son terrain au bout d’un rang. Plus qu’un recycleur et vendeur de pièces de toutes sortes, Colmor propose un lieu impensable, chargé de mémoire. Chaque jour il revisite son terrain, trimballe la ferraille, recense ses pièces et autres joyaux rouillés… Toute aussi étrange est sa petite maison, sorte d’abri où se démarquent dans le fouillis cuisine, salle de bain et chambre à coucher. Puis un jour, d’autres arrivent et voudraient bien partager un peu de la solitude et de la marginalité excentrique de Jean-Paul…

 

Œuvre atypique mariant le documentaire et la fiction, Carcasses est le premier film de Denis Côté à être sélectionné à Cannes. Ses précédents longs métrages ont été présentés dans une trentaine de prestigieux festivals à travers le monde dont celui de Locarno où Elle veut le chaos et Les États nordiques ont respectivement remportés le Léopard d’argent du meilleur réalisateur en 2008 et le Léopard d’or vidéo en 2005.

 

Carcasses a été écrit et réalisé par Denis Côté et produit par Sylvain Corbeil et Stéphanie Morissette pour nihilproductions. Le film sera présenté le 21 mai à à Cannes et prendra l’affiche au cinéma Parallèle à Montréal et au Clap à Québec le vendredi 29 mai prochain.

 

Commentaires de Michel Handfield (8 juin 2009)

 

Un film sur la valeur et la désuétude des choses, car il n’y a qu’un fil qui sépare les deux. Ainsi, ces autos jadis bichonnées par leur propriétaire sont entassées sur ce terrain et dépérissent. Trop de rouille, leurs pièces ne valent plus rien pour un collectionneur qui veut réparer son bijou de collection. Pourtant, quelques mois auparavant, cette pièce aurait pu être celle qu’il cherchait avec amour. Il aurait pu en donner cher!

 

Mais, Jean-Paul Colmor voit quand même de la valeur dans tout ces amas de tôles, de bibelots, de jouets et de babioles qu’il entasse sur cette terre ou dans sa maison, car cet homme est d’abord et avant tout un ramasseur! Il fait les encans, les marchés aux puces et probablement  les vidanges pour ramasser des choses « au cas où  quelqu’un en aurait besoin un de ces jours ». Il a de tout! Mais, qui sait si ce jour viendra où quelqu’un en aura besoin. En attendant, ce qui est à l’extérieur se dégrade, rouille, pourrit. Et la nature pousse au travers, ce qui donne certaines images surréalistes d’arbres poussant au travers de carcasses de voitures sans valeurs maintenant.

 

Par contre, dans quelques millénaires ce terrain sera vraiment une mine d’or… pour les archéologues.  Imaginez ce que pourront dire les historiens du futur à notre sujet quand ils feront des fouilles sur ces terrains et trouveront les restes d’une vieille « Pontiac Trans-Am 73 » avec des cassettes « 8 tracks » d’Elvis, de Ginette Reno et de James Last dedans! Puis, quand ils ouvriront ce qui restera du coffre à gant et qu’ils tomberont sur les restes d’un vieux numéro de Penthouse avec un drapeau du Québec, quelle tête feront- ils? La maladie du « ramasseux » aura quand même son utilité pour documenter notre civilisation de l’hyperconsommation.

 

Puis, la fiction se mêle du film avec l’arrivée de trisomiques dans le décor. Des gens mis de côté par une société de consommation et de production qui recherche la productivité avant tout. Il y a là un parallèle avec Jean Paul, car eux aussi sont des marginaux. Mais, plus puissant encore, il y a un parallèle avec ce lieu : comme ces vieilles voitures, on les met de côté jusqu’à les oublier, car ils ne sont pas productifs selon les standards de la société moderne; société qui se dit pourtant inclusive! Mais, inclusive pour qui? Ils deviennent donc des carcasses déshumanisées, car on ne leur donne pas la chance d’être utiles, ne serait-ce que socialement, la société étant d’abord gérée par des critères purement économiques. Être comptabilisé ou ne pas être! Voilà de quoi nous faire réfléchir.      

 

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D.I., Delinkan Intellectuel, revue d'actualité et de culture, Vol. 11 no 3, Textes ciné et culture : www.societascriticus.com  

 

 

 

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L’Angoisse érotique de DON JUAN (théâtre, en anglais sous-titré)

Production The Old Trout Puppet Workshop

www.theoldtrouts.org

 

Espace Libre

www.espacelibre.qc.ca

Ce fut présenté du 26 au 30 mai 09 dans le cadre de l’Off T.A. tenu en marge du Festival TransAmériques!

 

Avec la collaboration de Vanessa Porteous,

Mercedes Bátiz-Benét & George Fenwick

 

 

À la fin de sa vie, Don Juan, cet infâme séducteur, est jeté en enfer pour toute l’éternité. Chargé de chaînes, il se fera traîner sur scène pour se repentir de ses fautes et nous raconter sa terrible histoire dans l’espoir que nous échapperons à son destin syphilitique.

 

Mais, se repent-il vraiment? Est-il en réalité un monstre cynique ou un saint mystique? Devrait-on le condamner ou chercher à l’imiter?

Savons-nous ce qu’est l’Amour? Le faisons-nous bien? Connaîtrons-nous un jour le bonheur?

 

Le fantôme de Don Juan est revenu pour nous inciter à éviter l’erreur du mariage, en nous livrant à l’amour libre. Ses bourreaux démoniaques, les marionnettistes des Old Trout, nous présentent sa vie, de la naissance à la damnation, sa recherche du paradis, ses erreurs et ses illuminations amoureuses. À la fin du sermon, nous sommes libérés; la soirée culmine en une orgie transcendantale où le public brise ses chaînes et plonge dans un grand océan d’Amour cosmique. La plupart des soirs en tout cas. Tout dépend du public.

 

Créée sur plusieurs années, entre autres pendant trois mois intenses au Mexique, L’Angoisse érotique de Don Juan est une fantaisie dans la tradition de la troupe Old Trout. C’est aussi une  grande collaboration fondée sur plusieurs talents, avec des marionnettes très variées, créées par la troupe. The Old Trout Puppet Workshop est un groupe d’artistes de diverses disciplines qui ont comme mission de repenser l’art de la marionnette. Les trois membres fondateurs, Peter Balkwill, Pityu Kenderes et Judd Palmer, assurent la codirection artistique. La compagnie présente des spectacles de marionnettes pour adultes depuis près de dix ans. Récemment, elle a présenté Famous Puppet Death Scenes, qui est encore en tournée en

Amérique du Nord et ailleurs. The Old Trout est davantage une coopérative d’artistes qu’une compagnie de théâtre de marionnettes. Elle a produit plusieurs courts métrages, construit une machine horloge cosmologique pour marionnettes haute de quinze mètres, écrit des livres pour enfants et donné des ateliers, et elle a même ses musiciens maison, l’Erreur ! La compagnie loge dans un entrepôt de Calgary en Alberta.

 

Mise en scène Vanessa Porteous Co-auteur Mercedes Bátiz-Benét Compositeur/musique George Fenwick Avec Peter Balkwill, Pityu Kenderes, Jackson Andrews et Anne Lalancette.

 

Commentaires de Michel Handfield (8 juin 2009)

 

Mes pas m’ont conduit en enfer. Je vais vous conter mon histoire pour que vous ne fassiez pas les mêmes erreurs que moi. Voilà en gros la proposition scénique de Don Juan au départ de la pièce. Puis, il reprend le dessus. Chassez le naturel, il revient au galop!

 

Ii est important de connaître sa propre nature. Élevé par les chiens, êtres entiers dont la sexualité n’est pas réfrénée, que ce soit   socialement ou moralement, cela justifie, pour Don Juan, son comportement. Il ne pouvait pas se contrôler, puisqu’il n’avait pas appris le contrôle en cette matière. Puis, l’amour est devenu une façon de fuir la  solitude…

 

De cette justification, il passe finalement au destin. Son destin. Si Dieu décide de tout, nous sommes donc programmés! Et, s’il m’a programmé pour aimer les femmes, il ne peut me condamner aux enfers pour les avoir trop aimés dira en substance Don Juan! Voilà donc sa défense contre la condamnation de Dieu puisqu’il n’est finalement qu’une pauvre victime du destin que lui avait choisi Dieu! C’est donc la grâce de Dieu qu’il demandera à la fin. Comme Jésus, il dira « aimez vous les uns les autres », mais il osera ajouter « dans une sainte orgie! »

 

C’est une pièce inventive et intéressante qui pose les enjeux de la sexualité au plan personnel, mais aussi social et moral.  La sexualité est un choix, mais aussi un comportement programmé ne serait-ce que par la biologie. Dans le contexte d’aujourd’hui on peut cependant se demander l’influence de l’image (publicité, télévision et cinéma) sur elle. Est-elle responsable de l’hypersexualisation  que l’on voit  apparaître de plus en plus tôt chez les jeunes, bombardés d’images à connotation sexuelle? Si, adulte, on en vient à ne plus les voir, les intègre-t-on de façon subliminale?

 

On reproche souvent aux jeunes leur banalisation des comportements sexuels, séparant amour et sexe au point d’avoir créé un nouveau type de relation, le « fuck-friend » (1), et d’avoir des relations comme si c’était un jeu de société (2), mais serait-ce une conséquence de leur surexposition à des images sexuées de plus en plus tôt dans leur vie? Il ne faut jamais oublier que lorsqu’on banalise une chose, que ce soit la sexualité, la drogue ou la cigarette, on ne s’en fait plus avec la surexposition ou la surconsommation de cette chose puisqu’elle est devenue banale. C’est pourtant là qu’elle risque de faire le plus mal. En ce sens, cette pièce nous indique qu’on ne doit pas banaliser la sexualité, car, contrairement à Don Juan, nous n’avons pas été élevés par des chiens qui se sentaient le cul en signe de reconnaissance.  

 

A souligner, enfin, le plaisir de voir cette pièce sous-titrée en français! C’était une bonne idée, car si un mot ou une expression nous échappait, on pouvait se reprendre sans perdre le fil de l’histoire. C’est aussi un moyen d’ouvrir sur l’autre public, ce théâtre anglophone s’adressant ainsi à un public francophone à l’Espace Libre.  Cette idée serait à répéter et à élargir. Certains soirs il devrait y avoir sous titrage dans les théâtres, que ce soit de pièces en français ou en anglais. La même chose pour les films : il devrait y avoir davantage de films sous-titrés. Ce serait une façon de briser les solitudes ethnolinguistiques et d’apprendre à partager. Puis, on améliorerait ainsi notre compréhension d’une seconde et même d’une troisième langue. Éducatif, donc!

 

En conclusion, cette soirée théâtrale fut à la fois agréable et enrichissante. Quant à ceux qui croient qu’il ne se passe rien à l’ouest du Québec et surtout au pays de Stephen Harper, c’est faux, car cette pièce venait de Calgary en Alberta! Bonjour préjugé!     

 

Notes :

 

1. Juste à googler « fuck-friend » pour en savoir plus que ce que vous voulez réellement savoir si vous n’avez pas encore compris ce qu’est un partenaire de baise!

 

2. Les médias ont fait du millage pendant un temps sur ce phénomène du « gang bang » chez les adolescents et pré-adolescents, soit des relations sexuelles en groupe, parfois aussi jeune qu’à 11 ou 12 ans. Cela se rapproche de « la tournante » qui est par contre une forme de viol collectif, car les victimes ne sont pas  consentantes. Toutefois, chez les ados et les pré-ados, les personnes impliqués dans ces jeux sont-elles consentantes ou en mesure de donner un consentement éclairé? La question se pose.

 

Hyperlien :

 

Projet Outiller les jeunes face à l'hypersexualisation :

www.hypersexualisationdesjeunes.uqam.ca

 

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LUCIA DI LAMMERMOOR, Opéra de Gaetano Donizetti 

Genre : Drame tragique

Structure : En trois actes

Langue : En italien avec surtitres français et anglais

Livret : Salvatore Cammarano d’après “The Bride of Lammermoor” de Walter Scott.

Création : Naples, Teatro San Carlo, le 26 septembre 1835

Production : Dallas Opera

Dernière production à la compagnie : février 2001

Salle Wilfrid-Pelletier, Place des Arts

23 · 27 · 30 mai · 1 & 4 juin 2009 à 20 h

 

L’Opéra de Montréal clôture sa 29e saison avec une production éclatante, véritable chef-d’œuvre du bel canto, Lucia di Lammermoor de Gaetano Donizetti. Œuvre tragique la plus célèbre du compositeur italien, Lucia di Lammermoor remporte toujours les suffrages des amants de l’art lyrique depuis 1835 !

 

En Écosse, à la fin du 17e siècle, un château dans des landes brumeuses. Enrico veut donner sa sœur Lucia en mariage à Arturo, union qui pourrait rétablir la situation financière précaire de sa famille. Mais, Lucia aime l’ennemi juré de son frère, Edgardo, avec qui elle a échangé des serments d’amour éternel. Enrico fait pression sur sa sœur qui, désespérée, finit par céder. Au beau milieu de la célébration du mariage, Edgardo surgit pour accuser Lucia de l’avoir trahi. Devenue folle, Lucia assassine Arturo pendant la nuit de noces et meurt de douleur. Edgardo, ne pouvant vivre sans elle se poignarde sur la tombe de ses ancêtres.

 

Tout cela se passe sur fond de luttes entre familles rivales et dans le contexte des guerres entre catholiques et protestants. Le livret est une habile adaptation du roman de Walter Scott, « La fiancée de Lammermoor » (1819), lui-même inspiré d’un fait divers qui s’est déroulé en Écosse au XVIIe siècle au cours duquel une noble jeune femme avait assassiné, la nuit de ses noces, son époux détesté, et était devenue folle à la suite de ce crime.

 

Plus d’une interprète ont immortalisé le rôle de Lucia et chanté la partition exigeante de l’héroïne de Donizetti, qu’on pense à Nelly Melba (1889), Lily Pons (1935), et plus près de nous, Maria Callas (1952) et Nathalie Dessay (2002 – version française).

 

DISTRIBUTION :

 

Lucia : EGLISE GUTIERREZ, soprano (Cuba)

Edgardo : STEPHEN COSTELLO, ténor (États-Unis)

Enrico : JORGE LAGUNES, baryton (Mexique)

Raimondo : ALAIN COULOMBE, basse (Canada)

Lord Arturo Bucklaw : ANTOINE BÉLANGER, ténor (Canada)

Normanno : PIERRE-ÉTIENNE BERGERON, baryton-basse (Canada)

Alisa : SARAH MYATT, mezzo-soprano (Canada)

 

PRODUCTION :

 

Chef : STEVEN WHITE (États-Unis)

Metteur en scène : DAVID GATELY (États-Unis)

Concepteur des décors : HENRY BARDON (Tchéquie/États-Unis)

Conceptrice des éclairages : ANNE-CATHERINE SIMARD-DERASPE (Canada)

Chef de chœur : CLAUDE WEBSTER (Canada)

 

Commentaires de Michel Handfield (3 juin 2009)

 

Dès le départ on est dans l’émotion, ne serait-ce que par la musique. On sent qu’il y aura un drame. Puis, on voit un homme qui surprend une jeune femme avec un autre homme! S’ils ont le temps de fuir, ils ont été vus! Les dés sont jetés!

 

Triangle amoureux? Non, mais un espion apprendra au frère de Lucia (Eglise Gutierrez, soprano), Enrico (Jorge Lagunes, baryton),  que sa sœur est en amour avec  Edgardo (Stephen Costello, ténor), son ennemi juré. Le sort en sera décidé par son frère : faire cesser cette union!  

 

Quand il y a amour entre gens de bandes rivales, comme dans « West Side Story » par exemple, la haine n’est jamais très loin. Le drame au tournant! Enrico usera donc de manipulation, de chantage et de mensonge pour faire céder Lucia et ainsi concrétiser son plan : la marier à Lord Arturo Bucklaw (Antoine Bélanger, ténor) par cupidité et intérêt, car la famille est appauvrie et lui menacé dans cette Écosse conflictuelle (1), où la reine Marie fut elle-même emprisonnée et exécutée (2). Ce mariage pourrait cependant redonner du lustre à la famille et à leur demeure, qui tombe en ruine, car Lord Arturo est riche et pourrait refaire le château. Il constituerait aussi un protecteur pour Enrico.  

 

On a donc droit à la méchanceté fait homme en Enrico; très machiavélique auprès de sa sœur pour en arriver à ses fins. Ne dit-on pas que la fin justifie les moyens?  C’est justement à cette démonstration que l’on assiste tout au long de cet opéra en crescendo.  

 

Cependant, on ne badine pas avec l’amour pur, noble et romantique; le sentiment de Lucia pour Edgardo. Si cela semble aujourd’hui très normal, voir banal, l’amour pour l’amour était révolutionnaire à cette époque où le mariage était souvent obligé pour des raisons économiques. Les gens ne se mariaient pas parce qu’ils s’aimaient, mais apprenaient à s’aimer parce qu’on les avait mariés! Des mariages forcés pour sceller des alliances de paix dans la noblesse ou agrandir la terre cultivable dans la paysannerie! Des unions familiales étaient ainsi scellées par le mariage. A défaut d’amour, c’était, au mieux, des mariages de raison entre époux consentants. (3) Bien souvent, le consentement n’était même pas requis, car un père (ou un frère, en cas de père absent) pouvait « donner » la main de sa fille pour des avantages! Cela est encore vrai dans certaines cultures. (4)     

 

D’aller contre cet amour par méchanceté et cupidité ne paiera pas Enrico, car la déraison d’amour sera plus forte que la raison d’État! Lucia craquera, avec des conséquences funestes pour son époux; son amour perdu; et pour elle-même. La chute éclaboussera son frère. On sait qu’il ne s’en relèvera pas.  

 

        Opéra complexe sur l’amour et la folie, car on parle ici d’amour pur (Lucia et Edgardo) et d’amour de soi, cet amour fou qui conduit Enrico à abuser de sa sœur au point de la vendre, par un mariage arrangé, pour son propre intérêt. Ce n’est pas le sort de sa sœur qui l’intéresse, mais son sort à lui qui à besoin de ce mariage pour se sortir du pétrin. C’est donc la soumission de sa sœur qu’il monnaye, ce qui est demander davantage qu’un mariage de raison, puisqu’elle n’en retire aucun bénéfice! Ce mariage représente donc le drame de sa vie pour Lucia, ce qu’elle refusera fatalement en assassinant son nouvel époux. Inconsciemment, elle préférera sombrer dans la folie à en mourir que de mourir de chagrin!

 

Mais, si la folie de Lucia semble le sujet de la pièce, car très apparente, il ne faudrait pas oublier la folie cupide et machiavélique d’Enrico qui prépare la chute de sa sœur et de cet opéra. Finalement, et fatalement pourrais-je ajouter, on y trouvera une morale : la machination politique et la cupidité ne peuvent venir à bout de l’amour pur, car cet amour ne s’achète pas et ne se pervertit pas! Enrico  aura d’ailleurs à assumer les conséquences de ce drame dont il aura lui-même mis en place l’échafaudage même si on n’en voit pas les conséquences pour lui, cet opéra s’arrêtant sur la mort des amoureux. Mais, on sait qu’il aura à en répondre après la tombée du rideau.

 

Un grand opéra sur les caractères humains et le noble sentiment  d’amour, cet objet du désir que certains voudraient monnayer et travestir par cupidité. Un opéra qui a fait réagir les spectateurs à plus d’une occasion, car captivant. On descend au fondement de l’humain dans ses coins les plus sombre, mais aussi les plus nobles, comme les deux faces d’une même pièce de monnaie. Un grand opéra dans le genre tragédie humaine. Un opéra psychologique!  

 

Notes :

 

1. On peut aussi penser à  « Macbeth ou l’obsession du Pouvoir » joué à  l’Opéra de Montréal en janvier dernier : Societas Criticus, Vol. 11 no 1, du  15 décembre 2008 au 7 février 2009. 

 

2. http://fr.wikipedia.org/wiki/Marie_Stuart

 

3. Cependant, le mariage de raison semble revenir à l’avant scène. « Le mariage de raison : ça peut marcher » peut-on lire sur www.psychologies.com sous le clavier d’Anne-Laure Gannac :

 

« Sans coup de foudre ni passion, les unions raisonnables font leur retour. Surtout pour une génération marquée par les divorces. Souvent plus solides que les mariages d’amour, elles peuvent même faire des envieux. »

 

Source :

www.psychologies.com/Couple/Vie-de-couple/Mariage/Articles-et-Dossiers/Le-mariage-de-raison-ca-peut-marcher

 

4. Je pense ici à « NILOOFAR » (France - Iran - Liban / Compétition mondiale des premières œuvres / 2008 / Couleur / 82 min), vu au FFM 2008 (Societas Criticus, Vol. 10 no. 5, du  5 août 2008 au 8 octobre 2008)

 

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D.I., Delinkan Intellectuel, revue d'actualité et de culture, Vol. 11 no 3, Textes ciné et culture : www.societascriticus.com

 

 

 

 

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PLUS TARD TU COMPRENDRAS

En salle le 22 mai

 

Les Films Séville sont heureux d’annoncer que le long métrage Plus tard tu comprendras prendra l’affiche le 22 mai 2009.  Ce film d’Amos Gitaï d’après le roman de Jérôme Clément met en vedette Jeanne Moreau et Hippolyte Girardot.

 

Paris, aujourd'hui ; Victor, un homme d'une quarantaine d'années, seul, se recueille devant un grand mur où l'on devine des noms gravés. Le mur à la mémoire des déportés.

 

Paris, 1987. Alors que le procès de Klaus Barbie est retransmis en direct, on découvre Victor entouré de documents où il tente de découvrir la vérité à propos de son passé familial.

 

De son côté, Rivka, sa mère, s’active à préparer un repas. De la télévision, on entend très distinctement le début du même procès, le témoignage d’une rescapée. Lors du diner, Victor tente de faire parler sa mère qui s’y refuse. Elle fait mine de ne rien entendre ou change de conversation, elle veut finir tranquillement sa vie, au milieu d’objets et de souvenirs et entourée de ses enfants et petits enfants. Son attitude ne fait que renforcer l’agitation de Victor. Sa femme Françoise va le soutenir dans cette reconquête de la mémoire familiale.

 

Commentaires de Michel Handfield (30 mai 2009)

 

Que s’est-il passé à l’époque de l’occupation? Cette question ne laisse pas de répit à Victor, né d’un mariage mixte entre un père français, peut être collaborateur et antisémite, et une mère juive dont la trace des parents se perd à cette époque. Ses grands-parents auraient-ils été victimes d’une dénonciation de son père ou de la famille de celui-ci? Et sa mère qui se tait; cette mère qui lui a cachée ses origines juives. Pourquoi?   

 

Un film sur les racines; ces racines desquelles sortent des pousses où nous ne les attendons pas. Construit par couches, j’aimerais le revoir pour mieux le comprendre, car il y a des détails du film qui se révèleront peut être des clefs à la fin.  A voir et à revoir.

 

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« UN BARRAGE CONTRE LE PACIFIQUE » DE RITHY PANH

http://www.unbarrage-lefilm.com/

AVEC ISABELLE HUPPERT

À L’AFFICHE DÈS LE 15 MAI

 

Métropole Films est heureuse d’annoncer que le film Un barrage contre le Pacifique, du réalisateur cambodgien Rithy Panh, prendra l’affiche le 15 mai prochain au Cinéma Quartier Latin. Mettant en vedette Isabelle Huppert, le film a été présenté en 2008 au Festival de Rome.

 

Indochine, 1931. Dans le Golfe du Siam, au bord de l'Océan Pacifique, une mère survit tant bien que mal avec ses deux enfants, Joseph (20 ans) et Suzanne (16 ans), qu'elle voit grandir et dont elle sait le départ inéluctable. Abusée par l'administration coloniale, elle a investi toutes ses économies dans une terre régulièrement inondée, donc incultivable. Se battant contre les bureaucrates corrompus qui l'ont escroquée, et qui menacent à présent de l'expulser, elle met toute son énergie dans un projet fou : construire un barrage contre la mer avec l'aide des paysans du village. Ruinée et obsédée par son entreprise, elle laisse à Joseph et Suzanne une liberté quasi-totale. C'est alors que M. Jo, fils d'un riche homme d'affaires chinois tombe sous le charme de Suzanne. La famille va tenter d'en tirer profit...

 

Adaptation du roman éponyme de Marguerite Duras, Un barrage contre le Pacifique a été porté une première fois à l’écran en 1958 par René Clément sous le titre «Barrage contre le Pacifique». Après plusieurs documentaires sur la tragédie de son pays le Cambodge, dont La terre des âmes errantes (1999) et S21, la machine de mort Khmère rouge (2004), le réalisateur du merveilleux Les Gens de la rizière, Rithy Panh, revient à la fiction avec ce drame familial porté par une Isabelle Huppert merveilleuse dans le rôle de la mère.

 

Commentaires de Michel Handfield (30 mai 2009)

 

Le résumé officiel en dit déjà beaucoup. Puis, le roman existe, car ce film en est tiré. En partie autobiographique (1), je n’ai pas grand-chose à ajouter, sauf qu’il s’agit d’une histoire de vie. C’est intéressant d’un point de vue historique et ethnologique, puisqu’on est dans une colonie française d’Indochine (2), le Cambodge (3), qui obtiendra son indépendance plus tard (1953), mais passera aussi sous la coupe communiste avec le régime dictatorial de Pol Pot (4), ce qu’on ne voit pas dans le film, puisqu’il s’arrête en  1932 (5) sauf pour un regard sur une rizière d’aujourd’hui à la fin du film. La rizière que sa mère (Isabelle Huppert) aurait réussi à faire survivre grâce à son barrage? C’est ce que je suppose. Une façon de dire qu’elle aurait finalement gagné son pari!  

 

Socialement, il est cependant intéressant de voir que ce n’était pas tous les coloniaux qui avaient la draguée haute. Certains, comme sa mère, qui en arrachaient économiquement, étaient condamnés à la débrouille. Elle dira d’ailleurs à quelque reprise « Salauds de bureaucrates, ils doivent bien rire! » C’est clair que la corruption a suivi le colonialisme diront certains. Cependant, il n’y avait pas que les coloniaux qui la maîtrisaient. M. Jo, le fils d'un riche homme d'affaires chinois, qui est en amour avec Suzanne (Astrid Berges-Frisbey), en possède tous les rudiments. La corruption est donc humaine, tout autant que l’envie dont elle serait la fille selon moi. 

 

On voit toutes les ficelles que tirent les profiteurs dans ce film, car il démonte les mécanismes de l’exploitation devant nos yeux : vente de terrains  qui ne rapporteront pas assez pour payer l’hypothèque et lotissement de terres déjà habitées par exemple, que l’on vend au dépends des habitants qui les cultivent déjà, car ils ne savent pas qu’ils doivent acheter ce qui est déjà leur bien depuis des générations par l’occupation du sol. Priver ainsi de leur dignité les habitants fut probablement la pire erreur du colonialisme.

 

Lucide, la mère de Suzanne voit tout cela  et essaiera d’organiser la communauté. Cependant, par nécessité, elle tentera aussi de marier sa fille à M. Jo. Mais, Suzanne se montrera meilleure que sa mère dans cet art pour obtenir ce qu’elle veut de M. Jo sans faire ce que sa mère voudrait d’elle, car elle « vendrait » bien sa fille au loup... pour se tirer d’affaire. Cela n’arrivera pas, je vous le dis.

 

Donc, un film sur les profondeurs de l’Homme; psychologique et autobiographique en même temps, car c’est en partie la vie de Marguerite Duras, représentée ici par Suzanne. 

 

Notes :

 

1.Duras, Marguerite, Un barrage contre le Pacifique [1950] , 384 pages,  Collection Folio (No 882) (1978), Gallimard roman.

 

2. L’Indochine française recouvrait ce que l’on connaît maintenant comme le  Laos, le Cambodge et le Viêt Nam.

 

3. http://fr.wikipedia.org/wiki/Cambodge

 

4. http://fr.wikipedia.org/wiki/Pol_Pot

 

5. « En 1932, Marguerite Donnadieu vient en France où elle fait des études de droit, de mathématiques et de sciences politiques. » nous apprend sa biographie (http://www.alalettre.com/duras.php)

 

 

Hyperliens avec Luc Chaput

 

http://artsetspectacles.nouvelobs.com/p2303/a391591.html

 

http://pagesperso-orange.fr/jeanmi.b/sihanoukville.htm

 

http://www.lepetitjournal.com/content/view/26578/1841/

 

http://histoireduroussillon.free.fr/Duras/Biographie.php

 

http://fr.wikipedia.org/wiki/Rithy_Panh

http://fr.wikipedia.org/wiki/S21,_la_machine_de_mort_Khm%C3%A8re_rouge

http://fr.wikipedia.org/wiki/The_Killing_Fields

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Il Divo de Paolo Sorrentino (2008)

http://www.ildivo-lefilm.com/

À L’AFFICHE DÈS LE 22 MAI

 

Métropole Films est heureuse d’annoncer que le film Il Divo, du réalisateur italien Paolo Sorrentino, prendra l’affiche le 22 mai prochain. Présenté en sélection officielle lors du dernier festival de Cannes où il s’est mérité le Prix du jury, le film dresse le portrait de l’homme politique italien Giulio Andreotti, figure emblématique de son pays.

 

À Rome, à l'aube, quand tout le monde dort, il y a un homme qui ne dort pas. Cet homme s'appelle Giulio Andreotti.

 

Il ne dort pas car il doit travailler, écrire des livres, mener une vie mondaine et en dernière analyse, prier. Calme, sournois, impénétrable, Andreotti est le pouvoir en Italie depuis quatre décennies. Au début des années quatre-vingt-dix, sans arrogance et sans humilité, immobile et susurrant, ambigu et rassurant, il avance inexorablement vers son septième mandat de président du Conseil.

 

À bientôt 70 ans, Andreotti est un gérontocrate qui, à l'instar de Dieu, ne craint personne et ne sait pas ce qu'est la crainte obséquieuse. Habitué comme il l'est à voir cette crainte peinte sur le visage de tous ses interlocuteurs. Sa satisfaction est froide et impalpable. Sa satisfaction, c'est le pouvoir. Avec lequel il vit en symbiose. Un pouvoir comme il l'aime, figé et immuable depuis toujours. Où tout, les batailles électorales, les attentats terroristes, les accusations infamantes, glisse sur lui au fil des ans sans laisser de trace.

 

Il reste insensible et égal à lui-même face à tout. Jusqu'à ce que le contre-pouvoir le plus fort de ce pays, la Mafia, décide de lui déclarer la guerre. Alors, les choses changent. Peut-être même aussi pour l'inoxydable et énigmatique Andreotti. Mais, et c'est là la question, les choses changent ou n'est-ce qu'une apparence ? Une chose est certaine : il est difficile d'égratigner Andreotti, l'homme qui mieux que nous tous, sait se mouvoir dans le monde.

 

Commentaires de Michel Handfield (20 mai 2009)

 

L’Italie politique; l’Italie de la mafia, comme si elles étaient intimement liées. Car la mafia semble imbriquée partout comme du lierre sur la vigne italienne! On suit plus particulièrement Andreotti et la démocratie chrétienne. De quoi parler de la quadrature du cercle: Église, politique, affaires et mafia!

 

On est en pleine saga machiavélienne : perpétuer le mal pour faire le bien! C’est cela le pouvoir semble-t-il dans cette Italie d’Andreotti. Pourtant on parle d’un gouvernement chrétien, proche de l’église catholique qui se dit la seule descendante de Jésus Christ et de Pierre. Une église qui connaitra aussi son lot de scandales et dont celui de la banque du Vatican ne sera pas le moindre. Comme si religion et politique étaient aussi liés que politique et mafia dans un triangle infernal. « Sur quoi il y a lieu d’observer que la haine est autant le fruit des bonnes actions que des mauvaises; d’où il suit, comme je l’ai dit, qu’un prince qui veut se maintenir est souvent obligé de n’être pas bon; car lorsque la classe de sujets dont il croit avoir besoin, soit peuple, soit soldats, soit grands, est corrompue, il faut à tout prix la satisfaire pour ne l’avoir point contre soi; et alors les bonnes actions nuisent plutôt qu’elles ne servent. » (Machiavel, p. 140) Prince de l’église, prince politique ou prince de la mafia, tous taillés dans la même étoffe! Pas surprenant qu’on les retrouve parfois ensemble là où on ne s’y entendrait pas. 

 

Manipulateur et comploteur, sans jamais « manquer de raisons légitimes pour colorer l’inexécution de ce qu’il a promis » (Machiavel, p. 128) et justifier ce qu’il a fait, Andreotti sera blanchi des accusations qui seront portées contre lui. Petit homme à l’air fragile, il se sera montré très fort, car il ne succombera pas à la vague d’attentats et de suicides qui auront lieu dans son entourage ni à la justice italienne. Il aura su s’en tirer. Pourquoi?

 

Pour ma part, je regarderais qui nomme les juges, car le pouvoir c'est une machine qui dépasse chacun de ses membres pour le bien de l’organisation : État, église, entreprises… Imaginons maintenant que l’Organisation les recouvre tous! Cela donne des possibles à défaut d’une réponse claire, car personne n’avouera que la mafia s’intègre dans tout et intègre tout comme un immense réseau de contacts, de communication et d’organisation finalement. Elle aplanit ainsi les difficultés où il y en a, faisant céder sur un prix et fermer les yeux saur une norme finalement! Club social de négociation pour contourner les lois en secret. Avant que ça se sache les principaux acteurs auront tous passé par les services d’un autre de leur partenaire, l’église, et ne seront plus là pour en répondre de toute manière…  

 

Voilà le contexte de ce film et de ce gouvernement de la démocratie chrétienne.  Un film à voir en complément de « Gomorra », car les deux se complètent. On est dans les mêmes eaux, mais en des lieux différents. Sauf que l’eau c’est l’eau comme la mafia est la mafia peu importe l’angle! Bene!  

  

Références et hyperliens, avec la coopération de Luc Chaput:

 

Machiavel, Nicolas, 1996 [1532], Le prince, Paris : Booking International, p. 140

 

http://en.wikipedia.org/wiki/Giulio_Andreotti

http://fr.wikipedia.org/wiki/Giulio_Andreotti

 

http://it.wikipedia.org/wiki/La_Repubblica

http://fr.wikipedia.org/wiki/La_Repubblica

http://www.repubblica.it/

 

http://it.wikipedia.org/wiki/Eugenio_Scalfari

 

http://en.wikipedia.org/wiki/Cosa_Nostra

http://fr.wikipedia.org/wiki/Mafia

 

http://en.wikipedia.org/wiki/Salvatore_Riina

http://fr.wikipedia.org/wiki/Toto_Riina

 

http://en.wikipedia.org/wiki/Lucky_Luciano

http://fr.wikipedia.org/wiki/Lucky_Luciano

 

http://en.wikipedia.org/wiki/Cesare_Mori

http://fr.wikipedia.org/wiki/Cesare_Mori

 

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D.I., Delinkan Intellectuel, revue d'actualité et de culture, Vol. 11 no 3, Textes ciné et culture : www.societascriticus.com

 

 

 

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Amadeus (Théâtre)

Une pièce de Peter Shaffer

Mise en scène et traduction de René Richard Cyr

 

Avec Benoît McGinnis, Michel Dumont, Pascale Montreuil, Jean-Pierre Chartrand, Robert Lalonde, Frédéric Paquet, Denis Roy, Guillaume Baillargeon, Marc Beaupré, Geoffrey Gaquère, Étienne Pilon.

 

Décor : Olivier Landreville

Costumes : François Barbeau

Éclairages : Martin Labrecque

Musique : Alain Dauphinais

Accessoires : Normand Blais

 

Un fantôme erre à Vienne. Ce fantôme hurlant et déchiré, c’est Antonio Salieri, jadis musicien réputé et compositeur officiel à la cour de l’empereur Joseph II. Dès l’enfance, Salieri s’est voué tout entier au service de Dieu, s’engageant à Le célébrer par sa musique. Pour prix de ses sacrifices, il réclamait la gloire éternelle.

 

Mais en 1781, un jeune prodige arrive à Vienne, précédé d’une très flatteuse réputation : Wolfgang Amadeus Mozart, reconnu comme le plus prestigieux compositeur de son siècle.

 

Réalisant la menace que représente pour lui ce surdoué arrogant et vulgaire dont il admire le génie musical, Salieri mettra tout en œuvre pour l’évincer.

 

La musique adoucit-elle vraiment les mœurs?

 

Amadeus, une œuvre géniale, superbement écrite, un chef-d’œuvre qui baigne dans la plus belle musique du monde.

 

LES PRIX

 

Evening Standard Drama Award

London Theatre Critics Award

Tony Award de la meilleure pièce

 

Commentaires de Michel Handfield (20 mai 2009)

 

Antonio Salieri, jadis musicien et compositeur officiel à la cour de l’empereur Joseph II, au seuil du grand départ, se confesse d’avoir tué Mozart il y a 32 ans! Il y avait bien eu des rumeurs, mais, là, une confession avec un Salieri qui répète « Pardon Mozart, pardonne à ton assassin. »  Puis, il nous raconte son histoire. Cela vous dit quelque chose? C’est que cette pièce de Peter Shaffer fut popularisée par le film du même nom de Milos Forman en 1984.

 

 Adapté d’une réalité, c’est néanmoins une fiction. Non, Salieri n’a pas empoisonné Mozart! Ce n’était que rumeurs et colportage! Mais, comme la rumeur est souvent plus intéressante – et tenace! - que la vérité, cela fait d’Amadeus une bonne pièce. Mais, Mozart serait plutôt mort d’une fièvre rhumatismale selon ce qu’on en sait aujourd’hui. (1) L’information existe pour qui veut la trouver. Amadeus est donc une caricature, c'est-à-dire que l’on trafique des traits de la réalité pour faire ressortir une opposition qui a existé entre les deux hommes, mais qui ne fut pas toujours à ce point dramatique. Salieri fut certes opposé à Mozart, mais savait aussi apprécier son génie nous apprend l’Histoire. Il a même enseigné au fils de Mozart, Karl, qui devint un compositeur mineur mais respecté. (2)

 

S’il y a caricature de l’Histoire, il y a aussi exagération des personnages. Salieri n’était pas nul en musique et Mozart pas si fol que cela! Par contre, que Mozart soit un génie et Salieri plus conservateur est fort plausible. Mais, Salieri  n’était pas con. Il ne faut pas oublier qu’il a eu Beethoven comme élève et on connait le résultat. A ce que j’ai trouvé sur internet, il fut plutôt bon pédagogue même, car de grands compositeurs furent ses élèves. Qu’il fut jaloux du génie de Mozart, c’est fort possible, mais pas d’une jalousie destructrice au point de l’assassiner. C’était plutôt une jalousie admirative, car il suivait ce que faisait Mozart. De là à alimenter la rumeur qu’il le suivait à le rendre fou, s’amusait à lui mettre des embuches, le torturait … il n’y eut qu’un pas de franchi si allègrement qu’on en retint la rumeur qu’il l’empoisonnât! Tout au plus, il lui empoisonna parfois la vie, car il était un rival au plan professionnel. Mais, un rival de taille :

 

« [Mozart] avait les revenus imprévisibles d’un pigiste, vulnérables aux lois économiques, aux goûts du public viennois, et au sabotage de ses ennemis. Le succès de L'enlèvement a été obtenu, par exemple, malgré les machinations menées par Antonio Saleri, chef de l’Opéra de Vienne et un compositeur favori de l’empereur Joseph II. Salieri fit de son mieux pour ridiculiser et abattre son rival et ce, incluant la présence dans la salle de personnes pour chahuter durant la représentation. Dans ce cas, le stratagème n’a pas fonctionné mais Salieri serait un rival formidable. Il entrera dans l’histoire non en tant que compositeur mais en temps que némésis de Mozart. » (3)

 

Cependant, en exagérant les caractères de Salieri, au point d’en faire l’assassin de Mozart pour punir Dieu qui le lui a mis dans les pattes (4), et de Mozart, en le dépeignant comme fol et sans manière, cette pièce nous fait comprendre que la vérité se trouve ailleurs que dans cette rumeur persistante. La pièce s’ouvre d’ailleurs sur des gens qui se racontent les dernières rumeurs pendant que Salieri attend la mort! Mais, là est aussi la vérité et le mérite de cette pièce: montrer que la rumeur est parfois plus intéressante que la vérité au point  qu’elle passe mieux le temps. C’est elle que l’on retient. On en sait ainsi davantage sur la rumeur de  l’assassinat de Mozart que sur les vraies causes de sa mort encore aujourd’hui! (5) On pourrait dire la même chose de l’assassinat de John F. Kennedy : les rumeurs et les scénarios de complot semblent plus vraies que les explications officielles! Pourquoi?

 

C’est d’abord que les explications officielles sont parfois aseptisées par des relationnistes professionnels, ce qui fait qu’on a la nette impression que l’on nous cache quelque chose. Comme la rumeur se construit  toujours sur une part de vraie de façon à être plausible, mais avec un soupçon d’inavouable et de complot qui la rend irrésistible et intéressante à répéter, cela lui donne de la crédibilité par le fait même! Puis, comme elle suscite de l’intérêt, elle se perpétue rapidement, parfois au point d’effacer la vérité! (6)  « Les protocoles des sages de Sion » en sont l’exemple parfait! (7)  Quant à  l’hypothèse du meurtre de Mozart par Salieri (8), qui a dû s’estomper avec le temps, elle fut ressortie par l’écrivain russe Pouchkine dans « Mozart et Salieri » (1830) mis en musique par Rimski-Korsakov. (9) Puis il y eut cet Amadeus de Peter Shaffer (1979) repris par le film Amadeus de Milos Forman 5 ans plus tard. (10) De fausses causalités comme on dit en sciences sociales, mais tenaces, car suscitant de l’intérêt.

   

Si cette pièce est sociologiquement intéressante sur la question des rumeurs, elle joue aussi sur les caractères opposés de Salieri et de Mozart, ce qui en fait une comédie psychologique jamais dénudé d’humour. Elle ironise sur le contraste entre les deux hommes. Mozart et Salieri comme la cigale et la fourmi,  Mozart étant à court le sou (11)   et Salieri plus conservateur. Avec de bons mots d’esprit, la recette se révèle excellente et fait parfois lever la salle,  car si on sourit tout au long de la pièce, on a aussi droit à quelques rires gras dignes des comédies d’été.

 

Naturellement, Mozart n’aurait pas dû être aussi simplet que la pièce  nous le présente, mais comme enfant prodige il a dû souffrir d’un certain déséquilibre, c’est-à-dire que la musique a dû prendre une place disproportionnée par rapport au reste dans sa vie, ce qui ne pouvait que le faire paraître moins qu’ordinaire en d’autres domaines qui ne l’intéressaient pas. Il n’y avait qu’un pas à faire pour le caricaturer ainsi en niais hors de la musique, sauf que ce n’est que caricature, soit une déformation de la réalité, ce qui ne veut pas dire que tout est faux. Question de contexte aussi! (12)

 

La rumeur utilise d’ailleurs ce même procédé pour pénétrer notre esprit, sauf que dans le cas de la rumeur elle se déguise en vérité et se présente sous l’aspect de confidences, ce qui est plus insidieux, car la rumeur est une fiction qui se fait passer pour vraie. Adjointe à de mauvaises intentions, ça peut devenir une arme si on sait bien l’utiliser contre un opposant ou un concurrent, que ce soit un individu, une entreprise, une organisation ou même un gouvernement. On pourrait faire pendre quelqu’un ou déclencher une révolution sur la base de rumeurs bien aiguillées! Avec la manipulation, la rumeur constitue une paire de joker à qui sait en jouer. Mais, mal utilisé, elle peut aussi détruire son auteur, surtout s’il laisse des traces. Puis, hors de contrôle, elle peut faire plus de tort que de biens même à ceux qui l’ont fomenté, car si on peut lancer une rumeur, il est difficile de l’arrêter. Une fois partie, elle n’appartient plus à ses auteurs et peut donc s’estomper sans trop de  dommages ou prendre des proportions qui les dépassent et même se retourner contre eux. Politiquement, c’est donc une arme terrible, mais probablement utilisée avec parcimonie vu les risques qu’elle se retourne même vers ceux qui l’auront partie. Cela est sans compter que des journalistes ne puissent remonter à la source de la rumeur, ce qui peut être un coup fatal à ses auteurs.

 

Si Salieri a empoisonné Mozart, je vous le répète, c’est au sens figuré, car il lui a peut être empoisonné la vie, mais pas l’homme. Il l’admirait trop pour cela malgré sa jalousie. Mais, la rumeur en a fait son assassin. Pour cela, cette pièce en dit beaucoup plus sur les rapports entre les Hommes qu’il n’y parait au premier regard. On est donc dans une pièce psychosociologique. Rien de moins, même si elle est jouée sous couvert d’humour! Un « cover up » bien réussit.  

 

A souligner que dans la pièce on en a contre la création du « Mariage de Figaro » par Mozart, que l’on trouve trop dansant et injurieux pour le Pouvoir du Prince. Et bien, ce mariage a bien eu lieu en février dernier au TNM pour la pièce de Beaumarchais. (13) Quant à Mozart, il sera sur la scène de l’opéra de Montréal en novembre prochain avec la flute enchantée! Et Salieri n’y sera pas, car c’est Mozart qui a le mieux traversé le temps. Mais, le fantôme de Salieri pourra toujours être dans les coulisses de l’opéra de Montréal pour ce Mozart enchanté!  

 

Notes :

 

1. « La cause de la mort de Mozart a été établie, sur le fait, à une « fièvre militaire », un diagnostic vague. Les recherches suggèrent que la cause serait la « fièvre rhumatismale » laquelle aurait été empirée par l’action de ses docteurs qui ont prescrit une saignée, une procédure commune et souvent fatale. En d’autres termes, ni la pauvreté ni l’abandon ni le poison ne sont responsables de la mort de Mozart mais plutôt un décret aléatoire des mêmes dieux qui l’avaient si merveilleusement façonné. » http://www.uquebec.ca/musique/catal/mozart/mozwabio.html

 

Sur un autre site consacré à Mozart on peut lire : « Les diagnostics modernes parlent d’une fièvre rhumatismale récurrente ainsi que d’une insuffisance rénale importante. » (http://www.wa-mozart.net/finvie.htm)

 

Et sur Wiki : « The most widely accepted version, however, is that he died of acute rheumatic fever; he is known to have had three or even four attacks of it since his childhood, and this disease has a tendency to recur, with increasingly serious consequences each time, such as rampant infection and damage to the heart valves. » (http://en.wikipedia.org/wiki/Wolfgang_Amadeus_Mozart#Final_illness_and_death)

 

Les renvoi à cette maladie sont: http://en.wikipedia.org/wiki/Rheumatic_fever http://fr.wikipedia.org/wiki/Rhumatisme_articulaire_aigu 

 

Pour la rumeur de l’empoisonnement au plomb de Mozart, voir la note 5 plus bas.

 

2. La citation complète :

 

« Il y eut aussi un service commémoratif à Vienne, et Antonio Salieri en dirigeait la musique. Pour plusieurs années, une rumeur voulait qu’il ait empoisonné Mozart. Quoique Salieri ait possiblement fait obstruction à la carrière de Mozart ici et là, cette rumeur est sans fondement et elle n’a eu aucun effet sur la réputation de Salieri. En effet, un peu avant la mort de Mozart, Salieri a assisté à une représentation de La Flûte enchantée assis au côté du compositeur et il a applaudi chaque numéro. Salieri devint un pédagogue vénéré qui a enseigné entre autres à Beethoven, Schubert, et Liszt ainsi qu’au fils de Mozart, Karl qui devint un compositeur mineur mais respecté. Le librettiste Lorenzo Da Ponte vint en États-Unis où il a enseigné l’italien à l’université Columbia et dirigea une épicerie, avec une petite opération de contrebande d’alcool en arrière plan. Quant à Constanze, elle devint la veuve professionnelle du compositeur. Elle épousa un diplomate danois dont la pierre tombale se lit comme suit : « Ici repose le second époux de la veuve de Mozart » ». (www.uquebec.ca/musique/catal/mozart/mozwabio.html)

 

3. www.uquebec.ca/musique/catal/mozart/mozwabio.html

 

4. « Michel Dumont considère captivant le parcours que suit Salieri : « De l’envie et de la jalousie dirigée vers Mozart, il entre dans un conflit avec Dieu et enfin avec lui-même. Salieri voit le talent de Mozart comme une trahison de Dieu. Lui qui considère avoir tout donné à l’Être suprême se considère méritant du talent. Pour lui, le génie de

Mozart représente un échec, une insulte de la part de Dieu. Son cheminement vise donc en quelque sorte à se venger de Dieu et à détruire l’instrument divin. »  qu’est Mozart naturellement!

(http://duceppe.com/Documents/Cyberprog/Cyberprogramme_amadeus.pdf, p. 11)

 

5. De plus, la médecine étant de beaucoup moins avancé qu’aujourd’hui, il n’y a pas eu de diagnostic clair, ce qui a laissé la porte ouverte aux suppositions scientifiques, mais aussi aux rumeurs les plus farfelues. Et comme il n’y a pas eu d’autopsie pour affirmer une vérité hors de tous doutes, quel beau terreau pour perpétuer rumeurs, mythes et mystères! On entend encore dire qu’il serait mort d’un empoisonnement au plomb par exemple. Pourtant, rien de cela sur l’internet, sauf pour Beethoven :

 

«     Si le crâne de Mozart garde précieusement ses secrets, celui de Ludwig Van Beethoven a été beaucoup plus éloquent. Non seulement a-t-il été authentifié par des tests d'ADN, mais des examens aux rayons X, effectués par un laboratoire du département américain de l'Énergie, ont révélé la cause du décès du compositeur allemand: un empoisonnement au plomb. » (Charles-Philippe Giroux, Requiem pour un crâne, sur cybersciences.com/)

Le lien complet :

 www.cybersciences.com/cyber/fr/actualites/etre_humain_et_societe/requiem_pour_un_crane.html

 

Cet article de Charles-Philippe Giroux souligne aussi que « Le crâne qui est attribué à Mozart depuis plus d’un siècle n’est peut-être pas celui du compositeur autrichien » suite  à des tests de l'Institut de médecine légale d'Innsbruck (Autriche) et du Laboratoire d'identification de l'ADN de l’armée américaine de Rockville au Maryland. « Les deux organisations ont comparé l’ADN du crâne à celui de fragments osseux prélevés dans le caveau familial des Mozart, au cimetière Saint-Sébastien de Salzbourg » pour en arriver à cette conclusion.

 

6. Je ne peux penser ici qu’à l’excellent livre d’Edgar Morin, La rumeur d'Orléans, sur les rumeurs justement ! (1969, France: Seuil)

 

7. Les protocoles furent constitués sur la base du « Dialogue aux enfers entre Machiavel et Montesquieu » de Maurice Joly par un faussaire antisémite russe, aussi informateur de la police politique tsariste, Mathieu Golovinski dans le but de faire croire qu’un conseil de sages juifs avaient mis au point un programme pour anéantir la chrétienté et de dominer le monde. Rien de moins !

Voir : http://fr.wikipedia.org/wiki/Protocoles_des_Sages_de_Sion

 

 

8. « La rivalité entre ces deux hommes a fait couler beaucoup d’encre au fil du temps. Toutefois, une rumeur persiste : Salieri aurait-il assassiné Mozart? Bien que la question soit dénuée de preuves réelles, on se plaît à y croire un peu. Est-ce parce que Beethoven, élève de Salieri, semblait abonder dans le sens de ce commérage? Ou plutôt parce qu’après la mort de Mozart, Salieri, peut-être rongé par la culpabilité, s’affaira avec fougue et passion à faire découvrir et reconnaître l’œuvre du jeune prodige? L’écrivain Pouchkine en a même rédigé un drame en 1830 dans lequel il est explicitement question de meurtre. D’un suspense prenant, cette rumeur ne sera jamais confirmée : la dépouille de Mozart, inhumée à Saint-Marx en banlieue de Vienne, restera à jamais silencieuse. Telle une véritable légende urbaine d’antan, la relation conflictuelle entre Mozart et Salieri est une matière riche, éternelle et dont s’est librement servi Shaffer pour écrire Amadeus. »

(http://duceppe.com/Documents/Cyberprog/Cyberprogramme_amadeus.pdf)

 

9. Sur Alexandre Pouchkine, voir :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Alexandre_Pouchkine

SurRimski-Korsakov, voir :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Rimski-Korsakov

 

10. Voir :

 

http://fr.wikipedia.org/wiki/Peter_Shaffer

http://fr.wikipedia.org/wiki/Milos_Forman

http://fr.wikipedia.org/wiki/Amadeus_(film)

 

11. Rumeur là aussi :

 

« Au cours de la dernière année de sa vie, alors que la légende veut que Mozart était sur le point de mourir de faim, il a probablement connu sa meilleure année, au plan financier, alors qu’il a eu des revenus équivalents à 100,000$. »

 

Mais, plus loin, cette explication :

 

« Évidemment, ils n’étaient pas réellement riches et ne le seront jamais même s’il obtenait les meilleurs cachets alors payés aux artistes. Il pouvait obtenir l’équivalent de 6 000$ pour une soirée de concert soit autant que certains officiers de la cour recevaient pour une année entière. Il avait les revenus imprévisibles d’un pigiste, vulnérables aux lois économiques, aux goûts du public viennois, et au sabotage de ses ennemis. »

(www.uquebec.ca/musique/catal/mozart/mozwabio.html)

 

12. « À l’été de 1763, Leopold et ses enfants partirent en tournée qui allait durer trois ans et qui les mena dans toutes les cours et les salles de concert à travers l’Europe et Londres. À partir de ce moment et jusqu’à l’âge de quinze ans, Wolfgang passa la moitié de son temps en tournée. (…)

 

En d’autres mots, il était un enfant-spectacle et sa vie familiale était celle d’un cirque ambulant. (…) En de telles circonstances, Wolfgang a grandi comme tout enfant de cirque de toutes les époques, avec une compréhension peu solide du sens pratique des choses. » (http://www.uquebec.ca/musique/catal/mozart/mozwabio.html)

 

Puis, Wolfgang maria Constanze en août 1782 sans la bénédiction de son père. De cette union, la biographie de Mozart nous apprend que « Constanze, alors âgée de vingt ans, n’était pas la partenaire intellectuelle ni l’âme sœur mais il semble que ce n’était pas ce que le mari recherchait. Mozart voulait une compagne de jeu enthousiaste et une partenaire sexuelle et c’était ce que la pétillante et coquette Constanze semblait être. Quant au mari, il était un homme-enfant qui pouvait tantôt improviser sublimement dans un élégant salon tantôt enjamber les meubles et miauler comme un chat. » (Ibid.)

 

13. Nous avons parlé de cette pièce dans Societas Criticus, Vol. 11 no. 1, du 15 décembre 2008 au 7 février 2009.

 

Hyperliens :

 

http://fr.wikipedia.org/wiki/Antonio_Salieri

http://fr.wikipedia.org/wiki/Mozart

http://en.wikipedia.org/wiki/Wolfgang_Amadeus_Mozart

http://www.wa-mozart.net/finvie.htm

 

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Anges et démons

www.angelsanddemons.com

Sortie : 15 mai

 

Réalisé par Ron Howard

Akiva Goldsman signe le scénario adapté du roman de Brown.

 

Tom Hanks incarnera de nouveau Robert Langdon et Bernard Fortin lui prêtera sa voix. 

 

La distribution comprend également Ayelet Zurer, doublée au Québec par Marina Orsini.

 

L'équipe à l'origine du phénomène mondial Le Code Da Vinci revient à la charge avec le très attendu Anges & démons, long métrage basé sur le populaire roman de Dan Brown. Tom Hanks reprend son rôle de l'expert en signes religieux Robert Langdon. Une fois de plus, ce dernier constate que les forces et les racines antiques n'arrêteront sous aucun prétexte, pas même le meurtre, pour parvenir à leurs fins. Ron Howard réalise à nouveau le film qu'il produit en compagnie de Brian Grazer et John Calley. Le scénario a été rédigé par Akiva Goldsman et David Koepp.

 

Quand Robert Langdon découvre la preuve que l'ancienne et secrète confrérie Illuminati -- la plus puissante organisation clandestine de l'histoire -- revient à la charge, il est aussi confronté à la menace mortelle qui plane au-dessus de l'Église catholique, l'ennemi juré de l'organisation. Lorsque Langdon apprend que le temps est compté avant qu'une bombe posée par les gens de l'Illuminati n'explose, il s'envole à toute vitesse pour Rome où il joint ses forces à celles de Vittoria Vetra, une superbe et énigmatique scientifique italienne. Au coeur d'une chasse sans temps mort qui les mèneront dans des cryptes scellées, de dangereuses catacombes, des cathédrales désertées et même au centre de la plus secrète voûte de la terre, Langdon et Vetra suivront la trace laissée par des anciens symboles datant d'il y a 400 ans, des symboles qui représenteront le seul espoir de survie du Vatican.

 

Commentaires de Michel Handfield (19 mai 2009)

 

Dès les premières minutes on passe du Vatican à l’accélérateur de particules du CERN en Suisse (1), qui a même fait un site relié au film soit dit en passant! (2) C’est dire la force d’attraction de cette sortie puisqu’un organisme comme  le Conseil Européen pour la  Recherche Nucléaire, le plus grand laboratoire de physique des particules du monde, en profite pour éduquer sur un sujet aussi complexe que l’antimatière! C’est là une retombée forte intéressante de ce film.

 

Mais, la science pure n’est qu’une partie de cette construction, car pour dénouer l’énigme il faudra un historien, Robert Langdon, pour en saisir tous les fils et remonter l’histoire, car nous sommes dans un thriller qui mélange très bien science, histoire, politique, religion et philosophie dirais-je.

 

Depuis qu’ils pensent, les Hommes tentent de comprendre l’univers et sa création, mais aussi d’où ils viennent. Avec les avancées modernes, on risque de trouver l’adresse de Dieu. Mais, s’il n’y avait pas d’occupant? Alors, avant d’en arriver là, des forces occultes veulent empêcher la science d’aller plus loin. Question de pouvoir avant de savoirs, car, si Dieu il y a, qui dit qu’il est ce que l’ont croit? S’il n’était qu’énergie sans domicile fixe? Ou toute autre chose que ce que l’on dit dans les religions qui affirment qu’il leur a parlé en personne ou à travers des prophètes? C’est donc une course contre la montre entre fidèles et infidèles pour des raisons de pouvoirs sur les masses! Pouvoir par Dieu ou pouvoir par un gouvernement mondial d’illuminés (3) exerçant sa morale à la place d’un Dieu que l’on n’aurait pas trouvé par exemple!  Anges et démons pour bloquer ces avancées scientifiques qui les menacent! A moins que ce ne soit l’œuvre d’un manipulateur qui serait à la fois ange et démon comme les deux facettes d’une même personne…  De quoi brouiller bien des pistes et avoir du plaisir même si certains fins observateurs verront quelques anicroches dans des détails. Mais, cela n’a rien enlevé au suspens pour moi. Cependant, je me dois de souligner que je n’ai pas lu les romans, ni vu le Code Da Vinci. Ceci ne m’a pas empêché d’apprécier ce film non plus. Qu’en sera-t-il pour les adeptes du roman? Ça, je ne peux le dire.

 

Finalement, que le Vatican devienne un champ de bataille entre des tendances fondamentalistes, réformatrices et scientistes est fort intéressant si l’on considère les débats sur la place des religions dans le monde moderne. Cependant, hormis le film, je crois que sans ouverture des religions sur la science tous y perdront de toutes manières. Bref, un film qui peut faire réfléchir, même si c’est d’abord une fiction dans laquelle j’ai embarqué. 

  

Notes :

 

1. http://public.web.cern.ch/public/Welcome-fr.html

 

2. http://angelsanddemons.cern.ch/fr

 

3. Les Illuminatis, genre de trilatérale historique si je puis dire!

 

 

Pour des détails, quelques hyperliens avec la coopération de Luc Chaput :

 

http://www.cinemovies.fr/fiche_info-12800-prod.html#856

 

www.danbrown.com/secrets/angels_demons/plane.html

 

Steve Connor, Explosive material: Can Angels & Demons make particle physics sexy?, in The independent, Thursday, 7 May 2009: www.independent.co.uk/arts-entertainment/films/features/explosive-material-can-angels--demons-make-particle-physics-sexy-1680311.html

 

Illuminati : http://en.wikipedia.org/wiki/Illuminati

 

Franc-maçonnerie: http://fr.wikipedia.org/wiki/Franc-maçonnerie

 

Illuminati selon les théories du complot : http://fr.wikipedia.org/wiki/Illuminati_selon_les_théories_du_complot

 

Illuminés de Bavière : http://fr.wikipedia.org/wiki/Illuminati_de_Bavière

 

“Angels & Demons” - Separating Fact From Fiction by Matt McDaniel.May 18, 2009:

http://movies.yahoo.com/feature/smg-angels-demons-fact-fiction.html

 

Une recherche Google vous fera trouver plein de choses. Mais, à prendre avec des pincettes, car on circule entre information et fabulation parfois dans un tel sujet.

 

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Mes Vues d'Afrique

 

        D’abord, un topo des films que j’ai vu. Ensuite, une conclusion à lire en cette période de crise du capitalisme, car l’Afrique aurait tant à faire et  à nous apprendre si elle le voulait.

 

Michel Handfield (20 mai 2009)

 

Ça ment pas (saison 1 - Gohou Show)

2007, 90', SÉRIE TÉLÉ de 22 épisodes de 7', VIDÉO, FRANÇAIS, INT. : RONA HARTNER, JEAN-LUC ABEL, GABRIEL IONASCU

Origine : Côte-d'Ivoire

Réalisateur : Sankara, Moussa et Sankara, Mamadou

 

Toute la série se déroule dans un salon de coiffure chic du quartier d’affaires d’Abidjan. Il est luxueux et est géré par GOHOU. Ces personnages sont récurrents et toutes les histoires des épisodes doivent s’articuler autour d’eux. La série montre un autre visage de l’Afrique, gaie et joyeuse.

 

Commentaires de Michel Handfield

 

Différentes histoires qui se déroulent dans un salon de coiffure avec des coiffeuses sexy et un patron un peu croche sur les bords. Des combines qui se terminent toujours sur le ton de l’humour! On joue ici  sur les préjugés avec humour. Une écriture digne d’un Deschamps africain!  Au lieu de traduire des soaps états-uniens, on pourrait passer celui-ci en version intégrale, car il est déjà en français! 

 

Ceux de la colline

2008, 72’, 35MM, MOORÉ, ANGLAIS, DIOULA, HAOUSSA, PEUL, GOURMANTCHÉ, FRANÇAIS, SOUS-TITRES FRANÇAIS

Origine : Burkina Faso-France-Suisse

Réalisateur : Goldblat, Berni

 

Autour d’une mine d’or improvisée sur la colline de Diosso au Burkina Faso vivent des milliers de personnes. Orpailleurs, dynamiteurs, marchands, prostituées, enfants, guérisseurs, coiffeurs et marabouts composent cette ville éphémère. Ces hommes et ces femmes ont tout abandonné dans le même but de faire fortune. Malgré les dangers et les désillusions, la ruée vers l’or se poursuit inlassablement.

 

Né en 1970 à Stockholm, Berni Goldblat est de nationalité suisse. Il réalise et produit des films depuis 1999, principalement en Afrique de l’Ouest. Il a réalisé entre autres Mokili (2006) une fiction long métrage nominée quatre fois et qui a reçu le Prix du meilleur montage aux Africa Movie Academy Awards (AMAA), Nigeria, 2007. En documentaire, on lui doit de nombreux moyens métrages présentés dans divers festivals internationaux dont Des maux d’amour (2006) et La Guerre des sexes (2005).

 

Commentaires de Michel Handfield

 

L’or, synonyme de richesse. Dans ce pays où les gens manquent de l’essentiel, sinon de tout, plusieurs sont prêts à tout pour trouver de l’or. On est donc à sa recherche avec des moyens de fortune sur une colline. Une colonie de chercheurs d’or avec son lot d’exploitants autour d’eux, car qui dit or dit argent et qui dit argent dit commerce. Les biens et services sont donc surévalués, ce qui fait qu’au bout du compte ces chercheurs d’or seront rarement plus riches, surtout que l’on ne trouve que des pépites, rarement des filons! Comme on est seul, parfois découragé, car on trouve plus de terre et de boue que d’or, quand on trouve une pépite, on fête fort : jeu, boisson femmes…

 

Quelles sont donc les chances d’attraper une maladie sexuelle ou le SIDA avec toute cette promiscuité? J’imagine qu’elles sont assez élevées même si le film n’en parle pas. Probablement plus élevé que les chances de s’enrichir. Mais, encore plus triste est le fait qu’il n’y a pas de lois; pas de règles; et pas de sécurité au travail. Les dynamiteurs  vont donc se réunir, car il y a trop d’accidents. Puis, une fois blessé, il faut survivre, mais, dans cette jungle, un homme vaut moins qu’une poule! Il y aurait donc place au syndicalisme! Petite question de ma part, donc :

 

Peut-on exporter des syndicats en même temps qu’on leur envoie certaines de nos entreprises pour les exploiter? Cela devrait faire partie du deal : un patron, un syndicaliste! 

 

Mais, écouteraient-ils ou l’appât du gain l’emporterait sur des considérations de justice? Né ici, « nous sommes des refusants parce qu’on fait ce qui nous plaît, pas ce qu’on nous demande. » On ne peut donc faire confiance à personne : « A part femmes et commerçants du marché tout le monde est voleur » dira un autre protagoniste du film. Moi, je ne gagerais pas là-dessus.

 

Quand les trous deviennent trop profonds et  se remplissent d’eau, ils quittent pour une autre colline et recommencent leur manège. Une colonie de fourmis voyageuses. 

 

Note :

 

1. Je parle de promiscuité, mais j’aurai pu parler de prostitution diront certains. Sauf que, comme Sari l’a si bien dit, c’est de pauvreté qu’il s’agit. « S’ils aiment mon fruit, ils peuvent l’acheter et repartir après la nuit. On parle de prostitution, mais c’est de pauvreté qu’il s’agit » dit-elle dans sa sagesse de femme qui en a vu d’autres!

 

L'Absence

Réalisateur : Keïta, Mama

2008, 81’, 35MM, FRANÇAIS, INT. : WILLIAM NADYLAM, IBRAHIMA MBAYE, MAME NDOUMBÉ DIOP

Prix du meilleur scénario, Fespaco 2009

 

Après de brillantes études effectuées en France et une absence d’une quinzaine d’années, Adama, polytechnicien de formation, revient dans son pays natal, le Sénégal. La joie de sa soeur Aïcha et de sa grand-mère est indicible. Ce jour béni, elles l’ont tant attendu. Au cours du repas concocté en son honneur, Adama annonce son installation définitive en France. Aïcha et sa grand-mère sont effondrées. Chaque année, des milliers d’étudiants issus du tiers-monde, détenteurs de bourses d’état ou financés par leur famille, vont poursuivre leurs études en Occident. Cette fuite des cerveaux est une saignée continue qui prive ces jeunes nations d’une substance vitale, les condamnant à végéter. Un investissement en pure perte.

 

Né à Dakar en 1956 ce réalisateur vietnamo-guinéen, possède la double nationalité franco-guinéenne. Après des études de droit à l'Université de Paris-I, il devient scénariste. En 1998, il réalise le documentaire David Achkar, une étoile filante, un hommage à son ami réalisateur. En 1998, David Achkar qui s'apprêtait à tourner Le Fleuve, meurt d'une leucémie. Il fait promettre à son ami, Mama Keïta de faire ce film à sa place. Le cinéaste qui ne connaît pas l'Afrique de l'intérieur entame alors un voyage initiatique de Dakar à Conakry. Le Fleuve (2002) reçoit le Prix de la Presse au Festival du film de Paris en 2003. En 2006, il signe Le Sourire du Serpent, en compétition au FESPACO 2007 et au PanAfrica de Montréal en 2008.

 

Commentaires de Michel Handfield

 

Adama, de retour chez sa mère pour un court séjour,  constate que la vie a bien changé depuis qu’il est parti il y a une quinzaine d’années. Il ne connaît plus sa sœur, muette, et on sent le malaise entre eux. Je me demandais qu’est-ce que cela cachait? Qu’avait-il fuit? Puis, peu à peu on le découvrira. Mais, en le suivant, on découvrira aussi cette Afrique dans laquelle il est arrivé, car il y a un écart entre le monde qu’il a quitté et celui qu’il retrouve, que ce soit le Sénégal ou sa sœur. C’est une autre Afrique, où la criminalité et la corruption semblent avoir pris plus de place qu’avant.

 

Les champs où il jouait petit avec un de ses amis sont devenu un quartier huppé. Le quartier des mafias en tous genres : politique et économique; dans le « légal » et l’illégal! En même temps qu’on suce les ressources de l’Afrique au profit de quelques uns, d’autres vivent dans la rue!

 

Pays d’inégalités sans système de redistribution sociale, il y aurait pourtant tant à faire, ce qui nous conduit à un autre problème africain : celui de la fuite des cerveaux. Quand il va visiter son ancien prof, celui-ci lui parle  de ce besoin de voir les jeunes qu’ils ont soutenus, notamment en les envoyant étudier en occident, revenir pour reconstruire cette Afrique qui en aurait bien besoin. « Vous devez être conscient que la collectivité à payé pour vous » lui dira ce vieux prof en substance. Mais, s’il a en partie raison, Adama aura aussi raison de  lui répondre que « l’Afrique a aussi des diplômés au chômage » comme si elle était incapable d’utiliser ses ressources. Alors, vaut mieux être ailleurs et envoyer de l’argent qu’être sous utilisé ou, pire, de ne rien faire ici! Deux points de vue irréconciliables pour l’instant.