Note de la rédaction (16 mars 2010)


Cette page fut redessinée en Open Office (http://www.openoffice.org/), façon de promouvoir le logiciel libre. Le caractère fut grossi pour le texte, mais réduit pour les notes et certains hyperliens de manière à fonctionner autant sur ordinateur de table, portable, qu'en format «iPhone» et «iPod touch». Dans le but d'utiliser la Graphie rectifiée, nous avons placé les options de correction de notre correcteur à « graphie rectifiée », façon de faire le test de la nouvelle orthographe officiellement recommandée sans toutefois être imposée. Voir http://www.orthographe-recommandee.info/


30 août 2010


Commentaires Ciné, Arts & Culture!

D.I. où la culture nous émeut!

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Sorties de films

Horaires

Communiciné!


D.I. a Vu! (Ciné, Théâtre, Expositions et quelques annonces d’événements)

Documents à ne pas taire! (Notre section documentaire)

D.I. Musique!


Toutes nos archives sont disponibles en ligne à Bibliothèque et Archives Canada

Revue Societas Criticus  à Bibliothèque et Archives nationales du Québec


Avis


7 novembre 2009


Dans les commentaires cinés, de théâtres ou de spectacles, les citations sont rarement exactes, car même si l’on prend des notes il est rare de pouvoir tout noter exactement. C’est généralement l’essence de ce qui est dit qui est retenue, pas le mot à mot.


On ne fait pas dans la critique, mais dans le commentaire, car, par ma formation de sociologue, le film est un matériel et nourrit une réflexion qui peut le dépasser. Certains accrocheront sur les décors, les plans de caméra, le jeu des acteurs ou la mise en scène, ce qui m’atteint moins. Moi, j’accroche sur les problématiques qu’il montre et les questions qu’il soulève. Le film est un matériel sociologique; un révélateur social, psychosocial, socioéconomique ou sociopolitique. C’est ainsi que pour de très bons films selon la critique, je peux ne faire qu’un court texte alors que sur des films décriés en cœur, je peux faire de très longues analyses, car le film me fournit davantage de matériel. Je n’ai pas la même grille, le même angle, d’analyse qu’un cinéphile. Je prends d’ailleurs des notes durant les projections de presse que je ne peux renier par la suite, même si je discute avec des confrères qui ne l’ont pas apprécié de la même manière que moi, Je peux par contre comprendre leur angle. J’encourage donc le lecteur à lire plusieurs points de vue pour se faire une idée plus juste.

Peut être suis-je bon public aussi diront certains, mais c’est parce que je prends le film qu’on me donne et non celui que j’aurais fait, car je ne fais pas de cinéma, mais de l’analyse sociale! (Je me demande parfois ce que cela donnerait avec une caméra cependant.) Faut dire que je choisis aussi les films que je vais voir sur la base du résumé et des « previews », ce qui fait que si je ne saute pas au plafond à toutes les occasions, je suis rarement déçu. Lorsque je ne suis pas le public cible, je l’écris tout simplement. Si je n’ai rien à dire ou que je n’ai pas aimé, je passerai mon tour, car pourquoi je priverais le lecteur de voir un film qui lui tente. Il pourrait être dans de meilleures dispositions pour le recevoir que moi. Alors, qui suis-je pour lui dire de ne pas le voir? Une critique, ce n’est qu’une opinion après tout. Une indication qu’il faut savoir lire, mais jamais au grand jamais une prescription à suivre à la lettre. C’est d’ailleurs pour cela que je fais du commentaire et non de la critique.


Michel Handfield, d’abord et avant tout sociologue.


Sorties de films


2010


2 JUILLET


« CHÂTEAUX DE CARTON » de Salvador Garcia Ruiz


7 juillet


PICHÉ: ENTRE CIEL ET TERRE


FESTIVAL INTERNATIONAL DE FILMS FANTASIA - 8 au 28 juillet 2010

www.fantasiafestival.com

13 juillet (DVD)

« OSCAR ET LA DAME ROSE »

16 juillet


I AM LOVE à l’affiche au cinéma AMC Forum!

"MR NOBODY", DE JACO VAN DORMAEL



19-25 juillet

Lumen 4, 3, 2, 1

Projections

Performances

Ateliers de création

Caraquet, Nouveau-Brunswick


Lumen : www.lumen4321.com

Visionnez également la bande-annonce de l’événement : http://vimeo.com/13289927

Au plaisir de vous voir nombreux à cet événement unique !

André Habib, Co-programmateur et animateur de l’événement Lumen



23 juillet


« PIÈCE MONTÉE » DE DENYS GRANIER-DEFERRE

SALT


30 juillet


« LE CONCERT », DE RADU MIHAILEANU

RESTREPO un documentaire Tim Hetherington et Sebastian Junger

« SOUL KITCHEN » DE FATIH AKIN


3 août



THE SMURFS

THE SMURFS en 3D!

6 août

« LES AVENTURES EXTRAORDINAIRES D'ADÈLE BLANC-SEC »

FILIÈRE 13 - http://www.filiere13.ca/

GET LOW à l’affiche au cinéma AMC Forum!

THE OTHER GUYS / LES RENFORTS en V.F.

SOLITARY MAN


10 AOÛT

!

C.A. Conseil d’Administration SAISON 4 SUR DVD


13 août


THE EXPENDABLES de Sylvester Stallone

« MESRINE »: L’INSTINCT DE MORT

EAT PRAY LOVE / MANGE PRIE AIME V.F.

« ANIMA

FILIÈRE 13 

Trois temps après la mort d’Anna, de Catherine Martin

«LES REGRETS» DE CÉDRIC KAHN AU CINÉMA PARALLÈLE


17 aout (DVD)


MILLÉNIUM 3: LA REINE DANS LE PALAIS DES COURANTS D’AIR



LE FESTIVAL DE CINÉMA D’AUTEUR LES PERCÉIDES RELANCE SON ÉDITION ESTIVALE À PERCÉ EN GASPÉSIE DU 19 AU 21 AOÛT POUR UNE SECONDE ÉDITION.


C’est avec joie que le Festival international de cinéma et d’art de Percé – Les Percéides dont le mandat est de faire découvrir le cinéma d’auteur en région annonce que sa deuxième édition aura lieu du 19 au 21 août 2010 en Gaspésie. Le festival présentera une programmation riche et intense de découvertes consacrée entre autre au jeune cinéma d’auteur d’ici et d’ailleurs. La sélection officielle du festival propose également un programme audacieux et stimulant de réalisateurs confirmés. Plus d’une vingtaine de films constituant de grandes premières en Gaspésie (longs et courts métrages) seront projetés dans l’ancien Centre d’Interprétation de la Faune à Percé aux cinéphiles de la région et de l’extérieur.


Le site officiel du festival Les Percéides et la salle de projection des films est situé au 343 route d’Irlande, à Percé.


Coût des billets pour les projections des films de la sélection officielle en salle : 7 $


Projections du vendredi et samedi à 14h, Rencontres avec les cinéastes, 5@7 : Gratuit


Info festival Les Percéides : T. 418-782-1495 - info@perceides.ca - www.perceides.ca




20 août


THE DISAPPEARANCE OF ALICE CREED

« LEBANON » de Samuel Maoz

« THE SWITCH » (L’échange)

LE DERNIER VOL » de Karim Dridi

« I, DON GIOVANNI » DE CARLOS SAURA

COUNTDOWN TO ZERO


24 août (DVD)

KAAMELOTT – LIVRE 4















Le PASSEPORT est en vente au coût de 100 $, il donne droit à une réduction sur le prix du catalogue et de l’affiche. La carte CINÉPHILE est en vente au coût de 250 $, elle donne droit à un catalogue et une affiche gratuits. Les détenteurs de la carte CINÉPHILE et les détenteurs de billets individuels auront priorité sur les PASSEPORTS. Chaque détenteur du PASSEPORT ou de la carte CINÉPHILE pourra voter pour les Prix du Public. Plus tard, à partir du début du mois d’août des coupons seront disponibles dans les salles de cinéma au coût de 65 $ les dix.


Route 132 de Louis Bélanger ouvrira le 34e FFM




27 août


« MESRINE »: L’ENNEMI PUBLIC NO. 1

Y’en aura pas de facile de Marc-André Lavoie

«MY QUEEN KARO» DE DOROTHÉE VAN DEN BERGHE AU CINÉMA PARALLÈLE

TAKERS / V.F. PRENEURS

« LIFE DURING WARTIME » DE TODD SOLONDZ

THE LAST EXORCISM / LE DERNIER EXORCISME


1er Septembre


THE AMERICAN / L’AMÉRICAIN


3 septembre


BUS PALLADIUM

THIS MOVIE IS BROKEN


La Cinémathèque québécoise reçoit Benoît Jacquot du 8 au 10 septembre


10 septembre


L’ARNACOEUR

Dans la brume électrique

TÊTE DE TURC

« MÈRES ET FILLES » - J'en ai parlé dans « Famille, Fraternité, Liberté … » à l'occasion du FFM 2009! Voici le lien vers ce numéro maintenant en bibliothèque: http://collections.banq.qc.ca/ark:/52327/bs1945365


17 septembre

Incendies de Denis Villeneuve:

www.incendies-lefilm.com

www.facebook.com/IncendiesLeFilm

« LA TÊTE EN FRICHE » DE JEAN BECKER


24 septembre


A Woman, a Gun and a Noodle Shop


1er octobre


« LE POIL DE LA BÊTE »: www.lepoildelabete.com


13 au 24 octobre 2010: Festival du nouveau cinéma

http://www.nouveaucinema.ca/


Décembre


Hugo Cabret (date à venir)


17 décembre


FUNKYTOWN


En 2011...


POUR L’AMOUR DE DIEU, RÉALISÉ PAR MICHELINE LANCTÔT

''La Peur de l'eau''


juin


STARBUCK. PATRICK HUARD INCARNERA LE PERSONNAGE PRINCIPAL


août


LE BONHEUR DES AUTRES (Le tournage se déroule du 5 juillet au 13 août 2010)


Horaires


(Vu des conflits de codes et de versions, nous avons remplacé les communiqués réguliers de certaines salles par des hyperliens, car nous avons dû refaire toute cette page récemment dû à un bug d’hyperliens!)


lecinema.ca: www.lecinema.ca/

Média Films: http://mediafilm.ca/

En primeur : www.enprimeur.ca

Allo Ciné! http://www.allocine.fr/film/

Tous nos liens ciné, arts et culture : www.societascriticus.com/DIculture.html


Pour les liens suivants, cliquez sur les images!


 











Communiciné!


DE GRANDS NOMS DU CINÉMA À LA CINÉMATHÈQUE POUR LA RENTRÉE


CINÉMA INTERNATIONAL


Benoît Jacquot, géographe de l’âme

Du 8 septembre au 9 octobre


Cette rétrospective exhaustive de l’œuvre du cinéaste français permet de souligner son apport exceptionnel à la cinématographie contemporaine. En présence du cinéaste qui donnera une Leçon de cinéma et présentera quelques-uns de ses films, dont son tout dernier, Au fond des bois, en première nord-américaine. En collaboration avec le Consulat général de France et Culturefrance.


Coup de chapeau aux italiens Massimo Carlotto et Toni Servillo

Du 17 au 25 septembre


Dans le cadre du Festival international de la littérature, la Cinémathèque recevra Massimo Carlotto, écrivain et scénariste, et en collaboration avec le Théâtre du Nouveau Monde le comédien Toni Servillo, qui rencontreront le public. Cette programmation en cinq projections est réalisée en collaboration avec l’Institut culturel italien.


Hommage à Theo Angelopoulos

Du 20 septembre au 1er octobre


Sept films choisis par le réalisateur. Les œuvres du célèbre cinéaste grec, qui sera présent en début de rétrospective, s’inspirent de la mémoire collective de ses compatriotes pour en retirer des leçons sociales et politiques. Une présentation du restaurant Milos en collaboration avec le Festival des films du monde et la Cinémathèque québécoise. Entrée libre.


Cinéma muet en musique – Expressionnisme allemand

Du 1er, 8 et 27 octobre


Dans le cadre de l’événement 8 X L’ALLEMAGNE présenté en association avec huit institutions culturelles montréalaises, nous célébrons le 20e anniversaire de la réunification de l’Allemagne. D’abord, trois classiques expressionnistes muets : Le Dernier des hommes et Faust, de Friedrich Wilhelm Murnau, accompagnés au piano par Roman Zavada, puis la projection d’une copie restaurée du Montreur d’ombres, d’Arthur Robison accompagnée d’une musique composée par Gabriel Thibaudeau et interprétée par les étudiants de la Faculté de musique de l’Université de Montréal.


Pierre Étaix : Faire rire

Du 14 au 23 octobre


Admirateur de Buster Keaton et formé à l’école Tati, Pierre Étaix a réalisé l’essentiel de son œuvre cinématographique en huit films de 1961 à 1971, mais il a aussi fait carrière au théâtre, au cirque et dans le domaine de l’illustration. En collaboration avec le Festival du nouveau cinéma, nous aurons l’honneur de l’accueillir dans notre salle.


Wang Bing : Comprendre autrement la Chine

Du 14 au 23 octobre


Grâce à la collaboration du Festival du nouveau cinéma et de la Chaire René-Malo, le documentariste chinois Wang Bing sera à la Cinémathèque pour une rétrospective de son œuvre et donnera une Leçon de cinéma le 22 octobre. Propulsé sur la scène internationale dès son premier film, À l’ouest des rails, le cinéaste se positionne comme un témoin attentif de la Chine contemporaine. À l’heure où il se tourne vers la fiction, un premier bilan de son travail s’impose.


James Gray en rafale

Du 20 au 31 octobre


En quatre films, le cinéaste américain James Gray a imposé un univers noir et poignant avec une cohérence et une force remarquables. Entre cinéma de genre et d’auteur, ses histoires de destins bouleversés aux résonnances tragiques explorent les convulsions morales de l’Amérique contemporaine. Une occasion de revoir en rafale cette jeune œuvre brillante.

CINÉMA QUÉBÉCOIS


Histoires de chasse

Du 6 septembre au 27 octobre


L’automne, saison de chasse. Des cinéastes québécois en ont profité pour s’enfoncer dans le bois, lieu propice aux révélations tribales ou familiales, et filmer Le Temps d’une chasse, La Saison des amours ou La Battue. D’autres ont capté la masculinité en nature, comme dans La Bête lumineuse ou Panache.


Il y a 50 ans… la Révolution tranquille

Les mardis 14, 21, 28 septembre et 5 octobre


Du slogan à la réalité, le cinéma, mémoire de la « révolution en marche », remet les pendules à l’heure. Quatre soirées thématiques, des séances pleines de films oubliés, des rencontres avec des invités illustres, tels que Jean Pierre Lefebvre, Bernard Landry, Anne Claire Poirier, Denis Héroux, Marc Laurendeau, Lise Payette et d’autres témoins et acteurs de cette ère de notre histoire. De plus, des affiches de films québécois des années 1960 seront exposées au foyer Luce-Guilbeault, du 8 septembre au 7 novembre. Une initiative du Ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine. Entrée libre.


Octobre 1970 : Visions d’une crise

Les 6 et 7 octobre


Crise majeure. Enlèvements politiques par le FLQ, Loi sur les mesures de guerre, emprisonnements sans procès. Pour les 40 ans, des visions contemporaines aux évènements : des documentaires marquants, et Les Ordres, fiction magistrale tirée de témoignages encore brûlants.


CINÉMA D’ANIMATION


Case horaire du cinéma d’animation

Du 9 septembre au 29 octobre


La case horaire des jeudis à 18 h 30 s’annonce riche et variée et permettra aux cinéphiles de tous âges d’apprécier Princes et Princesses, de Michel Ocelot, et Cinderella, de Lotte Reiniger, deux films d’animation de silhouettes présentés le 9 septembre. Le 30 septembre, une séance haute en couleurs fera un survol des films d'animation inspirés du cinéma de genre. Elle comprend deux chefs-d’œuvre de l’animation contemporaine acquis récemment par la Cinémathèque : Please Say Something de David OReilly (Allemagne-Irlande) et Chainsaw de Dennis Tupicoff (Australie).


Andreas Hykade

Les 28 et 29 octobre


Pour célébrer l’Allemagne une fois de plus et à l’occasion de la Journée mondiale du cinéma d’animation, la Cinémathèque accueillera le cinéaste allemand Andreas Hykade. Pleins feux sur le graphisme épuré et le contenu poignant de ses films d’animation, dont son récent Love & Theft, projeté en première québécoise. L’artiste sera des nôtres pour rencontrer le public et pour offrir, le 29 octobre, une Leçon de cinéma.


EXPOSITIONS


Le Mexique photographié par Luis Buñuel

Du 9 septembre au 10 octobre


Quatre-vingt-quatre photographies prises par le réalisateur espagnol lors de repérages pour des films qu’il a tournés au Mexique entre 1947 et 1965. L’exposition permet de découvrir un aspect peu connu de son travail. La projection de sept films complète cet hommage à Buñuel. Entrée libre.


Dazibao en résidence


Du 11 septembre au 9 octobre à la salle Fernand-Seguin, Dazibao présente Out of Genres In Gender, une exposition-projection consacrée à Keren Cytter, qui emprunte au cinéma de genre pour dévoiler le destin de personnages impuissants face aux conventions qui les régissent. Plus tard, du 14 octobre au 7 novembre, Dazibao se déplace à la salle Norman-McLaren avec la toute dernière œuvre vidéo de l’artiste multidisciplinaire Daniel Olson, Le Miroir de Magritte. Entrée libre.


Pour tous les détails sur la programmation : www.cinematheque.qc.ca.



D.I. a VU! (Ciné, Théâtre, Expositions et quelques annonces d’événements)


12/4


Mesrine 2: ennemi public numéro 1

IO, DON GIOVANNI

Deux films, une conclusion! Texte sur Le dernier vol et Trois temps après la mort d'Anna.

Mesrine

Engagé: vert, en vers et en verve!


12/3


GET LOW

Salt

Cabotins

PIÈCE MONTÉE

I AM LOVE

Piché entre ciel et terre

LES HERBES FOLLES

LE CONCERT

Quand Je est un autre! Ou discussions autour du baiser du barbu et d'un rapt!

Xajoj Tun Rabinal Achi: une expérience théâtrale étonnante à eXcentris

LES AMOURS IMAGINAIRES

MICMACS À TIRE-LARIGOT


12/2


L'enfant prodige

Sex and the city 2

DANS SES YEUX (EL SECRETO DE SUS OJOS)

LE TROTSKI

COCO CHANEL ET IGOR STRAVINSKY 

Les amants de l’ombre

LE JOURNAL D’AURÉLIE LAFLAMME

Aliker

Number one

À L'ORIGINE

Le hérisson

Deux marginaux poétiques! Sur Nelligan et Gainsbourg (Vie héroïque)

Le petit Nicolas


12/4


Mesrine 2: ennemi public numéro 1


D.I., Delinkan Intellectuel, revue d'actualité et de culture, Vol. 12 no 4, Textes ciné et culture : www.societascriticus.com


Commentaires de Michel Handfield (30 aout 2010)


On est de retour en France. Si Mesrine ne change pas pour les évasions, il a changé politiquement. De droite et contre l'indépendance de l'Algérie, il est maintenant de gauche et pour la libération des peuples. Un effet de son passage au Québec et de ses liens avec Jean-Paul Mercier (Roy Dupuis), sympathisant du FLQ que l'on a vu dans le premier film!? Peut-être...


Par contre, où il ne change pas, c'est qu'il en veut toujours plus: un braquage ne suffit pas; il va à la banque d'en face, ce qui le place toujours sur le fil du rasoir comme s'il cherchait ce risque de plus! Un risque incalculable pour faire monter l'adrénaline. Il n'a pas peur non plus de tirer sur la police en pleine rue, ce qui frôle la folie. On dirait qu'il cherche toujours à se placer dans des situations de confrontation directe. Il se fera même une fierté d'être devenu l'ennemi public #1. On est fier de ce que l'on peut, mais, dans son cas, c'est de ce qu'il veut! Ceci illustre bien le personnage.


En fait, il réussit si souvent à échapper à la police et à s'évader qu'il en vient à croire en son personnage. Il se donne même une image de juste - « je vole les riches et les voleurs, comme les banquiers » - et une mission sociale: faire tomber ce système qui se défend plutôt que de défendre les gagnes petits! Il s'approchera alors des milieux de gauche et révolutionnaire. On est dans les années de la gauche! Pour lui, ce n'est pas des conneries, c'est la révolution! Il s'attaque au système pour le foutre à terre. Mais, son comparse s'en séparera, car il ne croit pas ces conneries qu'on peut foutre le système à terre: mais, on peut au moins le rançonner par le vol dit-il! Quant à un autre de ses amis révolutionnaires, il lui dit que « lorsque tu fais les banques, Jacques, tu les flattes, car tu consommes après, ce qui nourrit le système que tu veux détruire, car l'argent revient aux banques de toute manière! »


Plus il allait, plus il voulait aller loin contre le système, ce qui fait que l'establishment a réagi. Le système ne se laisse pas attaquer ainsi impunément. On l'a donc abattu en pleine rue! Merci Jacques, mais ton tour est terminé. Le système est passé à autre chose. 30 ans plus tard, le système fera un film sur toi et tu lui rempliras les poches en même temps que les salles de cinéma, car tu seras un très bon sujet de film. Tu sauras attirer le public aux guichets, deux fois plutôt qu'une même, car on aura fait deux films sur toi!


Le capitalisme a toujours su intégrer – certains diront récupérer – ses détracteurs et ses rebelles! Ainsi va le système. Veut, veut pas, on en est, car il marche sur nous et avec nous. Pour le transformer, il faut le faire de l'intérieur par des choix de consommation et de production différents comme l'économie sociale, coopérative, solidaire et équitable. Mais, même cela, le système saura le faire sien, car le système c'est nous qui le faisons par nos actions! Sur ce point, je suis tourainien! (1)


Note:


1. Clin d'œil à Alain Touraine qui a beaucoup écrit sur l'historicité et l'actionnalisme, soit la production de la société par elle même. A ce sujet, voir les ouvrages suivants:


TOURAINE, Alain, 1965, Sociologie de l’action, Paris: Seuil


TOURAINE, Alain, 1969, La société post industrielle, Paris: Denoël, coll. Médiations.


TOURAINE, Alain, 1993 (1973), Production de la société, Paris: Le livre de poche, biblio essais


IO, DON GIOVANNI


D.I., Delinkan Intellectuel, revue d'actualité et de culture, Vol. 12 no 4, Textes ciné et culture : www.societascriticus.com


Version originale en italien, sous-titres en français

Réalisé par Carlos Saura, Italie, Espagne, 2009, 127 minutes


DON GIOVANNI, NAISSANCE D'UN OPÉRA. Condamné à quinze années d'exil par la Sainte Inquisition pour complot contre l'église, le prêtre Lorenzo da Ponte quitte Venise pour Vienne en 1781. L'Empereur Joseph II, se prenant d'emblée d'amitié pour le jeune garçon, lui demande d'écrire le livret des Noces de Figaro pour Mozart. Cette première œuvre du jeune librettiste est un véritable succès. Très vite son ami Casanova l'implore de travailler avec Mozart à l'écriture d'un nouvel opéra Don Giovanni, inspirée de sa propre vie de libertin.


Commentaires de Michel Handfield (30 aout 2010)


Lorenzo da Ponte, juif, adopté, fait catholique, puis prêtre au temps de l'inquisition aura une vie secrète d'écrivain et de libertin jusqu'à ce qu'il se fasse prendre. Expatrié à Venise en 1781, il y rencontrera Mozart et écrira les livrets de ses opéras les plus célèbres!


Très beau film pour la musique, mais aussi la critique sociale de cette époque où tout était interdit, mais où les inquisiteurs se permettaient parfois de grandes libertés pour savoir quoi interdire en toute connaissance de cause! De là à dire qu'ils étaient des profiteurs, il n'y a qu'un pas très facile à franchir! Lorenzo s'en jouera et cela nourrira même son art!



Deux films, une conclusion! Texte sur Le dernier vol et Trois temps après la mort d'Anna.


D.I., Delinkan Intellectuel, revue d'actualité et de culture, Vol. 12 no 4, Textes ciné et culture : www.societascriticus.com


Michel Handfield (27 aout 2010)


Tout est dans la lumière!


1. Le dernier vol

http://lederniervol.gaumont.fr/

Karim Dridi, France, 2009, 94 minutes


Sahara Français, 1933. Partie à la recherche de l'homme qu'elle aime, disparu lors d'une tentative de traversée Londres - Le Cap en avion, l'aventurière et aviatrice Marie Vallières de Beaumont est contrainte de poser son biplan près d'un poste avancé de «méhariste» français en plein désert saharien. Confronté à la détermination de la jeune femme, Antoine Chauvet, lieutenant en conflit avec sa hiérarchie, décide de l'aider dans cette quête désespérée, dans un lieu aussi grandiose et hostile que le Ténéré. Dans ce désert qui ne ment pas, et dans l'abandon qu'il impose, Marie et Antoine découvriront une vérité à laquelle ils ne s'attendaient pas.


Mes commentaires


Antoine Chauvet est un homme de terrain. Il parle la langue de l'endroit et a des relations avec les locaux. Pour lui, les Touaregs sont chez eux! Pour la hiérarchie, on doit leur faire accepter qu'ils sont maintenant Français et doivent faire comme la métropole le veut! Le nouveau capitaine s'en prend donc à eux pour prendre du galon dans la hiérarchie en voulant empêcher leur rassemblement. Les garder divisés pour régner!


C'est dans ce contexte qu'arrive Marie Vallières de Beaumont, à la recherche de son amant disparu dans une traversée en avion. On est dans le roman, car elle va où son instinct l'amène, c'est-à-dire où elle croît qu'il s'est écrasé! Mais, circuler dans les dunes pour le retrouver relève du fantasme romantique, car elle peut passer à 300 mètres de lui et ne pas le voir s'il est dans le creux d'une dune partiellement recouverte de sable par exemple. Cela donne cependant un excellent film sur la profondeur du romantisme féminin. Un film sentimental qui pousse le romantisme au paroxysme, bref de la porno de filles selon certains! (1)


Mais, il s'agit ici d'une histoire tirée d'un fait vécu, car Bill Lancaster a vraiment existé et est effectivement mort comme on le dit à la fin du film! (2) Pour Marie Vallières de Beaumont, je ne saurais dire si elle fait vraiment partie de la grande histoire ou de l'histoire tirée autour de la vie de Bill Lancaster quoiqu'en dise le film, car à part les écrits autour du film, je n'ai rien trouvé d'autre à son sujet dans mes recherches sur Google. Aucune trace de cette dame sur l'internet. Aussi bien dire ne pas être... dans le monde d'aujourd'hui!


Notes:


1. Voir « Roman d'amour anglo-saxon » sur Wikipédia, car très bien documenté:

http://fr.wikipedia.org/wiki/Roman_d'amour_anglo-saxon


2. http://en.wikipedia.org/wiki/Bill_Lancaster_(aviator)



2. Trois temps après la mort d'Anna

Réalisé par Catherine Martin, Québec, 2010, 87 minutes


Après la mort violente de sa fille unique, une mère dévastée décide de quitter Montréal et de se réfugier, seule, en Kamouraska, dans la maison héritée de sa mère. Elle tente de se reconstruire une vie intérieure en reprenant contact avec la nature, la maison et les objets qui lui rappellent sa propre enfance et celle de sa fille, mais son deuil est profond: elle ne veut plus vivre. Dans la forêt, elle est sauvée in extrémis par un homme alors qu'elle se laissait mourir de froid...


Mes commentaires


On est dans un film sur la douleur de l'arrachement, car Françoise a perdu sa fille unique, Anna, jeune musicienne assassinée après un concert de chambre. Film réflexif, intérieur, monastique! On plonge dans le sens de la perte et la perte de sens. Film de peu de mots, on le ressent fortement. Il nous pogne comme le malaise de cette femme; de cette mère, à qui on a arraché sa fille. Très bon film, mais ce ne sont pas tous qui l'apprécieront à sa juste mesure, car on ne raconte pas une histoire; on la sent!


Conclusion commune!


Dans la symbolique du vide, il faut distinguer ces deux films: Le dernier vol et Trois temps après la mort d'Anna, car, dans les deux films, ces femmes se retrouvent face à un vide existentiel. Mais, dans le premier il y a l'espoir et les paysages contribuent à cette symbolique par les couleurs, le soleil, et l'immensité. Quant à la chaleur écrasante, elle fait penser à cet espoir qui fait aller à l'épuisement. Dans l'autre, les paysages sont en partie de froid et de glace, avec des couleurs sombres. Ce froid qui engourdit jusqu'à la mort. Françoise était d'ailleurs prête à mourir de froid! L'abandon total. On ressent d'ailleurs la grandeur du désert intérieur qu'elle vit par l'image: un désert de glace et d'arbres qui semblent morts. Il faut cependant que la vie suive son cours pour renaitre au printemps avec des glaces à la dérive sur le Saint-Laurent et les premiers bourgeons à la fin de l'hiver!


Ce n'est parfois qu'une question de lumière qui sépare le vide de la grandeur, ce tant dans la vie qu'au cinéma! Ces deux films, vus dans la même soirée, nous le font vraiment ressentir. L'espoir ne tient qu'à un éclairage tout comme son autre face: le désespoir! Les psychologues l'ont amplement démontré, mais le cinéma l'exploite. On en a ici la double représentation devant nos yeux. Mis côte à côte, cela n'est que plus frappant de vérité: tout est dans la lumière!



Mesrine


D.I., Delinkan Intellectuel, revue d'actualité et de culture, Vol. 12 no 4, Textes ciné et culture : www.societascriticus.com

Mesrine prendra d’assaut les cinémas du Québec cet été avec la sortie en salles des films « L’INSTINCT DE MORT » le 13 aout et « L’ENNEMI PUBLIC NO. 1 » le 27 aout. Mettant en vedette Vincent Cassel et Roy Dupuis, cette saga nous fera découvrir le parcours criminel hors norme de Jacques Mesrine. On va des années 60 à Paris au début des années 70 au Canada.


Ce film, réalisé par Jean-François Richet, a décroché trois César (acteur, réalisation, son) en plus de permettre à Vincent Cassel de remporter le prix du meilleur acteur au Festival du film de Tokyo. Tournée en partie au Québec, cette saga met également en vedette Gérard Depardieu, Cécile de France et Gilbert Sicotte. Distribuée conjointement par Remstar et Alliance Vivafilm, « MESRINE » est coproduite en France par Thomas Langmann et au Québec par Maxime Rémillard et André Rouleau.

Commentaires de Michel Handfield (20 aout 2010)


Mesrine: l'instinct de mort


La guerre d'Algérie fut sa première école: tuer pour savoir ce qu'on veut savoir est devenu tuer pour avoir ce qu'on veut avoir! À son retour d'Algérie, c'est l'adrénaline qu'il recherche. Ses parents avaient vu Jacques partir, mais ils ont vu Mesrine revenir! Il sera alors une cible pour l'OAS, « une organisation française politico-militaire clandestine d'extrême droite partisane du maintien de l'Algérie française » (1), qui a besoin d'hommes capables pour assurer son financement et sa présence dans l'actualité par le vol et différents coups d'éclat.


Nerveux et rapide sur la gâchette au début, il deviendra de plus en plus en contrôle au point de faire un peu ce qu'il veut. S'il travaille avec l'OAS jusqu'à son départ pour Montréal (Québec), car il doit se faire oublier en France, il se fera connaitre ici aussi. Mesrine travaille pour l'adrénaline, car il aime cette vie d'action; d'être toujours entre la vie et la mort! Il se fait d'ailleurs un honneur de battre le système et de faire parler de lui!


Intéressant pour cet autre temps, les années 60! Cependant, si on croyait ce temps révolu, j'ai l'impression qu'on y revient avec les conservateurs de Stephen Harper! Suffit de regarder leurs politiques en matière de criminalité, qui fait table rase des faits et des statistiques, pour le comprendre. C'est l'impression d'insécurité qui dicte à nouveau la politique sécuritaire de l'État, mais cette impression est fortement manipulée par les médias et les fictions télévisuelles. On manipule l'opinion pour appuyer la politique de droite! On revient à cette police qui frappe avant de savoir si la personne était concernée ou pas! N'est-ce pas ce que l'on reproche à la police de Toronto suite aux évènements du G-20? (2)


La police peut maintenant dire « Si tu ne sais pas pourquoi tu bas un manifestant, lui, il le sait! » comme le stand-up comique du burlesque d'autrefois disait « Si tu ne sais pas pourquoi tu bas ta femme, elle, elle le sait! » Mais, cette ligne passerait beaucoup moins facilement aujourd'hui et le stand-up comique le sait! Par contre, la police de Toronto n'a pas eu l'air de s'en faire à ce sujet, cela au nom de l'obsession sécuritaire! Ceci montre le recul parcouru par rapport aux grandes manifestations des années 60-70 qui ont conduit à des réformes sociales importantes; ces réformes que l'on démantèle maintenant petit à petit! Ne serait-ce que pour cela, ce film est d'intérêt, car il montre que l'on revient en arrière en certains domaines comme la justice, où on coupe dans les spécialistes et où l'on veut reconstruire des prisons malgré les statistiques contraires! (3) On en revient à cette époque de Mesrine. Ce film offre donc certaines qualités réflexives nécessaires en ces temps troubles! (4)


Pour le grand public, c'est une bonne saga historique, surtout qu'on ne tombe pas dans l'idéalisation du banditisme, ce qu'il aurait pu faire, ni dans la complaisance face à la police. La ligne est neutre, mais claire. On raconte une histoire de vie, avec un peu de changement pour le bien du cinéma. Ça s'appelle un scénario!


Notes:


1. http://fr.wikipedia.org/wiki/OAS


2. Un article parmi d'autres: Alec Castonguay, «Dérive» sécuritaire à Toronto, in Le Devoir, 29 juin 2010: http://www.ledevoir.com/international/actualites-internationales/291744/derive-securitaire-a-toronto


3. « À un journaliste qui l'interrogeait sur la logique, en ces temps de déficit, de dépenser des milliards en nouvelles prisons alors que le taux de criminalité est à la baisse, il a rétorqué: «Nous sommes très préoccupés par l'augmentation du nombre de crimes qui ne sont pas rapportés.» Du coup, pour justifier l'orientation de son gouvernement, il a fait fi des chiffres rendus publics le 20 juillet dernier par Statistique Canada, selon lesquels «le volume et la gravité des crimes déclarés par la police ont reculé en 2009, poursuivant la tendance à la baisse observée au cours des dix dernières années». » (Manon Cornellier, Gros mensonge, in Le Devoir, 4 aout 2010:

www.ledevoir.com/politique/canada/293742/gros-mensonge)


4. Depuis quand ce recul? La crise sécuritaire qui a fait suite aux attentats du 11 septembre 2001 aux États-Unis ou les années d'après la charte des droits de la personne qui ont concrétisé l'individu, ses croyances et ses sentiments comme le centre du monde? C'est ainsi que le collectif et les statistiques font place aux sentiments et qu'on ne tient plus compte de la réalité, mais du sentiment d'insécurité de l'électeur par exemple. On ne l'éduque plus, mais on répond à sa demande sécuritaire! Les faits, pourquoi les faits? On a les impressions à la place!


Référence:


Voir le texte sur André Normandeau, alors jeune professeur et directeur de l'École de criminologie, qui avait rencontré Jacques Mesrine à quelques reprises au début de sa carrière: Mathieu-Robert Sauvé, «Jacques Mesrine et moi...» in JOURNAL FORUM (de l'Université de Montréal), LUNDI, 14 SEPTEMBRE 2009: www.nouvelles.umontreal.ca/recherche/sciences-sociales-psychologie/jacques-mesrine-et-moi.html



Engagé: vert, en vers et en verve!

Michel Handfield (20 aout 2010)


D.I., Delinkan Intellectuel, revue d'actualité et de culture, Vol. 12 no 4, Textes ciné et culture : www.societascriticus.com


Samedi dernier, le 14 aout, j'ai assisté au Cabaret vert dans le red light au Club Soda. Un spectacle vert et en vers sur la Main (rue St-Laurent) à Montréal! Une prise de parole multiforme pour l'environnement. Chansons, vidéos, poésie et danse se côtoyaient dans de courts numéros de 2 à 5 minutes. Temps d'un clip, tous ces numéros passaient bien. L'essentiel du message était livré dans une ambiance qui me rappelait le cégep. La chanson était engagée. Si elle était connue, elle y prenait un autre sens devant l'urgence environnementale, comme dans l'interprétation de « L'hymne à la beauté du monde » ici. D'abord popularisée par Diane Dufresne (1), elle prenait une teinte différente dans ce cabaret. Spectacle fort intéressant donc! Vert, en vers et en verve!


La chanson engagée a parfois un prix. Ici, devant un public vendu à l'environnement, cela passait bien. C'était attendu! Mais, dans un spectacle au « festival du truck de Saint-Glin-Glin », ça passerait moins bien! C'est que la chanson engagée, si elle peut atteindre un large public, ne l'atteint pas toujours. Il faut qu'elle réponde à une préoccupation majeure et largement partagée pour devenir un succès, car le public ne mêle pas trop politique et divertissement, sauf dans l'humour! Puis, encore, l'humour politique est bien moins présent que dans les années 70 au Québec!


Pour atteindre, la chanson engagée doit d'abord séduire par sa musicalité. Vient ensuite le sens! On peut penser à Loco Locass, Renaud, Brassens et quelques autres. Si la musicalité « pogne », les diffuseurs n'auront pas d'autres choix que de la diffuser, car le public la demandera. On peut penser à l'aventure de « Mes aïeux » à ce sujet:


« Boudés par les radiodiffuseurs traditionnels jusqu'à la fin 2006, ils remportent néanmoins un vif succès auprès du public en présentant de nombreux spectacles, la plupart à guichets fermés. En novembre 2005, ils obtiennent un disque de platine (100 000 copies vendues) pour leur album En famille et un disque d'or (50 000 copies vendues) pour leurs albums Ça parle au diable! et Entre les branches. » (2)


Mais, la musicalité n'empêche pas d'écouter les paroles. Même si on ne le veut pas, elles s'imprègneront! Pensons à « Mahattan-Kaboul » de Renaud, qu'il interprète avec Axelle Red! J'entends la chanson dans ma tête qu'à lire le titre! La même chose pour « Miss Maggie », de Renaud aussi; chanson contre l'ultra conservatisme de Madame Tatcher! Et, que dire de « Cochez oui, cochez non » ou de « L'escalier » (plus psychosociale!) de Paul Piché!


Mais, ce ne sont pas tous les interprètes qui peuvent réussir dans la chanson à textes, que ce soit politique, social ou environnemental. Certains n'en feront qu'une ou deux qu'on ne remarquera même pas. Mais, d'autres, comme Renaud, semblent plus politiquement prolifiques! Ils ont la rime pour qu'elle passe à la radio! Dans ce registre, que dire d' « Oxygène » de Luc Plamondon/Germain Gauthier, interprété par Diane Dufresne? Comme hymne à l'environnement, avec « L'hymne à la beauté du monde », c'est assez difficile à accoter!


Ceci me permet donc d'attirer votre attention sur un livre fort intéressant que j'ai lu sur « La chanson francophone engagée » il y a quelque temps, mais dont je cherchais comment en parler, car c'est à la fois savant, dans la méthode, et grand public par le sujet! En effet, qui n'est pas touché par la chanson? On y traite des aspects plus politiques de la chanson francophone tant du Québec que de France. On y passe ainsi « De « Douce France » à « Tekitoi » » comme le suggère le texte de Cécile Prévost-Thomas! Si je ne connaissais pas toujours les chansons citées en exemple, je pouvais facilement faire un lien avec d'autres chansons qui m'étaient davantage connues, car il y a des « concepts » qui peuvent facilement se transférer d'un corpus musical, celui des auteurs, à un autre: le nôtre! À chacun sa chanson (3), question de génération et de préférences musicales. Mais, l'essence est la même: suffit d'être touché! Cela montre l'universalité de ce livre puisque le propos dépasse les choix musicaux des auteurs. C'est dire son intérêt autant pour qui s'intéresse à la chanson, à la culture en général ou à l'ethnométhodologie en particulier.


Notes, suivi des infos d'usages sur le cabaret vert et le livre:


1.
http://sierra.mmic.net/diane_dufresne.htm


2. http://fr.wikipedia.org/wiki/Mes_Aïeux

Voir aussi leur site: http://mesaieux.qc.ca/


3. Titre d'une chanson de Joe Dassin!


CABARET VERT DANS LE RED LIGHT


Tenu au Club Soda, 1225 St-Laurent, Montréal le 14 aout 2010 dans le cadre de la 2e édition du Festival de l’Expression Citoyenne (FEC) de l’Institut du Nouveau Monde: http://www.inm.qc.ca/fec2010


Évènement artistique pluridisciplinaire, ce cabaret citoyen vous offre une variété de performances explorant la question de l’environnement. C’est dans une ambiance festive qu’artistes émergents et connus monteront sur les planches. Paroles ardentes, provocantes, parfois douces, parfois mordantes, danse, musique, performance, poésie et court métrage illumineront cette illustre soirée!


Avec Soufia Bensaïd, Marguerite Bilodeau, Pierre Boudreau, Dounia Bouhajeb, Roxane Duchesne Roy, Fortine, Sébastien Gaudet, Camille German, Fabrice Imbert, June, Rocky Leduc Gagné, Fabrice Koffy, Michel LeveSque, Bébéto Lonsili, Vanessa Massera, Wapikoni mobile, Les Muses, Naïd, Jimmy Rancourt, Martin Robichaud, Yves Robitaille, Éric Roger, Camille Roux, Brigitte Therrien et bien d’autres.


La chanson francophone engagée


Bizzoni, Lise et Prévost-Thomas, Cécile (sous la direction de), 2008, La chanson francophone engagée, Montréal : Éditions Triptyque: http://www.triptyque.qc.ca/ ISBN : 978-2-89031-632-4


Loin de constituer un sous-genre de la chanson francophone qui aurait comme seul trait d’engagement celui d’un texte à vocation sociale ou politique, la chanson engagée, telle qu’envisagée ici, ouvre les frontières de son appellation. Elle est à la fois un objet singulier (musique, texte, voix) et une pratique plurielle (artistes, producteurs, diffuseurs, médias, publics) qui s’expriment symboliquement (langue, identité) en fonction de différents supports et espaces privés ou publics. Issus de la réflexion commune d’un ensemble de jeunes chercheurs qui consacrent leurs travaux à la chanson québécoise et française, les textes proposés permettent, loin de toute idéologie, d’apprécier la pluralité de l’expression «chanson engagée» à travers des approches littéraire, musicologique ou sociologique. Le présent ouvrage témoigne de la pertinence de l’étude de cet art capable de révéler les enjeux culturels de la société contemporaine.


Parmi les auteurs-compositeurs et les groupes étudiés: Anne Sylvestre, Bérurier Noir, Georges Brassens, Loco Locass, Mes Aïeux, Rachid Taha, Richard Desjardins, Les Vulgaires machins, Thomàs Jensen, Zebda, etc.


12/3


GET LOW

http://www.youtube.com/watch?v=y17Me8uL6mA


D.I., Delinkan Intellectuel, revue d'actualité et de culture, Vol. 12 no 3, Textes ciné et culture : www.societascriticus.com


À l’affiche dès le 6 août au cinéma AMC Forum dans sa version originale anglaise.


Robert Duvall, Bill Murray, Sissy Spacek et Lucas Black se partagent la vedette dans Get Low, une histoire vaguement inspirée d’un fait réel (qui depuis est devenu une légende américaine) sur un ermite du Tennessee ayant décidé d’organiser ses propres « funérailles de son vivant » dans les années 1930.


Mélange d’humour pince-sans-rire et de drame rustique, le film est le premier long métrage du réalisateur Aaron Schneider dont le court métrage Two Soldiers lui a valu un Oscar.


Depuis des années, Felix (Duvall), un reclus aux cheveux hirsutes qui vit loin de la civilisation depuis près de quarante ans, est un sujet de terreur pour ses concitoyens. Les gens racontent qu’il s’est livré à toutes sortes d’atrocités. Puis, un jour, Felix débarque en ville avec un fusil de chasse et un paquet de fric en disant qu’il veut assister à ses propres funérailles alors qu’il serait encore en vie, et où tous pourraient venir y raconter une histoire sur lui.


Frank (Murray), un entrepreneur de pompes funèbres à la langue bien pendue, fait appel à son jeune et distingué apprenti (Black) pour mener à bien le plan de Felix. À l’aide de circulaires et d’une émission de radio, Frank trame d’insuffler de la « fête » à la cérémonie. Plus les funérailles approchent, plus le mystère entourant le passé de Felix – auquel sont mêlés une veuve (Spacek) et un prédicateur (Bill Cobbs) – s’épaissit. Cependant, le grand jour venu, Felix révèlera tout.


Même si l’histoire du film a été embellie, celle-ci est fondée sur la réalité. Le véritable Felix « Bush » Breazeale a vécu dans les bois du Tennessee et a planifié ses propres funérailles. Tout comme Felix dans le film, il a également organisé une loterie, offrant sa terre comme prix à réclamer après sa mort. On prétend que pas moins de 12 000 « amis du défunt » provenant d’au moins 14 états différents se sont présentés le 26 juin 1938 – dont un photographe du Life Magazine – pour exprimer leur respect et suivre le déroulement de l’évènement.


Pour donner vie aux forêts appalachiennes et aux villes de l’époque du New Deal, le film a été tourné en Géorgie dans des lieux ayant peu changé depuis la Crise de 1929 – notamment le petit village de Crawfordville (572 habitants) et la Gaither Plantation, une plantation de coton historique (et soi-disant hantée) des années 1800.


La musique originale bluegrass est de Jan A. P. Kaczmarek, alors que le groupe Steeldrivers de Nashville a été recruté pour jouer sa musique rootsy aux obsèques (le véritable Felix « Bush » avait engagé le Friendly Eight Octet de Chattanooga). Le scénario est une collaboration de Chris Provenzano (série télévisée Mad Men) et de C. Gaby Mitchell (Blood Diamond).


Commentaires de Michel Handfield (3 aout 2010 – mis en ligne le 8)


Felix « Bush » Breazeale a un vœu: avoir un party funéraire avant sa mort, auquel il peut assister et dans lequel les gens vont raconter des anecdotes à son sujet!


La réalité: il racontera son histoire, car il y a 40 ans qu'il est reclus et que des rumeurs circulent à son sujet. Si les choses n'avaient pas eu lieu comme on les raconte? Si cet homme n'était pas ce que l'on croit? Les apparences sont parfois trompeuses. C'est ce que l'on saura à la fin.


L'inconnu, l'étranger, le reclus, est souvent source de rumeurs, car il permet de canaliser les peurs et les mythes sur une personne ou un groupe. C'est là un aspect psychosocial intéressant de ce film. J'ai même pensé à « La rumeur d'Orléans » (Edgar Morin, 1969, France: Seuil) à quelques occasions. Puis, il y a la reconstitution d'une autre époque... dont les débuts des médias de masse. On est en 1938, la même année que l'annonce d'une invasion de Martiens sur les ondes de la radio par Orson Welles (1), ce qui avait suscité un mouvement de panique à l'époque! On voit donc la force d'attraction de ce nouveau médium de communication dans ce film, puisque des milliers de personnes viendront d'un peu partout assister à ces fausses funérailles très médiatisées. Tiens, c'est un peu comme aujourd'hui, où des millions de téléspectateurs assistent maintenant à la fausse vie qu'offrent les téléréalités dans le monde! La force du médium suscite l'intérêt, car « Le message, c'est le médium »! (2) Felix « Bush » Breazeale aura connu son heure de gloire au point de devenir une icône états-unienne. (3)


Bref, ce film saura intéresser plus d'un public, car il touche tant le genre historique, les médias que le film psychosocial!


Notes:


1. http://fr.wikipedia.org/wiki/Orson_Welles#L.27annonce_du_30_octobre_1938


2. McLuhan, Marshall, 1968, Pour comprendre les médias, Montréal : HMH


3. http://www.clanbreazeale.com/UncleBush/index.htm


Hyperliens (collaboration de Luc Chaput):


http://www.mercurytheatre.info/


Sur le Tennessee après la guerre civile, puisque le début se passe vers 1895:

http://en.wikipedia.org/wiki/Tennessee

En particulier, la section « Civil War, Reconstruction and Jim Crow »:

http://en.wikipedia.org/wiki/Tennessee#Civil_War.2C_Reconstruction_and_Jim_Crow


Sur le fait que ce soit un pasteur noir d'Illinois qui soit son ami:

http://en.wikipedia.org/wiki/Great_Migration_(African_American)



Salt
http://www.salt-lefilm.com/


D.I., Delinkan Intellectuel, revue d'actualité et de culture, Vol. 12 no 3, Textes ciné et culture : www.societascriticus.com


Un film de Phillip Noyce. Avec ANGELINA JOLIE, LIEV SCHREIBER, CHIWETEL EJIOFOR, DANIEL OLBRYCHSKI et ANDRE BRAUGHER


Evelyn Salt (Jolie) a fait serment au devoir, à l'honneur et au pays en sa capacité d'officier de la CIA. Sa loyauté sera durement mise à épreuve lorsqu'un transfuge l'accuse d'être une espionne à la solde des Russes. Salt prend la fuite, usant de sa longue expérience dans l'ombre pour éviter la capture. Les efforts de Salt pour prouver son innocence ne servent qu'à attiser les soupçons qui pèsent sur elle, alors que les efforts pour découvrir sa véritable identité redoublent, et que la question demeure : « Qui est Salt ? »


Source: http://www.sonypictures.ca/french/movies/salt


Commentaires de Michel Handfield (30 juillet 2010)


Ce film débute en Corée du Nord alors que l'agent Salt est libéré suite à une campagne médiatique de son conjoint, ce qui a attiré l'attention sur elle. Deux ans plus tard, on la retrouve à Washington DC. Agente de la CIA, elle vise un poste plus tranquille, sauf que le destin en décidera autrement quand arrive un transfuge russe qu'elle doit interroger. Il fera des révélations sur un complot ourdi de longue date: des enfants ont été transformés en taupe dormante et vivent aux États-Unis depuis des années, voire des décennies. Il suffit d'instructions pour qu'ils se réveillent et agissent contre les États-Unis pour redonner tout son lustre à l'ex-URSS! Un mythe des années 60 selon ses confrères. Mais, selon cet informateur, l'agent Salt serait une de ces enfants. On la met donc aux arrêts. Elle se sauve alors, mais est-ce pour déjouer ce complot ou parce qu'elle en est?


S'ensuit un film d'action avec une Salt déchainée. Si la plausibilité des scènes est faible, l'adrénaline est au max! Les amateurs du genre seront servis. Quant aux amateurs de politique, deux éléments sont à souligner pour eux.


D'abord, cette hypothèse d'enfants élevés pour s'intégrer à une société d'accueil et agir en temps voulu contre cette société est fort intéressante, car elle renvoie aux cellules dormantes du terrorisme moderne; ces taupes qui attendent le signal, parfaitement intégré à leur voisinage, pour faire une action d'éclat que personne n'aurait pu prévoir. Depuis un certain 11 septembre, on sait que cela se peut! Difficiles à trouver, car ces agents sont parfaitement intégrés à leur environnement. Ils ont un travail, parfois professionnel; une maison; même une famille, puis, sur un signal, ils se transforment en kamikaze. Parfaitement, imprévisible, voire invisible! Cela ne peut que faire peur et créer une certaine paranoïa. Cette peur fait d'ailleurs partie de l'arsenal qu'utilise le terrorisme islamique pour limiter la liberté occidentale par exemple, sa principale cible. Mais, d'autres types de terrorismes l'utilisent aussi, notamment le terrorisme politique.


Ensuite, c'est l'observation des conflits entre les services et les juridictions, qui est intéressante, car cela vient mettre du sable dans l'engrenage d'une machine qui aurait bien besoin de travailler avec toutes ses ressources contre une menace si diffuse. C'est peut-être caricatural, ce que disent certains, mais, comme toutes les caricatures, cela attire l'attention sur des éléments d'intérêts à qui sait lire entre les lignes! Ainsi, ces conflits dans la machine gouvernementale ont de quoi faciliter la tâche de ceux que le système devrait justement surveiller! Prise dans ses luttes intestines, elle ne peut les voir. On ne cesse pourtant pas d'avoir des révélations à ce sujet, mais rien ne change, comme si ce n'était jamais assez gros pour imprégner les consciences. Ce film nous le montre alors comme un gros dessin. Peut-être cela aura-t-il plus d'effets sur la prise de conscience, à moins que ce soit si gros, qu'on ne le prenne pas au sérieux. Trop gros pour être vrai!


Mais, pour qui s'intéresse à la politique, ce film est intéressant, car il démontre des choses sous sa couche d'actions. Faut-il encore saisir les codes secrets du monde de Salt, car elle évolue dans une politique-fiction. Ils sont cachés sous des tonnes d'effets au point que les amateurs du film d'action ne les verront pas, mais ils sont là. Ainsi, sous des airs de films de série B, il y a davantage si on prend la peine de regarder ce film comme un jeu de codes politiques pour initiés. Plus d'une fois, j'avais des références qui me passaient en tête! À vous de les découvrir. Cependant, si vous suivez le moindrement l'actualité états-unienne et internationale, vous devriez en trouver quelques-unes vous aussi.



Cabotins

http://www.cabotins-lefilm.com/


D.I., Delinkan Intellectuel, revue d'actualité et de culture, Vol. 12 no 3, Textes ciné et culture : www.societascriticus.com


1985, donc, Marcel, 60 ans, ex-comédien-producteur de variétés, courailleux semi-alcoolo retiré dans ses terres, apprend que sa femme l’a quitté il y a neuf jours (il ne s’en était pas rendu compte) et qu’il est ruiné pour cause de mauvais placements. Il décide donc d’aller recruter ses anciens comparses à Montréal: Lady Moon, un travesti sexagénaire en deuil; Lucie, 60 ans, une comique indomptable; et Roger, 55 ans, crooneur gominé un peu salace. Les trois veulent embarquer dans le « show de retrouvailles » mais à la condition que Marcel embauche Pedro, son fils.


Or, Marcel et Pedro ne s’entendent pas très bien. Entre autres, ils n’ont pas la même vision du théâtre populaire. Au finish, dans la Grange à Marcel se jouera une comédie de l’héritage, entre tradition burlesque et nouveau théâtre. Mais, des circonstances exceptionnelles forceront tout le monde à réinventer l’amitié, l’amour filial et l’idée même de famille.


Fiche technique

Scénariste : Ian Lauzon

Réalisateur : Alain Desrochers

Producteur : Jacques Bonin


Commentaires de Michel Handfield (30 juillet 2010)


On est en 1985. La télé, les discos, c'est une autre époque, car les cabarets n'existent plus depuis longtemps. Le burlesque est un souvenir, mis à part le « théâtre des variétés » de Gilles Latulippe (qui a fermé en 2000) (1); quelques « comiques » et chanteurs de charmes qui s'accrochent dans de petits bars d'Hochelaga-Maisonneuve et du Sud-Ouest (St-Henri, Côte St-Paul) par exemple; et, peut-être, quelques théâtres d'été qui maintiennent le genre! Mais, la belle époque des « nuits de Montréal » (2), des cafés et des cabarets de la métropole, qui offraient des « stand-up » comiques, n'est plus qu'un souvenir. Même la métropole n'est plus, déclassée par Toronto!


Les années 80 marquèrent une fin et une après-carrière difficile pour ces comédiens du burlesque. C'est « Il y a de l'amour dans l'air », interprété par Martine Saint-Clair, qui est le tube à la radio! (3) On y entend de moins en moins souvent des gens comme Claude Blanchard (4) ou Gilda (5) qui ont été des vedettes de la scène burlesque et de la télé populaire une ou deux décennies plus tôt, surtout à Télé-Métropole, ancêtre de TVA d'aujourd'hui:


« Le chanteur et animateur Robert L’Herbier est affecté à la programmation et met l’accent sur la culture populaire. Des artistes de cabaret comme Olivier Guimond, Denis Drouin et Manda Parent sont les vedettes d’émissions comiques inspirées du burlesque. » (6)


Une décennie plus tard, Claude Blanchard se fera un nouveau nom grâce à Virginie à la télé d'État, considéré plus culturelle. Pas tout à fait surprenant quand on y pense, car pour faire du burlesque il fallait du métier! On ne l'avait malheureusement pas vu, prenant ces gens de haut et, parfois, avec mépris dans certains milieux. Il y avait le théâtre et le burlesque ou la culture avec un « » majuscule et la culture avec un petit « »! Ce film nous le fait bien voir.


Il a le mérite de remettre le burlesque dans la trame historique du Québec et de le replacer dans sa culture. Il nous fait remémorer quelques noms pour ceux qui les ont vus à la télé ou au théâtre des variétés. Pensons à Ti-zoune fils (Olivier Guimond), qui avait une façon unique de jouer avec les escaliers (7) et qui fut dans l'ombre de son père à ses débuts. Malgré ses efforts, Rémy Girard ne peut arriver à maitriser l'escalier tel qu'Olivier le faisait, mais il fait un bel effort. J'ai aussi pensé à Rose Ouellette, dite La Poune (8), avec son petit chapeau; à Manda Parent (9); Juliette Petrie (10) et Paul Desmarteaux (11). Les ancêtres de l'impro en quelque sorte, car ils partaient d'un canevas de quelques lignes pour faire des sketchs et parfois toute une pièce au gré des soirs, des spectateurs et de l'inspiration, parfois avec un verre de trop dans le nez! Mais, ça faisait partie du métier à l'époque.


À la télé, i y eut un retour du genre entre 1987 et 1993 avec « Les démons du midi », mettant en vedette Gilles Latulippe et Suzanne Lapointe (12), où le premier fait des gags et des sketchs dans le pur genre burlesque et où Suzanne rie de bon cœur d'un rire communicatif! Cette émission a aussi servi de planche de lancement pour de nouveaux visages du monde de la scène, que ce soit en chanson ou en humour, qui venaient sur ce plateau aux côtés de vieux routiers que l'on voyait moins à la télé. Pensons à Roméo Pérusse, qui a justement travaillé comme recherchiste à cette émission (13), mais qui a aussi été le mentor de Stéphane Rousseau. (14) Parlant des « démons du midi », Suzanne Lapointe a déjà joué au « Théâtre des variétés » de Gilles Latulippe . Je l'ai vu avec lui et Georges Guétary (15), alors que j'étais adolescent, car mes parents avaient décidé de m'emmener avec eux aux variétés. Je m'en rappelle encore, car elle était jolie en plus d'avoir un rire communicateur à l'époque! (16)


Cependant vint un jour où le burlesque fut considéré comme quétaine. Mais, on y reviendra peut être, car c'est maintenant vintage et on en trouve des extraits sur « You Tube » pour s'en inspirer! (17) On est donc dans un film nostalgico-historique: nostalgique pour certains qui ont connu cette époque et historique pour les plus jeunes. C'était un autre temps, d'autres mœurs, mais cela pourra revenir comme d'autres modes sont revenues! Pas tout à fait pareil, mais « redessiné, genre », comme le disent les plus jeunes.


Notes:


1. http://fr.wikipedia.org/wiki/Théâtre_des_Variétés_(Montréal)

http://fr.wikipedia.org/wiki/Gilles_Latulippe


2. Chanson de Jacques Normand retrouvé sur You Tube: http://www.youtube.com/watch?v=UCk3aTEXlXs


3. Martine Saint-Clair - Il y a de l'amour dans l'air: http://www.youtube.com/watch?v=hAJMJ8TYkiQ


4. Claude Blanchard: http://fr.wikipedia.org/wiki/Claude_Blanchard_(acteur)


5. Guilda: http://fr.wikipedia.org/wiki/Guilda


6. Ouverture de Télé-Métropole, le 19 février 1961:

http://www.revolutiontranquille.gouv.qc.ca/index.php?id=104&tx_ttnews[tt_news]=130&cHash=07401b55393e855132659cb4e54e7047

7.Un classique du Bye-Bye de 1970: http://www.youtube.com/watch?v=KjkJnwvn5B8 . Pour plus de détails sur Olivier, voir: http://fr.wikipedia.org/wiki/Olivier_Guimond


8. http://www.madame.ca/LOISIRS_CULTURE/personnalites/rose-ouellette-dite-la-poune-n3095p2.html


http://fr.wikipedia.org/wiki/Rose_Ouellette


9. Manda Parent: http://fr.wikipedia.org/wiki/Manda_Parent


10. Juliette Petrie: http://fr.wikipedia.org/wiki/Juliette_Petrie


11. Paul Desmarteaux: http://fr.wikipedia.org/wiki/Paul_Desmarteaux


12. Sur Suzanne Lapointe, voir:

http://coffreauxsouvenirs.starquebec.net/L/lapointe_suzanne.htm


13. Roméo Pérusse: http://fr.wikipedia.org/wiki/Roméo_Pérusse Voir aussi ce court extrait sur You Tube:

http://www.youtube.com/watch?v=kV59EsKNRzM


14. « Stéphane began his career early and like the old pros used to start, appearing in cabarets and clubs when he was only 13. He toured the province of Quebec accompanied by his mentor, the legendary Romeo Perusse, who noticed Stéphane in a cabaret in Saint-Henri. Trained in improvisation and inspired by American stand-up comics, Stéphane Rousseau made his first appearance on a "real" stage in 1992 at the Théâtre Saint-Denis when he performed his first solo show. » (STÉPHANE ROUSSEAU BIO, source:

http://www.tribute.ca/people/Stéphane+Rousseau/9943)


15. Georges Guétary: http://fr.wikipedia.org/wiki/Georges_Guétary


16. Était-ce la pièce « La course au mariage » , car selon le coffre aux souvenirs de Suzanne elle a joué dans cette pièce et dans une autre en 1973 au Théâtre de Gilles, mais celle-ci comprenait Georges Guétary dans la distribution. On en a même tiré un disque à l'époque! La musique était de Vic Vogel! Voir: http://users.skynet.be/patrickboulanger/lacourseaumariage.htm


17. Notamment les séquences d'Olivier Guimond sur You Tube: http://www.youtube.com/results?search_query=olivier+guimond



PIÈCE MONTÉE DE DENYS GRANIER-DEFERRE


D.I., Delinkan Intellectuel, revue d'actualité et de culture, Vol. 12 no 3, Textes ciné et culture : www.societascriticus.com


Métropole Films est fière d'annoncer la sortie du film PIÈCE MONTÉE, du réalisateur français Denys Granier-Deferre (Que les gros salaires lèvent le doigt!, Blanc de Chine). Adaptation cinématographique du roman Une pièce montée de Blandine Le Callet.


Bérengère et Vincent se marient dans le respect des traditions bourgeoises. Selon la coutume, familles et amis se réunissent à la campagne par une belle journée de printemps. Journée joyeuse pour certains, douloureuse pour d'autres, dans tous les cas déterminante et inoubliable pour tous. Mais comme les liens du sang ne sont pas toujours ceux du cœur, cette journée va vite devenir « l'heure de vérité », toute génération confondue...


Près de 20 ans après son dernier long métrage Blanc de Chine, Denys Granier-Deferre revient au cinéma avec une comédie romantique mettant en vedette une pléiade d’acteurs français dont : Danielle Darrieux, Jean-Pierre Marielle, Christophe Alévêque, Julie Depardieu, Julie Gayet, Charlotte de Turckheim et Dominique Lavanant ainsi que Clémence Poésy et Jérémie Renier dans le rôle des 2 mariés malchanceux…


Commentaires de Michel Handfield (30 juillet 2010)


Un mariage ne serait pas un mariage sans un oncle qui prend un verre de trop, une tante qui dérape, une sœur plus égocentrique... et les manigances familiales! Cela, c'est sans compter sur la belle famille qui y met du sien pour aider au dérapage! Bref, tout y est et l'ensemble fournit l'occasion de faire le tour des caractères avec un cynisme que j'aime. En plus, le curé est un maitre du genre qui en vu bien d'autres, sauf la grand-mère de la mariée qui le surprendra au point d'en perdre tous ses moyens! Si vous aimez le cynisme et les films 2e degré, on peut dire que « C'est extra », comme le dit cette chanson de Ferré qu'écoute la sœur dépareillée de la mariée en auto! J'ai aimé il va sans dire, ce autant la deuxième fois que la première, car je suis retourné voir ce film avec ma conjointe avant d'écrire ce texte.



I AM LOVE


D.I., Delinkan Intellectuel, revue d'actualité et de culture, Vol. 12 no 3, Textes ciné et culture : www.societascriticus.com


Tilda Swinton tient la vedette dans I Am Love (Io sono l'amore) de Luca Guadagnino, un drame renversant qui porte sur une riche famille milanaise. Mode dernier cri, haute gastronomie, intrigues amoureuses et trame sonore envoutante s’assemblent pour faire de ce film un véritable régal pour les sens.


Dans le château des Recchi, riche famille d'industriels milanais, Emma (Tilda Swinton) coule des jours monotones, enfermée dans son mariage et son sens du devoir. Au printemps, elle fait la connaissance d'Antonio (Edoardo Gabbriellini), surdoué en cuisine et meilleur ami de son fils. Leur rencontre déclenche des passions longtemps réprimées et l’emmène sur le chemin d'un retour à la vie.

Le personnage d’Emma possède le chic de Grace Kelly et ses costumes sont des créations sont du designer Raf Simons pour Jil Sander. D’autre part, les costumes masculins ont été créés par Silvia Fendi de la maison Fendi.


La distribution comprend également Marisa Berenson dans le rôle de l’épouse aristocratique du patriarche des Recchi et Maria Paiato dans celui de leur fidèle domestique. Le film est une réalisation de Luca Guadagnino dont The Protagonists (1999) mettait déjà en vedette Tilda Swinton.


Inspiré d’un récit de Guadagnino, le scénario est cosigné par Barbara Alberti, Ivan Cotroneo, Walter Fasano et Guadagnino. La musique est du compositeur John Adams. Guidagnino et Swinton figurent parmi les producteurs du film.


Commentaires de Michel Handfield (30 juillet 2010)


Riche, mais pas nécessairement heureux. On fait de notre mieux sans la passion. Mais, cette passion demeure toujours dans la pièce d'à côté. Suffit parfois d'une étincelle....


Ce film, comme le précédent, joue dans les malaises familiaux. Mais, dans un autre registre. Plus feutré et plus dur.


Piché entre ciel et terre


D.I., Delinkan Intellectuel, revue d'actualité et de culture, Vol. 12 no 3, Textes ciné et culture : www.societascriticus.com


Grâce à son instinct et à son passé tumultueux, Robert Piché trouve la force et le sang-froid nécessaires pour poser son avion en panne d’essence et sauver ainsi les 306 personnes qui s’y trouvent. En traitement dans une clinique de désintoxication pour un problème d’alcool au lendemain de cet acte héroïque, il doit revivre non seulement ce moment fort, mais aussi son passage en prison. Il ne pourra redonner un sens à sa vie que lorsqu’il aura assumé son passé.


Le film PICHÉ : ENTRE CIEL ET TERRE raconte comment cet homme assoiffé d’aventure a toujours su rebondir. Il montre aussi que derrière celui qui a sauvé ces passagers il y a 8 ans, derrière celui qui ne cesse depuis de fasciner et d’attirer les foules et qui a vu sa biographie se vendre à plus de 65 000 exemplaires; derrière ce héros donc, il y a l’être humain, avec ses sensibilités et ses faiblesses qui nous le rendent encore plus vrai et plus fort que nature.


Commentaires de Michel Handfield (30 juillet 2010)


On est dans l'humain. Après un tel évènement, que tout le monde connait, soit d'avoir réussi à faire atterrir son avion les réservoirs vides, le commandant Piché devra passer devant les caméras. Malgré les « briefings », ce sera la pression d'être livré à des journalistes qui en veulent davantage pour leur média. On déterrera donc son passé, car c'est le « people interest » qui fait vendre de la copie. Et, dans son passé, on a trouvé une séquence d'emprisonnement aux États-Unis pour avoir conduit un avion transportant de la drogue...


Il cherche donc l'oublie dans l'alcool, lui qui a déjà fêté très fort. En cure de désintox, il passera du temps à repenser sa vie pour la reprendre en main. On suit donc son parcours, ses chutes et sa reprise en main. C'est l'occasion de plonger dans ce monde de la désintox et de saisir partiellement, car à chacun son histoire, le mode de pensée d'un alcoolique et la difficulté de sa reconstruction. Dans ce milieu, j'ai bien aimé le personnage du thérapeute, car tous ses non-dits et son langage non verbal parlent fort, très fort! Ce film vaut la peine d'être vu pour son côté humain.


Je termine sur cette phrase du commandant Piché que j'ai noté dans le film:


« Aujourd'hui, tout le monde est sur les pilules. Ça, c'est légal et payé par l'Assurance-maladie, mais nous (les pilotes) on n'a pas droit aux pilules, alors c'est le vin notre antidépresseur! »


Simples questions comme ça: Devrait-on repenser nos modes de vie et d'organisation du travail? Faire moins d'heures pour être plus heureux par un nouveau partage du travail? Même avec moins de salaires, si on est plus nombreux à se partager les charges fiscales, pourrait-on être mieux en terme de qualité de vie? Ne répondez pas trop vite. Prenez le temps de développer votre réponse juste pour voir...



LES HERBES FOLLES d’Alain Resnais


Avec SABINE AZÉMA, ANDRÉ DUSSOLLIER, ANNE CONSIGNY, EMMANUELLE DEVOS et MATHIEU AMALRIC


Les Herbes folles d’Alain Resnais, nommé pour le César du meilleur film en 2010. Rappelons aussi qu’Alain Resnais a reçu, pour l’ensemble de sa carrière et pour ce film, le Prix exceptionnel du Jury du Festival de Cannes en 2009.


Marguerite n’avait pas prévu qu’on lui volerait son sac à la sortie du magasin. Encore moins que le voleur jetterait le contenu dans un stationnement. Quant à Georges, s’il avait pu se douter, il ne se serait pas baissé pour le ramasser.


D’après le roman L’Incident de Christian Gailly, le film met en vedette Sabine Azéma, Anne Consigny, Emmanuelle Devos, Mathieu Amalric et André Dussolier qui a déclaré à propos du film : « Le film parle de cet imaginaire qui est en chacun de nous et qui fait irruption de manière incontrôlable. Ces Herbes rappellent celles qui poussent dans les villes à travers le béton. Elles symbolisent les pulsions, les choix irrationnels qui dorment en chacun de nous et qui émergent parfois. Ça se traduit chez les personnages par une brutalité immédiate qui prend à contre-pied les conventions sociales. À l’opposé du langage et du comportement consensuels de notre époque. » (Le Journal du Dimanche, 1er novembre 2009)


Commentaires de Michel Handfield (11 juillet 2010)


Parfois, un évènement peut ouvrir différentes portes dans l'imaginaire, mais à partir du moment où cet imaginaire déborde dans le réel, cela peut devenir incontrôlable. George, dont on ne sait finalement rien, sauf qu'il a peur de la police, a un imaginaire assez particulier, ce qui le conduit vers l'impossible....


A-t-il fait un geste qu'il ne se pardonne pas dans le passé ou est-il romancier? Qui sait, mais ce portefeuille trouvé par hasard déclenche en lui toute une série de pensées et d'actions pour le moins particulières!


Et pour cette femme, Marguerite, qui s'est fait voler son sac, l'insistance de George à la rencontrer lui fait peur. Mais, cela lui plait aussi! Répulsion et attirance sont comme les deux faces d'une même pièce ici.


Quant à la femme de George, elle n'a pas l'air surpris. Pourquoi?


Tout au long de ce film, on est dans le malaise et l'ironie! Du grand art, mais que tous n'apprécieront pas au même degré. Les amateurs de pataphysique seront cependant bien servis par ce film.



LE CONCERT de Radu Mihaileanu


D.I., Delinkan Intellectuel, revue d'actualité et de culture, Vol. 12 no 3, Textes ciné et culture : www.societascriticus.com


La sortie de ce film a été reportée au 30 juillet!


À l'époque de Brejnev, Andrei Filipov était le plus grand chef d’orchestre d'Union soviétique et dirigeait le célèbre Orchestre du Bolchoï. Mais après avoir refusé de se séparer de ses musiciens juifs, dont son meilleur ami Sacha, il a été licencié en pleine gloire. Trente ans plus tard, il travaille toujours au Bolchoï, mais comme homme de ménage. Un soir, alors qu'Andrei est resté très tard pour astiquer le bureau du maitre des lieux, il tombe sur un fax adressé au directeur : il s'agit d'une invitation du Théâtre du Châtelet conviant l'orchestre à venir jouer à Paris. Soudain, Andrei a une idée de folie : pourquoi ne pas réunir ses anciens copains musiciens, qui vivent aujourd'hui de petits boulots, et les emmener à Paris, en les faisant passer pour le Bolchoï ? L'occasion tant attendue de prendre enfin leur revanche…


Quatrième long métrage de Radu Mihaileanu (Va, vis et deviens; Train de vie), Le concert met en vedette Mélanie Laurent, Miou-Miou, Aleksei Guskov, Dimitry Nazarov, Valeri Barinov et Lionel Abelanski. Le film s'est mérité le Prix du public lors du dernier Festival de films francophones Cinémania de Montréal en novembre dernier où il était présenté en clôture.


Commentaires de Michel Handfield (8 juillet 2010)


Le concert pour violon et orchestre de Tchaïkovski est dans la tête d'Andrei Filipov depuis trente ans. Arrêté en plein concert parce qu'il défendait les juifs de son orchestre, cet épisode le hante depuis. Un moyen de s'en exorciser: faire enfin ce concert et le finir! Mais, Andrei est relégué depuis au rang de concierge de son célèbre orchestre et ses musiciens ont été congédiés. Dispersés dans de petits boulots, la plupart n'ont plus retouché à la musique! Alors, un concert!? Mais, à défaut d'avoir joué depuis, ils ont ce Tchaïkovski dans le sang pour diverses raisons que l'on découvrira, ce qui viendra chercher l'âme sensible en vous à la fin. Quant au nouveau Bolchoï, il n'a plus rien à voir avec eux, car la nouvelle Russie capitaliste a perdu cette culture aux dépens de celle du profit. Un orchestre technique, non plus de cœur comme ils l'étaient!


Si le communisme n'est plus, les canaux du pouvoir sont toujours là cependant. De toute manière, dictature communiste ou dictature du marché, on parle de dictature quand même! Puis, un propagandiste fera toujours de la propagande! C'est ainsi que certains gauchistes sont devenus des défenseurs de la droite conservatrice et de l'économisme dominant, que ce soit en Russie ou en Occident. Ce film aurait pu être l'occasion de regarder plus profondément de ce côté, mais il ne le fait pas, car il demeure dans la comédie. Grand public, mais de qualité. On comprend cependant que certains ont l'avancement de leurs intérêts à cœur, peu importe la couleur dans laquelle ils se drapent! Ils sauront même changer de couleur pour le Pouvoir! (1) D'autres, plus idéologues, ont une idée fixe, comme ces communistes purs et durs qui manifestent tous les dimanches pour le retour de l'ancien régime. (2)


Inversement, les musiciens déchus, sous la direction de leur ancien chef d'orchestre, ont, eux, toutes les raisons d'embarquer pour faire un pied de nez à ces dirigeants qui les ont humiliés à une autre époque. C'est ce que l'on croit d'abord, mais ils ont aussi des raisons personnelles d'aller en France...


Naturellement, 30 ans de décalage avec le monde, ça fait de la matière à comédie, car ils ne sont jamais sortis de leur Russie depuis ce temps. Agréable film donc, où l'on navigue entre caricature et sentimentalité, ce qui explique très bien le Prix du public reçu lors du dernier Festival de films francophones Cinémania de Montréal.


Notes:

1. Je pense ici aux professionnels de la politique ou de la haute administration publique qui naviguent d'un parti à l'autre et se renient par intérêt. J'en exclus le simple citoyen qui le fait au gré de ses recherches et de sa compréhension. Me prenant en exemple, je fus un temps péquiste, mais comme je crois depuis longtemps qu'il faut aller vers un parlement de l'Amérique, comme il y a un parlement européen, j'ai aussi été membre du Parti Libéral du Canada, pour assister à quelques colloques. De toute façon, au PQ ces sujets n'étaient pas envisageables, car on ne peut parler de parlement à l'Européenne de leur point de vue avant d'être souverain, le parlement européen regroupant des États souverains! Mais, j'avoue qu'au PLC cette question n'est pas encore une préoccupation non plus. En fait, elle ne l'est pas pour grand monde. On ne doit pas être nombreux à s'y intéresser pour ne pas dire que je dois être presque fin seul! Mais, un jour il faudra bien y arriver, car les États vont perdre en importance face aux forces montantes que sont les régions et les continents. Dans cette nouvelle optique, la division banlieue/ville devra peut être faire place à une nouvelle approche régionale plus intégrée plutôt que de se concurrencer et de s'affaiblir les uns les autres.


2. Dans un entretien avec le réalisateur Radu Mihaileanu paru sur le site de cinemotions.com on peut lire ce passage:


D’emblée, le film démarre sur une touche d’ironie avec la manifestation d’anciens communistes qui sont en fait des figurants...


Quand je suis parti en Russie avec Alain-Michel Blanc, on a été frappés par cette manifestation qui se déroule tous les dimanches matin à Moscou et qui cristallise le paradoxe de la nouvelle société russe : d’un côté d’anciens communistes empreints de nostalgie, des vendeurs de médailles qui écoulent leur marchandise auprès des manifestants et touristes, et, de l’autre, les nouveaux capitalistes purs et durs. Au milieu d’un tas de gens, dont certains paumés. Je trouve ce contraste à la fois tragique et drôle.


Source: Le Concert, Entretien avec Radu Mihaileanu, réalisateur du Concert:

www.cinemotions.com/modules/Interviews/interview/78831



Quand Je est un autre! Ou discussions autour du baiser du barbu et d'un rapt!


D.I., Delinkan Intellectuel, revue d'actualité et de culture, Vol. 12 no 3, Textes ciné et culture : www.societascriticus.com


Commentaires de Michel Handfield (28 juin 2010)


Quand Je est un autre! Ce titre n'est pas de moi. Il est de Jean-Claude Kaufmann. C'est le titre d'un livre que j'ai lu récemment (Paris : Armand Colin, Collection Individu et Société) et dont je voulais parler. Mais, j'attendais l'occasion. Là, j'en ai eu la démonstration avec « Le baiser du barbu » et « Rapt », deux films différents, mais qui se rejoignent sur un point: si on dit qu'on ne connait jamais une personne, la personne elle-même se connait-elle vraiment? Rarement serait la réponse, quoi qu'elle en dise!


En effet, suffit d'un évènement pour qu'elle change, comme de se laisser pousser la barbe par exemple (dans « Le baiser du barbu ») pour acquérir cette assurance qui lui manquait jusque-là! Ridicule? Pas tant que ça, car l'individu n'est jamais stable, mais dans un équilibre précaire qu'il croit solide comme le roc! Ne se dit-on pas souvent bien ancré ou « groundé »? Ce n'est qu'illusion, notre univers étant continuellement remis en cause au contact des autres! Sans même nous en apercevoir, nous nous redéfinissons continuellement en fonction de nos interactions et d'évènements quotidiens:


« Nous portons régulièrement en nous plusieurs candidats-moi rivaux, se succédant parfois à l'avant-scène sur un rythme élevé. » (p. 19)


Généralement, nous gérons assez bien pour montrer une apparente continuité aux autres et nous illusionner nous-mêmes, mais suffit d'un évènement plus dissonant qu'à l'habitude pour que la rupture soit totale et que le « Je » se recompose tout autrement à nos propres dépends. On devra alors se recomposer une histoire, notre histoire, pour insérer ces éléments dans une trame continue et normale pour mettre fin à cette dissonance. Pour ce faire, on pourra remonter jusqu'à notre petite enfance pour retrouver des éléments explicatifs qui nous rééquilibrerons! Ce sera le cas de Vicky qui cherche pourquoi elle réagit tant à la nouvelle barbe de son « chum » (1) dans « Le baiser du barbu ». Elle ira jusqu'à consulter un professionnel pour l'aider à comprendre.


Dans « Rapt », ce sont plutôt nos multiples « Je » qui sont à l'honneur. Ainsi, dès que Stanilas Graff, industriel près des pouvoirs publics et de la présidence de la République, fut enlevé, la presse se mettra sur son cas. Elle fouillera son passé et sortira des éléments inconnus jusque-là de ses intimes, car il naviguait dans différents cercles qu'il s'efforçait de tenir étanche les uns des autres. Tous ne connaissaient donc pas la même personne, exception faite de son image publique. Selon le contexte, il était entrepreneur, mari ou un joueur qui misait gros dans des milieux mal fréquentés!


« Ses valeurs et ses pensées s'adaptent à l'environnement nouveau, parfois son univers émotionnel, sa façon de parler, ses postures corporelles. D'où la pénibilité ressentie quand les divers cercles de socialisation se croisent. » (p. 60)


Tout le long de ces deux films, je voyais l'illustration « parfaite » de ce livre comme s'il était porté à l'écran. Un excellent ouvrage pour comprendre que l'on n'est pas si unifié ni si solide que l'on croît, mais un montage, parfois tiraillé, de gouts, d'expériences et d'influences qui nous redéfinissent continuellement. « Je » est en mouvement perpétuel aux dépens de notre propre conscience de soi!


« L'individu est un processus, mouvant et composite; il n'existe aucun centre du soi. (…) Il faut définitivement abandonner l'idée que l'individu possèderait au fond de lui-même son être authentique et sa vérité. L'expression courante « être soi-même » ne signifie rien d'un point de vue scientifique. » Elle est très répandue justement parce qu'elle correspond à une aspiration généralisée de l'époque, le rêve (impossible) d'une unité de soi enfin réalisée. » (p. 57)


« Le baiser du barbu », comédie romantique sur la vie de couple et leur entourage, joue forcément sur les personnalités multiples, le personnage principal incarnant un comédien amateur qui doit justement s'incarner en d'autres pour être en plus d'être barman pour survivre; les qui propos propos; et, enfin, les conflits d'intérêts pour faire rire, comme ce couple d'amis qui essaie par tous les moyens de trouver des raisons de refiler leur condo à Vicky, la blonde du barbu! C'est ce film qui exploite le plus ce « je » qui est parfois autre selon les circonstances, car c'est toujours un sujet de comédie.


Dans le cas de « Rapt », on est loin de la comédie. Il s'agit d'un suspense basé sur l’histoire du Baron Empain (1) arrivée en 1978. L'histoire de l'enlèvement d'un industriel pour une rançon. Mais, dès lors, le personnage principal devient l'objet d'une négociation qui lui échappera en vue d'évaluer sa valeur, soit le montant de la rançon. Il y a ce que veulent ses ravisseurs et ce que sont prêts à payer ses associés et sa famille! Puis, à mesure que sortent des révélations à son sujet, sa valeur change comme s'il s'agissait d'une action d'entreprise. Le capitaliste victime de son propre système de valeurs. C'est là un autre angle que j'aurais pu prendre. Il est aussi intéressant de voir comment son entourage réagit en fonction des révélations pour conserver leur unité - leur « Je » - passée. Sur ce terrain, son bras droit est intéressant à suivre, car il y voit l'occasion de changer de place: « Je », veux être un autre!


Ses ravisseurs ne seront plus maitres du jeu assez rapidement, car dès que les projecteurs seront sur lui, il deviendra un bien de commodité pour des journalistes qui fouilleront sa vie et son passé, ce qui aura un impact sur sa valeur et la sympathie qu'il impose. Comme en bourse, il pourrait monter ou descendre! Mais, plus sa réputation sera entachée par son passé, moins l'entreprise aura de l'intérêt à le conserver à sa tête, son impact sur les affaires devenant négatif. Du moment où il ne sera plus dans leurs plans, il ne vaudra plus rien pour l'entreprise sauf un peu de compassion humaine. On ne sera pas prêt à payer le gros prix pour lui.


Puis, plus sa vie privée sera étalée au grand jour, moins il aura de sympathies du public et de sa famille, ce qui fera qu'on en parlera de moins en moins dans les médias au point que l'affaire sera presque oubliée, sauf de ses proches, après quelque temps. D'autres manchettes auront pris la relève. Il vaudra alors beaucoup moins pour ses ravisseurs jusqu'à devenir un fardeau pour eux! À voir pour le suspense, si ce n'est pour la psychologie du personnage et cette manipulation montée en système que l'on nous montre ici dans tout son éclat! La valeur d'un Homme tient finalement à bien peu: bien souvent à un plan de communication et des apparences favorables!


Notes:


1. Conjoint, copain, au Québec.


2. http://fr.wikipedia.org/wiki/Édouard_Jean_Empain


Annexes


Kaufmann, Jean-Claude, 2008, Quand Je est un autre. Pourquoi et comment ça change en nous, Paris : Armand Colin, Collection Individu et Société, 264 p. ISBN 9782200353711, http://www.somabec.com/


Certaines expressions résument l’esprit d’une époque. L’obligation « d'être soi-même » est le mot d’ordre de la nôtre. Mais, passé l’évidence du droit à l’autonomie personnelle, rien n’est clair.


« Soi-même » existe-t-il vraiment?


Jean-Claude Kaufmann, pour avoir perçu le sens de nos comportements les plus anodins, nous connait mieux que personne. Il inflige ici, mine de rien mais preuves à l’appui, une sévère et utile correction à quelques-unes de nos croyances les mieux ancrées.


Non, il n’existe pas de « soi » traversant la vie égal à lui-même. Il n’existe même pas de « centre » à l’intérieur de nous. Notre identité est extraordinairement multiple et changeante: tissée de moments parfois infimes où bascule tout ce que nous sommes. Je n’est jamais autant je que lorsqu’il s’invente différent. Et c’est très bien ainsi.


Ce livre novateur, où la réflexion s’appuie sur le concret des grandes enquêtes menées par l’auteur (Premier matin, Agacements), ouvre la voie de ce nouveau savoir-être, ni rigidité illusoire, ni absence de repères, auquel nous aspirons tous.


LE BAISER DU BARBU

http://www.youtube.com/watch?v=vKJd5aco7JA


Réalisation: Yves Pelletier


Distribution: David Savard, Isabelle Blais, Louis-José Houde, Ricardo Trogi, David Boutin, Pierre-François Legendre, Hélène Bourgeois-Leclerc et Benoît Gouin.


Benoit (David Savard), un comédien qui survit grâce à un emploi de barman, suit le conseil de son frère Frank (Ricardo Trogi), un ex-joueur de hockey devenu son agent. Il décide de se faire pousser la barbe pour un rôle dans un souper-spectacle. Sa blonde Vicky (Isabelle Blais), une ex-dramaturge devenue bibliothécaire, accepte mal cette nouvelle lubie car elle retarde leur projet d’acheter le condo de leurs amis Caro (Hélène Bourgeois-Leclerc) et Vincent (Pierre-François Legendre), qui tiennent un salon de coiffure et d’esthétique. Mais la barbe de Benoit semble magique : il commence à avoir du succès. Vicky, elle, développe une mystérieuse allergie à la pilosité de son chum.


Rapt

http://www.rapt-lefilm.com/


Réalisé par Lucas Belvaux, France, Belgique, 2009, 125 minutes


Homme d'industrie et de pouvoir, Stanislas Graff est enlevé un matin comme les autres devant son immeuble par un commando de truands. Commence alors un calvaire qui durera plusieurs semaines. Amputé, humilié, nié dans son humanité, il résiste en ne laissant aucune prise à ses ravisseurs. Il accepte tout sans révolte, sans cri, sans plainte, c'est par la dignité qu'il répond à la barbarie. Coupé du monde, ne recevant que des bribes d'informations par ses geôliers, Graff ne comprend pas que personne ne veuille payer la somme qui le délivrerait. Au-dehors, son monde se fissure au fur et à mesure de la révélation de sa personnalité. Tout ce qu'il avait réussi à garder d'intimité, son jardin secret, est révélé à sa famille par l'enquête de police ou celle de la presse. Chacun découvre un homme qui est loin de ressembler à celui qu'il imaginait.




Xajoj Tun Rabinal Achi: une expérience théâtrale étonnante à eXcentris


D.I., Delinkan Intellectuel, revue d'actualité et de culture, Vol. 12 no 3, Textes ciné et culture : www.societascriticus.com


Commentaires de Luc Chaput (28 juin 2010)

Crédit photo: Martine Doyon. On y voit Catherine Joncas au centre avec les deux détenteurs du texte en arrière-plan.


Mise en scène : Yves Sioui Durand.

Avec, sur scène, Charles Bender, Marco Collin, Nicoletta Dolce, Yves Sioui Durand, Patricia Iraola, Hélène Ducharme, Catherine Joncas, Lara Kramer, Mireya Bayancela Ordonez, Rodrigo Ramis, Leticia Vera et la précieuse collaboration de Jose Leon Coloch Garniga et Jose Manuel Coloch Xolop du Guatémala. Les concepteurs Jonas Veroff Bouchard, Linda Brunelle, Nicolas Grou, Claude Rodrigue et Guy Simard.



À l’occasion de son 25e anniversaire, la compagnie de théâtre autochtone québécoise Ondinnok (1) a présenté, dans le cadre du 20e anniversaire du Festival Présence autochtone (2), la pièce de théâtre danse maya Xajoj Tun Rabinal Achi (3). Transmise clandestinement de génération en génération depuis la conquête de l’Amérique centrale par les Espagnols, cette oeuvre, redécouverte au XIXe siècle par Charles Étienne Brasseur de Bourbourg (4), a été finalement correctement traduite en français, en espagnol et en anglais (5) et a atteint le statut de patrimoine intangible de l’Humanité décerné par l’UNESCO en 2005 (6).


Sa version originale, qui peut durer une dizaine d’heures, est jouée chaque année lors de la fête de Saint-Paul, le 25 janvier, sur le parvis de l’église San Pablo de Rabinal au Guatémala par le El Baile Danza Rabinal Achi dirigé par Jose Leon Coloch Garniga et son fils Jose Manuel Coloch Xolop. Elle aurait des similitudes avec les mystères du Moyen-âge européen par son évocation de personnages mythiques dans une lutte entre la lumière et la noirceur.


La version qui fut présentée à la salle Fellini d’eXcentris durait approximativement 90 minutes et était mise en scène par le cofondateur d’Ondinnok, Yves Sioui Durand, dans une présentation en théâtre à l’italienne, intégrant des éléments sonores et visuels venant d'univers amérindiens de toute l’Amérique et même de beaucoup plus loin, comme des instruments de musique tibétaine.


Narration du sacrifice d’un prince ennemi vaincu qui évoque sa vie, la multiplicité des langues, malgré la prédominance du français, rendait la compréhension plus ardue, surtout qu’une mauvaise calibration des divers éléments sonores rendait quelquefois l’écoute plus difficile. Patricia Iraola, par sa chorégraphie, effaçait le plus souvent ces moments plus flottants par des interactions entre deux ou plusieurs interprètes qui atteignaient au sublime, nous faisant ainsi passer par un large éventail d’émotions. La participation d’apparence plus brute des deux détenteurs de la pièce ancrait d’une manière différente cette actualisation d’un texte qui intégrait ici des éléments de squelette d’animaux nordiques et des costumes chamarrés du sud.


Certains lecteurs, même s'ils n'ont pu voir cette pièce, voudront approfondir cette connaissance de la civilisation maya et trouveront sur internet de nombreuses pistes pour le faire. (7)


Notes:


1. www.ondinnok.org/fr/index.php?m=accueil


2. Cette pièce fut présentée du 18 au 27 juin à l'EXcentris. Pour tout ce qui entoure le Festival Présence autochtone: www.nativelynx.qc.ca


3. http://www.authenticmaya.com/rabinal_achi.htm


4. http://fr.wikipedia.org/wiki/Charles_%C3%89tienne_Brasseur_de_Bourbourg


Pour un point de vue plus critique

www.biographi.ca/009004-119.01-f.php?BioId=38977


5. www.rtjournal.org/vol_7/no_1/londre.html


6. www.gutenberg.org/etext/15309


Le texte de la pièce comprend des extraits du Popol Vuh et du Chilam Balam de Chumayel:

www.cirac.org/infos-fr/popolvuh.htm

http://diglib.princeton.edu/xquery?_xq=getCollection&_xsl=collection&_pid=c0940


7. Voir www.persee.fr Site des revues universitaires françaises où la recherche de Rabinal Achi ou Popol Vuh donne accès à plusieurs articles.



LES AMOURS IMAGINAIRES

UN FILM DE XAVIER DOLAN


D.I., Delinkan Intellectuel, revue d'actualité et de culture, Vol. 12 no 3, Textes ciné et culture : www.societascriticus.com


Ce film met en vedette Monia Chokri, Niels Schneider et Xavier Dolan. Distribué par Remstar.

Le film raconte l’histoire de Francis et Marie, deux amis qui, épris de la même personne, se livrent à un duel malsain pour la conquérir. De rendez-vous en rendez-vous, la tension monte et, bientôt, chacun interprète de manière obsessionnelle les comportements ambigus et destructeurs de l'objet de leur désir.


Commentaires de Michel Handfield (15 juin 2010)


Tourné comme un vidéo, on est dans l'imaginaire de l'attente, où tous les espoirs sont (encore) permis. Puis, viennent le doute, la déception et le refus de l'évidence! De quoi se chicaner avec son meilleur ami, surtout si les deux ont l'œil sur le même adonis! Amours imaginaires, mais douleurs bien réelles en perspective.


Comme on navigue entre les sentiments intérieurs et les impressions, la bande musicale prend toute son importance ici pour nous faire saisir les états d'âme des protagonistes. Les regards aussi, très bien filmés d'ailleurs!


Mais, il y a de ces amours qui ne sont pas partagés, ni partageables, comme ici ces deux amis - un gars, une fille - qui ont l'œil sur le même garçon! Au mieux, l'un des deux aura de la peine. Au pire, ce seront les trois qui pâtiront de cette histoire. Cependant, comme on est dans leur monde intérieur, ils sont de peu de mots! Peut-être davantage à la recherche du concept d'amour lui-même que de l'amoureux, car l'amour peut parfois se confondre avec le désir de posséder pour s'évanouir ensuite! Effervescence de la chose...


Certains doivent se demander comment peut-on comprendre cette histoire s'il y a peu de dialogues. Comme je l'ai dit plus haut: c'est tourné comme de la vidéo, ce qui permet d'insérer de courtes entrevues sur des peines d'amour fictives pour documenter la chose. Cela vient donc éclairer le sujet en mettant des mots là où les regards ne suffisent pas à tous pour comprendre. Puis, il y a cette bande musicale. Elle est partie intégrante du film et de sa compréhension.


On est face à un film d'auteur. Mais, comme Xavier Dolan ose aller plus loin, le public devrait aussi oser. Je vous encourage donc à voir ce film pour ses intérieurs: sa psychanalyse du sentiment amoureux vu de l'intérieur!



MICMACS À TIRE-LARIGOT de Jean-Pierre Jeunet


D.I., Delinkan Intellectuel, revue d'actualité et de culture, Vol. 12 no 3, Textes ciné et culture : www.societascriticus.com


Les Films Séville, une filiale de E1 Entertainment, est heureuse d'annoncer la sortie du dernier opus du réalisateur français Jean-Pierre Jeunet (Le Fabuleux destin d’Amélie Poulain; Un long dimanche de fiançailles), MICMACS À TIRE-LARIGOT.


Une mine qui explose au cœur du désert marocain et, des années plus tard, une balle perdue qui vient se loger dans son cerveau... Bazil n'a pas beaucoup de chance avec les armes. La première l'a rendu orphelin, la deuxième peut le faire mourir subitement à tout instant. À sa sortie de l'hôpital, Bazil se retrouve à la rue. Par chance, ce doux rêveur, à l'inspiration débordante, est recueilli par une bande de truculents chiffonniers aux aspirations et aux talents aussi divers qu'inattendus, vivant dans une véritable caverne d'Ali-Baba : Remington, Calculette, Fracasse, Placard, la Môme Caoutchouc, Petit Pierre et Tambouille. Un jour, en passant devant deux bâtiments imposants, Bazil reconnait le sigle des deux fabricants d'armes qui ont causé ses malheurs. Aidé par sa bande d'hurluberlus, il décide de se venger. Seuls contre tous, petits malins contre grands industriels cyniques, nos chiffonniers rejouent, avec une imagination et une fantaisie dignes de Bibi Fricotin et de Buster Keaton, le combat de David et Goliath...


Avec ce sixième long métrage, Jean-Pierre Jeunet nous plonge à nouveau dans son univers particulier et filme un Paris se situant entre le traditionnel et le moderne. Il dirige pour la première fois Dany Boon (Bienvenue chez les Ch’tis) dans le rôle de Bazil. Le film met également en vedette André Dussollier, qui faisait la narration dans Le Fabuleux destin d’Amélie Poulain; Yolande Moreau (Séraphine), Jean-Pierre Marielle (Da Vinci code) et Nicolas Marié (Le Vilain).


Commentaires de Michel Handfield (10 juin 2010)


On est dans la BD des malchanceux et des exclus, mais pas des malheureux. Film clin d'œil au cinéma Étasuniens des années 1950, on y passe des moments heureux. D'ailleurs, le public du Beaubien riait de bon cœur.


Mais, ce film est aussi une critique du cynisme des dirigeants d'entreprises d'armements qui profitent des conflits pour faire des profits. En fait, ils ne font pas qu'en profiter, ils les alimentent en vendant des armes à tous les belligérants pour mieux se remplir les poches! On est dans l'indécence des élites.


Cependant, la justice officielle n'y peut rien, car c'est tout le système qui carbure ainsi à l'économisme dominant (1) depuis que le Politique a abandonné ses responsabilités de régulation au marché! On le voit, mais les exclus le vivent! S'ils sont de plus en plus nombreux, ils sont aussi mieux informés, car, par un retournement de l'histoire assez singulier (2), les moyens d'informations leurs sont de plus en plus accessibles grâce aux nouvelles technologies. C'est ainsi que ces nouveaux outils démocratisent le savoir en même temps qu'ils s'étendent. (3)


Mais, on découvre de plus en plus que ces outils donnent aussi un pouvoir de changer les choses. Les opposants des G 8, G 20, de l'OMC et autres sommets du genre les utilisent donc, tout comme les dissidents des pays totalitaires, que ce soit pour s'informer, se coordonner et diffuser leurs actions à la face du monde. (4) C'est ainsi que certaines idées font maintenant leur chemin et se disséminent beaucoup plus rapidement à l'échelle de la planète, où elles trouvent des terreaux fertiles. Autrefois, cette dissémination était beaucoup plus lente et localisée. Elle s'arrêtait parfois à des barrières physiques, comme une montagne ou un fleuve; politiques, comme une frontière ou une dictature; ou sociales, comme la langue ou la religion. Ceci est cependant de moins en moins le cas, les informations voyageant de plus en plus au-delà de ces frontières malgré les contrôles mis en place, notamment grâce aux téléphones cellulaires qui sont de plus en plus puissants. Ces informations réussissent aussi à passer outre les frontières sociolinguistiques, pouvant être traduites par des sympathisants qui se feront ensuite un plaisir de les rediffuser à leurs réseaux! (5) À long terme, cela ne peut que créer une accélération des mouvements sociaux et des sympathies internationales.


Par contre, je me nuancerais tout de suite sur ce dernier point, car existe aussi des moyens de créer des contre-mouvements; de noyer cette information dans une surenchère du fait divers; et d'engourdir le citoyen par le divertissement! Ainsi, en même temps qu'on a cette information, on a aussi de plus en plus de baladeurs sans radios intégrées de telle sorte que le citoyen peut perdre contact avec la communauté, bercée par sa musique et ses illusions mêmes au milieu de la foule! Si connecté à ses gouts, qu'il peut être déconnecté de son monde. L'individualisme devient ainsi contrerévolutionnaire! La Chine l'a comprise. C'est ainsi qu'elle s'ouvre au libéralisme économique, pour satisfaire des clients-citoyens de plus en plus revendicatifs, mais demeure une dictature politique pour ne pas les ennuyer avec la politique et la démocratie!


Nos amis ont parfaitement compris tout ce jeu et useront d'astuces pour diviser les marchands d'armes et les montrer dans ce qu'ils ont de plus vils, car avec un peu d'imagination on peut très bien faire sa mise en scène et ensuite diffuser ce qu'on veut faire voir, que ce soit de l'information ou de la propagande, sur le réseau des réseaux! De toute manière, le peuple aura zappé pour autre chose en moins de 3 ou 4 jours! Mais, il aura au moins pris parti dans des discussions autour de la table ou de la machine à café durant ces 3 jours, ce qu'il fait de moins en moins pour les élections! C'est peut-être là la nouvelle forme des débats publics pour l'avenir. Reste à voir comment la démocratie saura l'intégrer pour se réinventer.


Bref, sans le montrer, ce film attire l'attention sur des questions sommes toutes fondamentales comme l'économie, la politique et la démocratie. Mais, sa beauté réside dans le fait que ça ne parait pas! C'est comme aller chez le dentiste et avoir du plaisir. Le rêve!


Notes:


1. On peut penser ici à Richard Langlois, 1995 Pour en finir avec l’économisme, Québec: Boréal; Forrester, Viviane, 1996, L’horreur économique, France: Fayard;

puis, toute une série de livres qui ont suivi critiquant cette approche de l'économisme aux dépens des autres valeurs humaines.


2. Il me semble reprendre ici une formule que j'ai soit lue ou entendue. Mais, je ne sais plus où, ni de qui! À moins que je n'aie assez écrit pour me citer moi-même sans le savoir! 11 ans de Societas Criticus, ça en fait des expressions de forgées!


3. Un exemple: un iPod touch avec un accès internet gratuit dans un café, une bibliothèque ou un parc donne accès aux grands médias du monde! Par exemple, j'ai un accès gratuit à Cyberpresse, Le point, Le Monde, Rue 89, New York Times et plusieurs autres médias de ce genre sur mon iPod. On n'a plus d'excuse de ne pas être informé! On peut aussi photographier ou filmer une manifestation avec un téléphone cellulaire, puis retransmettre l'info à la planète par SMS, « You tube » et des réseaux sociaux! Ça se voit de plus en plus, venant même de pays totalitaires, car ils ne peuvent tout arrêter, les technologies de communication étant de plus en plus puissantes tout en étant aussi de plus en plus miniatures et discrètes.


4. Sur « You-tube » par exemple, car ce canal ne diffuse pas que du divertissement. Il diffuse aussi de l'information citoyenne et de groupes militants organisés; information qui est parfois reprise par les médias de masse dans une forme de diffusion par contamination.


5. Même en l'absence de tels réseaux, pour traduire et rediriger l'information, il existe maintenant des moyens de trouver ces informations et de les traduire via l'internet. Google offre par exemple des traductions automatiques qui permettent une certaine compréhension d'informations autrement inaccessibles, ce même si ce n'est pas toujours une traduction des plus parfaites. Puis, ces outils iront en s'améliorant! Un jour on pourra s'écrire et même se parler chacun dans sa langue, des programmes ou des automates traduisant instantanément nos propos dans la langue de l'autre et vice versa! Les communications en seront changées au même titre que l'internet les aura changées auparavant, car les petites langues pourront alors continuer à exister à côté des plus grandes! Un des livres intéressants sur le sujet est celui de Pierre-Léonard Harvey, 2004, La démocratie occulte, Québec : Les presses de l’université Laval.



12/2



L’ENFANT PRODIGE


D.I., Delinkan Intellectuel, revue d'actualité et de culture, Vol. 12 no 2, Textes ciné et culture : www.societascriticus.com


SCÉNARISÉ ET RÉALISÉ PAR LUC DIONNE

PRODUIT PAR DENISE ROBERT ET DANIEL LOUIS

Mettant en vedette PATRICK DROLET, MARC LABRÈCHE, MACHA GRENON,

KARINE VANASSE ET GUILLAUME LEBON


C’est en découvrant l’œuvre d’André Mathieu à travers le virtuose Alain Lefèvre que Denise Robert a vu le potentiel de mettre sur écran un tel destin: l'histoire touchante, vibrante, tout en musique et en émotions, d’un enfant prodige. Le réalisateur Luc Dionne a fait appel au grand comédien Patrick Drolet pour donner vie à ce remarquable compositeur et virtuose qu’était André Mathieu. Également de la distribution sont les merveilleux MARC LABRÈCHE, MACHA GRENON, KARINE VANASSE, GUILLAUME LEBON, LOTHAIRE BLUTEAU, BENOÎT BRIÈRE, FRANÇOIS PAPINEAU, ISABEL RICHER, CATHERINE TRUDEAU, SOPHIE FAUCHER, ANDRÉ ROBITAILLE, MARIE-FÉLIXE ALLARD et MITSOU GÉLINAS.


Sur le clavier, les jeunes mains virevoltent, les notes s’enfoncent, la mélodie s’élève. Pour l’enfant, rien de plus facile; il entend les sons dans sa tête. Ces mains, elles appartiennent à André Mathieu. Dès son plus jeune âge, il a conquis son entourage comme son auditoire et a enflammé les salles. Adulé, acclamé, encensé, cet enfant prodige semblait avoir tout pour réussir. Du haut des sphères vertigineuses du succès, aux tréfonds des tourments, la vie du «Mozart Canadien» se fond dans sa musique. Romantique aspirant au bonheur, son histoire est pourtant jouée sur des notes tragiques.


Alain Lefèvre signe son premier film en tant que directeur musical, compositeur et pianiste:


« J’ai ouvert la porte sur le monde d’André Mathieu, alors que je ne le cherchais pas, mais qu’il m’a trouvé… Notre rencontre était, je le crois, prédestinée. Hélas, je suis arrivé beaucoup trop tard au rendez-vous. Trop tard d’une dizaine d’années. André Mathieu était déjà passé de l’autre côté du miroir, quand pour la première fois j’entendis son Prélude Romantique, œuvre saisissante d’une étrange beauté mélancolique… J’avais alors quinze ans et je savais que pour l’avoir manqué, jamais plus je ne serais infidèle au rendez-vous. J’avais désormais André Mathieu dans ma mémoire musicale. Je répondrais à son appel, à sa détresse, à son écorchure. »


Commentaires de Michel Handfield,

avec la participation de Luc Chaput à la recherche (1er juin 2010)


Depuis des années Alain Lefèvre nous parle d'André Mathieu, alors ce film n'est pas tout à fait une surprise, mais plutôt l'illustration du propos qu'il soutient depuis par médias interposés. Depuis quelques mois, le battage médiatique fut soutenu, s'accélérant même à l'approche de la sortie du film, ce qui fait que j'ai peu à dire pour ne pas être redondant.


Vu son genre et la langue, André Mathieu aurait finalement mieux été servi en France n'eût été la guerre qui a forcé sa famille à revenir à Montréal, car ici on semblait limité face au talent de cet enfant. Puis, la famille Mathieu, sous les conseils de quelques amis du milieu musical, se tournera vers les États-Unis une seconde fois.


La première fois, avant l'aventure parisienne, ce fut un premier échec, notamment dû à des difficultés de points de vue, car on voulait en faire un pianiste de concert alors qu'il était attiré par la composition malgré son jeune âge. D'autre part, on voulait le séparer de sa famille, ce que la famille ne pouvait accepter, ni André. Cependant, vu leurs difficultés avec la langue anglaise, la négociation était encore plus ardue, car la famille devait s'en remettre à Wilfrid Pelletier pour négocier plutôt que de le faire directement. Mais, le chef avait probablement des relations à préserver, ce qui compliquait les choses. Ils retourneront une seconde fois aux États-Unis après leur aventure française. Cela achoppera pour une question de point de vue. Aux États-Unis, il faut faire comme ils le veulent pour atteindre la masse, car telle est leur définition de la réussite, mais André sait ce qu'il veut et ne veut pas. Il tient à ses tournures musicales malgré son jeune âge (1), ce qui ne peut fonctionner là-bas. Ils reviendront en espérant un retour en France. André y retournera plus tard, mais encore là, il reviendra, car il ne voudra pas se plier à ce qu'on lui demande.


Son talent lui a mis un poids immense sur les épaules dès un jeune âge, car la famille n'était pas riche et s'est donc consacrée à pousser André pour réussir. D'enfant, il devenait un produit! Cela ne pouvait que laisser des séquelles.


Homme d'émotions, il était en manque de rationalité et n'avait pas le soutien familial de ce côté, car on balançait entre l'admiration et une certaine exploitation de son talent. Cela se fera sentir plus tard, car confirmé et adulé pour son talent de jeunesse, il ne voudra pas suivre d'autres voies – comme l'interprétation – mêmes en parallèle à ses compositions. Ce qui aurait pu être l'histoire d'un succès devint ainsi l'anecdote d'un destin tragique. Ce film permet de comprendre en partie ce passage raté, mais trop d'éléments sont en cause pour dire qu'un seul film peut clore le débat. On reviendra certainement sur le sujet à moins qu'il ne retombe dans l'oubli après cette vague. (2) Mais, si tel est le cas, espérons que sa musique puisse enfin rester.


Si on le présente comme un héros victime des évènements, dont la guerre, soulignons que son refus d'être considéré comme un pianiste d'exception ne l'a pas aidé. En effet, il ne voulait être reconnu et invité que pour jouer ses propres œuvres, mais dans un petit marché comme la musique classique, c'était chose presque impossible, surtout au Québec. Il aurait dû faire les deux tant qu'à faire des choses beaucoup plus éloignées de son art pour survivre, comme de jouer dans de petits commerces et dans un « pianothon » pour créer de l'ambiance ou amuser la galerie. Ceci a certainement brulé son nom, car dans certains milieux on ne pardonnait pas de frayer avec le populo à cette époque! Wilfrid Pelletier fut d'ailleurs dur avec lui au moment de l'Expo justement pour cela. C'est triste, mais telle est la loi de certains milieux très fermés et rigides. Il faut avouer que cela s'est quand même amélioré depuis.


Je suis ressorti du film avec l'impression que s'il avait eu de bons conseillers, peut être lui aurait-on fait voir que la composition et l'interprétation peuvent aller de pair sans pervertir le talent. À moins qu'il en ait eu, mais qu'il n'écoutait pas. Victime des circonstances, mais aussi de ses propres blocages. Je suis donc resté perplexe quant à la psychologie de l'homme, mais j'ai bien aimé sa musique. Un film à voir, mais surtout à écouter!



Notes:


1. Je pense ici à une scène avec un « coach » de piano, car je n’ose parler de professeur, où André tenait à ses notes contre l'avis de celui-ci et de son père conciliant!


2. Jean-Claude Labrecque avait déjà fait un documentaire sur le sujet: « André Mathieu : musicien ». Voir www.onf-nfb.gc.ca/fra/collection/film/?id=30100


Il a aussi employé la musique de Mathieu dans « On s'pratique... c'est pour les Olympiques ». Voir www.onf-nfb.gc.ca/fra/collection/film/?id=876


Hyperliens de références:


http://www.da-go.com/musique/mathieu-a/index.html un site bio


www.radio-canada.ca/emissions/a_la_recherche_andre_mathieu/2010/speciale.asp


www.thecanadianencyclopedia.com/index.cfm?PgNm=TCE&Params=Q1ARTQ0003903


Sur Rodolphe, le père : www.thecanadianencyclopedia.com/index.cfm?PgNm=TCE&Params=Q1ARTQ0002254



Sex and the city 2

www.sexandthecitymovie.com/


D.I., Delinkan Intellectuel, revue d'actualité et de culture, Vol. 12 no 2, Textes ciné et culture : www.societascriticus.com


Commentaires de Michel Handfield (28 mai 2010)


Le sens d'un baiser n'est pas le même selon les situations et les cultures!


2 ans plus tard que le film précédent.


Après le mariage de l'une, les bébés de l'autre, les aventures de la troisième et la carrière de l'avocate, nos 4 filles sont-elles en train de s'installer dans la routine? Peut être, mais c'est sans compter qu'il y en aura toujours une pour les en tirer! Elle les entrainera donc avec elle à Abu Dhabi. Si cette ville se dit ouverte, c'est loin d'être l'Occident et encore moins New York. Surprises garanties pour celles qui croient pouvoir agir comme dans la grosse pomme et y mordre à pleines dents dans la chair!


Film qui plaira certainement à ma blonde, mais je ne m'y suis pas ennuyé. J'y ai trouvé intéressante la question du « Je » dans le « Nous », ou, en plus clair, que devient l'individu dans le couple? Un autre? Pas nécessairement, mais certainement autre que ce qu'il était, car le couple refaçonne les gens!

La question du choc culturel à Abu Dhabi peut aussi être intéressante si on dépasse le regard caricatural. Tout est dans l'œil qui regarde le film ici. La même chose pourrait être dite pour le mariage de leurs amis gais ou pour cette exposition de la richesse, car on est dans une histoire de « Barbies » pour adultes: on magasine et on achète par coup de cœur, mais on ne regarde pas les prix et on n'entend jamais parler des factures, sauf à Abu Dhabi pour une paire de belles chaussures dans le Souk (20$) et pour le prix de la chambre (22.000$/nuit), suite à une aventure de Samantha qui a mal tourné! On est dans le jet set, l'exubérance et l'individualisme! Ce monde existe et on a là matière à le questionner. Sont-elles libertariennes (1), républicaines (2), du mouvement de protestation de droite du « Thea Party » (3) ou, au contraire, ne s'intéressent-elles qu'à leur bienêtre sans se soucier du reste? Des ambassadrices du « Me, Myself and I », du « consommer, c'est être » et, jusqu'à un certain point, d' « acheter, c'est voter »!?


Des quatre, Miranda, l'avocate, est celle qui me plait le plus, car elle a davantage d'ouverture au sens où je l'entends: curiosité intellectuelle et sociale! Cependant, je dois dire que si j'ai vu les deux films, je ne connais pas la série originale.


Mais, ce film misant d'abord sur les toilettes pour attirer un certain public féminin, je ne suis pas sûr que ce sont de telles considérations socioanthropologiques qui intéresseront le public visé. Bref, madame aura du plaisir et rêvera de grandeur! Si monsieur l'accompagne au ciné, il ne s'ennuiera quand même pas, car certains clins d'œil sont pour lui. Un film à recette populaire dans lequel on peut cependant trouver matière à questions si on s'en donne la peine.


Notes:


1. http://fr.wikipedia.org/wiki/Libertarianisme


2. http://fr.wikipedia.org/wiki/Parti_républicain_(États-Unis)


3. http://fr.wikipedia.org/wiki/Tea_Party_protests

http://teapartypatriots.ning.com

http://en.wikipedia.org/wiki/Tea_Party_protests


Hyperliens:


http://fr.wikipedia.org/wiki/Sex_and_the_City

http://en.wikipedia.org/wiki/Sex_and_the_City

http://en.wikipedia.org/wiki/Me,_Myself,_and_I



DANS SES YEUX (EL SECRETO DE SUS OJOS)


D.I., Delinkan Intellectuel, revue d'actualité et de culture, Vol. 12 no 2, Textes ciné et culture : www.societascriticus.com


Un film de JUAN JOSE CAMPANELLA

OSCAR DU MEILLEUR FILM EN LANGUE ÉTRANGÈRE


À L'AFFICHE DÈS LE 16 AVRIL


Montréal, le lundi 8 mars 2010 – Métropole Films est fière d'annoncer que le film argentin DANS SES YEUX (EL SECRETO DE SUS OJOS), du Juan Jose Campanella a été sacré Meilleur film en langue étrangère lors de la 82e cérémonie des Oscars qui s'est tenue hier au Kodak Theater de Hollywood.

1974, Buenos Aires. Benjamin Esposito enquête sur le meurtre violent d'une jeune femme. 25 ans plus tard, il décide d'écrire un roman basé sur cette affaire "classée" dont il a été témoin et protagoniste. Ce travail d'écriture le ramène à ce meurtre qui l'obsède depuis tant d'années mais également à l'amour qu'il portait alors à sa collègue de travail. Benjamin replonge ainsi dans cette période sombre de l'Argentine où l'ambiance était étouffante et les apparences trompeuses...


Grand succès au box office argentin où il a enregistré plus de 2,5 millions d'entrées, DANS SES YEUX (EL SECRETO DE SUS OJOS est le deuxième film argentin à remporter la convoitée statuette après L'Histoire officielle, de Luis Puenzo en 1986.


Distribué au Québec par Métropole Films, DANS SES YEUX (EL SECRETO DE SUS OJOS) prendra l'affiche le 16 avril prochain.

Commentaires de Michel Handfield (15 mai 2010)


J'ai aimé ce film, mais il est plus à suivre qu'à noter, car on est plongé dans un thrilleur en même temps qu'une histoire d'amour!


Par contre, il est intéressant de voir tous ces parallèles entre la société, le système et les relations interpersonnelles, car on est finalement plus souvent en eaux troubles qu'en territoire clair. Cartésien, on organise les choses dans notre tête comme si elles étaient rationnelles et se tenaient. Mais, en est-il vraiment ainsi? (1)

On a droits aux conflits entre collègues et avec l'organisation. Aux conflits inter et infra organisationnels, les structures étant autant des protections que des empêchements pour les membres de l'organisation et du système!


Quant aux amours déçus, à quelles impulsions peuvent-ils conduire? Et la justice dans tout ça? Réelle ou apparente? Peut-elle satisfaire toutes les parties prenantes, que ce soit la police ou les victimes? La peine, si juste soit-elle, n'est jamais définitive, car au dessus de la justice existe tout un système politique! On plonge dans tous ces univers, dont la période d'Isabel Peron (2), ce qui suscite la réflexion.


Tout un film! Sur les amours brisés et les illusions perdues...


Notes:

1. Un livre intéressant sur le sujet est celui de Kaufmann, Jean-Claude, 2008,
Quand Je est un autre. Pourquoi et comment ça change en nous, Paris : Armand Colin, Collection Individu et Société, 264 p. ISBN 9782200353711, www.somabec.com


2. Le tueur est d'ailleurs libéré pour bonne conduite et parce qu'il a suivi des formations en prison dit-on! Mais, la réalité semble être tout autre: il est devenu un agent des forces péronistes durant la guerre sale! Pas très recommandable...


Voir:

http://fr.wikipedia.org/wiki/Péronisme


http://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_de_l'Argentine#Guerre_sale


http://fr.wikipedia.org/wiki/Isabel_Martinez_de_Perón




LE TROTSKI


D.I., Delinkan Intellectuel, revue d'actualité et de culture, Vol. 12 no 2, Textes ciné et culture : www.societascriticus.com


À L’AFFICHE DÈS LE 14 MAI PROCHAIN


Un film de JACOB TIERNEY

Produit par KEVIN TIERNEY


Montréal, le 23 avril 2010 – Alliance Vivafilm et Park Ex Pictures sont fières de présenter «LE TROTSKI», écrit et réalisé par JACOB TIERNEY. Ayant débuté comme comédien à l’âge de 6 ans, c’est derrière la caméra et à la scénarisation que ce dernier trouve la passion de ses ambitions.  «LE TROTSKI» est son second long métrage et c’est nul autre que son père, KEVIN TIERNEY (Bon cop, bad cop), qui en a fait la production. Le film a été tourné à Montréal et a pu compter sur des acteurs de renoms tels que : JAY BARUCHEL, GENEVIÈVE BUJOLD, ANNE-MARIE CADIEUX, COLM FEORE, EMILY HAMPSHIRE ET SAUL RUBINEK.

 

L'ado Léon Bronstein (Jay Baruchel) est un cas tout à fait unique au sein de l’école secondaire Montreal West. Pour une bonne raison : aucun de ses pairs ne peut prétendre être la réincarnation de Leon Trotski, l’iconoclaste et révolutionnaire soviétique du début du XXe siècle, fondateur et héros de l’armée rouge. Pour le punir d’avoir orchestré une grève de la faim des ouvriers de l'usine dont il est propriétaire, son père l’inscrit dans une école publique.  C’est alors que Leon, déterminé à vivre son destin jusqu’à sa fin ultime et à changer le monde, trouve un nouveau sens au terme « syndicat étudiant».

 

Avant même sa sortie canadienne, le film a déjà reçu plusieurs distinctions depuis qu’il a fait partie de la Sélection officielle du Festival international du film de Toronto en 2009 :


Prix du Public- Festival du film de l’Atlantique

Prix du public – Festival international du film de Tokyo

Prix du Public – Festival canadien de Kingston

Prix des critiques- Festival international des débuts cinématographiques de Russie

Prix du public- Festival du film international Sofia de Bulgarie

Prix du meilleur scénario – Writers Guild of Canada

Fait partie du « Top 10 des films de l’année » de 2009 de La Presse canadienne


Le film a été doublé en français et plusieurs des comédiens ont prêté eux-mêmes leur voix à leur propre personnage. Parmi ceux-ci : GENEVIÈVE BUJOLD, ANNE-MARIE CADIEUX, BEN MULRONEY ET COLM FEORE. XAVIER DOLAN a, quant à lui, prêté sa voix au personnage joué par JAY BARUCHEL.


Commentaires de Michel Handfield (15 mai 2010)


Léon Bronstein, fils d'un petit entrepreneur prospère, a un travail à la manufacture de son père. Dès le premier jour, il récrimine. Le deuxième, il organise une grève et veut la syndicalisation. Il porte le même nom que Trotski, de son vrai nom Lev Davidovitch Bronstein (1), et il ne croit pas que ce soit un hasard. Il se croit même sa réincarnation! Il a donc lu sa biographie et suit son chemin, au point de vouloir une fille de 10 ans son ainée alors qu'il n'a que 17 ans! Elle s'opposera naturellement, mais cela pose une question importante: pourquoi 17-27 est-il différent de 27-37 ou de 47-57 en amour? Puis, si c'était l'homme le plus âgé, serait-ce plus normal que la jeune fille en soit amoureuse?


Film intéressant donc, qui va plus loin que le film adolescent traditionnel. Il est même l'occasion d'une critique sociale du néolibéralisme et de certaines valeurs – voire d'un idéalisme - perdues, car il pose un certain regard sur une gauche ex-militante devenue plus affairiste et pantouflarde. Une gauche « on a fait » et « on était là », mais où est-elle aujourd'hui?


Certains parallèles entre la vie de Léon Bronstein et de son héros, Leon Trotski, deux idéalistes, servent d'ailleurs très bien ce propos sans tomber dans le film didactique. Mais, on y apprend quand même quel est le parcours du jeune militant: celui qui se retrouvera un jour en politique, au syndicat ou dans les groupes citoyens et altermondialistes! S'il n'est pas encore un leadeur (2), il a un talent certain d'organisateur.

Ce film pose aussi une question très d'actualité sans le vouloir: celle du clonage, car d'être la réincarnation de Trotski ou d'avoir été « cloné » à partir d'un de ses cheveux par exemple poserait la même énigme: la même personne, Léon Trotski, dans un autre temps ou un autre contexte pourrait-elle avoir les mêmes idées et le même cheminement? Probablement pas et elle pourrait encore moins avoir la même vie je crois. Question intéressante que soulève donc ce film sans l'avoir prémédité. Mais, question très actuelle avec les avancées du clonage.


Par conte, une chose qu'il a en commun avec son héros est son idéalisme! Mais, si cela peut conduire à des réussites extraordinaires, cela peut aussi conduire à des pertes abyssales, car l'idéalisme agit parfois comme un puissant analgésique contre la rationalité! Il endort un certain sens de la réalité et de la peur avec des conséquences parfois troublantes.


Notes:


1. http://fr.wikipedia.org/wiki/Trotski


2 Remplace l'anglicisme « leader » dans le nouvel orthographe. Référence: le correcteur Antidote.



COCO CHANEL ET IGOR STRAVINSKY DE JAN KOUNEN

www.chanelstravinsky.com

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À L'AFFICHE DÈS LE 23 AVRIL

MONTRÉAL, le mardi 6 avril 2010 – Les Films Séville, une filiale de E1 Entertainment, est heureuse d'annoncer la sortie de COCO CHANEL ET IGOR STRAVINSKY du réalisateur français Jan Kounen (99 F, Dobermann). Présenté en clôture du 62ème Festival de Cannes, le film prendra l'affiche au Québec le 23 avril prochain.


Paris, 1913, Coco Chanel est toute dévouée à son travail et vit une grande histoire d'amour avec le fortuné Boy Capel. Au Théâtre des Champs-Élysées, Igor Stravinsky présente le Sacre du Printemps. Coco est subjuguée. Mais l'œuvre, jugée anticonformiste, est conspuée par une salle au bord de l'émeute. 7 ans plus tard, Coco, couronnée de succès, est dévastée par la mort de Boy. Igor, réfugié à Paris suite à la révolution russe, fait alors sa connaissance. La rencontre est électrique. Coco propose à Igor de l'héberger dans sa villa à Garches, pour qu'il puisse travailler. Igor s'y installe, avec ses enfants et sa femme. Commence alors une liaison passionnée entre les deux créateurs...


Relatant avec intensité la liaison passionnée entre la célèbre couturière et le compositeur russe, COCO CHANEL ET IGOR STRAVINSKY met en vedette Anna Mouglalis (Merci pour le chocolat) et l'acteur danois Mads Mikkelsen (Casino Royale)


Commentaires de Michel Handfield (29 avril 2010)


1913. Première présentation du « Sacre du Printemps »d'Igor Stravinsky. Il a osé bousculer les conventions. C'est presque l'émeute dans la salle, mais Coco a aimé. L'orchestre, avec la danse, c'était pourtant superbe selon mes goûts! (1)


1920. Suite au décès de son chum, Boy, Coco n'est plus la même. Devenue femme d'affaires, on sent moins sa sensibilité. Elle est plus dure que dans le premier film – Coco avant Chanel – dont ce n'est pas la suite cependant, même si on peut faire des rapprochements. Ce n'est pas la même actrice non plus. Au début, j'ai trouvé cela un peu difficile, mais ça marque bien la différence entre les deux temps: Coco, puis Chanel! Je suis entré dans le film après quelques minutes et j'ai bien apprécié la coupure finalement.


On sent le personnage de Chanel: noir! Ainsi, à la question de Mme Stravinski « Vous n'aimez pas la couleur Mlle Chanel? », elle répondra « Tant que c'est du noir! » Car, Coco aura invité la famille Stravinski à vivre dans sa villa, à Garches, pour qu'Igor puisse y travailler à son art et à son aise.


Si la relation qui se développe entre Igor et Coco est intéressante et romantique, la relation entre les deux femmes l'est aussi, car c'est l'opposition entre les valeurs traditionnelles de Mme Stravinsky et de la femme d'affaires qui n'en cède en rien aux autres et pour qui tout est accessible à condition d'y mettre le prix et le temps. Comme un homme! Juste d'être là, elle ordonne! Le mâle dominant ne fait pas nécessairement le poids devant elle. Dure en affaire, avec ses employés et les autres femmes, elle sait ce qu'elle veut et n'a aucun remords. La vie est un jeu de Monopoly et elle joue pour gagner. Capable de donner des coups, elle peut aussi en prendre. De toute façon, elle a déjà connu son premier coup dur: la perte de Boy. Elle est donc blindée.


Si vous aimez la musique, le pouvoir et une certaine romance, c'est un film à voir. Mais, ce n'est pas une biographie. C'est romancé. (2)

Notes:


1. Le sacre du printemps fut revu en 1947. Voir: http://fr.wikipedia.org/wiki/Sacre_du_Printemps


2. A ce sujet, il est intéressant de lire l'entretien avec le réalisateur sur www.chanelstravinsky.com



Les amants de l’ombre


D.I., Delinkan Intellectuel, revue d'actualité et de culture, Vol. 12 no 2, Textes ciné et culture : www.societascriticus.com


2009 / fiction / 90’ / vidéo / français

Origine : France

Réalisateur : Niang, Philippe

Avec Julie Debazac, Anthony Kavanagh, Delphine Rich, Georges Corraface, Lilly Fleur-Pointeaux


Hors-compétition

Présenté le : 24-04-2010 à 19h

Salle : Cinéma du Parc www.cinemaduparc.com

Pendant l’effervescence de la Libération, Louise, une jeune femme, dont le mari est prisonnier en Allemagne, se prend de passion pour Gary, un GI’s Noir. Dans le même temps, Blanche, une adolescente, et un jeune soldat allemand vivent un amour interdit. Elles seront toutes les deux tondues. L’une pour avoir aimé un homme noir, venu libérer la France, l’autre pour avoir aimé un allemand venu l’envahir. La petite histoire se mêle à la grande et revient sur un point ignoré de cette période à savoir le racisme qui régnait dans les rangs de l’armée des libérateurs.


Commentaires de Michel Handfield (29 avril 2010)


On est vers la fin de la guerre. Alors que les États-Uniens entrent dans les villages, les Allemands quittent la France. Cela peut se passer n'importe où en France. Cependant, vu les décors, je voulais en savoir davantage sur les lieux de tournage:


« Le téléfilm Les amants de l'ombre, a été intégralement tourné en Bourgogne au printemps 2009. L’équipe de tournage a investi pendant cinq semaines de nombreux décors naturels : les ponts de Pierre-Perthuis ou la Roche percée. La scène du grand bal a été tournée à Vézelay avec plus de 80 figurants. » (1)


Mais, ça aurait pu être dans n'importe quel village français, car une partie de l'histoire vient de cette proximité des petits lieux où tout le monde se connaît! Ça crée une forme de promiscuité qui fait que les conflits interpersonnels deviennent des conflits publics. La même chose est vraie d'un bataillon ou d'un régiment, d'où les parallèles entre ce qui se passe dans le village et l'armée américaine. Intéressant!


Le régime nazi en était un de ségrégation avec une classification des peuples et l'interdiction de mélanger les genres, ce qui affaiblissait la race! Mais, dans les rangs du libérateur existe la ségrégation envers les noirs. L'armée, qui apporte la liberté, a aussi ses conflits raciaux, car l'égalité des noirs américains n'était pas encore gagnée en ces temps. (2) D'ailleurs, 60 ans plus tard, existent encore des discriminations aux États-Unis envers les Afro-Américains, parfois déguisées sous forme de traditions et de questions insidieuses! On n'a qu'à penser aux attaques envers Barack Obama (3), premier président de couleur aux États-Unis, car on soulève régulièrement à droite la question de savoir s'il est un vrai américain, donc sa légitimité! L'extrême droite états-unienne s'en donne aussi à cœur joie depuis son élection. Pensons seulement au « Tea Party movement » qui a commencé suite à son élection (4), cela sans compter tous les groupuscules qui doivent exister dans l'ombre et qui font leur cabale! Pour le pays défenseur de la liberté...


C'est comme la France, avec l'égalité et la fraternité. D'avoir succombé à l'amour pour un noir américain vaudra le même sort à Louise qu'à Blanche, sa jeune belle soeur qui a couché avec un jeune Bosch (Allemand): les deux seront tondues en public! On peut retailler l'arbre pour qu'il soit propre, mais les racines fascistes ne s'effacent pas pour autant, ce qui fait que ce film historique fournit un éclairage intéressant sur l'actualité contemporaine, vu la montée de la droite en divers pays occidentaux. C'est comme si le XXIe siècle était une reprise. Avec la chute du mur communiste, on semble avoir libéré les démons de la fin du XIXe et des débuts du XXe siècle: ethnicité et religion. On dirait même que la religion redevient intouchable. On ne peut plus en parler, encore moins la questionner, quelque qu'elle soit. La liberté de croyance, une liberté parmi d'autres, dont celle d'opinion, devient sacrée, passant même au-dessus de droits fondamentaux comme celui de l'égalité homme/femme! Parlant d'égalité, ce film traite aussi du sexisme, car il était parfois facile de passer pour un brave en s'en prenant à des femmes victimes des circonstances et de leurs sentiments! Je n'ai pas à en dire plus.


À un niveau plus intimiste, des histoires d'amour en temps de guerre, ça ne peut jamais être simple, car la guerre exacerbe les conflits personnels. On peut facilement faire pendre quelqu'un pour rien en choisissant bien ses mots! Des vengeances peuvent ainsi être assouvies sous forme de justice! Il y eut quelques réactions dans la salle d'ailleurs.


Au niveau du jeu, car il me faut en parler, beaucoup passe par les regards. Une bonne distribution bien menée. Téléfilm, mais qui pourrait facilement passer en salle de répertoire. Vu le sujet, il devrait être repris par la télévision publique par la suite, car ce film mérite d'être vu par un public plus large que les seuls cinéphiles. Je le recommande.


Notes:


1. J'ai cherché cette information vu la beauté de la place! Voir: www.cr-bourgogne.fr/Les-amants-de-l-ombre,13,4666


2. La ségrégation dans l'armée états-unienne se résume, pour certains, à « Un nègre, c'est moins que rien! »


3. http://fr.wikipedia.org/wiki/Barack_Obama


4. http://teapartypatriots.ning.com/


Sur Wikipédia, mais avec des mises en garde:


http://en.wikipedia.org/wiki/Tea_Party_movement

http://en.wikipedia.org/wiki/Tea_Party_protests


Hyperliens:


http://en.wikipedia.org/wiki/African_American


Comme ce film a eu le soutien de l'Agence nationale pour la cohésion sociale et l'égalité des chances, voici deux liens à ce sujet:


www.lacse.fr

http://fr.wikipedia.org/wiki/ACSE




LE JOURNAL D’AURÉLIE LAFLAMME

Un film de Christian Laurence écrit par India Desjardins et Christian Laurence.

Produit par Claude Veillet


D.I., Delinkan Intellectuel, revue d'actualité et de culture, Vol. 12 no 2, Textes ciné et culture : www.societascriticus.com


Aurélie Laflamme: Marianne Verville

Kat Demers: Geneviève Chartrand

Nicolas Dubuc: Aliocha Schneider

Truch: Jérémie Essiambre

France Charbonneau: Édith Cochrane

Denis Beaulieu: Pierre Gendron

Marie-Claude: Valérie Blais

Soeur Rose: Sylvie Potvin

Aurélie 9 ans: Camille Felton

Julyanne: Rose Adam

Justine: Sabrina Lagacé

Marilou: Ariane Tremblay

Marithé Roberge :Marianne Bourdon


Aurélie Laflamme se sent bien seule dans l’univers.


Elle a 14 ans, s’est récemment chicanée avec sa meilleure – et seule – amie, a l’impression qu’on lui a transplanté des neurones d’écureuil par erreur, et est aux prises avec une mère obsédée par le ménage, et qui a en plus un sérieux kick sur le directeur de l’école. En d’autres mots, c’est la fin du monde.


Si seulement son père était là, il comprendrait. Mais il est mort il y a cinq ans. Sa mère, qui a encore de la difficulté à accepter sa disparition, n’a jamais su quoi lui répondre lorsqu’elle a voulu savoir ce qui nous attendait après la mort. Aurélie est toujours hantée par ce questionnement existentiel.


Mais Aurélie a une théorie : si son père était simplement un extraterrestre? Et qu’il avait quitté la Terre pour rejoindre sa planète? Génétique oblige, elle serait elle-même une extraterrestre! Ce qui expliquerait bien des choses… Par exemple, pourquoi elle se sent si différente des autres (surtout de sa mère), pourquoi elle n’est pas capable d’enligner deux mots sans faire une gaffe, et surtout pourquoi les garçons lui tapent vraiment sur les nerfs.


Pour Aurélie, l’amour est depuis toujours une chose inimaginable. Mais quand arrive Nicolas, elle doit reconnaître que son coeur est plus fort qu’elle. Sa carapace se fissure et elle se sent envahie par un flot d’émotions incontrôlables.

C’est à travers les pages de son journal qu’elle décide de confier ses pensées.


Entre les joies et les peines, les réussites et les échecs, l’amour et l’amitié, Aurélie devra trouver sa place.



Commentaires de Michel Handfield (29 avril 2010)



Aurélie Laflamme, 14 ans, a l'impression d'être un extra terrestre oublié sur terre... par son père parti vers son monde il y a quelques années, c'est-à-dire qu'il est décédé. Brillante, créative, mais ailleurs. Comme en math! Puis, blagueuse quand il ne le faut pas. Bref, elle a tout pour se faire remarquer.


Sans en avoir l'air, ce film pour adolescents est aussi un film sur la difficulté d'être à cet âge. Suffit de vouloir y plonger. Sinon, on passe à côté, car il ne s'adresse pas aux adultes en premier lieu. Cependant, si on accepte la proposition, on a droit à un regard sur les valeurs des ados de notre temps, mais aussi à leur regard sur nos valeurs et ce qu'on en fait! Car, avec l'âge, on semble plus habile à danser le limbo avec les valeurs qui étaient les nôtres à l'adolescence et pour lesquelles on était parfois si intransigeant nous aussi! Quand on dit que l'on change avec l'âge...


Certains effets visuels, comme le cœur qui sort de la poitrine, ajoutent au
film, car on entre visuellement dans leur imagination sans avoir à donner d'explications. J'ai passé un bon moment.



Aliker

Présenté dans le cadre de la 26e édition de Vues d’Afrique:

17-04-2010 à 17h Cinéma du Parc

24-04-2010 à 20h30 au Beaubien


D.I., Delinkan Intellectuel, revue d'actualité et de culture, Vol. 12 no 2, Textes ciné et culture: www.societascriticus.com


2008 / fiction / 110’ / 35 mm / français Origine : Martinique - France

Réalisateur : Deslauriers, Guy

Avec Stomy Bugsy, Xavier Thiam, Joan Titus, Lucien Jean-Baptiste


En juillet 1933, André Aliker est gérant, rédacteur en chef et correcteur du journal Justice. Communiste de la première heure, il s’empare du dossier Aubéry, une affaire de fraude financière. La cour d’appel de Martinique ayant disculpé ce fils d’une grande famille de planteurs, André Aliker publie des pièces du dossier attestant sa culpabilité. Le 1er janvier 1934, il est kidnappé. Son corps ne sera retrouvé que douze jours plus tard, sur une plage de Case-Pilote. « L’affaire Aliker » naissait. Soixante-dix ans plus tard, le mystère Aliker demeure. Le film retrace sa vie et son combat pour la liberté d’expression.


Commentaires de Michel Handfield (19 avril 2010)


Je dédie le visionnement de ce film à Michel Chartrand …


1933. La droite est au pouvoir et les patrons aiment ça. On peut mettre les ouvriers et les syndicats naissants à leur place, sinon les enterrer s'ils ne comprennent pas. Les patrons agissent en fascistes.


La radio donne les nouvelles de l'Europe. En parallèle, on peut ainsi suivre la montée du nazisme en Allemagne. Par exemple, en mai 1933 Adolf Hitler livre les écrits de Karl Marx et d'autres gauchistes au feu rapportent les nouvelles de la radio en arrière-plan. À cela, s'ajoutent les inégalités sociales et raciales vécues sur place, les blancs ayant le pouvoir, les noirs, le labeur! On est dans la colonie de la Martinique, dans les Antilles françaises. Des parallèles peuvent être faits avec la politique raciale du Furher. La collaboration pétainiste, qui existera plus tard, ne sera pas une grande surprise, oserais-je dire, à la suite de ce film, car tout ce qui viendra y était déjà en germe.


Pour les têtes du parti communiste martiniquais, il faut contrer cette désinformation par de l'information. On pousse donc sur le journal Justice, la feuille de chou du parti. André Aliker croît davantage à l'action et au recrutement de militants pour sa part:


« Un journal ne remplace pas des militants. Combien d'ouvriers savent lire? Il faut rencontrer les ouvriers, leur parler au sortir du travail et dans la rue. »


Mais, les têtes du parti y croient, car un Journal, c'est écrit: ça reste et établit des principes. Ils le convaincront. Mais, une fois convaincu, il ne démordra plus. Il sortira le dossier Aubéry qui a de quoi faire trembler le pouvoir, car il s'agit d'une affaire de collusion et de corruption financière qui entache l'élite politique locale.

C'était au siècle passé, mais on pourrait croire que c'est arrivé il y a une semaine! Si les moyens de communication ont évolué, on ne peut en dire autant de la transparence politique!


Comme l'a déjà dit quelqu'un, mais je ne sais pas qui: « ça en prend un qui le

fait » et ce fut André Aliker. Il a sorti le scandale, cela aux dépens de sa vie, d'autant plus que la chasse aux communistes s'ouvrait dans cette période sombre de l'histoire. On peut penser à l'Allemagne Nazi, mais aussi au mouvement d'Adrien Arcand au Québec. En France, c'était l'affaire Stavisky qui retenait l'attention: justement un scandale financier! (1)


Un excellent film où on scande « Justice » à l'enterrement d'André Aliker comme on scandait « Germinal » a celui de Zola! Je dédie le visionnement de ce film à Michel Chartrand dont les funérailles ont justement eu lieu ce samedi 17 avril, date où j'ai vu ce film. Très actuel. On dirait que rien n'a changé. Alors, peut-on croire nos politiciens quand ils disent « Je vous ai compris »? Ce film est de calibre à être diffusé pour un plus large public. Souhaitable même.


Post-Scriptum:


Si son frère Marcel a fait un geste d'éclat, c'est Pierre, chirurgien diplômé de Paris, qui entrera dans l'histoire au côté d'Aimé Césaire « sur la liste communiste conduite par ce dernier aux élections municipales à Fort-de-France. » (2) Un acteur du changement auquel son frère aura certainement ouvert la voie.


Notes:


1. http://fr.wikipedia.org/wiki/Affaire_Stavisky


2. http://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre_Aliker (la citation vient de ce lien)

http://fr.wikipedia.org/wiki/Aimé_Césaire


Hyperliens:


www.alikerlefilm.com


www.assemblee-martinique.com/joomla/news-225/andre_aliker_un_heros_martiniquais_davant-guerre.html



Number one

www.numberone-lefilm.fr

Présenté dans le cadre de la 26e édition de Vues d’Afrique:

18-04-2010 à 17h Cinéma du Parc

24-04-2010 à 18h Cinéma Beaubien


D.I., Delinkan Intellectuel, revue d'actualité et de culture, Vol. 12 no 2, Textes ciné et culture: www.societascriticus.com

Maroc 2009 / fiction / 86’ / 35 mm / arabe, français avec sous-titres français

Réalisateur : Tahiri, Zakia

Avec Aziz Saadallah, Nezha Rahil, Chantal Ladesou, Khadija Assad


Aziz dirige une usine de confection qui emploie une cinquantaine d’ouvrières qu’il terrorise, tout comme il terrorise sa femme, sa fille… Un jour, sa femme découvre que son mari peut être aussi un gentleman, un prince charmant, alors qu’il doit faire bonne figure devant une cliente étrangère. Elle décide de lui jeter un sort, pour que cet instant de bonheur ne finisse jamais. Aziz devient féministe malgré lui, sa vie devient un enfer. Number one s’apparente à une fable, une comédie populaire, douce-amère, qui part à la redécouverte de l’autre bien au-delà des frontières et des cultures.


Commentaires de Michel Handfield (19 avril 2010)


On pénètre la mentalité masculine du coq: le meilleur, le pourvoyeur, sauf qu'il est trop! Dominateur, Aziz écrase sa femme, sa fille, ses employés, voire les femmes! Mais, les lois changent pour donner plus de droits aux femmes. (1) Certaines espèrent même l'égalité. Une ouvrière dira que cette loi devrait aller plus loin et protéger les ouvrières de leurs patrons qui sont parfois plus durs que les maris! Les femmes semblent informées de ce qui se passe ailleurs dans le monde – de la liberté! - par les magazines féminins par exemple.


Puis, comme directeur d'usine, il doit recevoir une cliente française qui doit passer une commande importante. De surcroît, elle est féministe! Sa femme saura donc en profiter pour s'affirmer, voir boire du vin au restaurant! Aziz ne le prendra pas à la légère.


Vu d'ici, on peut se dire qu'ils ont besoin d'une révolution féministe. Dans ce libre échange où ils nous envoient parfois des religieux, nous devrions leur envoyer des féministes, car certaines femmes semblent prêtes à une révolution tranquille là bas; peut être pas si tranquille que ça non plus! On pourrait les aider. Plus sérieusement, cela pose une question importante pour nous, vu les droits individuels et le statut accordé aux libertés religieuses au Canada et en occident, dont toute la question des accommodements raisonnables qui reconnaissent des traditions religieuses aux dépens d'autres droits parfois: est-ce que les plus fervents conservateurs ne viennent pas en occident pour échapper a cette modernité qui les rattrape dans leur pays? Ce film a donc des qualités pour nous de l'étranger, car il nous permet un certain regard sur ce qui se passe dans un pays du Maghreb duquel nous recevons des ressortissants que l'on connait peu, sauf quelques clichés malheureusement. Voilà pour le côté plus réaliste du film et son utilité sociopolitique.


Ce film a aussi un côté plus fantaisiste dans la seconde moitié, car Aziz a subi un sort qui fait ressortir son côté plus féminin. Il a une compassion qu'on ne lui connaissait pas auparavant, ce qui aura des conséquences, parfois caricaturales, sur lui et son entourage! Dans l'ensemble, ça fait du bien comme film, car on y mêle réflexion et humour. J'ai aimé.


Note:


1. C'est la Moudawana ou, en français, « le code de la famille » qui donne plus de droits aux femmes depuis 2004. Voir:


www.justice.gov.ma/MOUDAWANA/Frame.htm

http://fr.wikipedia.org/wiki/Moudawana



À L'ORIGINE de Xavier Giannoli

À l’affiche depuis le 26 mars


D.I., Delinkan Intellectuel, revue d'actualité et de culture, Vol. 12 no 2, Textes ciné et culture : www.societascriticus.com


Montréal, mardi 9 mars 2010 – Métropole Films est heureuse d’annoncer que le film À L'ORIGINE, du réalisateur français Xavier Giannoli, prendra l'affiche le 26 mars prochain. Présenté en compétition officielle lors du dernier Festival de Cannes, le film a reçu 11 nominations aux prix César, dont meilleur film, meilleur réalisateur, meilleur scénario et meilleur acteur.


Philippe Miller est un escroc solitaire qui vit sur les routes. Un jour, il découvre par hasard un chantier d'autoroute abandonné, arrêté depuis des années par des écologistes qui voulaient sauver une colonie de scarabées. L'arrêt des travaux avait été une catastrophe économique pour les habitants de cette région. Philippe y voit la chance de réaliser la plus belle escroquerie. Mais son mensonge va lui échapper.


Lauréat de la Palme d'or du court métrage à Cannes en 1998 pour L'Interview, Xavier Giannoli marquait, avec « À L'ORIGINE » son retour en Sélection officielle à Cannes cette année après « Quand j'étais chanteur » en 2006. Inspiré d'un fait divers s'étant produit dans le Nord de la France il y a une dizaine d'années, « À L'ORIGINE » met en vedette François Cluzet, Gérard Depardieu et Emmanuelle Devos dans une prestation qui lui a valu le César de la meilleure actrice dans un second rôle.


Commentaires de Michel Handfield


Dans ce film, on suit d'abord un petit fraudeur. Il vole des outils en se faisant passer pour qui il n'est pas et les revends. Puis, un jour, « il découvre par hasard un chantier d'autoroute abandonné, arrêté depuis des années par des écologistes qui voulaient sauver une colonie de scarabées. » Une occasion en or, sauf que les habitants du village le prennent pour qui il n'est pas. Pour ne pas se faire prendre, il joue le jeu de celui qui redémarre le chantier. Mais, il se prendra lui-même au jeu! C'est une occasion d'entrer dans le système et d'y voir, par en dessous, les failles qu'on ne voit pas. À défaut d'une commission d'enquête sur l'industrie de la construction au Québec, surtout en relation avec les contrats d'infrastructures, c'est ce film qu'il faut voir pour avoir un bon éclairage du système. On y voit comment l'intérêt conduit à la collusion et au silence complice! Il est facile de s'entendre quand on cherche la même chose: le profit!


Du côté des autorités et des médias locaux, on ne questionne pas trop le projet ni son porteur, car il est perçu comme un sauveur, la région comptant près de 25% de chômeurs. On veut donc le croire, ce qui lui facilite les choses, car on est plus que réceptif dans les circonstances, même prêt à lui faire un chèque en blanc! Il ne dira pas non, mais ne se sauvera pas! C'est ce qui surprend. Il foncera dans ce projet, comme s'il le croyait possible. Mais, c'est un film diront certains, sauf qu'il s'agit d'une histoire vraie! C'est celle de Philippe Berre de son vrai nom, ici présenté comme Philippe Miller dans le film. (1)


Ce film nous donne aussi des leçons sur le monde d'aujourd'hui: ce monde qui abrite des fraudeurs de grande envergure comme Bernard Madoff! (2) Depuis Enron, il semble que ces histoires se succèdent à un rythme accéléré. Pourquoi? Question de médiatisation ou de circonstances?


Je choisis la seconde option: les circonstances, l'opacité mondialisée aidant ce genre d'individus en leur offrant une couverture! En effet, il est de moins en moins possible – voir impossible - pour des locaux de faire des vérifications, les grandes entreprises étant délocalisées et ayant des filiales un peu partout sur la planète pour des raisons d'économie et de fiscalité. Ainsi, une entreprise peut avoir son siège social à Paris, New York ou Toronto, mais son siège social international en Suisse ou dans des îles du pacifique (pour des raisons fiscales), sa comptabilité en Inde (pour des raisons d'économie salariale) et des filiales dans les grandes capitales où elle veut des contrats, cela sans compter les entreprises en coparticipation qui permettent de transformer des gains en pertes fiscales! Alors, personne ne connait plus personne et personne ne veut donner de réponse définitive. On se protège et on transfère l'appel! Les appels tombent ainsi dans les dédales des boites vocales et des courriels sans réponse! Une forme d'immunité temporaire pour un fraudeur, mais parfois assez longue pour qu'il ait le temps de disparaître avant même qu'on ne s'y soit intéressé!


Jouissif, car son assurance en fait un « leader », voir un « dieu », pour le village. Il suscite l'espoir de soulever des montagnes! Mais, s'il ment, on lui ment aussi. Le système n'est pas bâti que sur la vérité. Il y a une part de « bluff »! On joue le jeu; on joue un jeu. Puis, vient le bilan...


Un excellent film pour comprendre le système, ce système qui n'est pas parfait et ne le sera jamais, car créé par les Hommes pour les servir! C'est ainsi que certains voudraient le transformer... pour servir d'autres intérêts. On pénètre alors dans la lutte pour l'historicité dont parle Touraine dans son œuvre! (3)


Enfin, si ce film est tiré d'une histoire vraie, la réalité le rejoint: Philippe Berre, l'homme qui a inspiré ce film, vient d'être arrêté à nouveau. Cette fois-ci, il s'est présenté « à la mairie de Charron en tant que fonctionnaire du ministère de l'Agriculture, chargé de venir en aide aux sinistrés de la tempête [Xynthia]. » Il ne manque pas de culot cet homme, mais les autorités locales ont été plus vigilantes qu'il ne le croyait! (4) Il faut croire qu'elles ont appris des dérives du passé.


Notes:


1.http://fr.wikipedia.org/wiki/À_l'origine_(film) Mais, il faut surtout googler Philippe Berre!


2. http://fr.wikipedia.org/wiki/Madoff


3. Mais, je pense surtout ici à La société post-industrielle d'Alain TOURAINE (1969, Paris: Denoël, coll. Médiations), qui fut mon premier contact avec cette idée « tourainienne »! Puis, j'ai retrouvé cette idée dans d'autres livres et articles de ce sociologue français que j'ai vu en conférence à l'Université de Montréal dans les années 80!


4. Maud Vallereau, 09-03-2010 19:59, L'escroc Philippe Berre arrêté sur les décombres de Xynthia, in Metrofrance.com: www.metrofrance.com/info/l-escroc-philippe-berre-arrete-sur-les-decombres-de-xynthia/mjci!xWtrDLVCtpRC2/ (Merci à Luc Chaput pour ce lien.)



Le hérisson


D.I., Delinkan Intellectuel, revue d'actualité et de culture, Vol. 12 no 2, Textes ciné et culture : www.societascriticus.com


Réalisatrice: Mona Achache


Dans les rôles de...

Renée Michel: Josiane Balasko

Paloma Josse (fille de 11 ans que l'on suit): Garance Le Guillermic

Kakuro Ozu :Togo Igawa

Solange Josse (mère): Anne Brochet

Paul Josse (père): Wladimir Yordanoff

Colombe Josse (sa grande sœur): Sarah Le Picard

...

Sans oublier le poisson rouge: le poisson rouge!


Le Hérisson est l’histoire d’une rencontre inattendue : celle de Paloma Josse, petite fille de 11 ans, redoutablement intelligente et suicidaire, de Renée Michel, concierge parisienne discrète et solitaire, et de l’énigmatique Monsieur Kakuro Ozu.


Commentaires de Michel Handfield (30 mars 2010)


Au début du film, on découvre que madame Michel lit l'Éloge de l'ombre. Ce n'est pas un hasard, car une petite recherche m'a permis de trouver que ce livre, écrit en 1933 par Jûnichiro Tanizaki, est « un essai sur la société japonaise qui est, aux yeux de cet écrivain traditionaliste, de plus en plus occidentalisé. » (1) Puis, arrivera dans l'immeuble un chic japonais qui changera la dynamique de Mme Michel et l'avenir de Paloma dont l'obsession est de « ne pas finir comme un poisson dans un bocal », d'où l'idée de se suicider avant!


On est ici dans un conte philosophico-culturel qui tourne autour des interrelations de classes. Mais, qui sait regarder verra que si l'on peut apprendre certaines choses de la bourgeoisie, celle-ci a aussi à apprendre du peuple. Les connaissances élitiste et populaire sont les deux faces de ce que l'on nomme la culture si je puis dire. Peu importe l'analyse, j'ai été voir ce film un vendredi soir en salle et j'ai eu du plaisir. Le public aussi!


Note:


1. L'éloge de l'ombre de Junichirô Tanizaki critiqué par DomPerro, le 14 novembre 2006, sur Critiques Libres: www.critiqueslibres.com/i.php/vcrit/13289



Deux marginaux poétiques! Sur Nelligan et Gainsbourg (Vie héroïque)


D.I., Delinkan Intellectuel, revue d'actualité et de culture, Vol. 12 no 2, Textes ciné et culture : www.societascriticus.com


Commentaires de Michel Handfield (20 mars 2010)


Nelligan fait suer son père qui ne l'accepte pas parce qu'il est un poète et ressemble trop à sa mère, française, alors qu'il aurait voulu que son fils soit irlandais comme lui! Puis, Émile a presque le même prénom que sa mère: Émilie!


Gainsbourg, lui, fait suer certains Français « bien pensants », car la mère patrie l'avait marqué d'une étoile jaune dans sa jeunesse: il était juif! Deux marginaux; deux êtres blessés; deux destins!


Le destin de Nelligan fut plus tragique que celui de Gainsbourg cependant, puisqu'il finira sa vie en institution psychiatrique sous la pression de son père. Gainsbourg, lui, mènera toute sa vie à contre-courant! Il fera même un double pied de nez à certains Français bien pensants de la droite en trafiquant la Marseillaise pour la redonner au peuple et en s'en payant un jour le manuscrit original dans une vente aux enchères! Hymne révolutionnaire, soit dit en passant, quel coup de l'avoir acheté pour un provocateur comme Gainsbourg!


Nelligan


Afin de souligner les 20 ans de cet opéra rock d’André Gagnon et de Michel Tremblay, il fut repris à la salle Ludger-Duvernay du Monument-National par l’Atelier lyrique de l’Opéra de Montréal,qui fête ses 25 ans cette année, cela en collaboration avec l’École nationale de théâtre du Canada et le Monument-National. Ce fut une occasion de revisiter cette œuvre avec, dans le rôle de Nelligan âgé, le grand ténor québécois Marc Hervieux, et dans celui du jeune Nelligan, le baryton Dominique Côté. Six autres interprètes de l’Atelier lyrique complétaient la distribution.

On est d'abord à l'internat, où Émile se remémore sa vie après avoir buté sur son célèbre poème « Le vaisseau d'or ». Il se revoit jeune, au tournant du siècle, dans sa famille. Un père irlandais, qui ne parle que l'anglais à la maison et une mère francophone. Mais, Émile aime sa mère et le français, ce que le père juge comme sacrilège. Il lui dira en partie ceci, si je résume la pensée du père:


Je voulais faire de toi mon successeur, mais tu m'as échappé en choisissant ta mère, Émilie Hudon. Tu as renié notre sang irlandais... en prenant le français et la poésie. Un poète!


Il se sentait poète et son père ne l'accepta jamais, ce qui le rend malheureux. La répression paternelle ira jusqu'à cacher les chandelles pour l'empêcher d'écrire la nuit. Il volera des lampions pour s'éclairer et boira pour oublier! Se prenait-il pour Verlaine? Il se tiendra néanmoins avec d'autres poètes et marginaux qui veulent changer le monde. Boisson, bohème et spleen, c'est Paris et Rimbaud pour ces fils de bourgeois. Mais, de trop boire lui causera de plus en plus de problèmes avec son paternel, surtout qu'il n'est pas majeur. (1) Il prendra ces amis de son fils pour de mauvaises fréquentations et, dans un élan d'autorité, le fera interner malgré l'opinion de sa femme.


Cet opéra est intéressant d'un point de vue social pour plus d'une raison, mais n'ayant le temps de m'étendre sur tous ces aspects, en voici au moins trois.


D'abord, la langue et la culture. Ce n'est pas pour rien que l'on parle de « langue maternelle », car la petite enfance, surtout à l'époque, se passait avec la mère! L'influence des premières années est là. C'est d'ailleurs ce que son père lui reprochera plus tard: de tout avoir pris de sa mère, soit la langue et la culture française! D'être plus Émile que Nelligan! Cette opposition père-fils est clairement une opposition ethnolinguistique dans le cas d'Émile. Mais, qu'en sera-t-il des prochaines générations, élevées à la garderie par des professionnels? Ce sera à suivre tant au plan social que psychologique.

Ensuite, on y voit que le système est rarement fait pour les marginaux. C'était encore pire à l'époque de Nelligan à Montréal, d'autant plus qu'à sa marginalité poétique se mêlait une maladie mentale, probablement la schizophrénie, puisqu'un événement-bénéfice de sensibilisation à cette maladie a entouré la présentation de cet opéra! Ceci permet donc de se poser la question suivante: est-ce mieux aujourd'hui? Pas vraiment. Si à l'époque on les enfermait et on les oubliait, aujourd'hui on les laisse se perdre dans leur droit à l'isolement, cela dans l'indifférence généralisée, jusqu'à ce que la situation impose leur hospitalisation. Plusieurs sans-abris sont ainsi des malades laissés à eux-mêmes! Mieux que l'internement? Pas sûr! D'autres solutions entre ces extrêmes devraient être trouvées. Mais, faute de moyens... on n'offre que des vœux pieux!


Enfin, cette maladie d'écrire. Toujours un mot au bout de la plume. Je connais. Parfois, il faut pouvoir changer de style. Passer de la poésie à l'essai ou à l'article par exemple. Mais, Émile n'a pas réussi à dépasser la poésie pour aller vers d'autre genre d'écriture. Cependant, lui en a-t-on donné la chance? Et, s'il l'avait eu, l'aurait-il pris, lui qui a quitté ses études pour devenir poète?


Coupable de poésie, l'homme fut interné avec la bénédiction de son père! Il deviendra l'homme d'un poème, « Le vaisseau d'or », dans l'imagerie populaire.


Gainsbourg, lui, sera l'homme de la provocation, ce qui nous amène à parler de ce conte de Joann Sfar sur le provocateur-chanteur, qui sort le 4 avril sur nos écrans!


Gainsbourg (Vie héroïque)

www.gainsbourg-lefilm.com


Déjà enfant, il avait cette dégaine face à l'adversité. À son père qui veut le forcer à apprendre le piano il dira: « Je n’aime pas le piano. Toi tu fais du piano, puis ça nous rapporte rien! » Puis, sous l'occupation, il veut un revolver pour jouer. Quand la France décide de marquer les juifs d'une étoile jaune, il se présente pour être un des premiers à avoir son étoile. D'une insolence polie, de sa hauteur d'enfant d'une dizaine d'années, il dira aux autorités en place qu'il est dans la même classe de peinture qu'un haut gradé nazi! C'est qu'il est à l'académie de peinture Montmartre le petit. Il a du talent, de l'insolence et déjà de la dégaine! Sa judaïté le marquera aussi dès cet âge comme une différence. Surtout, il en est conscient et cette conscience ne le quittera jamais. Toute sa vie, il fera d'ailleurs de sa différence sa marque de commerce, allant jusqu'à la provocation pour provoquer! Talentueux et fier – pour ne pas dire imbus - de lui-même, cela sera parfois dérangeant, car il en mettra souvent plus que le client en demande!


Pas facile à rendre un tel imaginaire dans un film, mais le réalisateur y parvient en y mêlant tout au long du film un personnage imaginaire sorti de la tête de Gainsbourg et qui lui apparaît au besoin, un peu comme sa conscience d'enfant qui reviendrait lui rappeler ses idéaux!


L'homme vidait son trop-plein sur une toile ou une feuille, car un jour il a délaissé la peinture pour la chanson. Son côté baveux lui servait aussi d'arme de séduction. À France Galle, alors jeune fille, il lui demandera « Voulez-vous une chanson cochonne pour faire chier votre père? »


Cependant, le personnage qu'il est devenu a probablement dépassé l'homme qu'il était. Il était con parfois, mais au moins il avait les moyens de ses conneries! Cependant, à partir du décès de son père, ses dérapages semblent de moins en moins contrôlés. Mais, certaines choses s'expliquent avec ce qu'il a vécu sous l'occupation, comme son pied de nez aux biens pensants avec sa réinterprétation de la Marseillaise à la sauce reggae, puis, son achat de l'original dans un encan par la suite! Quel pied de nez quand on y pense: un français d'origine juive qui aurait pu passer par les camps d'extermination au temps de la guerre qui devient propriétaire de l'original de l'hymne français! Hymne révolutionnaire qui va à un révolté! Justice finalement. Un film qui permet de comprendre Gainsbourg par l'éclairage qu'il donne du personnage. J'ai aimé ce film au point que je pense le revoir.


Note:


1. À l'époque c'était 21 ans. Le héros à ici 19 ans environ.


Hyperliens:


http://fr.wikipedia.org/wiki/Nelligan


http://poesie.webnet.fr/lesgrandsclassiques/poemes/emile_nelligan/index.html

http://fr.wikipedia.org/wiki/Serge_Gainsbourg


Annexes


« GAINSBOURG (VIE HÉROÏQUE) », UN CONTE DE JOANN SFAR

À L'AFFICHE DÈS LE 2 AVRIL

MONTRÉAL, le lundi 8 mars 2010 – Les Films Séville, une filiale de E1 Entertainment, est heureuse d'annoncer la sortie de GAINSBOURG (Vie héroïque). Déjà un vif succès depuis sa sortie en France en janvier dernier, le premier long métrage du bédéiste Joann Sfar prendra l'affiche à travers le Québec le 2 avril prochain.


C’est l’histoire, drôle et fantastique, de Serge Gainsbourg et de sa fameuse gueule. Où un petit garçon juif fanfaronne dans un Paris occupé par les Allemands; Où un jeune poète timide laisse sa peinture et sa chambre sous les toits pour éblouir les cabarets transformistes des Swinging Sixties. C’est une vie héroïque où les créatures de son esprit prennent corps à l’écran et sa verve se marie aux amours scandaleuses. De là est née une oeuvre subversive avec en vedette un citoyen fidèle et insoumis qui fera vibrer la planète entière.


Plus qu'un simple biopic, Gainsbourg (vie héroïque) est un conte à la fois magique et inspiré du mythe qu'est Serge Gainsbourg. Incarné avec une troublante conviction par Eric Elmosnino, Gainsbourg est raconté à travers son enfance, sa carrière et les femmes de sa vie, toutes personnifiées avec brio par une impressionnante distribution d'actrices: Laetitia Casta en Brigitte Bardot, Anna Mouglalis en Juliette Gréco, la regrettée Lucy Gordon dans le rôle de Jane Birkin et Mylène Jampanoï incarnant Bambou.


Nelligan, d’André Gagnon sur un livret de Michel Tremblay


Salle Ludger-Duvernay, Monument-National

6.8.10.11 mars 2010 à 20 h & 13 mars 2010 à 14 h


NOUVELLE PRODUCTION en collaboration avec l’École nationale de théâtre du Canada et le Monument-National


POUR LES 20 ANS DE Nelligan, le grand ténor québécois Marc Hervieux incarne le poète vieux


Montréal, le 16 février 2010 — Vingt ans. C’est l’âge qu’avait Émile Nelligan (1899) alors en pleine création littéraire, foisonnement de son art poétique. C’était aussi il y a 20 ans que le tandem André Gagnon / Michel Tremblay voyait la création de leur œuvre commune à l’Opéra de Montréal, Nelligan, un opéra romantique à la mémoire d’un de nos plus grands poètes québécois. Pour sa 25e saison, l’Atelier lyrique de l’Opéra de Montréal, en collaboration avec l’École nationale de théâtre du Canada et le Monument-National, offre sa propre production et revisite l’œuvre avec, dans le rôle de Nelligan âgé, le grand ténor québécois Marc Hervieux, et dans celui du jeune Nelligan, le baryton Dominique Côté. Six autres interprètes de l’Atelier lyrique complètent la distribution. Pour l’occasion, la partition musicale a été remaniée par Anthony Rozankovic - en étroite collaboration avec André Gagnon et la directrice musicale et pianiste Esther Gonthier – en une toute nouvelle version de chambre pour deux pianos et violoncelle. La mise en scène de cette nouvelle production a été confiée au comédien Normand Chouinard qui signe sa première mise en scène lyrique, en collaboration avec les finissants en scénographie et production de l’École nationale de théâtre du Canada.


Créé le 24 février 1990, avec des chanteurs populaires, l’opéra romantique Nelligan a d’abord été présenté à Québec, à Montréal puis à Ottawa; l’œuvre a été reprise en 2005 à Montréal dans une version écourtée, une nouvelle distribution, un écrin symphonique et des arrangements de Gilles Ouellet. Cette année-la, Nelligan avait d’ailleurs remporté le Félix du spectacle de l’année à l’ADISQ. Afin de souligner les 20 ans de la création de Nelligan, c’est dans une version musicale lyrique intimiste que les chanteurs de l’Atelier lyrique de l’Opéra de Montréal invitent le public à redécouvrir cet opéra qui explore la courte vie et le sombre destin du poète tourmenté. De ses premières grandes inspirations à son internement, l’opéra met en lumière la difficulté d’être artiste dans un Québec encore plongé dans la noirceur du début du XXe siècle.


En deux actes, et par des sauts temporels alternants entre Montréal et l’Hôpital Saint-Jean de Dieu, l’action de Nelligan nous le fait voir tour à tour jeune et vieux, parfois confronté à lui-même, dans un survol de sa vie, évoquant ses souvenirs d’enfance (quatuor : Elle a glissé de son lit), ses élans d’inspiration et sa conscience d’être un poète (air d’Émile : Tout me fait peur). Émile, aussi sensible que fragile, tente de s’affirmer, en tant qu’homme et poète, et vit intensément auprès d’artistes comme lui, jeunes et rêveurs (air de Charles : La Chasse-Galerie, et air d’Émile vieux : Au bout d’un long couloir). Émilie, mère aimante, sent peu à peu son fils lui échapper (airs d’Émilie : Baudelaire a tué son sourire, et Je veux mourir). Au fil de ses récitatifs, David, le père d’Émile, dénonce avec rigueur son désaccord avec la vie d’Émile, et exprime sa honte que son fils soit un French Poet. Et Émile, lui, chante avec exaltation sa joie d’avoir trouvé son crédo (air d’Émile : La Romance du vin).


Au deuxième acte, le rideau s’ouvre à l’église sur un chant grégorien; Émile y a passé la nuit, décidé à ne pas rentrer et faire face à ses parents. Émile jeune et vieux dialoguent. Pendant ce temps, les deux sœurs d’Émile (Eva et Gertrude), sa mère, le Père Seers, longtemps son protecteur, et la journaliste Françoise épiloguent sur la situation du poète (air de Françoise: L’indifférence, et air en trio: Si je pouvais faire quelque chose). Émile craint qu’un de ses poèmes ne lui cause des ennuis, sa peur grandit (air d’Émile : Air de l’asile). Son père David raconte à Émile l’espoir d’avoir mis au monde un héritier de ses racines irlandaises (Quand tu es né), et lui dit sans ambages qu’il est fou. En fait, tous croient que Nelligan, malgré son talent, sombre dans la folie, et qu’il doit être enfermé. Arthur de Bussières défend encore le poète et rêve d’évoluer à ses côtés (air Oui, je nous vois...). La peur dans les yeux, Nelligan chante son désarroi (De quoi suis-je coupable), et sa mère plonge dans une noirceur coupable (air d’Émilie : La dame en noir). Émile, vieux, chante avec résignation au final, à travers son poème le plus célèbre, Le Vaisseau d’Or.


Plus d’une mélodie s’est imposée depuis la création de l’œuvre, qu’on pense à l’air de Françoise au deuxième acte, L’indifférence, et Émile exalté qui chante La Romance du vin, puis l’Air de l’asile et enfin Le Vaisseau d’Or.


Émile Nelligan


Né à Montréal le 24 décembre 1879, Émile Nelligan commence déjà à écrire de la poésie alors qu'il est encore écolier. Après avoir abandonné ses études, il mène une vie de bohème. Il publie une vingtaine de poèmes dans plusieurs journaux et revues entre 1896 et 1899 ; il compose là l'essentiel de son œuvre où il aborde les thèmes de l'enfance, de la musique, de l'amour et de la mort. Atteint de maladie mentale, il est d'abord hospitalisé à Saint-Benoît-Joseph-Labre en 1899, une retraite qui durera 24 ans. Il est ensuite interné à l’Hôpital Saint-Jean-de-Dieu où il meurt le 18 novembre 1941. Son destin tragique, son œuvre riche en promesses, ses exigences esthétiques ont fait de lui une figure mythique de la poésie québécoise.


Argument


Nelligan raconte l’histoire d’un génie précoce, d’un poète qui se heurte à l’indifférence d’une société. Le fil narratif confronte le poète Nelligan vieux et diminué, puis jeune et talentueux, mais malheureux et incompris, en quête d’amour. En ouvrant tour à tour les pages de son passé, Émile Nelligan nous fait vivre son destin troublant au tournant du siècle dernier et au fil de sa chute dans un contexte confrontant : une famille éclatée, un père anglophone absent opposé à la voie poétique de son fils, et une mère francophone protectrice et aimante, mais bien impuissante devant le drame qui se joue. Bien que l’auteur du Vaisseau d’or et de La Romance du vin compte quelques appuis à son oeuvre, notamment la journaliste Françoise, le Père Seers, et ses amis et poètes Charles Gill et Arthur de Bussières, ce sera, hélas, insuffisant… On le croit fou, et Nelligan finira ses jours à l’asile.


Musique : André Gagnon

Livret : Michel Tremblay

Genre : Opéra romantique

Structure : En deux actes

Langue : En français avec surtitres anglais


Création : Québec, Grand théâtre de Québec, le 24 février 1990 ; Montréal, 1er mars 1990


Production : nouvelle production / version pour 2 pianos et violoncelle (arr. Anthony Rozankovic) en collaboration avec l’École nationale de théâtre du Canada et le Monument-National.


Un événement-bénéfice de sensibilisation à la schizophrénie : le 10 mars 2010


La présentation de l’opéra Nelligan a grandement inspiré la Société québécoise de la schizophrénie (SQS). Relater la vie du poète Nelligan traduit parfaitement l’ampleur de la problématique liée à la schizophrénie au début du 20e siècle. Cette figure symbolique qu’est Nelligan représente l’incompréhension liée à cette maladie. Toutefois, la SQS désire rappeler qu’elle est témoin de développements majeurs concernant la schizophrénie, les traitements ainsi que du rétablissement des personnes atteintes. C’est pourquoi la SQS saisit l’occasion de la présentation de l’opéra Nelligan par l’Atelier lyrique de l’Opéra de Montréal pour réaliser l’évènement-bénéfice « De Nelligan à aujourd’hui » le mercredi 10 mars prochain.


La Société québécoise de la schizophrénie a pour mission de contribuer à la qualité de vie des personnes touchées par la schizophrénie et les psychoses apparentées, par le biais d’activités éducatives et de soutien, de participations aux politiques gouvernementales et de contributions à la recherche. Info : www.schizophrenie.qc.ca


L’Opéra de Montréal soutient Les Impatients


Les chanteurs de l’Opéra de Montréal (Marc Hervieux, Étienne Dupuis, Marie-Josée Lord et Lyne Fortin), de même que Caroline Bleau et Catherine Daniel de l’Atelier lyrique de l’Opéra de Montréal, accompagnés au piano par Claude Webster et Marie-Ève Scarfone, appuient la cause des Impatients en s’associant au lancement de la 6e édition du coffret Mille mots d’amour. Ils se sont rendus dans le Centre du Québec, en Estrie puis à Montréal au TNM pour assurer le volet musical des soirées de lectures de lettres d’amour. Une autre façon de sensibiliser les gens aux maladies mentales.


DISTRIBUTION


Nelligan vieux Marc Hervieux, ténor

Nelligan jeune Dominique Côté, baryton

Émilie Nelligan Caroline Bleau, soprano

David Nelligan Stephen Hegedus, baryton-basse

Eva Lara Ciekiewicz, soprano

Gertrude Suzanne Rigden, soprano

Arthur de Bussières Roy Del Valle, baryton-basse

Charles Gill Aaron Ferguson, ténor

Françoise Catherine Daniel, mezzo-soprano

Le père Seers Pierre Rancourt, baryton

Le visiteur Oriol Tomas, rôle parlé

Les religieuses Chantal Lambert, rôle parlé et figuration;

Chantale Nurse, Sophie Lemaire et Marie-Ève Mercier, rôles muets;


Piano 1 Esther Gonthier

Piano 2 Jérémie Pelletier

Violoncelle Carla Antoun

Direction musicale Esther Gonthier

Metteur en scène Normand Chouinard


Assistante à la mise en scène et directrice de scène Maude Bêty

Décors Evelyne Paquette

Costumes Katrin Naomi Whitehead

Accessoires Cédric Lord

Éclairages Julien Brun


Pianiste-répétiteur Jérémie Pelletier

Salle Ludger-Duvernay, Monument-National

Durée approximative : 2h45 (avec 1 entracte)



Le petit Nicolas


D.I., Delinkan Intellectuel, revue d'actualité et de culture, Vol. 12 no 2, Textes ciné et culture : www.societascriticus.com


Un film de LAURENT TIRARD. avec Valérie Lemercier, Kad Merad et Sandrine Kiberlain


www.lepetitnicolas-lefilm.ca

www.petitnicolas.com


Nicolas mène une existence paisible. Il a des parents qui l'aiment, une bande de chouettes copains avec lesquels il s'amuse bien et il n'a pas du tout envie que ça change...


Mais, un jour, Nicolas surprend une conversation entre ses parents qui lui laissent penser que sa mère est enceinte. Il panique alors et imagine le pire: bientôt un petit frère sera là, qui prendra tellement de place que ses parents ne s'occuperont plus de lui. Ils finiront même par l'abandonner dans la forêt comme le Petit Poucet…


Grand succès au box-office français avec plus de 5 millions d'entrées, « Le Petit Nicolas » est l'adaptation cinématographique des aventures du petit écolier crée par René Goscinny et Jean-Jacques Sempé en 1959. Le film met en vedette Valérie Lemercier, Kad Merad, Sandrine Kiberlain et, pour la première fois au grand écran, le jeune Maxime Godart.


Commentaires de Michel Handfield (20 mars 2010)


On plonge ici dans les mots d'enfants sur les maux d'adultes, car les enfants en sont les observateurs! Cependant, leurs interprétations sont parfois imprégnées d'un imaginaire... débordant et délirant. Rafraichissant!


On comprend toute l'intelligence de ce film quand on sait qu'il est tiré d'une bande dessinée des années 60 (1959-1965) de René Goscinny (scénario) et Jean-Jacques Sempé (dessins)! Que dire de plus? Il est vrai que certains autres films tirés de BD ont été moins appréciés par la critique. Il faut dire qu'ils nous étaient plus connus cependant, surtout si l'on pense à Astérix et à Lucky Luke que nous devons aussi au talent de scripteur de Goscinny. Mais, là une belle réussite.



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Hugh Hefner: Playboy, Activist and Rebel suivi de Les belles qui font lire!


D.I., Delinkan Intellectuel, revue d'actualité et de culture, Vol. 12 no 3, Textes ciné et culture : www.societascriticus.com


Hugh Hefner: Playboy, Activist and Rebel

UN FILM DE BRIGITTE BERMAN, LAURÉATE D’UN OSCAR

124min.

http://www.kinosmith.com/


« De nos jours, plusieurs personnes jouissent de nombreuses libertés acquises sans avoir la moindre idée qu’elles résultent des luttes menées par Hugh Hefner. Pionnier, il s’est battu à tous les niveaux et au nom de tous. Si vous croyez que c’est seulement en ce qui a trait au sexe, c’est que vous vous contentez de regarder par le trou de la serrure et négligez de voir le portrait en entier. » - Bill Maher, comédien et animateur de talk show


« Tous ceux qui s’intéressent à l’histoire de l’Amérique savent à quel point Hugh Hefner y a joué un rôle déterminant – pour le meilleur ou pour le pire. » - Mike Wallace, journaliste



« Hugh Hefner: Playboy, Activist and Rebel », le nouveau documentaire de la productrice et réalisatrice lauréate d’un Oscar, Brigitte Berman, prend l'affiche à travers le Canada en aout: Toronto le 6; Montréal le 13; et Vancouver le 20.


Une version de travail du documentaire (d’une durée plus longue que celle présentée actuellement) a obtenu un énorme succès lors de sa présentation au Festival du Film de Toronto en 2009, faisant salle comble à chacune de ses projections. Depuis, la réalisatrice a procédé à un nouveau montage et à un nouveau mixage sonore (incluant une nouvelle trame musicale) qui porte la version actuelle du film à 124 minutes.


Ce documentaire présente pour la première fois un portrait intime et révélateur du flamboyant fondateur de l’empire Playboy et des nombreuses luttes acharnées qu’il a livré contre la droite religieuse, les groupes féministes et tous les paliers du gouvernement américain.


On y découvre un Hefner bien sûr fidèle à son image de séducteur hédoniste, mais aussi, et surtout, un homme d’avant-garde, catalyseur de changements et fervent défenseur des droits civils, du premier amendement et des droits humains.


En décembre 1953, Hefner lance le magazine Playboy. Sa première édition – qui présentait une photo de Marilyn Monroe nue dans ses pages centrales – jette un pavé dans la mare et obtient instantanément un succès phénoménal. Hefner devient derechef le porte-étendard de la révolution sexuelle. Pendant des décennies, l’Église et l’État lui livreront une guerre sans merci.


En 2010 on célèbre le 50e anniversaire de l’ouverture du premier Playboy Club à Chicago. Innovateur, le concept du Playboy Club a révolutionné l’univers des boites de nuit dans le monde entier.


Lorsqu’il a accepté de participer au documentaire de Brigitte Berman, Hugh Hefner lui a donné accès à toutes ses archives personnelles, tout en garantissant à la réalisatrice sa liberté créative et éditoriale, ce qu’il n’avait jamais fait auparavant. Grâce à des images inédites et des entrevues fascinantes avec plusieurs des figures de proue de la culture populaire du vingtième siècle, « Hugh Hefner: Playboy, Activist and Rebel » nous permet de découvrir des facettes insoupçonnées de la vie de ce personnage plus grand que nature.


Lauréate d’un Oscar, Brigitte Berman (Artie Shaw: Time is all you’ve got) est une productrice, réalisatrice et scénariste qui travaille dans l’industrie du cinéma et de la télévision depuis plus de 20 ans. Au cours de sa carrière, elle a produit et réalisé plus d’une centaine de documentaires et de longs métrages de fiction tant au Canada qu’aux États-Unis. Plusieurs de ses productions ont remporté d’importants prix internationaux.


Interviews dans « Hugh Hefner: Playboy, Activist and Rebel »


Hugh Hefner et, par ordre alphabétique:


Joan Baez - Folk singer/Activist

Tony Bennett - Singer

Pat Boone – Christian Activist/Singer

Reverend Malcolm Boyd - Author

Ray Bradbury - Author

Jim Brown - Social Activist/Retired NFL Player

Susan Brownmiller – Feminist/Author

Vince Bugliosi - Attorney/Author

James Caan - Actor

Dick Cavett - TV Talk Show Host

Robert Culp - Actor

Tony Curtis - Actor

Linda Gordon – Feminist Writer/Professor

Dick Gregory – Comedian/Civil Rights Activist

Tim Hauser – Singer/Founder of the band “The Manhattan Transfer”

Christie Hefner – Hugh Hefner’s daughter

Keith Hefner - Hugh Hefner’s younger brother

Reverend Jesse Jackson - Civil Rights Activist

Burt Joseph - Civil Rights Lawyer/Chairman of the Playboy Foundation

Dr. Lois Lee – Founder and President of ‘Children of the Night’

Nat Lehrman - Former Editor and Associate Publisher, Playboy magazine

George Lucas - Film Director/Producer

Bill Maher - Comedian/Talk Show Host

Jenny McCarthy - Playmate of the Year 1994, Author/Activist

Vicky McCarty Iovine – Playmate 1979/Writer

Barry Melton – Activist/Co-Founder of the band ‘Country Joe and the Fish’

Mary O’Connor - Executive Assistant to Hugh Hefner

Art Paul – Founding Art Director, Playboy Magazine

Dennis Prager – Conservative Talk Radio Host/Author

Dick Rosenzweig - Executive Vice President, Playboy Enterprises Inc.

Loretta Sanchez - Congresswoman

Pete Seeger – Folk Singer/Activist

Eldon Sellers – Former Executive, Playboy Magazine

Gene Simmons - Rock Star/Entrepreneur

David Steinberg - Comedian/Writer

Shannon Tweed - Playmate of the Year 1982/Actress

Mike Wallace - Journalist

Dr. Ruth Westheimer - Sex Therapist

Gahan Wilson – Cartoonist


Commentaires de Michel Handfield (13 aout 2010)


Les années 50 étaient conservatrices. Le sexe était un crime! Au Canada, c'est Pierre-Elliot Trudeau qui changera cela dans les années 60. On se souvient encore de sa célèbre formule « L'État n'a rien à faire dans la chambre à coucher des gens. » (1) Aux États-Unis, ce fut une bataille plus longue, État par État. Hugh Hefner, qui avait déjà de l'intérêt pour ces questions alors qu'il était aux études, en aura aussi une fois à la tête de Playboy! Mais, il aura alors les moyens de soutenir cette lutte pour la liberté.

Avant Playboy, il a travaillé pour Esquire et Children's Activities. Mais, il vendait aussi à d'autres publications, car il avait autant de talent comme caricaturiste qu'éditeur; talents qu'il avait développés dans les journaux étudiants. (2) De jour, il pouvait illustrer des magazines pour enfants et, de soir, travailler au magazine Playboy chez lui. Comme il fut bon journaliste, il fut aussi visionnaire dans les choix de son magazine. C'est ainsi que le grand public a retenu les images et les intellectuels les articles! Des photos et des textes! Ainsi, cette entrevue avec Marshall McLuhan, dans le Playboy Magazine (March, 1969), que l'on peut retrouver sur le site consacré à McLuhan: www.mcluhanmedia.com/m_mcl_inter_pb_01.html. Plusieurs de ces entrevues furent marquantes, comme avec Martin Luther King Jr. (January 1965); le candidat présidentiel Jimmy Carter (November 1976); ou encore John Lennon et Yoko Ono (January 1981). (3)


Cultivé et hédoniste, Hefner a toujours défendu l'idée que le sexe est naturel et fait partie de la vie! Mais, pour certains conservateurs, comme Charles Keating, qui a fondé « Citizens for Decent Literature » en 1958, « Playboy est aussi dangereux que le socialisme! » (4) Rien de moins. Pourtant, sans l'attirance sexuelle l'espèce humaine ne serait plus là depuis longtemps! C'est un fait indiscutable.


Playboy, ce fut plus qu'un magazine. Ce fut les clubs, mais aussi des spectacles de télévision. Il a fait découvrir des talents, notamment dans le monde du jazz. On a même eu droit au « Playboy jazz festival » en 1959. L'évènement fut repris en 1979 au « Hollywood Bowl » de Los Angeles et s'y tient depuis! (5) C'est ainsi que sa 32e édition a eu lieu le samedi 12 juin dernier. (6)


Il avait du flair et s'il était un promoteur de la libération sexuelle selon certains, on ne peut le limiter qu'à cela. En fait, il voulait libérer – démocratiser – les savoirs et la politique en les rendant accessibles au plus grand nombre. Les articles de Playboy en font foi. Si le lecteur ne s'arrêtait qu'aux images, cela est une autre affaire. Hugh Hefner, lui, a profité de son magazine et de la position qu'il lui conférait pour défendre les droits civils et la liberté. Pour ma part, j'ajouterais même pour éduquer, car l'éducation n'est pas que l'affaire de l'école! Il a d'ailleurs soutenu l'éducation, le cinéma et la télévision par différents moyens.


Notes:


1. http://www.cbc.ca/grandscanadiens/top_ten/nominee/trudeau-pierre.html

Au sujet de cette période, voir aussi:

http://archives.radio-canada.ca/politique/droits_libertes/clips/2810/

http://archives.radio-canada.ca/politique/droits_libertes/dossiers/557/


2. http://www.yuddy.com/celebrity/hugh-hefner/bio

http://en.wikipedia.org/wiki/Hugh_Hefner

http://www.monstersandcritics.com/people/Hugh-Hefner/biography/


3. http://en.wikipedia.org/wiki/Playboy

www.dtmagazine.com/cmopg1924/pb165.html pour la date de Martin Luther King Jr.


4. http://en.wikipedia.org/wiki/Charles_Keating

http://en.wikipedia.org/wiki/Citizens_for_Decent_Literature


5. http://en.wikipedia.org/wiki/Playboy_Jazz_Festival


6. www.hollywoodbowl.com/tickets/performance-detail.cfm?id=4474


Hyperliens:


www.playboyarchive.com



Les belles qui font lire!

Michel Handfield (13 aout 2010)


D.I., Delinkan Intellectuel, revue d'actualité et de culture, Vol. 12 no 3, Textes ciné et culture : www.societascriticus.com


Dans un autre ordre, car ce magazine est québécois, je me dois de parler de Summum ici. Depuis quelques mois je recevais le sommaire du magazine dans mon courriel et plusieurs titres d'articles m'interpelaient à chaque fois au point que je les annonçais sur notre page livres. J'ai donc demandé à recevoir le magazine pour voir et je le lis depuis 3 mois!

À chaque numéro j'ai trouvé des articles bien faits. Ainsi, dans le numéro d'aout 2010 il y a deux bons textes de Carl Rodrigue, soit un dossier sur « Google versus Facebook » (pp. 36-39) et un autre sur « L'état du racisme aux États-Unis » (pp. 30-1). En juillet, on a eu droit à un excellent texte sur « L'obésité infantile » (pp. 30-1) du même Carl et en juin dernier Jean-Benoît Legault a livré une enquête sur « Le harcèlement psychologique » (pp. 34-37) très bien faite.


Cela est sans compter les chroniques sur le cinéma et les technologies par exemple. Bref, il y a de quoi lire comme dans tous les magazines généralistes. Naturellement, il y a les photos de filles en petites tenues, mais si cela attire des gars et les faits lire...


Comme le magazine « Nous » autrefois (1), certains s'arrêteront à la couverture et passeront tout droit alors qu'en dedans il y a plus que des photos: il y a des textes très bien faits. Je le sais, car je le lis maintenant!

Note:


1. Je lisais ce magazine alors que j'étais encore à l'école secondaire! Il était spécial et bien fait. Comme l'a dit René Homier-Roy dans une entrevue au magazine Châtelaine, « (...) la préparation et la production du magazine Nous (1973-1980) – sept ans d’amour fou, d’intensité et d’adrénaline »! (Face à face entre René Homier-Roy et Sébastien Diaz !, in Châtelaine, juin 2010: http://fr.chatelaine.com/reportages/entrevues/article.jsp?content=20100510_145621_868) C'était aussi ressenti par les lecteurs M. Homier-Roy!



Retour sur ce que nous avons escamoté faute de temps, mais surtout pas d'intérêts!


D.I., Delinkan Intellectuel, revue d'actualité et de culture, Vol. 12 no 3, Textes ciné et culture : www.societascriticus.com


13 aout 2010


Parfois, je vois beaucoup de films; je lis; je fais de la recherche et j'écris des textes en même temps, ce qui fait que j'en ai toujours en plan malgré leur intérêt. Par contre, comme je conserve la plupart de mes notes, je peux y revenir plus tard, parfois même beaucoup plus tard, en référence dans un autre texte.


Michel Handfield


Index


Retour sur le Festival des films sur les droits de la personne

Eyes Wide Open

Après la chute

Iran: Voices of the Unheard

BAS ! Au-delà du Red Light

Les Super Mémés


Retour sur le Festival International de Films sur l'Art (FIFA)

PHILIPPE NOIRET, GENTLEMAN SALTIMBANQUE

ARIANE MNOUCHKINE, L'AVENTURE DU THÉÂTRE DU SOLEIL

RENOIR, AU-DELÀ DE L'IMPRESSIONNISME

GAUGUIN À TAHITI ET AUX MARQUISES


Collection hommage, Gilles Carle, Coffret - DVD


Retour sur le Festival des films sur les droits de la personne


D.I., Delinkan Intellectuel, revue d'actualité et de culture, Vol. 12 no 3, Textes ciné et culture : www.societascriticus.com


Dans le cas de ce festival, je tenais à faire un retour sur celui-ci, même longtemps après coup. Deux raisons à cela. D'abord, le sujet des films. Très sociopolitique, donc dans notre créneau. Ensuite, il me fallait souligner le peu de soutien gouvernemental à ce festival, soit 20.000$ de subventions au total, ce qui fait que les organisateurs sont bénévoles. Tout va aux films; à la location de salles; et à faire venir des gens d'ailleurs, des réalisateurs notamment! Priver ainsi de fonds ces organisations, car on pourrait dire la même chose de plusieurs autres festivals spécialisés, c'est une façon de couper la diffusion de la parole, de l'information et du savoir. Ce qu'on ne voit pas, on ne le sait pas! Une forme de censure par l'absence! « Cheap », mais efficace. Voici donc ce que nous avons retenu de ce festival et dont nous n'avions pas encore parlé.



Eyes Wide Open, Première nord-américaine

L'Amérique Latine à la reconquête d'elle-même

France – 2009 – 110 min – Doc – espagnol, portugais, S.-T.A..


D.I., Delinkan Intellectuel, revue d'actualité et de culture, Vol. 12 no 3, Textes ciné et culture : www.societascriticus.com


HIST ORIGINALE / ORIGINAL STORY: Gonzalo Arijón

RECHERCHE/ RESEARCH: Hilary Sandison, Gonzalo Arijón

CAMERA: Gonzalo Arijón, Pablo Zubizarreta

SON /SOUND : Fabián Oliver

MONT /ED : Samuel Lajus

MONT ADD/ ADD EDIT: Androoval

MUS : Florencia Di Concilio


Près de 40 ans après la parution de « Veines ouvertes de l’Amérique latine » d’Eduardo Galeano, le réalisateur uruguayen Gonzalo Arijon réévalue la situation. Sa recherche le mène des plantations de soja dans l’Amazonie brésilienne jusqu’à la jungle en Équateur, en passant par les mines d’étain de Bolivie. Il nous montre ici la détermination des nouveaux dirigeants socialistes latino-américains à résister à la dilapidation des ressources naturelles par les grandes multinationales. Dans ce film, le réalisateur donne la parole aux populations locales; on y entend aussi l'auteur Galeano lui-même, Hugo Chávez, Lula et Evo Morales.


GONZALO ARIJON: né à Montevideo en Uruguay, ce réalisateur vit en France depuis 1979 et détient la double citoyenneté. Il a étudié l’anthropologie et le cinéma et, depuis 15 ans, a réalisé de nombreux documentaires. Parmi ces films, citons « Les naufragés des Andes », prix Joris Ivens en 2007, et « Lula, la gestion de l’espoir ».


Commentaires de Michel Handfield (13 aout 2010)


Film intéressant. Comme un miroir, il nous donne une image inversée de l'Amérique. Alors qu'ici, au Nord, on défait le collectif et on refait l'éloge de l'individualisme, là bas on regarde la force que peut donner le collectif! On conscientise le citoyen au sujet des fausses promesses du néolibéralisme pendant qu'ici on espère s'en sortir seul, voir devenir riche aux dépens des autres! Cependant, ce sont les grandes organisations qui en profitent le plus, rarement le petit citoyen dont on flatte l'entrepreneuriat!


Il y a des leçons pour nous dans ce film. Mais, l'avantage du cinéma sur le livre est qu'on les voit et les ressent. Avec l'internet et « You tube », les vidéos documentaires deviendront-ils un équivalent du livre demain, permettant d'explorer différentes nuances allant du pédagogique à l'essai? La question doit se poser. Un jour y aura-t-il des thèses universitaires sous forme de films? Enfin, dirais-je!


Je dis cela, car quelques années après ma maitrise, j'avais proposé une idée particulière à mon ancien directeur de mémoire: au lieu de faire un doctorat traditionnel, j'aurais voulu faire une expérience de réorganisation d'une entreprise avec les employés d'une grande usine de montage de la banlieue nord de Montréal alors menacée de fermeture (1), car je croyais – et je crois toujours – que la sociologie doit aller vers la pratique. (2) C'était dans la première moitié des années 90, donc avant « You-tube ». Je dis cela, car j'aurais voulu que cette expérience soit filmée par un étudiant de cinéma pour être diffusée dans le grand public plutôt que de faire une longue thèse écrite lue par quelques initiés seulement pour être ensuite oubliée sur les rayons de la bibliothèque des arts et des sciences!


Je croyais sincèrement à l'époque, et je le pense toujours, que la sociologie pourrait intervenir dans les problèmes sociaux et organisationnels, dont les groupes et les sous-groupes constituants d'une organisation. S'il y a des problèmes individuels, il y a aussi des problèmes sociaux et collectifs! Bref, à côté de l'approche psychologique et de la psychosociologie, il y a de la place pour une approche pratique de la sociologie. Cela ne pouvant cependant pas se faire dans un cadre universitaire, je suis resté avec mes idées sur le sujet, car je n'avais pas le gout de faire une thèse pour la thèse seulement.


Parlant de thèse, je crois aussi que si l'écrit doit rester, les universités doivent s'ouvrir à d'autres formes communicationnelles, comme le film par exemple. Ce film, « Eyes Wide Open », comme quelques autres, montre que certaines thèses auraient peut-être plus d'impacts sous cette forme que par l'écrit. Mais, il est parfois moins compromettant pour les institutions et les organismes gouvernementaux et publics de voir certains travaux dormir sur des rayons de bibliothèques plutôt que d'être largement diffusés sous forme de films ou sur « You tube » maintenant. Bref, je crois toujours qu'il faut ouvrir de nouveaux territoires, même si on le fait parfois seul et avec peu de moyens. (3) C'est souvent le prix à payer pour sa liberté, que ce soit de parole ou de penser!


Notes:


1. Cela n'étant toujours demeuré qu'à l'étape du rêve, je ne sais pas et je ne saurais jamais qu'elle aurait été la réception de l'entreprise en question si on leur avait proposé l'idée, car elle n'est jamais sortie du bureau du prof, sauf qu'elle est toujours demeurée dans ma tête cette idée. Quant à l'usine en question... elle n'existe plus. En effet, je pensais alors à GM Boisbriand qui était menacée de fermeture à la fin d'un modèle comme cela est arrivé bien souvent avant sa fermeture définitive.


2. J'ai même écrit deux textes sur le sujet à l'époque, parus dans une revue de sociologie:


Pour la pratique de la Sociologie, Society/Société, May 1991 (Bulletin de la Société canadienne de sociologie et d'anthropologie), pp. 19 21

Pour la création d'une section de sociologie appliquée et de groupes d'intérêts en sociologie, Society/Société, Février 1995, pp. 19 22


3. La preuve que j'y ai toujours cru, c'est que j'ai commencé l'aventure de la revue Societas Criticus sur l'internet en 1999 à partir de rien, sauf d'un petit site que j'avais fait pour me présenter comme candidat indépendant aux élections municipales de Montréal en 1998 (District François-Perrault 09)! J'y avais obtenu 247 votes ou 4,5% du suffrage selon le compte officiel (http://www2.ville.montreal.qc.ca/archives/democratie/democratie_fr/media/documents/expo/election_1998_detail.pdf), cela avec un budget de mois de 350$. Mais, j'avais plongé pour amener des idées! J'avais d'ailleurs fait mon premier site internet, delinkan politik, en « WordPerfect » pour les mettre en vue. The Gazette en avait même parlé à l'époque:


« Like other independents,Handfield is campaigning on a more meagre budget. So far, he said, he has spent $350, most of it on posters. But he also has an inexpensive modern weapon to get his message out, his own Web site. » (Linda Gyulai, Independents'day?, in Montreal The Gazette, October 6, 1998, pp. 1-2. On parle de moi en page 2 sous le titre « Party lines irk independents.)


Puis, après les élections, c'est en discutant avec un ami, Gaétan Chênevert, au téléphone qu'est née l'idée de faire Societas Criticus pour ne pas perdre le travail qui avait été fait avec ce premier site maison! C'est ainsi qu'est née la revue. Qui parlait de campagne sur l'internet en 98 et de cybermédias en 99? Pas grand monde. Mais, j'ai toujours aimé faire différent. Provocateur ou précurseur? Probablement un peu des deux.


Notre premier numéro date de septembre 1999. On l'avait alors envoyé à une courte liste de personnes par courriel! Puis, à force de peaufinage est arrivée la revue en ligne de maintenant, mais duquel on tire un format pour bibliothèques! Ce premier numéro de 1999 comme les autres sont disponibles en ligne tant à Blibliothèque et Archives Canada qu'à Bibliothèque et Archives nationales du Québec:


http://epe.lac-bac.gc.ca/100/201/300/societas_criticus/word/index.html http://collections.banq.qc.ca/ark:/52327/61248


Après la chute, Première Nord-Américaine

France – 2009 – 63 min – Fiction – allemand, kurde, S.-T.F.


D.I., Delinkan Intellectuel, revue d'actualité et de culture, Vol. 12 no 3, Textes ciné et culture : www.societascriticus.com


SCEN / RÉAL / DIR: Hiner Saleem

CAMERA: Andréas Sinanos, Emre Erkemen

SON / SOUND: Garip Özden, Jean-françois Viguié, Roman Dymny

MONT / ED: Morgane Spacagna

MUS: Carnewa Suleyman

PROD: Dominique Barneaud, Robert Guédiguian, AGAT Films & cie

CO PROD: Mehmet Aktas, MITOS Film


Avril 2003 - Le règne de Saddam Hussein touche à sa fin. Pour tous les exilés d’Irak, c'est le plus beau jour de leur vie. En Allemagne, Azad, exilé kurde, ne peut détacher son regard de la télévision. Il a convié tous ses amis exilés irakiens, qui arrivent les bras chargés de victuailles. Pendant qu’ils dansent, chantent et se réjouissent tous ensemble, la télévision continue à déverser son flot d'images en provenance d’Irak. Mais les rancoeurs, les querelles et les secrets enfouis depuis longtemps refont bientôt surface. La fête se transforme alors en un violent règlement de compte…


HINER SALEEM: Né en 1965 au Kurdistan irakien, Hiner Saleem fuit l’Irak à l’âge de 17 ans, pour poursuivre ses études en Italie. Il travaille aujourd’hui à Paris comme cinéaste, peintre et écrivain. Pour ses deux films précédents, Kilomètre Zéro et Dol, il est retourné dans son pays d’origine. En 2005, dans le cadre du Festival de Cannes, il est sacré Chevalier des Arts et des Lettres par le ministre de la Culture de France.


Festival del film Locarno 2009 - London Kurdish Film Festival 2009 - Dubaï International Film Festival 2009


Commentaires de Michel Handfield (13 aout 2010)


Le Pouvoir n'est pas qu'une question de savoir ou d'argent, mais aussi de force et de peur, d'où la force du terroriste, car il n'a pas peur de la mort. Il la cherche parfois!


Ici on est chez des exilés kurdes, vivant en Allemagne, qui célèbrent la chute de Sadamm Hussein après 37 ans au pouvoir. Un règne qui a vu 500 000 Kurdes assassinés. Azad fête et a même convié des amis à venir célébrer avec lui. Mais, parmi eux, se retrouve un chiite invité par un de ses amis. Cela ne plait pas à tous, ce qui montre que même s'ils sont heureux de la chute de Sadam, ils ne sont pas nécessairement unis. Des divisions ethniques, culturelles et religieuses existent entre eux.


Dans l'Irak de Sadam, tout le monde se soupçonnait et se tenait tranquille par peur du dictateur, mais, là, les discussions laissent croire que le dictateur parti, les desseins autonomistes et les volontés divergentes des différents groupes vont refaire surface et mener à des affrontements dès le départ des États-Uniens d'Irak. Il leur faudrait un certain fédéralisme, même si tout système politique n'est pas parfait.


On peut aussi se demander si un multiculturalisme à la canadienne serait une solution souhaitable ou s'il ne contribuerait pas plutôt à la reproduction des conflits inter ethniques existants, en assurant chacun de rester tel qu'il est dans une nouvelle union irakienne? Question profonde que je me suis posée à la vue de ce film et auquel il ne répond pas, sauf qu'à voir les divergences poindre entre eux, on peut imaginer ce qui pourrait arriver. Des amis et des frères deviennent des ennemis quand les uns et les autres découvrent que certains d'entre eux ont collaboré avec le régime de Saddam. Ils avaient leurs raisons de le faire croient-ils! Mais, avant même de reconstruire ce pays, il faudra reconstruire la confiance entre les citoyens. Pas facile quand l'Homme est la bête de l'Homme! On verra bien après le retrait des États-Uniens ce qui arrivera, surtout que ce retrait approche.



Iran: Voices of the Unheard, Première canadienne

Canada – 2009- 68 MIN – Doc - farsi – S.-T.A.


D.I., Delinkan Intellectuel, revue d'actualité et de culture, Vol. 12 no 3, Textes ciné et culture : www.societascriticus.com


RÉAL /DIR /PROD /SCEN /CAMERA: Davoud Geramifard

EXE C PROD: Carmen Celestini

MONT /ED: George Kaltsounakis

MUS: Kiya Tabassian, Ziya Tabassian

ENR MUS /REC : Dino Emilio Giancola

CONSULTTE CHN: Rouzbeh Heydari

SON /SOUND: Davoud Geramifard

SYN CRO: Rob Hutch ins

EFFETS CONCEPT /EFFECTS DESIGN: Geoff Raffan - Daniel Pellerin

PROD: Ec static Truth Media


À 1000 kilomètres au sud de Téhéran, des nomades luttent pour leur survie, dans un décor stupéfiant. À Shiraz, un vieux révolutionnaire remet en question un système qui a trahi les rêves de toute une génération de radicaux. À Téhéran, un jeune intellectuel lutte contre l’ennui d’une existence sans véritable liberté. Tourné clandestinement, ce film rend hommage à ceux qui vivent sous le regard inquisiteur d’un régime répressif, réduits au silence par leurs représentants. Le cinéaste analyse une journée dans la vie de 3 groupes qui, bien que différents, partagent un même sentiment d’aliénation et de désespoir. Il met l’accent sur les soulèvements de juin 2009, déclenchés par les élections, à l’aide de terribles images des manifestations qui ont choqué le monde.


DAVOUD GERAMIFARD: Ce cinéaste et artiste multimédia, né à Téhéran, a connu l’expérience de la prison dans le ventre de sa mère, pendant que prenait forme la révolution de 1979. Ce traumatisme l’a marqué : bébé, il ne réussissait à se calmer qu’en écoutant des histoires et en regardant des films. Pendant ses années d’université, il a voyagé dans tout le pays avec sa caméra vidéo, tentant de trouver des réponses à ses questions. Il est désormais installé à Toronto.


Best Doks Human Rights Watch International Film Festival (Lo ndon), Human Rights Watch International Film Festival (New York), One World Film Festival


Commentaires de Michel Handfield (13 aout 2010)


L'Iran, ça semble beau comme pays, mais la dictature religieuse pèse lourd. Ce n'est pas par accident que des millions de gens ont quitté ce pays. Sa base constitutionnelle est l'Islam. Pourtant, croire implique que d'autres peuvent ne pas croire! Mais, liberté et religion ne vont pas nécessairement de pairs! Pourtant, dans les pays occidentaux, c'est la première chose que réclament les ressortissants de ces pays: le respect de leurs croyances religieuses! (1) Ces croyances qui limitent justement les libertés! Paradoxal, n'est-ce pas? Il faudra un jour regarder cette question de la liberté religieuse qui limite certains droits et libertés au nom de la liberté justement!


Mais, il y a toujours un certain aveuglement volontaire qui permet de vivre malgré tout. C'est ainsi que des familles font leur vin; qu'on en parle dans des poèmes; mais que c'est formellement interdit par la religion faite par le gouvernement! On espère que la mondialisation va forcer la reconnaissance des droits humains. Mais, pour le commerce, nos gouvernements ferment les yeux ou regardent ailleurs pour ne pas voir! Ils ne peuvent pas vraiment compter sur les dirigeants occidentaux qui ont davantage d'intérêts pour l'économie que les droits humains et la démocratie à l'étranger!


Ce n'est qu'une question de temps avant qu'il n'y ait d'autres affrontements avec le pouvoir religieux en place pour essayer de gagner davantage de liberté, voir même la démocratie! Mais, il y a loin encore d'une séparation des pouvoirs politique et religieux, donc de la laïcité.


Note:


1. À ce sujet: Ludovic Hirtzmann, Peace Village, enclave islamique au Canada, in Le Figaro, 18/03/2010:

www.lefigaro.fr/international/2010/03/18/01003-20100318ARTFIG00464-peace-village-enclave-islamique-au-canada-.php



BAS ! Au-delà du Red Light


D.I., Delinkan Intellectuel, revue d'actualité et de culture, Vol. 12 no 3, Textes ciné et culture : www.societascriticus.com


Canada – 2009 – 77 min – Doc – hindi, népalais, anglais, S.-T.F.


SCEN RÉAL /DIR: Wendy Champagne

PROD: Denis Mc Cready, Wendy Champagne, Sylvie

Van Brabant

DIR PHOTO: Katerine Giguère, Guy Mossman

MUS: Tarun Nayar

MONT /ED: Hubert Hayaud

DESSINS -ANIMATIONS: Pierre-Nicolas Riou

MONT AUDIO /SOUND EDIT: Daniel Fontaine-Bégin

CHOR: Nancy Leduc

PHOTO PLATEAU /SET PHOT: Kiran Ambwani, Jessie Kotler


Ce film raconte l'histoire de 13 jeunes filles rescapées des bordels de Mumbai – toutes adolescentes à la recherche de leur avenir – et d’une chorégraphe qui les aide à tourner un vidéoclip. Tout au long du film, elles sont confrontées aux démons de leur vie, passée et actuelle, et nous révèlent la face cachée du marché florissant du trafic d'enfants.


WENDY CHAMPAGNE: Écrivaine et journaliste australienne, elle a signé le scénario du documentaire australien Women of the Earth en 2000. Elle nous présente ici son premier long métrage documentaire en tant que réalisatrice. Elle vit désormais à Montréal.


Commentaires de Michel Handfield (13 aout 2010)


Le trafic d'êtres humains est le crime numéro 1 en 2010. Ce film nous présente 13 anciennes victimes de ce trafic sorties des bordels de Mumbai. Vendues à 10 ou 13 ans, vierges, elles ont souvent été torturées par des souteneurs, parfois payés par des tenancières de bordel pour briser ces filles, avant d'être livrés à des clients qui veulent de la chair jeune et fraiche! Ces filles seront des machines à imprimer de l'argent!


Si certaines ont été enlevées par des étrangers qui les ont vues dans la rue, d'autres auront été victimes d'un voisin ou d'un parent éloigné. Mais, plus dramatique, certaines seront vendues par leurs parents! On est alors dans la marchandisation à l'extrême, soit un libre marché où tout se vend et s'achète. Suffit d'en fixer le « juste » prix! Le capitalisme à l'extrême. Produire pour vendre et vendre pour vivre, que ce soit, des carottes, du hachich ou ses propres enfants. On conserve le nécessaire à la reproduction, comme les enfants les plus forts, et on vend les surplus pour un profit, que ce soit une fille pour le bordel ou le petit chétif pour travailler dans une manufacture! L'offre et la demande fait loi! N'est-ce pas le discours des ultras conservateurs pour qui le marché est roi. Ils devraient voir ce film pour savoir le sens véritable de leurs propos, car je crois qu'ils récitent des mantras sans en réaliser toute la portée. C'est peut être pour ne pas le savoir qu'ils coupent aussi dans le soutien à la production culturelle qui n'est pas dans le « mainstream » et à ce genre de festival, comme le « Festival de films sur les droits de la personne », jugé trop élitiste à leurs yeux. Une façon de ne pas voir la réalité et de continuer à croire en une idéologie dépassée!


Nancy Leduc, chorégraphe québécoise que l'on suit dans ce documentaire, a travaillé là-bas avec ces filles pour les aider à s'extérioriser et à s'exprimer par le tournage d'un vidéoclip où elles danseront ce qu'elles ont à dire! Mais, elles s'expriment aussi devant la caméra. Il y en a une qui veut devenir travailleuse sociale par exemple. Fort intéressant comme travail de reconstruction de ces jeunes filles. Une façon de leur rendre la magie qu'elles n'ont pas eue à l'âge où elles en avaient besoin.


À souligner tout le travail de la « Rescue Foundation », une ONG qui travaille à sauver et réhabiliter les victimes de ce type de trafic, car elles ont droit à leur vie!


Hyperliens:


www.bas-doc.com

www.rescuefoundation.net



Les Super Mémés, Première mondiale

Canada – 2010 – 45 min – Doc – français, anglais, S.-T.F.


D.I., Delinkan Intellectuel, revue d'actualité et de culture, Vol. 12 no 3, Textes ciné et culture : www.societascriticus.com


RECH/RESEARCH : Magnus Isacsson, Carole Roy

RÉAL /DIR: Magnus Isacsson, collaboration de Carole Roy et Peter Haynes

CAMERA: Martin Duckworth

MONT /ED: Étienne Gagnon

SON /SOUND: Magnus Isacsson

PROD: Isabelle Couture

PROD EXE C : Ian Boyd

CON CEPT ET MONT SON /SOUND DESIGN AND ED: Catherine Van der Donckt

TRANS MUSI CALES /MUSI C TRANSITIONS: Robert Marcel Lepage

AVEC/WIT H : Marguerite Bilodeau, Muriel Duckworth, Louise-Édith Hébert, Alma Norman


Armées de charmants sourires, d’une poésie mordante, de chapeaux à fleurs et d’un trésor d’inventivité, les « Raging Grannies » et leurs consoeurs québécoises, les « Mémés déchainées » représentent un défi pour les autorités et un déni des stéréotypes. Sources d’inspiration pour les jeunes et les moins jeunes, elles s’attaquent aux clichés sur le vieillissement et prouvent que la vie peut être pleinement vécue à tous âges. Elles luttent pour la paix, la justice sociale et la protection de l’environnement. Bien au-delà du simple portrait du mouvement et de ses membres, le film soulève des questions universelles pourtant occultées dans l’espace médiatique actuel, comme le rôle des personnes âgées dans notre société.


« … Avec ce documentaire, j’ai souhaité accomplir moi-même ce que ces femmes exceptionnelles font si bien : divertir tout en faisant réfléchir », nous dit le réalisateur.


MAGNUS ISACSSON: Magnus Isacsson a débuté sa carrière comme réalisateur à la radio et à la télévision. Cinéaste indépendant depuis 1986, il soulève dans ses documentaires les questions sociales et politiques actuelles en posant un regard singulier, profondément humain, sur des évènements ou des situations, privilégiant le point de vue des individus qui les vivent de l’intérieur. Au cours des dernières années, il s’est spécialisé dans le documentaire de « long cours », aimant suivre dans leur durée réelle — parfois sur plusieurs années – des situations conflictuelles. Montrés à la télévision, dans des festivals et parfois en salle, plusieurs de ses films ont été primés au Canada et à l’étranger. En 2004, il a reçu le Prix Lumières de l’Association des réalisatrices et réalisateurs du Québec.


Commentaires de Michel Handfield (13 aout 2010)


Ce mouvement a commencé à Victoria en 1987, puis s'est étendu. Quand on fut des militantes, ce n'est pas l'âge qui nous arrête! En vieillissant, on doit même devenir plus radicale, car on a moins de temps à perdre! Voilà à peu près la philosophie de ces femmes d'un certain âge qui luttent pour la paix, l'environnement et la justice sociale. Mais, le sérieux des causes n'empêche pas l'humour. Elles s'habillent même pour attirer l'attention sur leurs causes par le sourire! Mais, ici c'est sur elles que s'est arrêté ce documentaire fort sympathique et intéressant comme ces mémés déchainées.


Comment étaient-elles plus jeunes? Voilà la question qui me trottait en tête à la sortie du film. À passer sur une chaine de télé publique.


Hyperliens:


www.raginggrannies.com

http://en.wikipedia.org/wiki/Raging_Grannies

www.raginggranniesmontreal.ca


Retour sur le Festival International de Films sur l'Art (FIFA)


D.I., Delinkan Intellectuel, revue d'actualité et de culture, Vol. 12 no 3, Textes ciné et culture : www.societascriticus.com


Autre festival intéressant sur lequel j'ai écrit, mais sur lequel je n'ai pu tout dire, pris dans une spirale de films à couvrir! Alors, en voici la suite et fin!


Michel Handfield



PHILIPPE NOIRET, GENTLEMAN SALTIMBANQUE

FRANCE/2008/BETA/COULEUR/51 MIN/FRANÇAIS


D.I., Delinkan Intellectuel, revue d'actualité et de culture, Vol. 12 no 3, Textes ciné et culture : www.societascriticus.com


Bien avant la mort de l'acteur, le « style Noiret » — d'abord une voix, reconnaissable entre toutes, puis une présence, flegmatique, à la fois élégante et rassurante — était entré dans la légende du cinéma français. Alternant archives rares, extraits de films, notamment Alexandre le Bienheureux, La grande bouffe, Le juge et l'assassin, Coup de torchon et La vie et rien d'autre, et interviews, ce portrait revisite les moments phares du parcours de Philippe Noiret (1930-2006), depuis les heures glorieuses du TNP jusqu'à son retour sur les planches à la fin de sa carrière. Noiret a tourné plus de 120 films, remporté deux césars et mené une prestigieuse carrière au théâtre. Compagnon de plume de Noiret pendant la rédaction de ses mémoires, le réalisateur Antoine de Meaux donne la parole à ceux qui ont tenu les premiers rôles dans sa carrière et sa vie : son épouse Monique Chaumette, et ses amis proches, Jean Rochefort, Thierry Lhermite ou Bertrand Tavernier.


Biographie: Né en 1972, écrivain et réalisateur de documentaires, Antoine de Meaux est l'auteur de L'ultime désert, vie et mort de Michel Vieuchange et de Charles de Foucauld, l'explorateur fraternel.


Filmographie: Simone et Jean, chronique de la compagnie Renaud-Barrault (2006) ; Charles de Beistegui (2006) ; Marquis de Cuevas/Baron de Rédé, (2006); À la recherche de Michel Vieuchange (2007) ; Patrick Modiano, « Je me souviens de tout... » (2007) ; Un village français... Ils y étaient (2009).


Commentaires de Michel Handfield (13 aout 2010)


Noiret, 1930-2006. Il faisait de tout: du film pour cinéphiles au film grand public! Il faisait finalement du cinéma! Mis en pension parce qu'un cancre, il a développé le gout du théâtre grâce à un frère éducateur! Puis, au théâtre national populaire, il a joué avec Jean Villard et Gérard Philippe. Il a côtoyé les grands et en est devenu un! Plus qu'un acteur, il trouvait d'abord le vêtement crédible pour entrer dans le personnage et y entrait. Littéralement! Il avait la capacité de se fondre dans une classe sociale au point d'être naturel dans ses rôles même s'il était toujours Noiret!


Note personnelle:


À souligner « Le vieux fusil » dans sa filmographie.



ARIANE MNOUCHKINE, L'AVENTURE DU THÉÂTRE DU SOLEIL

FRANCE/2009/BETA/COULEUR/75 MIN/FRANÇAIS


D.I., Delinkan Intellectuel, revue d'actualité et de culture, Vol. 12 no 3, Textes ciné et culture : www.societascriticus.com


Depuis ses premiers pas sur une scène amateur à la fin des années 1950 jusqu'aux représentations de l'une de ses dernières pièces, Les éphémères, en 2008, en passant par le tournage du film Molière en 1977 ou la solidarité avec les sans-papiers en 1996, ce document met en exergue, à toutes les étapes importantes de la vie de la troupe, la présence active et enthousiaste d'Ariane Mnouchkine (née en 1939), fondatrice du Théâtre du Soleil, à la fois metteure en scène et réalisatrice, artiste et militante. Depuis plus de quarante ans, cette artiste d'exception se consacre à sa passion et a su maintenir la cohésion d'une troupe de 70 personnes dont le rayonnement est international. À travers des scènes de répétition et des extraits de spectacles, des témoignages d'amis et de collaborateurs, des documents inédits sur la naissance du Théâtre du Soleil en 1964 et des images de tournées à l'étranger, Ariane Mnouchkine évoque son enfance, sa conception du théâtre, sa rencontre avec le public et son engagement politique sans faille. Ce faisant, elle dévoile une part plus personnelle d'elle-même et de son parcours indissociable de l'une des plus belles aventures théâtrales contemporaines.


Biographie: Catherine Vilpoux est chef monteuse depuis 1981 pour de nombreux films : documentaires, fictions, adaptations de spectacles et installations vidéo.


Filmographie: Au soleil même la nuit (1996) ; La ville parjure (1998) ; bonus des dvd Tambours sur la digue et Molière (2002-2004).


Commentaires de Michel Handfield (13 aout 2010)


Ariane Mnouchkine. Elle a eu un coup de foudre pour le théâtre, car elle y a trouvé ce qu'elle cherchait depuis son enfance: un moyen d'agir sur le monde et de le transformer peut-être! Elle fait donc du théâtre provocateur avec sa troupe. Ce film est venu me chercher là: dans le théâtre comme provocation à réfléchir, mais aussi dans sa façon de dénoncer la provocation que représente l'acculturation du milieu politique, plus porté sur les chiffres que la culture maintenant! En effet, qui y parle de capital culturel? Très peu de gens! Mais, on y parle d'industrie culturelle cependant! Il faut que la culture rapporte. C'est une marchandise qui doit répondre aux lois du marché. Ce n'est plus un objet culturel en soi, par essence philosophique! C'est ainsi que l'on a détruit les Halles par manque de vision culturelle; ces Halles qu'Ariane Mnouchkine aurait bien aimé occuper avec sa troupe! Elle ne se gène pas pour dire que c'est une destruction culturelle pour Paris et la France et égratigner Sarko au passage:


« J'ai vécu la destruction des Halles comme une vulgaire connerie... Les Halles, c'est l'échantillon du cynisme et de la bêtise politiques, c'est exactement ce que Sarko est en train de faire à l'échelle de la France entière ». (1)


Elle et son équipe fonctionnent en partie comme une coopérative ouvrière. Chacun son rôle, mais aussi chacun son mot à dire. La recherche intérieure du personnage se fait avec le groupe. On parle donc de théâtre politique, mais duquel ressort une position éthique. C'est ainsi que 350 sans papiers ont pu coucher sur les lieux du théâtre en même temps que 600 spectateurs assistaient à une pièce! Théâtre; Politique; Éthique! Cela donne le gout d'aller au terminus du château de Vincennes voir ce théâtre hors normes!


Note:


1. J'ai trouvé la citation exacte sur http://clioweb.canalblog.com/archives/2009/11/27/15948387.html


Hyperliens:


www.theatre-du-soleil.fr


http://fr.wikipedia.org/wiki/Ariane_Mnouchkine



RENOIR, AU-DELÀ DE L'IMPRESSIONNISME

FRANCE/2009/BETA/COULEUR/52 MIN/FRANÇAIS


D.I., Delinkan Intellectuel, revue d'actualité et de culture, Vol. 12 no 3, Textes ciné et culture : www.societascriticus.com


Ce documentaire accompagnait l'exposition Renoir au XXe siècle au Grand Palais l'automne dernier, consacré à l'œuvre de maturité du peintre. Pour rendre à Renoir (1841-1919) sa place légitime, celle d'un précurseur résolument ancré dans le XIXe siècle et largement tourné vers le XXe, le film, sur le mode d'une invitation au voyage, l'accompagne dans un itinéraire balisé par des œuvres majeures — les siennes et celles des « anciens »: ses lieux de création, les correspondances, les photos inédites et aussi les extraits de films. L'évolution de son art, entre 1890 et sa mort en 1919, entre ses années de consécration et sa rupture avec le mouvement impressionniste, a laissé une empreinte incontestable que l'on retrouve aujourd'hui chez Matisse, Bonnard ou encore Denis. Cet éclairage particulier sur les dernières années de création de Renoir rend à l'artiste sa place véritable dans l'évolution artistique.


Biographie: Diplômée en anglais et cinéma de la Sorbonne nouvelle, Cathie Levy est auteure et réalisatrice.


Filmographie: Histoires d'opéra (1991), coréal. Robin Lough ; Ils étaient une fois à Berlin Est ((1991) ; Quand passent les sorcières (1991), série ; Vues de l'Ouest (1993) ; Lévy et les vaches (2003) ; Le temps du repli (2005) ; À la recherche de Frank Burns (2007) ; Rio, gravité zéro (2008) ; Novela na Santa Casa, ou la promesse du bonheur (2008) ; Alain Finkielkraut (2009).


Commentaires de Michel Handfield (13 aout 2010)


Renoir cherche des choses impossibles, ce qui en fait un peintre du dépassement! Mais, du réalisme aussi, car il puise son inspiration dans les mœurs et la lumière, bref la vie! Cet intérêt pour la lumière et de la vie, il la transmettra aussi à son fils Jean qui jouera de la lumière au cinéma!

Artiste, son art monte en lui comme la sève dans l'arbre. Il était fait pour peindre comme la vigne pour donner du raisin, succès ou pas!


Hyperliens:


http://fr.wikipedia.org/wiki/Auguste_Renoir

http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Renoir

http://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre_Renoir



GAUGUIN À TAHITI ET AUX MARQUISES

SUISSE, FRANCE/2010/BETA/COULEUR/66 MIN/FRANÇAIS


D.I., Delinkan Intellectuel, revue d'actualité et de culture, Vol. 12 no 3, Textes ciné et culture : www.societascriticus.com


Paul Gauguin (1848-1903) abandonne son travail d'employé de banque pour se consacrer à la peinture. Du jour au lendemain, il ne gagne plus rien. Sa femme danoise le quitte et rentre à Copenhague avec leurs cinq enfants. De plus en plus miné par ses difficultés d'argent, Gauguin veut fuir la civilisation occidentale. À l'âge de 43 ans, en 1891, il part pour Tahiti, où il espère trouver un paradis, commencer une nouvelle vie et donner un nouveau souffle à sa peinture. Le film raconte sa vie à Tahiti d'abord et aux Marquises ensuite, où Gauguin mourra en 1903. Les toiles du peintre sont filmées dans la nature, à travers des reproductions, entourées de fleurs, de feuilles, de vagues de la mer. En voix-hors champ, le peintre raconte sa vie, sa solitude, sa pauvreté, ses rêves, son échec, l'incompréhension envers son œuvre. Il mène là-bas, fièrement et douloureusement, la vie d'un homme libre et d'un artiste méconnu. Il dira de lui-même : « Je suis un grand artiste et je le sais. » Ce film intimiste et poétique tente de cerner sa vérité profonde en s'appuyant sur sa propre parole, ses écrits autobiographiques, ses livres Noa Noa et Avant et après et sa correspondance, et en sortant ses tableaux de leur cadre et des musées pour les replacer dans leur décor d'origine.


Biographie: Richard Dindo, autodidacte, vit depuis 1966 entre Zurich et Paris.


Filmographie: Peintres naïfs en Suisse orientale (1972) ; Raimon : Des chansons contre la peur (1977) ; Hans Staub, reporter-photographe et Clément Moreau, graphiste utilitaire (1977) ; Max Frisch — Journal I-III (1981) ; El Suizo — Un amour en Espagne (1985) ; Arthur Rimbaud — Une biographie (1990) ; Charlotte, vie ou théâtre ? (1992), primé au 11e FIFA ; Une saison au paradis (1996) ; L'affaire Grüniger (1997) et Genêt à Chatila (1999) ; Aragon, le roman de Matisse (2003), 22e FIFA ; Qui était Kafka ? (2005).


Commentaires de Michel Handfield (13 aout 2010)


« Artiste, son art monte en lui comme la sève dans l'arbre. Il était fait pour peindre comme la vigne pour donner du raisin, succès ou pas! » écrivais-je de Renoir. La même chose s'applique à Gauguin, mais plus dramatiquement, car la peinture le rendra pauvre, mais, après sa mort, ses toiles rendront riche ceux qui les possèderont!


Cynique face a la civilisation; critique du christianisme et du système européen; puis rêveur incompris, Gauguin est un excellent sujet de film. Comme histoire de vie et de la créativité, le sujet est très riche autant pour ceux qui s'intéressent à lui en particulier, à la peinture en général ou même à l'histoire! Il a voulu établir le droit de tout oser, ce qui nous donne par le fait même une critique des limites de son temps. Une forme de leçon historique et sociale finalement!



Collection hommage, Gilles Carle, Coffret - DVD

www.imavision.com


D.I., Delinkan Intellectuel, revue d'actualité et de culture, Vol. 12 no 3, Textes ciné et culture : www.societascriticus.com


Gilles Carle est sans contredit un des cinéastes les plus marquants du Québec. Audacieux et précurseur, il a créé des œuvres qui, en plus d'atteindre un rayonnement international, ont profondément marqué l'imaginaire collectif des Québécois.


Bien qu'il affirme que c'est la constatation, plutôt que la contestation, qui traduit l'essence de ses créations, il n'en demeure pas moins que ses films ont, à plusieurs reprises, ébranlé des convictions et transgressé des tabous.


Retrouvez cinq de ses plus belles productions artistiques, complètement remastérisées, dans ce coffret de collection unique.


La vie heureuse de Léopold Z

1965 – Mettant en vedette : GUY L'ÉCUYER, PAUL HÉBERT, MONIQUE JOLY, SUZANNE VALÉRY et GILLES LATULIPPE


La vraie nature de Bernadette

1972 – Mettant en vedette : MICHELINE LANCTÔT, DONALD PILON, REYNALD BOUCHARD, ROBERT RIVARD et WILLIE LAMOTHE


Les corps célestes

1973 – Mettant en vedette : DONALD PILON, CAROLE LAURE, MICHELINE LANCTÔT, JACQUES DUFILHO et YVON BARRETTE


La mort d'un bûcheron

1973 – Mettant en vedette : CAROLE LAURE, WILLIE LAMOTHE, DANIEL PILON, PAULINE JULIEN et MARCEL SABOURIN


La tête de Normande St-Onge

1975 – Mettant en vedette : CAROLE LAURE, RENÉE GIRARD, REYNALD BOUCHARD, RAYMOND CLOUTIER, CARMEN GIROUX et DENYS ARCAND


Commentaires de Michel Handfield (13 aout 2010)


J'ai reçu ce coffret il y a plus d'un an. J'ai regardé tous les films avec plaisirs. De « La vie heureuse de Léopold Z », je me rappelais l'avoir vu à la télé en noir et blanc! Comme ce film date de 1965, à supposer que je l'aie vu en 1968, j'avais 10 ans! Mais, je m'en rappelais encore. Ou j'ai une bonne mémoire, ou il était marquant. Probablement les deux. Comme tous les autres films du coffret que je me rappelais avoir vus à la télé comme si je les avais vus la semaine d'avant, sauf pour « Les corps célestes » que j'ai eu le plaisir de découvrir par ce coffret. Mais, si c'est un portrait des Québécois d'une autre époque, car on a changé depuis, c'est aussi un portrait physique du Québec; de Montréal et des régions. On voit là le chemin parcouru, mais aussi ce qui n'a pas vraiment changé. On peut donc mesurer notre évolution, mais aussi notre immobilisme, par ces films! Pareil, pas pareil? Voilà la question!


Pour nous redécouvrir, il faut voir ce coffret en entier, car c'est un document qui montre comment la fictio