Commentaires Ciné, Arts & Culture!
D.I. où la culture nous émeut!

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- Création de l’Association québécoise des cinémas d’art et d’essai
D.I. a Vu! (Ciné, Théâtre, Expositions et quelques annonces d’événements)
- Festival international de cinéma Vues d'Afrique et Festivalissimo (avec Index)
Documents à ne pas taire! (Notre section documentaire)
7 novembre 2009
Dans les commentaires cinés, de théâtres ou de spectacles, les citations sont rarement exactes, car même si l’on prend des notes il est rare de pouvoir tout noter exactement. C’est généralement l’essence de ce qui est dit qui est retenue, pas le mot à mot.
On ne fait pas dans la critique, mais dans le commentaire, car, par ma formation de sociologue, le film est un matériel et nourrit une réflexion qui peut le dépasser. Certains accrocheront sur les décors, les plans de caméra, le jeu des acteurs ou la mise en scène, ce qui m’atteint moins. Moi, j’accroche sur les problématiques qu’il montre et les questions qu’il soulève. Le film est un matériel sociologique; un révélateur social, psychosocial, socioéconomique ou sociopolitique. C’est ainsi que pour de très bons films selon la critique, je peux ne faire qu’un court texte alors que sur des films décriés en cœur, je peux faire de très longues analyses, car le film me fournit davantage de matériel. Je n’ai pas la même grille, le même angle, d’analyse qu’un cinéphile. Je prends d’ailleurs des notes durant les projections de presse que je ne peux renier par la suite, même si je discute avec des confrères qui ne l’ont pas apprécié de la même manière que moi, Je peux par contre comprendre leur angle. J’encourage donc le lecteur à lire plusieurs points de vue pour se faire une idée plus juste.
Peut être suis-je bon public aussi diront certains, mais c’est parce que je prends le film qu’on me donne et non celui que j’aurais fait, car je ne fais pas de cinéma, mais de l’analyse sociale! (Je me demande parfois ce que cela donnerait avec une caméra cependant.) Faut dire que je choisis aussi les films que je vais voir sur la base du résumé et des « previews », ce qui fait que si je ne saute pas au plafond à toutes les occasions, je suis rarement déçu. Lorsque je ne suis pas le public cible, je l’écris tout simplement. Si je n’ai rien à dire ou que je n’ai pas aimé, je passerai mon tour, car pourquoi je priverais le lecteur de voir un film qui lui tente. Il pourrait être dans de meilleures dispositions pour le recevoir que moi. Alors, qui suis-je pour lui dire de ne pas le voir? Une critique, ce n’est qu’une opinion après tout. Une indication qu’il faut savoir lire, mais jamais au grand jamais une prescription à suivre à la lettre. C’est d’ailleurs pour cela que je fais du commentaire et non de la critique.
Michel Handfield, d’abord et avant tout sociologue.
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2012
De Sony Pictures :
1/20/12 UNDERWORLD AWAKENING (3D)
2/10/12 THE VOW
2/17/12 GHOST RIDER (3D) SPIRIT OF VENGEANCE
3/9/12 THINK LIKE A MAN
3/16/12 21 JUMP STREET
3/30/12 THE PIRATES! BAND OF MISFITS (3D)
5/25/12 MIB 3 (3D)
6/15/12 I HATE YOU DAD
7/3/12 (TUE) THE AMAZING SPIDER-MAN (3D)
8/3/12 TOTAL RECALL
8/10/12 SPARKLE
8/24/12 PREMIUM RUSH
9/21/12 HOTEL TRANSYLVANIA (3D)
10/12/12 HERE COMES THE BOOM
11/9/12 SKYFALL
12/14/12 GREAT HOPE SPRINGS
Les dates peuvent changer – Dates are subject to changes
CHEZ MÉTROPOLE FILMS
ROMÉO ONZE – sortie le 9 mars 2012:
Un film d’Ivan Grbovic, produit par Paul Barbeau pour Reprise Films. Avec Ali Ammar (Rami), Joseph Bou Nassar (Ziad) Sanda Bourenane (Sabine) Éléonore Millier (Dounia), May Hilal (Samira) Caline Habib (Nada), Ziad Ghanem (Bassam)
Roméo Onze est le portrait intime d’un jeune homme timide cherchant l’amour aux mauvais endroits. Une traînée de mensonges le rattrape avant de nous amener à une conclusion surprenante et touchante.
REBELLE – sortie avril/mai 2012:
Un film écrit et réalisé par Kim Nguyen. Produit par Marie-Claude Poulin et Pierre Even pour Item 7. Avec les acteurs congolais Rachel Mwanza (Komora) et Serge Kanyinda (magicien) ainsi que les québécois Alain Bastien (commandant rebelle), Ralph Prosper (le boucher) et Mizinga Mwinga (grand tigre royal).
Komona, une adolescente de 14 ans, raconte à l'enfant qui grandit dans son ventre l'histoire de sa vie depuis qu'elle fait la guerre: tout a commencé à 12 ans, lorsqu'elle a été enlevée. Depuis deux ans, elle se bat avec une kalachnikov, entraînée de force dans l'armée des guerriers rebelles. Le seul qui l'aide et l'écoute est Le Magicien, un garçon de 15 ans qui veut l'épouser. Au fil des mois passés ensemble, Konoma et Le Magicien tombent amoureux l'un de l'autre.
Alors qu'ils croient être libérés de l'emprise de la guerre, le destin en décide autrement et Konoma devra, pour survivre, retourner sur ses traces et réparer les erreurs du passé.
Une fable se déroulant en Afrique subsaharienne du 21e siècle, une histoire d'amour entre deux jeunes âmes prises au milieu d'un monde de violence, de beauté et de magie.
AVANT QUE MON CŒUR BASCULE – sortie automne 2012 :
Un film de Sébastien Rose, produit par Paul Barbeau pour Reprise Films. Mettant en vedette Sophie Lorain (Françoise), Alexis Martin (Marc), Sébastien Ricard (Ji-Guy), Étienne Laforge (Louis) et Clémence Duchesne-Deslières (Sarah):
Sarah feint d'être en détresse en bordure d'une autoroute pour voler ceux qui lui viennent en aide. Sous les yeux de l'adolescente, un homme meurt. Sa vie ne sera plus jamais la même.
Au contact la femme de l’homme dont elle croit avoir provoqué la mort, Sarah va développer une conscience. Avant que mon cœur bascule est l’histoire de cet éveil. Celui de Sarah, solitude endurcie, qui s’ouvre progressivement à l’autre et découvre la solidarité. Moment parfois très bref – où une vie bascule, où une conscience naît ou meurt. Mais n'est-il pas trop tard pour Sarah? Toute faute est-elle pardonnable?
Métropole Films présentera aussi le meilleur du cinéma étranger cette année, avec plusieurs films très attendus, dont :
UNE SÉPARATION, d’Asghar Farhadi, lauréat de l’Ours d’or du Meilleur film et de l’Ours d’argent de la Meilleure interprétation masculine et féminine au dernier Festival du film du Berlin. À L’AFFICHE LE 24 FÉVRIER
IN DARKNESS (Sous terre), d’Agnieszka Holland, un film touchant sur l’histoire d’un polonais qui passe de voleur à héros durant la deuxième guerre mondiale. À L’AFFICHE LE 17 FÉVRIER
UNE VIE DE CHAT, d’Alain Gagnol et Jean-Loup Felioli, un formidable film d’animation juste à temps pour la semaine de relâche. À L’AFFICHE LE 2 MARS
THE LADY (La Dame), de Luc Besson, sur la vie d’Aung Sang Suu Kyi, femme politique et militante birmane devenue l’un des symboles contemporains de la lutte pour la démocratie. À L’AFFICHE LE 27 AVRIL
LA SOURCE DES FEMMES, de Radu Mihailenu, présenté en Compétition à Cannes. Une comédie dramatique lumineuse pour le très humaniste réalisateur de Le Concert. À L’AFFICHE AU PRINTEMPS
ET MAINTENANT ON VA OÙ ?, de Nadine Labaki. Gagnant de la mention spéciale du Jury œcuménique et du prix François Chalais du Festival de Cannes, il s’agit du deuxième long métrage de la réalisatrice libanaise après Caramel. À L’AFFICHE LE 18 MAI
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2012
Docville
Les Rencontres internationales du documentaire de Montréal (RIDM) sont heureuses de lancer en janvier 2012 un nouveau cycle de projections mensuelles intitulé Docville. Chaque dernier jeudi du mois, les cinéphiles pourront découvrir en première montréalaise des documentaires de qualité ayant récemment connu un grand succès dans des festivals de renom.
Les projections Docville auront lieu les 26 janvier, 23 février, 29 mars, 26 avril, 31 mai, 28 juin, 30 août et 27 septembre à 19h au Cinéma Excentris. Des ciné-cartes pour l’ensemble des 8 représentations sont en vente dès maintenant au coût de 50$ sur le site des RIDM. Les billets pour la première projection et les ciné-cartes sont également en vente dès le 6 janvier au Cinéma Excentris. Prix régulier d’une séance individuelle : 11$, prix étudiant et âge d’or : 8,50$.
6 janvier
CARNAGE, de Roman Polanski
13 janvier
“BEAUTY AND THE BEAST” (In Disney digital 3D)
“ LA BELLE ET LA BÊTE” (En Disney digital 3D)
« A DANGEROUS METHOD » de DAVID CRONENBERG
THE IRON LADY / LA DAME DE FER
Du 18 au 22 janvier 2012
Journalistes et documentaristes à la Cinémathèque québécoise.
L’ensemble de la programmation est accessible depuis le www.cinematheque.qc.ca
20 janvier
INTO THE ABYSS
L'OR DES AUTRES
HAYWIRE / PIÉGÉE
CORIOLANUS
27 janvier
LA PEUR DE L’EAU
PRÉSUMÉ COUPABLE DE VINCENT GARENQ
L’art d’aimer d’Emmanuel Mouret
MAN ON A LEDGE (LE TEMPS D’UN VOL) d'ASGER LETH
« ONE FOR THE MONEY » (LA PRIME) de Julie Anne Robinson
IN THE LAND OF BLOOD AND HONEY
« THE GREY »
3 février
« ALBERT NOBBS » DE RODRIGO GARCÍA
Épopée – L’état du moment un docu-fiction de Rodrigue Jean
LA FILLE DU PUISATIER Un film de Daniel Auteuil
« LA BALLADE DE L’IMPOSSIBLE » (NORWEGIAN WOOD) DE TRAN ANH HUNG
THE WOMAN IN BLACK / LA DAME EN NOIR
10 février
« IMPARDONNABLES » D’ANDRÉ TÉCHINÉ
LES RÉVOLTÉS DE L’ÎLE DU DIABLE
Le fils à Jo de Philippe Guillard
We Need To Talk About Kevin
LE VOEU
15 février
17 février
«IN DARKNESS» (SOUS TERRE) DE AGNIESZKA HOLLAND
RAMPART
MESNAK d’Yves Sioui Durand
« W.E. » DE MADONNA
“THE SECRET WORLD OF ARRIETTY”
« 17 FILLES » de Delphine et Muriel Coulin
24 février
GOON : DUR À CUIRE
UN MONSTRE À PARIS
1er mars
Festival du Film Amérasia, du 1er au 4 et du 9 au 11 mars 2012
www.amerasiafestival.com/2012/en/
2 mars
Les États-Unis d’Afrique, de Yanick Létourneau
8 mars 2013
“OZ THE GREAT AND POWERFUL” (Walt Disney Pictures)
3 au 11 mars 2012
La 15e édition du Festival International du film pour enfants de Montréal (FIFEM)
15 mars
La 30e édition du FIFA se tiendra du 15 au 25 mars 2012.
16 mars
L’EMPIRE BOSSÉ
Avril
DÉRAPAGES
11 juillet
OMERTÀ
23 aout
Le 36e FFM se tiendra du 23 août au 3 septembre 2012
7 au 18 novembre 2012
15e édition des RIDM: www.ridm.qc.ca
A venir en 2012
LAURENCE ANYWAYS
ÉSIMÉSAC
L’AFFAIRE DUMONT
MARS ET AVRIL
INTOUCHABLES
POULET AUX PRUNES
LA NOUVELLE GUERRE DES BOUTONS
FORCES SPÉCIALES
LES INFIDÈLES
ON THE ROAD
(Vu des conflits de codes et de versions, nous avons remplacé les communiqués réguliers de certaines salles par des hyperliens, car nous avons dû refaire toute cette page récemment dû à un bug d’hyperliens!)
lecinema.ca: www.lecinema.ca/
Média Films: http://mediafilm.ca/
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Au Théâtre Rialto
Le cinéma québécois prend l’air !
La 3e édition du Rendez-vous d’hiver au cœur du pôle Quartier latin du Quartier des spectacles
Montréal, le mardi 24 janvier 2012 – Suite au succès retentissant des deux premières éditions, les Rendez-vous du cinéma québécois sont fiers d’annoncer la tenue du 3e Rendez-vous d’hiver le 25 février prochain. Pour l’occasion, la place Pasteur, située dans le pôle Quartier latin du Quartier des spectacles, se transformera en véritable salle de cinéma. Tapis rouge, rideaux de velours, bancs de cinéma et feux de foyer recréeront tout le confort d’un théâtre, en plein air et en plein hiver ! Cette année plus que jamais, les différentes activités sauront satisfaire les couche-tard de la métropole et les férus de notre cinématographie. Entre autres, un Kino Kabaret spécial 30e anniversaire des Rendez-vous, inspiré de 30 films cultes de notre cinématographie. Cette grande célébration extérieure s’inscrit dans la programmation de la traditionnelle Nuit blanche à Montréal.
TRAME – Spectacle interactif
Samedi 25 février, 18h - place Pasteur - Gratuit
À 18h débutera une projection interactive plus grande que nature qui rend hommage aux figures marquantes du cinéma d’animation québécois. Créé sur mesure pour le 30e des Rendez-vous par les étudiants en médias interactifs de l’UQAM, le projet TRAME illuminera de manière flamboyante le clocher Saint-Jacques (UQAM) et invitera le public à collaborer via leur appareil mobile. www.projet-trame.ca
Partie d’impro – Voyage à travers le Québec et son cinéma
Samedi 25 février, 19h - place Pasteur - Gratuit
Les Rendez-vous, en collaboration avec le Théâtre de la LNI, proposent une partie d’improvisation thématique « à la manière du cinéma québécois ». En pleine rue Saint-Denis et devant un public en délire, deux équipes de la LNI s’affronteront dès 19h. Voyez entre autres Réal Bossé, Sophie Caron, François-Étienne Paré et Christian Laurence dans le feu de l’action. Une valeur sûre, à ne pas manquer !
Contre-visites guidées des 12 films de l’année
Samedi 25 février 19h et 22h - devant le Cinéplex Quartier Latin - Gratuit
Jacqueline et Marcel sont deux perturbateurs qui sévissent dans la rue. Venus directement de France, ils offriront au fil d’un déambulatoire déjanté dans le Quartier latin, une réinterprétation sans retenue de douze films québécois marquants de l’année. Rendez-vous devant le cinéma Cineplex Odeon Quartier Latin à 19h ou 22h. D’autres visites sont aussi prévues le vendredi 24 février à 18h et 21h.
Kino Kabaret – 30 ans, 30 films !
Samedi 25 février, 22h - place Pasteur - Gratuit
30 kinoïtes s’éclateront durant les 10 jours du festival en réalisant un court métrage hommage à l’un des 30 films marquants des 30 dernières années (1983 : Au clair de la lune d’André Forcier, 1993 : Léolo de Jean-Claude Lozon, 2006 : C.R.A.Z.Y. de Jean-Marc Vallée…). Un film par année d’histoire des Rendez-vous ! Pastiche, remixage, ou hommage, toutes les formes sont possibles. Le résultat sera présenté au public à 22h dans un Kino Kabaret qui se promet d’être mémorable et historique !
Cinékaraoké - De Aurore à Funkytown
Samedi 25 février, 1h - place Pasteur - Gratuit
À 1h, un karaoké nouveau genre, sans chansons mais tout en images, sera le prétexte de toutes les folies. Le jeu est simple, se glisser dans la peau de nos personnages préférés et interpréter ces scènes mythiques de notre cinéma dont on ne se lasse jamais. Avec ou sans talent, on ne se sera jamais autant amusé devant une scène des Plouffe ou de La Florida !
Plan Large 2 – Le cinéma québécois en photo
Du 20 décembre 2011 au 13 mars 2012 - place Pasteur - Gratuit
À travers l'objectif de six photographes talentueux, l’exposition Plan Large 2 – Le cinéma québécois en photo revisite 12 films marquants de la dernière année. Un jeu auquel se prêtent avec enthousiasme réalisateurs et acteurs. Présenté par Loto-Québec, cet hommage grand format au cinéma d’ici est à voir et à revoir, place Pasteur, jusqu’au 13 mars.
DE PRÉCIEUSES COLLABORATIONS
Les Rendez-vous du cinéma québécois tiennent à remercier chaleureusement les partenaires de cette
3e édition du Rendez-vous d’hiver, la Ville de Montréal, le Partenariat du Quartier des spectacles, la Société de développement du Quartier latin, l’UQAM ainsi que la Nuit blanche à Montréal.
C’EST LA SAISON DES RENDEZ-VOUS !
Les 30es Rendez-vous du cinéma québécois se tiendront à Montréal du 15 au 26 février prochains dans le pôle Quartier latin du Quartier des spectacles. La programmation complète sera dévoilée le 8 février. Pour toutes les actualités, visitez le RVCQ.com ainsi que la page Facebook du festival.
Les Rendez-vous du cinéma québécois remercient leur partenaire présentateur, la SAQ, leur partenaire coprésentateur, la Société Radio-Canada, leurs indispensables partenaires Premiers rôles Loto-Québec, Super Écran, Vision Globale, l’Association des propriétaires de cinémas du Québec (APCQ) et la Cinémathèque québécoise au coeur des Rendez-vous. Les Rendez-vous du cinéma québécois remercient de plus leurs partenaires publics et gouvernementaux, particulièrement le gouvernement du Québec et la SODEC, le ministère du Tourisme et le Secrétariat aux affaires intergouvernementales canadiennes, le ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine ainsi que Téléfilm Canada, la Ville de Montréal, le Conseil des arts de Montréal et le Conseil des Arts du Canada.
Les Rendez-vous du cinéma québécois est un événement organisé par Québec Cinéma.
Paule Baillargeon reçoit le Prix Jutra-Hommage 2012
Montréal, le 10 janvier 2012 - Québec Cinéma est heureux d’annoncer que le Prix Jutra-Hommage 2012 sera remis à Paule Baillargeon lors de la 14e Soirée des Jutra, présentée en direct le 11 mars sur les ondes de Radio-Canada. Cette décision a été prise sur recommandation unanime du Comité représentativité et programmation (CRP) constitué des représentants des associations professionnelles du milieu du cinéma québécois. « Paule Baillargeon, actrice marquante de l’histoire de notre cinéma, mais aussi cinéaste de renom et encore en pleine activité créatrice, a en effet paru à tous le choix le plus éclairé », note Pierre Even, président du conseil d’administration de Québec Cinéma.
Parmi les nombreux témoignages en faveur de cette candidature, soulignons :
« Aujourd’hui, elle a derrière elle une œuvre d’une grandeur infinie dont la collectivité peut être fière. »
- Jean-Claude Labrecque
« Nous lui devons des œuvres qui ont su allier un véritable souci de la forme et du langage à l’expression d’une sensibilité tout à fait originale. » - Fernand Dansereau
« J’ai pu diriger son travail d’actrice plus d’une fois au fil des ans et remarquer toute l’étendue de son registre […] avec sa présence particulière, toujours juste et sensible. » - Denys Arcand
Paule Baillargeon s’illustre depuis plus de 40 ans devant et derrière la caméra. Née en Abitibi, elle entre à l’École nationale de théâtre du Canada à Montréal et est de la classe contestataire qui quitte l’École en bloc en 1968. Membre fondateur du Grand Cirque ordinaire, elle commence parallèlement une carrière d’actrice, au grand comme au petit écran et a joué à ce jour dans une trentaine de films, téléfilms et téléthéâtres, notamment Jésus de Montréal (Denys Arcand), I’ve Heard the Mermaids Singing (Patricia Rozema), La femme de l’Hôtel (Léa Pool), Vie d’Ange (Pierre Harel), ainsi que l’adaptation télévisuelle de la pièce culte Les Voisins.
Reconnue pour sa démarche engagée et sa prédilection pour le thème des relations entre les femmes et les hommes, Paule Baillargeon s’impose également à la réalisation et à la scénarisation dès la fin des années 1970. Elle est récipiendaire en 2009 du prix Albert-Tessier, la plus prestigieuse distinction accordée par le Gouvernement du Québec en cinéma, et est nommée la même année cinéaste en résidence pour deux ans à l’Office national du film du Canada. À l’issue de cette résidence, elle livre le long métrage Trente tableaux, un film autobiographique qui combine dessins, animation, images d’archives et séquences tournées de Montréal à Val-d’Or.
Filmographie
Anastasie oh ma chérie (34 min, 1977)
La cuisine rouge (coréalisé avec Frédérique Collin, (82 min, 1979)
Sonia (52 min, 1986)
Le complexe d’Édith (26 min, 1991)
Solo (81 min, 1991)
Le sexe des étoiles (104 min, 1993)
Une famille comme les autres (33 épisodes de 30 min, 2000, pour Télé-Québec)
Claude Jutra, portrait sur film (82 min, 2002)
Le petit Jean-Pierre, le grand Perreault (53 min, 2004)
Un cri au bonheur (collectif, 2007)
Trente tableaux (81 min, 2011)
La Soirée des Jutra est un événement coproduit par Québec Cinéma et Radio-Canada
Ciné-Asie inaugure son premier Défi de films de smartphones
lors de la 3e édition du Festival du Film Amérasia, du 1er au 4 et du 9 au 11 mars 2012!
Montréal, 14 décembre 2011 – La troisième édition du Festival du film AmérAsia, qui aura lieu en mars 2012, mettra en vedette le cinéma d’animation avec des projections de films asiatiques et canadiens, une conférence de co-production ainsi que plusieurs ateliers sur les techniques d’animation 2D et 3D. Le festival présentera également le populaire Concours National de vidéo portrait, ainsi que le tout nouveau Défi de films de smartphones (téléphones intelligents).
Le Défi de films de smartphones, ouvert aux cinéastes professionnels et amateurs, introduit l'utilisation d'outils de communication accessibles au quotidien, dans le but d'expérimenter et de découvrir des méthodes d'intégration des nouvelles technologies dans les arts médiatiques et le support numérique. Les participants se serviront de leur smartphone (téléphone intelligent) afin d’enregistrer une courte vidéo (d’une durée maximale de 4 minutes) sur un thème qui sera révélé lors du gala d’ouverture, le 1er mars prochain. Dans les 72 heures suivantes, ils devront filmer, effectuer le montage et télécharger leur création sur une plate-forme donnée. Les candidats recevront du mentorat et des conseils de la part d’un spécialiste du domaine. Cinq membres du jury choisiront 15 courts métrages qui se seront démarqués, afin de les présenter lors du festival, le 9 mars 2012. Les membres du jury remettront des prix aux trois meilleures œuvres. Pour participer à l'événement, inscrivez-vous en ligne à l’adresse suivante: www.amerasiafestival.com (les inscriptions se termineront le 30 janvier 2012). C'est gratuit.
“AmérAsia est fier de présenter le Défi de films de smartphones (téléphones intelligents), qui entraînera une plus grande innovation dans l’adaptation de nos technologies quotidiennes au grand écran”, a affirmé la directrice et fondatrice de Ciné-Asie, Mi-Jeong Lee.
AmérAsia célèbre la diversité de la culture asiatique et nous sommes ravis d’inclure dans notre programmation de 2012 de remarquables films québéco-asiatiques, ainsi que la projection d’un film d’animation provenant de chacun des pays participants: le Canada, la Chine, l’Inde, la Corée du Sud, les Philippines et plus encore. Nous présenterons environ 40 longs et courts métrages qui plairont à tous ; des familles jusqu’au cinéphile ayant une préférence pour le cinéma d’art et d’essai! L’objectif de notre festival est non seulement d'exposer les nouvelles œuvres de cinéastes émergents prometteurs, mais aussi de les aider à innover et à progresser dans leur carrière cinématographique.
À propos de Ciné-Asie: Fondé en 1996, Ciné-Asie est un organisme à but non lucratif québécois qui, depuis 17 ans, offre un important soutien à la découverte et à la redécouverte du cinéma asiatique, d’inspiration asiatique et canado-asiatique, de ses artistes et de ses communautés, en présentant des films sur grand écran, des séminaires ainsi que des ateliers de formation ouverts au grand public. Avec le Festival de films AmérAsia, Montréal prend part à la tradition des festivals de cinéma asiatique aux côtés d’autres grandes villes nord-américaines.
DI a VU! (Ciné, Théâtre, Expositions et quelques annonces d’événements)
14/1
PRÉSUMÉ COUPABLE DE VINCENT GARENQ
Le dindon de Feydo au TNM (théâtre)
A dangerous method / Une méthode dangereuse
Dinde et farces: Le dernier Noël
La piel que habito (La peau que j'habite)
Maryse Letarte à la 5e salle de la Place des Arts
13/11
Daniel Lemire (spectacle d'humour)
Gaëtan (pièces à assembler à la maison)
« MELANCHOLIA » de LARS VON TRIER
13/10
14/1 D.I. a Vu!
PRÉSUMÉ COUPABLE DE VINCENT GARENQ
À L’AFFICHE LE 27 JANVIER 2012
D.I., Delinkan Intellectuel, revue d'actualité et de culture, Vol. 14 no 1, Textes ciné et culture : www.societascriticus.com
Montréal, lundi 9 janvier 2012 – Métropole Films est heureuse d’annoncer la sortie de « Présumé coupable », le second long métrage du réalisateur français Vincent Garenq (Comme les autres). Le film, qui a remporté le Prix du meilleur film européen à la Mostra de Venise, prendra l’affiche le 27 janvier prochain.
Le film raconte le calvaire d'Alain Marécaux - « l'huissier » de l'affaire d'Outreau - arrêté en 2001 ainsi que sa femme et 12 autres personnes pour d'horribles actes de pédophilies qu'ils n'ont jamais commis. C'est l'histoire de la descente en enfer d'un homme innocent face à un système judiciaire incroyablement injuste et inhumain, l'histoire de sa vie et de celle de ses proches broyée par une des plus importantes erreurs judiciaires de notre époque.
PRÉSUMÉ COUPABLE est adapté du récit autobiographique « Chronique de mon erreur judiciaire » d’Alain Marécaux, et met en vedette Philippe Torreton (Capitaine Conan, Banlieue 13 ultimatum) et Noémie Lvovsky (L’Apollonide – souvenirs de maison close, Les beaux gosses). Affaire judiciaire marquante à bien des égards, ce témoignage ne laissera personne indifférent.
Commentaires
de Michel Handfield (
Alain Marécaux, huissier de justice, est accusé de viol sur mineur de moins de 15 ans avec sa femme et un groupe de personnes qu'il dit ne pas connaitre. Mais, tout coupable ne nie-t-il pas? Puis, il nous semble sincère. Vu son travail, serait-ce une vengeance? On se le demande. Mais, pas la justice.
Si ici, au Canada, on est présumé innocent, là-bas, en France, on est présumé coupable. Mais, comment se défendre si la justice ne coopère pas, c'est-à-dire qu'elle ne répond pas à nos questions et prend nos moindres questionnements pour des formes d'aveux! Un exemple : « En me tiraillant avec mes enfants, il est possible que j'aie touché le sexe de l'un d’eux sans même m'en apercevoir! Mais, si vous le dites, n'est-ce pas que vous l'avez fait? » (1)
On fait tout pour que le prévenu avoue, même s'il n'a rien à avouer. On est dans des circonstances circonstancielles peut-être possibles, voire plausibles, que si elles sont tirées par les cheveux! Et le système tire en ce sens. Très fortement d'ailleurs! (2)
Au moins, enquêtent-ils par en arrière pour disculper ceux qui n'ont pas de liens avec l'affaire? C'est ce qu'on se demande. Puis, plus le temps passe, plus on se pose la question, car rien ne semble bouger en ce sens. C'est comme si d'avoir de présumés coupables suffisait à nourrir la machine kafkaïenne de la justice.
Pauvre gars, il est pris dans les rouages d'une bureaucratie qui cherche à protéger davantage l'organisation juridique que l'institution judiciaire avec des fonctionnaires qui utilisent le règlement pour cacher leur incompétence dans ce dossier, si ce n'est leur incompétence tout court! Le procès de Kafka (3) et Le principe de Peter (4) dans la même affaire ! Un film à voir et de quoi trouver notre système de justice canadien pas si mal que cela malgré les lacunes qu'on lui reproche.
Notes
1. Ce n'est pas une citation exacte du film, mais c'est de ce genre-là!
2. Ce paragraphe se lit drôlement, car très superlatif, je sais. Mais, c'est voulu pour bien décrire cette ambiance surréelle de la justice au-dessus de tout, même de la vérité, pour identifier des coupables de façon à ce que le citoyen se sente en sécurité quand il regarde les infos télévisées! Mais, est-il vraiment en sécurité si n'importe quel citoyen peut se retrouver injustement dans la position de l'accusé pour faire plaisir à une opinion publique en demande de résultats coute que coute, même aux dépens de la vérité? Poser la question, c'est un peu y répondre!
3. Kafka, 1933 [2004], Le Procès, France : Gallimard/folio classique. Vu au TNM en 2004. Voir Societas Criticus, Vol. 6 no. 3 : http://collections.banq.qc.ca/ark:/52327/bs62012
4. Peter, L J, Hull, R, 1970, Le principe de Peter, Paris: Stock, le livre de poche
Hyperliens
Le site officiel : www.presumecoupable-lefilm.com
Affaire d'Outreau : http://fr.wikipedia.org/wiki/Affaire_d'Outreau
Romain Katchadourian, « Alain Marécaux : « Je pense à Outreau tous les jours » » sur France Soir, 22 février 2011 :
www.francesoir.fr/actualite/justice/alain-marecaux-je-pense-outreau-tous-jours-75475.html
Alain MARECAUX : "L'affaire d'Outreau a brisé ma vie" sur You tube :
www.youtube.com/watch?v=5iqbaqnUM_8
Le dindon de Feydo au TNM (théâtre)
D.I., Delinkan Intellectuel, revue d'actualité et de culture, Vol. 14 no 1, Textes ciné et culture : www.societascriticus.com
Dans
l’esprit festif des célébrations de son 60e
anniversaire, le Théâtre du Nouveau Monde nous offre à
déguster une comédie de caractère aussi
effervescente que des bulles de champagne : Le Dindon de Georges
Feydeau.
Cette impressionnante machinerie théâtrale est menée tambour battant par une flamboyante distribution, dont Rémy Girard, Carl Béchard, Alain Zouvi, Violette Chauveau et Linda Sorgini. Cela se déroule au rythme d’une mise en scène tourbillonnante signée Normand Chouinard. Amoureux fou du genre, il nous entraine dans sa vision, précise et jouissive, du Paris de la Belle Époque avec ses airs de jazz naissants et ses infidélités amoureuses. Une mécanique absurde parfaitement huilée, à laquelle personne ne peut résister!
Ciel, mon mari!
Amour, désir, jalousie, séduction, adultère... Histoires classiques de mari volage ou dupé, de femme mariée qui promet de livrer son honneur au premier bellâtre si elle est trompée, d’amant prêt à tout pour saisir le bien d’un autre, bref, toutes ces petites cruautés ordinaires pour couples pas ordinaires. Ici, Pontagnac, dont la réputation de héros de bassecour n’est plus à faire, se glorifie de ses conquêtes, notamment la femme de son ami Vatelin. Entre course effrénée après la belle Lucienne et combats de coqs avec le mari, c’est finalement notre prétendant qui se révèlera le « dindon » de la farce : bien pris celui qui croyait prendre ! De la bourgeoise au dadais de mari, en passant par la cocotte délurée, la maitresse hystérique et l’amant fringuant, tous les archétypes du genre y sont. Mais les personnages féminins se révèlent bien plus fines mouches qu’elles ne paraissent et annoncent ces femmes farouchement indépendantes qui illumineront une partie du 20e siècle.
À mourir de rire
Maitre incontesté du genre et critique intraitable des moeurs de ses contemporains, Feydeau réunit dans un hôtel une panoplie de personnages qui, évidemment, ne doivent se rencontrer à aucun prix : une Anglaise explosive qui menace de se suicider, un Londonien à l’accent marseillais, un médecin-major retraité et sa femme, sourde comme un pot, une cocotte parisienne, des domestiques et un commissaire de police. Feydeau jette tout ce beau monde dans une course folle de chambre en chambre, au milieu de portes qui claquent et de sonneries qui se déclenchent… avec une minutie qui frôle le génie !
Un pur plaisir théâtral
Cette étincelante production s’offre au spectateur comme un fruit défendu auquel il ne saurait résister. Pour mieux nous le faire gouter, Normand Chouinard – qui connait intimement les rouages de la comédie, ayant notamment joué dans
plusieurs Feydeau, et signé sa première mise en scène au TNM en 2004 avec L’Hôtel du libre-échange – a imaginé une troupe avant une représentation au Théâtre du Palais-Royal, complice du public, en quête de financement pour créer la pièce de monsieur Feydeau. La musique originale d’Yves Morin vient ponctuer le spectacle et en parfaire l’illusion.
Sur scène, le bonheur
De la grande comédie livrée par une distribution étoilée dans une ambiance du Paris de la Belle Époque. Seize comédiens aussi rigoureux qu’extravagants mêlent le savoir-faire de l’expérience à l’enthousiasme des commencements : au bonheur
de retrouver sur la scène du TNM des camarades de longue date, dont Carl Béchard, Normand Carrière, Violette Chauveau, Jean-Pierre Chartrand, Rémy Girard, Roger LaRue, Véronique Le Flaguais, Danièle Panneton, Linda Sorgini et Alain Zouvi, se mêle le plaisir de découvrir le talent des Adrien Bletton, Guillaume Cyr, Alexandre Daneau, Marie-Pier Labrecque, Catherine Le Gresley et Sébastien René.
Commentaires
de Michel Handfield (
Premier degré
Une comédie de mœurs satirique, avec tout ce qu'il faut de qui propos et de jeux de cachecache entre maris, femmes et maitresses! À la différence du théâtre d'été, une finesse des dialogues et de la langue. On est dans le théâtre classique.
Second degré
Une description des caractères et de la société digne de La Bruyère et de Zola, mais traitée avec humour, car le rire fait mieux passer la critique des mœurs. En effet, la femme devait être à sa place, mais monsieur, lui, pouvait se permettre d'être galant avec d'autres dames! Pontagnac en maitre menteur avouera bien être « marié, oui un peu! » À côté de l'homme, il y a encore l'animal qui doit tâter de la femelle pour se prouver qu'il est encore en vie! C'est que, malgré leur rang, ils sont parfois insignifiants ces hommes! Comme ce Vatelin, qui, hors de sa profession, semble bien dupe dans la vie. Il achète des tableaux qu'on lui présente comme de vrais faussement signés :
« VATELIN. - Ah ! mon Corot ! J'ai acheté un Corot, hier !
PONTAGNAC. - Oui ?
VATELIN. - Six cents francs !
PONTAGNAC. - C'est pas cher ! Il est signé ?
Lucienne va s'asseoir à droite du bureau.
VATELIN. - Il est signé. Il est signé Poitevin, mais le marchand me
garantit la fausseté de la signature.
PONTAGNAC. - Oh ! vous m'en direz tant.
VATELIN. - Je fais enlever Poitevin et il ne reste que le Corot... (À Jean.)
C'est bien, j'y vais, faites passer dans mon cabinet... Vous permettez un
instant ! Je reçois mon marchand et après, je suis à vous ! Tenez, je vous
ferai voir mes tableaux, vous êtes un homme de goût ! Vous me donnerez
votre avis ! » (Acte I, Scène III)
On a aussi droit à la solidarité entre les deux épouses, Lucienne Vatelin et Clotilde Pontagnac. C'est que les femmes ne sont pas des dindes sans tête même si elles n'ont pas le droit de vote! Elles savent très bien faire chanter les coqs et battre la mesure. Si les hommes ont été longs à le voir, Feydeau le savait et le montrait.
Mais, en fait, les hommes le savaient déjà très bien et c'est pour cela qu'ils ne voulaient pas leur accorder de pouvoirs officiels, comme le droit de vote, car elles avaient déjà beaucoup plus de pouvoir sur eux qu'eux n'en avaient sur elles! Sinon, comment expliquer que les hommes ont si souvent peur de leurs femmes dans la littérature et le théâtre?
Quand je parle des caractères, que dire de cet homme d'affaires britannique, Soldignac. Parfait « businessman » qui n'a pas le temps comme tout bon homme d'affaires :
« Mon cher ami, je viens qu'un instant ! je suis très pressé, vous
savez, un soir si vous voulez, j'ai le temps, mais le jour... les affaires...
business is business, comme nous disons en Angleterre. (Se levant.) Alors,
voilà, je suis venu pour vous serrer la main d'abord, et puis à cause de ma
femme. » (Acte I, Scène XIV)
On n'est donc pas tout à fait dans le portrait, ni dans la caricature, mais bien dans la peinture surréaliste de l'époque avec juste un petit plus pour que cela soit plus réel que le vrai...
Une pièce pour tous, mais dans laquelle les psys pourraient trouver des idéaux types de caractères humains.
Troisième degré
On sait les problèmes de financement de l'art et de la culture avec des gouvernements qui coupent et qui jugent parfois non plus de la qualité, mais de la popularité pour délier leurs goussets, car plus c'est populaire, plus cela donne de la visibilité au gouvernement qui s'y accole sans égard aux qualités intrinsèques de l'art en soit! Ce type de gouvernance populiste a toujours existé même si elle n'a pas toujours eu la draguée haute. Mais, on a parfois des gouvernements plus élitistes et d'autres plus populistes au gré des élections. (1) On doit donc faire avec, citoyens ou gestionnaires des arts et de la culture!
Dans ces temps plus durs, les artistes se cherchent des mécènes pour suppléer le manque à gagner du désengagement de l'État. C'est vrai aujourd'hui et ce l'était probablement au temps de Feydeau. Alors, Normand Chouinard a ajouté ce clin d'oeil à la pièce en nous présentant un Feydeau qui profite de la présence du chocolatier Henri Meunier (2) dans la salle pour le flatter dans l'espoir d'un soutien à son théâtre. Une façon de parler de la commandite avec laquelle les arts et la culture devront de plus en plus faire affaire pour rester en « business » comme dirait Soldignac! Très à propos.
Notes
1. On n'a pas toujours les gouvernements qu'on voudrait! C'est le jeu d'une représentativité électorale qui n'est pas toujours parfaite. Parfois, la majorité parlementaire ne correspond pas à la majorité du vote, question de division de l'électorat dans de tiers partis. C'est encore pire si on tient compte du niveau d'abstention dans certaines élections où plusieurs électeurs ne se reconnaissent pas dans les choix proposés sur le bulletin de vote. Mais, ce n'est pas le sujet ici.
2. Riche, Henri Meunier a acheté l'ile d'Anticosti en 1895!
Voir http://fr.wikipedia.org/wiki/Henri_Menier
Référence
Georges Feydeau, Le dindon, Livre électronique :
A dangerous method / Une méthode dangereuse
D.I., Delinkan Intellectuel, revue d'actualité et de culture, Vol. 14 no 1, Textes ciné et culture : www.societascriticus.com
Un film de de David Cronenberg avec Keira Knightley, Michael Fassbender et Viggo Mortensen
À L’AFFICHE DÈS LE 13 JANVIER 2012
Les Films Seville, une filiale d’Entertainment One, est heureuse d’annoncer la sortie de A dangerous method, le nouveau long métrage du réalisateur canadien David Cronenberg. Présenté en Compétition officielle à la 68e Mostra de Venise et au Festival international de film de Toronto.
Sabina Spielrein, une jeune femme souffrant d'hystérie, est soignée par le psychanalyste Carl Jung. Elle devient bientôt sa maitresse en même temps que sa patiente. Leur relation est révélée lorsque Sabina rentre en contact avec Sigmund Freud...
Troisième collaboration entre David Cronenberg et Viggo Mortensen après Eastern Promises et A History of Violence, le film met en vedette les excellents Keira Knightley (Atonement, Pirates des Caraïbes) et Michael Fassbender (Shame, Hunger), ainsi que Vincent Cassel, qui retrouve aussi David Cronenberg après Eastern Promises. A Dangerous Method est une adaptation de la pièce de théâtre The Talking Cure, de Christopher Hampton (Liaisons dangereuses) qui signe également le scénario du film.
Commentaires
de Michel Handfield (
Ces malades qui nous soignent!
Le risque de dérapage me semble intrinsèque à toutes thérapies, question du degré d'intimité qui se développe entre le/la traitant(e) et le/la traité(e) une fois la confiance bien établie dans la relation professionnelle.
Problème de morale, d'éthique ou purement humain? Ce n'est pas là le propos de Carl Jung, mais c'est le mien au regard de cette relation entre « Sabina Spielrein, une jeune femme souffrant d'hystérie » et Carl Jung qui la soigne.
Cependant, comme il sait que cette relation n'est pas éthique, pour s'en dédouaner, il fera deux choses : d'abord, il la considèrera comme faisant partie du processus et, ensuite, il soutiendra sa patiente dans son désir de devenir psychanalyste à son tour, car, en devenant son égale, cela dédouanera sa relation à ses propres yeux! Mais, pas à ceux des autres, notamment de Freud.
Comme les fondements de la psychanalyse ont rapport à notre relation à la sexualité selon Freud, il y a là quelque chose d'intéressant dans l'inconscient de ce film : la vraie sexualité est un risque pour l'égo, car il y a toujours une part de vulnérabilité dans la relation amoureuse et/ou sexuelle. Mais, la vulnérabilité n'est pas nécessairement partagée de façon égale, car il peut y avoir un(e) dominant(e) et un(e) dominé(e). Puis, pour compliquer encore le portrait, la personne vulnérable peut tout simplement jouer ce rôle pour cacher finalement une personne très manipulatrice. C'est ainsi que tous, dans une relation amoureuse/sexuelle, somme vulnérable, car toutes relations de ce genre ne sont pas nécessairement égalitaires, chacun y cherchant d'abord son plaisir très individuel! Tant mieux si cela fait aussi plaisir à l'autre. Ce n'est qu'après un certain temps que les amoureux sauront dans quelle relation ils sont; désirée ou non, d'où l'avantage des relations avant le mariage plutôt que d'attendre après. Plus éthique, n'en déplaise à la morale!
En conclusion, au premier degré, c'est un excellent film. Au second degré, ce film donne le gout de lire sur la psychanalyse pour aller plus loin dans la compréhension des zones d'ombre de l'humain.
Hyperliens
Bande annonce: www.youtube.com/watch?v=bMt1wlYCBm0
http://en.wikipedia.org/wiki/Carl_Gustav_Jung
http://en.wikipedia.org/wiki/Sabina_Spielrein
http://en.wikipedia.org/wiki/Sigmund_Freud
http://en.wikipedia.org/wiki/Analytical_psychology
http://en.wikipedia.org/wiki/Psychoanalysis
D.I., Delinkan Intellectuel, revue d'actualité et de culture, Vol. 14 no 1, Textes ciné et culture : www.societascriticus.com
À l'affiche le 6 janvier 2012
Métropole Films est heureuse d’annoncer la sortie du dernier film de Roman Polanski, CARNAGE. Adaptation cinématographique de la pièce de théâtre française Le Dieu du Carnage, de Yasmina Reza, le film, qui a été présenté en compétition officielle à la 68e Mostra de Venise, prendra l’affiche le 6 janvier prochain.
Dans un jardin public, deux enfants de 11 ans se bagarrent et se blessent. Les parents de la « victime » demandent à s'expliquer avec les parents du « coupable ». Rapidement, les échanges cordiaux cèdent le pas à l'affrontement. Où s'arrêtera le carnage ?
Tourné en temps réel, CARNAGE met en lumière les préjugés grotesques et les contradictions risibles de quatre adultes bourgeois interprétés par Kate Winslet (The Reader, Revolutionary Road) et Christoph Waltz (Water for Elephants, Inglorious Basterds), dans les rôles de Nancy et Alan Cowan, ainsi que par Jodie Foster (The Beaver, Panic Room) et John C. Reilly (We Need to Talk about Kevin, Chicago) dans les rôles de Penelope et Michael Longstreet.
CARNAGE prendra l’affiche en version originale anglaise, en version française et en version sous-titrée en français le 6 janvier prochain à Montréal. Le film prendra ensuite l’affiche en version sous-titrée en anglais le 13 janvier à Québec.
Commentaires
de Michel Handfield (
J'ai vu la version avec sous-titre. J'y ai revu « Le Dieu du carnage » qui a tenu l'affiche du TNM du 16 novembre au 16 décembre 2010, incluant les supplémentaires! (1) La principale différence d'avec la pièce est qu'ici on y voit les jeunes au début et à la fin du film. Ils ont eu leur chicane, mais sont passés par dessus comme on le verra à la fin. Pas sûr que ce ne soit pareil pour les adultes!
Par contre, même si on a vu le coup, on ne sait pas le contexte, alors il y a là un intérêt à savoir si l'agresseur était vraiment un agresseur ou une victime. Et s'il est une victime, de qui? Des autres, d'un contexte ou de ses parents? En fait, qui sont ses parents? Et ceux de la victime? Après les civilités d'usage, le vernis tombera... ce qui fait qu'on assiste à un huis clos psychologique fort intéressant.
Un film pour notre temps, surtout suite au mouvement des indignés de cet automne! On voudrait tous avoir des enfants angéliques et pacifiques, mais le contexte social et économique tout autour ne parle que de compétition, de tuer la concurrence et de profitabilité à tout pris! Quelques-uns sont largement récompensés pour atteindre ces objectifs, même si c'est aux dépens de leurs propres employés, de leurs clients et, parfois, de l'intégrité de l'entreprise elle-même, comme dans certains démantèlements fort rentables, où l'entreprise se vend en parts détachées à la concurrence en échange d'un profit à court terme pour des dirigeants qui se retireront rapidement après avoir empoché un bénéfice fort intéressant pour eux! Mais, qui pense aux actionnaires et aux employés restants? Quand la fausse représentation est ainsi élevée en art (ici le téléphone cellulaire d'un des protagonistes doit être considéré comme un personnage du film!), à quoi peut-on s'attendre d'enfants qui baignent dans ce système?
Un film pour réfléchir sur notre époque qui se définit d'abord par la consommation et le désir de posséder, que ce soit des biens ou des amis! Mais, surtout, le refus ne semble plus être une option valable, car on a l'impression que tout s'achète, même un ami! (2) Et si on nous refuse l'amitié, les coups de Jarnac sont permis. On le voit constamment dans le monde des affaires. Même que les gouvernements leur viennent en aide malgré ça, comme dans la crise financière qui nous touche depuis 2007.
Notes
1. Societas Criticus, Vol. 12 no 5 :
http://collections.banq.qc.ca/ark:/52327/bs2006597
2. Jeu de mots sur deux slogans archiconnus :
« Il y a des choses qui ne s'achètent pas, pour tout le reste il y a MasterCard » (www.mastercard.com/ca/gateway/fr/index.html)
« On trouve de tout, même un ami! » célèbre slogan des pharmacies Jean-Coutu
Hyperliens
http://fr.wikipedia.org/wiki/Crise_financière_de_2007-2010
http://en.wikipedia.org/wiki/Late-2000s_financial_crisis
Dinde et farces: Le dernier Noël
D.I., Delinkan Intellectuel, revue d'actualité et de culture, Vol. 14 no 1, Textes ciné et culture : www.societascriticus.com
Théâtre
du Party Chinois en codiffusion avec Espace Libre
La fin du monde approche. La date fatidique, telle qu'annoncée par les Mayas, devient imminente. L'heure est venue d'en profiter, de réaliser ses rêves sans retenue et sans pudeur, aussi gênants et humiliants soient-ils, avant qu'il ne soit trop tard.
Commentaires
de Michel Handfield (
Spectacle hétéroclite sur 2012 qui vient; la fin du monde du 21 décembre 2012! Comme c'est le dernier Noël, on peut tout se permettre. Tout dire, tout faire. Fini les conventions. Dire enfin ce qu'on pense de ces réunions de famille ou de la cousine qui est baisable! (1) Finis les tabous, pas juste à Noël, puisqu'il n'y aura finalement pas de conséquences à nos actes. Faisons le tour du monde à crédit, ne payons plus notre hypothèque! Lâchons-nous lousse. Au diable les lois et la morale, car il n'y aura plus personne pour réclamer de comptes bientôt!
Au premier degré, cela donne un show trash; de mauvais gouts diront certains!
Mais, au second degré, c'est un show intelligent, car si c'est la fin du monde, on peut sortir de nos vies puisqu'il n'y aura plus personne pour nous reprocher quoi que ce soit après! Bref, le chaos devrait être la norme si on y croit. Alors, aussi bien en profiter et faire comme les autres puisqu'il n'y aura pas de conséquences après cette date fatidique! « Free for all, gang! »
Il y a cependant un fond de vérité dans cette pièce. Certains se disent déjà qu'on a dépassé les limites avec l'environnement alors à quoi bon faire attention maintenant que les jeux sont faits? L'espèce s'en va à son extinction avec la pollution, les armes atomiques, le terrorisme et les guerres idéologiques! Suffit d'un fou et d'un bouton. Pourquoi ne pas se payer un truck et exploiter le pétrole à la limite pour avoir du fun à fond tandis qu'on peut encore en avoir? Fuck le reste! Fuck la planète! Puis, si Dieu nous aime, il saura bien nous sauver in extrémis!
Ce n'est cependant pas d'avoir la tête dans le sable que cette approche, mais c'est le défaitisme par excellence, car c'est croire que tout est fini et qu'on n'y peut rien! Alors, salut tout le monde, je me crisse de vous! C'est cette image de certains d'entre nous que nous renvoie ce spectacle.
Mélange de préparation et d'improvisation, car le concept veut qu'on se laisse aller, cela a duré trois heures. Un peu long parfois, mais il nous reste de quoi réfléchir par la suite. Ne vous emballez cependant pas trop vite et continuez à payer votre hypothèque, car si le calendrier maya se termine en 2012, on trouve des calendriers qui vont beaucoup plus loin sur internet. Ainsi, sur timeanddate.com (2), j'ai sorti un calendrier de 3012! Ma fête tombera même un dimanche en 3012! Mais, on a le temps de s'en reparler d'ici là! Alors, pourquoi s'en faire pour le calendrier maya? S'ils étaient si avancés, pourquoi auraient-ils fait un calendrier jusqu'en 2020 par exemple? (3) Ils savaient bien qu'internet était pour arriver un jour ou l'autre, tout comme les calendriers perpétuels. Au lieu de perdre son temps à continuer son calendrier, le Maya s'est dit qu'il avait autre chose de mieux à faire avec sa femelle. Comme baiser! Ce n’est rien de plus que ça la fin du calendrier maya!
Notes
1. Clin d'oeil au film « cousin, cousine » de Jean-Charles Tacchella, sorti en 1975. Mais, cette question de « cousin, cousine » semble faire couler beaucoup d'encre sur l'internet. Suffit de googler « amour cousin cousine » pour le réaliser.
3. Je n'ai pas pris ce chiffre au hasard, ni parce qu'il sonne bien. C'est le titre d'un livre de recettes sur l'économie fort probablement oublié aujourd'hui : Davis, Stan, & Davidson, Bill, 1991, 2020 vision, New York: Fireside book/Simon & Schuster.
LE VENDEUR de Sébastien Pilote
D.I., Delinkan Intellectuel, revue d'actualité et de culture, Vol. 14 no 1, Textes ciné et culture : www.societascriticus.com
L’ACPAV et Les Films Séville, une filiale d’Entertainment One, sont heureux d’annoncer que le film LE VENDEUR, premier long métrage écrit et réalisé par Sébastien Pilote.
Tourné à Dolbeau-Mistassini (au Lac-Saint-Jean), le film met en vedette Gilbert Sicotte, Nathalie Cavezzali et Jean-François Boudreau dans les rôles principaux. LE VENDEUR a été présenté en compétition au prestigieux Sundance Film Festival en début d’année, au Los Angeles Film Festival et au San Francisco International Film Festival, où le film s’est mérité le prix Fipresci (Fédération internationale de la presse cinématographique). LE VENDEUR a voyagé dans une dizaine d’autres festivals depuis et de nombreux autres sont encore à venir.
Sébastien Pilote s’est fait remarquer avec son film Dust Bowl Ha! Ha! qui fut présenté à Locarno en 2007. Originaire du Saguenay, Sébastien Pilote a toujours voulu rester proche de son milieu de vie (il habite toujours à Chicoutimi). Il est un farouche défenseur du festival Regard sur le court-métrage au Saguenay.
Marcel Lévesque, un habile et facétieux vendeur d’automobiles en fin de carrière ne vit que pour trois choses : son travail, sa fille unique Maryse, et son petit-fils Antoine. Il est le meilleur vendeur du mois depuis des années chez le concessionnaire où il a passé sa vie, dans une petite ville mono-industrielle en déclin. Durant un hiver qui n’en finit plus, et pendant que l’usine de pâtes et papiers vit une autre fermeture temporaire, Marcel Lévesque ne pense qu’à sortir ses Américaines chéries de la cour enneigée. Un jour, le vendeur fait la rencontre de François Paradis, un travailleur de l'usine au chômage… Un film qui parle de l’homme aliéné, de culpabilité, de religion et de vente automobile.
LE VENDEUR est distribué au Canada par Les Films Séville (eOne Entertainment), et eOne International en assure les ventes à l’étranger. Il prendra l’affiche au Québec le 11 novembre.
La production du film a bénéficié du support de la SODEC, de Téléfilm Canada avec la participation des Fonds Cogeco et Harold Greenberg. Il est produit grâce aux programmes de crédit d’impôt provincial et fédéral, à la collaboration de Radio-Canada, de Super Écran et au partenariat de Technicolor.
Commentaires
de Michel Handfield (
Un film qui nous sort de Montréal et de l'été. On est en hiver en région, plus précisément à Dolbeau-Mistassini au Lac-Saint-Jean. Loin, pour le montréalais que je suis.
Il y a peut-être de grands espaces, mais je trouve que les gens manquent d'air! C'est une forme de promiscuité, car la personne ne peut jamais échapper à son milieu ni à son destin! C'est toujours la même communauté, où tout le monde se connait et s'attend à te voir à ta place! Ça ne faisait pas une heure que Montréal me manquait déjà! C'est dire que le film rend bien la situation. Un bon film pour savoir ce qu'est la vie en région et si elle nous conviens. C'est là sa première qualité!
C'est aussi une bonne description du capitalisme comme idéologie. La région a beau être en difficulté, le vendeur doit vendre. Son emploi le programme pour cela. De l'autre côté, l’usine va mal, mais le désir suscité par le markéting fait qu'on doit consommer pour être heureux. Crash en perspective...
Excellent film sur le capitalisme tel que vécu à l'échelle humaine. On ne parle pas de théorie ici, mais des comportements humains et de leurs conséquences sur soi et les autres, que ce soit de fermer une usine; de vendre des automobiles coute que coute; ou de faire face à une réalité que l'on ne voulait pas voir, mais dont les signes avant coureurs étaient pourtant très visibles. Bref, un film sur nous et les systèmes dans lesquels nous nous sommes volontairement enfermés!
La piel que habito (La peau que j'habite)
D.I., Delinkan Intellectuel, revue d'actualité et de culture, Vol. 14 no 1, Textes ciné et culture : www.societascriticus.com
Réalisé par Pedro Almodóvar, Espagne, 2011, 117 minutes
Avec Roberto Álamo, Elena Anaya, Antonio Banderas, Jan Cornet, Marisa Paredes
Depuis que sa femme a été victime de brulures dans un accident de voiture, le docteur Robert Ledgard, éminent chirurgien esthétique, se consacre à la création d'une nouvelle peau, grâce à laquelle il aurait pu sauver son épouse. Douze ans après le drame, il réussit dans son laboratoire privé à cultiver cette peau: sensible aux caresses, elle constitue néanmoins une véritable cuirasse contre toute agression, tant externe qu'interne, dont est victime l'organe le plus étendu de notre corps. Pour y parvenir, le chirurgien a recours aux possibilités qu'offre la thérapie cellulaire.
Outre les années de recherche et d'expérimentation, il faut aussi à Robert une femme cobaye, un complice et une absence totale de scrupules. Les scrupules ne l'ont jamais étouffé, il en est tout simplement dénué. Marilia, la femme qui s'est occupée de Robert depuis le jour où il est né, est la plus fidèle des complices. Quant à la femme cobaye…
Commentaires
de Michel Handfield (
Un suspense scientifico-médical durant lequel je n'ai pas pris de notes, mais que j'ai bien aimé. En fait, il s'agit d'un film d'horreur psychologique de haute voltige avec un docteur Frankeistein moderne qui nous surprend par sa vengeance, car il tombera amoureux de sa victime qu'il façonnera trop à son gout peut-être!
Maryse Letarte à la 5e salle de la Place des Arts
(jusqu'au 23 décembre)
D.I., Delinkan Intellectuel, revue d'actualité et de culture, Vol. 14 no 1, Textes ciné et culture : www.societascriticus.com
Cette salle lui va bien. Pas trop grande pour demeurer intimiste et assez grande pour que le son voyage et nous enveloppe. Chaleureux! Ce spectacle, qui sent le temps des fêtes sans mettre trop de guimauve, est comme du « confort food »! Ça fait du bien. À voir!
Michel
Handfield (
13/11 D.I. a Vu!
D.I., Delinkan Intellectuel, revue d'actualité et de culture, Vol. 13 no 11, Textes ciné et culture : www.societascriticus.com

Après plus de 150 représentations aux quatre coins du Québec, plus de 50 000 billets vendus et 2 nominations au Gala Les Olivier, Bibi Productions en collaboration avec TVA Films sont heureux d’annoncer la sortie de son plus récent spectacle, Massicotte N°5, sur DVD. En collaboration avec TVA Films, François Massicotte offre également en bonus plus de 60 minutes d’extras et un CD du spectacle.
Avec Massicotte N°5, l’humoriste présente un spectacle dans la plus pure tradition du stand-up. Rythmé et agrémenté de mimiques et gestuelles inimitables, François Massicotte traite de sujets aussi variés que des évènements de l’actualité l’ayant marqué, ses mésaventures médicales, ses impatiences et démontre même ses talents cachés de danseur ! Mis en scène par Guy Jodoin, Massicotte N°5 a conquis le public et les critiques.
Plusieurs extras en prime sur ce DVD tels que les sketchs Le Québec a du talent avec Dominic Paquet ainsi que celui du Doc Mailloux où François imite le fameux psychologue avec brio, deux numéros mémorables! Découvrez tous les dessous de sa grande première et de sa tournée dans les régions du Québec et voyez sa réaction lorsqu’il se fait surprendre par des invités spéciaux lors de sa 100e représentation.
Pour de plus amples informations sur le coffret DVD/CD ou sur les projets futurs de François Massicotte : www.francoismassicotte.com
Commentaires
de Michel Handfield (
Spectacle enregistré au Théâtre du Vieux-Terrebonne. Ça fait deux fois que je l'écoute et chaque fois j'aurais pu copier des lignes pour les citer. Parfois grave, comme sur ce lugeur qui est décédé lors des Olympiques d'hiver à Vancouver en 2010 :
« Ça n’avait pas commencé très bien. Vous vous rappelez de l'accident du lugeur qui est sorti de piste et s'est tué en frappant une poutre d'acier à la sortie d'une curve. Comment ça se fait qu'y'a pas personne qui a dit on devrait mettre quelque chose? Une botte de foin. Non, c'est pas mon département! »
Parfois léger, comme sur la météo. « Vous vous rappelez de l'été dernier. Ce n’était pas chaud. J'ai même été m'acheter un costume de bain chez Canuck! » Ou sur ses « wipers » qui étaient si fatigués cet été-là « qu'ils faisaient hihan, hihan, un peu comme un âne qui copule! »
Massicotte fait image en parlant de l'actualité et de la quotidienneté, comme des tempêtes de neige de 2008 ou de santé. Quand il parle du touché rectal, on sent le malaise!!!
Il parle aussi de questions plus profondes, comme des mythes fondateurs et de sexualité, mais d'une façon qui désamorce la question et fait réfléchir. Je pourrais citer, mais hors contexte, ce ne serait pas clair. C'est par contre très limpide quand on écoute le CD ou qu'on regarde le DVD, car le coffret comprend les deux!
C'est là que l'on voit que l'humour a un côté ethnologique, parce qu'en parlant des évènements pour qu'on en rie, il fait un rappel historique. L'on revoit des images. Plus tard, des historiens pourront certainement parler de nos travers à partir de ces documents; bien davantage que par des rapports formatés d'agences de relations publiques et d'officines gouvernementales qui ont la langue de bois!
L’exercice de l'État de Pierre Schoeller
D.I., Delinkan Intellectuel, revue d'actualité et de culture, Vol. 13 no 11, Textes ciné et culture : www.societascriticus.com
Le ministre des Transports Bertrand Saint-Jean est réveillé en pleine nuit par son directeur de cabinet. Un car a basculé dans un ravin. Il y va, il n’a pas le choix. Ainsi commence l’odyssée d’un homme d’État dans un monde toujours plus complexe et hostile. Vitesse, lutte de pouvoirs, chaos, crise économique… Tout s’enchaine et se percute. Une urgence chasse l’autre. À quels sacrifices les hommes sont-ils prêts ? Jusqu’où tiendront-ils dans un État qui dévore ceux qui le servent?
Mettant en vedette Olivier Gourmet, Michel Blanc, Zabou Breitman et Laurent Stocker, L’Exercice de l’État s’est entre autres mérité le prix Fipresci au Festival de Cannes 2011 où il était présenté dans la section Un Certain Regard, ainsi que le Bayard d’Or du meilleur scénario au Festival de Namur. Il s’agit du deuxième long métrage de Pierre Schoeller après Versailles, qui avait également été présenté dans la section Un Certain Regard à Cannes et qui s’était mérité le Prix du public à Cinemania en 2008.
Distribué par FunFilm Distribution, L’Excercice de l’État a pris l’affiche le 2 décembre dernier.
Commentaires
de Michel Handfield (
Ministre
des Transports, un poste clef au sein d'un gouvernement, car la route
est ce qui nous relie. C'est aussi une manne pour les entrepreneurs,
car qui dit route dit contrats. On en sait quelque chose au Québec.
Ce n'est là que la pointe de l'iceberg, car les transports ce sont aussi les systèmes ferroviaires, portuaires et aériens, donc beaucoup d'intérêts et d'enjeux : des syndicats qui veulent défendre des chasses gardées et des entrepreneurs qui y voient des opportunités d'affaires, car qui dit passagers dit paiements directs (pour les passages) et indirects, car on peut vendre de l'espace publicitaire pour rejoindre les passagers captifs par exemple. Puis, il y a aussi ces services complémentaires qui rendent le voyage plus agréable et emplissent les coffres du transporteur, comme d'offrir des revues, des collations et même des repas lors des voyages de moyenne et longue durée. On peut aussi offrir le Wifi « gratuit » durant le voyage (de toute façon il ne sera pas tout à fait gratuit puisqu'inclut dans le cout du billet) ou à la carte, c'est-à-dire facturé uniquement à ceux qui le veulent, que ce soit pour le voyage ou avec leur passe mensuelle ou annuelle si ce sont des voyageurs réguliers.
La
politique, une question de relations et d'image. L'emploi demande
d'être aimé et d'avoir l'air sincère. Le rôle,
lui, c'est d'arbitrer les divergences d'intérêts en
privé et de défendre les contradictions en public, car
l'État ne décide pas. Il arbitre au mieux les coups
pour maintenir des intérêts divergents en équilibre.
À partir du moment où il ne peut plus en faire assez
pour les grands acteurs du système et les maintenir tranquille
ou qu'il en choisit vraiment un au dépens des autres, s'il n'a
rien à offrir aux perdants en échange, ils
s'opposeront nécessairement au gouvernement pour lui faire
perdre sa légitimité à plus ou moins brève
échéance, car le pouvoir est du coté de
l'économie plutôt que de la politique maintenant. Juste
à lancer des rumeurs de délocalisation pour susciter
une tempête politique!
Le gouvernement sera encore au pouvoir, mais en sursis, surtout dans un régime proportionnel! C'est pour cette raison que les gouvernements traitent toujours bien la presse qui les sert le mieux. C'est leur jeu de le faire.
À l'intérieur du gouvernement, ça joue dur aussi. Des conflits d'égo et de personnalité sont toujours là parce que chacun se positionne pour bien paraitre dans l'opinion publique et auprès des bailleurs de fonds. On peut viser un plus gros ministère, voir la présidence à la place du président! Ça veut dire capitaliser sur les erreurs des autres et minimiser les nôtres! Faire l'humble et montrer qu'on a appris la leçon pour paraitre plus sympathique dans l'opinion publique. Montrer que l'on peut faire des choses, même si l'on sait très bien que l'État est devenu une misère. C'est quoi le Pouvoir sans prérogatives ni budget? Une coquille vide! C'est le privé qui a maintenant l'argent et les moyens d'agir. D'ailleurs, qui tient la dette de l'État sinon le privé?
« La
politique est une meurtrissure permanente », dira
d'ailleurs le personnage principal et ministre des Transports! Bien
des politiciens d'ici seraient d'accord avec cette assertion, à
commencer par nos ministres des transports responsables des
infrastructures routières, mais ils ne peuvent le dire, car
ils sont dans la vraie politique! Et, dans la vraie politique, on dit
toujours la vérité, mais jamais toute la vérité.
Puis, on l'emballe très bien pour qu'elle ne fasse de tort aux
amis qui peuvent toujours servir.
Postscriptum
Dans le film on entend un discours remarquable. Il serait d'André Malraux et daterait de 1964. Je croirais qu'il s'agit du « Discours sur Jean Moulin - 19 décembre 1964 » dont voici le lien :
Daniel Lemire (spectacle d'humour)
D.I., Delinkan Intellectuel, revue d'actualité et de culture, Vol. 13 no 11, Textes ciné et culture : www.societascriticus.com
Commentaires
de Michel Handfield (
D'abord, avant de parler de Daniel Lemire, un mot sur le public. C'était soir de dernière (vendredi 2 décembre 2011) et certains avaient parfois l'air de s'amuser entre eux. Un peu dérangeant parfois!
J'avoue que, moi, je place Daniel Lemire avec Sol. Ce n'est pas un humour à rire fort, car il faut écouter. Il y a une finesse dans le choix des mots qui donnent un autre sens au texte. Mais, pour cela il faut porter attention. C'est donc un humour qui me fait sourire davantage que rire gras.
En cette période où on reproche parfois aux humoristes de ne pas être politiques, Daniel Lemire fait pourtant un tour de l'actualité. Cynique à souhait, façon d'en rire à défaut d'avoir des réponses, car si on reproche aux citoyens d'être cynique, il ne faut jamais oublier la contrepartie de cette assertion : les politiciens ont l'art d'esquiver les questions et de ne pas répondre clairement lorsqu'ils ne peuvent éviter la question! Daniel Lemire nous le rappelle finement.
Il nous replace aussi les yeux devant les trous avec certains sketchs, notamment celui d'oncle George, qui parle des personnes âgées. Il ne faut pas les prendre pour « gagas » d'une part nous dit-il. Mais, surtout, et c'est là un sujet tabou qu'il ose traiter ici avec son personnage de clown, grand-maman a encore du Lady Gaga en elle, c'est-à-dire qu'elle a encore une libido et une sexualité même si on ne veut pas les avoir et encore moins le voir!
Parlant de sketchs et d'actualités, celui sur la météo mélange les deux! Grinçant et jouissif à souhait!
Dans Societas Criticus, vol. 4 no. 2 (2002) nous avions parlé du DVD « Daniel Lemire, 20 ans d’humour (1982-2002) », sorti en vidéocassette et DVD à l'époque chez Analekta (ANDVD0 7520). (1) En vidéocassette! Une pièce d'anthologie historique qui nous rattache à un millénaire passé! C'est dire comment le temps passe, mais Daniel Lemire est encore aussi impertinent et pertinent à la fois! L'humoriste joue sur le tranchant des mots!
Note
1. http://collections.banq.qc.ca/ark:/52327/bs62016
Gaëtan (pièces à assembler à la maison)
D.I., Delinkan Intellectuel, revue d'actualité et de culture, Vol. 13 no 11, Textes ciné et culture : www.societascriticus.com
Du 28 novembre au 17 décembre 2011
Présenté au Théâtre de Quat’Sous
Une coproduction de MOMENTUM
et du Théâtre français du CNA, en codiffusion avec le Théâtre de Quat‘Sous
Le spectacle sera aussi présenté
du 14 au 18 mars 2012 au Théâtre français du CNA
Texte, mise en scène et interprétation : Marcel Pomerlo
Gaëtan Desrosiers-Blanc est né avec deux coeurs. Devenu gardien de nuit au Musée National, il trouvera dans la grandeur de quelques êtres, de l'Art et de la
Beauté, un espoir, une force pour tenter de mettre ensemble les pièces de son identité et de sa vie, lui, l'homme en morceaux.
GAËTAN (pièces à assembler à la maison) propose une incursion dans le monde singulier et poétique de Marcel Pomerlo. Bercée par la musique, l'oeuvre
explore l'art et la littérature en traitant de l'abandon, du rejet, de la beauté, et de l'ardent désir de découvrir ses origines. Cette deuxième création solo de Marcel
Pomerlo poursuit le travail amorcé en 2002 par L'INOUBLIÉ ou Marcel Pomme-dans-l'eau : un récitfleuve, qui a connu un immense succès.
Assistance à la mise en scène et régie : Martin Boisjoly
Oeil extérieur Dominique Leduc
Scénographie Cédric Lord et Marcel Pomerlo
(d'après les tableaux de Marc Tremblay)
Costumes Marcel Pomerlo
Musique Éric Forget avec la complicité de Marcel Pomerlo
Images vidéos Vincent Rouleau
Accessoires + assistance aux costumes Audrey Gaudet
Éclairages Marc Parent
Direction de production Lucie Mineau
Direction technique Geoffrey Levine
Muse Geneviève Robitaille
THÉÂTRE DE QUAT'SOUS
100, avenue des Pins E. Mtl.
métro Sherbrooke
Billetterie : 514 845-7277
Commentaires
de Michel Handfield (
Ma mère bio, je ne l'ai jamais vu! Né de père inconnu, jamais adopté, je fus élevé à l'orphelinat et me suis attaché à soeur Yvette Saint-Sauveur. Ainsi se présente Gaëtan en quelques mots.
La pièce commence, il arrive des funérailles de sœur Yvette et nous conte sa vie en même temps qu'il nous parle d'elle. Il fut appelé Gaëtan Blanc, car c'est ainsi qu'on appelait les enfants tant qu'ils n'étaient pas adoptés puisque leur fiche était blanche. La sienne le restaura. Son nom sera donc un « blanc » en quelque sorte. Il le dira avec une certaine tristesse.
Puis, on saura qu'il a retrouvé sa mère, mais qu'elle ne voulait pas le rencontrer, car elle s'était fait une vie sans lui depuis. Elle n'avait pas 16 ans lors de sa naissance nous dira-t-il. Probablement qu'après, elle a dû retourner dans son village et continuer sa vie comme si de rien n'était! De quoi se sentir abandonné. Une enfance marquée par la vie. Ne lui restait qu'à faire sa vie avec les morceaux qu'il avait, dont quelques affaires que sa mère avait laissées à son attention.
Dans cette pièce on pénètre dans l'intériorité du personnage, car il se parle et nous raconte sa vie; celle d'un orphelin, de ses peurs et de ce qu'il a manqué. Un manque de beauté qui sera compensé par sa première visite au musée. La beauté d'une toile lui parlera, ce qui changera sa vision du monde et sa vie.
L'art, une lumière, un guide. Il y a là quelque chose d'intéressant à un double niveau. D'abord, au niveau psychologique, car l'art peut être une thérapie. Cela est documenté. Mais, aussi, au niveau politique. Cette découverte de l'art, il l'a fait au musée d'Ottawa, justement où il y a présentement un gouvernement conservateur qui ne voit pas la culture comme un patrimoine ou une richesse, mais plutôt comme une marchandise. N'a d'intérêt que ce qui est populaire; vendeur au premier chef! La facilité.
Ce qui est plus difficile à comprendre et à atteindre; qui ne touche qu'une minorité, c'est considéré comme de l'élitisme et l'État dit ne pas avoir à payer pour quelques personnes qui se croient au-dessus de la masse! Telle est l'idéologie du moment, portée par les populistes qui sévissent dans certains médias qui disent parler pour le vrai monde! Mais, c'est oublier que Monsieur ou Madame Blanc peuvent eux aussi être touchés par une œuvre d'art dite inaccessible! Quant à ceux qui s'intéressent davantage aux arts et à la culture, comme la peinture contemporaine ou le théâtre expérimental, pourquoi sont-ils moins du vrai monde que ceux qui s'intéressent à des « pouceux de pucks » ou des bagarreurs de patinoires? Qui dit qu'ils ne s'intéressent pas aussi au hockey? Si on peut marcher et mâcher de la gomme en même temps, on peut très bien contempler une oeuvre d'art contemporaine en écoutant la description d'un match de hockey ou une compétition de curling dans notre baladeur! (1) Ce n'est pas impossible.
Cependant, pour que cela arrive, il faut que ces oeuvres soient accessibles. C'est le rôle de l'État de les rendre disponibles en soutenant la culture et en l'exposant non seulement dans les musées, mais aussi dans des lieux publics. (2) Le contact doit pouvoir se faire, car l'art et la culture sont autant de moyens qui nous sont donnés pour nous retrouver et nous reconnaitre; combler notre vide, quel qu'il soit, car notre identité ne se définit pas seulement par un sport national, comme le hockey, ou l'armée. Si ce n'était que ça, nous pourrions très bien nous accommoder d'une dictature à condition d'avoir du pain et des jeux. Voilà donc le sens profond de cette pièce : tout le monde peut s'ouvrir à la culture à condition que le contact soit possible avec celle-ci. On ne demande pas de l'obliger de façon artificielle, mais de le rendre possible. Même les conservateurs devraient comprendre ça! Et qui sait si, au contact de l'art et de la culture autre que populiste, ils ne changeraient pas eux aussi. Elle est peut-être là leur crainte, d'où leur refus de regarder plus loin à l'horizon.
Le seul problème de cette pièce c'est qu'elle s'adresse à des convaincus, le public du théâtre. Elle devrait être subventionnée pour atteindre des gens d'autres milieux; jouée dans les écoles ou les parcs l'été par exemple, car, comme il s'agit d'une pièce à un comédien, elle se prêterait bien à ce jeu. Je lui souhaite donc longue vie après le théâtre.
Notes
1. Je sais, les compétitions de curling sont rares à la radio, mais en période olympique, il peut y en avoir! Le hockey aux heures d'ouverture des musées, c'est aussi une chose rare, mais il y a quand même quelques matchs par année qui ont lieu un samedi ou un dimanche après-midi! Mon exemple est donc plausible. Rare, mais plausible, c'est tout ce dont j'ai besoin ici.
2. Mais, de grâce, ne les remplacez pas par des portraits de la reine :
« Plus tôt cette année, le gouvernement a remplacé deux toiles d'Alfred Pellan par un portrait de la reine au ministère des Affaires étrangères et a obligé les ambassades canadiennes à l'étranger à afficher un portrait de la souveraine. » (Hélène Buzzetti et Marie Vastel, Les conservateurs refaçonnent les symboles canadiens, in Le Devoir, 29 septembre 2011 : www.ledevoir.com/politique/canada/332474/les-conservateurs-refaconnent-les-symboles-canadiens)
Hyperliens
www.passeportsante.net/fr/Therapies/Guide/Fiche.aspx?doc=art_therapie_th
D.I., Delinkan Intellectuel, revue d'actualité et de culture, Vol. 13 no 11, Textes ciné et culture : www.societascriticus.com
Commentaires
de Michel Handfield (
L'excentris est rouvert. Bonne nouvelle pour les cinéphiles. Pour les autres, la grande nouvelle est qu'il y aura du maïs éclaté! Si je dis cela, c'est que ça a fait jaser quelques critiques de cinéma, mais que ça plaira certainement aux amateurs de « pop corn », car le maïs éclaté des salles de cinéma c'est la quintessence du « pop corn »! De la gastronomie en quelque sorte.
Parmi les nouveautés, ils ont refait le hall pour accroitre la convivialité des lieux. De nouveaux équipements de projection ont aussi été ajoutés et on espère faire deux petites salles supplémentaires. Après avoir été soutenu pendant plus de 10 ans par Daniel Langlois, c'est maintenant un organisme sans but lucratif qui a pris le relai au cout de quelque 7 millions de dollars, un prix d'ami de Daniel Langlois, mécène des arts et de la culture, qui a aussi donné 1 million de dollars pour ce projet.
Suite à une question de ma part, nous avons appris qu'ils ont acheté les 2 premiers étages sous forme de condo, soit la hauteur des salles de cinéma et de l'espace pour leurs locaux au deuxième étage. Par contre, l'espace du café Méliès au rez-de-chaussée ne fait pas partie de la transaction. Ceci m'a amené à leur demander s'ils avaient pensé à une forme de coopérative pour leur capitalisation. Christian Yaccarini, le président du Conseil d'administration, m'a répondu qu'ils ne peuvent pas former une coop, mais qu'ils regardent néanmoins vers des formes de parts solidaires. C'est là une idée forte intéressante je trouve, moi qui m’intéresse à l'économie sociale et solidaire.
En soirée ce fut l'ouverture officielle avec une ministre de la culture, Christine St-Pierre, et le maire de Montréal, Gerald Tremblay, qui avaient tous deux montré de la volonté à voir ce projet aboutir. « Enthousiaste le maire Tremblay! » ai-je même écrit sur mon Facebook en direct de l'évènement, car Excentris a le Wifi! L'important est maintenant que les cinéphiles s'approprient l'endroit.
Infos
Excentris
3536, BOUL. ST-LAURENT, MONTRÉAL (QUÉBEC) H2X 2V1
BILLETTERIE : (514) 847-2206
Café Méliès
« MELANCHOLIA » de LARS VON TRIER
D.I., Delinkan Intellectuel, revue d'actualité et de culture, Vol. 13 no 11, Textes ciné et culture : www.societascriticus.com
Films Seville, une filiale d’Entertainment One, est heureuse d’annoncer la sortie du dernier film du cinéaste danois Lars von Trier, MELANCHOLIA. Le film, qui a été présenté en Compétition officielle à Cannes, a valu le Prix d’interprétation féminine à Kristen Dunst.
À l'occasion de leur mariage, Justine et Michael donnent une somptueuse réception dans la maison de la soeur de Justine et de son beau-frère. Pendant ce temps, la planète Melancholia se dirige vers la Terre...
Après le très remarqué Antichrist, Lars von Trier continue d’explorer sa dépression et le thème de la mélancolie avec MELANCHOLIA, un film apocalyptique à la fois sombre et sublime. Le film met en vedette Kristen Dunst, John Hurt, Charlotte Gainsbourg, Kiefer Sutherland et Charlotte Rampling.
Commentaires
de Michel Handfield (
À la soirée de réouverture d'Excentris, j'ai été voir Melancholia. J'ai aimé son côté surréaliste avec cette pointe de cynisme sur le mariage!
Mais, ce film c'est beaucoup plus que cela : c'est une réflexion sur la condition humaine. On est sur un vaisseau spatial, la terre, dans un espace sidéral. Pendant que l'on fait ce voyage; qu'on ne sait ni d'où on vient, ni où on va; pour faire les braves, on se donne des certitudes avec les lois économiques et la religion. Mais, est-on vraiment en contrôle? On devrait plutôt se rappeler qu'on est tous de la même espèce sur le même vaisseau spatial, la terre, plutôt que de se chamailler pour des croyances et des idéologies que l'on prend pour des absolus, mais dont on n'a aucune preuve concrète. Bref, il serait temps de s'occuper de choses sérieuses comme la paix, la science, l'environnement, la démocratie et la redistribution pour le bien de la multitude! Mais, notre charte canadienne des droits et libertés protège la liberté de croyance, mais pas la science comme je l'ai déjà écrit! (1) C'est dire le chemin que nous avons encore à parcourir.
J'en ai assez dit, sinon je me répèterais, car dans le volume 2 numéro 1 de Societas Criticus (janvier 2000) j'avais fait un long texte « Balade en vaisseau spatial » sur ce thème de la terre comme d'un vaisseau spatial. C'est donc un film que je recommande.
Note
1. « La liberté de croyance et la science », in Societas Criticus, revue de critique sociale et politique, Vol. 13 no 7, Éditos
Hyperliens vers nos archives en bibliothèque
Revue Societas Criticus à Bibliothèque et Archives Canada :
http://epe.lac-bac.gc.ca/100/201/300/societas_criticus/
Revue Societas Criticus à Bibliothèque et archives nationales du Québec :
http://collections.banq.qc.ca/ark:/52327/61248
13/10 D.I. a Vu!
D.I., Delinkan Intellectuel, revue d'actualité et de culture, Vol. 13 no 10, Textes ciné et culture : www.societascriticus.com
Un film de Philippe Falardeau
Ce film représentera le Canada dans la course pour l'Oscar du meilleur film en langue étrangère. (1)
À Montréal, une enseignante du primaire meurt tragiquement. Bachir Lazhar, un immigrant algérien, est rapidement embauché pour la remplacer alors qu’il nage lui-même en pleine tragédie personnelle. Il apprend peu à peu à connaitre des enfants attachants, malgré l’important fossé culturel entre sa classe et lui.
Pendant que le groupe amorce un long processus de guérison, personne à l'école ne soupçonne le passé douloureux de Bachir, qui risque l'expulsion du pays à tout moment. Adapté d’une pièce de théâtre d’Évelyne de la Chenelière, Monsieur Lazhar met en images la rencontre de deux mondes et la puissance de la parole. Philippe Falardeau y suit avec sensibilité et humour un homme humble prêt à sublimer sa propre douleur pour aider les écoliers à vaincre le silence qui les emmure.
Le scénario du film est basé sur la pièce d'Évelyne de la Chenelière et met en scène l'acteur et humoriste franco-algérien Fellag dans le rôle éponyme. Le film met également en vedette les jeunes acteurs Sophie Nélisse et Émilien Néron ainsi que Brigitte Poupart, Danielle Proulx, Jules Philip, Francine Ruel et Louis Champagne.
Produit par Luc Déry et Kim McCraw (les producteurs d’Incendies), le film a bénéficié du travail de Ronald Plante à la direction photo, Emmanuel Fréchette à la conception artistique, Martin Léon à la musique originale et de Stéphane Lafleur au montage. Monsieur Lazhar a été produit grâce du soutien financier de la SODEC, de Téléfilm Canada, de Radio-Canada et du Fonds Harold Greenberg.
Commentaires
de Michel Handfield (
La peau de chagrin d'Honoré de Balzac (2), voilà la première dictée qu'il leur donne. Dictée et Balzac, c'est le premier choc culturel de cette rencontre entre un prof algérien et une classe québécoise! Les enfants ne comprennent pas! C'est « du français de chinois » lui dira même une élève!
Lui, il lit le programme pour se mettre au diapason! Des compétences transversales!!! Mais, qu'est ce que c'est que ça?!
Du tiraillage entre garçons dans la cour d'école, un apprentissage de la masculinité pour lui, mais de la violence pour une enseignante!
Bref, ce film est une occasion de regarder ce que l'on fait avec notre système d'éducation! Déjà, de mettre l'éducation en silos est peut-être un indice à considérer. En fait, la vie est mise en silos : un temps pour jouer (0-5 ans); un temps pour être éduqué (5-16 ans obligatoires, après c'est optionnel!); et un temps pour travailler (16-65 ans!). J'exagère à peine! Pourrait-on ouvrir les fenêtres et rafraichir le tout. Laisser passer de l'air frais. On semble pris avec des normes qui nous voudraient davantage des robots plutôt que des êtres humains s'éduquant au contact des autres!
En même temps, son statut au Canada est questionné. On pose ici la question de la dictature des traditions, qui empêchent la liberté ailleurs (ce qu'a vécu sa famille), mais en même temps ici, où les idéologues profitent de notre liberté pour imposer leurs vues qui sont pourtant contestées dans leurs pays d'origine. C'est justement à cause de cette contestation que Bashir a dû fuir. Mais, ce que sa famille contestait, c'est ce que certains revendiquent ici au nom de la liberté! Comme Bashir le dit au juge, « Vous ne pouvez pas comprendre ». Il y aurait là des sujets de réflexions sur le multiculturalisme, une expérience à la fois belle et difficile, car on est en quelque sorte dans un laboratoire au Québec et au Canada.
Bref, si on est face à un très beau film humain au premier degré, on est face à une remise en question de nos dogmes au second degré. Mais, une très belle remise en question, car traitée avec un humour qui fait qu'on ne le réalise pas, mais qu'on rit de nos travers. Le miroir qui nous vient d'ailleurs est ainsi un révélateur de qui nous sommes.
Notes
1. http://www.radio-canada.ca/nouvelles/arts_et_spectacles/2011/09/21/005-monsieur-lazhar-oscars.shtml
2. http://fr.wikipedia.org/wiki/La_Peau_de_chagrin
D.I., Delinkan Intellectuel, revue d'actualité et de culture, Vol. 13 no 8, Textes ciné et culture : www.societascriticus.com
Je lis un film! (Suivi de l'index du FFM 11)
Commentaires
de Michel Handfield (
Un autre Festival des Films du Monde de Montréal que j'ai aimé, car je regarde un film, quel que soit le genre, comme un document. J'avais donc du matériel intéressant encore cette année dans ce festival parfois mal aimé par une certaine critique en quête de gros noms. C'est d'ailleurs pour cette raison que je ne vais pas voir une dizaine de films par jour, mais un ou deux. Trois maximums, car je ne peux en absorber plus. C'est que je lis un film en quelque sorte, car je ne fais pas travail de critique, mais travail de sociologue sur un contenu, le film, qui peut s'avérer un excellent révélateur social! Une autre approche (1), donc une autre manière de travailler.
Note
1. Je pense ici à l'analyse de contenu et à l'ethnométhodologie, des méthodes vues dans mes études en sociologie.
Index des films vus au FFM 2011
HASTA LA VISTA (Come as you are)
DER GANZ GROSSE TRAUM (LES LEÇONS D'UN RÊVE)
CHE BELLA GIORNATA (QUELLE BELLE JOURNÉE)
IN FILM NIST/ CECI N'EST PAS UN FILM
D.I., Delinkan Intellectuel, revue d'actualité et de culture, Vol. 13 no 8, Textes ciné et culture : www.societascriticus.com
France / Compétition mondiale /2010 / Couleur / 14 min
Réalisateur : Philippe Lasry Scénariste : Philippe Lasry
Photographie : Quentin Bolpé Montage : Céline Ameslon
Interprètes : Norah Krief, Mounir Bargoum, Lucas Bonnifait, Laure Desmazières
Karine, comédienne, se retrouve à passer un casting, ce qui ne lui est plus arrivé depuis longtemps. Durant la scène, elle doit pleurer. Mais, dans certains cas, pleurer peut devenir une torture.
Philippe Lasry
Scénariste pour la télévision et le cinéma (entre autres, LA CONFUSION DES GENRES, de Ilan Duran Cohen), Philippe Lasry enseigne le cinéma et travaille comme consultant à différents niveaux dans l'industrie cinématographique. On lui doit: Mon prince viendra (2000), Un mariage (2003), Le Coucou (2006) et Faire avec (2009).
19 aout 2011 • 09:00:00 • CINÉMA IMPÉRIAL • CI.19.1 • Français
19 aout 2011 • 19:00:00 • THÉATRE MAISONNEUVE • TM.19.1 • Français
21 aout 2011 • 14:00:00 • CINÉMA IMPÉRIAL • CI.21.3 • Français
Commentaires
de Michel Handfield (
Aller chercher le vrai pour sortir le meilleur de soi quand on joue, c'est ce que fait l'artiste! Mais, pour le réalisateur, aller chercher le drame personnel pour vendre un film c'est parfois « winner »! Engage-t-on une comédienne ou une tête d'affiche? La question se pose.
D.I., Delinkan Intellectuel, revue d'actualité et de culture, Vol. 13 no 8, Textes ciné et culture : www.societascriticus.com
États-Unis / Compétition mondiale /2011 / Couleur / 80 min
Réalisateur : Joel Fendelman Scénariste : Joel Fendelman, Patrick Daly
Photographie : Robbie Renfrow Montage : Joel Fendelman
Interprètes : Maz Jobrani, Muatasem Mishal, Binyomin Shtaynberger, Gamze Ceylan, Dina Shihabi, Michael Golden, Markus Goldberg
Daud, jeune garçon musulman de 11 ans, vit avec ses parents à Brooklyn. En tant que fils de l'imam de la mosquée du quartier, il doit faire face à divers problèmes: les grandes attentes de son père, le mode de vie d'une famille conservatrice et la difficulté à assumer sa différence, même auprès de ses coreligionnaires musulmans. Par un concours de circonstances, Daud se joint à un groupe de jeunes juifs du quartier qui le prenne pour un juif et l'accepte par conséquent comme l'un des leurs. Au cours de l'été, il se lie d'amitié avec Yoav, un des garçons. Mais un jour, faisant face à une situation inextricable, il est obligé de prendre une décision difficile. « Face au phénomène des préjugés, de la culture et de la religion, le film n'essaie pas de donner des réponses, car ces questions dépassent de loin la sphère du film. Au contraire, nous soulevons ces interrogations de façon différente, espérant qu'elles nous aideront à nous comprendre mutuellement, ainsi que nous-mêmes. » (Josh Fendelman)
Joel Fendelman
Producteur, réalisateur et directeur photo, Joel Fendelman a étudié le cinéma au Savannah College of Art and Design. Il se tourne ensuite vers la réalisation de nombreux courts métrages, dont plusieurs programmés dans divers festivals internationaux (Cannes, Chicago, Miami, Woodstock). Il fonde Fendelman Films, sa propre maison de production, ce qui lui permet de produire également des films publicitaires. Sa filmographie comprend: Painter of the Land (2004), Band of Sisters (2005), Eleven Candles (2007), Woman on a Train (2009), Daud (2009). DAVID est son premier long métrage de fiction.
19 aout 2011 • 09:00:00 • CINÉMA IMPÉRIAL • CI.19.1 • Anglais, Arabe s.t.a.
19 aout 2011 • 19:00:00 • THÉATRE MAISONNEUVE • TM.19.1 • Anglais, Arabe s.t.a.
21 aout 2011 • 14:00:00 • CINÉMA IMPÉRIAL • CI.21.3 • Anglais, Arabe s.t.a.
Commentaires
de Michel Handfield (
Bay Ridge, Brooklyn.
De jeunes juifs jouent au parc et l'un d'eux oublie sa Tora sur un banc. Alors, Daud les suit pour leur remettre, mais se trompe de livre et met plutôt son Coran dans la boite aux lettres de leurs lieux de rencontre, car il n'a pas pu entrer pour les rejoindre. Pris avec la Tora, il ne veut pas le dire à son père, mais cela l'amène à le questionner sur les autres croyances. On saisit tout le poids de l'histoire et de la tradition dans les réponses du père.
Pour récupérer son Coran, il y retournera donc. Mais, par le destin, il se retrouvera en classe avec eux. Ce sera l'occasion d'un nouvel apprentissage pour lui, car on n'y a pas la même approche que dans sa communauté. Quant aux jeunes, ils parlent de libertés entre eux. « America, it's another things! » Instructif aussi, comme dans ce passage où ils disent que « C'est un pays libre ici, sauf pour les sports, où il faut prendre pour les clubs locaux! »
Pour moi, ce film soulève la question du mimétisme dans la transmission des traditions et des valeurs. En effet, y croit-on vraiment ou est-on amené à y croire à force de répétition, récompenses et punitions pour reproduire/intégrer les comportements désirés par nos parents (dans un premier temps) et la communauté d'appartenance (dans un second temps)? Après, on suivra les traditions par automatisme, parce qu'on les a intégrés! Puis, ce sera à notre tour d'intégrer nos enfants. C'est ainsi que ce modèle se perpétue, parfois sans être remis en cause, de génération en génération.
Bref, un film intéressant qui permet de comprendre les interrelations entre les jeunes et de saisir comment les différences culturelles sont forgées par l'éducation.
J'ai bien aimé ce film qui examine des questions de notre temps : religion et interculturalisme.
Hyperliens
http://en.wikipedia.org/wiki/Bay_Ridge,_Brooklyn
http://fr.wikipedia.org/wiki/Yankees_de_New_York
D.I., Delinkan Intellectuel, revue d'actualité et de culture, Vol. 13 no 8, Textes ciné et culture : www.societascriticus.com
États-Unis – Inde / Regards sur les cinémas du monde / 2010 / Couleur / 97 min
Réalisateur : Sarovar Banka Scénariste : Sarovar Banka
Photographie : Amol Rathod Montage : Tom Quinn
Interprètes : Shabana Azmi, Adam Laupus, Lethia Nall, Diksha Basu, Farid Currim, Shreya Sharma
Rédacteur publicitaire indo-américain, Ashok Khosla se rend en Inde dans le but de trouver une future épouse selon les préceptes du mariage arrangé. Il fait la connaissance de nombreuses épouses potentielles et de leurs parents, mais sent de la difficulté à s'adapter à leur culture. Sa rencontre avec Lorie, une Américaine en voyage en Inde pour vivre de nouvelles expériences, va influencer ses choix. En attendant, on le présente à Amita, une femme indienne souffrant, comme lui, du poids de la tradition. Alors que les fiançailles imminentes approchent, les parents d'Ashok se présentent pour conclure l'affaire. Ce qui l'oblige finalement à prendre sa propre décision.
Sarovar Banka
Originaire de Philadelphie (États-Unis), diplômé de la Brown University où il a commencé sa carrière en réalisant des courts métrages et en écrivant des pièces de théâtre, Sarovar Banka obtient le Weston Award pour sa pièce The Moral Implications of Time Travel. Comme réalisateur, il a signé: The Water Inspector (2000) et Edgar (2005). À DECENT ARRANGEMENT est son premier long métrage de fiction.
19 aout 2011 • 19:00:00 • CINÉMA QUARTIER LATIN 14 • L14.19.4 • Anglais
20 aout 2011 • 12:00:00 • CINÉMA QUARTIER LATIN 14 • L14.20.2 • Anglais
21 aout 2011 • 14:40:00 • CINÉMA QUARTIER LATIN 14 • L14.21.3 • Anglais
Commentaires
de Michel Handfield (
Il est temps qu'Ashok prenne épouse selon la tradition indienne, même s'il est américain! (1) Les attentes familiales et la pression culturelle! On le retrouve donc en Inde, à la rencontre de sa tante qui veut lui faire voir des épouses potentielles. Elle a même fait un album de prospects!
On dirait du commerce, car les parents qu'il rencontre et qui veulent caser leur fille les présentent comme de la marchandise! Mais, lui aussi doit être un produit acceptable donc ne pas dire qu'il est un junior ou un contractuel dans son emploi de rédacteur publicitaire, car cela ne montre pas une grande stabilité, ni ne colle à l'image du « rêve américain »! Ici on ne s'intéresse pas à qui tu es, mais bien à ta position sociale et où tu vas, dans le sens de l'ascension sociale!
Il y en aura finalement une qui semble lui plaire, mais on ne le sent pas à l'aise tout comme elle, car elle a étudié en Angleterre et elle sent elle aussi tout le poids de cette tradition peser sur eux : ce contrôle qui nous tient toujours à la même place! N'est-ce pas là une limite à l'émancipation, voire à l'évolution? Il faut poser la question et ce film le fait bien.
Autre anicroche dans l'équation : l'Américaine qu'il a rencontrée dans le train et qu'il revoit, car elle le renvoie à ses valeurs! Il devra donc choisir entre celles-ci et la tradition.
Un film intéressant pour notre monde, où nous plaçons au même rang les droits individuels et le multiculturalisme alors que la culture traditionnelle va parfois à l'encontre des droits individuels que nous défendons. Comme Ashok, les sociétés occidentales devront un jour choisir où elles logent, entre le multiculturalisme et les droits et libertés individuelles, car on ne peut mettre les deux sur le même pied. En effet, elles se nient mutuellement, l'une privilégiant les choix individuels et l'autre l'imposition de façons de faire et de vivre au nom de croyances et de coutumes, qu'elles soient culturelles, religieuses ou traditionnelles. Il y a aura donc toujours des conflits entre ces deux valeurs. Dont acte!
Note
1. Je dis généralement États-uniens pour les habitants des États-Unis, mais dans ce cas il serait canadien d'origine indienne et ce serait la même chose. Je dis donc américain pour habitant de l'Amérique ici.
Hyperliens :
http://en.wikipedia.org/wiki/Arranged_marriage
http://fr.wikipedia.org/wiki/Mariage_de_convenance
HASTA LA VISTA (Come as you are)
D.I., Delinkan Intellectuel, revue d'actualité et de culture, Vol. 13 no 8, Textes ciné et culture : www.societascriticus.com
Belgique / Compétition mondiale / 2011 / Couleur / 115 min
Réalisateur : Geoffrey Enthoven Scénariste : Pierre De Clercq
Photographie : Gerd Schelfhout Montage : Philippe Ravoet
Interprètes : Robrecht Vanden Thoren, Gilles De Schryver, Tom Audenaert, Isabelle de Hertogh, Kimke Desart, Johan Heldenberh, Karlijin Sileghem, Karel Vingerhoets, Katelijne Verbeke, Marilou Mermans
Trois jeunes hommes sont de grands amateurs de vin et de femmes. Le vin, ils le savourent avec plaisir, mais les femmes, ils n'y ont pas encore vraiment gouté. Sous le couvert d'un voyage comme dégustateurs de vin, ils se rendent en Espagne, espérant y tirer un coup. Rien ne peut les arrêter, même pas le fait que l'un est aveugle, l'autre est dépendant de sa chaise roulante et le troisième est complètement paralysé. «HASTA LA VISTA porte sur l'amour, sur l'amitié inconditionnelle et sur le désir. C'est une histoire racontée avec humour sur la meilleure façon de se sortir d'une situation difficile. Lars, Philip et Joseph ont une mission à accomplir, mais sur le plan personnel, chacun d'eux lutte pour son autonomie et pour les possibilités de rencontrer l'amour et l'amitié. Mais il est difficile d'avoir accès à l'autonomie lorsqu'on vit avec une incapacité physique et que cela signifie vivre aussi avec une liste interminable de contraintes et dépendre des autres pour les gestes les plus banals du quotidien. Nous sommes tous prisonniers d'un corps qui, comme la pensée, a besoin de tendresse, de repos et de passion, des conditions fondamentales dans notre existence, mais également sources de frustration pour ceux qui sont handicapés.» (Notes de production)
Geoffrey Enthoven
Né à Wilrijk (Belgique) en 1974, Geoffrey Enthoven étudie à l'Académie royale des beaux-arts de Gand. Son film de fin d'études, The Undertaker (1999), est primé dans des festivals en Belgique et à l'étranger. Il fonde Fobic Films avec Mariano Vanhoof. Sa filmographie comprend: LES ENFANTS DE L'AMOUR (2001), Sara (série pour la télévision, 2006), VIDANGE PERDUE (2006), présenté au Festival des films du monde de Montréal, HAPPY TOGETHER (2008) et LES FILLES (2009), également présenté au FFM. Il est professeur invité d'art dramatique à la Royal Academy of Fine Arts.
20 aout 2011 • 09:00:00 • CINÉMA IMPÉRIAL • CI.20.1 • Flamand s.t.a & s.t.f (2 copies)
20 aout 2011 • 19:00:00 • THÉATRE MAISONNEUVE • TM.20.1 • Flamand s.t.a & s.t.f (2 copies)
21 aout 2011 • 16:30:00 • CINÉMA IMPÉRIAL • CI.21.4 • Flamand s.t.a & s.t.f (2 copies)
Commentaires
de Michel Handfield (
« Hasta la vista ce soir au FFM: une ovation debout. Chose rare, même dans un festival de films! Ça prouve que l'équipe du FFM fait encore des découvertes! » C'est ce que j'ai écrit sur mon fil Twitter et Facebook ce soir-là.
Trois handicapés, soit deux en fauteuil roulant et un mal voyant, qui profitent du vin et regardent les femmes, mais encore puceaux, sont parfois très durs envers les autres. C'est que les privations les rendent amers et déplaisants. L'un d'eux, le plus handicapé, leur propose d'aller dans un bordel pour handicapés en Espagne : le El Cielo. (1) Une façon de se libérer.
Comme la tumeur d'un des leurs est agressive, les parents, qui étaient d'abord réticents à l'idée, seront finalement contre. Mais, le leadeur du groupe décidera qu'il faut quand même faire ce voyage pour leur copain, ce malgré les parents, pour l'empêcher de mourir puceau! On sera donc du voyage avec eux.
Organisé en secret par les trois jeunes hommes, ce sera une quête d'autonomie. Pas facile au début, car le leadeur, flamand (il parle néerlandais), n'accepte pas la chauffeuse du bus, Claude, une Wallonne (francophone) bien portante. (2) Il l'appelle d'ailleurs Mamouth et refuse toute aide de sa part. C'est donc parti pour être l'enfer ce voyage. Mais, Claude a dû en voir d'autres. Elle saura faire.
Un film sur la conquête de l'autonomie et du bonheur. Parfois, pour l'atteindre, il faut cependant s'appuyer sur les autres. Une leçon de solidarité pour ceux qui croient que l'autonomie est individuelle!
La montée de l'individualisme ne doit d'ailleurs pas faire oublier que sans la collectivité, l'individu ne serait pas où il est. En effet, il serait encore à chasser pour son repas et se trouver un abri pour dormir. C'est l'organisation sociale qui a permis d'atteindre le stade de développement où nous sommes, car en nous libérant des tâches de base, par la division du travail, cela a permis la diversification des taches et l'apparition de taches encore plus complexes, d'où le développement de la culture, de la science et de la technique par exemple? Sans cette division du travail, basée sur la solidarité et la complémentarité humaines, on n'en serait tout simplement pas là. Ce film nous le montre très bien sans jamais le dire.
Notes
1. Je n'ai pas trouvé le El Cielo sur internet, mais j'ai trouvé deux articles d'intérêts. D'abord, « Brothels for the disabled! » qui nous parle du phénomène espagnol.
Voir www.theolivepress.es/spain-news/2007/08/30/brothels-for-the-disabled/.
Ensuite, un article de Rue 89, avec Causette le mensuel, nous apprend qu'il existe « une école où l'on apprend à faire jouir les handicapés ». (2 septembre 2011)
Voir http://www.rue89.com/2011/09/02/sexe-une-ecole-ou-lon-apprend-a-faire-jouir-les-handicapes-220322
2. On est en Belgique, vous l'aurez compris! Sur la Belgique, voir http://fr.wikipedia.org/wiki/Belgique
Hyperliens
Come as you are (Hasta La Vista) - trailer english subtitled - a film by Geoffrey Enthoven : http://www.youtube.com/watch?v=jS0St2NMk1Q
Association Sexualité et Handicaps Pluriels : www.sehp-suisse.ch
D.I., Delinkan Intellectuel, revue d'actualité et de culture, Vol. 13 no 8, Textes ciné et culture : www.societascriticus.com
Israël - France – Allemagne / Compétition mondiale / 2011 / Couleur / 107 min
Réalisateur : Eran Riklis Scénariste : Gidon Maron, David Akerman
Photographie : Rainer Klausmann Montage : Tova Ascher
Interprètes : Danny Huston, Amira Casar, Max Riemelt, Mark Waschke, Hanns Zischler, Irm Hermann, Selen Savas, Yehuda Almagor
Max Stoller, 42 ans, a réussi l'impossible. Trente ans après avoir survécu à l'Holocauste, il a pris l'Europe d'assaut en tant qu'entraineur du Maccabi Tel-Aviv, équipe de basket devenue championne d'Europe. Un appel téléphonique en provenance d'Allemagne va changer sa vie pour toujours. On lui propose, après toutes ces années, d'y retourner afin d'entrainer l'équipe nationale. Tout le monde pense que Max, en raison de sa forte identification avec son histoire familiale, va rejeter cette offre étonnante. Cependant, malgré les réprobations en Israël, et en dépit de sa mère qui voit cela comme une trahison, il accepte la proposition et retourne à Francfort, la ville où son père fut arrêté par la Gestapo. Dès son arrivée, il est irrésistiblement attiré par son quartier d'enfance. C'est là-bas qu'il est séduit par Deniz, une jeune femme turque, perdue dans sa nouvelle vie et dans un nouveau pays, qui vit avec sa fille de 13 ans. En l'aidant à retrouver son mari, Max creuse son propre passé et découvre de nouveaux éléments concernant de vieux secrets de famille. Il réalise que toute son existence a été fondée sur la trahison et le désir, et non pas sur quoi que ce soit d'héroïque ou de symbolique. Alors qu'il doit faire face à une équipe récalcitrante qu'il essaie de sortir de sa médiocrité, Max comprend peu à peu qu'il doit anéantir les symboles du passé, à commencer par celui qu'il incarne lui-même.
Eran Riklis
Né à Jérusalem (Israël) en 1954, Eran Riklis étudie le cinéma à l'Université de Tel-Aviv, puis à la National Film School and Television à Beaconsfield, en Angleterre. Il signe plus de 300 films publicitaires, des documentaires et des courts métrages. Il travaille également comme directeur de la photographie pour plusieurs productions en Angleterre. Ses longs métrages: PAR JOUR CLAIR ON VOIT DAMAS (1984), CUP FINAL (1991), ZOHAR (1993), VULCAN JUNCTION (1999), présenté au Festival des films du monde de Montréal, TEMPTATION (2002), LA FIANCÉE SYRIENNE (2004), Grand Prix des Amériques au FFM, LES CITRONNIERS (2008), également présenté au FFM, et Le voyage du directeur des ressources humaines (2010).
20 aout 2011 • 11:20:00 • CINÉMA IMPÉRIAL • CI.20.2 • anglais, allemand, hébreu, turc s.t.a.
20 aout 2011 • 21:30:00 • THÉATRE MAISONNEUVE • TM.20.2 • anglais, allemand, hébreu, turc s.t.a.
21 aout 2011 • 19:00:00 • CINÉMA IMPÉRIAL • CI.21.5 • anglais, allemand, hébreu, turc s.t.a.
Commentaires
de Michel Handfield (
1982, Max Stoller vient de Tel-Aviv pour entrainer l'équipe allemande de basketball en vue des olympiques de 1984. Chassé au temps de la guerre par la montée du nazisme, il dit ne pas vouloir savoir : « Je suis là pour le sport! »
Mais, il ira voir où il a grandi! Il y trouvera alors Deniz, une jeune femme d'origine turque qui vit dans ce logement qui l'a vu grandir autrefois. Elle y vit avec sa fille de 13 ans et est venue en Allemagne à la recherche de son mari dont elle n'a plus de nouvelles. Il était venu en Allemagne pour travailler il y a quelques années.
La petite se croit responsable du fait que son père ne leur donne plus de nouvelles... Il y a là un parallèle avec Max qui s'est toujours cru responsable de la disparition de son père à la veille de leur fuite en Israël. Il les aidera, mais ce faisant, son passé remontera et il devra aller à sa rencontre pour résoudre des questions restées en suspens depuis son adolescence, notamment la disparition de son père dont il se sent responsable.
En même temps, les années 1980 sont des années de coupures. La nouvelle génération n'a pas connu la guerre, mais a toujours connu le mur qui divise Berlin depuis 1961! (1) Alors, comment se sentir Berlinois ou Allemand si on est séparé?
Si cette génération n'a pas à porter le poids du passé de leurs parents, qui ont la guerre en mémoire ou sur la conscience, elle semble néanmoins se trouver face à deux murs. D'abord, le mur de la honte, qui les divise physiquement et qui n'est pas le leur. Ensuite, et surtout, le mur économique, avec les changements technologiques et organisationnels (la rationalisation, le outsourcing, et la mondialisation par exemple) qui s'accélèrent et font en sorte que plusieurs jeunes ont l'impression qu'on leur vole leur futur, car les possibilités d'un emploi stable (et même d'un emploi) s'estompent. Alors que toutes les générations précédentes pouvaient rêver de mobilité ascendante par rapport à leurs parents, cela semble se terminer avec eux! D'ailleurs, les crises d'incertitudes sont de plus en plus rapprochées depuis cette époque au point qu'aujourd'hui les marchés économiques spéculent même sur ces périodes qu'elles craignaient tant autrefois, comme si l'incertitude faisait maintenant partie du paysage pour y rester. À défaut de s'en défaire, il faut faire avec!
Dans ces conditions l'arrivée de Max Stoller, qui a échappé à son destin Allemand pour revenir 43 ans plus tard, armé d'un championnat d'Europe en tant qu'entraineur du Maccabi de Tel-Aviv, leur mets leur manque de confiance en pleine face malgré lui, juste parce qu'il est ce qu'il est! En effet, s'il n'avait pas de futur à son départ d'Allemagne, il s'est fait un avenir! Dur à prendre pour une génération qui ne semble plus avoir de futur et est démotivée. Il lui faudra donc canaliser cela pour faire de quoi de positif avec son équipe; ne serait-ce que pour en faire une équipe!
Cela donne un film intéressant, car si notre force vient de ce que nous sommes il en est de même de nos faiblesses et nos peurs. Cela vient de notre histoire. Pour évoluer, il ne faut pas oublier notre passé, mais l'analyser et le surmonter. C'est ce que devront faire Max, Deniz et le capitaine de son club par exemple. Ce fut aussi le cas de l'Allemagne d'après-guerre, blessée par la division est-ouest. Un film psychosocial et politique à la fois.
Note
1. http://fr.wikipedia.org/wiki/Mur_de_Berlin
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France /Hors Concours / 2011 / N&B / 100 min
Réalisateur : Michel Hazanavicius Scénariste : Michel Hazanavicius
Photographie : Guillaume Schiffman Montage : Anne-Sophie Bion, Michel Hazanavicius
Interprètes : Jean Dujardin, Bérénice Bejo, John Goodman, James Cromwell, Penelope Ann Miller, Missi Pyle
À Hollywood en 1927, George Valentin est un acteur très célèbre de films muets. De son côté, Peppy Miller est une jeune figurante. L'arrivée des films parlants va bouleverser leur vie. Lui, autrefois véritable vedette, va tomber dans l'oubli, alors qu'elle va devenir une véritable star du cinéma parlant. Leur histoire d'amour sera alors traversée par de nombreux obstacles. « L'équipe de OSS 117 s'est reformée pour un projet audacieux: un film muet en noir et blanc sur une star du muet déchue. On connaissait la prédisposition de l'acteur Jean Dujardin pour le burlesque et le mime comme le talent de mise en scène de Hazanavicius pour recréer avec jubilation des univers cinématographiques passés de mode. Leur nouvelle association fonctionne à merveille: hommage brillant (photo et réalisation de grande classe) et émouvant (emploi d'une autre narration basée sur le langage du corps pour créer de l'émotion) au cinéma, à une période magique de Hollywood, porté par un acteur sensationnel, THE ARTIST réussit haut la main son pari audacieux de dépoussiérer et rendre accessible au public contemporain un genre oublié. On ressort de ce mélo comme on n'en fait plus le coeur léger et une expression de bonheur très appréciables. » (cinealliance.fr)
Michel Hazanavicius
Né à Paris (France) en 1967, Michel Hazanavicius commence sa carrière à la télévision en 1988. Il collabore sur Canal+ à divers programmes dont des sketchs des Nuls. Suivent des spots publicitaires pour plusieurs marques. Au cinéma, en 1993, il coréalise avec Dominique Mézerette LA CLASSE AMÉRICAINE. Sa carrière en solo démarre avec Échec au capital (1997). Et plus tard vient la réalisation du long métrage MES AMIS (1999) dans lequel il dirige son frère Serge Hazanavicius. Suivront: OSS 117: LE CAIRE, NID D'ESPIONS (2006) et OSS 117: Rio ne répond plus (2009), tous les deux avec Jean Dujardin. Jean Dujardin a obtenu le Prix d'interprétation masculine au dernier Festival de Cannes pour son rôle dans THE ARTIST.
20 aout 2011 • 19:10:00 • CINÉMA IMPÉRIAL • CI.20.5 • Sans parole
21 aout 2011 • 16:50:00 • CINÉMA QUARTIER LATIN 9 • L9.21.4 • Sans parole
Commentaires
de Michel Handfield (
En noir et blanc, presque entièrement muet! Mais, ce film nous montre un excellent jeu d'acteurs, notamment Jean Dujardin qui excelle en George Valentin, acteur narcissique qui ne laisse pas de place aux autres! Bel hommage au début du cinéma.
Ce film constitue aussi une leçon de cinéma, car on voit l'émotion crever l'écran par la seule force de l'image et de la musique en support! Que ce soit pour le flirt ou la jalousie, tout passe par le regard et le langage non verbal. Excellent, je le répète.
C'est ensuite un film historique, car on passe des années où tout semblait permis (1927) à la crise (1929), puis aux changements technologiques qui s'opèreront par la suite, comme l'arrivée du son!
Ces changements créeront des chocs autour d'eux, aussi durs que la crise, certaines vedettes étant alors mises de côté jusqu'à tomber dans l'oubli. Si elles avaient le physique de l'emploi pour le muet, elles n'ont pas nécessairement la bonne voix pour le parlant! Le même phénomène se reproduira d'ailleurs plus tard avec le passage de la radio à la télé. En effet, dans le passage des radioromans aux téléromans, certains comédiens n'ayant tout simplement pas le physique de leur personnage ont perdu leur rôle au profit d'autres comédiens. Les changements technologiques sont parfois ingrats et les retours en arrière souvent impossibles.
Mais, rien ne dit que les cartes ne pourront pas être rebrassées à nouveau. C'est ainsi qu'un comédien parfois laissé de côté peut avoir le profil pour un nouveau créneau des années plus tard. On le voit donc réapparaitre et on se demande alors pourquoi était-il disparu? Ce sera le cas de George Valentin qui réapparaitra à l'écran avec la comédie musicale qui suivra le parlant. J'ai alors pensé à Fred Astaire! (1)
Note
1. http://fr.wikipedia.org/wiki/Fred_Astaire
Hyperlien
www.youtube.com/watch?v=XvifS2QOun4
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Suède – Russie / Documentaires du monde / 2011 / Couleur / 85 min
Réalisateur : Marina Goldovskaya Scénariste : Marina Goldovskaya
Photographie : Marina Goldovskaya Montage : Dmitry Sushchev
Elle était courageuse, intrépide et belle. Dans sa quête pour mettre au jour les méfaits de l'État russe, Anna Politkovskaya inspirait l'admiration et la crainte dans plusieurs pays à travers le monde. Journaliste d'enquête pour le journal moscovite Novaya Gazeta, elle tenait souvent le rôle de porte-parole pour les victimes du gouvernement de Vladimir Poutine. Sa voix était unique, mais assez forte pour que tout le pays l'entende. À l'âge de 48 ans, elle a été assassinée parce qu'elle faisait tout simplement son travail. BITTER TASTE OF FREEDOM se penche sur cette affaire.
Marina Goldovskaya
Née en 1941, auteure de plus d'une trentaine de documentaires et d'une centaine de programmes pour la télévision, Marina Goldovskya reçoit de nombreux prix pour ses réalisations. Parmi ses films: The Experiment (1978), After the Harvest (1981), More Than Love (1991), A Taste of Freedom (1990), La Maison de la rue Arbat (1993), This Shaking World (1995), Three Songs for Russia (2008).
20 aout 2011 • 12:20:00 • CINÉMA QUARTIER LATIN 16 • L16.20.2 • Russe s.t.a.
22 aout 2011 • 19:20:00 • CINÉMA QUARTIER LATIN 16 • L16.22.5 • Russe s.t.a.
23 aout 2011 • 17:00:00 • CINÉMA QUARTIER LATIN 16 • L16.23.3 • Russe s.t.a.
25 aout 2011 • 11:30:00 • CINÉMA QUARTIER LATIN 16 • L16.25.1 • Russe s.t.a.
Commentaires
de Michel Handfield (
Anna Politkovskaya (1) faisait du journalisme d'enquête pour le journal moscovite Novaya Gazeta (http://en.novayagazeta.ru/). Elle n'avait pas peur de la controverse et critiquait le gouvernement de Vladimir Poutine.
Écrivant sur les questions sociales, cela l'a conduit à s'intéresser aux réfugiés de guerre. Puis, elle s'est intéressée de plus près à la guerre tchétchène. (2) De trop près cependant pour certains, prenant le parti de la population tchétchène qu'elle allait rencontrer malgré le danger! Son assassinat peut-il être en lien avec ses positions sur le sujet? On peut sérieusement se poser la question à la vue de ce film, car elle ne gagnait pas que de l'admiration pour son travail et ses prises de position. Certains lui reprochaient ouvertement ses « vues de femme » sur le sujet et d'autres d'avoir perdu son objectivité! (3) Et cela, c'était dans les milieux journalistiques. Alors, dans les milieux impliqués dans le conflit, on peut imaginer qu'elle avait quelques ennemis qui pouvaient lui en vouloir.
Son approche, « human interest », en faisait d'ailleurs une actrice malgré elle du conflit, parce qu'elle était sensible et qu'on percevait une sollicitude de sa part envers les victimes tchétchènes. Comme le souligne Mikhaïl Gorbatchev, ex-président de l'URSS (4) :
« C'était une idéaliste qui voulait changer les choses. Parfois, ça va mal pour les idéalistes. Je parle en connaissance de cause. »
Y a-t-il encore des journalistes de la trempe d'Anna Politkovskaya en Russie? Je leur souhaite, car le système revient à la dictature bureaucratique nous dit ce film! S'ils ne sont plus dans les grands médias, peut-être sont-ils sur la toile? C'est à suivre.
Notes
1. http://fr.wikipedia.org/wiki/Anna_Politkovskaïa
2. http://fr.wikipedia.org/wiki/Guerres_en_Tchétchénie
3. Mais, un(e) journaliste peut-il être toujours objectif ou l'objectivité ne vient-elle pas de différents points de vue bien exprimés? La question se pose à la lecture de Sébastien Bohler, 2010, LA TÉLÉ NUIT-ELLE À VOTRE SANTÉ ?, France : Dunod. www.somabec.com
4. http://fr.wikipedia.org/wiki/Mikhaïl_Gorbatchev
D.I., Delinkan Intellectuel, revue d'actualité et de culture, Vol. 13 no 8, Textes ciné et culture : www.societascriticus.com
Suisse / Regards sur les cinémas du monde / 2011 / Couleur / 11 min
Réalisateur : Patrick Chappatte Scénariste : Patrick Chappatte
Photographie : Marco Dellamula Montage : Marco Dellamula
Au cours de la dernière offensive en territoire libanais, l'armée israélienne a laissé sur place des centaines de milliers d'engins explosifs. Les paysans en trouvent encore dans leurs champs.
Patrick Chappatte
Né en 1967 au Pakistan, Patrick Chappatte est dessinateur de presse du quotidien Le Temps à Genève et de nombreuses publications internationales où il diffuse, entre autres, des reportages en bande dessinée.
20 aout 2011 • 12:20:00 • CINÉMA QUARTIER LATIN 16 • L16.20.2 • Français s.t.a.
22 aout 2011 • 19:20:00 • CINÉMA QUARTIER LATIN 16 • L16.22.5 • Français s.t.a.
23 aout 2011 • 17:00:00 • CINÉMA QUARTIER LATIN 16 • L16.23.3 • Français s.t.a.
25 aout 2011 • 11:30:00 • CINÉMA QUARTIER LATIN 16 • L16.25.1 • Français s.t.a.
Commentaires
de Michel Handfield (
Avec les bombes à sous-munitions, le fantôme de la guerre rôde toujours, même après qu'elle est terminée, car ces bombes, enfouies dans le sol, peuvent exploser n'importe quand si on passe dessus, mais pas nécessairement la première fois! C'est ce qui fait que les champs ne sont jamais surs; personne n'est à l'abri de perdre une jambe, un bras ou la vie.
Inventées par les nazis,elles sont encore utilisées par les grandes puissances et ceux qu'elles arment! Un film qu'on devrait projeter à l'ONU même si l'intérêt financier et stratégique des différents pays et de leurs alliers, membre du complexe militaro-industriel mondial, risque de l'emporter sur les consciences individuelles, car il y a des intérêts politiques et économiques en jeu qui dépassent la seule raison! Est-ce dire qu'on est dans la déraison? Poser la question, c'est y répondre.
À noter qu'on pourrait tirer les mêmes conclusions au sujet de l'environnement.
Hyperlien
www.youtube.com/watch?v=rhMNGtDA4rA
DER GANZ GROSSE TRAUM (LES LEÇONS D'UN RÊVE)
D.I., Delinkan Intellectuel, revue d'actualité et de culture, Vol. 13 no 8, Textes ciné et culture : www.societascriticus.com
Allemagne /Compétition mondiale / 2011 / Couleur / 113 min
Réalisateur : Sebastian Grobler Scénariste : Philipp Roth, Johanna Stuttmann
Photographie : Martin Langer Montage : Dirk Grau
Interprètes : Daniel Bruehl, Burghart Klaussner, Kathrin Von Steinburg, Justus Von Dohnanyi, Axel Prahl, Jurgen Tonkel, Thomas Thieme
Allemagne, 1874. Jeune enseignant, Konrad Koch est embauché dans une école allemande pour garçons aux méthodes strictes pour enseigner l'anglais. Von Merfeld, le directeur de l'établissement, est un homme qui aspire au changement, et c'est pour cette raison qu'il a choisi Koch, afin qu'il puisse apporter un nouveau souffle à cette institution aux idées surannées. Dès sa première journée, le jeune instituteur remarque l'aspect vétuste de l'établissement. Tout ce que les jeunes ont appris sur l'Angleterre n'est qu'un ramassis de préjugés transmis de génération en génération. Pour susciter l'enthousiasme de ses élèves, il emploie une méthode inusitée, celle de la pratique du sport, en l'occurrence le soccer, discipline importée d'Angleterre. Mais, bientôt cette approche non conventionnelle va lui attirer des ennemis: des parents influents, des dignitaires locaux et surtout ses collègues qui croient fermement aux vertus des manoeuvres militaires et de la discipline prussiennes.
Sebastian Grobler
Après des études d'allemand, de psychologie et d'histoire, Sebastian Grobler commence sa carrière cinématographique comme assistant à la réalisation sur plusieurs téléfilms, dont THE DEATHMAKER (1995), BEYOND SILENCE (1996) et DER KONIG VON ST. PAULI (1998). En 2003, son film de graduation, Morgen fruh is die Nacht rum, reçoit le Studio Hambourg Young Talent Award. Il réalise de nombreuses téléséries et enseigne le cinéma à l'Université de Hambourg, ainsi qu'à la Filmakademie de Ludwigsburg. LES LEÇONS D'UN RÊVE est sa première incursion dans le domaine du long métrage de fiction.
23 aout 2011 • 11:20:00 • CINÉMA IMPÉRIAL • CI.23.2 • Allemand s.t.a.
23 aout 2011 • 21:30:00 • THÉATRE MAISONNEUVE • TM.23.2 • Allemand s.t.a.
24 aout 2011 • 16:30:00 • CINÉMA IMPÉRIAL • CI.24.4 • Allemand s.t.a.
Commentaires
de Michel Handfield (
Brunswick, 1874, trois ans après l'année terrible. (1)
À l'époque, la gymnastique semblait davantage à de la « drill » (2) chez les Prussiens que ce que l'on connait aujourd'hui, car ils avaient un attachement à la discipline militaire, voir une conception stricte et ordonnée des choses. Chacun devait être à son rang! L'élite a la sienne, accompagnée d'une très haute estime d'elle-même, et le petit peuple en bas, qui devait être à son service et en admiration devant elle.
Mais, à Brunswick, le directeur de l'établissement scolaire cherche à changer cela. Il a même accepté Joost, le fils d'une prolétaire, dans le programme scolaire. (3) Celui-ci est cependant victimisé par les autres, mené par Felix Hartung, fils d'un riche marchand de la ville et gardien des valeurs de la droite qui le servent bien! Il ne parle pas de partage, ni d'égalité des chances à son fils. Au contraire, il se demande plutôt où on s'en va si les prolétaires envoient leurs enfants à l'école avec les riches!
Qand arrive le nouveau prof d'anglais, Konrad Koch, ce n'est déjà pas très bien accepté, car les Prussiens se sentent bien supérieurs aux Français et aux Britanniques. Alors, pourquoi apprendre cette langue de barbares? Qu'il ait étudié à Oxford plutôt que de faire la guerre de 1870, ne lui attire pas non plus la sympathie, car ce n'est pas très nationaliste pour un fils de militaire prussien! On lui dit même « Prenez votre père en modèle. Il est mort pour la patrie! » Et, lui, de répondre : « Il est surtout mort! »
Koch ne s'en laisse pas imposer et dit à sa classe que les Anglais ne sont pas les ignares qu'ils croient; des préjugés racistes et de l'ignorance. Mais, face à ses méthodes, comme de faire pratiquer l'anglais par le jeu (football), on le prend de haut et on voudrait surtout s'en débarrasser, car « il a importé des méthodes anglaises pour pervertir la jeunesse prussienne! » Bref, on hurle au complot, mené par les Hartung, fils et père! On verra d'ailleurs le père chercher à orienter l'opinion publique contre ce professeur et ses méthodes en achetant littéralement la presse, c'est-à-dire en commanditant des articles allant contre ce sport dégénéré et Konrad Koch lui-même! Un procédé qui existe encore aujourd'hui, certains médias poussant les idées de leurs propriétaires parfois un peu loin!
Bref, un film intéressant où l'on a droit aux notions de la supériorité prussienne sur les Anglais et les Français d'une part et de la supériorité innée de l'élite sur les classes laborieuses d'autre part. Cela préfigure des conflits à venir, auxquels conduit justement cette conception stricte de la supériorité des races, car si on est supérieur on devrait être à la tête du monde! De là à vouloir conquérir cette position, il n'y a qu'un pas qu'Hitler a tenté de franchir quelques décennies plus tard.
Mais, revenons au soccer, où le meilleur joueur n'est pas Hartung, mais Joost, ce qui permet son intégration dans le groupe, car l'équipe a besoin de lui! Un pied de nez bien involontaire à cette pensée prussienne de l'ordre hiérarchique, perçu alors comme un complot ourdi par les Britanniques, dont Koch serait l'agent provocateur, pour miner les bases du système prussien! Bref, il est l'ennemi de la société bienpensante et le soccer une arme terroriste contre le régime. D'ailleurs, le soccer fut interdit jusqu'en 1927 dans certaines régions de l'Allemagne! Cette intransigeance prussienne explique en partie l'intérêt de Karl Marx pour la lutte des classes et le fait qu'il se soit réfugié en Angleterre, plus libérale, car il était persona non grata dans son pays!
Un film intéressant qui, je l'espère, devrait aller en salle. Basé sur certains faits réels, c'est néanmoins une fiction. Ainsi :
« Selon Malte Oberschelp, historien spécialisé en football, Konrad Koch est dépeint dans le film comme étant plus progressiste qu’il ne l’était en réalité. « Der ganz grosse Traum le présente comme un professeur d’anglais moderne, presque antiautoritaire, qui entend rompre avec des traditions scolaires allemandes sclérosées. Il apparait également pacifiste à l’heure où l’empire allemand est sous le joug militaire. En réalité, Koch était conservateur et patriote, il enseignait le latin et le grec. Ses seuls élans réformistes se limitaient au football et au cricket. » » (4)
Notes
1. L'Année terrible est un recueil de poèmes de Victor Hugo publié en 1872. Il retrace l'année 1870 durant laquelle la France souffrit parallèlement d'une guerre contre la Prusse (ancienne Allemagne) et d'une guerre civile à Paris. (Source: http://fr.wikipedia.org/wiki/L'Année_terrible). Cette guerre se termina en 1871, ce dont relate le début de ce film.
2. http://fr.wikipedia.org/wiki/Drill_(éducation)
3. J'ai réussi à retracer les noms qui me manquaient sur « Der ganz große Traum » du site kinocritics.com. Pour ce texte, en anglais, voir www.kinocritics.com/film_review.php?f=1134
4. Le grand rêve, sur le site FIFA World, mardi 24 mai 2011 : http://fr.fifa.com/worldfootball/news/newsid=1440043.html
Hyperliens
http://fr.wikipedia.org/wiki/Duch%C3%A9_de_Brunswick-Lunebourg
D.I., Delinkan Intellectuel, revue d'actualité et de culture, Vol. 13 no 8, Textes ciné et culture : www.societascriticus.com
Canada – Suisse / Compétition mondiale / 2011 / Couleur / 7 min
Réalisateur : Georges Schwizgebel
Scénariste : Georges Schwizgebel
Un homme et une femme sont assis côte à côte dans un avion. L'esprit du voyageur bascule bientôt dans une autre réalité sous l'influence de l'inconnue. Ce film d'animation de Georges Schwizgebel, réalisé au crayon, au pastel et à l'acrylique, abolit les frontières entre les fantasmes et la réalité, et épouse les contours du deuxième mouvement de la Sonate no 19 pour piano et violoncelle de Rachmaninov.
Georges Schwizgebel
L'un des grands noms du cinéma d'animation contemporain, Georges Schwizgebel est né à Reconvilier en Suisse, en 1944 et cofonde en 1971 le Studio GDS en Suisse. Il a réalisé 14 courts métrages récompensés de nombreux prix, parmi lesquels Le Vol d'Icare (1974), Hors-jeu (1977), 78 Tours (1985), Le Sujet du tableau (1989), La jeune fille et les nuages (2000), L'Homme sans ombre (2004), Jeu (2006) et Retouches (2008).
24 aout 2011 • 09:00:00 • CINÉMA IMPÉRIAL • CI.24.1 • Sans parole
24 aout 2011 • 19:00:00 • THÉATRE MAISONNEUVE • TM.24.1 • Sans parole
25 aout 2011 • 14:30:00 • CINÉMA IMPÉRIAL • CI.25.3 • Sans parole
Commentaires
de Michel Handfield (
Un homme, une femme, côte à côte dans un avion. Puis, ils vivent une aventure. Romance? À moins que ce ne soit de l'ordre du rêve éveillé!
Un film philosophico romantique sur le désir! Mais, le désir ne peut parfois qu'être un fantasme, les gens étant occupés ailleurs. Si, rationnellement, ils le savent, l'esprit, lui, peut créer ses propres images... comme du cinéma d'animation personnel. Notre salle de cinéma privée!
D.I., Delinkan Intellectuel, revue d'actualité et de culture, Vol. 13 no 8, Textes ciné et culture : www.societascriticus.com
France / Compétition mondiale / 2011 / Couleur / 85 min
Réalisateur : Emmanuel Mouret Scénariste : Emmanuel Mouret
Photographie : Laurent Desmet Montage : Martial Salomon
Interprètes : François Cluzet, Frédérique Bel, Julie Depardieu, Judith Godrèche, Laurent Stocker, Gaspard Ulliel, Élodie Navarre
Au moment où l'on devient amoureux, à cet instant précis, il se produit en nous une musique particulière. Elle est pour chacun différente et peut survenir à des moments inattendus. «Dans L'ART D'AIMER, chaque situation interroge la problématique du désir et propose l'examen d'un cas de conscience. Mes personnages prétendent être libres et souhaitent assouvir leurs désirs en toute transparence. Ça m'amuse et me fascine. Ça me permet surtout d'interroger nos usages présents et aussi, l'air de rien, de poser des questions morales, même si elles ne sont jamais moralisatrices... Mes personnages sont confrontés à des situations d'empêchement moral, de négociation avec eux-mêmes et avec les autres. Ces cheminements pour être en accord avec un désir par nature instable m'intéressent. D'autre part, ils sont garants de fiction et de suspense. En tant que spectateur, j'aime être impatient de connaitre la suite. Je pratique de même en tant que cinéaste.» -- Emmanuel Mouret
Emmanuel Mouret
Né à Marseille (France) en 1970, Emmanuel Mouret fait des études d'art dramatique puis de cinéma à la Femis, et se lance dans une carrière de scénariste et de réalisateur. On lui doit: Promène-toi donc tout nu! (1999), pout lequel il avoue s'être inspiré autant d'Éric Rohmer que de Sacha Guitry, Montre-moi (1994), Il n'y a pas de mal (1997), Caresse (1998), LAISSONS FAIRE LUCIE (2000), sorte de divertissement sentimental, VÉNUS ET FLEUR (2004), sélectionné pour la Quinzaine des réalisateurs au Festival de Cannes et présenté au Festival des films du monde de Montréal, CHANGEMENT D'ADRESSE (2006), UN BAISER S'IL VOUS PLAÎT (2007) et FAIS-MOI PLAISIR (2009).
24 aout 2011 • 09:00:00 • CINÉMA IMPÉRIAL • CI.24.1 • Français s.t.a.
24 aout 2011 • 19:00:00 • THÉATRE MAISONNEUVE • TM.24.1 • Français s.t.a.
25 aout 2011 • 14:30:00 • CINÉMA IMPÉRIAL • CI.25.3 • Français s.t.a.
Commentaires
de Michel Handfield (
Il n'y a pas d'amour sans musique. Alors, tous les couples ont la leur. Ça donne un film plaisant au premier abord.
Au second degré, on est face à un film cynique et ironique à la fois. Ainsi, si faire l'amour est une question de santé et d'hygiène, tous devraient y avoir accès. Ce serait même un service essentiel. Alors, on devrait pouvoir prêter son compagnon à nos amies dans le besoin comme pour la redistribution du fric par l'impôt! Facile à placer dans une conversation, mais de là a le faire... Comme l'a déjà dit Pascal : « Le coeur a ses raisons que la raison ne connait point; on le sait en mille choses. » (1)
Note
1. Blaise Pascal, Pensées sur la religion et sur quelques autres sujets, version électronique :
www.ub.uni-freiburg.de/fileadmin/ub/referate/04/pascal/pensees.pdf
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France – Belgique / Hors Concours / 2010 / Couleur / 105 min
Réalisateur : Thierry Klifa Scénariste : Thierry Klifa, Christopher Thompson
Photographie : Julien Hirsch Montage : Luc Barnier
Interprètes : Catherine Deneuve, Géraldine Pailhas, Niccolas Duvauchelle, Marina Fois, Marisa Paredes, Jean-Marc Barr, Karole Rocher
Mathieu, un écrivain en mal d'inspiration, a l'habitude d'infiltrer un milieu pendant des mois avant d'en révéler tous les détails sordides dans des livres qu'il ne signe pas. Sa prochaine cible: Lena Weber, célèbre présentatrice du 20 heures, qui a toujours entretenu une relation ambigüe avec sa fille, Maria, devenue danseuse étoile. Pendant ce temps, en Bretagne, un garçon de 20 ans, Bruno, qui habite avec ses parents, ne connait pas encore les conséquences de toute cette histoire sur son existence. « Pudique, le réalisateur dose ses effets, et a bien assimilé (Claude) Sautet pour offrir un film plus personnel: après tout, Mathieu, c'est un peu Thierry Klifa, l'enquêteur sans concession qui finit par abolir la distance avec son sujet, le cinéma, jusqu'à la fusion. Mathieu, qui a perdu sa mère, ne supporte pas de voir ces femmes négliger l'essentiel: aimer leur enfant tant qu'il en est temps. Son histoire touche, tout comme celle de Jean-Baptiste Lafarge, Jean-Marc Barr et Marina Fois, contrechants de cette folie parisienne qui, du fin fond de la Bretagne, vont voir leurs destins liés à ces géants bien fragiles et, finalement, attachants. Regardez-les bien dans les yeux, vous aurez beaucoup à découvrir. » Emmanuel Cirodde (L'Express.fr)
Thierry Klifa
Cinéphile dès son plus jeune âge, Thierry Klifa entre dans l'univers du 7e art par la voie du journalisme. En 1991, il intègre ainsi le mensuel Studio, auquel il collabore durant 11 ans aux côtés d'autres futurs cinéastes qui ont pour nom Marc Esposito ou Denis Parent. En 2001, il signe Émilie est partie, son premier court métrage, avec entre autres, Michaël Cohen, qui deviendra son acteur-fétiche. Il poursuivra avec UNE VIE À T'ATTENDRE (2004) et Héros de la famille (2006).
28 aout 2011 • 10:00:00 • CINÉMA IMPÉRIAL • CI.28.1 • Français
28 aout 2011 • 19:00:00 • THÉATRE MAISONNEUVE • TM.28.1 • Français
Commentaires
de Michel Handfield (
Pour Mathieu, un écrivain doit écrire sur tout ce qu'il voit et entend. Il n'a pas de filtre! Il joue un rôle de dénonciateur. Mais, peut-on tout dire? Quelles en sont les conséquences sur les personnes? D'ailleurs, qui aimerait vivre dans une maison de verre? Même Mathieu n'aimerait pas.
Il s'en prend ici à Lena Weber, célèbre présentatrice du téléjournal de 20 heures. Pour atteindre son niveau, qu'a-t-elle sacrifié? Qui a-t-elle blessée? Il faut tout savoir même si pour cela on ouvre parfois des blessures ou on fait de nouvelles victimes, car le public veut savoir! S'il ne le sait pas encore, il voudra le savoir après la promotion du livre, car on sait créer la demande!
Comme un chasseur, Mathieu se camoufle dans leur milieu et les traque. Sous prétexte de travail d'enquête, il provoque les évènements, parfois au point de faire perdre pied à ces sujets, ce qui peut avoir des conséquences fâcheuses pour eux. Mais, il n'a que faire de cela, sauf si ça fait vendre! Information ou manipulation? C'est une des questions du film.
Pour ma part, je penche pour la manipulation et ce film est une forme de dénonciation d'un certain type de journalisme qui existe, même si on a ici affaire à un écrivain. C'est que la ligne est parfois mince entre l'écrivain qui enquête et le journaliste qui fait du roman. D'ailleurs, plusieurs franchissent la frontière entre ces deux genres au cours de leur carrière!
Bref, ce film est l'occasion d'un regard fort intéressant sur les médias. À ce sujet, il faut savoir que le réalisateur « fut d'abord journaliste au magazine Studio » (1), de quoi donner plus de crédibilité à ce film.
Finalement, dans sa facture, j'ai pensé à Lelouch, notamment « Les uns les autres » avec tous ses chassés-croisés. J'ai apprécié.
Note
1. http://fr.wikipedia.org/wiki/Thierry_Klifa
Hyperliens
www.youtube.com/watch?v=HXxl3DlVmRw
CHE BELLA GIORNATA (QUELLE BELLE JOURNÉE)
D.I., Delinkan Intellectuel, revue d'actualité et de culture, Vol. 13 no 8, Textes ciné et culture : www.societascriticus.com
Italie / Compétition mondiale / 2010 / Couleur / 97 min
Réalisateur : Gennaro Nunziante Scénariste : Luca Medici, Gennaro Nunziante
Photographie : Federico Masiero Montage : Pietro Morana
Interprètes : Checco Zalone, Nabiha Akkari, Annarita del Piano, Rocco Papaleo, Michele Alhaique, Mehdi Mahdloo, Luigi Luciano
Originaire du sud de l'Italie, Checco travaille dans une discothèque de la banlieue, mais rêve cependant de joindre le corps de police militaire. S'il peut compter sur l'appui des relations familiales mafieuses, celles-ci ne peuvent lui garantir qu'un emploi d'agent de sécurité dans la cathédrale de Milan. Sa stupidité inépuisable fait bientôt de lui le pigeon idéal pour Sufien et sa soeur Farah lorsqu'ils planifient de bombarder le célèbre toit de la cathédrale. Par le biais de la comédie, QUELLE BELLE JOURNÉE aborde les thèmes de la corruption, l'église, le terrorisme et la division entre le Sud et le Nord. «Présentée comme une comédie politiquement incorrecte, QUELLE BELLE JOURNÉE est devenue en Italie l'un des plus grands succès aux guichets après seulement deux semaines d'exploitation, récoltant 42 millions de dollars et assurant du même coup la carrière de Checco Zalone.» -- Jay Weissberg (Variety)
Gennaro Nunziante
Né à Bari (Italie) en 1963, Gennaro Nunziante travaille comme acteur, scénariste et réalisateur pour la télévision et le cinéma. Entre autres, on lui doit les scénarios de LIBERATE I PESCI! (2000), de Cristina Comencini, IL GRANDE BOTTO (2000), de Leone Pompucci et COMMEDIASEXI (2006), d'Alessandro D'Alatri. On le voit dans IL GRANDE BOTTO et dans CASOMAI (2002), de D'Alatri. Comme réalisateur, il signe CADO DALLE NUBBI (2009).
27 aout 2011 • 09:00:00 • CINÉMA IMPÉRIAL • CI.27.1 • Italien s.t.a.
27 aout 2011 • 19:00:00 • THÉATRE MAISONNEUVE • TM.27.1 • Italien s.t.a.
28 aout 2011 • 13:30:00 • CINÉMA IMPÉRIAL • CI.28.2 • Italien s.t.a.
Commentaires
de Michel Handfield (
Checco travaille dans une discothèque, mais veut un emploi de carabinier. Pour le plaisir et la position! D'ailleurs, en entrevue d'embauche, il raconte comment c'est un emploi plaisant, vu tous les privilèges qui viennent avec! « Mon oncle était carabinier... » Bref, ce qui l'intéresse ce n'est pas tant le travail que les à-côtés : les abus de pouvoir que la position permet!
Tout semble arrangements et retour d'ascenseur en Italie; tant avoir un emploi que régler un baptême! Les papiers (diplômes), ce n'est pas important; mais, qui tu connais, ce l'est. L'État de droit semble une fantaisie de l'esprit et le pistonnage la réalité! Pas surprenant que les Italiens ne semblent pas avoir confiance dans l'institution de l'État.
Cynique et ironique à souhait, c'est un film qui fait du bien. On rit de bon cœur sur le coup, mais on réfléchit après, car il y a de quoi penser à l'État de corruption avancé dans lequel on est. Malgré tout ce qu'on dit du sérieux des processus d'embauche, engage-t-on vraiment le meilleur candidat? C'est comme pour les appels d'offres. Garantissent-ils vraiment le meilleur travail? Pas sûr! Vraiment pas sûr! Et vous?
S'il y a parfois de quoi brailler sur la réalité, là on peut vraiment en rire. En Italie comme au Québec.
Hyperlien
www.youtube.com/watch?v=AZ3dKcXw2co
D.I., Delinkan Intellectuel, revue d'actualité et de culture, Vol. 13 no 8, Textes ciné et culture : www.societascriticus.com
Pologne – France / Compétition mondiale / 2010 / Couleur / 108 min
Réalisateur : Rafael LewandowskI Scénariste : Iwo Kardel, Rafael Lewandowski
Photographie : Piotr Roslowski Montage : Agnieszka Glinska
Interprètes : Borys Szyc, Marian Dziedziel, Magdalena Czerwinska, Wojciech Pszoniak, Bartlomiej Topa
Pawel est le fils de Zygmunt, un mineur membre du mouvement Solidarité et donc engagé dans l'opposition contre le régime communiste. Accusé de coopérer avec la police secrète en tant qu'agent infiltré (une taupe), Zygmunt se retrouve confronté, après la chute du système communiste, à un processus de lustration devant la commission spéciale de vérification. Il nie avoir coopéré. Mais la commission va interroger un ancien agent de la police secrète, celui qui a personnellement enrôlé Zygmunt. La situation se complique du fait que Ewa, la femme de Pavel, est la fille d'un mineur tué lors de la grève de Solidarité. « Les jeunes Polonais d'aujourd'hui jouissent d'une liberté que leurs parents et grands-parents ne pouvaient sentir qu'en rêve. Mais en même temps, ils sont confrontés brutalement aux problèmes que ce changement de système politique a engendrés. J'ai raconté cette histoire selon la perspective des jeunes. Mon but était de montrer les conséquences du recours aux inspections sauvages et à la folie des dossiers qui caractérisent la Pologne d'aujourd'hui, notamment dans la sphère de la vie privée, et comment cette situation peut affecter les rapports entre un père et son fils. » Rafael Lewandowski
Rafael Lewandowski
Né en 1969 d'une mère française et d'un père polonais, Rafael Lewandowski réalise des films amateurs en Super 8 dès son adolescence. Il s'oriente ensuite vers des études de cinéma tout en devenant assistant sur de nombreux tournages. En 1966, il est diplômé en réalisation de la FEMIS. Il tourne quelques courts métrages (Journée de fin d'été, Moteur, Un ranch au Nevada) et des documentaires, Cela (1996), Une ombre dans les yeux (1998), Audiences (1999), ENFANTS DE SOLIDARNOSC (2005). Ses films ont été sélectionnés et primés dans de nombreux festivals à travers le monde et diffusés à maintes reprises à la télévision. LA TAUPE est son premier long métrage de fiction.
26 aout 2011 • 09:00:00 • CINÉMA IMPÉRIAL • CI.26.1 • Polonais s.t.a. + s.t.f.
26 aout 2011 • 19:00:00 • THÉATRE MAISONNEUVE • TM.26.1 • Polonais s.t.a. + s.t.f.
27 aout 2011 • 14:00:00 • CINÉMA IMPÉRIAL • CI.27.3 • Polonais s.t.a. + s.t.f.
Commentaires
de Michel Handfield (
Nous avons eu droit à la version DVD à cause de problèmes techniques avec la bande originale.
Pawel et son père, Zygmunt, font du commerce pour vivre. Dans le vêtement. Mais, dans une autre vie, si je peux me permettre l'expression, Zygmunt fut mineur et un des leadeurs de Solidarité à la mine, où il y eut grève et mort d'homme suite aux affrontements avec la police. Cet homme, décédé à l'époque, était le père d'Ewa, la femme de Powel. Elle a d'ailleurs travaillé d'arrachepied à faire reprendre le procès pour enfin connaitre la vérité.
Puis, dans un journal, Pawel apprend qu'on soupçonne son père d'avoir été la taupe pour les forces du régime communiste à l'époque, ce qui veut dire d'être responsable de la mort de celui qui serait aujourd'hui son beau-père! Malaise en la demeure, car tout ce monde vit sous le même toit! Et comme Zygmunt n'est pas d'accord avec ce nouveau procès, serait-ce une forme d'aveu de sa part?
Dans ce film, on suit surtout le père et le fils qui n'ont pas la même vision de la Pologne, car pour le père la liberté est un leurre (« Tu ne sais pas de quoi sont capables les rouges! ») alors que pour le fils cette Pologne n'existe plus. Mais, si elle existait encore? Parfois les régimes changent, mais on brasse les mêmes cartes! Qui a eu du pouvoir ne le laisse pas aller sans se protéger.
Un film intéressant sur les suites du démantèlement de l'ex-URSS. On peut avoir démantelé un système, mais ça ne veut pas dire que l'on a déboulonné les façons de faire et les mentalités.
Hyperliens :
Boleslaw Smialy Coal Mine, Poland :
www.rmg.se/RMDEntities/B2/Boleslaw_Smialy_Coal_Mine_1BOLES.htm
http://fr.wikipedia.org/wiki/Solidarnosc
Lecture suggérée
TOURAINE, Alain et coll., 1982, Solidarité, France: Fayard
D.I., Delinkan Intellectuel, revue d'actualité et de culture, Vol. 13 no 8, Textes ciné et culture : www.societascriticus.com
Allemagne / Regards sur les cinémas du monde / 2011 / Couleur / 14 min
Réalisateur : Damian John Harper Scénariste : Damian John Harper
Photographie : Friede Clausz Montage : Lena Hatebur
Interprètes : Neal Kodinsky, Damion Omar Lee, Connor J Smith, Julio Cesar Pérez, Ron Braunstein, Glenn Fleary
Un après-midi, Dan est brutalement agressé par un gang du voisinage. Angel, le chef de la bande de Dan, le somme d'assassiner son assaillant pour gagner officiellement le signe distinctif du clan: un tatouage représentant une larme sous l'oeil droit.
Damian John Harper
Damian John Harper est né en 1978 à Boulder, au Colorado. Après son baccalauréat en anthropologie, il entreprend des études en réalisation documentaire et publicitaire en 2006 à l'École du cinéma et de la télévision à Munich, en Allemagne. Sa filmographie comprend les documentaires Mania et Mother of Exiles (2008).
24 aout 2011 • 10:00:00 • CINÉMA QUARTIER LATIN 13 • L13.24.1 • Anglais
25 aout 2011 • 19:00:00 • CINÉMA QUARTIER LATIN 13 • L13.25.5 • Anglais
26 aout 2011 • 14:20:00 • CINÉMA QUARTIER LATIN 13 • L13.26.3 • Anglais
28 aout 2011 • 16:20:00 • CINÉMA QUARTIER LATIN 13 • L13.28.4 • Anglais
Commentaires
de Michel Handfield (
Sur l'engrenage de la violence et l'appartenance à un clan pour se protéger. On a beau se dire dans la civilisation, il existe encore des comportements qui remontent à nos ancêtres des cavernes! Dans ces conditions, la ligne est parfois mince entre protection et agression.
D.I., Delinkan Intellectuel, revue d'actualité et de culture, Vol. 13 no 8, Textes ciné et culture : www.societascriticus.com
Allemagne / Regards sur les cinémas du monde / 2011 / Couleur / 88 min
Réalisateur : Jan Schomburg Scénariste : Jan Schomburg
Photographie : Marc Comes Montage : Bernd Euscher
Interprètes : Sandra Huller, Georg Friedrich, Felix Knopp
Martha est enseignante tandis que son compagnon Paul est sur le point de devenir médecin à Marseille. À peine installé en France, Paul met fin à ses jours. Cherchant à comprendre la mort de son mari, Martha est sous le choc quand elle apprend que Paul avait renoncé à ses études de médecine depuis longtemps et qu'aucun emploi ne l'attendait à Marseille. Lors d'une visite universitaire, elle rencontre Alexandre, un conférencier historien, qui lui rappelle par bien des aspects Paul. Sans lui confier son deuil, elle tombe amoureuse de lui et se met à le fréquenter.
Jan Schomburg
Né à Aix-la-Chapelle (Allemagne) en 1976, Jan Schomburg travaille comme réalisateur, scénariste, directeur de production et assistant à la réalisation. On lui doit: Winterspruch (1999), Turnverein (2001), Nie solo sein (2004), Esther (2005) et le téléfilm Innere Verte (2007). UBER UNS DAS ALL est son premier long métrage de fiction pour le grand écran.
24 aout 2011 • 10:00:00 • CINÉMA QUARTIER LATIN 13 • L13.24.1 • Allemand s.t.a.
25 aout 2011 • 19:00:00 • CINÉMA QUARTIER LATIN 13 • L13.25.5 • Allemand s.t.a.
26 aout 2011 • 14:20:00 • CINÉMA QUARTIER LATIN 13 • L13.26.3 • Allemand s.t.a.
28 aout 2011 • 16:20:00 • CINÉMA QUARTIER LATIN 13 • L13.28.4 • Allemand s.t.a.
Commentaires
de Michel Handfield (
Paul Sabel, médecin spécialiste allemand récemment diplômé, dit à sa femme et ses amis qu'il a eu une offre pour Marseille. On fête et il part. Martha, professeure d'école, prépare le déménagement, puis apprend son suicide. Elle ne le croit pas...
Elle mènera sa petite enquête pour comprendre le mensonge et la réalité de Paul et s'apercevra rapidement que sa vie était une fiction. Elle ne connaissait personne autour de son mari et ceux qui devraient le connaitre ne savent même pas qui il est!
On s'attend à une enquête plus approfondie de sa part, mais lorsqu'elle va à l'université pour comprendre, elle rencontre alors Alexandre, qu'elle voit comme la copie de Paul. Elle se donnera à lui de façon surprenante, dans une rationalité déconcertante. Mais, cela a du sens, car si la vie de Paul était une fiction, elle « delete » tout simplement cette vie pour reprendre la sienne en main comme si cet épisode n'avait jamais existé. Comme à l'ordi, après avoir effacé l'épisode Paul, elle recolle le reste de sa vie comme s'il n'avait jamais été là. Mais, la vie n'est pas aussi simple que cela même si on le voulait, car les autres ne sont pas toujours comme on les veut dans nos scénarios. Ils voudraient parfois comprendre ce qu'on veut faire d'eux!
Un film tout allemand dans sa structure et son mode de pensée, car il s'agit du pays de Kant, Nietzsche et Hegel; celui du Thèse / Antithèse / Synthèse! Ne l'oublions pas.
Hyperliens
www.youtube.com/watch?v=N-BqHjCZ8zU
http://fr.wikipedia.org/wiki/Emmanuel_Kant
http://fr.wikipedia.org/wiki/Friedrich_Nietzsche
http://fr.wikipedia.org/wiki/Georg_Wilhelm_Friedrich_Hegel
IN FILM NIST/ CECI N'EST PAS UN FILM / THIS IS NOT A FILM
D.I., Delinkan Intellectuel, revue d'actualité et de culture, Vol. 13 no 8, Textes ciné et culture : www.societascriticus.com
France / Hors Concours / 2011 / Couleur / 75 min / s.t.a.
Réalisateur : Jafar Panahi, Mojtaba Mirtahmasb
Scénariste : Jafar Panahi
Montage : Jafar Panahi
Cela fait des mois que Jafar Panahi attend le verdict de la cour d'appel. À travers la chronique d'une journée dans la vie du cinéaste iranien, Panahi lui-même et son compatriote, le réalisateur Mojtaba Mirtahmasb, tentent de percer les limites qui se dessinent aujourd'hui dans le cinéma iranien. «Comprendre ce paradoxe prometteur nous a aidés à ne pas perdre espoir et à continuer à persévérer puisque nous croyons que peu importe l'endroit où nous soyions, nous aurons à faire face à des problèmes, quelle que soit leur nature. Mais il est de notre devoir de ne pas nous sentir vaincus et de trouver des solutions. Le fait d'être en vie et le rêve que nous avons toujours caressé de garder le cinéma intact nous ont convaincus que tout cinéaste ne peut blâmer que lui-même s'il n'arrive pas à faire des films. La nature transparente du cinéma ne se limite pas à tracer la voie à suivre aux créateurs afin qu'ils arrivent à surmonter les problèmes, mais dans le processus même de création, chacune de ses limites peut se transformer en sujet de film. Aujourd'hui, la réalité désagréable qui gouverne à sa façon le cinéma iranien et ses cinéastes nous a conduits à ne pas ignorer cet état des choses (sans doute passager) et à en déceler quelques fragments qui se reflètent en nous.» -- Jafar Panahi, Mojtaba Mirtahmasb
Jafar Panahi, Mojtaba Mirtahmasb
Né à Miianeh (Iran) en 1960, Jafar Panahi grandit dans les quartiers modestes de la capitale iranienne. Par la suite, il étudie la réalisation à la faculté de cinéma et de télévision du Collège IRIB de Téhéran. À partir de 1995, avec LE BALLON BLANC, il exerce une influence contagieuse dans le milieu de la critique et de la cinéphilie, et qui se perpétue de film en film. Il assure la présidence du jury du FFM en 2009. En mars 2010, il est arrêté par les autorités iraniennes sous prétexte qu'il avait planifié de faire un film sur le soulèvement entourant les présidentielles controversées de 2009. L'an dernier, le festival lui a consacré une rétrospective de ses films.
Assistant réalisateur et producteur sur quelques films iraniens, Mojtaba Mirtahmasb a réalisé Lady of the Roses (2008), moyen métrage documentaire. Il s'est joint à Jafar Panahi pour la réalisation de CECI N'EST PAS UN FILM.
21 aout 2011 • 12:40:00 • CINÉMA QUARTIER LATIN 9 • L9.21.2 • Farsi s.t.a
22 aout 2011 • 14:30:00 • CINÉMA QUARTIER LATIN 9 • L9.22.3 • Farsi s.t.a
23 aout 2011 • 16:50:00 • CINÉMA QUARTIER LATIN 9 • L9.23.4 • Farsi s.t.a
Commentaires
de Michel Handfield (
Peut-on empêcher quelqu'un d'être? Non, à moins de le tuer, car il peut toujours penser! Voilà ce à quoi j'ai pensé sortant de cette projection.
En mars 2010, Jafar Panahi est arrêté par les autorités iraniennes sous prétexte qu'il avait planifié de faire un film sur le soulèvement entourant les présidentielles controversées de 2009. Dans ceci n'est pas un film, il attend le verdict de la cour d'appel concernant sa condamnation : six ans de prison et interdiction de réaliser des films ou de quitter le pays pendant les vingt prochaines années. (1) Il parlera même à son avocate durant cette journée où il s'est mis en scène.
Un document un peu particulier sur la dictature des idées en Iran, car Jafar, cinéaste assigné à résidence, dit en substance « on ne m'a pas interdit de penser, ni de jouer mon propre scénario ou de me mettre en scène moi-même! » . Alors, il décide de se faire son cinéma! Il livre donc son prochain film, celui qu'il a en tête, à sa caméra. Bref, ceci n'est pas un film, mais une journée dans la vie d'un cinéaste sous contrôle, créatif et dissident quand même!
Il fait venir son ami et réalisateur Mojtaba Mirtahmasb pour lui tenir compagnie et la caméra en même temps! Mais, ce n'était pas simple, car il fallait se parler pour se comprendre tout restant assez vague pour ne pas être compris en cas d'écoute! On voit donc ce que c'est de vivre en liberté surveillée.
Le problème de cette dictature n'est pas tant matériel que le poids de la solitude qu'elle impose. En effet, il a un iPhone, un portable Apple, une télé à écran plat et, somme toute, un bel appartement. Mais, si on peut penser, on ne peut le communiquer sans risques. La communication, au-delà de certaines banalités, met en danger. On s'emprisonne dans sa tête, ce qui permet au système de continuer. Il en est de cette dictature religieuse comme il en est des dictatures politiques! Faire taire les idées et l'opposition.
Mais, n'est-ce pas ce que font la plupart des régimes conservateurs? Je regarde le gouvernement Harper qui coupe dans la recherche scientifique, notamment sur le climat, car idéologiquement, il rejette la thèse du changement climatique. (2) N'est-ce pas là une forme de dictature par le choix des priorités gouvernementales, surtout quand le gouvernement a la capacité de miner la recherche scientifique en coupant dans les fonds et les chercheurs par exemple? Le déni de la science au profil de l'idéologie! Puis, quand les faits sont là, indéniables, le message peut toujours être révisé par les spécialistes en communication avant d'être diffusé; les spécialistes tenus au silence :
« En avril dernier, l'Association des rédacteurs scientifiques du Canada signait [d'ailleurs] une lettre ouverte dénonçant la difficulté d'accès aux experts du gouvernement fédéral et une vision «orwellienne» des communications. » (3)
Ce film montre enfin tout le talent de conteur de ce cinéaste, parce qu'il sait être intéressant et faire image même s'il a peu de moyens à sa disposition (une caméra et un iPhone), et qu'il nous raconte son histoire en perse, sous-titré en anglais! Il nous captive par sa lucidité, son ironie et son courage, car il défie le système.
Pour les plus observateurs, on peut facilement dater cette journée, car aux infos on parle du tsunami du Japon (avec une date sur les images :11 03 2011). On pourrait donc être le onze ou le douze mars. Mais, comme à l'extérieur de l'édifice où est Jafar on fête l'arrivée du Nouvel An en soirée, une petite recherche nous a permis de trouver que le Nouvel An perse (Norouz) se situe toujours autour de l'équinoxe de printemps, soit entre le 20 et le 22 mars. (4) Est-ce dire que la télé fait référence aux évènements de l'année ou que ce film fut tourné sur plusieurs jours, car on est toujours dans le cinéma ici même si on nous dit qu'il s'agit d'une journée dans la vie de Jafar Panahi! Les débats sont ouverts, même si je penche pour le tournage en un jour pour éviter qu'il ne se fasse prendre, car il aurait été risqué pour lui et Mojtaba Mirtahmasb d'étendre ce tournage sur plusieurs jours. De plus, le fait que ce soit fait la veille du jour de l'an les rendait moins visibles, les gens ayant l'esprit à la fête qui venait plutôt qu'à surveiller ce que leurs voisins faisaient!
Cinq mois plus tard, qu'en est-il de lui? En juillet, son appel n'avait encore rien donné. (5) Toujours l'attente. Une façon de tuer un homme qui n'a plus le droit de mener sa vie!
Postscriptum
Pourquoi est-il si difficile de changer ces régimes totalitaires? La persuasion par le pouvoir ou la force des armes? Pourtant, le peuple est plus nombreux. Et si c'était psychologique, parce qu'on ne peut parler de religion et de politique à table? Alors, comment faire des changements si on ne peut en parler dans les situations les plus conviviales?
Surprenant comme commentaire? Pas tant que ça. Souvent je me fais dire « on ne parle pas de politique ou de religion à table », car la politique est un sujet sur lequel j'écris et qui me parait bien naturel. Pour moi, si on veut changer les choses, il faut d'abord en parler ouvertement! Mais, on ne peut le faire semble-t-il! Pourquoi?
Je viens de trouver la réponse dans un livre : parce que c'est un sujet qui met les personnes face à leurs contradictions, car il n'existe pas un programme politique avec lequel nous sommes totalement d'accord par exemple! On peut toujours se faire pointer sur ce qui fait mal. Alors :
« Si une conclusion est en déséquilibre avec nos idées (« mon chouchou à tort », « mes croyances sont fausses », « Dieu n'existe pas », etc.), notre cerveau va la traiter de façon à entrainer des émotions négatives. On la percevra alors comme repoussante. Des motivations émotionnelles vont ensuite imposer au cerveau rationnel de trouver un élément permettant la contradiction et cela afin de retrouver un état d'équilibre affectif. Comment le cerveau s'y prend-il? Simplement en nous faisant ressentir des émotions négatives comme une menace tant que nous n'avons pas trouvé la solution. » (6)
C'est ainsi qu'on ne remet peut-être pas en cause la dictature politique ou religieuse, mais qu'on se trouve des espaces de liberté et qu'on s'accommode. Puis, il y a toujours la peur que le changement ne soit pire. C'est qu'on n'aime surtout pas l'incertitude. (7) On s'accommode donc du statuquo tant qu'on n'en souffre pas trop.
Notes
1. 20 décembre 2010
Le cinéaste iranien Jafar Panahi condamné à six ans de prison
Par LIBÉRATION.FR
2. A ce sujet, deux textes parmi d'autres :
Manon Cornellier, Climat de déni, in Le Devoir 1 juin 2011 :
www.ledevoir.com/politique/canada/324515/climat-de-deni
Mélissa Guillemette, Ottawa abolit 776 postes en environnement, in Le Devoir 5 aout 2011 :
www.ledevoir.com/politique/canada/328785/ottawa-abolit-776-postes-en-environnement
3. Mélissa Guillemette, Le cas d'une scientifique tenue au silence soulève la colère, in Le Devoir, 29 juillet 2011 :
www.ledevoir.com/politique/canada/328354/le-cas-d-une-scientifique-tenue-au-silence-souleve-la-colere
4. http://fr.wikipedia.org/wiki/Norouz
5. « La Règle du jeu et son directeur Bernard-Henri Lévy qui, dès mars 2010 s’est engagée pour ce grand cinéaste iranien ne l’oublie pas aujourd’hui. Faute de pouvoir lui souhaiter un joyeux anniversaire nous lui souhaitons que cette année soit l’année où sa demande en appel d’une condamnation aussi absurde trouvera enfin une issue favorable. » (Le non-anniveraire de Jafar Panahi, in La règle du jeu : http://laregledujeu.org/2011/07/12/6588/le-non-anniveraire-de-jafar-panahi/
6.Ciccotti, Serge, 2011 (2007), Tout ce que vous devez savoir pour mieux comprendre vos semblables, Paris : DUNOD, Collection : PETITES EXPÉRIENCES DE PSYCHOLOGIE, p. 317. www.somabec.com
7. Suffit de regarder comment les marcher boursiers réagissent à l'incertitude pour le comprendre.
Hyperliens
http://fr.wikipedia.org/wiki/Jafar_Panahi
http://en.wikipedia.org/wiki/Jafar_Panahi
D.I., Delinkan Intellectuel, revue d'actualité et de culture, Vol. 13 no 8, Textes ciné et culture : www.societascriticus.com
Albanie - Grèce – France / Regards sur les cinémas du monde / 2011 / Couleur / 83 min
Réalisateur : Bujar Alimani Scénariste : Bujar Alimani
Photographie : Élias Adamis Montage : Bonita Papastathi
Interprètes : Luli Bitri, Aktori Karafil Shena, Todi Llupi, Mirela Naska, Aleksander Rrapi
Le gouvernement albanais vient d'édicter une loi permettant aux prisonniers mariés de rencontrer leur conjoint dans l'intimité une fois par mois. Elsa se rend donc à Tirana pour rencontrer son mari emprisonné pour loyers impayés. Shpetim s'y rend également pour rencontrer son épouse, incarcérée pour faux et usage de faux. Une histoire d'abandon qui finit par réunir ces deux êtres solitaires. AMNISTIE met en scène la rencontre de deux solitudes, la naissance d'un amour impossible à travers l'histoire d'un couple fragile, et c'est le portrait de l'Albanie d'aujourd'hui, à cheval entre tradition et modernité.
Bujar Alimani
Né à Patos (Albanie) en 1969, Bujar Alimani étudie la peinture et la mise en scène à l'Académie des beaux-arts de Tirana. En 1992, il s'installe en Grèce et travaille comme assistant réalisateur. On lui doit: The Kennel (2002), Gas (2006) et La Boussole (2007), tous les trois récompensés dans des festivals internationaux. AMNISTIE est son premier long métrage de fiction.
19 aout 2011 • 16:30:00 • CINÉMA QUARTIER LATIN 16 • L16.19.3 • albanais s.t.a.
20 aout 2011 • 17:10:00 • CINÉMA QUARTIER LATIN 16 • L16.20.4 • albanais s.t.a.
23 aout 2011 • 19:20:00 • CINÉMA QUARTIER LATIN 16 • L16.23.4 • albanais s.t.a.
27 aout 2011 • 14:20:00 • CINÉMA QUARTIER LATIN 16 • L16.27.3 • albanais s.t.a.
Commentaires
de Michel Handfield (
À cause de conflits d'horaires entre deux films et ensuite d'écriture, j'ai finalement manqué celui-ci que j'avais planifié de voir.
13/7
D.I., Delinkan Intellectuel, revue d'actualité et de culture, Vol. 13 no 7, Textes ciné et culture : www.societascriticus.com
Commentaires
de Michel Handfield (
Styx, au Mondial choral Loto-Québec
D'abord, rappelons que ce festival se poursuit jusqu'au 3 juillet : www.mondialchoral.org.

Ça a brassé dans le 450 à soir: Styx était au festival choral, à Laval! Voilà ce que j'ai mis sur Facebook et Twitter à ce sujet en revenant du concert dans la nuit, de dimanche à lundi!
Malgré qu'on avait une place assise, ce fut un spectacle majoritairement debout! On sentait le « vibe » des basses : le sol tremblait; la foule, debout, bougeait! Un mouvement de masse culturelle.
Sweet madam blue avec une chorale - on est au festival choral – ça a de l'ampleur. Une expérience intéressante. À souligner, le claviériste – Lawrence Gowan – qui s'adressait en français aux spectateurs. Une petite recherche internet m'a appris qu'« À l'âge de dix-neuf ans, il obtint un diplôme du Royal Conservatory of Music de Toronto en piano classique » et que sur un album live, « Gowan au Québec », on retrouve « deux interprétations dans la langue de Molière, soit la pièce « Pour un instant » du groupe québécois Harmonium et une création originale, « Stéphanie ». » (1)
Pour l'occasion, Styx était accompagné du choeur de chambre et du club vocal du Collège Vocal de Laval ainsi que du grand choeur du Mondial.
Note :
1. http://fr.wikipedia.org/wiki/Lawrence_Gowan
Hyperliens
http://fr.wikipedia.org/wiki/Styx_(groupe)
http://en.wikipedia.org/wiki/Styx_(band)
32e édition du Festival international de jazz de Montréal
Le festival se poursuit jusqu'au 4 juillet : www.montrealjazzfest.com
Comme
chaque année, ce festival nous revient avec des découvertes
à faire dans la programmation gratuite : du jazz, du
blues, du gospel..., car le festival couvre large. On peut y
découvrir le monde; des musiques et des festivaliers de
Montréal et d'ailleurs!
Pour ma part, j'aime bien pour la musique! Pour d'autres, ce sera le côté festif ou les rencontres, car il y en a pour tous les gouts!
Sur la photo, le spectacle de « Guitar explosion avec Paul Deslauriers et Jack De Keyzer » (Blues), lundi le 27 juin à 21h. J'étais là, car j'ai pris ce cliché de mon cellulaire tout comme celui de Styx à Laval.
J'ai aussi vu Misteur Valaire hier (28 juin), l'évènement du Festival! De l'électro jazz! Leur site: http://mv.mu/
13/6
Festival international de cinéma Vues d'Afrique et Festivalissimo
D.I., Delinkan Intellectuel, revue d'actualité et de culture, Vol. 13 no 6, Textes ciné et culture : www.societascriticus.com
Présentation
suivie de l'Index
des films (Michel Handfield,
Cette année mon festival Vues d'Afrique fut davantage à la maison qu'en salle. Si les années passées j'allais souvent au cinéma Beaubien faire des découvertes à l'aveugle, cette année, tout étant concentré dans deux salles au Gesù, je ne pouvais procéder ainsi. Quand je me suis présenté pour voir mon premier film (Artisans du changement : le salaire de l'espoir), c'était complet. J'ai finalement pu me trouver une place à l'avant. C'est que je ne suis pas du genre très « horaire planifié » dans les festivals. Je travaille sur la revue – texte, site, recherche, etc. - et je peux décider d'aller voir un ou deux films à l'inspiration ou quand je suis devant un blanc! Rien de planifié, pas de billets à l'avance. J'en prends d'ailleurs rarement dans les festivals. Parfois, un ou deux, mais c'est extrêmement rare!
Une salle est comble, je vais à l'autre. C'est ainsi que je fais des découvertes tout en me sortant de mes textes, ce que j'appelle un recul bénéfique. Quand le festival était au Beaubien, il n'était pas rare que je parte de chez moi vers les 20 ou 21 h pour aller voir un film tard le soir, parfois le dernier film de la soirée. Mais, là, cette procédure ne me semblait pas possible, alors je me suis rabattu sur les DVD que j'ai obtenus du service de presse. Cela offre par contre un autre avantage : c'est que je peux conserver ces films en vue de références ultérieures, car les films permettent parfois de documenter des sujets. Comme des livres!
Quant à Festivalissimo, j'avoue ne pas y être allé à mon gout, car j'ai eu des empêchements. Ce sont des choses qui arrivent. J'en ai par contre retenu deux films : La mirada invisible et Post-mortem.
Artisans du changement : le salaire de l'espoir (Documentaire)
Black diamond (Documentaire)
KINSHASA SYMPHONY (Documentaire)
Artisans du changement : le salaire de l'espoir (Documentaire)
D.I., Delinkan Intellectuel, revue d'actualité et de culture, Vol. 13 no 6, Textes ciné et culture : www.societascriticus.com
Un film de : Sylvain Braun
Année de production : 2010
durée : 52min
Pays : France-Canada
Langues : Français
Aujourd’hui, le « secteur informel », qui recouvre toutes les activités non déclarées, occupe une place importante dans l’économie mondiale. C’est un frein majeur au développement des pays pauvres, et pourtant, c’est grâce à celui-ci que survivent nombre de familles et de communautés à travers le monde.
Pour limiter ces emplois précaires, il est indispensable d’accompagner les travailleurs vers la professionnalisation, de les aider à s’organiser et à faire valoir leurs droits.
Albina Ruiz, Bagoré Bathily, Seri Youlou et Thomas Granier contribuent à donner aux recycleurs du Pérou, aux bergers Peuls du Sénégal et aux maçons du Burkina Faso, les moyens de vivre de leur travail.
Coproduction franco-québécoise pilotée par RDI et Ushuaïa Télévision, Artisans du changement est une série documentaire qui présente les pionniers du développement aux quatre coins du monde.
Sylvain Braun est auteur et réalisateur de plusieurs documentaires sur les problématiques sociales et environnementales, tout autour de la planète. Ses dernières réalisations sont Equitour, Artisans du Changement et Better City, Better Life.
Commentaires
de Michel Handfield (
Ce film m'a plu, car il est rafraichissant. En effet, on ne voit pas les pays du Sud comme des demandeurs, mais comme des créateurs. Mieux, les solutions ne viennent pas d'en haut pour être imposées à la base, mais viennent de gens qui s'impliquent avec les bénéficiaires dans un esprit communautaire, ce qui incite au dialogue et à la prise en charge par le milieu. Chacun apprend des autres, car ces idées sont expliquées, discutées, modifiées et acceptées dans une forme de partenariat, où ceux qui ont les mains dedans font partie de la solution. On part des gens : de ce qu'ils sont, de ce qu'ils vivent et de leurs capacités. Ce film est un montage de certains épisodes d'une série télé :
Albina Ruiz
Un des cas vus dans ce film est celui des recycleurs péruviens qui n'étaient pas du tout reconnus pour leurs efforts. Imaginez, ce sont des gens qui fouillent dans les déchets et écument les dépotoirs! Albina Ruiz, alors étudiante à l’Université nationale d’ingénierie de Lima, a montré leur importance pour l'environnement et a contribué à leur reconnaissance. Aujourd'hui, ces gens sont fiers de ce qu'ils font. 100 000 personnes vivent maintenant de ce travail de recyclage. Ils gagnent aussi un poids politique de cette reconnaissance alors qu'ils étaient autrefois persécutés pour ce qu'ils faisaient.
www.artisansduchangement.tv/serie-tele/le-salaire-de-l-espoir/albina-ruiz-perou/biographie#2;0
www.pbs.org/opb/thenewheroes/meet/ruiz.html
La voute nubienne
Pour aider à résoudre les problèmes d'habitations en Afrique subsaharienne, Thomas Granier et Seri Youlou ont remis au gout du jour une ancienne technique de construction égyptienne, en terre et sans charpente, parfaitement adaptée pour ce climat et peu dispendieuse à faire. De village en village, ils font quelques constructions pour la montrer, car il y a du scepticisme dans les populations locales. Puis, après avoir convaincu les gens, ils forment ceux qui le désirent et en sont capables pour faire la même chose avec eux; et à leur suite quand ils en maitriseront l'art! C'est ainsi que des maisons confortables et peu dispendieuses sortent du sol depuis plus de 10 ans!
La laiterie du berger
Au Sénégal le lait vient à gros prix d'Amérique et d'Europe. Pourtant, il y a des bêtes dans les villages. Pourquoi ne pas les mettre à contribution? C'est ce qu'a eu l'idée de faire Bagoré Bathily avec des partenaires. Ils ont donc mis sur pied la première laiterie du pays, car jusque-là le lait venait principalement de l'étranger, sauf peut-être pour la consommation de ceux qui ont des bêtes domestiques! Il a fallu aider les paysans et mettre sur pied un réseau de collecte du lait. La laiterie du berger, qui fait du lait de brousse a aussi sorti un produit à succès : le yaourt Dolima.
www.facebook.com/laiterieduberger
www.artisansduchangement.tv/serie-tele/le-salaire-de-l-espoir/bagore-bathily-senegal/solution#3;0
www.jokeroo.com/videos/yt/1djpr-le-yaourt-dolima-est-arrive.html
www.danonecommunities.com/logbook/le-lancement-de-la-nouvelle-gamme-dolima
Suite à ce film, la vraie question est : doit-on s'en tenir uniquement aux informations télés et aux journaux pour être renseigné du monde? La réponse est non. Il y a aussi les documentaires dont plusieurs peuvent être vus sur l'internet. Comme le dit Albina Ruiz : « Moi j'éteins ma télé, sinon ce serait la déprime! »
Mais, la véritable conclusion est que si l'État peut soutenir le développement, il n'est pas toujours le meilleur entrepreneur, ni près des besoins locaux. Par contre, il est le mieux placé pour soutenir les gens (entrepreneurs, citoyens, coopérants) qui font et feront ce développement. Un excellent film qui doit aussi être une excellente émission de télé : www.artisansduchangement.tv
D.I., Delinkan Intellectuel, revue d'actualité et de culture, Vol. 13 no 6, Textes ciné et culture : www.societascriticus.com
Un film de : Nabil Ben Yadir
Année de production : 2009
durée : 111
Pays : Belgique
Langues : Français
Sous-titres : -
Avec : Nader Boussandel, Mourade Zeguendi, Mounir Ait Hamou, Julien Courbey
« Pour être un baron, il faut être le moins actif possible, parce que chaque être humain nait avec un crédit de pas et chaque pas te rapproche de la mort. Et nous, les barons, on le sait dès le départ. Le Baron le plus ambitieux, c’est moi. Mon rêve c’est de faire rire les gens et d’en faire mon métier. Mais « blagueur », pour mon père, ce n’est pas un métier (…) »
Comédie désopilante autour d’une bande de jeunes hommes qui, dans leur immobilisme, luttent contre le modèle de vie que leur imposent leurs parents, la société, les normes sociales et religieuses.
Passionné par le cinéma, Nabil Ben Yadir commence à écrire dès l’adolescence et participe à plusieurs films en tant que comédien (Au-delà de Gibraltar de Mourad Boucif, Le Couperet de Costa-Gavras), ou en tant que coscénariste (Tous les visages de l’innocence de Laurent Brandenbourger). Il réalise un premier court métrage Sortie de clown avant de signer Les Barons, énorme succès en Belgique avec 150,000 entrées et une impressionnante tournée de plusieurs festivals internationaux.
Commentaires
de Michel Handfield (
Pour comprendre un baron, il faut comprendre sa philosophie :
« Tout Homme est envoyé sur terre avec un nombre bien précis de pas. C'est pour ça qu'il faut se ménager. Nous, les barons, on le sait dès le départ. »
On est en Belgique et ces jeunes Magrébins se sont fait un monde à eux avec leurs codes. C'en est un! Comme « tu ne touches pas à la sœur de tes potes (amis), car c'est comme tes potes avec des cheveux longs! » en est un autre. Ils en ont quelques-uns comme ça pour montrer leur différence avec les Belges d'origine, mais aussi avec leurs parents, car s'ils ne sont pas tout à fait d'origine, ils ne sont pas tout à fait Magrébins non plus. Certainement moins que leurs parents. Les valeurs se mélangent, mais certaines sont plus pesantes que d'autres à porter pour les jeunes, comme la pression de la famille qui force au mariage par exemple!
Dans tout cela on cherche à être heureux. Puis, il y a les potes qu'on aide aux dépens de soi-même. Parfois, ça fait foirer nos plans d'avenir! On peut alors en prendre conscience et vouloir changer les choses. Mais, il y en a qui sont plus accrochés à ces valeurs. Cela les heurtera certainement de plein fouet. Il faudra alors assumer...
Un film fort intéressant sur l'intégration, qui signifie aussi une certaine réorganisation des valeurs. Sur cette difficulté de devenir SOI dans un monde qui est somme toute assez normatif même s'il parle de liberté et de droits de la personne, car la personne appartient à des groupes parfois différents. Mais, c'est elle qui doit y trouver sa place et son équilibre! Pas toujours simple à faire.
D.I., Delinkan Intellectuel, revue d'actualité et de culture, Vol. 13 no 6, Textes ciné et culture : www.societascriticus.com
Un film de Debs Gardner-Paterson
Année de production: 2010
durée: 86 min
Pays: Royaume-Uni
Langues: Anglais
Sous-titres: Français
Avec Eriya Ndayambaje, Roger Nsengiyumva, Sanyu Joanita Kintu, Yves Dusenge
L’histoire extraordinaire de trois enfants rwandais qui tentent de réaliser le rêve de leur vie : assister à la cérémonie d’ouverture de la Coupe du Monde de Football 2010 à Johannesburg. Mais les problèmes commencent quand les enfants montent dans le mauvais bus et se retrouvent au Congo. Sans papiers, sans argent, ils sont conduits dans un camp d’enfants réfugiés.
Au cours de ce périple de 5000 km à travers sept pays, nous découvrons une Afrique méconnue. L’espoir, les rires et la joie naitront de cet incroyable voyage… Rien n’entamera leur détermination, et forts d’un optimisme à toute épreuve, ils braveront tous les dangers pour vivre enfin leur rêve.
Debs Gardner-Paterson est diplômée de Cambridge en littérature où elle a écrit et monté des pièces de théâtre. Elle a également été présentatrice à la télévision de Singapour pour l’émission Total Football, puis a réalisé et produit plusieurs courts métrages, dont We Are All Rwandans qui a remporté un vif succès.
Commentaires
de Michel Handfield (
Les jeunes peuvent se faire un ballon de foot (soccer) avec n'importe quoi; un condom par exemple! Cela permet de parler du SIDA par exemple.
Quant à leur rêve de se rendre au Mondial, où l'un d'entre eux espère jouer dans un match de démonstration malgré le refus de sa mère, ce qui explique leur fugue en direction de Johannesburg, cela nous permet de traverser l'Afrique avec eux. On part du Rwanda et on passe par le Congo, déchiré par des conflits, pour enfin arriver au but après avoir traversé sept pays africains!
On découvre donc avec ces jeunes une Afrique qu'ils ne connaissent pas nécessairement, car si on connait son coin de pays... on ne connait pas notre pays et encore moins notre continent. C'est qu'existent des frontières naturelles, sociales, culturelles et politiques! C'est ce que nous verrons en suivant leur marche vers le mondial 2010!
Mais, avec leurs yeux d'enfants, il n'y a pas de problèmes insurmontables et ils peuvent se trouver des alliés partout. C'est après que ça se gâte, avec les désirs du monde adulte, où la coopération laisse place aux calculs! Il y a là des leçons à retenir. Si des changements doivent arriver en Afrique, cela viendra des nouvelles générations. Comme dans le monde arabe.
D.I., Delinkan Intellectuel, revue d'actualité et de culture, Vol. 13 no 6, Textes ciné et culture : www.societascriticus.com
Un film de : Sarah Bouyain
Année de production : 2010
durée : 82min
Pays : Burkina Faso, France
Langues : Français
Sous-titres : -
Avec : Dorylia Calmel - Assita Ouedraogo
Amy, une jeune métisse, retourne à Bobo, au Burkina Faso, pour revoir sa mère dont elle a été séparée à l’âge de 8 ans. Elle n’y retrouve que sa tante, la cour familiale à la fois étouffante et rassurante et une ville dans laquelle elle n’a plus de repères.
Mariam, une Burkinabée de 45 ans, est femme de ménage à Paris. Depuis des années, elle n’est qu’une ombre furtive qui glisse à la lisière de la vie… Ce film de femmes présente des destinées féminines fortes qui évoluent parallèlement, tout en se croisant constamment.
Présenté en première au festival de Venise, 2011, Prix Oumarou Ganda premier film et Prix de l’Union européenne, Fespaco 2011.
Sarah Bouyain réalise ainsi son premier long métrage après avoir fait ses armes auprès d’Idrissa Ouédraogo, Luc Besson et Henri Duparc en tant qu’assistante caméra avant de co-réaliser le making of de Kini et Adams d’Idrissa Ouédraogo en 1997. En 2000, elle réalise un documentaire Les enfants du Blancs, puis elle publie en 2003 un recueil de nouvelles Métisse façon. Notre étrangère se veut une suite logique de ses œuvres antérieures.
Commentaires
de Michel Handfield (
Personnellement, je me suis davantage intéressé à l'histoire d'Amy qui retourne à la maison pour voir sa mère. Après des années. Mais, elle est une inconnue maintenant. Elle découvrira que si elle se croyait encore africaine, elle est bien davantage française. Culturellement du moins! Par exemple, elle n'est pas mariée.
Elle a grandi en France depuis l'âge de 8 ans, soit depuis que son père l'a fait venir là-bas! Élevée dans une famille française, avec un « frère » blanc, elle ne se souvient plus vraiment de sa langue maternelle. Une étrangère dans son pays d'origine. Alors, l'appartenance, elle est de sang, de couleur, de naissance, de lieu ou de vécu?
Quant à sa mère, on en a perdu la trace. On la dit en France ou en Amérique. Mais, ce peut aussi être une manière de cacher certains destins de femmes qui ont contracté un mariage non accepté par la famille, qui sont sans domicile fixe ou qui vivent de la prostitution.
D.I., Delinkan Intellectuel, revue d'actualité et de culture, Vol. 13 no 6, Textes ciné et culture : www.societascriticus.com
Portrait d’un réseau international de spéculation et de trafic de jeunes garçons, agissant sous l’égide du football mondialisé. Des taudis d’Accra et d’Abidjan aux rutilants temples du sport financés par les pétrodollars, en passant par les manœuvres secrètes autour d’un club phare de la Ligue des champions Européens – notre intrépide journaliste ghanéen se lance sur la piste d’Ananse l’araignée, qui ruse, trompe et manipule ses pairs. Nous découvrons que sur le Marché d’êtres humains, faute de trouver le diamant, l’or des fous fera l’affaire.
Pascale Lamche a tourné des longs métrages documentaires et des séries en tant qu’auteure, productrice et réalisatrice pour des diffuseurs mondiaux de premier plan : HBO, Channel 4, Canal Plus, ARTE. Ses films ont été présentés lors de festivals renommés, et récompensés par de nombreux prix. Parmi ses films récents : Pakistan Zindabad (2007), et French Beauty (2005).
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de Michel Handfield (
Le foot! Une religion, une maladie! On en oublie toute logique aux dieux du stade. Un terreau fertile pour les escrocs et manipulateurs de tout acabit! Cela va des billets vendus en double par les gardiens du stade, ce qui conduit à des émeutes et des morts, au trafic d'individus, sous promesse d'une chance d'être repêché pour le foot! Les parents d'un jeune prometteur, voire la famille et, parfois, le village entier, paient pour qu'on le fasse voir à l'étranger, car on leur promet la richesse en retour. Quand il sera recruté, bien sûr!
Mais, la filière recrute abondamment, accumulant ainsi des sommes colossales d'un côté et laissant beaucoup de jeunes sans-papiers à l'étranger – 7000 en France! – seul à eux-mêmes. Un trafic d'enfants moderne, où l'on profite de la crédulité des pauvres, car le foot fait rêver de notoriété et de salaires exorbitants.
Mais, ce n'est pas nouveau que la crédulité. Les escrocs le savent! Marx et Machiavel nous avaient bien avertis pourtant, mais qui les lit? Les exploiteurs le savent et en abusent : si un agent vient... c'est Dieu qui me l'a envoyé! Marx avait bien raison de parler de la religion, opium du peuple!
Un film qui montre comment ce sport, qui est devenu une religion dans certains pays, est aussi devenu une occasion de manipulation et d'exploitation criminelle des plus faibles avec leur consentement. Quand on paie pour se faire rouler, c'est qu'il y a péril en la demeure! La solution : une application des règles plus strictes, mais surtout de l'éducation des populations! Sinon, la croyance l'emportera toujours sur la rationalité et ils demeureront toujours une proie pour les manipulateurs, quelles que soient les promesses de jours meilleurs : Dieu, l'argent ou la politique! On doit leur montrer autre chose. Mais, est-ce possible si les élites profitent de ces façons de faire depuis toujours?
Hyperliens :
http://www.blackdiamond-lefilm.com/
Alain Léauthier, Black Diamond: quand le foot rétablit l'esclavage, in Marianne, Vendredi 17 Septembre 2010 : http://www.marianne2.fr/Black-Diamond-quand-le-foot-retablit-l-esclavage_a197468.html
KINSHASA SYMPHONY (Documentaire)
D.I., Delinkan Intellectuel, revue d'actualité et de culture, Vol. 13 no 6, Textes ciné et culture : www.societascriticus.com
Deux-cents musiciens jouent la Neuvième symphonie de Beethoven, L’Ode à la joie. Une panne de courant intervient quelques mesures avant la finale. Mais pour les membres du seul orchestre symphonique d’Afrique Centrale et du Congo, ceci est le dernier de leurs soucis. Depuis sa fondation il y a quinze ans, ces musiciens ont survécu à deux coups d’État, plusieurs crises et une guerre civile. Heureusement il y a la passion pour la musique et l’espoir d’un avenir meilleur. Ce film fait le portrait du Congo d’aujourd’hui, des habitants de Kinshasa et de leur amour pour la musique.
Martin Baer, cinéaste et auteur, a réalisé de nombreux longs métrages pour la télévision, filmé des spectacles vivants, mais surtout, des documentaires centrés sur des sujets historiques et sur l’Afrique. Claus Wischmann est auteur, réalisateur et ingénieur du son. Après des études de piano, il réalise des films pour la télévision, puis des séries documentaires, mais enregistre aussi des concerts.
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de Michel Handfield (
Le Congo, un pays. Kinshasa, c'est la plus grande ville de la République démocratique du Congo (RDC). Elle a à la fois le statut de ville et de province. (1) Malgré les problèmes (coups d’État, crises, une guerre civile et le manque de ressources qui en découle), il y a des besoins de beauté à combler. Un de ces besoins est la musique! C'est ainsi que certains ont décidé de monter un orchestre contre vents et marées il y a quinze ans!
Manque de formation, on s'en donnera. Manque d'instruments, on en fera, comme cette contrebasse faite main! Ils auront appris sur le tas - en défaisant les instruments qu'ils avaient par exemple – et en s'entraidant. En gossant du bois ou en en faisant une corde de violon d'un fil de fer qui vient d'un câble de frein de vélo, mais qui donne la note! Bref, on se débrouille et on réussit!
On voit qu'il y a du talent, alors pourquoi sont-ils pauvres? Le système économique serait-il un frein au développement, tuant les solidarités au nom de la concurrence? Poser la question c'est un peu y répondre quand on voit le chaos qui règne autour d'eux.
Armand Diangienda, le fondateur et chef de l'Orchestre Symphonique Kimbanguiste (2) est le petit-fils de Simon Kimbangu, prophète et personnage important de l'histoire du pays. (3)
Ils la joueront la neuvième de Bethoven, mais ils joueront aussi Karmina Burrana (Orff) au grand plaisir de la foule; cette foule composée de gens qui manquent parfois de tout, mais qui ont ici un concert qui leur apporte beaucoup de bonheur!
Nos politiciens et commentateurs de droite, qui voient les arts et la culture comme une dépense inutile (4), devraient voir ce film. Ils verraient que l'art aide à la beauté de la vie. Mais, ont-ils la culture pour le comprendre, eux qui ne saisissent que des colonnes de chiffres comme une calculatrice! Il leur manque un petit quelque chose! De l'émotion peut-être? Je me demandais toujours, quand je voyais des statistiques disant qu'« une femme habitant au Canada a en moyenne 1,7 enfant » par exemple (5), qui était ce 0,7 enfant et ce qu'il deviendra dans la vie? Là, je comprends la statistique : le 0,7 enfant c'est probablement l'enfant de droite à qui il manque la culture! Motivé par les chiffres, mais en manque d'émotions! L'équilibre, c'est d'avoir les deux, surtout si ce n'est pas dans des proportions égales! C'est ainsi que l'entrepreneur sera heureux de soutenir son orchestre symphonique et que l'honnête comptable ne se plaindra pas de voir l'État soutenir la troupe de danse qu'il aime voir, car s'il a le talent des chiffres il n'a pas nécessairement celui de compter les pas! Mais, il aime les autres lui montrer ce spectacle! C'est ainsi que l'on forme une société saine : en étant différent et en s'unissant! L' Orchestre Symphonique Kimbanguiste nous donne ici une bonne leçon, nous qui nous nous disons d'un monde développé!
Notes :
1.http://fr.wikipedia.org/wiki/Kinshasa
3. http://fr.wikipedia.org/wiki/Simon_Kimbangu
4. On assiste d'ailleurs à une campagne lancée par diverses composantes de l'empire Quebecor, dont le Journal de Montréal (sous la plume de la tirailleuse de droite Nathalie Elgrably-Lévy) contre tout l'État culturel canadien nous dit Stéphane Baillargeon dans sa chronique Médias du Devoir du 13 juin 2011 : La guerre culturelle, yes Sun! Voir www.ledevoir.com/societe/medias/325332/medias-la-guerre-culturelle-yes-sun
5. geopopulation.com, Démographie Canada : les minorités de plus en plus visibles selon les projectionnistes, www.geopopulation.com/20100407/demographie-canada-les-minorites-de-plus-en-plus-visibles-selon-les-projectionnistes/
Hyperliens :
http://www.kinshasa-symphony.com/
D.I., Delinkan Intellectuel, revue d'actualité et de culture, Vol. 13 no 6, Textes ciné et culture : www.societascriticus.com
ARGENTINE Diego Lerman 2010
97 MIN Espagnol Digibeta
Buenos Aires, mars 1982. Dans les rues de la capitale argentine, la dictature militaire est contestée. Marita est surveillante au Lycée National de Buenos Aires, l’école qui forme les futures classes dirigeantes du pays. Elle a 23 ans et veut bien faire. M. Biasutto, le surveillant en chef, décèle tout de suite en elle l’employée zélée qu’il attendait. Dès lors il lui apprend à être l’œil qui voit tout, mais qui échappe aux regards des autres : l’œil invisible. Marita se lance dans une surveillance acharnée de ce petit monde clos...
Adaptation du roman argentin « Ciencias morales » de Martin Kohan, La Mirada Invisible brosse un impitoyable portrait de l’Argentine sous la dictature des années quatre-vingt. Avec un style sobre, Diego Lerman installe sa caméra derrière les murs épais d’un lycée d’élite, où l’éducation passe par la répression morale, psychique et sexuelle.
Commentaires
de Michel Handfield (
L'Argentine des colonels! Une « strictitude » étouffante. La discipline est plus importante que la créativité, la pensée et les désirs. Mais, d'être ainsi réprimé, il y a de quoi faire des boutons! C'est ainsi que des comportements inattendus peuvent arriver de qui on s'y attend le moins! De ceux que l'on soupçonnerait le moins. Comme Marita, la surveillante du Lycée. Sexuellement refoulé, son érotisme ne pouvait que ressortir à voir tous ces jeunes garçons.
Un film particulièrement intéressant tant sur le plan de l'analyse des idéologies que des effets psychologiques de la répression sur l'être, incluant le refoulement d'une sexualité normale.
D.I., Delinkan Intellectuel, revue d'actualité et de culture, Vol. 13 no 6, Textes ciné et culture : www.societascriticus.com
CHILI Pablo Larrain 2010
98 MIN Espagnol 35 mm
Santiago, 1973. Mario Cornejo travaille dans une morgue à taper des rapports d’autopsies pratiquées par les coroners. Alors qu’éclate le coup d’État militaire chilien, il s’éprend d’une danseuse du cabaret Bim Bam Bum.
Post Mortem relate en parallèle l’histoire d’un couple sans éclat et sans charme et celle du Chili à l’époque du coup militaire. Les efforts de Mario à conquérir l’amour impossible d’une femme font écho aux efforts d’une nation à conquérir un modèle politique certes noble, mais impossible à atteindre. Le tout au milieu des corps de ceux qui sont morts au nom du renouveau militaire.
Post Mortem décrit l’une des périodes les plus sombres et sanglantes de l’histoire du Chili, mêlant efficacement témoignage, histoire et fiction – jusqu’à attendre un rythme poétique dans la confusion et dans l’absurdité d’un périple sans but.
Commentaires
de Michel Handfield (
Mario, un ténébreux, secret et vivant seul tape les rapports d’autopsies d'une morgue de Santiago au Chili. On sent l'effervescence. Quelque chose se prépare. Il y a des manifs, les jeunes communistes trouvant Allende pas assez à gauche. La droite, au contraire, le trouve trop à gauche et le manifeste par les médias qu'elle contrôle. On y relaie les opinions de l'élite économique contre le régime. Bref, on est au bord du coup d'État, mais on ne le sait pas.
Quant à Mario, il a une vie réglée. Mais, il à l'oeil sur sa voisine d'en face. Une danseuse. Il l'épie du coin de la fenêtre et voit des allées et venues chez elle, car il s'y tient des réunions politiques. Puis, un jour, alors qu'il est dans la douche, il y aura une purge, gracieuseté de l'armée. Mais, il n'aura rien vu! Par chance, sa voisine sera absente. Il la retrouvera et lui déclarera son amour. Mais, elle n'y trouvera pas son compte.
L'état de guerre est déclaré en même temps. C'est le coup d'État qui a renversé Allende. À son arrivée au travail, l'armée sera sur place. On aura alors droit à l'autopsie du président sous l'oeil des militaires. Ce n'est pas la place pour les états d'âme, car les militaires sont prêts à tirer les opposants n'importe où. D'ailleurs arrivent des corps par dizaines. On comprend rapidement qu'ils ont fait des rafles chez les opposants potentiels à la dictature qui s'installe; intellectuels, libres penseurs et grandes gueules. Mario et une employée réalisent qu'il y en a un de vivant dans le lot et le transfèrent discrètement à l'hôpital voisin. Mais, il y sera tué. On est maintenant dans une médecine de dictature. On sait alors que ce ne sera plus jamais pareil. La liberté devient un souvenir.
Ce film nous fait saisir un climat : la crainte, mais aussi une certaine immunité, car on peut profiter de la purge pour se venger. Certains ne s'en priveront pas, car ils savent qu'ils n'en seront probablement jamais inquiétés. Intéressant comme regard.
Suggestion de lecture :
Collectif, 1978, Le Chili d'Allende, Montréal: Éd. Coop. Albert St-Martin
Documents à ne pas taire! (Notre section documentaire)
(Voir aussi notre édito « Envoyer un courriel ou agir? » Voilà la question!)
En annexe à « Le capitalisme solidaire, stade suprême du capitalisme! », ces 3 documentaires :
III. République : un abécédaire populaire
Ryan's Renaissance (RIDM 2010)
The Desert of Forbidden Art (RIDM 2010)
The Parking Lot Movie (RIDM 2010)
14/1
D.I., Delinkan Intellectuel, revue d'actualité et de culture, Vol. 14 no 1, Textes ciné et culture : www.societascriticus.com
À l’affiche au Canada dès le 3 février 2012
« Autrefois, les gens marchaient dans les rues. Aujourd’hui, il faut courir pour trouver un remède. » (Barbara Ehrenreich, auteure de Welcome to Cancerland)
Film réalisé par Léa Pool et produit par Ravida Di
2011, 97 min 43 s
Le cancer du sein est devenu l’enfant chéri des campagnes de markéting associées à une cause. Des centaines de milliers de femmes et d’hommes marchent, pédalent, grimpent et achètent toutes sortes de produits pour financer la recherche d’un remède. Chaque année, des millions de dollars sont amassés au nom du cancer du sein, mais où va tout cet argent et à quoi sert-il au juste?
L’industrie du ruban rose est un long métrage documentaire qui illustre comment la réalité dévastatrice du cancer du sein, que les experts en markéting considèrent comme une « cause de rêve », est occultée par la brillante histoire à succès du petit ruban rose.
Ce long métrage documentaire a été réalisé par Léa Pool en collaboration avec la productrice exécutive Ravida Din pour l’Office national du film du Canada.
Source : www.onf.ca/selection/industrie-du-ruban-rose/
Commentaires
de Michel Handfield (
Ça veut dire quoi tous ces rubans roses; toutes ces activités; tout ce markéting autour du cancer du sein? Attirer l'attention sur la maladie? Prévenir? Gagner des fonds pour la recherche? Et si, plus simplement, la cause servait à vendre? Voilà des questions que pose ce film. En grattant, on trouve des réponses que le grand public ne soupçonnerait pas.
Dans ce contexte, que la recherche ait pris une tournure plus mercantile n'est pas surprenant! Au lieu de chercher les causes et des moyens de prévention (1), on cherche des remèdes, car c'est plus rentable pour les entreprises pharmaceutiques par exemple! C'est comme si on acceptait la maladie comme une fatalité qui touche les femmes au hasard. Mais, on regarde peu ce qui pourrait en expliquer la progression ces dernières décennies, comme les causes industrioenvironnementales. Il est vrai qu'agir sur les causes voudrait dire de changer des comportements et des habitudes de consommation. À la place on soigne et on maquille, car il faut avoir l'air en santé, ce qui fait l'affaire de l'industrie des produits de beauté (2). Toute une industrie tourne autour de la maladie nous montre le film.
Mais, au-delà de l'industrie du cancer du sein, on se sert aussi de la maladie pour rejoindre les femmes, car cette maladie les cible et elles sont d'excellentes consommatrices. Sans faire un mauvais jeu de mots, cela permet du markéting viral très ciblé! Des entreprises fondent d'ailleurs une partie de leur markéting sur le ruban rose. On peut tout vendre avec un ruban rose, allant des autos au fast-food. (3) Même des produits contenant certains ingrédients potentiellement cancérigènes portent le ruban pour la cause!
Mais, pendant qu'on parade pour que la recherche de médicaments avance, on ne manifeste pas pour en connaitre les causes ni contre les responsables potentiels derrière celles-ci, notamment certains dérivés pétrochimiques que l'on retrouve dans une foule de produits de consommation allant des produits alimentaires aux plastiques en passant par les produits de beauté. (4) Le pétrole nous entoure sous diverses formes, même dans notre assiette! (5)
Parlant de pétrole, que dire des émanations d'essence que l'on brule pour nous déplacer? Selon une étude récente (6), il semblerait qu'une des causes du cancer du sein soit justement la circulation automobile :
« Nous avons découvert un lien entre le cancer du sein après la ménopause et l'exposition au dioxyde d'azote (NO2), qui est un marqueur de la pollution de l'air liée à la circulation routière. » — Dr Mark Goldberg (7) »
Quelle contradiction alors de voir ces femmes qui paradent en utilitaire sport décorée pour la cause, même si les émanations d'essence sont peut-être une des causes du cancer du sein! Mais, nous les humains, nous n'en sommes pas à une contradiction près.
Certains diront que le financement de la recherche devrait être public pour éviter les biais de l'industrie. C'est vrai, mais il en est ainsi depuis le désengagement de l'État que nous devons à Ronald Reagan (8). Au Québec et au Canada, par exemple, on donne des crédits d'impôt aux entreprises, que ce soit pour la recherche privée et les partenariats de recherche avec les universités, mais cette recherche est généralement tournée vers des fins commerciales. Il n'est donc pas surprenant qu'on regarde du côté des médicaments, beaucoup plus rentable que la prévention pour les entreprises. Mais, qu'en est-il de la recherche fondamentale, en environnement, ou en sciences humaines et sociales par exemple; de la recherche qui cherche à comprendre et à prévenir, sans avoir rien à vendre ni de profit à faire en retour? Elle souffre de sous-financement. Même le film en parle, car très peu des fonds recueillis par toutes ces campagnes de financement vont à ces secteurs de la recherche (voir la note 1).
Alors, que des entreprises de ces secteurs « s'investissent » beaucoup dans la campagne du ruban rose pour se donner bonne conscience n'est pas une surprise! Mais, elles sont beaucoup moins pressées d'abandonner certains de leurs produits controversés ou de réviser leur liste d'ingrédients pour en enlever les éléments les plus controversés.
Le ruban rose est devenu un excellent outil de markéting en échange d'un don, souvent symbolique, sur les ventes de produits! Cela pervertit par contre le message, qui en devient un de consommer pour aider à la cause plutôt que de regarder ses achats en fonction des risques associés aux ingrédients des produits de consommation courante, car plusieurs contiennent des éléments cancérigènes selon The Environmental Working Group, ruban rose ou pas sur l'emballage! Mais, c'est comme si le ruban rose les en dédouanait! Leur conscience est sauve. Pourtant, on pourrait s'attendre à mieux de leur part. À ce sujet, que dire de Zeneca, qui est derrière « the October's National Breast Cancer Awareness Month », mais produit des éléments cancérigènes dans une de ses filiales selon le film? (9)
Alors, doit-on soutenir ces évènements et produits tagués du ruban rose ou revendiquer des changements aux normes de production? Aller marcher pour la cause ou marcher au lieu de prendre son automobile pour le moindre déplacement? Acheter un ruban rose ou agir en écocitoyen? (10) Je laisse les lecteurs juger, mais je leur recommande de voir ce film avant tout!
« Le film se penche sur les plus grands évènements de sensibilisation et les plus importantes collectes de fonds au profit de la cause, dont la Revlon Run/Walk for Women à New-York, la Susan G. Komen Race for the Cure à Washington, D.C., l'Avon Walk for Breast Cancer de deux jours à San Francisco et le Week-end pour vaincre les cancers féminins de Pharmaprix à Montréal. » (11)
Notes
1. Des sommes recueillis par ces activités, nous dit le film, environ 15% va à la prévention de la maladie et 5% à la recherche sur les causes environnementales!
2. Pourtant, ces produits peuvent contenir certains éléments cancérigènes selon le EWG's Skin Deep cosmetics database : www.ewg.org/skindeep/
3. Des exemples, le film en donne. Mais, voir aussi :
Entreprises derrière la campagne pink ribbon 2008 :
www.pinkribbon.org/ThinkPink/CauseMarketingLineup/USA/2008/tabid/394/Default.aspx
Achetez rose, de la fondation du cancer du sein du Québec :
www.rubanrose.org/fr/achetez-rose
4. The Environmental Working Group (http://ewg.org/) travaille sur ces questions. Le film y fait référence.
5. à ce sujet, voir le pétrole et ses nombreux dérivés :
www.centreforenergy.com/Documents/TeachingResources/PetrSource-Resource-FR.pdf
6. Dan L. Crouse, Mark S. Goldberg, Nancy A. Ross, Hong Chen, France Labrèche, « Postmenopausal Breast Cancer Is Associated with Exposure to Traffic-Related Air Pollution in Montreal, Canada: A Case–Control Study », in Environmental Health Perpectives:
http://ehp03.niehs.nih.gov/article/fetchArticle.action?articleURI=info%3Adoi%2F10.1289%2Fehp.1002221
7. « Un lien entre pollution automobile et cancer du sein? » :
www.radio-canada.ca/nouvelles/sante/2010/10/06/001-cancer-sein-pollution.shtml
8. Aux États-Unis l'État s'est désengagé de ses responsabilités au profit du secteur privé et des fondations. C'est d'ailleurs l'objet du discours de 1981 de Ronald Reagan que le film nous présente au début. Une recherche internet nous apprend qu'il a passé the Economic Recovery Tax Act cette année-là et the Tax Equity and Fiscal Responsibility Act l'année suivante.
9. À ce sujet, voir aussi « Chemical Industry Funds Breast Cancer Campaign »:
www.preventcancer.com/patients/mammography/awareness.htm