25 juin, 2009

Edito-criticus!
De
la critique… naît la fleur du changement! (1)
Vol 11 no 4
En mode Urbain-été! (juin @ septembre)
L’Iran : appuyons le mouvement de changement!
La fausse nation : en voilà la preuve!
Le nucléaire! Pas à n’importe quel prix, mais des compromis sont
possibles!
Vol 11 no 3
Est ce que la croyance est un droit?
L’action bénévole… une bonne
affaire!
Vol 11 no 2
Temps de crise, temps d’éduquer!
Vol 10 no 6
Vol 10 no 5
En quelques mots : De la différence
entre gouvernement libéral et conservateur
« Assez de politique, c’est le temps de reprendre les affaires. »
Un deux pour un! (L’art de ne pas se faire avoir de Mohamed Lotfi et Élections
2008 de moi-même!)
Vol 9 no 8
Que nous enseigne l’affaire Schreiber!
Criticus Politikos
(archives)
Toutes nos archives
sont disponibles en ligne à Bibliothèque et Archives Canada
Revue
Societas Criticus à Bibliothèque et Archives nationales du Québec
Vol 11 no 4
Societas Criticus, revue de critique sociale et politique,
Vol. 11 no 4, Éditos : www.societascriticus.com
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En mode Urbain-été! (juin @ septembre)
Michel Handfield
Nouvelle expérience Societas
Criticus/D.I.! Nous passons en mode urbain-été, car nous sommes en été et
urbain. Notre regard ne sera pas plus
léger, mais moins lourd. Ceci ne veut pas dire que nous ne regarderons pas
aussi le Politique, mais on essaiera de
faire plus court. Peut être adopterons nous ce style par la suite. On se doit
d’évoluer.
Parlant d’évolution, je suis aussi
sur Twitter (http://twitter.com/laboetie) et sur Facebook (www.facebook.com/m.handfield), outils
que je veux utiliser davantage. On verra bien si cela s’applique à Societas
Criticus à l’usage.
De plus, après 10 and d’écriture à
compte d’auteur, je viens de me trouver
un emploi temporaire de magasinier. Un retour aux sources de mes emplois étudiants,
car je faisais ce type de travail alors que j’étudiais en sociologie à
l’université de Montréal. Mais, malgré ce travail, je tiens à poursuivre
Societas Criticus pour mon équilibre sociologique, car je suis d’abord et avant
tout sociologue et j’ai besoin de l’exprimer. On ne peut pas sortir la
sociologie du gars si facilement que cela. Et, qui sait, un jour un poste de
sociologue s’ouvrira peut être pour moi. La vie est faite d’espoirs.
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Societas Criticus, revue de critique sociale et politique,
Vol. 11 no 4, Éditos : www.societascriticus.com
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L’Iran :
appuyons le mouvement de changement!
Michel Handfield
25 juin 2009
Depuis
l’élection proclamée de Mahmoud
Ahmadinejad (1), l’actualité iranienne
est à suivre, car une majorité semble s’être éveillée aux problèmes d’une
dictature religieuse qui va contre la volonté populaire, mais aussi contre le
scrutin exprimé. C’est une première conscientisation. On ne peut cependant pas
en tirer de conclusions hâtives. Il est en effet trop tôt pour dire quel en
sera l’impact sur le fondamentalisme musulman iranien. (2) Les fondamentalistes
profitent d’ailleurs de la situation pour accuser les pays occidentaux de
fomenter le trouble, principalement la Grande-Bretagne et les États-Unis! (3)
Alors, ce fondamentalisme disparaîtra-t-il ou se mutera-t-il dans une dictature
encore plus fermée? On ne peut vraiment pas le dire pour l’instant. Tout est possible, allant d’une
ouverture vers l’extérieur, en
particulier vers l’occident, jusqu’à l’imposition d’une chape de plomb plus
épaisse encore, réfrénant ainsi les possibilités de changement pour un temps et
refroidissant encore davantage les
relations déjà glaciales de l’Iran avec le monde occidental. On espère cependant
que cela ira vers plus de liberté, mais…
On est encore loin de la séparation
de l’Église et de l’État; encore plus loin du constat que la religion est une
idéologie et une croyance; à des années lumières de comprendre que même si on est
croyant, aussi fort que l’on veut, cela ne fera jamais de notre croyance une
vérité absolue. Croire, c’est croire, ce qui n’empêche pas la spiritualité au
plan personnel, mais ce ne sera toujours qu’une croyance; jamais un fait
scientifiquement prouvable, ni une vérité absolue.
Même ici, on n’en est pas là, la
constitution canadienne promulguant la suprématie de Dieu. Mais, duquel, car on
nous a dit bien des choses en son nom dans toutes les religions, mais lui n’a
jamais rien signé de sa propre main. En droit, pourtant, ce sont les traités, les
contrats et les faits prouvables qui comptent; pas les croyances et les on-dit!
Sinon, surtout si Dieu passe avant la primauté du droit comme le veut notre
constitution, comment condamner quelqu’un pour avoir commis un acte criminel
que Dieu aurait lui-même commandé? Et, pourrions-nous accuser Dieu de
complicité? Poser la question, c’est montrer la limite de cette promulgation
constitutionnelle! En conséquence, si ces mots, « Attendu que le Canada est fondé sur des principes qui reconnaissent la
suprématie de Dieu et la primauté du droit » (http://lois.justice.gc.ca/fr/charte/1.html),
ne sont que des paroles pour plaire
aux groupes religieux, car on ne peut amener Dieu en cour, ni prouver son
existence ou sa non-existence (4), quoi qu’en pensent et en disent certains (5),
on devrait réécrire ce passage de notre constitution en appui à ceux qui
luttent contre des dictatures religieuses ou basées sur des croyances pour en
éliminer Dieu. J’invite donc nos politiciens à changer cette formulation pour
celle-ci, plus rationnelle et juridiquement fondée sur la séparation de
l’Église et de l’État dont on se réclame pourtant : « Attendu que le Canada est fondé sur la primauté du droit »… Ce serait une façon d’appuyer le peuple iranien et les autres peuples qui
commencent à remettre en cause le religieux dans la sphère publique et politique
de leur pays. Osons le faire à l’unanimité du parlement fédéral et des
législatures provinciales! C’est tout ce que j’avais à dire sur cette crise. Pour
l’instant du moins.
Notes :
1. http://fr.wikipedia.org/wiki/Élection_présidentielle_iranienne_de_2009
2. Si je parle ici de « fondamentalisme musulman iranien »,
il y a d’autres formes de fondamentalisme aussi, musulman et non musulman. Toutes
les religions ont leurs fondamentalistes d’ailleurs, juifs et chrétiens inclus.
Ce n’est pas propre aux grandes religions non plus, car même de petites sectes
peuvent être fondamentalistes ou le devenir, parfois même davantage que de
grandes religions, car beaucoup plus fermées sur elle-même! Il y a aussi des
fondamentalismes politiques. Pensons au
régime nord-coréen par exemple. Des fondamentalismes, il y en a autant qu’il y
a d’idéologies! C’est dire qu’il peut y en avoir beaucoup. Parfois, deux ou
plusieurs fondamentalismes peuvent
s’unir pour en former un nouveau, comme religion
et politique se sont unies dans le sionisme. Mais, ce ne sont pas tous les
juifs qui sont sionistes faut-il le rappeler! (Rabkin, Yakov M., 2004, L’opposition juive au sionisme,
Québec : Les presses de l’université Laval)
3. Radio-Canada.ca/Nouvelles/International, « Crise en Iran :
Téhéran
sermonne l'Occident »,
mercredi 24 juin 2009 : www.radio-canada.ca/nouvelles/International/2009/06/24/002-iran-durcit-ton-occident.shtml
4. Même si j’ai mes
croyances, je suis pleinement conscient que ce sont des croyances. De toute
façon, en matière de Dieu, de religion et de spiritualité tout est
croyance : on croit en l’existence ou la non-existence de Dieu ou d’une
force quelconque, car on n’a pas de preuves ni dans un sens ni dans l’autre.
Que des questions philosophiques, théologiques et existentielles? On peut alors
se demander qui a créé l’univers, si ce n’est Dieu? Mais, on peut aussi se
demander qui a créé Dieu? Et
pourquoi Dieu, l’univers ou l’Homme ne se seraient-ils pas créés seuls? Autocréation
ou évolution à partir d’une poussière céleste qui serait Dieu? Mais, d’où
venait cette poussière?
S’il faut absolument qu’une
chose soit créée pour exister, ce que disent certains, alors, qui a créé Dieu
et qui a créé celui qui a créé Dieu? D’où venait cette particule divine ou
cette poussière céleste d’où tout est parti? Énigmes sans fond! Pourquoi Dieu n’aurait-il
pas créé les Hommes à son image et les Hommes n’auraient-ils pas créé un Dieu,
ou des dieux, par besoin ou pour atteindre leurs fins? De là à créer son propre
Dieu, il n’y a qu’un pas qui fut franchi plus d’une fois déjà, que ce soit
individuellement ou collectivement, pour des raisons spirituelles, de
bien-être, de cohésion sociale ou de politique! Toutes les raisons sont bonnes
d’avoir un Dieu à son image. Bref, Dieu, la foi, les religions et la
spiritualité sont de l’ordre des croyances et non de la science, n’en déplaise aux
fondamentalistes de toutes religions, tendances ou croyances. Dieu, une belle
énigme qui n’a pas fini de faire parler! Certains ont même écrit qu’il était
mort, façon de résoudre cette énigme de la création par un Dieu qui ne serait
plus! C’est le cas de Nietzsche dans « Ainsi parlait Zarathoustra » (1998
[1883-5], France: Maxi-poche classiques étrangers).
5. Je pense ici à quelques philosophes, théologiens
et exégètes de toutes tendances et confessions religieuses qui soient, même
sectaires!
Quelques
hyperliens à suivre vers les événements iraniens, avec la coopération de Luc
Chaput :
Élection iranienne sur Google actualités:
www.google.com/news?pz=1&ned=fr&hl=fr&q=élection+iranienne
Iran sur Radio-Canada :
www.radio-canada.ca/nouvelles/International/2009/02/10/004-iran-accueil-intro.shtml
The
independant :
www.independent.co.uk/news/world/middle-east/
Robert Fisk :
www.independent.co.uk/opinion/commentators/fisk/
Moyen-Orient sur le Courrier international :
www.courrierinternational.com/categorie/moyen-orient
Aljazeera.net
(english):
Tehran times:
Et sur Twitter :
http://twitter.com/persiankiwi
http://twitter.com/mousavi1388
(Source: www.radio-canada.ca/nouvelles/surLeWeb/2009/06/16/)
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Societas Criticus, revue de critique sociale et politique,
Vol. 11 no 4, Éditos : www.societascriticus.com
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La fausse nation : en voilà la preuve!
Michel Handfield
19 juin 2009
En juillet 2006, j’écrivais un texte
sur la question de la nation québécoise. (1) Pour moi, cette notion de nation,
avec laquelle on faisait tant de tapage, ne voulait pas dire grand-chose
quoiqu’en disaient le Bloc québécois et le PQ à l’époque. Maintenant, on a la
preuve « en pleine face »
comme le chantait jadis Harmonium. (2)
Si la nation se définit d’abord par
l’occupation d’un territoire, alors les groupes anglophones et d’autres
cultures doivent avoir leur place aux fêtes nationales, car ils habitent le
territoire. Ils font partie de la place. C’est la nation géographique qui se
confond aux frontières du Québec. N’y auraient cependant pas droit des
chanteurs francophones d’autres territoires s’ils n’habitent pas ici. Cette
nation est territoriale et n’est rien d’autre, finalement, qu’un autre nom pour
définir la province. On pourrait avoir la nation ontarienne ou la nation
albertaine au même titre que la nation québécoise par exemple! Un bel emballage
tout simple, mais on a oublié de regarder ce qu’il y avait à l’intérieur!
En fait, on peut même demeurer
québécois, sous emballage canadien, avec cette notion de nation si on en décide
ainsi. C’est ce que font les premières nations par exemple, car les nations
ethniques, sociologiques, politiques et
territoriales peuvent cohabiter et se chevaucher sans être mutuellement
exclusives, ni totalement inclusives, dans un même espace géographique comme
l’est le Canada! C’est une question de force du groupe. Les plus forts
conservent ainsi leurs caractéristiques distinctives alors que les autres sont
assimilés avec le temps aux plus forts. Cela n’empêche cependant pas les
emprunts, car tout groupe social emprunte et donne à ceux avec qui il
interagit. C’est une caractéristique propre aux groupes sociaux et aux Hommes
en général.
Si la nation québécoise définit par contre un
groupe homogène, ayant des valeurs communes, c’est autre chose. Toutes
personnes partageant ces valeurs sont invitées à la fête nationale, car elle
n’est plus synonyme de territorialité, mais de groupe social. Ces valeurs
peuvent être linguistiques, sociales, religieuses ou politiques par exemple. On
peut penser ici au partage de la langue française comme on peut penser à
l’appartenance à la communauté hellénique pour la fête de la Grèce! De là,
cependant, vient la confusion, car si
est québécois toutes personnes habitant le Québec, comment on peut dire que la
fête nationale ne concerne que les Québécois francophones? C’est que la fête
nationale vient de la St-Jean-Baptiste, fête des Canadiens français. C’était
une fête ethnique et religieuse. La St-Jean pouvait ainsi unir tous les
canadiens français et leurs descendants, même ceux établis hors du Canada comme
les Franco-américains. On pouvait donc les inviter à se joindre à nous dans
cette grande fête de la nation canadienne-française. Mais, on ne parlait pas
d’une fête du Québec. En parlant d’une fête du Québec, cela doit inclure les
Québécois de toutes origines à moins de revenir
à la fête des Canadiens français à laquelle seraient conviés tous nos
amis québécois… en français d’abord! Mais, s’ils veulent nous en pousser une ou
deux dans leurs langues, entre amis ça se fait!
Cependant, comme les nationalistes
ne peuvent accepter l’étiquette de Canadiens, ils ne peuvent pas davantage
accepter celle de l’ethnie canadienne-française. Ils doivent donc se
contorsionner pour faire une fête des Québécois qui concerne d’abord les
Canadiens français tout en se montrant inclusive sans laisser de place à
l’anglais, même s’il est du Québec! Ça en devient parfois gênant. Quant aux
autres ethnies, on les accepte les bras grands ouverts, car on en a besoin pour
gagner un éventuel référendum sur la souveraineté! Puis, on aime bien la
musique du monde. Pourtant, ça doit bien inclure de la musique anglophone si je
me fie à ce que les radios diffusent. Il faut même des quotas pour empêcher les
radios francophones de trop diffuser de musique anglaise, car on en demande et
en redemandons encore plus! Toujours plus! On est donc carrément dans nos
paradoxes avec cette fête nationale, ce qui donne une fête qui n’a plus de
sens. Alors, fêtons plutôt Montréal! C’est même ma nation, car je me sens bien
plus montréalais que québécois, ce depuis plusieurs années.
Avis :
Ceux qui croient que j’ai écrit ce texte parce que
je m’appelle Handfield se trompent, car je suis francophone. Francophone au
point de me faire dire que je ne suis pas assez « fluent » en anglais pour certains emplois! C’est t’y assez
francophone pour vous?
Notes :
1. Quelle notion
que la nation?, Societas Criticus Vol 8 no 4, section Dossier/Essai
2. Chanson de l’album « Les cinq saisons » d’Harmonium (1975).
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Societas Criticus, revue de critique sociale et politique,
Vol. 11 no 4, Éditos : www.societascriticus.com
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Pas à
n’importe quel prix, mais des compromis sont possibles!
Michel Handfield
19 juin 2009
La réfection de la centrale
nucléaire de Gentilly-2 d’Hydro-Québec a fait objet de quelques oppositions
(1), mais de peu de débats. Certainement moins que la crise des isotopes dont
on entend beaucoup parler! Alors que ceux-ci sont nécessaires en médecine
moderne, le Canada « sortira
[pourtant] progressivement de l'industrie pour laisser la place aux concurrents
étrangers » a dit le premier ministre Harper dernièrement! (2) Ma
question est donc :
Pourquoi ne pas profiter des rénovations
de Gentilly II pour en faire un lieu de production d’isotopes puisqu’ils sont
si nécessaires et si peu produits?
Quant aux profits, ils pourraient
être réinvestis dans notre système de santé! Ce n’est cependant qu’une
suggestion, car n’étant pas un spécialiste de la question, il y a peut-être des
facteurs techniques, de coûts ou de sécurité qui rendraient cette aventure
hasardeuse et que je ne connais pas. J’en conviens, mais avant toute chose, il
faudrait examiner cette possibilité vu la crise des isotopes médicaux dans
laquelle on est actuellement plongé.
C’est ma suggestion, car je crois qu’il y a
une différence entre faire de l’énergie nucléaire, énergie qu’on peut aussi
obtenir autrement (3), et faire des
isotopes médicaux en plus de l’énergie produite par le nucléaire. C’est là une
nuance importante que les environnementalistes devraient considérer. Je crois
que s’ils ne le comprennent pas, une vaste majorité de la population ne serait
pas contre le fait qu’on regarde attentivement cette avenue. La balle est donc
relancée! A Hydro-Québec et au gouvernement de la saisir au bond.
Notes:
1. Michel Duguay, Michel Fugère, et Pierre Lambert,
Pourquoi la centrale nucléaire Gentilly-2
devrait être fermée, Alternatives, mercredi 26 novembre 2008: www.alternatives.ca/article4164.html
2. Hélène Buzzetti, Finis, les isotopes made in
Canada, Le Devoir, Édition du jeudi 11 juin 2009 : www.ledevoir.com/2009/06/11/254490.html
3. On peut toujours faire de l’énergie autrement ou
réduire notre consommation, puisque Gentilly 2 ne « représente [que] 3 % du parc de production d’Hydro-Québec »,
ce qui est peu. (www.hydroquebec.com/gentilly-2/index.html)
Autres Hyperliens :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Centrale_nucl%C3%A9aire_de_Gentilly
www.urgencenucleaire.qc.ca/centrale.php
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Societas Criticus, revue de critique sociale et politique,
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Vol 11 no 3
Societas Criticus, revue de
critique sociale et politique, Vol. 11 no 3, Éditos :
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Est ce que la croyance est un droit?
Michel Handfield (8 juin 2009)
Depuis
plusieurs mois on débat de la religion à l’école comme étant un droit. On
croyait pourtant la question réglée avec la déconfessionnalisation des
commissions scolaires, en 1997, qui devinrent linguistiques. Cependant, la loi
laissait les écoles confessionnelles. (1) Ce ne sera qu’en 2005 que Québec
annoncera « qu'il n'y aura plus
d'enseignement religieux confessionnel à compter de l'automne 2008. » (2)
Un nouveau « programme d'éthique et
de culture religieuse » (3) prendra la place des anciens cours de
religion et de morale, mais obligatoire pour tous! (4) Les enfants seront
exposés à un topo généralisé des religions peu importe la foi de leurs parents.
Là, des parents diront leurs droits brimés, l’éducation de la foi étant leur
responsabilité. Mais, l’éducation
générale n’est-elle pas celle de l’école?
Attention, pour
comprendre, il y a au moins un a priori : la croyance religieuse, ce n’est
pas un droit, mais une liberté! L’article 2 de la Charte canadienne des droits et libertés (5) et est très clair sur
le sujet :
« Chacun a les libertés fondamentales suivantes :
a) liberté de conscience et de religion;
b) liberté de pensée, de croyance, d'opinion et d'expression, y
compris la liberté de la presse et des autres moyens de communication;
c) liberté de réunion pacifique;
d) liberté d'association. »
Quant à l’article 3 de la Charte des droits et libertés de la personne
du Québec (6), il va comme suit et est tout aussi limpide :
« Toute personne est titulaire des libertés fondamentales telles la
liberté de conscience, la liberté de religion, la liberté d'opinion, la liberté
d'expression, la liberté de réunion pacifique et la liberté d'association. »
La religion est
donc une liberté. Alors, comment juger de la place de l’enseignement religieux
à l’école? Comme pour les autres libertés et croyances tout simplement.
Comparons!
Comme c’est de
l’école dont on parle ici, prenons une comparaison scolaire. Si on veut savoir
comment conjuguer un verbe en « er », comme aimer par exemple, on
peut prendre un verbe en « ir », comme finir, pour en vérifier la conjugaison. Ainsi « j’ai
aimer » sera « j’ai aimé » puisqu’on ne dit pas « j’ai
finir », mais « j’ai fini ».
Alors, sur l’obligation de l’enseignement religieux que certains
revendiquent, vérifions avec l’enseignement d’une autre croyance :
l’horoscope! Enseigne-t-on l’horoscope à l’école par exemple? Peut-on
s’absenter d’un examen parce que l’horoscope du journal nous dit un matin que
« le capricorne est mieux de ne pas
donner de réponses aujourd’hui »? Non! Pourtant, l’horoscope est une
croyance au même titre que la religion. Des leaders du monde d’aujourd’hui
consultent leur astrologue comme d’autres le curé. (7) Alors, l’une comme
l’autre s’équivalent. Mais, l’une comme l’autre ne devraient pas avoir un accès
privilégié à l’école puisque ce sont des croyances, pas de la science!
On ne devrait pas
pouvoir empêcher un enfant d’apprendre la science ou l’histoire parce que les
parents croient que la science est une invention romanesque; que Darwin est un
« cave »; que la terre est
plate; ou que l’histoire va contre leurs croyances que la terre n’a que 10.000
ans! (8) On ne devrait pas non plus poursuivre ce jeu religieux en enseignant
la religion ou l’éthique et la culture religieuse à l’école. Du moins, pas sous
la forme d’un cours consacré à cette seule matière. Ainsi, on ne heurte plus
les croyances, car on les met à leur place hors de l’école, et on instruit les
enfants.
Par contre, il
n’est pas dit que les enfants, vivant dans un monde de plus ouvert, ne doivent
pas savoir de quoi il s’agit en matière de croyances religieuses, que ce soit
celles de leurs parents ou des autres, car ces croyances ont un impact social
et politique important même dans un monde dit déconfessionnalisé. On le voit
par les débats qui traversent nos sociétés modernes que ce soit ici ou
ailleurs. Il suffit de regarder les nouvelles pour le comprendre. Comme on
parle ici de croyances qui ont influencé l’histoire et qui influencent encore
la politique dans certaines régions du monde, on devrait intégrer cela aux
cours d’histoire et de géographie, où cela aurait davantage sa place, car cela
enlèverait la charge religieuse et émotive qui demeure autour de ce terme de
religion dans un système qui se dit – et se veut – laïque et ouvert. (9) Quant
à la partie éthique et citoyenne on devrait faire un nouveau programme sur ce
sujet : Vie sociale ou Société 101 par exemple!
En conclusion, on
ne peut brimer le droit à l’éducation de l’enfant pour les croyances des
parents, même si « Les parents ou les personnes qui en tiennent
lieu ont le droit d'assurer l'éducation religieuse et morale de leurs enfants
conformément à leurs convictions, dans le respect des droits de leurs enfants
et de l'intérêt de ceux-ci. »
(10) Mais, il ne faudrait pas oublier les derniers mots de cet
article : « l'intérêt de ceux-ci », ce qui ne va pas
nécessairement avec les croyances des parents. Ils doivent donc avoir une
éducation plus large et neutre à l’école qu’à la maison dans leur propre
intérêt. Aux parents de leur enseigner des balivernes s’ils le veulent, mais
ils ne doivent pas imposer à l’école de les enseigner à leur place ni les
retirer du cursus éducatif au nom de ces croyances, car ce ne sont que des
croyances! Au moins, s’ils ont une bonne éducation à l’école, ils pourront
toujours choisir en connaissance de cause plus tard. L’école doit former des
citoyens, pas des crédules! Moi aussi j’ai des croyances, mais j’ai aussi des
doutes, car je suis conscient que ce ne sont que des croyances. C’est ce qui
fait que je mettrais cet avis sur toutes les églises : « Attention, le danger croit avec
l’usage! » Comme pour la cigarette, car parfois la religion peut
devenir aussi nocive. C’est là qu’on voit la nécessaire séparation de l’État et
de l’église quelle qu’elle soit! Et cela commence en éliminant l’enseignement
religieux de l’école sans compromis, ce qui inclut de mettre fin aux écoles
confessionnelles même privées.
Notes :
1. Claude Gauvreau, Éthique et culture religieuse à l'école
(au sujet du livre de Georges Leroux, « Éthique, culture religieuse, dialogue », paru chez Fides), in
Journal L'UQAM, vol. XXXIV, no 8 (7 janvier
2008) : www.uqam.ca/entrevues/2008/e2008-003.htm
2.
Ibid.
3.
Ibid. Pour connaître ce
programme : www.mels.gouv.qc.ca/sections/ecr/pdf/EthiqueCultRel_Primaire.pdf.
5. http://lois.justice.gc.ca/fr/Charte/index.html
6. Charte des droits et
libertés de la personne : http://www2.publicationsduquebec.gouv.qc.ca/dynamicSearch/telecharge.php?type=2&file=/C_12/C12.HTM
7. « Politiques, artistes, financiers, stars des médias, patrons... personne
ne résiste à ces gourous des temps modernes. A tort ou à raison? » Voilà la présentation de cet article
étonnant de Marie Huret : « L'étonnante
influence des astrologues » publié le 07/12/2000 dans l’express et que nous retrouvons encore sur le site de cette revue
: www.lexpress.fr/informations/l-etonnante-influence-des-astrologues_640693.html
8. Je suis convaincu, même, que
certains parents auraient dû avoir une meilleure éducation scientifique plutôt
que religieuse. Les choses n’en seraient que
mieux!
9. La même chose est vraie de
l’horoscope. Si un personnage historique ou un homme politique avait un
astrologue, c’est le cours d’histoire que cela regarde. Si c’est un personnage
contemporain qui est reconnu pour avoir recours à ce genre de conseiller, c’est
alors le cours de géographie que cela concerne si on y parle de lui. Mais, on
n’en fera pas pour autant un cours sur l’astrologie pas plus qu’on devrait en
faire un cours sur la religion.
10. On ne retrouve pas cet article
dans la charte canadienne, car l’éducation est de compétence provinciale. C’est
donc la charte québécoise (voir note 5 pour la référence) qui devrait avoir
préséance ici, surtout que les deux chartes reconnaissent que la religion est
une liberté de croyance, pas un droit.
Hyperliens :
Historique de la
déconfessionnalisation des écoles québécoises (Source : Soleil - 18 mars 2006, page D-2) repris avec la
permission du journal sur
www.paroissendf.ca/Doc/060318_Sol-Deconfession.pdf
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L’action bénévole… une bonne
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Michel
Handfield
24 mai 2009
Du 19 au 25 avril dernier c’était la
semaine d’action bénévole. (1) Nous l’avions affiché sur notre page calendrier.
A cette occasion nous avions été invité à une conférence de presse des « bénévoles d’affaires », mais nous
n’en avions pas parlé, pris par d’autres événements.
Comme les artistes et artisans du
milieu culturel sont souvent des entrepreneurs qui s’ignorent et les
entrepreneurs des artistes qui ne savent pas qu’ils le sont, la Chambre de
commerce a eu une initiative heureuse pour établir des liens entre eux :
faire un réseau pour mailler des gens d’affaires à des artistes selon leurs
besoins. C’est là une aide précieuse aux milieux culturels. Pensons au théâtre
qui voit un spécialiste du marketing ou du financement rejoindre bénévolement
son C.A. Cela apparaît fort intéressant et mérite d’être souligné. Nous avons
donc fait une rubrique « implication
communautaire » sur notre page Ressources, où
vous trouverez ce lien et d’autres qui s’y ajouteront avec le temps.
Mais, la question que cela a soulevé
au délinkan intellectuel que je suis est la suivante : Est-ce que cela
pourrait aussi être fait dans l’autre sens? Des artistes pour aider les gens
d’affaires – et parfois de la politique – car bien des fois ces milieux
auraient besoins de créativité artistiques! Ce serait comme un petit
« plus » qui pourrait les aider eux-aussi. Prochaine étape peut être,
ce qui s’insérerait très bien dans la suite du livre de Patricia Pitcher,
« Artistes, artisans et
technocrates » (1994, Montréal:
HEC-Québec/Amérique) qui a pris de l’âge, mais n’a pas vieilli tant que cela
non plus. A suivre.
Note :
1. Voici les prochaines dates :
18 au 24 avril 2010
17 au 23 avril 2011
15 au 21 avril 2012
Hyperliens :
Voir notre page Ressources :
www.societascriticus.com/ressources.html
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Vol. 11 no 3, Éditos : www.societascriticus.com
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critique sociale et politique, Vol. 11 no 3, Éditos :
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Michel Handfield, éditeur de Societas Criticus
13 avril 2009
Cette
nuit, vers 1 heure du matin, nous a quitté une collaboratrice ailée qui se
tenait souvent sur mon épaule, me mordant l’oreille lorsqu’elle me trouvait
dissipé devant mon ordinateur. 15 ans qu’elle m’accompagnait, étant là quand je
cogitais l’idée de faire Societas Criticus. Informée, elle comptait parmi les
auditrices de Radio-Canada, écoutait le téléjournal, des émissions de sciences
et des DVD choisit par l’éditeur. Elle n’aurait pas coupé les budgets de la
Société Radio-Canada ni à l’exportation de la culture. Bref, elle aurait dû se
mériter le droit de vote, car elle était plus informée que certaines gens qui
croient davantage aux histoires religieuses et à l’horoscope qu’à la science. (1) Ce n’est pas peu dire.
Cela montre tout le chemin à parcourir pour sortir d’un certain obscurantisme
qui existe encore, surtout quand un oiseau est plus informé qu’un ministre
conservateur, soit le ministre d’État aux Sciences et à la Technologie du
Canada, Gary Goodyear, « qui refuse
depuis quelques jours d'admettre clairement que la théorie de Darwin sur
l'évolution est la théorie qui explique les formes de vie sur terre, laissant
l'impression qu'il est plutôt créationniste. » (2)
Qu’ajouter à cela, sauf salut Bozo.
Tu me manqueras dans ce monde où l’obscurantisme religieux et conservateur
passe comme un gros nuage au dessus de nos têtes. Toi, tu étais un oiseau
brillant. Je ne peux en dire autant de
certaines gens qui nous gouvernent. Si vous êtes un ou une idéologue de Dieu ou
politique, qui connaissez la bible sur le bout de vos doigts, mais ne
connaissez ni Marx, ni Diogène, passez votre chemin et ne sonnez pas à ma porte
pour me conter vos histoires, car vous écouter serait faire injure à la mémoire
de cet oiseau qui avait plus de savoirs que vous.
Notes :
1. Moi aussi j’ai des croyances, mais je suis
conscient que ce sont des croyances. Alors, j’ai toujours une certaine dose de
doute et de scepticisme qui m’accompagne. Parfois, je me demande si certains
prophètes respectés de ma propre tradition religieuse (catholique) ne seraient
pas sous médication aujourd’hui, car ils attendaient la voix de Dieu ou de ses
anges aux endroits les plus insolites et improbables, n’en déplaise aux
fondamentalistes, même chrétiens. J’ai donc des doutes, je suis de gauche, mais
j’ai une certaine foi et je ne l’abdique pas, car je ne peux me résoudre à
laisser la foi aux seuls fondamentalistes et idéologues de droite, trop sûrs
d’eux et dangereux pour cette seule raison. Si on a crucifié Jésus, c’est peut
être qu’il était révolutionnaire. Ne disait-il pas « aimez-vous
les uns les autres » comme Marx dira plus tard « unissez-vous! »
2. Lina Dib de La Presse Canadienne, Ottawa, Des communicateurs scientifiques réclament
la démission du ministre Goodyear, in cyberpresse.ca, 19 mars 2009 :
Sur le même sujet, voici une autre citation, du
Devoir celle-là :
« Le ministre d'État aux Sciences et à la
Technologie, Gary Goodyear, ne devait pas s'attendre à ce qu'une entrevue au
Globe and Mail le plonge dans pareil embarras. Cependant, en refusant de dire
ce qu'il pensait de la théorie de l'évolution parce qu'il considérait ne pas
avoir à répondre de ses croyances religieuses, ce fervent évangéliste et
créationniste s'est retrouvé au cœur d'une polémique. Une vraie tuile pour le
gouvernement, qui tente de démontrer que son budget ne néglige pas le soutien à
la recherche. » (Manon Cornellier, Revue
de presse - Cocktail explosif, Le Devoir, Édition du samedi 21 et du
dimanche 22 mars 2009 : www.ledevoir.com/2009/03/21/240902.html)
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critique sociale et politique, Vol. 11 no 3, Éditos :
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Vol 11 no 2
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Temps de
crise, temps d’éduquer!
Michel Handfield
25 février 2009
Dans le premier film du Che
(sur ses années Cuba) dont nous parlons dans notre section cinéma, il
insiste continuellement sur l’importance de l’éducation pour ne pas être
manipulé. Il répète continuellement aux gens qui veulent s’enrôler avec eux
qu’il est aussi important d’apprendre à lire et à écrire que de prendre les
armes. L’éducation conduit à une certaine forme de liberté pense-t-il.
Mais,
pour avoir une éducation qui conduit à la liberté, il faut une éducation
humaniste, scientifique et critique. Parfois, l’éducation est aussi
idéologique. Pensons à l’éducation religieuse dans certains pays :
conduit-elle à la liberté ou à reproduire une certaine forme d’asservissement?
Poser la question, c’est un peu y répondre. Qu’est-ce ce que l’école fait? Voilà
la question.
Même ici, l’école
vise souvent à fournir de la main-d’œuvre aux entreprises plutôt qu’à former
des esprits libres! Des formations plus légères sont même dessinées pour
répondre aux besoins des entreprises en main-d’œuvre sans avoir à suivre la formation
générale plus complète. C’est le cas de l’attestation d’études collégiales
(AEC) au lieu du diplôme d’études collégiales (DEC), qui ouvrirait sur des
perspectives plus critique avec les cours de philosophie par exemple. On réduit
l’éducation à de l’enseignement utile parfois. Façon de faire des automates
plutôt que des êtres libres!
Le Che avait
raison sur un point: il faut apprendre à lire et à écrire, car ce sont les
outils qui permettent d’aller voir autre chose. Mais, pour cela, faut-il en avoir
le goût ou avoir appris à le faire. Puis, si toutes les valeurs sont égales, on
défend quoi? On s’y retrouve comment?
D’où l’importance de l’éducation populaire.
En cette période morose au plan
économique, pourrions-nous revenir à plus de contenu dans l’éducation au sens
large. Redévelopper l’éducation aux
adulte et l’éducation populaire tant dans les commissions scolaires que les
cégeps? Ouvrir le milieu à d’autres spécialistes que les seuls pédagogues? Oui,
il en faut des pédagogues, mais l’éducation ne se réduit surtout pas à la
pédagogie. Socrate, Aristote ou Platon ont traversés le temps sans être formé à
cette école. Donc, oui à la méthode, mais encore faut-il élargir les contenus.
Si on ne peut le faire dans le cursus scolaire régulier, on devrait au moins le
faire à l’éducation des adultes et en éducation populaire.
En ce temps de morosité économique
et de pertes d’emplois, c’est justement le temps d’investir en éducation :
« Pis
encore, un portrait tracé par la Commission scolaire de Montréal (CSDM) montre
que, parmi les élèves admis au secondaire en 2002, la proportion des élèves qui
ont fui les bancs d'école a dépassé celle des diplômés (40,7 %) après cinq ans. »
(1)
Attention, investir en éducation, ce
n’est pas qu’une question d’argent. C’est peut être de changer le modèle unique
qui est en place et qui ne semble pas donner les résultats auxquels on serait
en droit de s’attendre : 60% des élèves qui fuient les bancs de l’école,
c’est un échec. Il faut peut être changer l’approche. Offrir plus de modèles
que l’approche unique. « One tall,
fit all » ça fonctionne peut être bien pour les T-shirts, mais pas
pour l’éducation. Ce n’est pas l’idée du siècle! (2) On doit ouvrir l’éducation
à d’autres penseurs que les seuls pédagogues patentés vu les problèmes actuels
en ce domaine. L’éducation, c’est aussi social et politique.
On doit penser l’éducation comme
étant davantage qu’utile. Former en vue des besoins du marché du travail, c’est
à courte vue, car le marché du travail suit des modes et des cycles. Devant un
changement de mode ou de cycle, on fait quoi avec ceux qui ont été formé pour
ce qui n’est plus?
Il faut former autrement. Montrer à
apprendre et à être autonome; à penser et à être créatif! C’est là que le
citoyen sera le moins vulnérable à un marché de l’emploi changeant, car il
pourra s’adapter ou créer. Faire autre chose ou autrement. Par contre, ça peut
aussi faire un citoyen plus conscient et plus exigeant face à ses élites. C’est
peut être cela qui plait le moins et qui fait qu’on évite cette voie trop
exigeante pour les dirigeant, car ils seront « challengés » par des
citoyens conscients, avisés et informés qui sauront lire entre les lignes.
En attendant, l’élite envoie ses
enfants dans les meilleures écoles privées ici et, parfois, à l’étranger
pendant que les autres ont une école qui ne peut même plus retenir ses enfants.
Pourtant, dans une pouponnière, qui pourrait dire la différence entre tous ces
bébés, qu’ils viennent de ville Mont-Royal, du quartier St-Michel, de Ste-Foy
ou d’Hull? Mais, le milieu (3) et l’éducation feront que l’un sera peut être
président de banque ou chirurgien pendant que l’autre livrera des commandes en
vélo ou passera des circulaires de porte en porte! On dit que la lutte des
classes est terminée au sens marxien du terme, mais la lutte des meilleures
classes est commencée! Le rang est affaire de savoirs dans la société
post-industrielle (4) et l’école se spécialise, l’une formant l’élite, l’autre
la main-d’œuvre! Ceux qui refusent le système ou n’ont pas les moyens de
changer de voie, c'est-à-dire de passer au privé ou, au minimum, dans une école
publique plus élitiste, comme les quelques écoles à vocation internationale ou
alternatives du régime public par exemple, sont peut être plus susceptibles de
décrocher, car le décrochage touche non seulement les cancres, mais aussi les
« bollés »! Puis, qui dit que les cancres ne sont pas des
« bollés » en puissance que l’école ne peut tout simplement pas
aider? (5) Suffirait parfois de les prendre autrement.
Il faut donc revoir nos modèles pour
donner des chances égales à l’éducation, surtout dans un monde qu’on dit du
savoir. Et, l’éducation populaire en est
un, car en améliorant l’éducation des parents, on accroitra les chances de
réussites des enfants. Encore faut-il y investir.
Notes :
1. Isabelle Paré, Lutte contre le décrochage scolaire - La CSQ réclame un sommet, Le
Devoir, édition du lundi 16 février 2009 : www.ledevoir.com/2009/02/16/234038.html
2. Sur le sujet vous renvoyons à nos textes « Parlons d’éducation : de la pénurie de
personnel enseignant aux problèmes scolaires, une réflexion s’impose »
(Societas Criticus, revue de critique sociale et politique, Vol. 9 no 4,
Essais) et « Enseigner, les suites! »
(Societas Criticus, revue de critique sociale et politique, Vol. 9 no 7,
Essais) qui sont deux de nos textes importants sur le sujet de l’éducation.
3. « Tout le
monde convient que le facteur socio-économique est déterminant. Un élève
inscrit à une école de Westmount a presque sept fois plus de chances de
terminer son secondaire que son camarade de Pointe-Saint-Charles. » (Michel David, L'école à deux vitesses, Le Devoir, édition du mardi 10 février 2009)
4. Je pense ici à un
livre que j’ai lu au début de mes études universitaires : Touraine, Alain, 1969,
La société post-industrielle, Paris:
Denoël, coll. Médiations.
5. Autre livre sur l’école à lire : Pennac,
Daniel, 2007, Chagrin d’école, France
: Gallimard nrf, Collection blanche
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Vol 10 no 6
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Michel Handfield, éditeur, pour Societas Criticus
29 novembre 2008
En cette année ou les placements ont
fondu plus vite que neige au soleil, mais que l’espoir est apparu sous la forme
d’un nouveau leader aux États-Unis, qu’écrire pour les fêtes.
Le temps impose une certaine sobriété. Une
refondation du monde sur des valeurs sûres. J’ai nommé la culture et le savoir,
car ils traversent le temps. Mozart, Brassens, Socrate, Zola, Chaplin, Arcand,
Sol ou Homère, pour ne nommer que ceux-là, peuvent être encore très
contemporains et nous « parler » droit dans les yeux! On peut les
revisiter.
Culture et savoirs, ce sont les
fondations sur lesquelles on doit construire l’avenir. Elles sont créatrices de
valeurs : valeurs humaines et d’échanges qui ne peuvent que faire avancer
le monde. Elles sont englobantes aussi, car l’écologie et l’environnement ne
leurs sont pas étrangères. Quant à l’éducation, c’est leur fille! Encourageons
là!
Peu importe la spéculation, elles
sont là, parfois gratuites sous la forme
d’une idée qui ne demande qu’à se réaliser avec de l’entraide. La coopération,
tant locale qu’internationale, en est! Culture et savoirs sont à la base de
tout et produisent peu de déchets contrairement à d’autres produits de
consommation, mais laissent une trace durable dans la mémoire. Cette année
partageons culture et savoirs, car ça n’a pas de prix!
Pour ceux qui trouvent que c’est
cher la culture ou qui ne savent pas comment faire, soulignons qu’il n’en coûte
souvent pas plus cher d’aller à l’OSM,
au théâtre, au cinéma, à un spectacle ou
d’acheter un livre, que de s’offrir, ou d’offrir à quelqu’un, une bébelle dont
on se lassera souvent rapidement. On la mettra alors de côté ou on l’échangera,
quand on ne la mettra pas tout simplement au bac de recyclage ou, pire, à la
poubelle!
Puis, pour ceux qui ont moins de
moyens, plusieurs villes offrent des spectacles de qualité, que ce soit
gratuitement ou à faible coût. Des classiques de la pensée et de la littérature
sont disponibles sur internet. A votre bibliothèque, vous trouverez des
best-sellers, mais aussi des jeux, du moins dans les grands centres. Si vous ne
voulez pas donner la dernière bébelle à la mode, pourquoi ne pas amener un enfant
ou une personne âgée de votre entourage à un spectacle ou à la bibliothèque de
son quartier par exemple, ne serait-ce que de temps en temps? C’est un cadeau
qui ne coûte rien, mais qui sera apprécié, car la solitude est le mal du
siècle. Donner de la présence, quel beau cadeau pour ceux qui sont seuls!
Quelle révolution dans nos sociétés de plus en plus individualistes. Une
véritable révolution culturelle!
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Societas Criticus, revue de
critique sociale et politique, Vol. 10 no 6, Éditos : www.societascriticus.com
D.I., Delinkan Intellectuel, revue
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10 novembre 2008
Il y a
quelques jours, Barack Obama a remporté la présidence États-Uniennes. Enfin, le
retour des démocrates après des années de conservatisme et de laisser faire des
marchés et de l’entreprise privée. De « government bashing », comme
si un gouvernement c’était la peste en personne; que des gens qui mettaient des
battons dans les roues des bons entrepreneurs. Sauf que, de bons entrepreneurs
à qui on dit qu’il n’y a plus de règles, ça peut aussi devenir des rapaces sans
scrupules. Le réveil a été brutal avec la crise financière qui est venue sonner
les cloches de la bourse en pleine campagne électorale chez notre voisin du
sud! Une bonne chose pour Obama que l’on qualifiait jusqu’alors de communiste
parce qu’il prônait un peu plus d’État. Mais, on n’en est pas à nos libéraux
les plus connus (1); loin du NPD (Canada)
ou du Parti socialiste français! On est face à un progressiste
conservateur, mais qui parait de gauche face aux républicains, ultraconservateurs et
ultrareligieux, qui ont occupé la maison blanche ces dernières années avec
George W. Bush comme Président. C’est
tout un changement pour nos voisins du Sud, mais on est encore loin de la
social-démocratie. Parler d’assurance santé publique est révolutionnaire aux États-Unis, royaume de
l’entreprise privée et de l’individualisme, alors que ça fait plus de 40 ans
que ça existe ici! Autre exemple : on ne remet pas en cause la peine de
mort, mais on verra à ce qu’elle soit plus sûre! (2) Et pour Israël, « Obama est allé plus loin. Je veux dire, il a même déclaré Jérusalem
capitale d'Israël » (3).
La véritable révolution est
ailleurs. C’est qu’Obama est le premier président des États-Unis d’origine
africaine; né d’un père kenyan et d’une mère états-unienne blanche! Ça, c’est une révolution dans ce pays où la
ségrégation a pris beaucoup de place dans l’histoire. Elle fut même la cause
d’une guerre intra-américaine, la guerre de sécession, au XIXe siècle. (4) On
parlait encore de ségrégation il y a quelques décennies à peine dans certains
coins des États-Unis et le racisme y est encore omniprésent. Cette élection du premier noir à la présidence des
États-Unis soulève donc de grands espoirs.
Démesuré?! On ne peut que lui souhaiter bonne chance, car on attend
beaucoup de lui. Trop, peut être! (5)
***
En passant, ce qui m’a le plus agacé
dans cette campagne, c’est toute la place qu’y a pris Dieu. Tout est jugé à
l’aune de Dieu, comme si le Président était en lien direct avec Lui. Il ne peut
pas prendre de mauvaise décision finalement, et s’il en en prend une quand
même, ce n’est jamais de sa faute, car c’est Dieu qui l’a inspiré. Alors, si une décision semble mauvaise, c’est
juste parce que nous ne connaissons pas les desseins que Dieu avait de la lui
faire prendre… Belle déresponsabilisation pour un peuple individualiste et
ultra croyant! J’ai hâte de voir si Barack
Obama va laisser Dieu dans son royaume et prendre ses décisions comme un Homme,
un vrai. Moi, j’abandonnerai la formule consacrée de « God bless
America ». Ce serait un premier pas dans le bon sens.
Un second signe de changement serait
de changer ce mode électoral qui consiste à voter pour des « grands
électeurs » qui votent à la place du peuple comme si le peuple n’avait pas
la compétence pour participer à une démocratie. Les États-uniens sont un peuple
en tutelle et Obama devrait changer cela, surtout que ce pays veut donner des
leçons de démocratie au monde entier. Avant de donner des leçons aux autres,
les États-Unis devraient revoir leur propre système électoral qui apparaît
colonialiste. Un anachronisme! Lui, qui a fait la campagne la plus près des
citoyens, par internet, devrait le comprendre. Reste à voir s’il a la volonté
et, surtout, le pouvoir de faire ce changement. Mais, le peuple a-t-il ce désir
de changer les choses? C’est peut être rassurant d’avoir un tel système. De
l’étranger, c’est une question à suivre.
***
Je lui souhaite bonne chance et
j’avoue que j’aurais voté pour lui moi aussi à défaut de partis plus à gauche.
Mais, s’il est sûr qu’il fera mieux que les républicains, beaucoup, beaucoup, restera
à faire, même après lui, pour amener ce peuple où plusieurs autres sont déjà. À
quand une gauche digne de ce nom parmi les choix possibles pour les électeurs
états-uniens? À quand le suffrage direct, au lieu de passer par de grands
électeurs, pour élire « The
President »? Il est temps que les États-Unis modernisent leur
constitution vu de l’étranger. Quand on veut être un modèle de démocratie dans
le monde, il faut offrir un modèle en vitrine. Rien de moins, mais l’élection
de Barack Obama est quand même un bon début.
Notes :
1. On est loin de Pierre-Eliot Trudeau, qui avait
pour ami Fidel Castro et qui a visité des pays communistes dans sa jeunesse.
Loin de René Lévesque qui a nationalisé l’électricité en 1963 alors qu’il était
ministre dans le gouvernement libéral de Jean Lesage au Québec (www.radio-canada.ca/actualite/zonelibre/03-04/electricite.asp); loin encore du gouvernement Lévesque de 1976,
péquiste, mais de pensée libérale par opposition au gouvernement Bouchard plus
tard, qui sera péquiste, mais de tendance conservatrice. C’est d’ailleurs à
Bouchard que je dois d’avoir découvert que j’étais d’esprit libéral, car je ne
pouvais résolument pas être d’accord avec ce gouvernement conservateur. On est
loin du plan vert de Stéphane Dion aussi.
2.
« We will end the dangerous cycle of
violence, especially youth violence, with proven communitybased law enforcement
programs such as the Community Oriented Policing Services. We will reduce
recidivism in our neighborhoods by supporting local prison-to-work programs. We
will continue to fight inequalities in our criminal justice system. We believe
that the death penalty must not be arbitrary. DNA testing should be used in all
appropriate circumstances, defendants should have effective assistance of
counsel. In all death row cases, and thorough postconviction reviews should be
available. » (THE
2008 DEMOCRATIC NATIONAL PLATFORM, RENEWING AMERICA’S PROMISE, p. 51)
3. Voici ce passage au complet,
tiré du Devoir:
« Si Barack Obama se présente comme un «agent de changement», John
Pilger, l'auteur du documentaire La guerre contre la démocratie, voit dans le
président élu «un homme du système». «Il n'y avait pratiquement aucune
différence entre John McCain et Barack Obama pendant la campagne électorale en
ce qui concerne la politique étrangère -- à vrai dire, Obama est allé plus
loin. Je veux dire, il a même déclaré Jérusalem capitale d'Israël, il a menacé
l'Amérique latine et il a paru, parfois, aller même plus loin que Bush»,
affirme John Pilger. » (Marie-Christine Bonzom, Après l'euphorie de
mardi, in Le Devoir, édition du samedi 08 et du dimanche 09 novembre
2008 : www.ledevoir.com/2008/11/08/214839.html)
4. Guerre de Sécession : http://fr.wikipedia.org/wiki/Guerre_de_sécession
5. A ce sujet « Gérard Roland, de l'université de Californie à
Berkeley, avertit qu'il «ne faut pas attendre des miracles, ni se faire
d'illusion, car les lobbys sont très puissants, et ces lobbys ont beaucoup
financé Barack Obama». » (Marie-Christine Bonzom, Op.
Cit.)
Hyperliens :
The
Democratic party: www.democrats.org/
THE
2008 DEMOCRATIC NATIONAL PLATFORM, RENEWING AMERICA’S PROMISE:
http://s3.amazonaws.com/apache.3cdn.net/8a738445026d1d5f0f_bcm6b5l7a.pdf
Biographie :
www.evene.fr/celebre/biographie/barack-obama-33426.php
http://fr.wikipedia.org/wiki/Barack_Obama
www.america.gov/st/elections08-french/2008/August/20080819143808cpataruk0.7587244.html
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d'actualité et de culture, Vol. 10 no 6, Textes ciné et culture :
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5
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De la
différence entre gouvernement libéral et conservateur
Michel Handfield
7 octobre 2008
Un gouvernement libéral est un gouvernement
qui croit à la cohabitation du public et du privé et à un certain
interventionnisme de l’État dans les sphères sociale, culturelle et économique
pour ne nommer que celles-là. Naturellement, cela implique des choix et des
décisions, parfois des mauvaises décisions que l’on peut toujours corriger
après coup. Cela implique aussi des fonctionnaires et des hauts mandarins,
certains parfois moins honnêtes que d’autres, ce qui fait qu’il y a toujours un
certain risque de comportements malheureux et de glissements malhonnêtes. Mais,
comme cela se passe dans un secteur public, donc scruté par tous et chacun, que
ce soit des citoyens, des politiciens ou des journalistes, il y a de fortes
chances que les comportements les moins opportuns soient dénoncés sur la place
publique et sanctionnés. C’est comme si vous étiez dans la rue. Il est plus
difficile de se cacher longtemps.
Inversement, un gouvernement
conservateur est un gouvernement qui croit au secteur privé davantage qu’au
secteur public. Pour eux, le privé est la solution aux problèmes de l’État.
Moins de risque de dérapage si le secteur public est faible. De toute façon, vu
la rationalité inhérente aux systèmes, le privé se mettra moins dans le
trouble. Il y a d’ailleurs beaucoup moins de scandales dans le privé que dans
le public disent-ils. Mais, quand il y en a, ils sont beaucoup plus
spectaculaires pourrait-on leur objecter! Pensons à Enron ou à la crise
boursière actuelle. En fait, le privé, c’est comme si vous étiez dans votre
maison ou votre chambre à coucher. On ne sait pas ce qui s’y passe jusqu’à ce
qu’il ait un problème grave et que la police ou les pompiers soient appelés en
rescousse. Ce n’est pas qu’il ne s’y passe rien, ni que c’est mieux; c’est que
c’est caché de la vue des autres.
Moi, j’aime mieux un système public,
avec ses risques de dérapage, mais que l’on peut voir et contrôler, qu’un
système privé, qui agit en secret et en catimini, car il échappe à la vue! Je
préfère donc un gouvernement libéral à n’importe quel gouvernement conservateur.
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« Assez de politique, c’est le temps de reprendre les affaires. »
(Expression
entendue dans un bulletin de nouvelle!)
Michel Handfield
4 octobre 2008
« Assez de politique, c’est le temps de
reprendre les affaires. » C’est que Wall-Street demande l’intervention
des gouvernements! Ils l’ont finalement eu le 3 octobre avec l’acceptation d’un
plan de sauvetage de 700 milliards de dollars par la chambre des représentants.
(1) Ce n’est pas rien. Mais, rappelez-vous, les marchés ne voulaient jamais
voir les gouvernements dans leurs affaires et surtout pas les réglementer, car
c’est du socialisme!
Désolé,
mais le laissez-faire, crédo des conservateurs, c’était de l’anarchisme! De
l’anarcho-capitalisme en fait! (2) Quant au socialisme, c’est quand l’État intervient
dans tous les marchés pour les contrôler artificiellement. Moi, je préfère un
certain libéralisme social, c’est-à-dire que si l’État intervient pour aider
certaines entreprises et son économie parfois, l’État intervient surtout pour
mettre des balises et faire savoir que tout n’est pas permis. Qu’il y a des
lois et qu’il doit y avoir de l’ordre sur les marchés. Que vivre en société
donne des privilèges, mais que viennent avec ceux-ci des responsabilités. (3)
On
ne peut, comme le font les conservateurs, demander aux citoyens d’être un
modèle d’ordre et de discipline, mais laisser les marchés tout faire au nom du
libre marché. D’ailleurs, le libre marché est la plus belle des hypocrisies
inventées à ce jour! En effet, le libre marché, c’est la liberté de commerce
entre deux personnes, deux entreprises ou deux États consentants. Selon ces
termes, deux personnes consentantes pourraient faire une transaction de drogue
ou sexuelle. Pourtant, les lois l’interdisent et ne comptez surtout pas sur les
conservateurs pour les abolir. Au nom de la morale, ils renforceraient plutôt
ces lois. Alors, comment peuvent-ils prétendre que l’État ne doit pas entraver
le libre marché? L’usage prouve hors de tout doute que les conservateurs
placent des entravent au marché, cela au nom de la morale. C’est notamment le
cas des drogues douces, question sur laquelle les libéraux étaient beaucoup
plus ouverts. (4) Naturellement, on présente ce combat sous des airs de santé
publique, sauf que combien de produits sont dangereux pour la santé et en vente
libre malgré tout; les entreprises productrices parfois même subventionnées! Si
on veut régler les problèmes de santé, aux drogues devraient s’ajouter toute
une liste de produits et de comportements interdits. Mais, là, les conservateurs
nous servent l’argument que l’État n’a pas à intervenir dans le privé! Double
discours, simple hypocrisie! Voilà ce que j’en pense.
Notes :
1. Deux textes
parmi d’autres à ce sujet :
Claude Turcotte, Plan Bush: le Congrès se résigne, Le
Devoir, Édition du samedi 04 et du dimanche 05 octobre 2008 : www.ledevoir.com/2008/10/04/209135.html
DAVID M. HERSZENHORN, Bailout Plan Wins Approval; Democrats Vow Tighter Rules, New-York
Times on line, October 3, 2008: www.nytimes.com/2008/10/04/...
2. En effet, dans un livre très intéressant sur l'anarcho-capitalisme, Pierre Lemieux
(1988) nome David Friedman, Robert Nozik et Murray N. Rothbard comme des théoriciens anarcho-capitalistes et Friedrich Hayek comme un penseur apparenté! Le même Hayek,
prix Nobel d’économie en 1974, est d’ailleurs considéré comme un des penseurs du néolibéralisme! (Bernard, 1997) Ceci
montre bien les relations assez intimes qu’il y a entre ce courant et le néolibéralisme. D’ailleurs, les anarcho-capitalistes
ont mis de l’eau dans leur vin et acceptent maintenant un État minimal attaché
à la « protection » des citoyens, avec une police et une armée forte
pour protéger leurs biens et leurs droits individuels, mais sans filet social
pour protéger l’intégrité humaine, car il ne faut pas entraver le marché ni
l’individu! On appelle ce courant le libertarisme. (Voir Arnsperger et Van
Parijs, 2000, pour plus de détails.) Les
républicains, aux Etats-Unis, et les nouveaux conservateurs canadiens, issus de
la fusion entre l’ancien parti progressiste-conservateur, de centre droit, et
de l’Alliance-Canadienne, beaucoup plus à droite, sont de ce courant. Si le nom
semble le même, on a laissé tomber la particule progressiste ! Ce n’est
donc plus le bon vieux parti
conservateur de centre droit que nous connaissions, mais bien un nouveau parti
de droite!
3. C’est un peu le
sens qu’a pris l’accord du G4 :
« Les
quatre membres européens du G8, réunis samedi 4 octobre à Paris, ont pris
l'engagement solennel de soutenir les établissements financiers européens en
difficulté. (…) En contrepartie, les membres du G4 demandent des sanctions
contre tout dirigeant qui aurait "failli" et dont l'établissement
devrait être aidé. » (LEMONDE.FR avec AFP et Reuters, Le G4 s'engage à porter secours aux
établissements financiers européens en difficulté, Le Monde, 04.10.08,
20h03, mis à jour à 21h09 :
www.lemonde.fr/la-crise-financiere/article/2008/10/04/...
4. Attention, je
prends cet exemple, mais je n’ai jamais fumé une cigarette ordinaire. Par
contre, je crois que les campagnes de prévention contre la drogue seraient plus
efficaces si leur usage était au moins décriminalisée, car il est difficile
d’avouer un problème et de consulter pour le régler s’il nous place en
situation d’hors la loi ou de criminel. Comme pour la dépendance à la
cigarette, à l’alcool ou au jeu, on pourrait mieux intervenir si l’usage
n’était pas criminalisé, ce qui ne veut pas dire d’en décriminaliser le commerce.
Par contre, l’État pourrait prendre en charge cette vente pour la sortir de la
rue. Une avenue possible pourrait être d’autoriser la vente de certaines
drogues dans certaines pharmacies ou des
organismes attitrés, où un spécialiste pourrait contrôler l’âge du consommateur
et l’informer, surtout s’il ne semble pas être un habitué. Ainsi, à un gars ou
une fille en peine d’amour, d’autres solutions que de se « shooter pour oublier » pourraient
leur être proposées, façon de prévenir qu’une dépendance ne se développe. Il y
a d’autres façons de penser que la seule répression, ce qui ne veut pas dire
qu’elle ne doit pas être utilisée en certaines circonstances bien précises et
bien encadrées.
Bibliographie :
Arnsperger, Christian, et Van Parijs, Philippe, 2000, Éthique économique et sociale, France : La Découverte/repères
Bernard, Michel, 1997, L'utopie néolibérale, Québec:
L'aut'Journal & Chaire d'études socio-économiques de l'UQAM.
Hayek, Friedrich : http://fr.wikipedia.org/wiki/Friedrich_Hayek
Lemieux, Pierre, 1988, L'anarcho-capitalisme, Paris: PUF, «que
sais-je?»
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Criticus, revue de critique sociale et politique, Vol. 10 no 5, Éditos :
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Au
moment où nous préparions notre édito sur les élections 2008, nous avons reçu
un texte de Mohamed Lotfi, journaliste et réalisateur radio, que nous
considérions tout aussi éditorial. Nous en avons donc retardé la publication
pour mettre ces deux textes en éditorial en même temps. C’est donc avec plaisir
que nous vous présentons L'art de ne pas se faire avoir de Mohamed Lotfi et Élections 2008
de moi-même!
Michel
Handfield, éditeur
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L'art de ne pas se faire avoir
Mohamed
Lotfi, journaliste et réalisateur radio (1)
17
septembre 2008 (reçu le 15 septembre)
Si la politique, d'après Paul Valéry,
c'est l'art de se servir des gens, ça serait peut-être aux gens de servir
de la politique pour faire de l'art. L'art de ne pas se faire
avoir.
Quand le 21 avril 2002, Jean-Marie Le
Pen a été qualifié au second tour des élections présidentielles en France, 82%
des électeurs français, de différents courants politiques, se sont mobilisés au
second tour pour voter contre l'extrême droite. Des manifestations de
masse avaient eu lieu tous les jours exprimant l'opposition populaire à la politique
d'extrême-droite de Le Pen. Devant une telle mobilisation, les chefs des
autres partis, les communistes, les socialistes et les verts, ont appelé à
voter pour Chirac. Dans le Journal Libération, Daniel Cohn-Bendit avait
qualifié la nécessité de voter pour le candidat de droite de ''super mensonge
ludique''.
Chez nous, malgré le danger réel que
représente la réélection du parti conservateur en gouvernement majoritaire,
apparemment rien ne laisse présager que les autres partis politiques vont constituer
en pleine campagne électorale un front anti-Harper. Le NPD ne se
ralliera jamais au parti libéral et le Bloc ne cédera jamais la place au
NPD. Et pourtant, nous avons au Canada, et particulièrement au
Québec, une plus forte raison pour imiter les français, puisque notre extrême
droite est déjà au pouvoir depuis deux ans et demi. Et nous savons maintenant
concrètement de quoi elle est capable.
La division de la gauche a grandement
contribué aux succès de la droite partout dans les démocraties
occidentales. La montée spectaculaire de l'ADQ en 2007 et
l'élection du parti conservateur en 2006 sont révélateurs de la faiblesse
de la gauche et de son incapacité à former une coalition forte et
solidaire. La menace d'un gouvernement majoritaire formé par le parti
conservateur va-t-elle mettre fin à cette division?
À défaut de compter sur une coalition
Bloc-NPD avec le parti libéral, le seul front capable d'empêcher Harper et son
parti d'être réélus demeure celui des voix progressistes. Les objecteurs
de conscience devraient s'exprimer haut et fort à l'intérieur et en dehors des
partis politiques, pour réhabiliter une certaine conscience canadienne, celle
fondée sur la justice sociale, les droits de l'homme, la promotion de la paix,
le soutien à la culture et la protection de l'environnement. Des valeurs
qui placent le Canada parmi les pays les plus modernes attirant chaque année
des milliers d'immigrants. Des valeurs pour lesquelles le parti
conservateur a démontré clairement son total mépris.
Durant son premier mandat, Harper et son
gouvernement conservateur ont coupé dans le financement aux organismes d'aide à
la condition féminine. Ils ont remis en question, avec leur projet de loi
C-484, le droit à l'avortement. Ils ont consacré 15 milliards à
l'armement. Ils ont voté contre l'adoption de la Déclaration des
droits des peuples autochtones. Ils ont enfoncé le Canada en
Afghanistan dans une guerre coûteuse, inutile et dont personne ne prédit
la fin. Ils ont écarté toute possibilité pour le Canada
d'adhérer aux objectifs de Kyoto. Ils ont coupé dans les programmes
d'aide à la culture. Ils ont essayé de museler les journalistes de la
Chambre des communes. Ils ont modifié la loi pour que les jeunes
contrevenants de 14 ans reçoivent des peines pour adultes et ce malgré
l'opposition de la cour suprême. Ils ont refusé de rapatrier un jeune canadien
de l'enfer de Guantanamo lui enlevant toute possibilité d'être jugé au Canada
dans un procès juste et équitable. En quoi ces actions et ces
mesures du gouvernement conservateur correspondent aux valeurs
canadiennes?
Quand Stephen Harper nous dit avec
ironie qu'il se contenterait d'un autre gouvernement minoritaire, c'est parce
qu'il sait lui-même à quel point les canadiens et particulièrement les
québécois ne peuvent adhérer totalement aux valeurs de son parti. Des
valeurs propres à une idéologie d'extrême droite que Harper essayent de
camoufler derrière l'image d'un père aimant et un homme touché par la mort de
jeunes soldats. ''J'ai pleuré'' a t-il dit aux journalistes pour
parler des premiers soldats morts en Afghanistan.
Aucun de ces journalistes n'a osé
demander à Harper quel genre d'émotion avait-il ressenti face aux images d'un
jeune canadien en détresse, détenu à Guantanamo depuis 2002. Apparemment
les journalistes, ainsi que les autres partis politiques, ne considèrent pas
l'affaire Omar Khadr comme un enjeu électoral. Quelle voix sera
assez courageuse pour rappeler que l'affaire Omar Khadr, c'est notre affaire à
tous. Une affaire de respect. Le respect du droit, le respect
des droits de l'enfant et le respect des conventions internationales dont le
Canada est signataire interdisant le recrutement et l’utilisation des enfants
soldats. À nous de nous servir de la politique pour faire du respect de la
dignité humaine un enjeu électoral.
Certains pensent que voter contre ou
voter stratégique n'est pas la meilleure façon de servir la démocratie.
Mais l'histoire nous enseigne que la démocratie est souvent une affaire
d'ironie. Les présidentielles de 2002 en France est un parfait
exemple. Des millions de français ont marché sur leur orgueil en votant
pour un candidat qui n'était nullement leur préféré. Ils l'ont fait pour
une bonne cause. Pour combattre la résignation.
Résignation, une pilule au goût amer que
des sondeurs, des analystes et beaucoup de journalistes essayent de nous faire
avaler pour supporter, selon eux, l'inévitable réélection du parti
conservateur. Comme si l'histoire était écrite d'avance.
Comme si Harper était un ouragan contre lequel on ne pouvait rien. Comme si les
citoyens n'avaient plus leur mot à dire. Comme si aucune
alternative aux conservateurs n'était possible. Et comme si
le vent de changement et d'optimisme qui règne aux États-Unis ne pouvait pas
nous inspirer.
Quel que soit le parti pour lequel vous
envisagez voter le 14 octobre prochain, il serait peut-être pertinent de vous
demander simplement si votre vote, pour votre candidat ou votre parti
préféré, ne favorise pas indirectement l'élection d'un parti qui ne vous
ressemble pas.
Une autre façon de mieux orienter votre
vote, serait de faire partie d'un groupe d'électeurs échangistes
anti-Harper. D'après Radio-Canada, cette nouvelle façon de voter a
été initiée par un internaute de Hamilton en Ontario. Dans le cadre
d'un réseau d'amis sur facebook, de plus en plus de citoyens canadiens
envisagent voter de la façon suivante: ''Si par exemple un électeur néo-démocrate
vit dans une circonscription où il est possible pour le parti libéral de battre
les conservateurs, il peut proposer de voter libéral et, en échange, un autre
internaute votera NPD dans une autre circonscription''.
Aussi stratégique, pour ne pas dire
ludique, soit-il, votre vote doit tenir compte de la menace que représente la
réélection d'un gouvernement conservateur, qu'il soit minoritaire ou
majoritaire. C'est votre droit d'exercez votre art de ne pas vous
faire avoir.
Post-scriptum
Mon
voisin me disait dernièrement qu'il allait voter pour Harper parce que selon
lui ce dernier dit ce qu'il fait et fait ce qu'il dit, ''Il tient ses
promesses''. J'ai répliqué à mon voisin : ''Entre voter pour
quelqu'un qui me promet l'or pour finalement me donner le bronze ou voter
pour un autre qui me promet de la ''marde'' pour finalement
me donner de la ''marde'', mon choix n'est pas difficile à faire..''.
Note :
1.
Sous sa signature Mohamed a mis les sites suivants que nous vous invitons à
consulter :
www.souverains.qc.ca/flash4.html
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Michel Handfield
17 septembre 2008
La
question du Québec doit être réglée au Québec. Le Bloc devrait donc se retirer du
parlement fédéral. A défaut de comprendre, les électeurs devraient leur envoyer
un message clair. Si vous êtes de centre
ou de centre gauche, il y a le parti Libéral. Plus à gauche, le NPD! Pour
l’environnement il y a le parti vert, quoi que j’aie aussi confiance à Stéphane Dion sur ce sujet. En
plus, il pourrait former un gouvernement. Ce n’est pas négligeable. Le centre
gauche devrait commencer à se poser des questions depuis l’union de la droite.
Si, auparavant, le vote de droite était divisé entre les
progressistes-conservateurs, de centre droit, et le Reform Party, d’une droite
plus radicale, ils se sont mariés depuis pour former un bloc de droite :
le Parti Conservateur. (1) Ne leur en
déplaise, mais cela prouve que le mot mariage n’est pas limité à l’union d’un
homme et d’une femme, puisqu’il peut aussi s’applique aux partis politiques!
Dans ce cas, cela les a bien servit, puisqu’ils ont pris le pouvoir en 2006 et
risquent d’y être reconduit, même avec une minorité de votes, vu la division du
vote de contestation. Les tenants du centre gauche et de la gauche devraient y
penser avant de voter. On pourrait toujours voter utile, c’est-à-dire Libéral,
pour ne pas diviser inutilement le vote progressiste à cette élection, car les
libéraux peuvent former un gouvernement. C’est déjà beaucoup. Et si Stéphane
Dion semble un leader faible, il n’a d’autre choix que de travailler en équipe,
ce qui fait généralement un gouvernement plus équilibré que dans le cas d’un
gouvernement où tous les membres ne sont que des pions sous la gouverne d’un
chef autoritaire. Surtout des pions sans droit de parole sans l’autorisation du
chef comme cela semble le cas actuellement au Parti conservateur.
Après
cette élection, les partis qui se réclament du centre gauche et de la gauche
devraient se pencher sur la question d’une union des progressistes, car le
centre gauche ne peut plus s’isoler aussi impunément du centre face à l’union
de la droite. S’il demeurera des partis plus à gauche, comme les marxistes, ou
des partis ciblés, comme les verts, une union des Libéraux et des
Néo-démocrates serait-elle possible pour former un seul grand parti de centre
gauche face au grand parti de droite que sont devenus les conservateurs?
Pourrait-on former un Parti libéral-démocratique par exemple? Les verts
pourraient aussi s’y joindre ou, à défaut, collaborer comme c’est actuellement
le cas, le parti libéral ne présentant aucun député face à Mme May, la cheffe
des verts! Moi, je crois que oui, car on
est dans un système qui ressemble davantage au système Britannique ou
États-Uniens, ce qui favorise le bipartisme ou le tripartisme, que dans un
système à l’européenne qui favorise le multipartisme et les gouvernements de
coalition. Si on veut des coalitions, il faut donc les faire avant les élections,
dans les partis politiques.
Quant
au Bloc, ce parti devrait se questionner sur son utilité, ne pouvant pas former
un gouvernement. Si le Bloc veut la souveraineté, il doit aller gonfler les
rangs péquistes pour réchauffer cette option, car son grand frère l’a mis au
congélateur pour ne pas dire au rancart. Comme, en attendant le moment du nième
référendum, on fait toujours parti du Canada, vaudrait mieux faire aussi parti
du gouvernement. Les plus à gauche du Bloc Québécois qui voudraient œuvrer au
Fédéral pourraient alors aller vers les libéraux-démocratiques ou les verts
(s’ils ne font pas parti de cette union) et les plus à droite vers les
conservateurs, cela à condition d’accepter le fait qu’en participant au
gouvernement on peut aussi changer des choses et qu’un jour l’option
souverainiste n’en soit peut être plus une.
S’ils ne peuvent accepter les règles du fédéral, vaut mieux qu’ils
militent pour leur option au Québec, car la défense du Québec dans l’opposition
n’est pas une position sérieuse à long terme si on ne peut former un
gouvernement de remplacement, ce qui est le cas du Bloc. D’ailleurs, le Bloc a
eu beau dénoncer de toutes ses forces certaines coupures des programmes
fédéraux liés à la culture, ces contestations ne permettaient pas de renverser
le gouvernement ni même de renverser la vapeur, car si l’opposition peut
défaire des lois, elle ne peut défaire des règlements de régie interne comme
une révision des programmes par exemple. Un gouvernement minoritaire a donc
beaucoup de latitude s’il sait jouer du règlement plutôt que de la loi! Le gouvernement conservateur a donc pu
poursuivre sa marche sans être inquiété des protestations du Bloc et de
l’opposition. Pour pousser plus loin l’injure, le gouvernement conservateur à
lui-même appelé les citoyens aux urnes alors que c’est l’opposition qui aurait
dû le défaire sur cette question de la culture, si cette question avait pu
permettre de défaire le gouvernement, mais ce n’était pas le cas, car très peu
de questions permettent de renverser un gouvernement finalement, si minoritaire
soit-il! Cela devrait faire réfléchir les partis d’opposition sur la nécessité
d’une union des progressistes pour faire face à une droite plus uni
qu’auparavant. Au diviser pour régner, il faut opposer une union des
progressistes!
Note :
1. Il y eut
d’abord le Parti réformiste du Canada
dans les années 90 (www.thecanadianencyclopedia.com/index.cfm?PgNm=TCE&Params=F1ARTF0006737), puis l’Alliance Canadienne (www.thecanadianencyclopedia.com/index.cfm?PgNm=TCE&Params=F1ARTF0009255) au début des années 2000, formé sur les restes
des réformistes auxquels se sont ajoutés les conservateurs plus de droite, ce
qui a conduit à l’union des alliancistes et des progressistes-conservateurs
dans un nouveau Parti Conservateur le 8 décembre 2003.
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Vol. 9
no. 8
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Que
nous enseigne l’affaire Schreiber!
Michel Handfield
12 décembre 2007
Schreiber, un milliardaire qui donne de
l’argent pour s’enrichir davantage? Non, un lobbyiste qui distribue les sommes
que de grandes entreprises lui ont confiées pour faire passer leurs contrats, moyennant
de généreuses commissions pour les risques qu’il prend! Bref, un exécutant de
luxe. Mais, pendant qu’on s’attaque à ce monsieur, on ne regarde pas tout le
système au dessus de lui; ceux qui fournissent justement ces sommes pour
obtenir de lucratifs contrats ou pour faire des pressions sur la législature!
Dans l’affaire Schreiber on parle beaucoup d’Airbus, mais il y en a d’autres.
(1) Et si on l’a fait avec le gouvernement canadien, on l’a certainement fait
avec d’autres gouvernements nationaux, régionaux et municipaux. On le fait
certainement avec des entreprises privées aussi, cela au dépend des
actionnaires par exemple?
J’ai de la difficulté à croire que ce
système n’existe qu’à petite échelle. Il est certainement plus généralisé qu’on
ne le dit, soudoyant gouvernements, fondations et entreprises privées. Sinon,
pourquoi avoir recours à tous ces lobbyistes professionnels? On userait de
programmes de fidélisation, de remises, de bonis et de cadeaux pour que le plus
petit consommateur prenne la carte de crédit d’une grande chaine ou d’une
grande banque et on n’aurait recours à aucun programme particulier pour bien
« traiter » des clients corporatifs et institutionnels qui dépensent
plusieurs centaines de millions de dollars, quand ce n’est pas des milliards,
par année? Des clients qui font l’achat d’avions, de trains ou d’équipements
militaires par exemple. J’ai beau me regarder sous tous les angles dans le
miroir, je n’ai pas de poignée dans le dos. Attention, je ne dis pas que c’est
la majorité qui est corrompue, mais ce ne sont pas que les quelques cas qui se
rendent sur la place publique non plus. Il y en a certainement dont on
n’entendra jamais parler.
La
logique me dit que les techniques de marketing doivent être bien plus
développées pour ces ventes institutionnelles et corporatives de haut niveau
que pour les ventes au détail. Faire la lumière là-dessus exigerait que l’on
regarde cependant du côté des vendeurs. Il serait intéressant de voir le budget
de représentation d’Airbus, des entreprises de la défense, du transport, des
pharmaceutiques, des équipementiers médicaux et d’autres grandes entreprises du
genre, mais, surtout, de voir comment ces entreprises le dépensent! À quels
événements et banquets politiques elles incitent leurs dirigeants et leurs
cadres à assister, en achetant des
tables entières par exemple et en redistribuant les places? A quelles caisses
électorales leurs hauts dirigeants contribuent-ils? Ce pourrait être
révélateur. Cependant, c’est l’État qu’on scrute, pas le privé, car on dit que
c’est notre argent qu’il dépense.
C’est oublier que le privé, c’est aussi
notre argent, le privé bénéficiant de subventions, de crédits d’impôt et ayant
bien souvent comme investisseurs les fonds de pensions privés, institutionnels
et publics, donc nos économies collectives en quelque sorte. Il bénéficie
aussi de nos taxes lorsque l’État y
investit directement à travers ses ministères, institutions et fiducies
économiques. Qui a assisté à une assemblée d’actionnaire le sait. Mais, on est
beaucoup plus méfiant des actions gouvernementales que privées, ne réalisant
pas toujours qu’une part de notre bas de laine collectif y est investit. On se devrait d’être plus regardant envers
eux qu’on ne l’est actuellement.
Même si nous avons souvent l’impression que
le privé est mieux géré parce qu’il dégage des profits, c’est juste que le
niveau d’eau cache parfois les écueils. On l’a vu avec l’affaire Enron aux
États-Unis. (2) On oublie beaucoup plus facilement les scandales qui éclatent
dans le privé que dans le public. Pourtant, on se devrait d’être aussi exigeant
envers l’un que l’autre, car tout scandale financier a des impacts sur nos
fonds de retraites et nos économies par exemple, la finance étant un vaste
réseau de vases communicants. On devrait le savoir : un cheik se fait
piquer par un moustique et cela influence son humeur qui à son tour se
répercute sur le prix du pétrole à la pompe à Montréal, Tokyo ou Paris le soir
même! Cependant, on ne nous donne pas facilement l’information, ce qui fait que
le privé parait toujours mieux que le public (3), lui qui est scruté par une
armada de journalistes. Couvrir chaque multinationale qui a un budget égal à
une ville, une province ou un pays comme on couvre la politique municipale,
provinciale ou canadienne et on en apprendrait des choses, pas toutes belles!
Il faudrait faire la lumière là-dessus un jour.
Notes :
1. Dans l’affaire Mulroney on parle d’Airbus; du projet Bear Head,
une usine de véhicules militaires à Cape Breton pour le compte du groupe
allemand Thyssen AG; et de Spaghettissimo, une usine de pâtes, où M. Mulroney n’aurait finalement rien à
voir! Bref, c’est un véritable spaghetti que cette affaire!
Sources à consulter:
Affaire
Mulroney-Schreiber. Nouvelles allégations, Radio-Canada/Nouvelles, 1 novembre 2007, 11h 54
Hélène Buzzetti, Schreiber
entame son numéro, Le Devoir, Édition du vendredi 30 novembre 2007: www.ledevoir.com/2007/11/30/166633.html;
Presse canadienne, Mulroney
comparaîtra avec femme et enfants, Le Devoir, Édition du mercredi 12
décembre 2007 :
www.ledevoir.com/2007/12/12/168173.html
2. « L’extraordinaire dans l’affaire
Enron, c’est qu’elle n’est pas extraordinaire. L’« achat » de
responsables politiques par des contributions électorales est légal aux
Etats-Unis ; l’existence d’entreprises de certification des comptes qui
servent par ailleurs de conseillers rétribués aux entreprises dont elles
certifient les comptes est légale ; le fait que des journalistes
financiers et des essayistes aient vanté auprès du public (et donc des
actionnaires potentiels) un « modèle » d’entreprise dont le fleuron,
Enron, les rémunérait personnellement est légal. » (Serge Halimi, UN SCANDALE PRESQUE
LÉGAL. Enron, symbole d’un système, in Le monde diplomatique, 8 mars
2002 : www.monde-diplomatique.fr/dossiers/enron/)
3. A ce sujet, qui a entendu parler de
Castor Holdings ? C’est un exemple qui dit tout :
« Un
juge y a consacré la quasi-totalité de sa carrière sans qu'il puisse rendre de
jugement. Un expert-comptable est resté à la barre des témoins pendant quatre
ans. Le litige sur la faillite de Castor Holdings constitue «un véritable
dérapage judiciaire» qui draine «hors de toute proportion» les ressources de la
justice depuis plus de dix ans, déplore la Cour d'appel dans une décision
intérimaire lapidaire.
(…)
Le plus haut tribunal du Québec consacre cependant une pleine page de sa
décision aux méandres de cette «affaire qui n'en finit pas», menée «à même les
ressources financières et humaines du système judiciaire», qui sont assumées
«par l'ensemble des contribuables québécois». Une bonne partie de la population
ne dispose d'ailleurs pas des moyens financiers pour accéder à la justice, note
la Cour d'appel dans sa décision. «Le justiciable moyen ne peut, lui, déduire
ses honoraires d'avocat de ses revenus comme le font les personnes morales et
les sociétés», souligne la Cour. » (Brian Myles, Castor
Holdings épuise la justice, Le Devoir, Édition du samedi 08 et du dimanche
09 décembre 2007 : www.ledevoir.com/2007/12/08/167819.html)
Autres références :
Karlheinz Schreiber, en allemand et en
anglais sur Wikipédia :
http://de.wikipedia.org/wiki/Karlheinz_Schreiber
http://en.wikipedia.org/wiki/Karlheinz_Schreiber
Hélène Buzzetti, Qui est Karlheinz
Schreiber ?, Le Devoir, Édition du samedi 17 et du dimanche 18 novembre
2007 :
www.ledevoir.com/2007/11/17/164749.html
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Societas
Criticus, revue de critique sociale et politique, Vol. 9 no 8, Éditos :
www.societascriticus.com
1. « De
la critique… naît la fleur du changement » fut notre «slogan » du
vol. 2 no. 2 (Mars 2000) au vol. 2 no. 4 (Hiver 2000-1)… et fut remplacé dès le
Vol. 3 no. 1 par « On n’est pas vache… on est critique! » qui
était le « slogan » du site Internet, car à l’époque la revue n’était
pas en ligne, mais envoyé par courriel. Nous
avons récupéré ce slogan pour notre page éditoriale au Volume 5 de la revue. Un
clin d’œil à nos débuts.
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