3 juillet 2008
Le Journal/Fil de Presse de Societas/D.I.

Reportages, communiqués de presses et
opinions!
Le Québec exclu
des tablettes (Source : alternatives,
le journal, Vol
14, no 10, juillet/août 2008)
Ce René est un faux… Je le sais… C’est le mien
T comme Tibet (Mohamed Lofti)
Les harceleurs sont parmi nous... Mohamed Lotfi,
Journaliste et réalisateur radio
Les premiers investissements de la Fiducie
Libres de le porter, libres de l'enlever
/ Mohamed Lotfi, Journaliste et réalisateur radio, Montréal. Suivi de Monsieur le Premier Ministre, je vous écris une
lettre...
Les cultures des Premières Nations sont
indispensables à Montréal
Étude : L'internet littéraire québécois, une vraie honte!
Tous et toutes ensemble pour le FSQ!
Bolivie : La coca
est là pour rester
Égypte : Le
blogueur "Kareem Amer" condamné à quatre
ans de prison
Cuba : Reporters sans
frontières réagit aux déclarations… à propos d'Internet
Manifestation
pour la justice et la paix au Liban
Toutes nos archives sont disponibles en ligne à Bibliothèque et
Archives Canada
Revue Societas Criticus à Bibliothèque
et Archives nationales du Québec
Vol 10 no 4
Societas Criticus, revue de critique sociale et politique,
Vol. 10 no 4, Le Journal/Fil de presse : www.societascriticus.com
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Avis :
Dans alternatives,
le journal, Vol 14, no 10, juillet/août 2008, p. 3, un article a attiré
notre attention et nous avons décidé de le reproduire sur notre page Le journal/Fil de presse vu son
intérêt : Le Québec exclu des
tablettes. Cette reproduction est légale, car il est écrit en page 4 de ce
numéro que « La reproduction des
textes est autorisée. Veuillez mentionner la source », ce que nous
faisons avec plaisir. Nous invitons même
nos lecteurs à visiter le site d’alternatives (www.alternatives.ca/) si ce n’est déjà
fait, car c’est une excellente source d’informations.
Michel Handfield, éditeur de societascriticus.com.
La concentration en catimini de
la distribution alimentaire.
Le Québec exclu des tablettes
Vendredi 27 juin 2008 par Camille Beaulieu
Les producteurs agricoles et petits industriels de
l’alimentation sont expulsés par centaines des épiceries québécoises ces
dernières années. La part du Québec dans la transformation alimentaire
canadienne a chuté de 25 % à 20 %. Parallèlement, les importations de produits
transformés à l’étranger ont bondi à un milliard de dollars.
« Les produits québécois ont plus de difficulté
que leurs équivalents étrangers à se retrouver sur les tablettes de nos
épiceries, » s’étonne Dominique Arseneault, propriétaire d’un marché IGA à
Coaticook.
« Le Québec est un cas unique au monde,
explique Jacques Légaré, président-directeur général
du Conseil de la transformation agroalimentaire et des produits de
consommation. Nulle par ailleurs, à l’exception de l’Australie, ne trouve-t-on
une telle concentration dans la distribution alimentaire. »
La
politique des centrales d’achat
Discrètement et depuis au moins dix ans, Loblaw-Provigo, Sobeys-IGA et Metro qui vendent 80 % des aliments et des boissons au Québec, centralisent leurs
approvisionnements. Les chaînes réclament dorénavant de gros volumes, livrables
selon la formule « juste à temps » dans un entrepôt de la région de
Montréal. Elles approvisionnent ensuite les épiceries de tout le Québec.
Les propriétaires de marchés franchisés ont joui
longtemps d’une certaine latitude pour offrir des produits régionaux ou du
terroir. Ce qui leur permettait de se démarquer de la concurrence. Cette
liberté rétrécit comme peau de chagrin, constate Louise Ménard, propriétaire de
quatre IGA à Montréal. « On rogne davantage chaque année sur mes achats de
produits locaux et régionaux ! On me dit que les fournisseurs doivent
être « listés » au siège social. Alors, ils font de l’argent au
siège social et ils font de l’argent sur ce qu’ils me vendent. Et en plus, on
demande aux petits producteurs de fournir toute la chaîne… c’est une
aberration. »
En effet, tout se monnaye dans ce commerce. Les
fournisseurs paient des frais de référencement (introduction d’un nouvel
article sur la liste des produits offerts par la chaîne : c’est le fameux
listing). Les fournisseurs sortent ensuite le carnet de chèques pour la
publicité. Certains paient aussi pour trôner à un endroit stratégique sur la
tablette. D’autres, pour de la gomme, du chocolat ou un magazine, allongent des
centaines de milliers de dollars pour voisiner les caisses.
Les petits fournisseurs ne sont donc plus dans la
course. « Les chaînes ne s’intéressent qu’aux gros volumes, conclut Daniel
Mercier Gouin, directeur du Département d’économie agroalimentaire et des
sciences de la consommation à l’Université Laval. Les petits n’ont pas les
capacités de se faire référencer. La marge de manœuvre des franchisés s’est
réduite. Les marchés étalent des produits locaux, mais en petites quantités. »
Au
diable l’autosuffisance alimentaire
Les géants de l’alimentation « tolèrent tout au
plus 10 % de produits régionaux hors des centrales d’achat et du
listing », accuse Philippe Mollé, chef et chroniqueur gastronomique.
Ghyslain Trudel, qui démarche pour des entreprises hétéroclites comme l’ail
mariné de la ferme Chant-O-vent de Saint-Esprit, les canards de la ferme Aux
Champs Élysé de Marieville,
et des fromages du Lac Saint-Jean, de l’Estrie ou des Iles-de-la-Madeleine
abonde dans le même sens : « Lorsqu’on réussit à entrer dans l’une
des trois chaînes, ils nous font sentir que c’est une faveur ! Les chaînes
centralisent leurs opérations pour éviter de concurrencer des produits déjà sur
leurs tablettes », affirme ce promoteur de produits régionaux.
« La sélection est féroce, confirme Françoise
Pitt, qui fut rédactrice en chef pendant 13 ans du journal L’Alimentation. Ne
resteront bientôt, parmi les petits producteurs, que ceux qui offrent un
produit de niche, un produit du terroir. »
Beaucoup
de boîtes, peu de produits
Les trois chaînes, contraintes d’espace oblige, ne
tiennent que quelques marques d’un produit. Une marque maison, pour le haut de
gamme (Choix du président, Sélection, Nos compliments) et une marque sans nom.
Plus deux marques nationales — les beurres d’arachides Kraft, par exemple, et Skippy, de Bestfoods Canada.
Cette concentration, à l’intérieur même des
épiceries, permet à trois boulangeries industrielles de vendre 88 % du
pain frais tranché au Québec. Elle explique aussi pourquoi, selon une étude de
l’Université Laval (Lambert et al. 2004), les coûts de production ont davantage
diminué que les prix des aliments payés par les consommateurs depuis l’entrée
en vigueur de l’ALÉNA en 1994, ce qui fait que les marges de profits sont
supérieures.
Loblaw-Provigo, Sobeys-IGA
et Metro Richelieu se simplifient encore l’existence en exigeant des
fournisseurs capables d’alimenter tous leurs points de vente au pays. Les
petits produits sans prestige ou moins rentables sont biffés du listing.
Que reste-t-il de l’autosuffisance alimentaire
dans ce contexte ? Réconciliées pour une fois, Loblaw
et Sobeys gardent un silence pudique sur le
pourcentage de produits québécois sur leurs tablettes. Metro avance 50 %.
En réalité : « On est dans le noir le plus total, » tranche Jean
Larose, directeur général de l’UPA.
L’avenir des produits québécois en supermarché
demeure impossible à prédire, mais pour Jacques Légaré,
président du Conseil de la transformation agroalimentaire et des produits de
consommation, la concentration est inéluctable. « Dans 5 ou 10 ans, il y
aura beaucoup moins de distributeurs et de fournisseurs à travers le monde. Ici
comme ailleurs. »
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Societas Criticus, revue de critique sociale et politique,
Vol. 10 no 4, Le Journal/Fil de presse : www.societascriticus.com
Vol 10 no 2
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Reçu
le 10 avril 2008, 11h53
Ce
René est un faux… Je le sais… C’est le mien.
Le
René Lévesque que vous voyez dans la série n’est pas René Lévesque. Il n’était pas disponible pour
le rôle.
Emmanuel
Bilodeau a fait un travail remarquable pour créer un
René possible. Ce n’est toutefois pas le René que Parizeau a connu, ni celui de
Morin. Pas plus qu’il ne ressemble au René de Corinne ni à celui de Tremblay ou
de Beaudoin. Ce n’est pas non plus celui des joueurs de poker avec lesquels il traversait certaines nuits ou celui de ses
conquêtes, en chemin…
C’est
un René construit à partir de ce que tous m’ont confié sans le savoir à travers
les mémoires de Lévesque, l’autobiographie de Parizeau, les écrits de Morin,
les milliers de pages de Pierre Godin, les centaines d’articles de journaux,
les propos des commentateurs politiques, les émissions de télé, les
documentaires, la magnifique série radio
de Radio Canada, les rencontres et… les propos recueillis auprès de Corinne
Côté. Malheureusement, personne ne raconte tout à fait la même histoire et les
contradictions sont souvent stupéfiantes. Alors je choisis le point de vue qui
me semble pertinent ou bien je tente de bâtir un « consensus ». Évidemment ce
ne sera jamais votre René…
Et
puis toujours la même indignation chaussée de gros sabots, véhiculée par les mêmes personnes depuis la parution de
la biographie de Pierre Godin. Une
argumentation si pauvre quelle nous porte à se questionner sur les vrais intentions.
Des mots assassins pour masquer le vide ?
Ou pour miner toute crédibilité au cas où…? Une technique qui vient des
longues années en politique. Gérer le message, contrôler l’image…
Et
la caricature ?… J’ai visionné
l’équivalent de vingt quatre heures d’archives. On ne peut pas dire que
la mode de cette époque aide beaucoup à la sobriété... La vivacité d’esprit de Garon,
le bonheur sautillant de Charron, rien n’a été inventé. Pour ce qui est du reste, il a fallu dessiner
les personnages en trois coups de pinceau afin de les reconnaître, ils passent
si vite… C’est quand même dommage que
personne n’ait remarqué le magnifique discours que René tient aux étudiants,
juste avant les élections de ’76. Tellement actuel… Mais, bon, la politique
n’intéresse plus personne même que certains font tout ce qu’ils peuvent pour
entretenir le cynisme.
Qui
a raison, qui n’a rien à dire, qui tente de contrôler le message ? Autant de
gens, autant de points de vue. Mais il existe une passion commune qu’il aurait
été préférable de partager avec les jeunes générations qui, bientôt, ne se
souviendront plus de leur histoire plutôt que de s’enfarger dans les fleurs du
tapis… Mais bon, le sens des priorités n’est pas donné à tous. Bas de gamme
vous disiez madame Tremblay ?… Vous auriez fait un formidable personnage dans
Bunker le cirque… Merci pour le cours de
réalisation, Madame Beaudoin. J’en avais
bien besoin après mes trois Gémeaux en fiction et mes deux prix internationaux
pour le documentaire sur Riopelle… Un autre personnage que j’ai eu tout faux…
Pierre
Houle
Réalisateur.
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À tous les futurs médaillés québécois des Jeux
Olympiques de Pékin.
Malgré les
multiples appels au boycotte, l'évènement olympique chinois aura lieu
cet été. Vous y participerez en représentant le Canada et le
Québec. Je présume que certains parmi vous se sont déjà demandés, face aux images qui nous parviennent du
Tibet, comment participer à de tels jeux sans paraître complices des
atteintes aux droits de l'Homme dont les tibétains sont victimes ?
Si
vous cherchez à souligner votre désaccord devant de telles atteintes
sans pour autant boycotter les jeux, il se présente à vous une occasion en or
pour l'exprimer en donnant un sens historique à vos victoires.
Ce qui
fera de votre médaille un objet unique, ce n'est pas l'incrustation d'un disque
de jade au revers de chaque médaille, comme on peut l'apprendre dans un
communiqué de l'organisation des jeux. Ce qui en fera une innovation
audacieuse dans l'histoire de la confection des trophées olympiques, un
objet de collection unique, c'est le sens que vous lui donnerez vous-mêmes en
posant un petit geste.
Une fois
sur le podium, après la réception de votre médaille personne ne peut vous
empêcher de la dédier au peuple tibétain. Avec votre médaille dans
la main, il vous suffit simplement d'exécuter face au monde entier un
signe de ''Time out'' faisant allusion à la lettre T. T comme
Tibet.
Suite à
votre geste, vous n'êtes pas obligés de faire un discours
ni aucune déclaration à la presse. Pas besoin de crier des slogans
genre ''Nous sommes tous des tibétains''. Tout le monde aura compris
votre message.
Voici cinq raisons pour justifier et
motiver un tel geste:
1- Le Tibet existe comme pays et
comme peuple depuis 127 av JC. La Chine a violé la souveraineté du
territoire tibétain en 1950.
2- La souveraineté d'un
peuple ainsi que la protection de sa culture est un droit inaliénable
reconnu par l'Organisation des Nations Unies.
3- Revendiquer le droit des
tibétains à leur territoire et à la pratique pleine et entière de leur culture,
c'est plus qu'un geste de compassion. C'est un devoir de solidarité
internationale envers un peuple qui a choisi longtemps la
non violence comme politique de résistance.
4- Les impacts d'un tel geste, les
chinois seront les premiers à en bénéficier. Le respect des droits de
l'Homme au Tibet, des millions de chinois le désirent pour eux-mêmes. Pour
une Chine véritablement moderne. Liberté d'expression, liberté de presse,
ouverture sur Internet.
5- À quoi ça sert de gagner une
médaille olympique, aussi unique soi-elle, si elle contribue à
déshumaniser les Jeux et par le fait même, une certaine humanité..?
Si certains parmi vous doutent de la pertinence
d'un tel geste ou de son impact auprès du gouvernement chinois, je vous cite
l'extrait d'un article publié au journal le Devoir le 22 mars 2008
où Gil Courtemanche nous apprend ceci:
« En 1968 à Mexico, les Américains
John Carlos et Tommie Smith, médaillés du 200 mètres,
avaient brandi un poing ganté de noir pour protester contre la discrimination
raciale dans leur pays. Ils sont passés à l'histoire, et aujourd'hui, sur le
campus de la State University de San Jose, une statue
rappelle leur geste courageux et exemplaire » (1)
40 ans plus tard, des millions d'américains blancs
envisagent sérieusement de choisir un homme noir comme Président.
Si parmi vous, médaillés
québécois, certains réussissent à accomplir un tel geste, sans doute
que d'autres médaillés d'autres pays suivront votre exemple. Si au cours
des Jeux, vous êtes de plus en plus nombreux à faire un T de vos deux
mains, si votre petit geste fait boule de neige, votre plus grande
victoire, votre véritable exploit, sera d'avoir réussi à redonner aux jeux
olympiques leur dimension initiale, celle que Pierre Coubertin prônait, à
savoir que « le sport est un moyen de redressement de l’esprit ».
Un petit geste pacifique très
rarement vu dans l'histoire pour faire réfléchir une partie de l'humanité,
dont plus d'un milliard de chinois, sur le sort d'un peuple. Un
geste qui peut s'avérer plus efficace que toutes les pétitions et de tous les
scénarios de boycottage. Également, un geste qui fera sourire le Dallai
Lama, lui-même pratiquant d'une résistance pacifique et
spirituelle.
Au cours de l'histoire, le sport n'a
t-il pas contribué à éviter des guerres et peut-être même des conflits
mondiaux. En appuyant les tibétains et leur chef dans leur
résistance pacifique, votre victoire sera aussi de faire mentir ceux
qui prétendent que les enjeux et les intérêts commerciaux avec
la Chine l'emportent sur les droits fondamentaux d'un peuple de 5
millions.
Allez, osez donner une
leçon d'honneur à tous ces chefs d'État du monde qui tremblent devant le
''monstre chinois'' en prétendant le faire dans notre intérêt..!!
Le premier parmi vous qui osera cet
été, du haut de son podium avec sa médaille à la main, porter assistance à
un peuple en danger, entrera indéniablement dans l'histoire.
Mohamed Lotfi
Journaliste et réalisateur radio..
1. NDLR : Gil Courtemanche,
Le cas chinois, Le Devoir, Édition du
samedi 22 et du dimanche 23 mars 2008 :
www.ledevoir.com/2008/03/22/181770.html
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Les harceleurs sont parmi nous...
Mohamed Lotfi, Journaliste et réalisateur
radio
Reçu
le 8, publié le 22 mars 2008 avec la permission de l’auteur.
Le Québec est devenu la
première juridiction en Amérique du Nord à adopter une loi sur le harcèlement
psychologique au travail. Dans la première année de son adoption en juin
2004, 3500 plaintes ont été
déposées.
Malgré l'embauche d'une
trentaine d'enquêteurs supplémentaires, la Commission des normes du travail ne
disposait pas assez d'avocats pour défendre les victimes. Un an et demi après
l'adoption de la loi, une seule décision a été prise, en février 2006, en
faveur d’une plaignante.
Colette Ganley
travaillait comme gérante pour un restaurant Subway. Dans cette première décision en matière de
harcèlement psychologique au travail, le Commissaire Michel Denis a reconnu que
la plaignante a été victime.
La moitié des plaintes de
harcèlement psychologique au travail déposées en 2005 se sont avérées fondées,
indique un rapport soumis au gouvernement du Québec, deux ans après l'entrée en
vigueur de la loi contre le harcèlement au travail. Dans la majorité des cas, les entreprises et
administrations, publiques et privées, préfèrent obtenir des règlements à
l'amiable.
Comment une commission
peut-elle gagner de la crédibilité si elle ne produit pas plus de jugements
pour rendre justice et dissuader les harceleurs ? Malgré l'adoption d'une loi sur le
harcèlement au travail, la guerre d'usure contre les victimes, continue.
Le harcèlement psychologique
en milieu de travail est une guerre en silence. Elle tue à petites doses des
hommes et des femmes dans la plus totale indifférence. Ils sont de plus en plus nombreux et
nombreuses, près de votre bureau, à mourir d'une mort lente. À chaque jour d'une semaine de travail, des
milliers de gestes sont posés dans le but de transformer la vie d'un employé en
enfer. Si des caméras cachées de CNN ou
de TVA pouvaient les capter, vous seriez aussi terrifiés que devant les images
d'une guerre civile en Irak.
Faut-il le voir et le vivre
pour le croire ? Les images de guerre
n’empêchent plus personne de dormir.
Être victime ou témoin de harcèlement au travail peut porter gravement
atteinte à la qualité de vie. Les caméras de télé n'investissent pas des
milieux de travail, elles ne sont pas encore partout, mais les murs écoutent,
regardent et ils leur arrivent, à l'occasion, d'avoir envie de hurler
ASSISTANCE À PERSONNE EN DANGER.
Le harcèlement psychologique
en milieu de travail est devenu un art digne d'un gala hebdomadaire. Comme dans n'importe quel art, certains
excellent plus que d'autres. Suite à
plusieurs attaques réussies, au bout de sa cinquième journée de guerre, le
harceleur s'auto désigne le meilleur et s'autoproclame ''le harceleur de la
semaine''.
Le harceleur de la semaine est
un animal féroce qui a toutes les apparences d'un humain muni d'un cerveau
programmé pour accomplir le crime parfait.
Il arrive au travail, toujours avec un plan bien mijoté pour croquer sa
proie sans laisser de traces. Vous ne
saurez jamais le nom d'un harceleur de la semaine, vous ne verrez jamais son
visage dans le journal.
Par définition, les harceleurs
de la semaine sont anonymes. Entre eux, ils s'échangent volontiers des trucs et
des procédés pour raffiner leur art. On
atteint l'excellence dans le harcèlement en milieu de travail en provoquant des
situations où le harceleur réussit à passer, auprès de ses patrons, pour un
harcelé. Le harceleur de la semaine, fin
renard, se plaint avant qu'on ne se plaigne de lui. Il est programmé pour écrire à ses patrons à
la moindre occasion. Sa plainte arrive
avant celle de sa victime. Parfois, il
n'en revient pas lui-même d'obtenir gain de cause. Le harceleur de la semaine ne travaille pas,
il tue.
Le harceleur de la semaine est
une personne dont le cœur est gravement asséché. Incapable d'aimer ou d'être aimé. Toute son intelligence est mise au service
d'une machine à tuer l'autre. Le
harceleur de la semaine est en guerre perpétuelle contre l'humanité.
Les victimes du harcèlement en
milieu de travail ne sont pas du même métal.
Certaines résistent mieux que d'autres.
Certaines se font justice elles-mêmes en tuant les attaques dans l'œuf. Mais la plupart des harcelés encaissent et
souffrent en silence. Le harceleur de la
semaine est assez malin pour ne pas s'attaquer à n'importe qui. Il sait apprendre de ses premières erreurs
pour savoir reconnaître la victime parfaite.
Par ordre de priorité, les précaires, les immigrants et les femmes, par
leurs conditions, sont des cibles de choix pour faire l'objet d'offensive. L'employé qui réunit ces trois critères de
vulnérabilités est forcément encore plus susceptible à faire objet d'agression.
Le pire des harcelés est celui
qui refuse de se reconnaître comme victime.
Il incarne le syndrome du survivant.
Il se ment à lui-même durant des mois et des années. Il met les comportements harcelants qu'il
subit sur le dos des conditions de travail.
Il se voit plutôt victime de situations conflictuelles passagères et non
de harcèlement psychologique. Telle que
certaines femmes battues, le pire des harcelés trouve des excuses à son
agresseur et lui pardonne.
Et ça continue ainsi durant
des années jusqu'à ce que son corps sonne l'alarme. Il n'en peut plus de subir. Stress, angoisses et dépressions cumulés en
silence finissent par donner lieu à des maladies graves. Dans certains cas, le suicide n'est pas
exclu comme solution pour mettre fin au calvaire.
Dans certains milieux de
travail, ce qui pourrait rajouter à la souffrance d'une victime de harcèlement,
c'est le silence complice de son employeur et de ses collègues. Tout le monde sait, mais chacun fait semblant
de ne pas savoir. Selon la loi sur les
normes de travail, il est indiqué aux employés et aux employeurs de garder
confidentiels les rapports, les plaintes et les avertissements.
Les silences renforcent le
pouvoir du harceleur. Personne n'ose parler ou témoigner contre lui. Pour justifier leur impuissance, employeurs
et employés évoquent le manque de preuves solides. En réalité, les collègues du harcelé ont
peur d'être à leur tour victimes de harcèlement.
Quand à l'employeur du
harcelé, il arrive que par son
impuissance, il développe à son tour un art autrement plus mesquin. Celui de laisser croire au harcelé qu'il
serait peut-être un peu responsable de ce qui lui arrive. On atteint le comble de l'absurde lorsque le
harcelé le croit. Il se dit qu'il n'est
pas faux que nous soyons en partie tous responsables du comportement des autres
envers nous. Avec un tel raisonnement,
le harcelé aggrave sa situation et devient effectivement en partie responsable
de ce qui lui arrive.
Selon la loi sur les normes du
travail, article 81.19, ''Le salarié a
droit à un milieu de travail exempt de harcèlement psychologique. L'employeur a
l’obligation de prendre les moyens raisonnables pour prévenir et faire cesser
le harcèlement psychologique lorsqu’il est informé d’une telle conduite''. Par son impuissance à sanctionner
l'harceleur, l'employeur finit par se constituer complice. Certains employeurs poussent l'absurde
jusqu'à préférer renvoyer le harcelé que de punir le harceleur. Il est plus facile de se débarrasser du
précaire que du syndiqué.
Selon les mêmes normes de
travail au Québec, ''Les dispositions
concernant le harcèlement psychologique s’appliquent à tous les salariés
syndiqués ou non syndiqués et à tous les niveaux de la hiérarchie
organisationnelle y compris les cadres supérieurs. Toutes les entreprises du
Québec – autant du secteur privé que du secteur public sont visées par de
telles normes''. Dans la réalité, la
parole d'un précaire ne vaut pas celle d'un syndiqué encore moins celle d'un
patron.
J'aurais bien aimé conclure en
disant que tôt ou tard, le harceleur en milieu de travail finit par goûter à sa
propre médecine, parce que le crime parfait n'existe pas. Hélas,
les harceleurs sont parmi nous, plus nombreux qu'on ne le pense. Terroristes invisibles. Véritables ennemis de
la paix. Des milliers de victimes de
harcèlement en milieu de travail croupissent sous l'incompréhension et
l'insensibilité de leurs collègues et leurs employeurs.
Aussi longtemps que le harcèlement en milieu de travail n’est pas
considéré comme une responsabilité collective, tant que le silence des témoins
persiste et tant que la nouvelle loi
sur les normes de travail ne rend pas
des jugements qui brisent le silence,
les harceleurs seront encore plus
présents et plus nombreux parmi nous.
Qui ne dit mot consent...
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Le salon du vélo Expodium
Michel Handfield
29
février 2008
La
fin de semaine du 15 au 17 février, soit en même temps que les rendez-vous du
cinéma québécois, se tenait le au 6e
salon du vélo Expodium. Il y avait là des vélos à
faire rêver, mais, il y avait surtout de l’information. Vélo Québec par
exemple, mais
aussi la FADOQ Montréal, qui organise
plusieurs activités dont certaines pour leurs membres cyclistes. Plusieurs
régions étaient là pour offrir leurs parcours et leurs activités cyclistes,
certaines taillées pour les cyclotouristes
et d’autres pour les randonneurs du dimanche et les familles. Bref, une foule
d’informations utiles pour qui fait du vélo occasionnellement ou comme mode de
vie. Une fenêtre vélo en plein cœur de l’hiver. Le seul hic, c’est que je vais
trouver le reste de l’hiver plus long en attendant de sortir mon vélo!
A
part les vélos, le salon se divisait en 3 thèmes selon moi, soit le Vélo
sportif, représenté par des clubs « cyclosportifs »,
des compétitions et, naturellement, des vélos à faire rêver le Lance Armstrong
en herbe; le Vélo grand public, avec clubs de randonnée, des promoteurs
d’activités et d’événements vélocipèdes pour tous; puis le Vélo
sociopolitique, soit le
vélo comme militantisme ou position citoyenne (ce qui est mon cas). Dans ce
créneau j’inclus Vélo Québec, dont je suis membre d’ailleurs, et des organismes qui utilisent le vélo pour
soutenir ou promouvoir une cause. C’était le cas d’une route sans fin pour les centres jeunesse de Montréal par
exemple. Bref, un salon fort intéressant.
Comme
il y avait beaucoup d’informations, j’ai glané quelques sites au hasard du
salon pour vous donner un aperçu de ce que l’on peut y trouver. Naturellement,
c’est peut être l’événement d’à côté qui vous aurait intéressé davantage. Il
vous faudra donc visiter EXPODIUM l’année prochaine.
Hyperliens :
Vélo
Québec : http://www.velo.qc.ca
La
FADOQ Montréal : http://www.fadoqmtl.org/
Club
de cyclotourisme Explo Tour : www.explotour.com
Fédération
québécoise des sports cyclistes : www.fqsc.net
Festival
international Coupe du monde de vélo de montagne Vélirium :
www.velirium.com
Le
tour du lac Simon : www.letourdulacsimonbmr.ca
La
virée de la mairesse de Repentigny : www.vireedelamairesse.com
Une
route sans fin pour les centres jeunesse de Montréal – institut
universitaire : www.aidez-nous.ca
(Voir aussi www.centrejeunessedemontreal.qc.ca)
Association
pour le développement des sentiers de montagne au Québec (dont le Mt
Royal) : www.adsvmq.org
Liste
des exposants d’EXPODIUM 2008 :
www.expodium.ca/fra/visiteurs/liste_exposants.htm
Le communiqué de clôture :
MA
LIBERTÉ… MON VÉLO!
Le 6e Salon du Vélo Expodium
a accueilli près de 18 000 adeptes!
Montréal,
le 17 février 2008
Pour sa 6e édition du 15 au 17
février à la Place Bonaventure de Montréal, le Salon du Vélo Expodium est fier d’avoir accueilli près de 18 000
visiteurs! Une fois de plus cette année, le Salon du Vélo a su combler tous les
adeptes avec une programmation plus complète que jamais présentant des
activités conçues pour toute la famille, des spectacles palpitants, la plus
importante section cyclotourisme au Canada, une piste d’essai de 200 mètres et
plus de 200 exposants et experts sur place!
Le Salon du Vélo Expodium, l’événement annuel de référence pour connaître
les dernières nouveautés, les tendances et les nouvelles destinations à
découvrir sur roues, est le plus important Salon du genre au Québec consacré
exclusivement au vélo et au cyclotourisme si populaire aujourd’hui. C’est
d’ailleurs sans aucune surprise que la section cyclotourisme du Salon, la plus
importante exhibée au Canada, fut extrêmement populaire auprès des visiteurs,
avec plus de 130 forfaits voyages à vélo offerts dans plus de 30 pays.
« Malgré les chutes de neige records que le Québec connaît en ce moment,
le Salon du Vélo Expodium est un succès grandissant
encore une fois cette année avec sa deuxième plus importante affluence retenue
à son histoire, soit un total de 17 779 visiteurs. Tout le Québec roulera plus
que jamais à vélo cette année, nous en avons eu pour tous les goûts et tous les
genres! Je vous promets une édition 2009 encore plus élaborée et importante que
jamais. Des projets sont d’ailleurs déjà en branle et s’engagent à en
surprendre plus d’un! Plusieurs d’exposants ont même déjà confirmé leur retour
sans aucune hésitation pour l’année prochaine et nous avons également recueilli
un nombre important de commentaires positifs des visiteurs à leur sortie du
Salon.» affirme Jan P. Dubé, président d’Expodium International et promoteur du Salon.
Une réussite : dimanche, la
journée de la famille!
Pour souligner l’importance et la place qu’occupent
les sorties familiales, tous les enfants de 12 ans et moins accompagnés de
leurs parents ont été admis gratuitement au Salon lors de la journée du
dimanche 17 février, ce qui a contribué à finir le salon en force et en beauté.
Le 6e Salon du vélo Expodium, présenté en collaboration avec La Presse, TQS et
la Fédération québécoise des sports cyclistes, remercie tous ses partenaires,
exposants et fidèles adeptes.
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Societas
Criticus, revue de critique sociale et politique, Vol. 10 no 1, Le Journal/Fil
de presse : www.societascriticus.com
Societas
Criticus, revue de critique sociale et politique, Vol. 10 no 1, Le Journal/Fil
de presse : www.societascriticus.com
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Les premiers investissements de la Fiducie
Michel Handfield
9
janvier 2008
J’ai assisté à la conférence
de presse de la Fiducie du Chantier de
l’économie sociale, dit la Fiducie
(1), en décembre dernier avec l’intention de revenir sur le sujet après le
« rush » cinéma en prévision des fêtes. C’est maintenant le temps
d’en glisser un mot.
Lors de cette conférence de
presse tenue au cinéma Beaubien, l’un des bénéficiaires, la Fiducie a annoncé ses premiers
investissements, soit de 2,6 millions $ répartis entre 8 entreprises d’économie
sociale de différents secteurs d’activités. Ces entreprises pourront réaliser
d’importants projets qui leur permettront de poursuivre ou d’accélérer leur
développement. En voici la liste tirée du communiqué, car nous pouvions
difficilement tout noter. Entre
parenthèses vous trouverez la
localisation, le montant de l’investissement de la Fiducie et l’usage projeté des fonds. Après une recherche Google,
nous avons ajouté le site internet de l’entreprise lorsque disponible:
- Cinéma Beaubien (Montréal,
506.373$, agrandissement et rénovations), www.cinemabeaubien.com/;
- Service funéraire
coopérative Drummond/J.N. Donais Coopérative
funéraire (Drummondville, 500.000$, acquisition d’un bâtiment et travaux de
construction);
- Les Légendes fantastiques
(Drummondville, 412.000$, construction d’un amphithéâtre extérieur doté d’un
toit et développement d'un spectacle inédit),
www.legendesfantastiques.com/;
- Centre d'interprétation sur
la biodiversité du Québec (Bécancour, 381.969$,
rénovations et achat d’équipements), www.biodiversite.net/;
- Les Serres
coopératives de Guyenne (Guyenne, 250.000$, achat d’un équipement de
production) www.ville.amos.qc.ca/tourisme/guyenne.htm
(2);
- Coopérative de l'Université
de Sherbrooke (Sherbrooke, 250.000$, améliorations locatives et achat
d’équipements), http://coopusherb.com/;
- Recyclo-Centre
(Sorel-Tracy, 150.000 $, rénovation et agrandissement des locaux);
- Boutiques Chic Chez vous
(Montréal, 150.000$, acquisition d’actifs), www.chicchezvous.pj.ca/.
On
parle ici de « capital patient ». (3) Pour ces 8 premiers projets, on
a eu droit à un total de 2,6 M$ d’investissements annoncés de la part de la
Fiducie, mais l’investissement total est beaucoup plus important si l’on
considère le montage financier de chaque promoteur. Le développement économique
et social n’est pas qu’affaire de productivité comme le croyait un ancien
premier ministre. C’est aussi affaire de
solidarité, d’innovation, de créativité et, surtout, du support de la
communauté. Une affaire de cœur! C’est là que joue l’économie sociale.
C’est pour faire connaître ces
initiatives que nous en parlons, même si c’est avec du retard par rapport aux
médias spécialisés dans les questions économiques, car nous croyons en
l’importance de ces projets d’économie communautaire et solidaire. Je ne
pourrais dire autrement, ayant déjà été sur le conseil d’administration d’une
CDÉC de Montréal comme citoyen, poste que j’ai quitté quand le site de Societas
Criticus a pris davantage de mon temps. Mais, j’en ai gardé un excellent
souvenir et il me faisait plaisir de me retrouver dans ce milieu lors de cette
conférence de presse, car l’économie sociale est un milieu dynamique. J’aurais
le goût d’ajouter félicitation et continuez votre beau programme.
Notes :
1. http://www.fiducieduchantier.qc.ca/
2. Lorsque j’ai
entendu parler des serres coopératives de
Guyenne j’ai immédiatement pensé à un excellent livre que j’avais lu sur
Guyenne. Je le recommande s’il est encore disponible : Laplante, Robert, 1995, L'expérience
de Guyenne, Guyenne, Abitibi (Québec): Corporation de développement de
Guyenne
3. « La Fiducie du Chantier de l’économie sociale
offre des prêts sans remboursement de capital avant 15 ans. Ce capital patient
permet de soutenir les opérations des entreprises et d’appuyer des
investissements immobiliers pour le développement de nouvelles activités. »
Pour plus de détails, voir :
http://fiducieduchantier.qc.ca/?module=document&uid=62
Hyperliens :
Les CDÉC du Québec : www.lescdec.qc.ca/
Association des centres locaux de
développement du Québec: www.acldq.qc.ca/
Économie sociale Québec : http://economiesocialequebec.ca/
Fédération des Coopératives de Développement
Régional (CDR) du Québec : www.fcdrq.coop/
Conseil québécois de la coopération et de la
mutualité : www.coopquebec.coop/
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Societas
Criticus, revue de critique sociale et politique, Vol. 10 no 1, Le Journal/Fil
de presse : www.societascriticus.com
Vol. 9 no. 8
Reçu
à societascriticus@hotmail.com
et mis en ligne le 17 décembre 2007
Libres de le porter, libres
de l'enlever
Une marche à la mémoire d'Aqsa
Parvez
(Samedi 15 décembre, a eu lieu l'enterrement
d'Aqsa)
Le 10 décembre dernier,
Muhammad Parvez d'origine pakistanaise a tué sa fille
de 16 ans, Aqsa Parvez,
parce que cette dernière ne voulait plus porter le hijab. Ce crime commis dans la région de Toronto
serait le premier du genre au Canada. Au
Pakistan, on appelle ça un crime d'honneur.
En apprenant cette nouvelle,
combien de femmes au Canada, portant le foulard islamique, auraient eu envie de
laisser tomber leurs foulards ne serait-ce qu'une journée, pour exprimer toute leur
indignation face à un crime aussi horrible ?
Qui parmi toutes ces femmes
musulmanes voilées de partout au Canada, seraient prêtes à initier une marche à
la mémoire d'Aqsa Parvez
? Qui parmi ces femmes, oseraient faire
partie de cette marche, la tête dévoilée ?
Qui parmi elles, seraient assez lucides pour se dissocier d'une certaine
aliénation derrière le voile quand il est imposé à des jeunes filles ?
Voilà une occasion qui se
présente à toutes ces femmes musulmanes voilées pour donner un autre sens à ce
voile devenu l'objet d'amalgame par excellence.
Se défaire de son voile, le
temps d'une marche, est un geste qui me paraît nécessaire dans les
circonstances parce qu'il va dans le sens même de la foi de ces femmes
croyantes. Je les invite à poser ce
geste symbolique pour rappeler d'abord ce en quoi elles devraient croire
profondément, à savoir que Dieu seul
donne la vie et Dieu seul peut la retirer.
Le prophète des musulmans n'a t-il pas dit qu'une personne qui tue une
autre personne tue l'humanité toute entière.
Je les invite à se défaire de leurs voiles pour rappeler aussi qu'elles
sont tout aussi libres de le porter que de
l'enlever.
Elles sont nombreuses ces
femmes musulmanes voilées qui ne manquent pas une occasion médiatique pour
affirmer qu'elles portent leurs voiles par
libre choix. Au nom même de cette
liberté, je les invite à l'enlever pour une bonne cause. Celles qui pensent qu'elles n'ont de compte à rendre à personne, le meurtre d'Aqsa
doit leur rappeler que certaines femmes ne sont pas au même degré d'exercice de
leur liberté.
En invitant des femmes
musulmanes voilées du Canada à une telle démarche, il ne s'agit nullement de ma
part d'appuyer ou non le port du voile.
Mais devant les multiples significations que le voile projette depuis la
crise déclenchée en France il y a 4 ans, il est peut-être temps de saisir une
occasion pour donner au voile, le hijab (appelez-le comme vous voulez) un autre
sens que celui de la soumission. Quels
soient ses arguments, en tuant sa fille, Muhammad Parvez
réconforte maintenant tous les arguments qui associent le voile à la
soumission. C'est cette association qu'il faut dénoncer.
À ces musulmanes voilées, je
ne suggère pas de renier leur foi ni de déchirer leurs voiles publiquement. Au risque de me répéter, je crois que la
meilleure façon pour elles de ne pas cautionner ce crime est de poser un geste
de liberté symboliquement frappant.
Le meurtre d'Aqsa Parvez me paraît
aussi grave que la tuerie de Polytechnique. Qui mieux que des femmes portant le foulard
islamique pour le dénoncer publiquement, en laissant tomber leurs voiles. Libre à elles de le porter à nouveau ou de le
laisser tomber à jamais. L'important est
de marquer l'imaginaire collectif par un acte de liberté. Ce même acte qu'une jeune fille de 16 ans a
payé de sa vie.
Si elles ne sont que trois ou
quatre femmes musulmanes voilées à répondre à cette invitation, le combat solitaire d'Aqsa
n'aura pas été vain.
Si j'étais une femme musulmane
voilée, voilà ce que j'aurais fait. Parce qu'en tuant Aqsa
Parvez, on a tué une partie de moi-même...
Mohamed
Lotfi
Journaliste
et réalisateur radio / Montréal
www.souverains.qc.ca/flash4.html
PS: Le 25 février 2004, le Devoir a publié un
texte dans lequel je proposais « Que les jeunes musulmanes françaises
tenant à porter leur voile à l'école le laissent tomber une seule fois, mais
publiquement ». Cliquez pour la
suite http://www.ledevoir.com/2004/02/25/48224.html,
Un autre article sur le voile http://www.ledevoir.com/2007/04/25/140775.html
***
Monsieur le Premier
Ministre, je vous écris une lettre...
« Dans la définition du Nous québécois,
on devrait envisager la possibilité pour un homme
musulman de faire sa prière cinq fois par jour dans une église
catholique. Je le fais depuis deux ans. » Abdelkader Belaouni
Monsieur Harper,
Comme vous savez,
le 5 décembre dernier, le président français Nicolas Sarkozy a lancé, lui-même,
un appel au chef des Forces armées révolutionnaires de Colombie Manuel Marulanda pour demander la libération de la
franco-colombienne, Ingrid Betancourt. Les mots de Sarkozy prononcés en
direction de la jungle colombienne sont ceux du premier chef d'État qui ose ce
qu'aucun autre chef d'état avant lui n'a jamais osé. Malgré tout ce que je
pense de Nicolas Sarkozy et de ses méthodes populistes, je salue solennellement
son geste.
En écoutant l'appel
de Sarkozy, j'ai pensé à Abdelkader Belaouni qui
lutte depuis deux ans, à partir du sanctuaire de l'église St-Charles à
Montréal, pour obtenir un statut de réfugié. Bien sûr, Belaouni
n'est pas l'otage d'une guérilla et se trouve loin d'une jungle. Le seul point
commun entre Belaouni et Betancourt, c'est l'état
dégradant de leur santé. En tant qu'aveugle et diabétique, Belaouni
aussi se trouve au bout de ses forces. Pour des raisons humanitaires, le Canada
doit libérer cet homme de l'angoisse qui le ronge quotidiennement. Le 1er
janvier 2008, l'angoisse aura duré deux ans.