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Éditos

15 novembre, 2009

 

www.societascriticus.com

 

 

Edito-criticus!

De la critique… naît la fleur du changement! (1)

 

Cette page fut redessinée pour fonctionner autant sur ordinateur de table, portable, qu'en format «I Phone» et «I Touch». Il se peut que cela entraîne des différences de lecture selon les appareils utilisés, car le caractère fut grossit pour le texte, mais réduit pour les notes s’il y a lieu.

 

 

 

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Vol 11 no 6

 

La grippe se propage facilement…

 

Vol 11 no 5

 

Pour un changement de garde à Montréal!

 

Vol 11 no 4

 

En mode Urbain-été! (juin @ septembre)

 

Dans la merde naissent les plus beaux fruits!  

La religion, c’est une croyance!

L’Iran : appuyons le mouvement de changement!

La fausse nation : en voilà la preuve!

Le nucléaire! Pas à n’importe quel prix, mais des compromis sont possibles!

 

Vol 11 no 3

 

Est ce que la croyance est un droit?

L’action bénévole…  une bonne affaire!

Salut Bozo

 

Vol 11 no 2

 

Temps de crise, temps d’éduquer!

 

Vous trouverez certains de nos éditos antérieurs que nous avons sélectionnés sur

Les archives de Societas Criticus/D.I. 

 

Quant à nos archives complètes elles sont disponibles…

En ligne à Bibliothèque et Archives Canada

Revue Societas Criticus  à Bibliothèque et Archives nationales du Québec

 

 

 

 

Vol 11 no 6

 

Societas Criticus, revue de critique sociale et politique, Vol. 11 no 6, Éditos : www.societascriticus.com

 

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« La grippe se propage facilement.

Faites-vous vacciner. »

 

« Le vaccin contre la grippe A (H1 N1) est offert sur une base volontaire. Il est gratuit et sécuritaire. Même si vous êtes en bonne santé, vous devriez vous faire vacciner. »

 

Voilà les premières lignes de l’appel au public qui parait régulièrement dans les journaux ces jours-ci. Après, on nous dit… mais, pas vous ou pas trop vite!

 

Le problème est qu’on n’a peut être pas commandé les vaccins à temps du côté Fédéral, à ce qu’on a entendu en Chambre de la part de l’opposition libérale. (1) En cette matière, je suis de leur bord!

 

Quant à la procédure de distribution, avec réception, déballage, remballage et redistribution du côté du gouvernement du Québec, cela me semble beaucoup de procédures et de risque d’erreurs. Pourquoi ne pas distribuer directement aux centres régionaux à partir du fournisseur? On pourrait toujours mettre des responsables gouvernementaux sur place si c’est exigé par un protocole de sécurité ou pour rassurer le public. De toute manière, ne serait-ce pas plus sécuritaire de faire la distribution à la source pour éviter les manipulations répétées du vaccin?   

 

Cette « procédurite » semble propre au vaccin A (H1 N1), mais j’admets qu’il faudrait d’abord voir ce qu’il en est de la distribution du vaccin de la grippe saisonnière pour comparer. Passe-t-elle par autant d’étapes avant d’arriver aux cabinets des médecins ou arrive-t-elle directement du fournisseur?  Si cette procédure n’est pas régulière, retarde-t-elle indument les choses? Si on ne peut changer la procédure actuellement, il faudra certainement en faire le bilan après coup. On devra se demander si cette façon de faire fut utile ou non? Il faudra aussi rendre ce processus d’évaluation public! Rien de moins. Pour l’instant, j’ai des doutes sur ce processus, mais je ne peu en juger raisonnablement, car on n’a pas toute l’information. Un bilan clair et  transparent devra donc être fait après cet épisode de grippe.

 

Michel Handfield, sociologue

Éditeur de societascriticus.com

15 novembre 2009

 

Note :

 

1. MARIE VASTEL, H1N1: la mauvaise planification du gouvernement a coûté des vies, dit le PLC,  La presse canadienne, in http://qc.news.yahoo.com/s/capress/091029/nationales/20091029_grippe_critiques_federal. Cette nouvelle s’est retrouvée dans plusieurs médias, dont Le Métro de Montréal.  

 

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Societas Criticus, revue de critique sociale et politique, Vol. 11 no 6, Éditos : www.societascriticus.com

 

 

 

 

 

Vol 11 no 5

 

 

Societas Criticus, revue de critique sociale et politique, Vol. 11 no 5, Éditos : www.societascriticus.com

 

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Pour un changement de garde à Montréal!

Michel Handfield

 

20 septembre 2009

 

Il est bien de critiquer pour faire changer les choses, mais il faut parfois oser le changement par un geste concret pour que les choses évoluent enfin! Cette année je donne mon vote à Projet Montréal au municipal!

 

Voir : www.projetmontreal.org

 

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Societas Criticus, revue de critique sociale et politique, Vol. 11 no 5, Éditos : www.societascriticus.com

 

 

 

Vol 11 no 4

 

Societas Criticus, revue de critique sociale et politique, Vol. 11 no 4, Éditos : www.societascriticus.com

 

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En mode Urbain-été! (juin @ septembre)

Michel Handfield

 

Nouvelle expérience Societas Criticus/D.I.! Nous passons en mode urbain-été, car nous sommes en été et urbain.  Notre regard ne sera pas plus léger, mais moins lourd. Ceci ne veut pas dire que nous ne regarderons pas aussi le Politique, mais on essaiera  de faire plus court. Peut être adopterons nous ce style par la suite. On se doit d’évoluer.

 

Parlant d’évolution, je suis aussi sur  Twitter (http://twitter.com/laboetie) et  sur Facebook (www.facebook.com/m.handfield), outils que je veux utiliser davantage. On verra bien si cela s’applique à Societas Criticus à l’usage.

 

De plus, après 10 and d’écriture à compte d’auteur,  je viens de me trouver un emploi temporaire de magasinier. Un retour aux sources de mes emplois étudiants, car je faisais ce type de travail alors que j’étudiais en sociologie à l’université de Montréal. Mais, malgré ce travail, je tiens à poursuivre Societas Criticus pour mon équilibre sociologique, car je suis d’abord et avant tout sociologue et j’ai besoin de l’exprimer. On ne peut pas sortir la sociologie du gars si facilement que cela. Et, qui sait, un jour un poste de sociologue s’ouvrira peut être pour moi. La vie est faite d’espoirs. 

 

 

 

 

Societas Criticus, revue de critique sociale et politique, Vol. 11 no 4, Éditos : www.societascriticus.com

 

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Dans la merde naissent les plus beaux fruits! 

Michel Handfield

 

samedi, 15 août 2009

 

Hier soir J’ai écouté le « Le roi Arthur » (King Arthur, É.-U. – Irl., 2004)  aux « Grands films » de Radio-Canada et je n’ai pu m’empêcher de remarquer que de la barbarie nait la démocratie par le désir de la dépasser!  C’est comme pour l’agriculture : les plus beaux fruits viennent du fumier que l’on a bien brassé! Alors, tout n’est pas perdu : des scandales politiques et financiers actuels viendront peut être un désir de changement et une reprise en main pour se faire une nouvelle démocratie politique et économique. I hope so! Une leçon du cinéma.  

 

Résumé du film sur le site de radio-Can :

 

Drame d’aventure réalisé par Antoine Fuqua. Avec Clive Owen, Ioan Gruffudd et Keira Knightley. Lorsque l’Empire romain se retire de la Bretagne, les barbares germaniques se préparent à envahir le sud du pays. Arthur et ses chevaliers de la Table ronde décident alors de ne pas quitter l’île et de livrer bataille à l’armée ennemie.

 

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Societas Criticus, revue de critique sociale et politique, Vol. 11 no 4, Éditos : www.societascriticus.com

 

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La religion, c’est une croyance!

Michel Handfield

 

15 novembre 2009

 

J’ai écrit à plusieurs reprises sur ce sujet. La dernière fois ce fut au mois de juin, à l’occasion des événements en Iran. Alors, je le répète encore une fois: la religion, c’est une croyance, comme l’horoscope, mais surtout pas un droit, ni une obligation. La seule obligation est celle que vous croyez avoir, mais, et on doit insister là-dessus en démocratie, les autres ne sont pas obligés d’y croire et encore moins de s’y soumettre! La liberté de croyance s’arrête où celle des autres commence.  Cela est vrai pour tous les citoyens, incluant les proches et dépendants, comme les enfants.

 

Là, est tout le problème du multiculturalisme cependant, car on assimile souvent la culture et les croyances à des droits en son nom; parfois même à des obligations qui s’imposent aux individus, ce même si ces croyances ne sont que des  mythologies ou des coutumes tribales, parfois inacceptables selon les connaissances scientifiques modernes  et les valeurs d’égalité et d’éducation propres aux régimes démocratiques. Si la liberté nous permet d’agir selon d’autres valeurs que celles socialement acceptées par la société, on doit aussi être éduqué aux valeurs et aux règles de cette société pour savoir ce qui n’est pas à franchir sous peine de sanctions, notre liberté s’arrêtant où elle menace celle des autres, incluant celle de nos dépendants. Par exemple, retirer les enfants de l’école pour des motifs religieux pourrait être fortement encadré, voir interdit, car cela pourrait menacer l’avenir de ces enfants dans la société. Ce serait là  une limite raisonnable à la liberté de croyance et, surtout, à son imposition par les parents n’en déplaise à quelques-uns. Cependant, les limites doivent être claires. Mais, dans notre société dite multiculturelle, où se situent ces limites? C’est la grande question, puisque la culture de l’individu est jugée acceptable par le principe même du multiculturalisme. Les limites sont donc susceptibles d’être testées au cas par cas devant les tribunaux. Ce ne sera malheureusement qu’après coup que l’on jugera de la légalité des actes posés. 

 

Si la loi sur le multiculturalisme vise à « aider les Canadiens à conserver, à valoriser et à partager leur culture, leur langue et leur identité ethnoculturelle » (1), cette utopie n’en pose cependant pas les limites. Voilà un problème de taille pour une société dite de droits et où les obligations ne sont pas clairement édictées, mais jugées implicitement selon la charte des droits et libertés du Canada (2); donc interprétables au cas par cas par la cour suprême du Canada (3). Dans une telle société multiculturelle on peut se demander si un Chinois peut être aussi chinois à Montréal qu’à Hong-Kong ou à Pékin et s’il pourrait agir ici comme en Chine? Oui, diront certains. (4) La même chose sera vraie pour toutes les communautés ethnoculturelles et religieuses, même les sectes. (5)  Politiquement, il sera difficile de préjuger les choses. Ce sera à la justice et, finalement, à la cour suprême de trancher et de poser les limites,  pas au Politique qui devrait pourtant être l’arène privilégié de ces débats. On aura  dépolitisé ces questions pour les judiciariser. La loi, si je peux dire, se fera par essais et erreurs! (6)

 

La question des limites reste donc totalement ouverte tant qu’il n’y a pas de cause devant les tribunaux pour que la cour commence à les baliser. Parfois, il faudra plus d’une cause pour commencer à baliser le terrain du droit, des libertés et du multiculturalisme. Malheureusement, certains pourront commettre des gestes graves, parfois irréparables, pendant ce temps (7), ce au nom de leur culture. Comme les jugements ramèneront rarement les choses en leur état premier, surtout dans les cas d’infanticide, de viols ou de meurtre au nom de l’honneur, c’est donc le multiculturalisme qui est ici en cause face aux droits et libertés de la personne, dont le droit à l’égalité homme/femme qui est maintenant une de nos valeurs fondamentales,  puisqu’il crée l’illusion que les croyances et la culture originelle sont un droit, ce qu’elles ne sont pas et ne devraient jamais être. On se doit donc de choisir entre multiculturalisme et droits. Je l’avais écrit il y a plus de dix ans suite à une cause de viol (8). Je le maintien ici suite à cette possibilité d’un crime d’honneur pour expliquer la mort de quatre montréalaises d’origine afghane. Ma conclusion est toujours d’actualité :

 

« On voit là que le recours aux cultures, le multiculturalisme si cher à Trudeau, va à l'encontre de l'égalité entre les individus. On se doit de choisir si nous sommes une société égalitaire ou multiculturelle. On ne peut être les deux à la fois comme l'a montré Alain Finkielkraut dans La défaite de la pensée (Gallimard, 1987). Un livre à lire pour nos Honorables juges, politiciens et Citoyens pour dépasser cette illusion du multiculturalisme et de l'égalité. »  (9)

 

 En fait, nous devrons un jour choisir si nous sommes dans une société d’égalité et de droit ou multiculturelle! C’est ce que je disais et ce que je maintiens sans broncher, car le multiculturalisme est une utopie à l’aune d’une société de droits individuels, où l’individu se fait par de multiples influences et choix personnels. (10) Autant ses premières cultures d’appartenances peuvent l’influencer (11), autant il peut aussi les rejeter et apprendre d’ailleurs, que ce soit de l’école, des amis ou de l’internet, car nous avons la chance d’être dans une société encore ouverte, mais il faudrait qu’elle le demeure. Pour cela on devrait revoir cette notion de multiculturalisme et au moins la réduire et la baliser si, politiquement, on ne peut plus l’éliminer. Mais, en échange de cette concession aux canadiens qui tiennent à cette notion de multiculturalisme, on se doit d’ouvrir la constitution pour y ajouter les responsabilités aux droits car elles ne doivent pas qu’être implicites, mais bien enchâssés dans une charte des droits et responsabilités de la personne. Par la même occasion on devrait enlever Dieu de notre proclamation constitutionnelle  et tout simplement dire que le Canada est fondé sur la primauté du droit, car on ne peut en appeler à Dieu pour justifier des gestes inadmissibles dans une société laïque, moderne et ouverte. (12)           

 

Notes :

 

1. http://www.parl.gc.ca/information/library/prbpubs/936-f.htm

 

2. http://lois.justice.gc.ca/fr/charte/index.html

 

3. www.scc-csc.gc.ca/

 

4. Je me rappelle avoir déjà lu que lorsque Pierre Elliot Trudeau avait parlé du  multiculturalisme canadien en 1971 il avait dit quelque chose du genre  « un chinois pourrait être aussi chinois au Canada qu’en Chine… », mais je n’ai pu retrouver la citation après quelques heures de recherches et de lecture de documents. L’internet a aussi ses limites. Mais, si je n’ai pas trouvé cette citation, j’ai au moins pu confirmer que c’était là l’esprit de cette loi. Ainsi, Gabriel Gagnon dit, dans son « Plaidoyer pour la convergence culturelle », qu’« il n'est pas question que le Québec devienne un réseau de ghettos culturels où les francophones de souche et d'adoption ne seraient plus qu'une minorité un peu plus importante que les autres, où on pourrait être aussi Italien qu'à Naples ou aussi Chinois qu’à Hong-Kong », ce qu’est l’esprit du multiculturalisme trudeauien! (L’article de Gabriel Gagnon fut publié dans la revue Possibles, vol. 12, no 3, été 1988 (pp. 37-44).Il est disponible sur  http://classiques.uqac.ca/contemporains/gagnon_gabriel/plaidoyer_convergence_culture/plaidoyer_convergence_culture.html)

 

5. D’ailleurs certaines sectes acceptées ici sont illégales ou en voie de le devenir ailleurs en occident, notamment en Europe où certains groupes  sectaires sont sous surveillance.   

 

6. « Trial and error » dissent les Anglo-Saxons.

 

7.  Comme ce « crime d’honneur » qui a fait la manchette pendant quelques jours dans nos médias au mois de juillet « pour expliquer le meurtre des quatre femmes de la famille Shafia. » (JUDITH LACHAPELLE, Le crime d’honneur, La presse, 24 juillet 2009, Cahier A)

 

8. En 1998, l'Honorable juge Monique Dubreuil a laissé sortir deux violeurs avec une peine à purger «dans la collectivité» vu le «contexte culturel particulier à l'égard des relations avec les femmes» chez les haïtiens. Déjà, à cette époque, je trouvais que le recours aux cultures, le multiculturalisme si cher à Trudeau, allait à l'encontre de l'égalité entre les individus. Cela soulevait donc une question fondamentale chez moi, soit : le multiculturalisme va-t-il à l'encontre de l'égalité?  (Handfield, Michel, M.Sc. sociologie, Le multiculturalisme à l'encontre de l'égalité?, La Presse, 28 janvier 1998, p. B 2) 

 

9. Dans Le multiculturalisme à l'encontre de l'égalité? (Op. Cit.)

 

10. John Ralston Saul est d’ailleurs fort éclairant sur le sujet:

 

« But the social reality of our diversity— the reality we all live— has never had much to do with the formal politics of multiculturalism. I would say that both the Utopia and the bogeyman of multiculturalism are false. And the pattern of the last hundred and fifty years is relatively clear: the immigrants who come here and stay do so because in the long run they want to become something called Canadian. If you look back over that long experience, you find it has normally taken about two and a half generations for families to find their place in the larger community. If you consider the destabilizing drama of emigration and immigration, this is quite fast. » (Saul, John Ralston, 1998, Reflection of a siamese twin, Canada at the end of the twentieth century, Canada: Penguin book, p. 439)

 

11. On peut penser ici à la famille, l’entourage et la religion par exemple.

 

12. En effet, notre constitution s’ouvre sur ces mots :

 

 « Attendu que le Canada est fondé sur des principes qui reconnaissent la suprématie de Dieu et la primauté du droit » (http://lois.justice.gc.ca/fr/charte/1.html)

 

Si ce ne sont que des paroles pour plaire aux groupes religieux, car on ne peut amener Dieu en cour, ni prouver son existence ou sa non-existence, on devrait réécrire ce passage de notre constitution en appui à ceux qui luttent contre des dictatures religieuses ou basées sur des croyances pour en éliminer Dieu. J’invite donc nos politiciens à changer cette formulation pour celle-ci, plus rationnelle et juridiquement fondée sur la séparation de l’Église et de l’État dont on se réclame pourtant : « Attendu que le Canada est fondé sur la primauté du droit »…   (Passage repris de mon éditorial du 25 juin 2009 : L’Iran : appuyons le mouvement de changement!) 

 

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Societas Criticus, revue de critique sociale et politique, Vol. 11 no 4, Éditos : www.societascriticus.com

 

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L’Iran : appuyons le mouvement de changement!

Michel Handfield

 

25 juin 2009

 

       Depuis l’élection proclamée de  Mahmoud Ahmadinejad (1),  l’actualité iranienne est à suivre, car une majorité semble s’être éveillée aux problèmes d’une dictature religieuse qui va contre la volonté populaire, mais aussi contre le scrutin exprimé. C’est une première conscientisation. On ne peut cependant pas en tirer de conclusions hâtives. Il est en effet trop tôt pour dire quel en sera l’impact sur le fondamentalisme musulman iranien. (2) Les fondamentalistes profitent d’ailleurs de la situation pour accuser les pays occidentaux de fomenter le trouble, principalement la Grande-Bretagne et les États-Unis! (3) Alors, ce fondamentalisme disparaîtra-t-il ou se mutera-t-il dans une dictature encore plus fermée? On ne peut vraiment pas le dire pour l’instant.  Tout est possible, allant d’une ouverture  vers l’extérieur, en particulier vers l’occident, jusqu’à l’imposition d’une chape de plomb plus épaisse encore, réfrénant ainsi les possibilités de changement pour un temps et refroidissant encore davantage  les relations déjà glaciales de l’Iran avec le monde occidental. On espère cependant que cela ira vers plus  de liberté, mais…

 

On est encore loin de la séparation de l’Église et de l’État; encore plus loin du constat que la religion est une idéologie et une croyance; à des années lumières de comprendre que même si on est croyant, aussi fort que l’on veut, cela ne fera jamais de notre croyance une vérité absolue. Croire, c’est croire, ce qui n’empêche pas la spiritualité au plan personnel, mais ce ne sera toujours qu’une croyance; jamais un fait scientifiquement prouvable, ni une vérité absolue.

 

Même ici, on n’en est pas là, la constitution canadienne promulguant la suprématie de Dieu. Mais, duquel, car on nous a dit bien des choses en son nom dans toutes les religions, mais lui n’a jamais rien signé de sa propre main. En droit, pourtant, ce sont les traités, les contrats et les faits prouvables qui comptent; pas les croyances et les on-dit! Sinon, surtout si Dieu passe avant la primauté du droit comme le veut notre constitution, comment condamner quelqu’un pour avoir commis un acte criminel que Dieu aurait lui-même commandé? Et, pourrions-nous accuser Dieu de complicité? Poser la question, c’est montrer la limite de cette promulgation constitutionnelle! En conséquence, si ces mots, « Attendu que le Canada est fondé sur des principes qui reconnaissent la suprématie de Dieu et la primauté du droit » (http://lois.justice.gc.ca/fr/charte/1.html), ne sont que des paroles pour plaire aux groupes religieux, car on ne peut amener Dieu en cour, ni prouver son existence ou sa non-existence (4), quoi qu’en pensent et en disent certains (5), on devrait réécrire ce passage de notre constitution en appui à ceux qui luttent contre des dictatures religieuses ou basées sur des croyances pour en éliminer Dieu. J’invite donc nos politiciens à changer cette formulation pour celle-ci, plus rationnelle et juridiquement fondée sur la séparation de l’Église et de l’État dont on se réclame pourtant : « Attendu que le Canada est fondé sur la primauté du droit »…  Ce serait une façon d’appuyer le peuple iranien et les autres peuples qui commencent à remettre en cause le religieux dans la sphère publique et politique de leur pays. Osons le faire à l’unanimité du parlement fédéral et des législatures provinciales! C’est tout ce que j’avais à dire sur cette crise. Pour l’instant du moins.

 

Notes :

 

1. http://fr.wikipedia.org/wiki/Élection_présidentielle_iranienne_de_2009

 

www.lemonde.fr/proche-orient/article/2009/06/13/mahmoud-ahmadinejad-en-route-vers-la-victoire_1206422_3218.html

 

2. Si je parle ici de « fondamentalisme musulman iranien », il y a d’autres formes de fondamentalisme aussi, musulman et non musulman. Toutes les religions ont leurs fondamentalistes d’ailleurs, juifs et chrétiens inclus. Ce n’est pas propre aux grandes religions non plus, car même de petites sectes peuvent être fondamentalistes ou le devenir, parfois même davantage que de grandes religions, car beaucoup plus fermées sur elle-même! Il y a aussi des fondamentalismes politiques.  Pensons au régime nord-coréen par exemple. Des fondamentalismes, il y en a autant qu’il y a d’idéologies! C’est dire qu’il peut y en avoir beaucoup. Parfois, deux ou plusieurs  fondamentalismes peuvent s’unir pour en former un nouveau,  comme religion et politique se sont unies dans le sionisme. Mais, ce ne sont pas tous les juifs qui sont sionistes faut-il le rappeler! (Rabkin, Yakov M., 2004, L’opposition juive au sionisme, Québec : Les presses de l’université Laval)

 

3. Radio-Canada.ca/Nouvelles/International, « Crise en Iran :

Téhéran sermonne l'Occident », mercredi 24 juin 2009 :

www.radio-canada.ca/nouvelles/International/2009/06/24/002-iran-durcit-ton-occident.shtml

 

4. Même si j’ai mes croyances, je suis pleinement conscient que ce sont des croyances. De toute façon, en matière de Dieu, de religion et de spiritualité tout est croyance : on croit en l’existence ou la non-existence de Dieu ou d’une force quelconque, car on n’a pas de preuves ni dans un sens ni dans l’autre. Que des questions philosophiques, théologiques et existentielles? On peut alors se demander qui a créé l’univers, si ce n’est Dieu? Mais, on peut aussi se  demander qui a créé Dieu?  Et pourquoi Dieu, l’univers ou l’Homme ne se seraient-ils pas créés seuls? Autocréation ou évolution à partir d’une poussière céleste qui serait Dieu? Mais, d’où venait cette poussière? 

 

S’il faut absolument qu’une chose soit créée pour exister, ce que disent certains, alors, qui a créé Dieu et qui a créé celui qui a créé Dieu? D’où venait cette particule divine ou cette poussière céleste d’où tout est parti? Énigmes sans fond! Pourquoi Dieu n’aurait-il pas créé les Hommes à son image et les Hommes n’auraient-ils pas créé un Dieu, ou des dieux, par besoin ou pour atteindre leurs fins? De là à créer son propre Dieu, il n’y a qu’un pas qui fut franchi plus d’une fois déjà, que ce soit individuellement ou collectivement, pour des raisons spirituelles, de bien-être, de cohésion sociale ou de politique! Toutes les raisons sont bonnes d’avoir un Dieu à son image. Bref, Dieu, la foi, les religions et la spiritualité sont de l’ordre des croyances et  non de la science, n’en déplaise aux fondamentalistes de toutes religions, tendances ou croyances. Dieu, une belle énigme qui n’a pas fini de faire parler! Certains ont même écrit qu’il était mort, façon de résoudre cette énigme de la création par un Dieu qui ne serait plus! C’est le cas de  Nietzsche dans « Ainsi parlait Zarathoustra » (1998 [1883-5], France: Maxi-poche classiques étrangers).

 

5. Je pense ici à quelques philosophes, théologiens et exégètes de toutes tendances et confessions religieuses qui soient, même sectaires!

 

Quelques hyperliens à suivre vers les événements iraniens, avec la coopération de Luc Chaput :

 

Élection iranienne sur Google actualités:

 

www.google.com/news?pz=1&ned=fr&hl=fr&q=élection+iranienne

 

Iran sur Radio-Canada :

www.radio-canada.ca/nouvelles/International/2009/02/10/004-iran-accueil-intro.shtml

 

The independant :

www.independent.co.uk/news/world/middle-east/

 

Robert Fisk :

www.independent.co.uk/opinion/commentators/fisk/

 

Moyen-Orient sur le Courrier international :

www.courrierinternational.com/categorie/moyen-orient

 

Aljazeera.net (english):

http://english.aljazeera.net/

 

Tehran times:

www.tehrantimes.com

 

Et sur Twitter :

http://twitter.com/persiankiwi

http://twitter.com/mousavi1388

http://twitter.com/Iran09

http://twitter.com/StopAhmadi

(Source: www.radio-canada.ca/nouvelles/surLeWeb/2009/06/16/)

 

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Societas Criticus, revue de critique sociale et politique, Vol. 11 no 4, Éditos : www.societascriticus.com

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La fausse nation : en voilà la preuve!

Michel Handfield

 

19 juin 2009

 

En juillet 2006, j’écrivais un texte sur la question de la nation québécoise. (1) Pour moi, cette notion de nation, avec laquelle on faisait tant de tapage, ne voulait pas dire grand-chose quoiqu’en disaient le Bloc québécois et le PQ à l’époque. Maintenant, on a la preuve « en pleine face » comme le chantait jadis Harmonium. (2)

 

Si la nation se définit d’abord par l’occupation d’un territoire, alors les groupes anglophones et d’autres cultures doivent avoir leur place aux fêtes nationales, car ils habitent le territoire. Ils font partie de la place. C’est la nation géographique qui se confond aux frontières du Québec. N’y auraient cependant pas droit des chanteurs francophones d’autres territoires s’ils n’habitent pas ici. Cette nation est territoriale et n’est rien d’autre, finalement, qu’un autre nom pour définir la province. On pourrait avoir la nation ontarienne ou la nation albertaine au même titre que la nation québécoise par exemple! Un bel emballage tout simple, mais on a oublié de regarder ce qu’il y avait  à l’intérieur!

 

En fait, on peut même demeurer québécois, sous emballage canadien, avec cette notion de nation si on en décide ainsi. C’est ce que font les premières nations par exemple, car les nations ethniques, sociologiques,  politiques et territoriales peuvent cohabiter et se chevaucher sans être mutuellement exclusives, ni totalement inclusives, dans un même espace géographique comme l’est le Canada! C’est une question de force du groupe. Les plus forts conservent ainsi leurs caractéristiques distinctives alors que les autres sont assimilés avec le temps aux plus forts. Cela n’empêche cependant pas les emprunts, car tout groupe social emprunte et donne à ceux avec qui il interagit. C’est une caractéristique propre aux groupes sociaux et aux Hommes en général.    

 

 Si la nation québécoise définit par contre un groupe homogène, ayant des valeurs communes, c’est autre chose. Toutes personnes partageant ces valeurs sont invitées à la fête nationale, car elle n’est plus synonyme de territorialité, mais de groupe social. Ces valeurs peuvent être linguistiques, sociales, religieuses ou politiques par exemple. On peut penser ici au partage de la langue française comme on peut penser à l’appartenance à la communauté hellénique pour la fête de la Grèce! De là, cependant,  vient la confusion, car si est québécois toutes personnes habitant le Québec, comment on peut dire que la fête nationale ne concerne que les Québécois francophones? C’est que la fête nationale vient de la St-Jean-Baptiste, fête des Canadiens français. C’était une fête ethnique et religieuse. La St-Jean pouvait ainsi unir tous les canadiens français et leurs descendants, même ceux établis hors du Canada comme les Franco-américains. On pouvait donc les inviter à se joindre à nous dans cette grande fête de la nation canadienne-française. Mais, on ne parlait pas d’une fête du Québec. En parlant d’une fête du Québec, cela doit inclure les Québécois de toutes origines à moins de revenir  à la fête des Canadiens français à laquelle seraient conviés tous nos amis québécois… en français d’abord! Mais, s’ils veulent nous en pousser une ou deux dans leurs langues, entre amis ça se fait! 

 

Cependant, comme les nationalistes ne peuvent accepter l’étiquette de Canadiens, ils ne peuvent pas davantage accepter celle de l’ethnie canadienne-française. Ils doivent donc se contorsionner pour faire une fête des Québécois qui concerne d’abord les Canadiens français tout en se montrant inclusive sans laisser de place à l’anglais, même s’il est du Québec! Ça en devient parfois gênant. Quant aux autres ethnies, on les accepte les bras grands ouverts, car on en a besoin pour gagner un éventuel référendum sur la souveraineté! Puis, on aime bien la musique du monde. Pourtant, ça doit bien inclure de la musique anglophone si je me fie à ce que les radios diffusent. Il faut même des quotas pour empêcher les radios francophones de trop diffuser de musique anglaise, car on en demande et en redemandons encore plus! Toujours plus! On est donc carrément dans nos paradoxes avec cette fête nationale, ce qui donne une fête qui n’a plus de sens. Alors, fêtons plutôt Montréal! C’est même ma nation, car je me sens bien plus montréalais que québécois, ce depuis plusieurs années.

 

Avis :

 

Ceux qui croient que j’ai écrit ce texte parce que je m’appelle Handfield se trompent, car je suis francophone. Francophone au point de me faire dire que je ne suis pas assez « fluent » en anglais pour certains emplois! C’est t’y assez francophone pour vous?

 

Notes :

 

1. Quelle notion que la nation?, Societas Criticus Vol 8 no 4, section Dossier/Essai

 

2. Chanson de l’album « Les cinq saisons » d’Harmonium (1975).

 

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Societas Criticus, revue de critique sociale et politique, Vol. 11 no 4, Éditos : www.societascriticus.com

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Le nucléaire!

Pas à n’importe quel prix, mais des compromis sont possibles!

Michel Handfield

 

19 juin 2009

 

La réfection de la centrale nucléaire de Gentilly-2 d’Hydro-Québec a fait objet de quelques oppositions (1), mais de peu de débats. Certainement moins que la crise des isotopes dont on entend beaucoup parler! Alors que ceux-ci sont nécessaires en médecine moderne, le Canada « sortira [pourtant] progressivement de l'industrie pour laisser la place aux concurrents étrangers » a dit le premier ministre Harper dernièrement! (2) Ma question est donc :

 

Pourquoi ne pas profiter des rénovations de Gentilly II pour en faire un lieu de production d’isotopes puisqu’ils sont si nécessaires et si peu produits?

 

Quant aux profits, ils pourraient être réinvestis dans notre système de santé! Ce n’est cependant qu’une suggestion, car n’étant pas un spécialiste de la question, il y a peut-être des facteurs techniques, de coûts ou de sécurité qui rendraient cette aventure hasardeuse et que je ne connais pas. J’en conviens, mais avant toute chose, il faudrait examiner cette possibilité vu la crise des isotopes médicaux dans laquelle on est actuellement plongé.

 

 C’est ma suggestion, car je crois qu’il y a une différence entre faire de l’énergie nucléaire, énergie qu’on peut aussi obtenir autrement (3),  et faire des isotopes médicaux en plus de l’énergie produite par le nucléaire. C’est là une nuance importante que les environnementalistes devraient considérer. Je crois que s’ils ne le comprennent pas, une vaste majorité de la population ne serait pas contre le fait qu’on regarde attentivement cette avenue. La balle est donc relancée! A Hydro-Québec et au gouvernement de la saisir au bond.    

 

Notes:

 

1. Michel Duguay, Michel Fugère, et Pierre Lambert, Pourquoi la centrale nucléaire Gentilly-2 devrait être fermée, Alternatives,  mercredi 26 novembre 2008: www.alternatives.ca/article4164.html

 

2. Hélène Buzzetti, Finis, les isotopes made in Canada, Le Devoir, Édition du jeudi 11 juin 2009 : www.ledevoir.com/2009/06/11/254490.html

 

3. On peut toujours faire de l’énergie autrement ou réduire notre consommation, puisque Gentilly 2 ne « représente [que] 3 % du parc de production d’Hydro-Québec », ce qui est peu.  (www.hydroquebec.com/gentilly-2/index.html)

 

Autres Hyperliens :

 

http://fr.wikipedia.org/wiki/Centrale_nucl%C3%A9aire_de_Gentilly

 

www.urgencenucleaire.qc.ca/centrale.php

 

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Societas Criticus, revue de critique sociale et politique, Vol. 11 no 4, Éditos : www.societascriticus.com

 

 

 

 

Vol 11 no 3

 

Societas Criticus, revue de critique sociale et politique, Vol. 11 no 3, Éditos : www.societascriticus.com

 

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Est ce que la croyance est un droit?

Michel Handfield (8 juin 2009)

 

       Depuis plusieurs mois on débat de la religion à l’école comme étant un droit. On croyait pourtant la question réglée avec la déconfessionnalisation des commissions scolaires, en 1997, qui devinrent linguistiques. Cependant, la loi laissait les écoles confessionnelles. (1) Ce ne sera qu’en 2005 que Québec annoncera  « qu'il n'y aura plus d'enseignement religieux confessionnel à compter de l'automne 2008. » (2) Un nouveau « programme d'éthique et de culture religieuse » (3) prendra la place des anciens cours de religion et de morale, mais obligatoire pour tous! (4) Les enfants seront exposés à un topo généralisé des religions peu importe la foi de leurs parents. Là, des parents diront leurs droits brimés, l’éducation de la foi étant leur responsabilité.  Mais, l’éducation générale n’est-elle pas celle de l’école?

 

Attention, pour comprendre, il y a au moins un a priori : la croyance religieuse, ce n’est pas un droit, mais une liberté! L’article 2 de la Charte canadienne des droits et libertés (5) et est très clair sur le sujet :

     

« Chacun a les libertés fondamentales suivantes :

 

a) liberté de conscience et de religion;

 

b) liberté de pensée, de croyance, d'opinion et d'expression, y compris la liberté de la presse et des autres moyens de communication;

 

c) liberté de réunion pacifique;

 

d) liberté d'association. »

     

Quant à l’article 3 de la Charte des droits et libertés de la personne du Québec (6), il va comme suit et est tout aussi limpide :

     

« Toute personne est titulaire des libertés fondamentales telles la liberté de conscience, la liberté de religion, la liberté d'opinion, la liberté d'expression, la liberté de réunion pacifique et la liberté d'association. »

     

La religion est donc une liberté. Alors, comment juger de la place de l’enseignement religieux à l’école? Comme pour les autres libertés et croyances tout simplement. Comparons!

 

Comme c’est de l’école dont on parle ici, prenons une comparaison scolaire. Si on veut savoir comment conjuguer un verbe en « er », comme aimer par exemple, on peut prendre un verbe en « ir », comme finir, pour en  vérifier la conjugaison. Ainsi « j’ai aimer » sera « j’ai aimé » puisqu’on ne dit pas « j’ai finir », mais « j’ai fini ».  Alors, sur l’obligation de l’enseignement religieux que certains revendiquent, vérifions avec l’enseignement d’une autre croyance : l’horoscope! Enseigne-t-on l’horoscope à l’école par exemple? Peut-on s’absenter d’un examen parce que l’horoscope du journal nous dit un matin que « le capricorne est mieux de ne pas donner de réponses aujourd’hui »? Non! Pourtant, l’horoscope est une croyance au même titre que la religion. Des leaders du monde d’aujourd’hui consultent leur astrologue comme d’autres le curé. (7) Alors, l’une comme l’autre s’équivalent. Mais, l’une comme l’autre ne devraient pas avoir un accès privilégié à l’école puisque ce sont des croyances, pas de la science!

 

On ne devrait pas pouvoir empêcher un enfant d’apprendre la science ou l’histoire parce que les parents croient que la science est une invention romanesque; que Darwin est un « cave »; que la terre est plate; ou que l’histoire va contre leurs croyances que la terre n’a que 10.000 ans! (8) On ne devrait pas non plus poursuivre ce jeu religieux en enseignant la religion ou l’éthique et la culture religieuse à l’école. Du moins, pas sous la forme d’un cours consacré à cette seule matière. Ainsi, on ne heurte plus les croyances, car on les met à leur place hors de l’école, et on instruit les enfants.  

 

Par contre, il n’est pas dit que les enfants, vivant dans un monde de plus ouvert, ne doivent pas savoir de quoi il s’agit en matière de croyances religieuses, que ce soit celles de leurs parents ou des autres, car ces croyances ont un impact social et politique important même dans un monde dit déconfessionnalisé. On le voit par les débats qui traversent nos sociétés modernes que ce soit ici ou ailleurs. Il suffit de regarder les nouvelles pour le comprendre. Comme on parle ici de croyances qui ont influencé l’histoire et qui influencent encore la politique dans certaines régions du monde, on devrait intégrer cela aux cours d’histoire et de géographie, où cela aurait davantage sa place, car cela enlèverait la charge religieuse et émotive qui demeure autour de ce terme de religion dans un système qui se dit – et se veut – laïque et ouvert. (9) Quant à la partie éthique et citoyenne on devrait faire un nouveau programme sur ce sujet : Vie sociale ou Société 101 par exemple!       

     

En conclusion, on ne peut brimer le droit à l’éducation de l’enfant pour les croyances des parents,   même si « Les parents ou les personnes qui en tiennent lieu ont le droit d'assurer l'éducation religieuse et morale de leurs enfants conformément à leurs convictions, dans le respect des droits de leurs enfants et de l'intérêt de ceux-ci. »  (10) Mais, il ne faudrait pas oublier les derniers mots de cet article : « l'intérêt de ceux-ci », ce qui ne va pas nécessairement avec les croyances des parents. Ils doivent donc avoir une éducation plus large et neutre à l’école qu’à la maison dans leur propre intérêt. Aux parents de leur enseigner des balivernes s’ils le veulent, mais ils ne doivent pas imposer à l’école de les enseigner à leur place ni les retirer du cursus éducatif au nom de ces croyances, car ce ne sont que des croyances! Au moins, s’ils ont une bonne éducation à l’école, ils pourront toujours choisir en connaissance de cause plus tard. L’école doit former des citoyens, pas des crédules! Moi aussi j’ai des croyances, mais j’ai aussi des doutes, car je suis conscient que ce ne sont que des croyances. C’est ce qui fait que je mettrais cet avis sur toutes les églises : « Attention, le danger croit avec l’usage! » Comme pour la cigarette, car parfois la religion peut devenir aussi nocive. C’est là qu’on voit la nécessaire séparation de l’État et de l’église quelle qu’elle soit! Et cela commence en éliminant l’enseignement religieux de l’école sans compromis, ce qui inclut de mettre fin aux écoles confessionnelles même privées.  

 

Notes :

 

1. Claude Gauvreau, Éthique et culture religieuse à l'école (au sujet du livre de Georges Leroux, « Éthique, culture religieuse, dialogue », paru chez Fides), in Journal L'UQAM, vol. XXXIV, no 8 (7 janvier 2008) :

www.uqam.ca/entrevues/2008/e2008-003.htm

 

2. Ibid.

 

3. Ibid. Pour connaître ce programme :

www.mels.gouv.qc.ca/sections/ecr/pdf/EthiqueCultRel_Primaire.pdf.

 

4. Il y a encore des exceptions religieuses nous apprenait Le Devoir cette semaine. Voir Clairandrée Cauchy, Écoles juives orthodoxes - Une solution dans les zones grises, Le Devoir, Édition du samedi 06 et du dimanche 07 juin 2009 : www.ledevoir.com/2009/06/06/253651.html

 

Puis, il y a ceux qui utilisent la voie légale pour briser cette obligation :

 

« Après des parents de Granby qui revendiquent auprès des commissions scolaires la possibilité d'exempter leurs enfants du nouveau cours d'éthique et culture religieuse (ECR), voilà maintenant qu'un collège catholique anglophone réclame la possibilité de le remplacer par un programme local, qui n'abandonnerait pas la perspective catholique. »

 

Et ces deux cas se retrouvent en cour, façon de tester la validité de la loi! Voir  Clairandrée Cauchy, La cause du Loyola High School en cour - Les jésuites contestent à leur tour le nouveau cours d'éthique, Le Devoir, Édition du lundi 08 juin 2009 : www.ledevoir.com/2009/06/08/253885.html

 

5. http://lois.justice.gc.ca/fr/Charte/index.html

 

6. Charte des droits et libertés de la personne :

http://www2.publicationsduquebec.gouv.qc.ca/dynamicSearch/telecharge.php?type=2&file=/C_12/C12.HTM

 

7. « Politiques, artistes, financiers, stars des médias, patrons... personne ne résiste à ces gourous des temps modernes. A tort ou à raison? » Voilà la présentation de cet article étonnant de Marie Huret : « L'étonnante influence des astrologues » publié le 07/12/2000 dans l’express et que nous retrouvons encore sur le site de cette revue :

www.lexpress.fr/informations/l-etonnante-influence-des-astrologues_640693.html

 

8. Je suis convaincu, même, que certains parents auraient dû avoir une meilleure éducation scientifique plutôt que religieuse. Les choses n’en seraient que  mieux!

 

9. La même chose est vraie de l’horoscope. Si un personnage historique ou un homme politique avait un astrologue, c’est le cours d’histoire que cela regarde. Si c’est un personnage contemporain qui est reconnu pour avoir recours à ce genre de conseiller, c’est alors le cours de géographie que cela concerne si on y parle de lui. Mais, on n’en fera pas pour autant un cours sur l’astrologie pas plus qu’on devrait en faire un cours sur la religion.  

 

10. On ne retrouve pas cet article dans la charte canadienne, car l’éducation est de compétence provinciale. C’est donc la charte québécoise (voir note 5 pour la référence) qui devrait avoir préséance ici, surtout que les deux chartes reconnaissent que la religion est une liberté de croyance, pas un droit. 

 

Hyperliens :

 

Historique de la déconfessionnalisation des écoles québécoises (Source : Soleil - 18 mars 2006, page D-2) repris avec la permission du journal sur

www.paroissendf.ca/Doc/060318_Sol-Deconfession.pdf

 

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Societas Criticus, revue de critique sociale et politique, Vol. 11 no 3, Éditos : www.societascriticus.com

 

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L’action bénévole…  une bonne affaire!

Michel Handfield

 

24 mai 2009

 

Du 19 au 25 avril dernier c’était la semaine d’action bénévole. (1) Nous l’avions affiché sur notre page calendrier. A cette occasion nous avions été invité à une conférence de presse des « bénévoles d’affaires », mais nous n’en avions pas parlé, pris par d’autres événements.

 

Comme les artistes et artisans du milieu culturel sont souvent des entrepreneurs qui s’ignorent et les entrepreneurs des artistes qui ne savent pas qu’ils le sont, la Chambre de commerce a eu une initiative heureuse pour établir des liens entre eux : faire un réseau pour mailler des gens d’affaires à des artistes selon leurs besoins. C’est là une aide précieuse aux milieux culturels. Pensons au théâtre qui voit un spécialiste du marketing ou du financement rejoindre bénévolement son C.A. Cela apparaît fort intéressant et mérite d’être souligné. Nous avons donc fait une rubrique « implication communautaire » sur notre page Ressources, où vous trouverez ce lien et d’autres qui s’y ajouteront avec le temps. 

 

Mais, la question que cela a soulevé au délinkan intellectuel que je suis est la suivante : Est-ce que cela pourrait aussi être fait dans l’autre sens? Des artistes pour aider les gens d’affaires – et parfois de la politique – car bien des fois ces milieux auraient besoins de créativité artistiques! Ce serait comme un petit « plus » qui pourrait les aider eux-aussi. Prochaine étape peut être, ce qui s’insérerait très bien dans la suite du livre de  Patricia Pitcher,  « Artistes, artisans et technocrates »  (1994, Montréal: HEC-Québec/Amérique) qui a pris de l’âge, mais n’a pas vieilli tant que cela non plus. A suivre. 

 

Note :

 

1. Voici les prochaines dates :

 

18 au 24 avril 2010

17 au 23 avril 2011

15 au 21 avril 2012

 

Hyperliens :

 

Voir notre page Ressources :

www.societascriticus.com/ressources.html

 

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Societas Criticus, revue de critique sociale et politique, Vol. 11 no 3, Éditos : www.societascriticus.com

 

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Salut Bozo

Michel Handfield, éditeur de Societas Criticus

 

13 avril 2009

 

       Cette nuit, vers 1 heure du matin, nous a quitté une collaboratrice ailée qui se tenait souvent sur mon épaule, me mordant l’oreille lorsqu’elle me trouvait dissipé devant mon ordinateur. 15 ans qu’elle m’accompagnait, étant là quand je cogitais l’idée de faire Societas Criticus. Informée, elle comptait parmi les auditrices de Radio-Canada, écoutait le téléjournal, des émissions de sciences et des DVD choisit par l’éditeur. Elle n’aurait pas coupé les budgets de la Société Radio-Canada ni à l’exportation de la culture. Bref, elle aurait dû se mériter le droit de vote, car elle était plus informée que certaines gens qui croient davantage aux histoires religieuses et à l’horoscope  qu’à la science. (1) Ce n’est pas peu dire. Cela montre tout le chemin à parcourir pour sortir d’un certain obscurantisme qui existe encore, surtout quand un oiseau est plus informé qu’un ministre conservateur, soit le ministre d’État aux Sciences et à la Technologie du Canada, Gary Goodyear, « qui refuse depuis quelques jours d'admettre clairement que la théorie de Darwin sur l'évolution est la théorie qui explique les formes de vie sur terre, laissant l'impression qu'il est plutôt créationniste. » (2) 

 

Qu’ajouter à cela, sauf salut Bozo. Tu me manqueras dans ce monde où l’obscurantisme religieux et conservateur passe comme un gros nuage au dessus de nos têtes. Toi, tu étais un oiseau brillant.  Je ne peux en dire autant de certaines gens qui nous gouvernent. Si vous êtes un ou une idéologue de Dieu ou politique, qui connaissez la bible sur le bout de vos doigts, mais ne connaissez ni Marx, ni Diogène, passez votre chemin et ne sonnez pas à ma porte pour me conter vos histoires, car vous écouter serait faire injure à la mémoire de cet oiseau qui avait plus de savoirs que vous. 

 

Notes :

 

1. Moi aussi j’ai des croyances, mais je suis conscient que ce sont des croyances. Alors, j’ai toujours une certaine dose de doute et de scepticisme qui m’accompagne. Parfois, je me demande si certains prophètes respectés de ma propre tradition religieuse (catholique) ne seraient pas sous médication aujourd’hui, car ils attendaient la voix de Dieu ou de ses anges aux endroits les plus insolites et improbables, n’en déplaise aux fondamentalistes, même chrétiens. J’ai donc des doutes, je suis de gauche, mais j’ai une certaine foi et je ne l’abdique pas, car je ne peux me résoudre à laisser la foi aux seuls fondamentalistes et idéologues de droite, trop sûrs d’eux et dangereux pour cette seule raison. Si on a crucifié Jésus, c’est peut être qu’il était révolutionnaire. Ne disait-il pas  « aimez-vous les uns les autres » comme Marx dira plus tard « unissez-vous! »

 

2. Lina Dib de La Presse Canadienne, Ottawa, Des communicateurs scientifiques réclament la démission du ministre Goodyear, in cyberpresse.ca,  19 mars 2009 :  

www.cyberpresse.ca/actualites/quebec-canada/politique-canadienne/200903/19/01-838280-des-communicateurs-scientifiques-reclament-la-demission-du-ministre-goodyear.php

 

Sur le même sujet, voici une autre citation, du Devoir celle-là :

 

« Le ministre d'État aux Sciences et à la Technologie, Gary Goodyear, ne devait pas s'attendre à ce qu'une entrevue au Globe and Mail le plonge dans pareil embarras. Cependant, en refusant de dire ce qu'il pensait de la théorie de l'évolution parce qu'il considérait ne pas avoir à répondre de ses croyances religieuses, ce fervent évangéliste et créationniste s'est retrouvé au cœur d'une polémique. Une vraie tuile pour le gouvernement, qui tente de démontrer que son budget ne néglige pas le soutien à la recherche. » (Manon Cornellier, Revue de presse - Cocktail explosif, Le Devoir, Édition du samedi 21 et du dimanche 22 mars 2009 :  www.ledevoir.com/2009/03/21/240902.html)

 

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Societas Criticus, revue de critique sociale et politique, Vol. 11 no 3, Éditos : www.societascriticus.com

 

 

 

Vol 11 no 2

 

Societas Criticus, revue de critique sociale et politique, Vol. 11 no 2, Éditos : www.societascriticus.com

 

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Temps de crise, temps d’éduquer!

Michel Handfield

 

25 février 2009

 

Dans le premier film du Che (sur ses années Cuba) dont nous parlons dans notre section cinéma, il insiste continuellement sur l’importance de l’éducation pour ne pas être manipulé. Il répète continuellement aux gens qui veulent s’enrôler avec eux qu’il est aussi important d’apprendre à lire et à écrire que de prendre les armes. L’éducation conduit à une certaine forme de liberté pense-t-il. 

 

       Mais, pour avoir une éducation qui conduit à la liberté, il faut une éducation humaniste, scientifique et critique. Parfois, l’éducation est aussi idéologique. Pensons à l’éducation religieuse dans certains pays : conduit-elle à la liberté ou à reproduire une certaine forme d’asservissement? Poser la question, c’est un peu y répondre. Qu’est-ce ce que l’école fait? Voilà la question.

 

Même ici, l’école vise souvent à fournir de la main-d’œuvre aux entreprises plutôt qu’à former des esprits libres! Des formations plus légères sont même dessinées pour répondre aux besoins des entreprises en main-d’œuvre sans avoir à suivre la formation générale plus complète. C’est le cas de l’attestation d’études collégiales (AEC) au lieu du diplôme d’études collégiales (DEC), qui ouvrirait sur des perspectives plus critique avec les cours de philosophie par exemple. On réduit l’éducation à de l’enseignement utile parfois. Façon de faire des automates plutôt que des êtres libres!

 

Le Che avait raison sur un point: il faut apprendre à lire et à écrire, car ce sont les outils qui permettent d’aller voir autre chose. Mais, pour cela, faut-il en avoir le goût ou avoir appris à le faire. Puis, si toutes les valeurs sont égales, on défend quoi?  On s’y retrouve comment? D’où l’importance de l’éducation populaire.

 

En cette période morose au plan économique, pourrions-nous revenir à plus de contenu dans l’éducation au sens large. Redévelopper l’éducation  aux adulte et l’éducation populaire tant dans les commissions scolaires que les cégeps? Ouvrir le milieu à d’autres spécialistes que les seuls pédagogues? Oui, il en faut des pédagogues, mais l’éducation ne se réduit surtout pas à la pédagogie. Socrate, Aristote ou Platon ont traversés le temps sans être formé à cette école. Donc, oui à la méthode, mais encore faut-il élargir les contenus. Si on ne peut le faire dans le cursus scolaire régulier, on devrait au moins le faire à l’éducation des adultes et en éducation populaire.

 

En ce temps de morosité économique et de pertes d’emplois, c’est justement le temps d’investir en éducation :

 

« Pis encore, un portrait tracé par la Commission scolaire de Montréal (CSDM) montre que, parmi les élèves admis au secondaire en 2002, la proportion des élèves qui ont fui les bancs d'école a dépassé celle des diplômés (40,7 %) après cinq ans. » (1)

 

Attention, investir en éducation, ce n’est pas qu’une question d’argent. C’est peut être de changer le modèle unique qui est en place et qui ne semble pas donner les résultats auxquels on serait en droit de s’attendre : 60% des élèves qui fuient les bancs de l’école, c’est un échec. Il faut peut être changer l’approche. Offrir plus de modèles que l’approche unique. « One tall, fit all » ça fonctionne peut être bien pour les T-shirts, mais pas pour l’éducation. Ce n’est pas l’idée du siècle! (2) On doit ouvrir l’éducation à d’autres penseurs que les seuls pédagogues patentés vu les problèmes actuels en ce domaine. L’éducation, c’est aussi social et politique.

 

On doit penser l’éducation comme étant davantage qu’utile. Former en vue des besoins du marché du travail, c’est à courte vue, car le marché du travail suit des modes et des cycles. Devant un changement de mode ou de cycle, on fait quoi avec ceux qui ont été formé pour ce qui n’est plus?

 

Il faut former autrement. Montrer à apprendre et à être autonome; à penser et à être créatif! C’est là que le citoyen sera le moins vulnérable à un marché de l’emploi changeant, car il pourra s’adapter ou créer. Faire autre chose ou autrement. Par contre, ça peut aussi faire un citoyen plus conscient et plus exigeant face à ses élites. C’est peut être cela qui plait le moins et qui fait qu’on évite cette voie trop exigeante pour les dirigeant, car ils seront « challengés » par des citoyens conscients, avisés et informés qui sauront lire entre les lignes.

 

En attendant, l’élite envoie ses enfants dans les meilleures écoles privées ici et, parfois, à l’étranger pendant que les autres ont une école qui ne peut même plus retenir ses enfants. Pourtant, dans une pouponnière, qui pourrait dire la différence entre tous ces bébés, qu’ils viennent de ville Mont-Royal, du quartier St-Michel, de Ste-Foy ou d’Hull? Mais, le milieu (3) et l’éducation feront que l’un sera peut être président de banque ou chirurgien pendant que l’autre livrera des commandes en vélo ou passera des circulaires de porte en porte! On dit que la lutte des classes est terminée au sens marxien du terme, mais la lutte des meilleures classes est commencée! Le rang est affaire de savoirs dans la société post-industrielle (4) et l’école se spécialise, l’une formant l’élite, l’autre la main-d’œuvre! Ceux qui refusent le système ou n’ont pas les moyens de changer de voie, c'est-à-dire de passer au privé ou, au minimum, dans une école publique plus élitiste, comme les quelques écoles à vocation internationale ou alternatives du régime public par exemple, sont peut être plus susceptibles de décrocher, car le décrochage touche non seulement les cancres, mais aussi les « bollés »! Puis, qui dit que les cancres ne sont pas des « bollés » en puissance que l’école ne peut tout simplement pas aider? (5) Suffirait parfois de les prendre autrement.

 

Il faut donc revoir nos modèles pour donner des chances égales à l’éducation, surtout dans un monde qu’on dit du savoir. Et,  l’éducation populaire en est un, car en améliorant l’éducation des parents, on accroitra les chances de réussites des enfants. Encore faut-il y investir.  

 

 

Notes :

 

1. Isabelle Paré, Lutte contre le décrochage scolaire - La CSQ réclame un sommet, Le Devoir, édition du lundi 16 février 2009 : www.ledevoir.com/2009/02/16/234038.html

 

2. Sur le sujet vous renvoyons à nos textes « Parlons d’éducation : de la pénurie de personnel enseignant aux problèmes scolaires, une réflexion s’impose » (Societas Criticus, revue de critique sociale et politique, Vol. 9 no 4, Essais) et « Enseigner, les suites! » (Societas Criticus, revue de critique sociale et politique, Vol. 9 no 7, Essais) qui sont deux de nos textes importants sur le sujet de l’éducation.

 

3. « Tout le monde convient que le facteur socio-économique est déterminant. Un élève inscrit à une école de Westmount a presque sept fois plus de chances de terminer son secondaire que son camarade de Pointe-Saint-Charles. »   (Michel David, L'école à deux vitesses, Le Devoir, édition du mardi 10 février 2009)   

 

 

4. Je pense ici à un livre que j’ai lu au début de mes études universitaires : Touraine, Alain, 1969, La société post-industrielle, Paris: Denoël, coll. Médiations.

 

5. Autre livre sur l’école à lire : Pennac, Daniel, 2007, Chagrin d’école, France : Gallimard nrf,  Collection blanche

 

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Societas Criticus, revue de critique sociale et politique, Vol. 11 no 2, Éditos : www.societascriticus.com

 

 

 

 

1.  « De la critique… naît la fleur du changement » fut notre «slogan » du vol. 2 no. 2 (Mars 2000) au vol. 2 no. 4 (Hiver 2000-1)… et fut remplacé dès le Vol. 3 no. 1 par « On n’est pas vache… on est critique! » qui était le « slogan » du site Internet, car à l’époque la revue n’était pas en ligne, mais envoyé par courriel.  Nous avons récupéré ce slogan pour notre page éditoriale au Volume 5 de la revue. Un clin d’œil à nos débuts.

 

 

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