Edito-criticus!
De la critique… naît la fleur du changement! (1)

Vol 14 no 1
« Envoyer un courriel ou agir? » Voilà la question!
(Voir aussi L'industrie du ruban rose dans notre section Documents à ne pas taire!)
Vol 13 no 11
Pour les questions sur notre carte des fêtes
La passion au salon ou du people dans Societas Criticus!
Vol 13 no 10
La chicane : Quebecor/Radio-Canada
Vol 13 no 9
La Conquête ou les leçons politiques d'un film!
Trouvez l'erreur? Réflexions sur l'entente privée entre la ville de Québec et Quebecor
Le Québec en quête de laïcité. Un livre pour en parler ouvertement au Québec!
14/1
« Envoyer un courriel ou agir? » Voilà la question!
Societas Criticus, revue de critique sociale et politique, Vol. 14 no 1, Éditos : www.societascriticus.com
Michel
Handfield (
Tous les jours on reçoit des courriels du genre « Soutenez cette cause, partagez ce mail » ou « Faites circuler ce message à vos amis pour changer les choses! » Généralement, je les « delete », car après une simple vérification de routine sur Google, on s'aperçoit qu'ils sont trompeurs! Mais, aujourd'hui, en cette période plus calme en évènements, j'ai lu celui-ci et je me suis dit « Pourquoi ne pas écrire sur le sujet? », surtout que ce courriel était touchant.
D'abord, le courriel reçu se lisait ainsi :
« Le plus joli courriel anticancer qui soit en circulation... »
Il était illustré de la photo d'une enfant portant un chandail avec l'inscription « Trouvez un remède avant que j'aie des seins ». Sur sa version anglaise, il se lit « Find a cure before I grew boobs ». Une recherche sur Google permet d'ailleurs de trouver plusieurs sites lui faisant référence ainsi que la photo, que je n'ai pas reproduite, soit dit en passant, car je ne connais pas la source et il peut y avoir des droits d'auteur sur celle-ci.
Puis, le message que j'ai reçu se conclut par « Faites circuler ce courriel. Ne serait-ce qu'à une seule personne... en mémoire d'un être que vous avez connu et qui est mort du cancer ou qui le combat encore. Soyez brillants, faites circuler! »
De faire circuler ce courriel, ça change quoi, sinon que de nous donner du bon sentiment? Pas grand-chose. Par contre, il y a peut-être d'autres façons de faire changer les choses...
Un premier geste à poser serait de faire un don à la Fondation du cancer du sein de votre région. (1) Ça ne demande pas une grande implication personnelle, mais ce serait déjà un geste concret. Alors, si vous recevez ce courriel et que vous voulez le faire circuler parmi vos amis pour changer les choses, faites d'abord un don et suggérez à vos amis d'en faire autant. Ce sera au moins ça de fait pour la cause!
Puis, parlant de faire circuler ce courriel pour aider à diminuer le cancer du sein, il faudrait justement diminuer la circulation pour aider à réduire ce type de cancer. C'est du moins vers cela que pointe la recherche, même si on doit être prudent tant que d'autres études ne viendront pas confirmer ce lien hors de tout doute.
En effet, selon une étude récente, il semblerait qu'une des causes du cancer du sein soit la circulation automobile :
« Nous avons découvert un lien entre le cancer du sein après la ménopause et l'exposition au dioxyde d'azote (NO2), qui est un marqueur de la pollution de l'air liée à la circulation routière. » — Dr Mark Goldberg (2)
Alors, avant de prendre l’automobile pour tous nos déplacements, il faudrait se demander si on ne pourrait pas prendre un mode de transport alternatif plus écologiquement efficace et moins nocif pour la santé comme de faire ce déplacement à pied, en vélo, en métro ou en autobus! Là, ce serait poser un geste concret, mais plus difficile que de faire un don, car il implique de changer des habitudes de vie plutôt que de faire un simple clic avec notre souris d'ordinateur! Ça engage à poser un geste véritable. La prochaine fois, posez-vous la question lorsque vous aurez le choix entre marcher ou prendre l’auto pour quelques coins de rue : « Est-ce que je veux vraiment poser un geste concret contre le cancer du sein? » La réponse vous appartient. (3)
Enfin, il faudrait revendiquer que tous les nouveaux ponts et toutes les voies majeures de circulation aient des voies de tramway quitte à enlever une voie pour l'automobile, car celle-ci doit être le dernier choix en matière de transport. Là on parle de gestes politiques. C'est encore mieux que de faire circuler ce courriel pour combattre le cancer du sein, mais beaucoup moins facile à faire, car il s'agit de s'impliquer pour revendiquer du changement de la part de structures qui ne bougent que très lentement : nos structures politiques! Mais, si on croit à la cause, il faut ce qu'il faut!
Postscriptum
Je suggère une nouvelle campagne avec cette inscription sur des chandails, que tous pourraient porter, même les hommes :
Je combats le cancer du sein, je marche!
Je combats le cancer du sein, je pédale!
Je combats le cancer du sein, je maxiBIXIse mes déplacements! (À faire avec bixi)
Je combats le cancer du sein, je prends le transport collectif!
Je combats le cancer du sein, je laisse l'auto à la maison!
Notes
1. La Fondation du cancer du sein du Québec par exemple : www.rubanrose.org.
2. « Un lien entre pollution automobile et cancer du sein? » :
www.radio-canada.ca/nouvelles/sante/2010/10/06/001-cancer-sein-pollution.shtml
Pour l'étude en question :
Dan L. Crouse, Mark S. Goldberg, Nancy A. Ross, Hong Chen, France Labrèche, « Postmenopausal Breast Cancer Is Associated with Exposure to Traffic-Related Air Pollution in Montreal, Canada: A Case–Control Study », in Environmental Health Perpectives : http://ehp03.niehs.nih.gov/article/fetchArticle.action?articleURI=info%3Adoi%2F10.1289%2Fehp.1002221
3. Pour ceux qui se le demandent, je n'ai pas d'automobile par choix environnemental! Je suis abonné au système de transport en commun, au vélo bixi (www.bixi.com) et au service d'autopartage Communauto (www.communauto.com), tous des services disponibles dans ma région. Si de tels services n'existent pas dans votre région, le premier pas pour faire changer les choses est la revendication politique. Impliquez-vous!
13/11
Pour les questions sur notre carte des fêtes
Photos et texte : Michel Handfield
Societas Criticus, revue de critique sociale et politique, Vol. 13 no 11, Éditos : www.societascriticus.com
Concernant
notre photo des fêtes, elle fut prise au parc François-Perrault
à Montréal. En arrière-plan on voit la
bibliothèque St-Michel. L'autruche remplace une ancienne
sculpture en ciment qui était dégradée (voir
photo plus bas).
Ce choix a un côté subliminal, car l'autruche n'a plus la tête dans le sable, mais écoute de la musique (culture) et est à un coup d'aile d'une bibliothèque! Bref, l'autruche se réveillerait-elle?
Vu
le contexte actuel de l’économie et un colloque sur
l’économie sociale dont nous voulions parler, notre
édito rejoignait les souhaits des fêtes que nous
planifions de faire plus tard. Nous avons donc fait un tout d’un
coup: édito, essai et carte des fêtes! Elle était
tôt (1), nous en convenons, mais elle était prête
et appropriée. Voici donc le lien vers notre carte des fêtes
si vous l'avez manqué:
www.societascriticus.com/souhaits.html
Note
1. Édito des fêtes 2011-12 (2011-11-13) in Societas Criticus, revue de critique sociale et politique, Vol. 13 no 10.
La passion au salon ou du people dans Societas Criticus!
Societas Criticus, revue de critique sociale et politique, Vol. 13 no 11, Éditos : www.societascriticus.com
Michel
Handfield (
La passion, c'est capital! Sans passion, il n'y a pas d'intérêt dans ce que l'on fait et ce que l'on fait sans intérêt, on le néglige. On se demande ensuite pourquoi les choses vont parfois si mal dans les hôpitaux par exemple. C'est qu'on a remplacé la passion du travail par du travail normalisé; découpé en tranches comme si l'humain était une machine. On ne parle plus de passion, mais de productivité. Voilà pourquoi la soupape saute si souvent! Les burnouts et les dépressions sont des maladies de la productivité! Même chez les jeunes, où on parle de performances scolaires plutôt que du plaisir d'apprendre.
Pour trouver des passionnés, il faut regarder du côté des loisirs. Les livres par exemple. J'ai retrouvé une amie au Salon du livre et il faut que je vous la présente. Pour une rare fois, vous pouvez lire du people dans Societas Criticus!
Samedi,
j'avais un rendez-vous au Salon du livre de Montréal avec une
religieuse qui a ses 90 printemps bien sonnés, née en
1919 : Noella Doyon. C'est une soeur de Saint-Joseph de
Saint-Hyacinthe qui vient au salon avec d'autres religieuses chaque
année. Moi, je l'ai connu en 1982, dans un cours sur les
« documents et appareils audiovisuels »
que j'avais pris comme cours hors département à
l'Université de Montréal, mais qui s'adressait
principalement à du personnel de bibliothèques
scolaires. Noella s'occupait alors de la bibliothèque d'un
collège privé de Saint-Hyacinthe. On a fait un travail
d'équipe ensemble.
Elle était à l'âge la retraite, car elle avait commencé à enseigner en 1937 (1), mais elle s'occupait encore des jeunes et se perfectionnait pour dépasser leurs attentes. La passion de l'éducation, du livre et de savoir la tenait loin du pilote automatique! Quelques années plus tard elle a même suivi un cours d'informatique et d'internet!
Cette semaine, elle m'a envoyé un courriel pour savoir si on pouvait se rencontrer au Salon du livre. Passionnée de savoirs, elle a pris de l'âge, mais n'est pas restée dans son temps. Elle aura 92 ans autour de Noël (les plus perspicaces auront compris que ses parents l'ont prénommé Noella pour cette raison), mais est de notre temps. Quand je l'ai quitté, elle allait d'ailleurs à un « atelier de lecture numérique » au « stand » des Presses de l'Université de Montréal. Le gout d'apprendre ne s'arrête pas et c'est pour cela qu'il faut de la formation continue. On peut toujours apprendre.
Puis, avec la passion, on s'attache à la vie. Je suis convaincu qu'il y aurait moins de suicides et de décrochage scolaire si on encourageait les passions et non seulement la productivité, car on peut toujours fabriquer une machine plus productive qu'un humain, mais il me surprendrait qu'on en produise une plus passionnée jour! Noella en est la preuve : 92 ans et toujours passionnée! Quand j'entends des gens de 40 ans dire que l'internet ce n’est pas de leur âge, je pense à elle.
Il faut des modèles passionnés pour nos jeunes, pas justes des robots humains qui répondent à des normes! Il y a là de quoi les décourager d'apprendre. À quoi ça sert, si c'est pour voir son travail délocalisé en Chine comme celui de papa ou du voisin? Si c'est pour être dévalorisé et obsolète après quelques années, ça ne sert pas à grand-chose!
Il faut montrer à apprendre et non à savoir à nos jeunes, même s'il y a des savoirs de base à acquérir. Mais, ceux-là, il ne faut pas les négliger, car c'est sur eux que se construiront les apprentissages de toute une vie. Pour le reste, ne pas savoir n'est pas ridicule si on cherche à comprendre. Un scientifique ne sait pas, mais il cherche! C'est comme ça que se fait l'évolution de la science. C'est comme ça que l'on apprend. Il faut susciter le gout de savoir dans nos écoles; la passion d'apprendre à et hors de l'école. Pourquoi? Comment? Voilà les mots clefs d'une vie. Et la clef pour y accéder est la lecture, que ce soit sur du papier, un iPod ou un ordinateur. Même une télé vient avec un manuel d'instructions, qu'il soit sur papier ou à l'écran! On ne s'en sort pas.
Un cadeau
Voici le titre d'un livre que j'ai bien aimé et que les jeunes, surtout ceux qui pensent au décrochage ou pour qui, l'école, ça va mal, devraient lire :
Pennac, Daniel, 2007, Chagrin d'école, France : Gallimard nrf, Collection blanche
Note
1. Noella Doyon est ensuite entrée en communauté religieuse en 1939. À l'époque elle porta le nom de Soeur Ste-Jeanne-d'Arc. Une époque que peu de gens se rappellent, car les sœurs ont repris leur nom dans les années 1960, probablement autour de Vatican II en 1965.
Hyperliens
Salon du livre de Montréal: www.salondulivredemontreal.com
Soeurs de Saint-Joseph de Saint-Hyacinthe : www.sjsh.org
Presses de l’Université de Montréal: www.pum.umontreal.ca
Vatican II : http://fr.wikipedia.org/wiki/IIe_concile_œcuménique_du_Vatican
Salon du livre de Paris: www.salondulivreparis.com
Salon international du livre de Québec: www.silq.org
Salon du livre anarchiste de Montréal: www.salonanarchiste.ca
13/10
Michel
Handfield, pour Societas Criticus (
Societas Criticus, revue de critique sociale et politique, Vol. 13 no 10, Éditos : www.societascriticus.com
Tout le monde veut...
-
Du changement;
- De l'argent;
- De la santé;
- Un environnement sain;
- Mais sans remise en question de ses habitudes!
Pourtant, changer les choses veut dire questionner nos choix individuels et collectifs, comme l'étalement urbain; la place de l'automobile dans nos vies (1); et l'organisation du travail par exemple. Il faut bien les évaluer et, surtout, rejeter certaines façons de faire aux dépens de nouvelles habitudes plus écoresponsables! Remises en questions nécessaires et urgentes!
Pour y arriver, il faudrait offrir des activités d'éducation populaire comme alternative à la télévision. On pourrait ainsi offrir des ateliers, des cours, des conférences et des forums citoyens dans les écoles de quartier, car ces édifices sont un bien public, payé par les contribuables, mais sous-utilisé hors des heures de classe. Alors, pourquoi ne pas les utiliser sur une plus grande plage horaire pour le bien de tous? Pourquoi ne pas y intégrer des ressources collectives, comme la bibliothèque du quartier par exemple?
Intégrer les bibliothèques municipales à celle de l'école secondaire ou du cégep pourrait servir autant les résidents des alentours que les étudiants, surtout qu'on se plaint souvent que les bibliothèques municipales et scolaires sont dégarnies. Il y aurait là des économies d'échelle à faire, ce qui permettrait certainement de mettre plus de ressources sur les livres et les postes de travail informatisé que sur les bâtiments, donc d'offrir un meilleur service! Puis, pour les plus jeunes, on pourrait leur offrir des services mieux adaptés à leurs besoins à même ce qui est disponible dans leur école primaire, comme des salles de jeux et une bibliothèque qu'ils connaissent déjà, mais ouverte à l'année! Une façon de ne plus voir l'école comme une obligation, mais comme faisant partie de la vie du quartier.
La même chose serait vraie pour les auditoriums d'écoles secondaires et de cégeps. Combien d'endroits, en région, n'ont pas de cinéma de répertoires? Utiliser ces lieux ne serait que bénéfique pour la communauté.
Que dire des gymnases? Au lieu de voir des jeunes trainer dans la rue, ils pourraient en bénéficier. Même la population pourrait en bénéficier selon des horaires appropriés, avec des plages spécifiques à certains groupes et d'autres entièrement libres, ce qui favoriserait l'interculturel et l'intergénérationnel, comme dans un gym! Quand on sait les bienfaits de l'exercice sur la santé physique et mentale, cette ouverture serait rentable si on considère les économies qu'elle ferait faire sur les frais de santé. Mais, pour le comprendre, il faut sortir des barèmes traditionnels de la comptabilité en silos, car la vie ne se passe pas en vase clos, pour considérer le portrait dans sa globalité! Est-on prêt à le faire?
Question d'argent, de volonté politique, managériale ou syndicale? Il y a certainement des chasses gardées que les rigidités organisationnelle et bureaucratique empêchent de changer pour préserver quelques privilèges.
À l'heure du savoir et de la menace environnementale, on paie collectivement pour cette incapacité à évoluer. On se doit de revoir nos façons de faire et de penser, car qui n'avance pas, recule! Si ça veut dire d'ouvrir les écoles et les cégeps hors des heures scolaires; d'engager du personnel et d'inviter la population à y faire de l'activité physique et à se cultiver au lieu de regarder la télé, bien, faisons-le pour notre bien personnel et collectif. Bref, ne pensons plus en termes de consommation passive, mais de solidarité sociale. Une remise en question du modèle est nécessaire et cela ne peut se faire qu'avec nous. Ce n'est qu'à ce prix qu'une nouvelle révolution tranquille sera possible. Celle-ci devrait être sociale! Societas Criticus souhaite donc qu'on brasse la cage en 2012!
Postscriptum
Ce texte est en lien avec notre texte « Le capitalisme solidaire, stade suprême du capitalisme! » que vous retrouverez dans notre section Essais.
Note
1. L'étalement urbain entraine une utilisation accrue de l'automobile et une dépense en pétrole. Cette « dépendance du Québec au pétrole coute annuellement à notre économie un minimum 17,5 milliards par an. » C'est ce que nous apprend une récente étude. (Louis-Gilles Francoeur, Cher pétrole, Le Devoir, 4 novembre 2011 : www.ledevoir.com/environnement/actualites-sur-l-environnement/335230/cher-petrole
La chicane : Quebecor/Radio-Canada
Societas Criticus, revue de critique sociale et politique, Vol. 13 no 10, Éditos : www.societascriticus.com
Un
commentaire sur l'actualité de Michel Handfield (
« La querelle qui oppose Quebecor et Radio-Canada continue de s'envenimer. Tout en menaçant le diffuseur public de poursuites, hier, le président de l'empire médiatique s'est défendu de mener une guerre contre la société d'État, arguant qu'en lui réclamant des comptes, sa compagnie ne faisait que son devoir. D'autant plus que seuls ses médias peuvent le faire puisque tous les autres sont à la solde de Radio-Canada, a-t-il argué. » (1)
Comme une large part du capital-action de Quebecor média appartient à la Caisse de dépôt (2), un organisme public, les mêmes conditions que Quebecor veut voir imposer à Radio-Canada devraient être imposées à Quebecor, car le contribuable doit savoir! N'est-ce pas ce que dit Pierre Karl Péladeau, le grand patron de l'empire Quebecor?
Si ça continue, avec les conservateurs qui n'aiment pas trop Radio-Canada, je ne serais pas surpris que le gouvernement en profite pour revenir en arrière comme dans d'autres dossiers, dixit la marine royale canadienne par exemple (3), pour ne conserver que la radio, car Radio-Canada fut d'abord une radio avant d'être une télé! Ils pourraient ainsi privatiser la télé de Radio-Canada en disant qu'ils reviennent au mandat original de Radio-Canada, soit d'être une radio coast-to coast... tel que voulu par le gouvernement conservateur de R.B. Bennet en 1932! C'est en effet cette année-là que le gouvernement Bennet a créée « le prédécesseur de Radio-Canada, le Canadian Radio Broadcasting Commission (CRBC)! » (4) Puis, ce sera finalement le 2 novembre 1936 que la CRBC deviendra entièrement la société de la couronne que l'on connait aujourd'hui (5), soit sous le gouvernement libéral de Mackenzie King!
Par contre, si Quebecor réussit à faire privatiser Radio-Canada, il n'en aura pas moins un concurrent de taille, car je ne serais pas surpris de voir ses concurrents de Power Corporation (Gesca) et Rogers, propriétaires de journaux et de revues, en prendre le contrôle. Et pourquoi pas une participation de Bell, propriétaire du Globe and Mail, aussi?
Notes
1. Vastel, Marie, « Accès à l'information - Seul Quebecor sait demander des comptes à Radio-Canada, dit Pierre Karl Péladeau », in Le Devoir, 21 octobre 2011 :
2. 45%! Voir www.crtc.gc.ca/ownership/cht156a.pdf
3. « En 1968, la Marine royale canadienne fut unifiée avec l'Aviation royale du Canada et l'Armée de terre canadienne pour former les Forces canadiennes et devint le Commandement maritime. Elle réadopta son nom de Marine royale canadienne en 2011. »
(http://fr.wikipedia.org/wiki/Marine_royale_canadienne)
4. http://fr.wikipedia.org/wiki/Société_Radio-Canada
5. Ibid.
Hyperliens
http://en.wikipedia.org/wiki/Canadian_federal_election,_1935
http://en.wikipedia.org/wiki/R._B._Bennett
http://en.wikipedia.org/wiki/William_Lyon_Mackenzie_King
http://fr.wikipedia.org/wiki/Société_Radio-Canada
http://en.wikipedia.org/wiki/Canadian_Broadcasting_Corporation
http://fr.wikipedia.org/wiki/Quebecor
http://fr.wikipedia.org/wiki/Quebecor_Media
http://fr.wikipedia.org/wiki/Caisse_de_dépôt_et_placement_du_Québec
http://en.wikipedia.org/wiki/Rogers_Communications
http://fr.wikipedia.org/wiki/Power_Corporation_du_Canada
http://fr.wikipedia.org/wiki/Gesca
http://en.wikipedia.org/wiki/Bell_Canada
http://en.wikipedia.org/wiki/The_Globe_and_Mail
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La Conquête ou les leçons politiques d'un film!
Societas Criticus, revue de critique sociale et politique, Vol. 13 no 9, Éditos : www.societascriticus.com

L’ascension de Nicolas Sarkozy portée sur grand écran!
LA CONQUÊTE : l'histoire d'un homme qui gagne le pouvoir et perd sa femme.
6 mai 2007, second tour de l'élection présidentielle. Alors que les Français s’apprêtent à élire leur nouveau Président, Nicolas Sarkozy, sûr de sa victoire, reste cloitré chez lui, en peignoir, sombre et abattu. Toute la journée, il cherche à joindre sa femme Cécilia, qui le fuit. Les cinq années qui viennent de s'écouler défilent : elles racontent l'irrésistible ascension de Sarkozy, semée de coups tordus, de coups de gueule et d'affrontements en coulisse.
Réalisé par Xavier Durringer, ce portrait fidèle retraçant les cinq années de campagne de Nicolas Sarkozy jusqu'à son élection en 2007, est le tout premier drame biographique à s’inspirer de la vie d’un homme politique français toujours en fonction. Très bien documentée, cette fiction est servie par un casting d’exception. La performance de Denis Podalydès, dans le rôle de Nicolas Sarkozy, a été unanimement acclamée par la critique en France. Les jeux d’acteurs de Bernard Le Coq (Jacques Chirac), Florence Pernel (Cécilia Sarkozy) et Samuel Labarthe (Dominique de Villepin) sont également sidérants de réalisme. Scénarisé par l’historien politique Patrick Rotman, les répliques ciselées tantôt drôles, tantôt assassines, ont pour la plupart été réellement prononcées.
Un film novateur qui décrypte, de façon magistrale, les mécanismes du pouvoir de la politique française.
Commentaires
de Michel Handfield (
Nicolas Sarkozy. (1) Dans le milieu on connaissait son ambition, mais on ne le trouvait pas assez « classe » ou intello pour le poste! Un populiste de droite sachant naviguer entre les courants de gauche et de droite et y prendre ce qu'il faut, même à gauche, pour atteindre ses fins! Pour comprendre le personnage ici, je dirais une personnalité entre Trudeau et Chrétien, avec certaines idées proches de Reagan, Bush et Harper! Ça donne une idée. On pouvait le trouver attachant sans être d'accord avec toutes ses idées, de quoi attirer le vote des indécis dans une première élection. On verra bien ce que fera Sarko dans la présidentielle de 2012, maintenant que les Français le connaissent! À quelques mois des élections, la presse française parle même de fin de règne, d'autant plus que la gauche a gagné le sénat! (2)
À droite, comme à gauche, on jugeait qu'être un intellectuel était un prérequis pour le poste. C'était le cas de son principal rival, Dominique de Villepin (3), qui a écrit plusieurs livres et est reconnu comme un écrivain. (4) Si Sarko a aussi écrit, on dirait que ça n'a pas eu la même portée. Par contre, il sait se médiatiser. Malgré une différence de 2 ans entre les deux hommes, on dirait que Sarko est davantage de la génération de la télé! Comme ministre de l'Intérieur, il sera souvent là pour commenter ce qui arrive dans la rue! Bref, il sera vu des Français. Il leur parlera; il les touchera!
Populiste, il saura rassurer en soutenant la répression! Il dira à la police qu'ils sont là « pour réprimer les petits bandits pour que le Français moyen n'ait pas la peur au ventre quand il entre chez lui! » Avec quelques soulèvements dans certains quartiers chauds, probablement repris en boucle dans les médias, le message porte, car Sarko c'est un « basic », pas un intello qui cherche les causes socioéconomiques de cette délinquance, ni des solutions à long terme comme l'investissement social. Un populiste, mais aussi un stratège. Il saura naviguer pour prendre la tête de l'UMP (5) contre toutes attentes et ainsi se positionner pour devenir le candidat de la droite aux élections de 2007.
Dans ce film, on voit très bien que plusieurs ministres travaillent davantage leur position stratégique pour l'avenir que la gouvernance, ce pour quoi ils sont censés être là. Ce sont donc les fonctionnaires qui s'occupent des choses courantes. Il faut donc des proches, voire des amis, ce qui ouvre certainement la porte au favoritisme et à quelques dérives. Si cela ne va pas trop loin, on n'en entendra pas parler, mais, sinon, on peut voir des scandales poindre à l'horizon médiatique. Parfois de tailles, parfois pétards mouillés, on en attendra plus ou moins parler de ce côté-ci de l'Atlantique! (6)
On peut aussi penser que c'est partout pareil. Au Québec, par exemple, il semble que les relations entre l'État et l'entreprise privée, dans un partenariat public-privé idéologique (7), aie conduit à quelques déroutes dans le domaine de la construction de nos infrastructures à des couts plus que prohibitifs! Bref, un film où on en apprend beaucoup sur le système, car, malgré quelques différences régionales, la politique se ressemble un peu partout : il faut recueillir de l'argent pour être élu et ceux qui donnent généreusement s'attendent généralement à quelque chose en retour, que ce soit un changement de lois ou des contrats! Bref, voir ce film, c'est comme lire Machiavel!
Dans un autre angle, ce film nous montre aussi le « spin off » pour créer un présidentiable! Comment fait-on image? Cecilia (8), sa femme de l'époque, a d'ailleurs joué le jeu, et très bien, même si son cœur était ailleurs. Elle l'a conduit à la présidence avant de s'éclipser. Si c'est elle qui l'a poussé à jouer le jeu des médias, elle n'a cependant pas poussé l'abnégation plus loin. Elle n'avait pas ce désir du pouvoir au point de rester à ses côtés comme d'autres l'auraient fait! Si elle lui a rendu service, elle aura surtout su prendre sa liberté en même temps, sachant que Nicolas aura une nouvelle maitresse, le pouvoir, pour l'oublier!
Notes
1. http://fr.wikipedia.org/wiki/Nicolas_Sarkozy (né le 28 janvier 1955)
2. Voici quelques liens sur le sujet (avec la collaboration de Luc Chaput) :
Agence France-Presse, Victoire de la gauche au Sénat - Une menace pour la réélection de Sarkozy, in Le Devoir, 27 septembre 2011 :
Agence Reuters, Une première dans l'histoire de la Ve République - Victoire historique de la gauche au Sénat, in Le Devoir, 26 septembre 2011 :
La revue de presse d'Europe 1 du 29/09/2011, 06:49 : Un parfum de fin de règne. Nicolas Sarkozy est en mauvaise passe suite aux polémiques visant ses hommes de confiance. Écouter Michel Grossiord : www.europe1.fr/MediaCenter/Emissions/La-revue-de-presse/Sons/Un-parfum-de-fin-de-regne-742745/
Le point titre « Un parfum de fin de règne », Numéro 2037 - 29 Septembre 2011. Voir www.lepoint.fr/html/lepoint/en_kiosque.jsp
Dans le dossier « ÉLYSÉE 2012 » du Point (www.lepoint.fr/politique/election-presidentielle-2012/) on trouve cet article : « Présidentielle - Plus des deux tiers des Français voient Sarkozy perdant en 2012 » (Le Point.fr - Publié le 03/10/2011 à 07:45). On y dit que « Même au sein de l'UMP, 54 % seulement des sondés font confiance à l'actuel chef de l'État. » Voir ce texte sur
Suffit de googler « Sarkozy: une fin de règne » pour en savoir plus!
3. http://fr.wikipedia.org/wiki/Dominique_de_Villepin (né le 14 novembre 1953)
4. Nous avons d'ailleurs parlé de Le requin et la mouette, France : Plon/Albin Michel (2004), dans notre Vol 7 no 2 (juin 2005). Encore très actuel soit dit en passant. Voir http://collections.banq.qc.ca/ark:/52327/bs62007
5. http://fr.wikipedia.org/wiki/Union_pour_un_mouvement_populaire
6. Comme l'affaire Woerth-Bettencourt : http://fr.wikipedia.org/wiki/Affaire_Woerth-Bettencourt. Quant à l'affaire Clearstream (http://fr.wikipedia.org/wiki/Affaire_Clearstream_2), dont on parle dans le film, Sarko fut, semble-t-il, victime d'un coup monté politico-économique pour le tenir à l'écart de la course à la présidence! Mais, ça n'a visiblement pas fonctionné!
7. Monique Jérôme-Forget, dans une entrevue au Devoir, dit que les partenariats public-privé (PPP) responsabilisent les entreprises partenaires et diminuent les risques de fraude, raison pour lesquelles ont a cédé à certains lobbys et reculé sur les PPP après son départ comme ministre des Finances et « ministre responsable des Infrastructures jusqu'à sa démission en avril 2009. »
Par contre, c'est là faire fi des autres problèmes de cette formule, comme le fait qu'une fois coulé dans le béton, on était pris avec! Si cela peut être bon pour certains projets, pour d'autres, ce n'est certes pas la bonne formule. « Trop simple » comme remarque de l'ex-ministre tel que lui répond Jean-Robert Sansfaçon dans Le Devoir du lendemain!
C'est d'ailleurs pour toutes ces raisons et quelques autres que j'ai souvent dit et écrit qu'on devrait aider le développement d'entreprises coopératives et d'économie sociale en concurrence avec le secteur privé, car il est beaucoup moins facile de prendre le contrôle d'une coop ou d'une entreprise d'économie sociale que d'une entreprise privée par des gens mal intentionnés. On aurait alors une vraie concurrence et un étalon pour comparer l'efficacité réelle du secteur public, ce même dans le domaine de la santé, où le privé n'est pas nécessairement la bonne solution!
Pour les articles auxquels je fais référence ici :
Nadeau, Jessica, Privatisation des soins - Pourquoi payer plus pour en avoir moins?, («Dans tous les pays qui financent leurs soins de façon privée, on voit une augmentation des coûts»), in Le Devoir, 1er octobre 2011 : www.ledevoir.com/societe/sante/332710/privatisation-des-soins-pourquoi-payer-plus-pour-en-avoir-moins
Robitaille, Antoine, Monique Jérôme-Forget au Devoir - Le génie-conseil a tué les PPP, (Le gouvernement Charest a cédé à un «gros lobby», dit l'ancienne ministre des Finances), in Le Devoir, 3 octobre 2011 : www.ledevoir.com/politique/quebec/332803/monique-jerome-forget-au-devoir-le-genie-conseil-a-tue-les-ppp
Sansfaçon, Jean-Robert, PPP - Trop simple!, in Le Devoir, 4 octobre 2011 : www.ledevoir.com/societe/actualites-en-societe/332851/ppp-trop-simple
8. http://fr.wikipedia.org/wiki/Cécilia_Attias
Hyperliens
L'ORDRE JUSTE : L'OPA de l'UMP sur les centristes, en panne de nom. Par François Krug / Rue89 / 10/09/2011 / 16H37
www.rue89.com/2011/09/10/coincee-entre-le-centre-et-le-fn-lump-cherche-le-mot-juste-221442
Voir le texte de Luc Chaput (collaborateur de Societas Criticus) sur le site de la revue Séquences, qui prend un autre angle : le couple et le microcosme politique!
www.revuesequences.org/2011/09/semaine-du-9-au-15-septembre-2011/#more-12206
Trouvez l'erreur? Réflexions sur l'entente privée entre la ville de Québec et Quebecor
Societas Criticus, revue de critique sociale et politique, Vol. 13 no 9, Éditos : www.societascriticus.com
Un
commentaire de Michel Handfield (
Depuis des mois le Parti Québécois demande une commission d'enquête sur la collusion et le trafic d'influence dans l'industrie de la construction et des liens possibles avec le ministère des Transports. Je les approuve.
Mais, sous la gouverne d'Agnès Maltais, avec la bénédiction de Pauline Marois, le PQ a pistonné un projet de loi qui dit substantiellement deux choses au sujet de l'entente privée entre la ville de Québec et Quebecor pour la construction d'un amphithéâtre multifonctionnel à Québec :
Malgré toute disposition inconciliable, la Ville de Québec peut conclure tout contrat découlant de la proposition faite par Quebecor Media inc., le 26 février 2011, et acceptée par la résolution CV-2011-0174 adoptée par le conseil de la ville le 7 mars 2011. Un tel contrat doit être substantiellement conforme au contenu de la proposition.
La mise en concurrence effectuée en vue d’obtenir la proposition visée au premier alinéa et l’octroi de tout contrat conclu en vertu de cet alinéa sont réputés ne pas contrevenir aux articles 573 à 573.4 de la Loi sur les cités et villes (L.R.Q., chapitre C-19) et à la politique adoptée en vertu de l’article 573.3.1.2 de cette loi. (1)
Bref, la « collusion » entre la ville de Québec et Quebecor sera légale! Je prends la peine de le mettre entre « guillemets » cependant, car s'il s'agit d'une « entente secrète », on ne peut dire qu'elle cause « préjudice à un tiers » comme le dit la définition de collusion. (2) Mais, ces deux paragraphes tirés du projet de loi no 204 (Privé) soulèvent cependant des questions, puisqu'il faut un projet de loi pour rendre cette entente réputée « ne pas contrevenir aux articles 573 à 573.4 de la Loi sur les cités et villes (L.R.Q., chapitre C-19) et à la politique adoptée en vertu de l’article 573.3.1.2 de cette loi », c'est-à-dire légale à ce que je comprends!
L'industrie de la construction voudra bien la même chose : un projet de loi avilissant leurs bonnes ententes avec les villes et les ministères du Québec si c'est pour de meilleurs projets! Ce serait si simple...
On me dira que sans cela Québec n'aurait aucune chance de ravoir un club de hockey et que cela valait bien cette entorse à la loi et à l'éthique! Mais, quand le groupe Quebecor fut sur les rangs pour l'achat du Canadien, du Centre Bell et du Groupe de spectacles Gillet, il n'a pas eu besoin de ce type d'entorse pour proposer une offre avec ses partenaires. (3) Pourquoi ne s'est-il pas tourné de nouveau vers eux pour faire son projet de façon entièrement privée? On n'a pas aidé Molson à acheter les Canadiens à ce que je sache. Mieux :
« Le ministre des Finances du Québec, Raymond Bachand, a indiqué samedi que les acquéreurs n'avaient pas eu besoin de la débenture de 100 millions offerte par le gouvernement à tous les groupes québécois voulant acheter le Canadien. » (4)
Si on nous dit à Québec que le gouvernement a contribué pour la salle de l'OSM à Montréal, je répondrai que ce n'était pas le projet d'une entreprise privée, même si le gouvernement l'a fait en partenariat public-privé. Qu'on fournisse des équipements culturels à Québec ne me pose aucun problème, mais qu'on en prenne le prétexte pour faire un amphithéâtre pour un éventuel club de hockey, cela me semble beaucoup moins justifiable. C'est un détournement de sens et de fonds publics.
J'étais contre un nouveau stade de baseball subventionné au centre-ville de Montréal (5) alors je ne vois pas pourquoi je serais pour un amphithéâtre de hockey subventionné à Québec, même si on me le présente comme un équipement culturel! Un stade de baseball aussi, ça peut accueillir des spectacles culturels. On le sait à Montréal, où le stade olympique pouvait être plein pour un groupe de rock, mais vide pour le baseball! C'est ce qui m'a toujours fait dire que dans le cas du baseball le problème n'était pas que le stade était trop dans l'Est, mais bien la faible qualité du spectacle! On ne pouvait pas venir y voir les Expos, mais on pouvait venir en autobus de Boston pour y voir les Rolling-Stones! Ça en disait long sur la chose!
Le PQ nous a offert ici le pire de la politique : des visées électoralistes à Québec aux dépens du bon sens! Il est normal que cela ait fait sauter le couvert de la marmite et que Pauline Marois n'ait pas pu le refermer, d'où son autorisation du vote libre à ses troupes. Elle n'avait pas le choix pour ne pas que ça déborde davantage dans son parti-pris!
Notes
1. Pour d'autres détais, mais aussi pour le télécharchement du projet de loi no 204 (Privé) concernant le projet d’amphithéâtre multifonctionnel de la Ville de Québec :
www.assnat.qc.ca/fr/travaux-parlementaires/projets-loi/projet-loi-204-39-2.html
Pour télécharger directement le Projet de loi no 204 (Privé) :
2. « Entente secrète pour causer préjudice à un tiers » nous dit le dictionnaire d'Antidote.
3. « Le 10 juin, le groupe Quebecor avait reconnu qu'il avait déposé une offre pour l'achat du Canadien. L'offre avait été approuvée par la Caisse de dépôt et placement du Québec, qui est coactionnaire de Quebecor dans Quebecor Media. Le groupe médiatique a ajouté que le Fonds de solidarité FTQ et les Productions Feeling, société de gestion appartenant à René Angélil, appuyaient également son offre. » (La Presse canadienne, Molson achète le Canadien de Montréal - Quebecor fait contre mauvaise fortune bon cœur, in Le Devoir, 23 juin 2009 :
4. Ibid.
5. J'en ai notamment parlé en aout 2007 dans un texte sur « Le théâtre comme fable et symbolique de la réalité » in Societas Criticus, Vol. 9 no. 5, section Essais!
Le
Québec en quête de laïcité. Un livre
pour en parler ouvertement au Québec!
Societas Criticus, revue de critique sociale et politique, Vol. 13 no 9, Éditos : www.societascriticus.com
Commentaires
de Michel Handfield (
J'ai mis des efforts pour parler le plus rapidement possible de ce livre vu son sujet : la laïcité. En effet, j'ai assisté à son lancement le 12 septembre dernier à la salle des boiseries de l'UQAM, un lieu qui montre tout le paradoxe de cette question au Québec.
D'abord, comme l'a dit le recteur Claude Corbo, l'Université du Québec est une université née dans un contexte non religieux : « Créée en décembre 1968 par une loi votée à l’Assemblée nationale ». (1) On voyait alors les institutions s'éloigner de la religion. Mais, pour l'école cela attendra. Pourtant, ce sont des idées que le Mouvement laïque de langue française (2), fondé le 8 avril 1961, avait publié dans un livre sur l'école laïque nous a dit M. Corbo. Il y a 50 ans donc! C'est dire que les changements ne sont pas tous si rapides qu'on le croit.
Ensuite,
l'Université du Québec à Montréal a pris
la place de l'église Saint-Jacques, mais en a conservé
l'ancienne sacristie, ses vitraux très colorés, ses
panneaux de bois sculptés et son mobilier religieux. On y
fait même des mariages civils, car « le caractère
sacré et l'atmosphère chaleureuse de cette salle en
[font] une alternative intéressante aux salles plus froides du
Palais de justice. » (3)
Paradoxalement, ce livre fut lancé dans ce lieu au caractère sacré, mais laïque! C'est exactement le débat que l'on vit présentement au Québec, où, partant de prémisses partagées sur la laïcité, les débatteurs en arrivent à des conclusions parfois opposées comme l'a souligné Normand Baillargeon lors de ce lancement.
Suffit de feuilleter ce livre pour voir qu'il reflète les grands débats sur la laïcité qui ont traversé la société québécoise au cours des dernières années. La question du voile par exemple! On a ainsi droit à des mises en perspective, comme dans « le voile et le crucifix » de Jean-Marc Piotte, sur la différence entre le multiculturalisme et l'interculturalisme (4), mais surtout sur l'accommodement raisonnable, qui devrait avoir un caractère de réciprocité si l'on parle d'accommodements (p. 69 et suivantes). Et, si l'on parle du voile dans les débats, ne faudrait-il pas aussi parler du crucifix de l'Assemblée nationale? Réciprocité et laïcité! Jean-Marc Piotte en parle justement.
Certains textes sont courts, comme « Croyez-le ou non, mais au Canada... Dieu est ton droit! » d'Yvan Perrier. Trois pages, intéressantes et instructives, car :
« « La suprématie de Dieu », mise en relation avec la liberté religieuse, le droit à l'égalité et la promotion du multiculturalisme, ne constitue rien de moins que la porte d'entrée au déisme dans les affaires de l'État au Canada. » (pp. 58-9)
D'ailleurs, qui sait que Dieu est en tête de notre constitution et qu'il se retrouve dans plusieurs de ses articles? Peu de gens je suppose. Et pourtant, c'est l'acte fondateur qui conduit notre droit; notre contrat social comme le dirait Rousseau! (5) Ce texte d'Yvan Perrier est donc un texte fondamental à lire pour tous ceux qui croient à tort que l'État est laïque, ce même s'il dit l'être! (6)
Autre texte à souligner : celui de Michèle Asselin : La Fédération des femmes défend la cause de toutes les femmes! Ce texte revient sur les débats entourant la position de la Fédération des femmes du Québec concernant sa position sur le port de signes religieux dans la fonction publique québécoise : « Ni obligation, ni interdiction! » (p. 125) Mais, les arguments de la FFQ sont très bien exposés et expliqués ici. Ils valent le détour.
Un tel livre est bienvenu, car la laïcité est un concept aussi large que la religion! Ce n'est pas un livre à lire comme un roman, mais plutôt à réfléchir! Un texte à la fois selon nos humeurs, nos questions ou les débats qui traversent l'actualité. La question est loin d'être réglée et on en reparlera certainement, car, comme pour la langue française, il s'agit d'une question identitaire!
Paradoxalement, le 7 septembre dernier, soit quelques jours seulement avant le lancement de ce livre, a eu lieu, au Palais des congrès de Montréal, la « Deuxième conférence mondiale sur les religions du monde après le 11 septembre 2001 ». (7) Pour les participants à cette conférence, « La Déclaration universelle des droits de l'homme de l'ONU devrait être enrichie d'un volet religieux qu'ont omis ses rédacteurs laïques »! (8) C'est comme si on ne pouvait concevoir de laisser la religion dans l'espace privée et de la conscience individuelle! De faire, en quelque sorte, une charte des droits des religions, n'est-ce pas là l'imposer à tous au nom d'une liberté dite individuelle? (9) Faut-il le rappeler, il s'agit là de croyances, comme pour l'horoscope! (10) Comme l'a déjà écrit Nietzsche, « la croyance forte ne prouve que sa force, non la vérité de ce que l'on croit. » (11) Rien de plus. Il faudrait aussi l'enseigner. C'est dire que les débats sont loin d'être clos sur le sujet.
Ce livre sur la laïcité représente donc une pierre de plus, et essentielle, à la réflexion, car laïque celle-là, ce qui manque dans le débat actuel.
Arrière de couverture
La question de la laïcité suscite depuis quelques années des débats passionnés au Québec comme dans la plupart des pays occidentaux. Place de la religion dans l’espace public, égalité hommes-femmes, intégration des immigrants, elle touche à des enjeux importants qui sont au coeur de notre modèle de société.
Les auteurEs rassemblés dans ce livre ont tous en commun de partager une perspective libérale et progressiste de la société, à travers des valeurs de justice sociale, d’égalité et de respect des libertés individuelles. Ils ne partagent cependant pas la même conception de la laïcité et leurs positions, divergentes, permettent au public de saisir les différents enjeux reliés à la laïcité au Québec.
Quel modèle souhaitons-nous pour la société québécoise? Une « laïcité stricte », calquée sur le républicanisme français, ou une « laïcité ouverte », inspirée du communautarisme britannique? Car depuis la « crise des accommodements raisonnables » et le rapport de la commission Bouchard-Taylor, un malaise persiste qu'aucune loi n'est venue dissiper. Faut-il maintenir le crucifix à l'Assemblée nationale? Doit-on interdire le port de signes religieux dans les institutions publiques? Le cours d'Éthique et de culture religieuse est-il le cheval de Troie du multiculturalisme canadien?
C'est avec vigueur que toutes ces questions, et bien d'autres, sont débattues dans ce livre présenté par Normand Baillargeon comme une « précieuse contribution à la conversation démocratique ».
Avec la participation de Michèle Asselin, Daniel Baril, Normand Baillargeon, Françoise David, Ruba Ghazal, Jean-Marc Larouche, Louise Mailloux, Yvan Perrier, Jean-Marc Piotte, Marie-Michèle Poisson, Guy Rocher, Louis Rousseau, Nathalie Roy et Daniel Weinstock.
Notes
1. www.uquebec.ca/reseau/a-propos/a-propos.php
2. http://fr.wikipedia.org/wiki/Mouvement_laïque_de_langue_française
3. « Nouveau projet pilote avec l'arrondissement Ville-Marie. Mariez-vous à l'UQAM! » www.uqam.ca/nouvelles/2007/07-112.htm
4. Mise en perspective importante s'il en est, car, même pour les spécialistes, la différence entre ces deux concepts n'est pas toujours évidente! Je l'ai d'ailleurs constaté au symposium international sur l’interculturalisme qui s'est tenue à Montréal (UQAM) du 25 au 27 mai 2011.
5. Un livre qui devrait être au programme obligatoire de lecture au secondaire est bien le contrat social de Rousseau, car on ne forme pas des travailleurs à l'école, mais bien des citoyens! Pour lire une version électronique du contrat social : http://fr.wikisource.org/wiki/Du_contrat_social
6. Pour ceux qui se demandent si l'auteur de ces lignes le savait, j'ai écrit ceci en 2007 sur ce sujet :
« En Afghanistan on combat des gens qui disent imposer un régime au nom d’une conception de Dieu. Mais, avec Dieu, il n’y a pas moyen de discuter, car il s’agit de dogmes et de Foi, donc d’une vérité indiscutable. Il ne peut donc pas y avoir place aux débats et aux choix démocratiques. Maintenant que nous le savons et à moins de nier l’évidence, on devrait ouvrir notre propre constitution pour en éliminer Dieu, car la première ligne de celle-ci se lit comme suit :
«Attendu que le Canada est fondé sur des principes qui reconnaissent la suprématie de Dieu et la primauté du droit» (http://lois.justice.gc.ca/fr/Charte/index.html)
Comme citoyen, j’espère que vous le saviez, car c’est la loi fondamentale du pays, celle qui définit nos droits et nous représente. Elle fait donc de nous une théocratie, où Dieu peut nous bénir et nous inspirer la guerre par exemple. On est alors en pleine guerre de religion en Afghanistan si on regarde cela sous cet angle. Pour s’en sortir et parler de démocratie véritable, notre constitution devrait plutôt se lire ainsi : Attendu que le Canada est fondé sur des principes qui reconnaissent la souveraineté du Peuple et la primauté du droit… Cette formulation irait davantage dans le sens de la démocratie. Suffit de lire Jean-Jacques (Rousseau, Jean-Jacques, 1992 [1762], Du contrat social, France: Grands écrivains.) pour le voir. » (Michel Handfield, 10 juillet 2007, Il faut mettre fin au carnage! Ou propos sur la démocratie, in Societas Criticus, revue de critique sociale et politique, Vol. 9 no 5, Essais)
Puis, situation sociale, politique et internationale oblige, ce n'est pas la seule fois que j'ai eu à toucher ces questions de religions et de droits !
7. http://gcwr2011.org/fr/index.htm
8. Mathieu Perreault, Une charte des droits des religions, publié le 08 septembre 2011 in La Presse : www.cyberpresse.ca/actualites/201109/08/01-4432545-une-charte-des-droits-des-religions.php. Pour lire leur « Déclaration universelle des droits de la personne par les religions du monde », aller à l'adresse suivante:
9. Les libertés fondamentales, protégées par la charte, sont les suivantes :
a) liberté de conscience et de religion;
b) liberté de pensée, de croyance, d'opinion et d'expression, y compris la liberté de la presse et des autres moyens de communication;
c) liberté de réunion pacifique;
d) liberté d'association.
10. Handfield, Michel, La religion, c’est une croyance!, in Societas Criticus, revue de critique sociale et politique, Vol. 11 no 4, Éditos
11, Nietzsche, F., 1995, Humain, trop humain, Paris: Le livre de poche, Classiques de la philosophie, 15e pensée du premier chapitre, Des choses premières et dernières, p. 45.
Vous trouverez certains de nos textes antérieurs que nous avons sélectionnés sur http://www.netrover.com/~stratji/Archives.html
Depuis 2009 nous faisons cette revue en Open Office (www.openoffice.org), auquel s'ajoute maintenant Libre Office (www.documentfoundation.org/), façon de promouvoir le logiciel libre. Le caractère fut grossi pour le texte, mais réduit pour les notes et certains hyperliens de manière à fonctionner autant sur ordinateur de table, portable, qu'en format «iPhone» et «iPod touch». Dans le but d'utiliser la graphie rectifiée, nous avons placé les options de correction de notre correcteur à « graphie rectifiée », façon de faire le test de la nouvelle orthographe officiellement recommandée sans toutefois être imposée. Voir www.orthographe-recommandee.info/. Cependant, comme nous passons nos textes à un correcteur ajusté en fonction de la nouvelle orthographe, il est presque certain que certaines citations et autres références soient modifiées en fonction de l’orthographe révisée sans même que nous nous en rendions compte, les automatismes étant parfois plus rapide que l’œil. Ce n'est cependant pas davantage un sacrilège que de relire les classiques du français en français moderne. On y comprendrait parfois peu si on les avait laissés dans la langue du XVe, XVI ou XVIIe siècle. Les langues évoluent et il faut suivre. L'important est davantage de ne pas trafiquer les idées, ou le sens des citations et autres références, que de modifier l'orthographe de notre point de vue.
Les paragraphes sont aussi justifiés sans retrait à la première ligne pour favoriser la compatibilité des différents formats de formatage entre la version pour bibliothèque (revue) et en ligne.
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