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Éditos

25 juin, 2009

 

www.societascriticus.com

 

 

Edito-criticus!

De la critique… naît la fleur du changement! (1)

 

 

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Vol 11 no 4

 

En mode Urbain-été! (juin @ septembre)

 

L’Iran : appuyons le mouvement de changement!

La fausse nation : en voilà la preuve!

Le nucléaire! Pas à n’importe quel prix, mais des compromis sont possibles!

 

Vol 11 no 3

 

Est ce que la croyance est un droit?

L’action bénévole…  une bonne affaire!

Salut Bozo

 

Vol 11 no 2

 

Temps de crise, temps d’éduquer!

 

Vol 10 no 6

 

Édito des fêtes 2008-9

Heureux…

 

Vol 10 no 5

 

En quelques mots : De la différence entre gouvernement libéral et conservateur

« Assez de politique, c’est le temps de reprendre les affaires. »

Un deux pour un! (L’art de ne pas se faire avoir de Mohamed Lotfi et Élections 2008 de moi-même!)

 

Vol 9 no 8

 

Que nous enseigne l’affaire Schreiber!

 

Criticus Politikos (archives)

 

Toutes nos archives sont disponibles en ligne à Bibliothèque et Archives Canada

Revue Societas Criticus  à Bibliothèque et Archives nationales du Québec

 

Vol 11 no 4

 

 

Societas Criticus, revue de critique sociale et politique, Vol. 11 no 4, Éditos : www.societascriticus.com

 

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En mode Urbain-été! (juin @ septembre)

Michel Handfield

 

Nouvelle expérience Societas Criticus/D.I.! Nous passons en mode urbain-été, car nous sommes en été et urbain.  Notre regard ne sera pas plus léger, mais moins lourd. Ceci ne veut pas dire que nous ne regarderons pas aussi le Politique, mais on essaiera  de faire plus court. Peut être adopterons nous ce style par la suite. On se doit d’évoluer.

 

Parlant d’évolution, je suis aussi sur  Twitter (http://twitter.com/laboetie) et  sur Facebook (www.facebook.com/m.handfield), outils que je veux utiliser davantage. On verra bien si cela s’applique à Societas Criticus à l’usage.

 

De plus, après 10 and d’écriture à compte d’auteur,  je viens de me trouver un emploi temporaire de magasinier. Un retour aux sources de mes emplois étudiants, car je faisais ce type de travail alors que j’étudiais en sociologie à l’université de Montréal. Mais, malgré ce travail, je tiens à poursuivre Societas Criticus pour mon équilibre sociologique, car je suis d’abord et avant tout sociologue et j’ai besoin de l’exprimer. On ne peut pas sortir la sociologie du gars si facilement que cela. Et, qui sait, un jour un poste de sociologue s’ouvrira peut être pour moi. La vie est faite d’espoirs. 

 

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Societas Criticus, revue de critique sociale et politique, Vol. 11 no 4, Éditos : www.societascriticus.com

 

 

 

 

Societas Criticus, revue de critique sociale et politique, Vol. 11 no 4, Éditos : www.societascriticus.com

 

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L’Iran : appuyons le mouvement de changement!

Michel Handfield

 

25 juin 2009

 

        Depuis l’élection proclamée de  Mahmoud Ahmadinejad (1),  l’actualité iranienne est à suivre, car une majorité semble s’être éveillée aux problèmes d’une dictature religieuse qui va contre la volonté populaire, mais aussi contre le scrutin exprimé. C’est une première conscientisation. On ne peut cependant pas en tirer de conclusions hâtives. Il est en effet trop tôt pour dire quel en sera l’impact sur le fondamentalisme musulman iranien. (2) Les fondamentalistes profitent d’ailleurs de la situation pour accuser les pays occidentaux de fomenter le trouble, principalement la Grande-Bretagne et les États-Unis! (3) Alors, ce fondamentalisme disparaîtra-t-il ou se mutera-t-il dans une dictature encore plus fermée? On ne peut vraiment pas le dire pour l’instant.  Tout est possible, allant d’une ouverture  vers l’extérieur, en particulier vers l’occident, jusqu’à l’imposition d’une chape de plomb plus épaisse encore, réfrénant ainsi les possibilités de changement pour un temps et refroidissant encore davantage  les relations déjà glaciales de l’Iran avec le monde occidental. On espère cependant que cela ira vers plus  de liberté, mais…

 

On est encore loin de la séparation de l’Église et de l’État; encore plus loin du constat que la religion est une idéologie et une croyance; à des années lumières de comprendre que même si on est croyant, aussi fort que l’on veut, cela ne fera jamais de notre croyance une vérité absolue. Croire, c’est croire, ce qui n’empêche pas la spiritualité au plan personnel, mais ce ne sera toujours qu’une croyance; jamais un fait scientifiquement prouvable, ni une vérité absolue.

 

Même ici, on n’en est pas là, la constitution canadienne promulguant la suprématie de Dieu. Mais, duquel, car on nous a dit bien des choses en son nom dans toutes les religions, mais lui n’a jamais rien signé de sa propre main. En droit, pourtant, ce sont les traités, les contrats et les faits prouvables qui comptent; pas les croyances et les on-dit! Sinon, surtout si Dieu passe avant la primauté du droit comme le veut notre constitution, comment condamner quelqu’un pour avoir commis un acte criminel que Dieu aurait lui-même commandé? Et, pourrions-nous accuser Dieu de complicité? Poser la question, c’est montrer la limite de cette promulgation constitutionnelle! En conséquence, si ces mots, « Attendu que le Canada est fondé sur des principes qui reconnaissent la suprématie de Dieu et la primauté du droit » (http://lois.justice.gc.ca/fr/charte/1.html), ne sont que des paroles pour plaire aux groupes religieux, car on ne peut amener Dieu en cour, ni prouver son existence ou sa non-existence (4), quoi qu’en pensent et en disent certains (5), on devrait réécrire ce passage de notre constitution en appui à ceux qui luttent contre des dictatures religieuses ou basées sur des croyances pour en éliminer Dieu. J’invite donc nos politiciens à changer cette formulation pour celle-ci, plus rationnelle et juridiquement fondée sur la séparation de l’Église et de l’État dont on se réclame pourtant : « Attendu que le Canada est fondé sur la primauté du droit »…  Ce serait une façon d’appuyer le peuple iranien et les autres peuples qui commencent à remettre en cause le religieux dans la sphère publique et politique de leur pays. Osons le faire à l’unanimité du parlement fédéral et des législatures provinciales! C’est tout ce que j’avais à dire sur cette crise. Pour l’instant du moins.

 

Notes :

 

1. http://fr.wikipedia.org/wiki/Élection_présidentielle_iranienne_de_2009

 

www.lemonde.fr/proche-orient/article/2009/06/13/mahmoud-ahmadinejad-en-route-vers-la-victoire_1206422_3218.html

 

2. Si je parle ici de « fondamentalisme musulman iranien », il y a d’autres formes de fondamentalisme aussi, musulman et non musulman. Toutes les religions ont leurs fondamentalistes d’ailleurs, juifs et chrétiens inclus. Ce n’est pas propre aux grandes religions non plus, car même de petites sectes peuvent être fondamentalistes ou le devenir, parfois même davantage que de grandes religions, car beaucoup plus fermées sur elle-même! Il y a aussi des fondamentalismes politiques.  Pensons au régime nord-coréen par exemple. Des fondamentalismes, il y en a autant qu’il y a d’idéologies! C’est dire qu’il peut y en avoir beaucoup. Parfois, deux ou plusieurs  fondamentalismes peuvent s’unir pour en former un nouveau,  comme religion et politique se sont unies dans le sionisme. Mais, ce ne sont pas tous les juifs qui sont sionistes faut-il le rappeler! (Rabkin, Yakov M., 2004, L’opposition juive au sionisme, Québec : Les presses de l’université Laval)

 

3. Radio-Canada.ca/Nouvelles/International, « Crise en Iran :

Téhéran sermonne l'Occident », mercredi 24 juin 2009 : www.radio-canada.ca/nouvelles/International/2009/06/24/002-iran-durcit-ton-occident.shtml

 

4. Même si j’ai mes croyances, je suis pleinement conscient que ce sont des croyances. De toute façon, en matière de Dieu, de religion et de spiritualité tout est croyance : on croit en l’existence ou la non-existence de Dieu ou d’une force quelconque, car on n’a pas de preuves ni dans un sens ni dans l’autre. Que des questions philosophiques, théologiques et existentielles? On peut alors se demander qui a créé l’univers, si ce n’est Dieu? Mais, on peut aussi se  demander qui a créé Dieu?  Et pourquoi Dieu, l’univers ou l’Homme ne se seraient-ils pas créés seuls? Autocréation ou évolution à partir d’une poussière céleste qui serait Dieu? Mais, d’où venait cette poussière?  

 

S’il faut absolument qu’une chose soit créée pour exister, ce que disent certains, alors, qui a créé Dieu et qui a créé celui qui a créé Dieu? D’où venait cette particule divine ou cette poussière céleste d’où tout est parti? Énigmes sans fond! Pourquoi Dieu n’aurait-il pas créé les Hommes à son image et les Hommes n’auraient-ils pas créé un Dieu, ou des dieux, par besoin ou pour atteindre leurs fins? De là à créer son propre Dieu, il n’y a qu’un pas qui fut franchi plus d’une fois déjà, que ce soit individuellement ou collectivement, pour des raisons spirituelles, de bien-être, de cohésion sociale ou de politique! Toutes les raisons sont bonnes d’avoir un Dieu à son image. Bref, Dieu, la foi, les religions et la spiritualité sont de l’ordre des croyances et  non de la science, n’en déplaise aux fondamentalistes de toutes religions, tendances ou croyances. Dieu, une belle énigme qui n’a pas fini de faire parler! Certains ont même écrit qu’il était mort, façon de résoudre cette énigme de la création par un Dieu qui ne serait plus! C’est le cas de  Nietzsche dans « Ainsi parlait Zarathoustra » (1998 [1883-5], France: Maxi-poche classiques étrangers).

  

5. Je pense ici à quelques philosophes, théologiens et exégètes de toutes tendances et confessions religieuses qui soient, même sectaires!

 

Quelques hyperliens à suivre vers les événements iraniens, avec la coopération de Luc Chaput :

 

Élection iranienne sur Google actualités:

 

www.google.com/news?pz=1&ned=fr&hl=fr&q=élection+iranienne

 

Iran sur Radio-Canada :

www.radio-canada.ca/nouvelles/International/2009/02/10/004-iran-accueil-intro.shtml

 

The independant :

www.independent.co.uk/news/world/middle-east/

 

Robert Fisk :

www.independent.co.uk/opinion/commentators/fisk/

 

Moyen-Orient sur le Courrier international :

www.courrierinternational.com/categorie/moyen-orient

 

Aljazeera.net (english):

http://english.aljazeera.net/

 

Tehran times:

www.tehrantimes.com

 

Et sur Twitter :

http://twitter.com/persiankiwi

http://twitter.com/mousavi1388

http://twitter.com/Iran09

http://twitter.com/StopAhmadi

(Source: www.radio-canada.ca/nouvelles/surLeWeb/2009/06/16/)

 

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Societas Criticus, revue de critique sociale et politique, Vol. 11 no 4, Éditos : www.societascriticus.com

 

 

 

Societas Criticus, revue de critique sociale et politique, Vol. 11 no 4, Éditos : www.societascriticus.com

 

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La fausse nation : en voilà la preuve!

Michel Handfield

 

19 juin 2009

 

En juillet 2006, j’écrivais un texte sur la question de la nation québécoise. (1) Pour moi, cette notion de nation, avec laquelle on faisait tant de tapage, ne voulait pas dire grand-chose quoiqu’en disaient le Bloc québécois et le PQ à l’époque. Maintenant, on a la preuve « en pleine face » comme le chantait jadis Harmonium. (2)

 

Si la nation se définit d’abord par l’occupation d’un territoire, alors les groupes anglophones et d’autres cultures doivent avoir leur place aux fêtes nationales, car ils habitent le territoire. Ils font partie de la place. C’est la nation géographique qui se confond aux frontières du Québec. N’y auraient cependant pas droit des chanteurs francophones d’autres territoires s’ils n’habitent pas ici. Cette nation est territoriale et n’est rien d’autre, finalement, qu’un autre nom pour définir la province. On pourrait avoir la nation ontarienne ou la nation albertaine au même titre que la nation québécoise par exemple! Un bel emballage tout simple, mais on a oublié de regarder ce qu’il y avait  à l’intérieur!

 

En fait, on peut même demeurer québécois, sous emballage canadien, avec cette notion de nation si on en décide ainsi. C’est ce que font les premières nations par exemple, car les nations ethniques, sociologiques,  politiques et territoriales peuvent cohabiter et se chevaucher sans être mutuellement exclusives, ni totalement inclusives, dans un même espace géographique comme l’est le Canada! C’est une question de force du groupe. Les plus forts conservent ainsi leurs caractéristiques distinctives alors que les autres sont assimilés avec le temps aux plus forts. Cela n’empêche cependant pas les emprunts, car tout groupe social emprunte et donne à ceux avec qui il interagit. C’est une caractéristique propre aux groupes sociaux et aux Hommes en général.    

 

 Si la nation québécoise définit par contre un groupe homogène, ayant des valeurs communes, c’est autre chose. Toutes personnes partageant ces valeurs sont invitées à la fête nationale, car elle n’est plus synonyme de territorialité, mais de groupe social. Ces valeurs peuvent être linguistiques, sociales, religieuses ou politiques par exemple. On peut penser ici au partage de la langue française comme on peut penser à l’appartenance à la communauté hellénique pour la fête de la Grèce! De là, cependant,  vient la confusion, car si est québécois toutes personnes habitant le Québec, comment on peut dire que la fête nationale ne concerne que les Québécois francophones? C’est que la fête nationale vient de la St-Jean-Baptiste, fête des Canadiens français. C’était une fête ethnique et religieuse. La St-Jean pouvait ainsi unir tous les canadiens français et leurs descendants, même ceux établis hors du Canada comme les Franco-américains. On pouvait donc les inviter à se joindre à nous dans cette grande fête de la nation canadienne-française. Mais, on ne parlait pas d’une fête du Québec. En parlant d’une fête du Québec, cela doit inclure les Québécois de toutes origines à moins de revenir  à la fête des Canadiens français à laquelle seraient conviés tous nos amis québécois… en français d’abord! Mais, s’ils veulent nous en pousser une ou deux dans leurs langues, entre amis ça se fait! 

 

Cependant, comme les nationalistes ne peuvent accepter l’étiquette de Canadiens, ils ne peuvent pas davantage accepter celle de l’ethnie canadienne-française. Ils doivent donc se contorsionner pour faire une fête des Québécois qui concerne d’abord les Canadiens français tout en se montrant inclusive sans laisser de place à l’anglais, même s’il est du Québec! Ça en devient parfois gênant. Quant aux autres ethnies, on les accepte les bras grands ouverts, car on en a besoin pour gagner un éventuel référendum sur la souveraineté! Puis, on aime bien la musique du monde. Pourtant, ça doit bien inclure de la musique anglophone si je me fie à ce que les radios diffusent. Il faut même des quotas pour empêcher les radios francophones de trop diffuser de musique anglaise, car on en demande et en redemandons encore plus! Toujours plus! On est donc carrément dans nos paradoxes avec cette fête nationale, ce qui donne une fête qui n’a plus de sens. Alors, fêtons plutôt Montréal! C’est même ma nation, car je me sens bien plus montréalais que québécois, ce depuis plusieurs années.

 

Avis :

 

Ceux qui croient que j’ai écrit ce texte parce que je m’appelle Handfield se trompent, car je suis francophone. Francophone au point de me faire dire que je ne suis pas assez « fluent » en anglais pour certains emplois! C’est t’y assez francophone pour vous?

 

Notes :

 

1. Quelle notion que la nation?, Societas Criticus Vol 8 no 4, section Dossier/Essai

 

2. Chanson de l’album « Les cinq saisons » d’Harmonium (1975).

 

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Societas Criticus, revue de critique sociale et politique, Vol. 11 no 4, Éditos : www.societascriticus.com

 

 

 

 

Societas Criticus, revue de critique sociale et politique, Vol. 11 no 4, Éditos : www.societascriticus.com

 

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Le nucléaire!

Pas à n’importe quel prix, mais des compromis sont possibles!

Michel Handfield

 

19 juin 2009

 

La réfection de la centrale nucléaire de Gentilly-2 d’Hydro-Québec a fait objet de quelques oppositions (1), mais de peu de débats. Certainement moins que la crise des isotopes dont on entend beaucoup parler! Alors que ceux-ci sont nécessaires en médecine moderne, le Canada « sortira [pourtant] progressivement de l'industrie pour laisser la place aux concurrents étrangers » a dit le premier ministre Harper dernièrement! (2) Ma question est donc :

 

Pourquoi ne pas profiter des rénovations de Gentilly II pour en faire un lieu de production d’isotopes puisqu’ils sont si nécessaires et si peu produits?

 

Quant aux profits, ils pourraient être réinvestis dans notre système de santé! Ce n’est cependant qu’une suggestion, car n’étant pas un spécialiste de la question, il y a peut-être des facteurs techniques, de coûts ou de sécurité qui rendraient cette aventure hasardeuse et que je ne connais pas. J’en conviens, mais avant toute chose, il faudrait examiner cette possibilité vu la crise des isotopes médicaux dans laquelle on est actuellement plongé.

 

 C’est ma suggestion, car je crois qu’il y a une différence entre faire de l’énergie nucléaire, énergie qu’on peut aussi obtenir autrement (3),  et faire des isotopes médicaux en plus de l’énergie produite par le nucléaire. C’est là une nuance importante que les environnementalistes devraient considérer. Je crois que s’ils ne le comprennent pas, une vaste majorité de la population ne serait pas contre le fait qu’on regarde attentivement cette avenue. La balle est donc relancée! A Hydro-Québec et au gouvernement de la saisir au bond.    

 

Notes:

 

1. Michel Duguay, Michel Fugère, et Pierre Lambert, Pourquoi la centrale nucléaire Gentilly-2 devrait être fermée, Alternatives,  mercredi 26 novembre 2008: www.alternatives.ca/article4164.html

 

2. Hélène Buzzetti, Finis, les isotopes made in Canada, Le Devoir, Édition du jeudi 11 juin 2009 : www.ledevoir.com/2009/06/11/254490.html

 

3. On peut toujours faire de l’énergie autrement ou réduire notre consommation, puisque Gentilly 2 ne « représente [que] 3 % du parc de production d’Hydro-Québec », ce qui est peu.  (www.hydroquebec.com/gentilly-2/index.html)

 

Autres Hyperliens :

 

http://fr.wikipedia.org/wiki/Centrale_nucl%C3%A9aire_de_Gentilly

 

www.urgencenucleaire.qc.ca/centrale.php

 

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Societas Criticus, revue de critique sociale et politique, Vol. 11 no 4, Éditos : www.societascriticus.com

 

 

 

  

Vol 11 no 3

 

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Est ce que la croyance est un droit?

Michel Handfield (8 juin 2009)

 

        Depuis plusieurs mois on débat de la religion à l’école comme étant un droit. On croyait pourtant la question réglée avec la déconfessionnalisation des commissions scolaires, en 1997, qui devinrent linguistiques. Cependant, la loi laissait les écoles confessionnelles. (1) Ce ne sera qu’en 2005 que Québec annoncera  « qu'il n'y aura plus d'enseignement religieux confessionnel à compter de l'automne 2008. » (2) Un nouveau « programme d'éthique et de culture religieuse » (3) prendra la place des anciens cours de religion et de morale, mais obligatoire pour tous! (4) Les enfants seront exposés à un topo généralisé des religions peu importe la foi de leurs parents. Là, des parents diront leurs droits brimés, l’éducation de la foi étant leur responsabilité.  Mais, l’éducation générale n’est-elle pas celle de l’école?

 

Attention, pour comprendre, il y a au moins un a priori : la croyance religieuse, ce n’est pas un droit, mais une liberté! L’article 2 de la Charte canadienne des droits et libertés (5) et est très clair sur le sujet :

     

« Chacun a les libertés fondamentales suivantes :

 

a) liberté de conscience et de religion;

 

b) liberté de pensée, de croyance, d'opinion et d'expression, y compris la liberté de la presse et des autres moyens de communication;

 

c) liberté de réunion pacifique;

 

d) liberté d'association. »

     

Quant à l’article 3 de la Charte des droits et libertés de la personne du Québec (6), il va comme suit et est tout aussi limpide :

     

« Toute personne est titulaire des libertés fondamentales telles la liberté de conscience, la liberté de religion, la liberté d'opinion, la liberté d'expression, la liberté de réunion pacifique et la liberté d'association. »

     

La religion est donc une liberté. Alors, comment juger de la place de l’enseignement religieux à l’école? Comme pour les autres libertés et croyances tout simplement. Comparons!

 

Comme c’est de l’école dont on parle ici, prenons une comparaison scolaire. Si on veut savoir comment conjuguer un verbe en « er », comme aimer par exemple, on peut prendre un verbe en « ir », comme finir, pour en  vérifier la conjugaison. Ainsi « j’ai aimer » sera « j’ai aimé » puisqu’on ne dit pas « j’ai finir », mais « j’ai fini ».  Alors, sur l’obligation de l’enseignement religieux que certains revendiquent, vérifions avec l’enseignement d’une autre croyance : l’horoscope! Enseigne-t-on l’horoscope à l’école par exemple? Peut-on s’absenter d’un examen parce que l’horoscope du journal nous dit un matin que « le capricorne est mieux de ne pas donner de réponses aujourd’hui »? Non! Pourtant, l’horoscope est une croyance au même titre que la religion. Des leaders du monde d’aujourd’hui consultent leur astrologue comme d’autres le curé. (7) Alors, l’une comme l’autre s’équivalent. Mais, l’une comme l’autre ne devraient pas avoir un accès privilégié à l’école puisque ce sont des croyances, pas de la science!

 

On ne devrait pas pouvoir empêcher un enfant d’apprendre la science ou l’histoire parce que les parents croient que la science est une invention romanesque; que Darwin est un « cave »; que la terre est plate; ou que l’histoire va contre leurs croyances que la terre n’a que 10.000 ans! (8) On ne devrait pas non plus poursuivre ce jeu religieux en enseignant la religion ou l’éthique et la culture religieuse à l’école. Du moins, pas sous la forme d’un cours consacré à cette seule matière. Ainsi, on ne heurte plus les croyances, car on les met à leur place hors de l’école, et on instruit les enfants.  

 

Par contre, il n’est pas dit que les enfants, vivant dans un monde de plus ouvert, ne doivent pas savoir de quoi il s’agit en matière de croyances religieuses, que ce soit celles de leurs parents ou des autres, car ces croyances ont un impact social et politique important même dans un monde dit déconfessionnalisé. On le voit par les débats qui traversent nos sociétés modernes que ce soit ici ou ailleurs. Il suffit de regarder les nouvelles pour le comprendre. Comme on parle ici de croyances qui ont influencé l’histoire et qui influencent encore la politique dans certaines régions du monde, on devrait intégrer cela aux cours d’histoire et de géographie, où cela aurait davantage sa place, car cela enlèverait la charge religieuse et émotive qui demeure autour de ce terme de religion dans un système qui se dit – et se veut – laïque et ouvert. (9) Quant à la partie éthique et citoyenne on devrait faire un nouveau programme sur ce sujet : Vie sociale ou Société 101 par exemple!       

     

En conclusion, on ne peut brimer le droit à l’éducation de l’enfant pour les croyances des parents,   même si « Les parents ou les personnes qui en tiennent lieu ont le droit d'assurer l'éducation religieuse et morale de leurs enfants conformément à leurs convictions, dans le respect des droits de leurs enfants et de l'intérêt de ceux-ci. »  (10) Mais, il ne faudrait pas oublier les derniers mots de cet article : « l'intérêt de ceux-ci », ce qui ne va pas nécessairement avec les croyances des parents. Ils doivent donc avoir une éducation plus large et neutre à l’école qu’à la maison dans leur propre intérêt. Aux parents de leur enseigner des balivernes s’ils le veulent, mais ils ne doivent pas imposer à l’école de les enseigner à leur place ni les retirer du cursus éducatif au nom de ces croyances, car ce ne sont que des croyances! Au moins, s’ils ont une bonne éducation à l’école, ils pourront toujours choisir en connaissance de cause plus tard. L’école doit former des citoyens, pas des crédules! Moi aussi j’ai des croyances, mais j’ai aussi des doutes, car je suis conscient que ce ne sont que des croyances. C’est ce qui fait que je mettrais cet avis sur toutes les églises : « Attention, le danger croit avec l’usage! » Comme pour la cigarette, car parfois la religion peut devenir aussi nocive. C’est là qu’on voit la nécessaire séparation de l’État et de l’église quelle qu’elle soit! Et cela commence en éliminant l’enseignement religieux de l’école sans compromis, ce qui inclut de mettre fin aux écoles confessionnelles même privées.  

 

Notes :

 

1. Claude Gauvreau, Éthique et culture religieuse à l'école (au sujet du livre de Georges Leroux, « Éthique, culture religieuse, dialogue », paru chez Fides), in Journal L'UQAM, vol. XXXIV, no 8 (7 janvier 2008) : www.uqam.ca/entrevues/2008/e2008-003.htm

 

2. Ibid.

 

3. Ibid. Pour connaître ce programme : www.mels.gouv.qc.ca/sections/ecr/pdf/EthiqueCultRel_Primaire.pdf.

 

4. Il y a encore des exceptions religieuses nous apprenait Le Devoir cette semaine. Voir Clairandrée Cauchy, Écoles juives orthodoxes - Une solution dans les zones grises, Le Devoir, Édition du samedi 06 et du dimanche 07 juin 2009 : www.ledevoir.com/2009/06/06/253651.html

 

Puis, il y a ceux qui utilisent la voie légale pour briser cette obligation :

 

« Après des parents de Granby qui revendiquent auprès des commissions scolaires la possibilité d'exempter leurs enfants du nouveau cours d'éthique et culture religieuse (ECR), voilà maintenant qu'un collège catholique anglophone réclame la possibilité de le remplacer par un programme local, qui n'abandonnerait pas la perspective catholique. »

 

Et ces deux cas se retrouvent en cour, façon de tester la validité de la loi! Voir  Clairandrée Cauchy, La cause du Loyola High School en cour - Les jésuites contestent à leur tour le nouveau cours d'éthique, Le Devoir, Édition du lundi 08 juin 2009 : www.ledevoir.com/2009/06/08/253885.html

 

5. http://lois.justice.gc.ca/fr/Charte/index.html

 

6. Charte des droits et libertés de la personne :  http://www2.publicationsduquebec.gouv.qc.ca/dynamicSearch/telecharge.php?type=2&file=/C_12/C12.HTM

 

7. « Politiques, artistes, financiers, stars des médias, patrons... personne ne résiste à ces gourous des temps modernes. A tort ou à raison? » Voilà la présentation de cet article étonnant de Marie Huret : « L'étonnante influence des astrologues » publié le 07/12/2000 dans l’express et que nous retrouvons encore sur le site de cette revue : www.lexpress.fr/informations/l-etonnante-influence-des-astrologues_640693.html

 

8. Je suis convaincu, même, que certains parents auraient dû avoir une meilleure éducation scientifique plutôt que religieuse. Les choses n’en seraient que  mieux!

 

9. La même chose est vraie de l’horoscope. Si un personnage historique ou un homme politique avait un astrologue, c’est le cours d’histoire que cela regarde. Si c’est un personnage contemporain qui est reconnu pour avoir recours à ce genre de conseiller, c’est alors le cours de géographie que cela concerne si on y parle de lui. Mais, on n’en fera pas pour autant un cours sur l’astrologie pas plus qu’on devrait en faire un cours sur la religion.  

 

10. On ne retrouve pas cet article dans la charte canadienne, car l’éducation est de compétence provinciale. C’est donc la charte québécoise (voir note 5 pour la référence) qui devrait avoir préséance ici, surtout que les deux chartes reconnaissent que la religion est une liberté de croyance, pas un droit. 

 

Hyperliens :

 

Historique de la déconfessionnalisation des écoles québécoises (Source : Soleil - 18 mars 2006, page D-2) repris avec la permission du journal sur

www.paroissendf.ca/Doc/060318_Sol-Deconfession.pdf

 

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Societas Criticus, revue de critique sociale et politique, Vol. 11 no 3, Éditos : www.societascriticus.com

 

 

 

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L’action bénévole…  une bonne affaire!

Michel Handfield

 

24 mai 2009

 

Du 19 au 25 avril dernier c’était la semaine d’action bénévole. (1) Nous l’avions affiché sur notre page calendrier. A cette occasion nous avions été invité à une conférence de presse des « bénévoles d’affaires », mais nous n’en avions pas parlé, pris par d’autres événements.

 

Comme les artistes et artisans du milieu culturel sont souvent des entrepreneurs qui s’ignorent et les entrepreneurs des artistes qui ne savent pas qu’ils le sont, la Chambre de commerce a eu une initiative heureuse pour établir des liens entre eux : faire un réseau pour mailler des gens d’affaires à des artistes selon leurs besoins. C’est là une aide précieuse aux milieux culturels. Pensons au théâtre qui voit un spécialiste du marketing ou du financement rejoindre bénévolement son C.A. Cela apparaît fort intéressant et mérite d’être souligné. Nous avons donc fait une rubrique « implication communautaire » sur notre page Ressources, où vous trouverez ce lien et d’autres qui s’y ajouteront avec le temps. 

 

Mais, la question que cela a soulevé au délinkan intellectuel que je suis est la suivante : Est-ce que cela pourrait aussi être fait dans l’autre sens? Des artistes pour aider les gens d’affaires – et parfois de la politique – car bien des fois ces milieux auraient besoins de créativité artistiques! Ce serait comme un petit « plus » qui pourrait les aider eux-aussi. Prochaine étape peut être, ce qui s’insérerait très bien dans la suite du livre de  Patricia Pitcher,  « Artistes, artisans et technocrates »  (1994, Montréal: HEC-Québec/Amérique) qui a pris de l’âge, mais n’a pas vieilli tant que cela non plus. A suivre. 

 

Note :

 

1. Voici les prochaines dates :

 

18 au 24 avril 2010

17 au 23 avril 2011

15 au 21 avril 2012

 

Hyperliens :

 

Voir notre page Ressources :

www.societascriticus.com/ressources.html

 

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Societas Criticus, revue de critique sociale et politique, Vol. 11 no 3, Éditos : www.societascriticus.com

 

 

 

Societas Criticus, revue de critique sociale et politique, Vol. 11 no 3, Éditos : www.societascriticus.com

 

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Salut Bozo

Michel Handfield, éditeur de Societas Criticus

 

13 avril 2009

 

        Cette nuit, vers 1 heure du matin, nous a quitté une collaboratrice ailée qui se tenait souvent sur mon épaule, me mordant l’oreille lorsqu’elle me trouvait dissipé devant mon ordinateur. 15 ans qu’elle m’accompagnait, étant là quand je cogitais l’idée de faire Societas Criticus. Informée, elle comptait parmi les auditrices de Radio-Canada, écoutait le téléjournal, des émissions de sciences et des DVD choisit par l’éditeur. Elle n’aurait pas coupé les budgets de la Société Radio-Canada ni à l’exportation de la culture. Bref, elle aurait dû se mériter le droit de vote, car elle était plus informée que certaines gens qui croient davantage aux histoires religieuses et à l’horoscope  qu’à la science. (1) Ce n’est pas peu dire. Cela montre tout le chemin à parcourir pour sortir d’un certain obscurantisme qui existe encore, surtout quand un oiseau est plus informé qu’un ministre conservateur, soit le ministre d’État aux Sciences et à la Technologie du Canada, Gary Goodyear, « qui refuse depuis quelques jours d'admettre clairement que la théorie de Darwin sur l'évolution est la théorie qui explique les formes de vie sur terre, laissant l'impression qu'il est plutôt créationniste. » (2) 

 

Qu’ajouter à cela, sauf salut Bozo. Tu me manqueras dans ce monde où l’obscurantisme religieux et conservateur passe comme un gros nuage au dessus de nos têtes. Toi, tu étais un oiseau brillant.  Je ne peux en dire autant de certaines gens qui nous gouvernent. Si vous êtes un ou une idéologue de Dieu ou politique, qui connaissez la bible sur le bout de vos doigts, mais ne connaissez ni Marx, ni Diogène, passez votre chemin et ne sonnez pas à ma porte pour me conter vos histoires, car vous écouter serait faire injure à la mémoire de cet oiseau qui avait plus de savoirs que vous. 

 

Notes :

 

1. Moi aussi j’ai des croyances, mais je suis conscient que ce sont des croyances. Alors, j’ai toujours une certaine dose de doute et de scepticisme qui m’accompagne. Parfois, je me demande si certains prophètes respectés de ma propre tradition religieuse (catholique) ne seraient pas sous médication aujourd’hui, car ils attendaient la voix de Dieu ou de ses anges aux endroits les plus insolites et improbables, n’en déplaise aux fondamentalistes, même chrétiens. J’ai donc des doutes, je suis de gauche, mais j’ai une certaine foi et je ne l’abdique pas, car je ne peux me résoudre à laisser la foi aux seuls fondamentalistes et idéologues de droite, trop sûrs d’eux et dangereux pour cette seule raison. Si on a crucifié Jésus, c’est peut être qu’il était révolutionnaire. Ne disait-il pas  « aimez-vous les uns les autres » comme Marx dira plus tard « unissez-vous! »

 

2. Lina Dib de La Presse Canadienne, Ottawa, Des communicateurs scientifiques réclament la démission du ministre Goodyear, in cyberpresse.ca,  19 mars 2009 :  

www.cyberpresse.ca/actualites/quebec-canada/politique-canadienne/200903/19/01-838280-des-communicateurs-scientifiques-reclament-la-demission-du-ministre-goodyear.php

 

Sur le même sujet, voici une autre citation, du Devoir celle-là :

 

« Le ministre d'État aux Sciences et à la Technologie, Gary Goodyear, ne devait pas s'attendre à ce qu'une entrevue au Globe and Mail le plonge dans pareil embarras. Cependant, en refusant de dire ce qu'il pensait de la théorie de l'évolution parce qu'il considérait ne pas avoir à répondre de ses croyances religieuses, ce fervent évangéliste et créationniste s'est retrouvé au cœur d'une polémique. Une vraie tuile pour le gouvernement, qui tente de démontrer que son budget ne néglige pas le soutien à la recherche. » (Manon Cornellier, Revue de presse - Cocktail explosif, Le Devoir, Édition du samedi 21 et du dimanche 22 mars 2009 :  www.ledevoir.com/2009/03/21/240902.html)

 

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Societas Criticus, revue de critique sociale et politique, Vol. 11 no 3, Éditos : www.societascriticus.com

 

 

Vol 11 no 2

 

Societas Criticus, revue de critique sociale et politique, Vol. 11 no 2, Éditos : www.societascriticus.com

 

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Temps de crise, temps d’éduquer!

Michel Handfield

 

25 février 2009

 

Dans le premier film du Che (sur ses années Cuba) dont nous parlons dans notre section cinéma, il insiste continuellement sur l’importance de l’éducation pour ne pas être manipulé. Il répète continuellement aux gens qui veulent s’enrôler avec eux qu’il est aussi important d’apprendre à lire et à écrire que de prendre les armes. L’éducation conduit à une certaine forme de liberté pense-t-il. 

 

        Mais, pour avoir une éducation qui conduit à la liberté, il faut une éducation humaniste, scientifique et critique. Parfois, l’éducation est aussi idéologique. Pensons à l’éducation religieuse dans certains pays : conduit-elle à la liberté ou à reproduire une certaine forme d’asservissement? Poser la question, c’est un peu y répondre. Qu’est-ce ce que l’école fait? Voilà la question.

 

Même ici, l’école vise souvent à fournir de la main-d’œuvre aux entreprises plutôt qu’à former des esprits libres! Des formations plus légères sont même dessinées pour répondre aux besoins des entreprises en main-d’œuvre sans avoir à suivre la formation générale plus complète. C’est le cas de l’attestation d’études collégiales (AEC) au lieu du diplôme d’études collégiales (DEC), qui ouvrirait sur des perspectives plus critique avec les cours de philosophie par exemple. On réduit l’éducation à de l’enseignement utile parfois. Façon de faire des automates plutôt que des êtres libres!

 

Le Che avait raison sur un point: il faut apprendre à lire et à écrire, car ce sont les outils qui permettent d’aller voir autre chose. Mais, pour cela, faut-il en avoir le goût ou avoir appris à le faire. Puis, si toutes les valeurs sont égales, on défend quoi?  On s’y retrouve comment? D’où l’importance de l’éducation populaire.

 

En cette période morose au plan économique, pourrions-nous revenir à plus de contenu dans l’éducation au sens large. Redévelopper l’éducation  aux adulte et l’éducation populaire tant dans les commissions scolaires que les cégeps? Ouvrir le milieu à d’autres spécialistes que les seuls pédagogues? Oui, il en faut des pédagogues, mais l’éducation ne se réduit surtout pas à la pédagogie. Socrate, Aristote ou Platon ont traversés le temps sans être formé à cette école. Donc, oui à la méthode, mais encore faut-il élargir les contenus. Si on ne peut le faire dans le cursus scolaire régulier, on devrait au moins le faire à l’éducation des adultes et en éducation populaire.

 

En ce temps de morosité économique et de pertes d’emplois, c’est justement le temps d’investir en éducation :

 

« Pis encore, un portrait tracé par la Commission scolaire de Montréal (CSDM) montre que, parmi les élèves admis au secondaire en 2002, la proportion des élèves qui ont fui les bancs d'école a dépassé celle des diplômés (40,7 %) après cinq ans. » (1)

 

Attention, investir en éducation, ce n’est pas qu’une question d’argent. C’est peut être de changer le modèle unique qui est en place et qui ne semble pas donner les résultats auxquels on serait en droit de s’attendre : 60% des élèves qui fuient les bancs de l’école, c’est un échec. Il faut peut être changer l’approche. Offrir plus de modèles que l’approche unique. « One tall, fit all » ça fonctionne peut être bien pour les T-shirts, mais pas pour l’éducation. Ce n’est pas l’idée du siècle! (2) On doit ouvrir l’éducation à d’autres penseurs que les seuls pédagogues patentés vu les problèmes actuels en ce domaine. L’éducation, c’est aussi social et politique.

 

On doit penser l’éducation comme étant davantage qu’utile. Former en vue des besoins du marché du travail, c’est à courte vue, car le marché du travail suit des modes et des cycles. Devant un changement de mode ou de cycle, on fait quoi avec ceux qui ont été formé pour ce qui n’est plus?

 

Il faut former autrement. Montrer à apprendre et à être autonome; à penser et à être créatif! C’est là que le citoyen sera le moins vulnérable à un marché de l’emploi changeant, car il pourra s’adapter ou créer. Faire autre chose ou autrement. Par contre, ça peut aussi faire un citoyen plus conscient et plus exigeant face à ses élites. C’est peut être cela qui plait le moins et qui fait qu’on évite cette voie trop exigeante pour les dirigeant, car ils seront « challengés » par des citoyens conscients, avisés et informés qui sauront lire entre les lignes.

 

En attendant, l’élite envoie ses enfants dans les meilleures écoles privées ici et, parfois, à l’étranger pendant que les autres ont une école qui ne peut même plus retenir ses enfants. Pourtant, dans une pouponnière, qui pourrait dire la différence entre tous ces bébés, qu’ils viennent de ville Mont-Royal, du quartier St-Michel, de Ste-Foy ou d’Hull? Mais, le milieu (3) et l’éducation feront que l’un sera peut être président de banque ou chirurgien pendant que l’autre livrera des commandes en vélo ou passera des circulaires de porte en porte! On dit que la lutte des classes est terminée au sens marxien du terme, mais la lutte des meilleures classes est commencée! Le rang est affaire de savoirs dans la société post-industrielle (4) et l’école se spécialise, l’une formant l’élite, l’autre la main-d’œuvre! Ceux qui refusent le système ou n’ont pas les moyens de changer de voie, c'est-à-dire de passer au privé ou, au minimum, dans une école publique plus élitiste, comme les quelques écoles à vocation internationale ou alternatives du régime public par exemple, sont peut être plus susceptibles de décrocher, car le décrochage touche non seulement les cancres, mais aussi les « bollés »! Puis, qui dit que les cancres ne sont pas des « bollés » en puissance que l’école ne peut tout simplement pas aider? (5) Suffirait parfois de les prendre autrement.

 

Il faut donc revoir nos modèles pour donner des chances égales à l’éducation, surtout dans un monde qu’on dit du savoir. Et,  l’éducation populaire en est un, car en améliorant l’éducation des parents, on accroitra les chances de réussites des enfants. Encore faut-il y investir.  

 

 

Notes :

 

1. Isabelle Paré, Lutte contre le décrochage scolaire - La CSQ réclame un sommet, Le Devoir, édition du lundi 16 février 2009 : www.ledevoir.com/2009/02/16/234038.html

 

2. Sur le sujet vous renvoyons à nos textes « Parlons d’éducation : de la pénurie de personnel enseignant aux problèmes scolaires, une réflexion s’impose » (Societas Criticus, revue de critique sociale et politique, Vol. 9 no 4, Essais) et « Enseigner, les suites! » (Societas Criticus, revue de critique sociale et politique, Vol. 9 no 7, Essais) qui sont deux de nos textes importants sur le sujet de l’éducation.

 

3. « Tout le monde convient que le facteur socio-économique est déterminant. Un élève inscrit à une école de Westmount a presque sept fois plus de chances de terminer son secondaire que son camarade de Pointe-Saint-Charles. »   (Michel David, L'école à deux vitesses, Le Devoir, édition du mardi 10 février 2009)   

 

 

4. Je pense ici à un livre que j’ai lu au début de mes études universitaires : Touraine, Alain, 1969, La société post-industrielle, Paris: Denoël, coll. Médiations.

 

5. Autre livre sur l’école à lire : Pennac, Daniel, 2007, Chagrin d’école, France : Gallimard nrf,  Collection blanche

 

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Societas Criticus, revue de critique sociale et politique, Vol. 11 no 2, Éditos : www.societascriticus.com

 

 

Vol 10 no 6

 

 

 

Societas Criticus, revue de critique sociale et politique, Vol. 10 no 6, Éditos : www.societascriticus.com

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Édito des fêtes 2008-9

Michel Handfield, éditeur, pour Societas Criticus

 

29 novembre 2008

 

En cette année ou les placements ont fondu plus vite que neige au soleil, mais que l’espoir est apparu sous la forme d’un nouveau leader aux États-Unis, qu’écrire pour les fêtes.

 

Le temps impose une certaine sobriété. Une refondation du monde sur des valeurs sûres. J’ai nommé la culture et le savoir, car ils traversent le temps. Mozart, Brassens, Socrate, Zola, Chaplin, Arcand, Sol ou Homère, pour ne nommer que ceux-là, peuvent être encore très contemporains et nous « parler » droit dans les yeux! On peut les revisiter.  

 

Culture et savoirs, ce sont les fondations sur lesquelles on doit construire l’avenir. Elles sont créatrices de valeurs : valeurs humaines et d’échanges qui ne peuvent que faire avancer le monde. Elles sont englobantes aussi, car l’écologie et l’environnement ne leurs sont pas étrangères. Quant à l’éducation, c’est leur fille! Encourageons là!

 

Peu importe la spéculation, elles sont là, parfois gratuites sous la  forme d’une idée qui ne demande qu’à se réaliser avec de l’entraide. La coopération, tant locale qu’internationale, en est! Culture et savoirs sont à la base de tout et produisent peu de déchets contrairement à d’autres produits de consommation, mais laissent une trace durable dans la mémoire. Cette année partageons culture et savoirs, car ça n’a pas de prix!

 

Pour ceux qui trouvent que c’est cher la culture ou qui ne savent pas comment faire, soulignons qu’il n’en coûte souvent pas plus cher  d’aller à l’OSM, au théâtre, au cinéma, à un spectacle  ou d’acheter un livre, que de s’offrir, ou d’offrir à quelqu’un, une bébelle dont on se lassera souvent rapidement. On la mettra alors de côté ou on l’échangera, quand on ne la mettra pas tout simplement au bac de recyclage ou, pire, à la poubelle!

 

Puis, pour ceux qui ont moins de moyens, plusieurs villes offrent des spectacles de qualité, que ce soit gratuitement ou à faible coût. Des classiques de la pensée et de la littérature sont disponibles sur internet. A votre bibliothèque, vous trouverez des best-sellers, mais aussi des jeux, du moins dans les grands centres. Si vous ne voulez pas donner la dernière bébelle à la mode, pourquoi ne pas amener un enfant ou une personne âgée de votre entourage à un spectacle ou à la bibliothèque de son quartier par exemple, ne serait-ce que de temps en temps? C’est un cadeau qui ne coûte rien, mais qui sera apprécié, car la solitude est le mal du siècle. Donner de la présence, quel beau cadeau pour ceux qui sont seuls! Quelle révolution dans nos sociétés de plus en plus individualistes. Une véritable révolution culturelle! 

 

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Societas Criticus, revue de critique sociale et politique, Vol. 10 no 6, Éditos : www.societascriticus.com

 

 

 

 

D.I., Delinkan Intellectuel, revue d'actualité et de culture, Vol. 10 no 6, Textes ciné et culture : www.societascriticus.com

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Heureux…

 

10 novembre 2008

 

        Il y a quelques jours, Barack Obama a remporté la présidence États-Uniennes. Enfin, le retour des démocrates après des années de conservatisme et de laisser faire des marchés et de l’entreprise privée. De « government bashing », comme si un gouvernement c’était la peste en personne; que des gens qui mettaient des battons dans les roues des bons entrepreneurs. Sauf que, de bons entrepreneurs à qui on dit qu’il n’y a plus de règles, ça peut aussi devenir des rapaces sans scrupules. Le réveil a été brutal avec la crise financière qui est venue sonner les cloches de la bourse en pleine campagne électorale chez notre voisin du sud! Une bonne chose pour Obama que l’on qualifiait jusqu’alors de communiste parce qu’il prônait un peu plus d’État. Mais, on n’en est pas à nos libéraux les plus connus (1); loin du NPD (Canada)  ou du Parti socialiste français! On est face à un progressiste conservateur, mais qui parait de gauche face aux  républicains, ultraconservateurs et ultrareligieux, qui ont occupé la maison blanche ces dernières années avec George W. Bush comme Président.  C’est tout un changement pour nos voisins du Sud, mais on est encore loin de la social-démocratie. Parler d’assurance santé publique est  révolutionnaire aux États-Unis, royaume de l’entreprise privée et de l’individualisme, alors que ça fait plus de 40 ans que ça existe ici! Autre exemple : on ne remet pas en cause la peine de mort, mais on verra à ce qu’elle soit plus sûre! (2)   Et pour Israël, « Obama est allé plus loin. Je veux dire, il a même déclaré Jérusalem capitale d'Israël » (3).

 

La véritable révolution est ailleurs. C’est qu’Obama est le premier président des États-Unis d’origine africaine; né d’un père kenyan et d’une mère états-unienne blanche!  Ça, c’est une révolution dans ce pays où la ségrégation a pris beaucoup de place dans l’histoire. Elle fut même la cause d’une guerre intra-américaine, la guerre de sécession, au XIXe siècle. (4) On parlait encore de ségrégation il y a quelques décennies à peine dans certains coins des États-Unis et le racisme y est encore omniprésent. Cette  élection du premier noir à la présidence des États-Unis soulève donc de grands espoirs.  Démesuré?! On ne peut que lui souhaiter bonne chance, car on attend beaucoup de lui. Trop, peut être! (5)

 

***

 

En passant, ce qui m’a le plus agacé dans cette campagne, c’est toute la place qu’y a pris Dieu. Tout est jugé à l’aune de Dieu, comme si le Président était en lien direct avec Lui. Il ne peut pas prendre de mauvaise décision finalement, et s’il en en prend une quand même, ce n’est jamais de sa faute, car c’est Dieu qui l’a inspiré.  Alors, si une décision semble mauvaise, c’est juste parce que nous ne connaissons pas les desseins que Dieu avait de la lui faire prendre… Belle déresponsabilisation pour un peuple individualiste et ultra croyant! J’ai hâte de voir si  Barack Obama va laisser Dieu dans son royaume et prendre ses décisions comme un Homme, un vrai. Moi, j’abandonnerai la formule consacrée de « God bless America ». Ce serait un premier pas dans le bon sens.

 

Un second signe de changement serait de changer ce mode électoral qui consiste à voter pour des « grands électeurs » qui votent à la place du peuple comme si le peuple n’avait pas la compétence pour participer à une démocratie. Les États-uniens sont un peuple en tutelle et Obama devrait changer cela, surtout que ce pays veut donner des leçons de démocratie au monde entier. Avant de donner des leçons aux autres, les États-Unis devraient revoir leur propre système électoral qui apparaît colonialiste. Un anachronisme! Lui, qui a fait la campagne la plus près des citoyens, par internet, devrait le comprendre. Reste à voir s’il a la volonté et, surtout, le pouvoir de faire ce changement. Mais, le peuple a-t-il ce désir de changer les choses? C’est peut être rassurant d’avoir un tel système. De l’étranger, c’est une question à suivre.

 

***

 

Je lui souhaite bonne chance et j’avoue que j’aurais voté pour lui moi aussi à défaut de partis plus à gauche. Mais, s’il est sûr qu’il fera mieux que les républicains, beaucoup, beaucoup, restera à faire, même après lui, pour amener ce peuple où plusieurs autres sont déjà. À quand une gauche digne de ce nom parmi les choix possibles pour les électeurs états-uniens? À quand le suffrage direct, au lieu de passer par de grands électeurs, pour élire « The President »? Il est temps que les États-Unis modernisent leur constitution vu de l’étranger. Quand on veut être un modèle de démocratie dans le monde, il faut offrir un modèle en vitrine. Rien de moins, mais l’élection de Barack Obama est quand même un bon début.     

 

Notes :

 

1. On est loin de Pierre-Eliot Trudeau, qui avait pour ami Fidel Castro et qui a visité des pays communistes dans sa jeunesse. Loin de René Lévesque qui a nationalisé l’électricité en 1963 alors qu’il était ministre dans le gouvernement libéral de Jean Lesage au Québec (www.radio-canada.ca/actualite/zonelibre/03-04/electricite.asp);  loin encore du gouvernement Lévesque de 1976, péquiste, mais de pensée libérale par opposition au gouvernement Bouchard plus tard, qui sera péquiste, mais de tendance conservatrice. C’est d’ailleurs à Bouchard que je dois d’avoir découvert que j’étais d’esprit libéral, car je ne pouvais résolument pas être d’accord avec ce gouvernement conservateur. On est loin du plan vert de Stéphane Dion aussi.

 

2. « We will end the dangerous cycle of violence, especially youth violence, with proven communitybased law enforcement programs such as the Community Oriented Policing Services. We will reduce recidivism in our neighborhoods by supporting local prison-to-work programs. We will continue to fight inequalities in our criminal justice system. We believe that the death penalty must not be arbitrary. DNA testing should be used in all appropriate circumstances, defendants should have effective assistance of counsel. In all death row cases, and thorough postconviction reviews should be available. » (THE 2008 DEMOCRATIC NATIONAL PLATFORM, RENEWING AMERICA’S PROMISE, p. 51)

 

3. Voici ce passage au complet, tiré du Devoir:

 

« Si Barack Obama se présente comme un «agent de changement», John Pilger, l'auteur du documentaire La guerre contre la démocratie, voit dans le président élu «un homme du système». «Il n'y avait pratiquement aucune différence entre John McCain et Barack Obama pendant la campagne électorale en ce qui concerne la politique étrangère -- à vrai dire, Obama est allé plus loin. Je veux dire, il a même déclaré Jérusalem capitale d'Israël, il a menacé l'Amérique latine et il a paru, parfois, aller même plus loin que Bush», affirme John Pilger. » (Marie-Christine Bonzom, Après l'euphorie de mardi, in Le Devoir, édition du samedi 08 et du dimanche 09 novembre 2008 : www.ledevoir.com/2008/11/08/214839.html)

 

4. Guerre de Sécession : http://fr.wikipedia.org/wiki/Guerre_de_sécession

 

5. A ce sujet « Gérard Roland, de l'université de Californie à Berkeley, avertit qu'il «ne faut pas attendre des miracles, ni se faire d'illusion, car les lobbys sont très puissants, et ces lobbys ont beaucoup financé Barack Obama». » (Marie-Christine Bonzom, Op. Cit.)

 

Hyperliens :

 

The Democratic party: www.democrats.org/

 

THE 2008 DEMOCRATIC NATIONAL PLATFORM, RENEWING AMERICA’S PROMISE:

http://s3.amazonaws.com/apache.3cdn.net/8a738445026d1d5f0f_bcm6b5l7a.pdf

 

Biographie :

 

www.evene.fr/celebre/biographie/barack-obama-33426.php 

 

http://fr.wikipedia.org/wiki/Barack_Obama

 

www.america.gov/st/elections08-french/2008/August/20080819143808cpataruk0.7587244.html

 

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D.I., Delinkan Intellectuel, revue d'actualité et de culture, Vol. 10 no 6, Textes ciné et culture : www.societascriticus.com

 

 

 

 

Vol 10 no 5

 

 

Societas Criticus, revue de critique sociale et politique, Vol. 10 no 5, Éditos : www.societascriticus.com

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En quelques mots :

De la différence entre gouvernement libéral et conservateur

Michel Handfield

 

7 octobre 2008

 

        Un gouvernement libéral est un gouvernement qui croit à la cohabitation du public et du privé et à un certain interventionnisme de l’État dans les sphères sociale, culturelle et économique pour ne nommer que celles-là. Naturellement, cela implique des choix et des décisions, parfois des mauvaises décisions que l’on peut toujours corriger après coup. Cela implique aussi des fonctionnaires et des hauts mandarins, certains parfois moins honnêtes que d’autres, ce qui fait qu’il y a toujours un certain risque de comportements malheureux et de glissements malhonnêtes. Mais, comme cela se passe dans un secteur public, donc scruté par tous et chacun, que ce soit des citoyens, des politiciens ou des journalistes, il y a de fortes chances que les comportements les moins opportuns soient dénoncés sur la place publique et sanctionnés. C’est comme si vous étiez dans la rue. Il est plus difficile de se cacher longtemps.

 

        Inversement, un gouvernement conservateur est un gouvernement qui croit au secteur privé davantage qu’au secteur public. Pour eux, le privé est la solution aux problèmes de l’État. Moins de risque de dérapage si le secteur public est faible. De toute façon, vu la rationalité inhérente aux systèmes, le privé se mettra moins dans le trouble. Il y a d’ailleurs beaucoup moins de scandales dans le privé que dans le public disent-ils. Mais, quand il y en a, ils sont beaucoup plus spectaculaires pourrait-on leur objecter! Pensons à Enron ou à la crise boursière actuelle. En fait, le privé, c’est comme si vous étiez dans votre maison ou votre chambre à coucher. On ne sait pas ce qui s’y passe jusqu’à ce qu’il ait un problème grave et que la police ou les pompiers soient appelés en rescousse. Ce n’est pas qu’il ne s’y passe rien, ni que c’est mieux; c’est que c’est caché de  la vue des autres.

 

        Moi, j’aime mieux un système public, avec ses risques de dérapage, mais que l’on peut voir et contrôler, qu’un système privé, qui agit en secret et en catimini, car il échappe à la vue! Je préfère donc un gouvernement libéral à n’importe quel gouvernement conservateur.      

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Societas Criticus, revue de critique sociale et politique, Vol. 10 no 5, Éditos : www.societascriticus.com

 

 

 

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« Assez de politique, c’est le temps de reprendre les affaires. »

(Expression entendue dans un bulletin de nouvelle!)

Michel Handfield

 

4 octobre 2008

 

« Assez de politique, c’est le temps de reprendre les affaires. » C’est que Wall-Street demande l’intervention des gouvernements! Ils l’ont finalement eu le 3 octobre avec l’acceptation d’un plan de sauvetage de 700 milliards de dollars par la chambre des représentants. (1) Ce n’est pas rien. Mais, rappelez-vous, les marchés ne voulaient jamais voir les gouvernements dans leurs affaires et surtout pas les réglementer, car c’est du socialisme!

 

Désolé, mais le laissez-faire, crédo des conservateurs, c’était de l’anarchisme! De l’anarcho-capitalisme en fait! (2) Quant au socialisme, c’est quand l’État intervient dans tous les marchés pour les contrôler artificiellement. Moi, je préfère un certain libéralisme social, c’est-à-dire que si l’État intervient pour aider certaines entreprises et son économie parfois, l’État intervient surtout pour mettre des balises et faire savoir que tout n’est pas permis. Qu’il y a des lois et qu’il doit y avoir de l’ordre sur les marchés. Que vivre en société donne des privilèges, mais que viennent avec ceux-ci des responsabilités. (3)

 

On ne peut, comme le font les conservateurs, demander aux citoyens d’être un modèle d’ordre et de discipline, mais laisser les marchés tout faire au nom du libre marché. D’ailleurs, le libre marché est la plus belle des hypocrisies inventées à ce jour! En effet, le libre marché, c’est la liberté de commerce entre deux personnes, deux entreprises ou deux États consentants. Selon ces termes, deux personnes consentantes pourraient faire une transaction de drogue ou sexuelle. Pourtant, les lois l’interdisent et ne comptez surtout pas sur les conservateurs pour les abolir. Au nom de la morale, ils renforceraient plutôt ces lois. Alors, comment peuvent-ils prétendre que l’État ne doit pas entraver le libre marché? L’usage prouve hors de tout doute que les conservateurs placent des entravent au marché, cela au nom de la morale. C’est notamment le cas des drogues douces, question sur laquelle les libéraux étaient beaucoup plus ouverts. (4) Naturellement, on présente ce combat sous des airs de santé publique, sauf que combien de produits sont dangereux pour la santé et en vente libre malgré tout; les entreprises productrices parfois même subventionnées! Si on veut régler les problèmes de santé, aux drogues devraient s’ajouter toute une liste de produits et de comportements interdits. Mais, là, les conservateurs nous servent l’argument que l’État n’a pas à intervenir dans le privé! Double discours, simple hypocrisie! Voilà ce que j’en pense.             

 

Notes :

 

1. Deux textes parmi d’autres à ce sujet :

 

Claude Turcotte, Plan Bush: le Congrès se résigne, Le Devoir, Édition du samedi 04 et du dimanche 05 octobre 2008 : www.ledevoir.com/2008/10/04/209135.html

 

DAVID M. HERSZENHORN, Bailout Plan Wins Approval; Democrats Vow Tighter Rules, New-York Times on line, October 3, 2008:  www.nytimes.com/2008/10/04/...

 

2. En effet, dans un livre très intéressant sur l'anarcho-capitalisme, Pierre Lemieux (1988) nome David Friedman, Robert Nozik et Murray N. Rothbard comme des théoriciens anarcho-capitalistes et Friedrich Hayek comme un penseur apparenté!  Le même Hayek, prix Nobel d’économie en 1974, est d’ailleurs considéré comme un des penseurs du néolibéralisme! (Bernard, 1997) Ceci montre bien les relations assez intimes qu’il y a entre ce courant et le néolibéralisme. D’ailleurs, les anarcho-capitalistes ont mis de l’eau dans leur vin et acceptent maintenant un État minimal attaché à la « protection » des citoyens, avec une police et une armée forte pour protéger leurs biens et leurs droits individuels, mais sans filet social pour protéger l’intégrité humaine, car il ne faut pas entraver le marché ni l’individu! On appelle ce courant le libertarisme. (Voir Arnsperger et Van Parijs, 2000, pour plus de détails.)  Les républicains, aux Etats-Unis, et les nouveaux conservateurs canadiens, issus de la fusion entre l’ancien parti progressiste-conservateur, de centre droit, et de l’Alliance-Canadienne, beaucoup plus à droite, sont de ce courant. Si le nom semble le même, on a laissé tomber la particule progressiste ! Ce n’est donc  plus le bon vieux parti conservateur de centre droit que nous connaissions, mais bien un nouveau parti de droite! 

 

3. C’est un peu le sens qu’a pris l’accord du G4 :

 

 « Les quatre membres européens du G8, réunis samedi 4 octobre à Paris, ont pris l'engagement solennel de soutenir les établissements financiers européens en difficulté. (…) En contrepartie, les membres du G4 demandent des sanctions contre tout dirigeant qui aurait "failli" et dont l'établissement devrait être aidé. » (LEMONDE.FR avec AFP et Reuters, Le G4 s'engage à porter secours aux établissements financiers européens en difficulté, Le Monde, 04.10.08, 20h03, mis à jour à 21h09 :

www.lemonde.fr/la-crise-financiere/article/2008/10/04/... 

 

4. Attention, je prends cet exemple, mais je n’ai jamais fumé une cigarette ordinaire. Par contre, je crois que les campagnes de prévention contre la drogue seraient plus efficaces si leur usage était au moins décriminalisée, car il est difficile d’avouer un problème et de consulter pour le régler s’il nous place en situation d’hors la loi ou de criminel. Comme pour la dépendance à la cigarette, à l’alcool ou au jeu, on pourrait mieux intervenir si l’usage n’était pas criminalisé, ce qui ne veut pas dire d’en décriminaliser le commerce. Par contre, l’État pourrait prendre en charge cette vente pour la sortir de la rue. Une avenue possible pourrait être d’autoriser la vente de certaines drogues  dans certaines pharmacies ou des organismes attitrés, où un spécialiste pourrait contrôler l’âge du consommateur et l’informer, surtout s’il ne semble pas être un habitué. Ainsi, à un gars ou une fille en peine d’amour, d’autres solutions que de se « shooter pour oublier » pourraient leur être proposées, façon de prévenir qu’une dépendance ne se développe. Il y a d’autres façons de penser que la seule répression, ce qui ne veut pas dire qu’elle ne doit pas être utilisée en certaines circonstances bien précises et bien encadrées.

     

Bibliographie :

 

Arnsperger, Christian, et Van Parijs, Philippe, 2000, Éthique économique et sociale, France : La Découverte/repères

 

Bernard, Michel, 1997, L'utopie néolibérale, Québec: L'aut'Journal & Chaire d'études socio-économiques de l'UQAM.

 

Hayek, Friedrich :  http://fr.wikipedia.org/wiki/Friedrich_Hayek

 

Lemieux, Pierre, 1988, L'anarcho-capitalisme, Paris: PUF, «que sais-je?»

 

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Societas Criticus, revue de critique sociale et politique, Vol. 10 no 5, Éditos : www.societascriticus.com 

 

 

 

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Un deux pour un!

 

Au moment où nous préparions notre édito sur les élections 2008, nous avons reçu un texte de Mohamed Lotfi, journaliste et réalisateur radio, que nous considérions tout aussi éditorial. Nous en avons donc retardé la publication pour mettre ces deux textes en éditorial en même temps. C’est donc avec plaisir que nous vous présentons L'art de ne pas se faire avoir de Mohamed Lotfi et Élections 2008 de moi-même!

 

Michel Handfield, éditeur

 

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L'art de ne pas se faire avoir

Mohamed Lotfi, journaliste et réalisateur radio (1)

 

 17 septembre 2008 (reçu le 15 septembre)

 

        Si la politique, d'après Paul Valéry, c'est l'art de se servir des gens,  ça serait peut-être aux gens de servir de la politique pour faire de l'art.  L'art de ne pas se faire avoir. 

 

        Quand le 21 avril 2002, Jean-Marie Le Pen a été qualifié au second tour des élections présidentielles en France, 82% des électeurs français, de différents courants politiques, se sont mobilisés au second tour pour voter contre l'extrême droite.  Des manifestations de masse avaient eu lieu tous les jours exprimant l'opposition populaire à la politique d'extrême-droite de Le Pen.  Devant une telle mobilisation, les chefs des autres partis, les communistes, les socialistes et les verts, ont appelé à voter pour Chirac.  Dans le Journal Libération, Daniel Cohn-Bendit avait qualifié la nécessité de voter pour le candidat de droite de ''super mensonge ludique''. 

 

        Chez nous, malgré le danger réel que représente la réélection du parti conservateur en gouvernement majoritaire, apparemment rien ne laisse présager que les autres partis politiques vont constituer en pleine campagne électorale un front anti-Harper.   Le NPD ne se ralliera jamais au parti libéral et le Bloc ne cédera jamais la place au NPD.  Et pourtant, nous avons au Canada,  et particulièrement au Québec, une plus forte raison pour imiter les français, puisque notre extrême droite est déjà au pouvoir depuis deux ans et demi. Et nous savons maintenant concrètement de quoi elle est capable. 

 

        La division de la gauche a grandement contribué aux succès de la droite partout dans les démocraties occidentales.   La montée spectaculaire de l'ADQ en 2007 et l'élection du parti conservateur en 2006 sont révélateurs  de la faiblesse de la gauche et de son incapacité à former une coalition forte et solidaire.  La menace d'un gouvernement majoritaire formé par le parti conservateur va-t-elle mettre fin à cette division?

 

        À défaut de compter sur une coalition Bloc-NPD avec le parti libéral, le seul front capable d'empêcher Harper et son parti d'être réélus demeure celui des voix progressistes.  Les objecteurs de conscience devraient s'exprimer haut et fort à l'intérieur et en dehors des partis politiques, pour réhabiliter une certaine conscience canadienne, celle fondée sur la justice sociale, les droits de l'homme, la promotion de la paix, le soutien à la culture et la protection de l'environnement.  Des valeurs qui placent le Canada parmi les pays les plus modernes attirant chaque année des milliers d'immigrants.   Des valeurs pour lesquelles le parti conservateur a démontré clairement son total mépris. 

 

        Durant son premier mandat, Harper et son gouvernement conservateur ont coupé dans le financement aux organismes d'aide à la condition féminine.  Ils ont remis en question, avec leur projet de loi C-484, le droit à l'avortement.  Ils ont consacré 15 milliards à l'armement.   Ils ont voté contre l'adoption de la Déclaration des droits des peuples autochtones.   Ils ont enfoncé le Canada en Afghanistan dans une guerre coûteuse,  inutile et dont personne ne prédit la fin.    Ils ont écarté toute possibilité pour le Canada d'adhérer aux objectifs de Kyoto.  Ils ont coupé dans les programmes d'aide à la culture.  Ils ont essayé de museler les journalistes de la Chambre des communes.  Ils ont modifié la loi pour que les jeunes contrevenants de 14 ans reçoivent des peines pour adultes et ce malgré l'opposition de la cour suprême. Ils ont refusé de rapatrier un jeune canadien de l'enfer de Guantanamo lui enlevant toute possibilité d'être jugé au Canada dans un procès juste et équitable.   En quoi ces actions et ces mesures du gouvernement conservateur correspondent aux valeurs canadiennes? 

 

        Quand Stephen Harper  nous dit avec ironie qu'il se contenterait d'un autre gouvernement minoritaire, c'est parce qu'il sait lui-même à quel point les canadiens et particulièrement les québécois ne peuvent adhérer totalement aux valeurs de son parti.  Des valeurs propres à une idéologie d'extrême droite que Harper essayent de camoufler derrière l'image d'un père aimant et un homme touché par la mort de jeunes soldats.   ''J'ai pleuré'' a t-il dit aux journalistes pour parler des premiers soldats morts en Afghanistan. 

 

        Aucun  de ces journalistes n'a osé demander à Harper quel genre d'émotion avait-il ressenti face aux images d'un jeune canadien en détresse, détenu à Guantanamo depuis 2002.  Apparemment les journalistes, ainsi que les autres partis politiques, ne considèrent pas l'affaire Omar Khadr comme un enjeu électoral.   Quelle voix sera assez courageuse pour rappeler que l'affaire Omar Khadr, c'est notre affaire à tous. Une affaire de respect.   Le respect du droit,  le respect des droits de l'enfant et le respect des conventions internationales dont le Canada est signataire interdisant le recrutement et l’utilisation des enfants soldats. À nous de nous servir de la politique pour faire du respect de la dignité humaine un enjeu électoral. 

   

        Certains pensent que voter contre ou voter stratégique n'est pas la meilleure façon de servir la démocratie.  Mais l'histoire nous enseigne que la démocratie est souvent une affaire d'ironie.  Les présidentielles de 2002 en France est un parfait exemple.  Des millions de français ont marché sur leur orgueil en votant pour un candidat qui n'était nullement leur préféré.  Ils l'ont fait pour une bonne cause.  Pour combattre la résignation. 

 

        Résignation, une pilule au goût amer que des sondeurs, des analystes et beaucoup de journalistes essayent de nous faire avaler pour supporter, selon eux, l'inévitable réélection du parti conservateur.   Comme si l'histoire était écrite d'avance.  Comme si Harper était un ouragan contre lequel on ne pouvait rien. Comme si les citoyens n'avaient plus leur mot à dire.   Comme si aucune alternative aux conservateurs n'était possible.    Et comme si le vent de changement et d'optimisme qui règne aux États-Unis ne pouvait pas nous inspirer. 

 

        Quel que soit le parti pour lequel vous envisagez voter le 14 octobre prochain, il serait peut-être pertinent de vous demander simplement si votre vote, pour votre candidat ou votre parti préféré,  ne favorise pas indirectement l'élection d'un parti qui ne vous ressemble pas. 

 

        Une autre façon de mieux orienter votre vote, serait de faire partie d'un groupe d'électeurs échangistes anti-Harper.  D'après Radio-Canada, cette nouvelle façon de voter a été  initiée par un internaute de Hamilton en Ontario.  Dans le cadre d'un réseau d'amis sur facebook, de plus en plus de citoyens canadiens envisagent voter de la façon suivante: ''Si par exemple un électeur néo-démocrate vit dans une circonscription où il est possible pour le parti libéral de battre les conservateurs, il peut proposer de voter libéral et, en échange, un autre internaute votera NPD dans une autre circonscription''.

 

        Aussi stratégique, pour ne pas dire ludique, soit-il, votre vote doit tenir compte de la menace que représente la réélection d'un gouvernement conservateur, qu'il soit minoritaire ou majoritaire.   C'est votre droit d'exercez votre art de ne pas vous faire avoir.

 

Post-scriptum

 

Mon voisin me disait dernièrement qu'il allait voter pour Harper parce que selon lui ce dernier dit ce qu'il fait et fait ce qu'il dit, ''Il tient ses promesses''.  J'ai répliqué à mon voisin : ''Entre voter pour quelqu'un qui me promet l'or pour finalement me donner le bronze ou voter pour un autre qui me promet de la ''marde'' pour finalement me donner de la ''marde'', mon choix n'est pas difficile à faire..''.

 

Note :

 

1. Sous sa signature Mohamed a mis les sites suivants que nous vous invitons à consulter :  

 http://graines.hautetfort.com 

www.souverains.qc.ca/flash4.html 

www.myspace.com/souverains

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Élections 2008!

Michel Handfield

 

17 septembre 2008

 

La question du Québec doit être réglée au Québec. Le Bloc devrait donc se retirer du parlement fédéral. A défaut de comprendre, les électeurs devraient leur envoyer un message clair.  Si vous êtes de centre ou de centre gauche, il y a le parti Libéral. Plus à gauche, le NPD! Pour l’environnement il y a le parti vert, quoi que j’aie aussi  confiance à Stéphane Dion sur ce sujet. En plus, il pourrait former un gouvernement. Ce n’est pas négligeable. Le centre gauche devrait commencer à se poser des questions depuis l’union de la droite. Si, auparavant, le vote de droite était divisé entre les progressistes-conservateurs, de centre droit, et le Reform Party, d’une droite plus radicale, ils se sont mariés depuis pour former un bloc de droite : le Parti Conservateur. (1)   Ne leur en déplaise, mais cela prouve que le mot mariage n’est pas limité à l’union d’un homme et d’une femme, puisqu’il peut aussi s’applique aux partis politiques! Dans ce cas, cela les a bien servit, puisqu’ils ont pris le pouvoir en 2006 et risquent d’y être reconduit, même avec une minorité de votes, vu la division du vote de contestation. Les tenants du centre gauche et de la gauche devraient y penser avant de voter. On pourrait toujours voter utile, c’est-à-dire Libéral, pour ne pas diviser inutilement le vote progressiste à cette élection, car les libéraux peuvent former un gouvernement. C’est déjà beaucoup. Et si Stéphane Dion semble un leader faible, il n’a d’autre choix que de travailler en équipe, ce qui fait généralement un gouvernement plus équilibré que dans le cas d’un gouvernement où tous les membres ne sont que des pions sous la gouverne d’un chef autoritaire. Surtout des pions sans droit de parole sans l’autorisation du chef comme cela semble le cas actuellement au Parti conservateur. 

 

Après cette élection, les partis qui se réclament du centre gauche et de la gauche devraient se pencher sur la question d’une union des progressistes, car le centre gauche ne peut plus s’isoler aussi impunément du centre face à l’union de la droite. S’il demeurera des partis plus à gauche, comme les marxistes, ou des partis ciblés, comme les verts, une union des Libéraux et des Néo-démocrates serait-elle possible pour former un seul grand parti de centre gauche face au grand parti de droite que sont devenus les conservateurs? Pourrait-on former un Parti libéral-démocratique par exemple? Les verts pourraient aussi s’y joindre ou, à défaut, collaborer comme c’est actuellement le cas, le parti libéral ne présentant aucun député face à Mme May, la cheffe des verts!  Moi, je crois que oui, car on est dans un système qui ressemble davantage au système Britannique ou États-Uniens, ce qui favorise le bipartisme ou le tripartisme, que dans un système à l’européenne qui favorise le multipartisme et les gouvernements de coalition. Si on veut des coalitions, il faut donc les faire avant les élections, dans les partis politiques. 

 

Quant au Bloc, ce parti devrait se questionner sur son utilité, ne pouvant pas former un gouvernement. Si le Bloc veut la souveraineté, il doit aller gonfler les rangs péquistes pour réchauffer cette option, car son grand frère l’a mis au congélateur pour ne pas dire au rancart. Comme, en attendant le moment du nième référendum, on fait toujours parti du Canada, vaudrait mieux faire aussi parti du gouvernement. Les plus à gauche du Bloc Québécois qui voudraient œuvrer au Fédéral pourraient alors aller vers les libéraux-démocratiques ou les verts (s’ils ne font pas parti de cette union) et les plus à droite vers les conservateurs, cela à condition d’accepter le fait qu’en participant au gouvernement on peut aussi changer des choses et qu’un jour l’option souverainiste n’en soit peut être plus une.  S’ils ne peuvent accepter les règles du fédéral, vaut mieux qu’ils militent pour leur option au Québec, car la défense du Québec dans l’opposition n’est pas une position sérieuse à long terme si on ne peut former un gouvernement de remplacement, ce qui est le cas du Bloc. D’ailleurs, le Bloc a eu beau dénoncer de toutes ses forces certaines coupures des programmes fédéraux liés à la culture, ces contestations ne permettaient pas de renverser le gouvernement ni même de renverser la vapeur, car si l’opposition peut défaire des lois, elle ne peut défaire des règlements de régie interne comme une révision des programmes par exemple. Un gouvernement minoritaire a donc beaucoup de latitude s’il sait jouer du règlement plutôt que de la loi!  Le gouvernement conservateur a donc pu poursuivre sa marche sans être inquiété des protestations du Bloc et de l’opposition. Pour pousser plus loin l’injure, le gouvernement conservateur à lui-même appelé les citoyens aux urnes alors que c’est l’opposition qui aurait dû le défaire sur cette question de la culture, si cette question avait pu permettre de défaire le gouvernement, mais ce n’était pas le cas, car très peu de questions permettent de renverser un gouvernement finalement, si minoritaire soit-il! Cela devrait faire réfléchir les partis d’opposition sur la nécessité d’une union des progressistes pour faire face à une droite plus uni qu’auparavant. Au diviser pour régner, il faut opposer une union des progressistes!        

 

Note :

 

1. Il y eut d’abord  le Parti réformiste du Canada dans les années 90 (www.thecanadianencyclopedia.com/index.cfm?PgNm=TCE&Params=F1ARTF0006737), puis l’Alliance Canadienne (www.thecanadianencyclopedia.com/index.cfm?PgNm=TCE&Params=F1ARTF0009255) au début des années 2000, formé sur les restes des réformistes auxquels se sont ajoutés les conservateurs plus de droite, ce qui a conduit à l’union des alliancistes et des progressistes-conservateurs dans un nouveau Parti Conservateur le 8 décembre 2003.   

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Societas Criticus, revue de critique sociale et politique, Vol. 10 no 5, Éditos : www.societascriticus.com

 

 

Vol. 9 no. 8

 

Societas Criticus, revue de critique sociale et politique, Vol. 9 no 8, Éditos : www.societascriticus.com

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Que nous enseigne l’affaire Schreiber!

Michel Handfield

 

12 décembre 2007

 

Schreiber, un milliardaire qui donne de l’argent pour s’enrichir davantage? Non, un lobbyiste qui distribue les sommes que de grandes entreprises lui ont confiées pour faire passer leurs contrats, moyennant de généreuses commissions pour les risques qu’il prend! Bref, un exécutant de luxe. Mais, pendant qu’on s’attaque à ce monsieur, on ne regarde pas tout le système au dessus de lui; ceux qui fournissent justement ces sommes pour obtenir de lucratifs contrats ou pour faire des pressions sur la législature! Dans l’affaire Schreiber on parle beaucoup d’Airbus, mais il y en a d’autres. (1) Et si on l’a fait avec le gouvernement canadien, on l’a certainement fait avec d’autres gouvernements nationaux, régionaux et municipaux. On le fait certainement avec des entreprises privées aussi, cela au dépend des actionnaires par exemple?

 

J’ai de la difficulté à croire que ce système n’existe qu’à petite échelle. Il est certainement plus généralisé qu’on ne le dit, soudoyant gouvernements, fondations et entreprises privées. Sinon, pourquoi avoir recours à tous ces lobbyistes professionnels? On userait de programmes de fidélisation, de remises, de bonis et de cadeaux pour que le plus petit consommateur prenne la carte de crédit d’une grande chaine ou d’une grande banque et on n’aurait recours à aucun programme particulier pour bien « traiter » des clients corporatifs et institutionnels qui dépensent plusieurs centaines de millions de dollars, quand ce n’est pas des milliards, par année? Des clients qui font l’achat d’avions, de trains ou d’équipements militaires par exemple. J’ai beau me regarder sous tous les angles dans le miroir, je n’ai pas de poignée dans le dos. Attention, je ne dis pas que c’est la majorité qui est corrompue, mais ce ne sont pas que les quelques cas qui se rendent sur la place publique non plus. Il y en a certainement dont on n’entendra jamais parler.  

 

 La logique me dit que les techniques de marketing doivent être bien plus développées pour ces ventes institutionnelles et corporatives de haut niveau que pour les ventes au détail. Faire la lumière là-dessus exigerait que l’on regarde cependant du côté des vendeurs. Il serait intéressant de voir le budget de représentation d’Airbus, des entreprises de la défense, du transport, des pharmaceutiques, des équipementiers médicaux et d’autres grandes entreprises du genre, mais, surtout, de voir comment ces entreprises le dépensent! À quels événements et banquets politiques elles incitent leurs dirigeants et leurs cadres à assister,  en achetant des tables entières par exemple et en redistribuant les places? A quelles caisses électorales leurs hauts dirigeants contribuent-ils? Ce pourrait être révélateur. Cependant, c’est l’État qu’on scrute, pas le privé, car on dit que c’est notre argent qu’il dépense.

 

C’est oublier que le privé, c’est aussi notre argent, le privé bénéficiant de subventions, de crédits d’impôt et ayant bien souvent comme investisseurs les fonds de pensions privés, institutionnels et publics, donc nos économies collectives en quelque sorte. Il bénéficie aussi  de nos taxes lorsque l’État y investit directement à travers ses ministères, institutions et fiducies économiques. Qui a assisté à une assemblée d’actionnaire le sait. Mais, on est beaucoup plus méfiant des actions gouvernementales que privées, ne réalisant pas toujours qu’une part de notre bas de laine collectif y est investit.  On se devrait d’être plus regardant envers eux qu’on ne l’est actuellement.

 

Même si nous avons souvent l’impression que le privé est mieux géré parce qu’il dégage des profits, c’est juste que le niveau d’eau cache parfois les écueils. On l’a vu avec l’affaire Enron aux États-Unis. (2) On oublie beaucoup plus facilement les scandales qui éclatent dans le privé que dans le public. Pourtant, on se devrait d’être aussi exigeant envers l’un que l’autre, car tout scandale financier a des impacts sur nos fonds de retraites et nos économies par exemple, la finance étant un vaste réseau de vases communicants. On devrait le savoir : un cheik se fait piquer par un moustique et cela influence son humeur qui à son tour se répercute sur le prix du pétrole à la pompe à Montréal, Tokyo ou Paris le soir même! Cependant, on ne nous donne pas facilement l’information, ce qui fait que le privé parait toujours mieux que le public (3), lui qui est scruté par une armada de journalistes. Couvrir chaque multinationale qui a un budget égal à une ville, une province ou un pays comme on couvre la politique municipale, provinciale ou canadienne et on en apprendrait des choses, pas toutes belles! Il faudrait faire la lumière là-dessus un jour. 

 

Notes :

 

1. Dans l’affaire Mulroney on parle d’Airbus; du projet Bear Head, une usine de véhicules militaires à Cape Breton pour le compte du groupe allemand Thyssen AG; et de Spaghettissimo, une usine de pâtes,  où M. Mulroney n’aurait finalement rien à voir! Bref, c’est un véritable spaghetti que cette affaire!

 

Sources à consulter:

 

Affaire Mulroney-Schreiber. Nouvelles allégations, Radio-Canada/Nouvelles, 1 novembre 2007, 11h 54 

 

 

Hélène Buzzetti, Schreiber entame son numéro, Le Devoir, Édition du vendredi 30 novembre 2007:  www.ledevoir.com/2007/11/30/166633.html;

 

Presse canadienne, Mulroney comparaîtra avec femme et enfants, Le Devoir, Édition du mercredi 12 décembre 2007 :

www.ledevoir.com/2007/12/12/168173.html 

 

2. « L’extraordinaire dans l’affaire Enron, c’est qu’elle n’est pas extraordinaire. L’« achat » de responsables politiques par des contributions électorales est légal aux Etats-Unis ; l’existence d’entreprises de certification des comptes qui servent par ailleurs de conseillers rétribués aux entreprises dont elles certifient les comptes est légale ; le fait que des journalistes financiers et des essayistes aient vanté auprès du public (et donc des actionnaires potentiels) un « modèle » d’entreprise dont le fleuron, Enron, les rémunérait personnellement est légal. » (Serge Halimi, UN SCANDALE PRESQUE LÉGAL. Enron, symbole d’un système, in Le monde diplomatique, 8 mars 2002 : www.monde-diplomatique.fr/dossiers/enron/)

 

3. A ce sujet, qui a entendu parler de Castor Holdings ? C’est un exemple qui dit tout :

 

« Un juge y a consacré la quasi-totalité de sa carrière sans qu'il puisse rendre de jugement. Un expert-comptable est resté à la barre des témoins pendant quatre ans. Le litige sur la faillite de Castor Holdings constitue «un véritable dérapage judiciaire» qui draine «hors de toute proportion» les ressources de la justice depuis plus de dix ans, déplore la Cour d'appel dans une décision intérimaire lapidaire.

(…)

Le plus haut tribunal du Québec consacre cependant une pleine page de sa décision aux méandres de cette «affaire qui n'en finit pas», menée «à même les ressources financières et humaines du système judiciaire», qui sont assumées «par l'ensemble des contribuables québécois». Une bonne partie de la population ne dispose d'ailleurs pas des moyens financiers pour accéder à la justice, note la Cour d'appel dans sa décision. «Le justiciable moyen ne peut, lui, déduire ses honoraires d'avocat de ses revenus comme le font les personnes morales et les sociétés», souligne la Cour. » (Brian Myles, Castor Holdings épuise la justice, Le Devoir, Édition du samedi 08 et du dimanche 09 décembre 2007 : www.ledevoir.com/2007/12/08/167819.html)

 

Autres références :

 

Karlheinz Schreiber, en allemand et en anglais sur Wikipédia :

http://de.wikipedia.org/wiki/Karlheinz_Schreiber

http://en.wikipedia.org/wiki/Karlheinz_Schreiber

 

Hélène Buzzetti, Qui est Karlheinz Schreiber ?, Le Devoir, Édition du samedi 17 et du dimanche 18 novembre 2007 : 

www.ledevoir.com/2007/11/17/164749.html

 

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Societas Criticus, revue de critique sociale et politique, Vol. 9 no 8, Éditos : www.societascriticus.com

 

 

 

 

 

1.  « De la critique… naît la fleur du changement » fut notre «slogan » du vol. 2 no. 2 (Mars 2000) au vol. 2 no. 4 (Hiver 2000-1)… et fut remplacé dès le Vol. 3 no. 1 par « On n’est pas vache… on est critique! » qui était le « slogan » du site Internet, car à l’époque la revue n’était pas en ligne, mais envoyé par courriel.  Nous avons récupéré ce slogan pour notre page éditoriale au Volume 5 de la revue. Un clin d’œil à nos débuts.

 

 

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