
Edito-criticus!
De la critique… naît la fleur du changement! (1)
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Vol 12 no 2
Vol 12 no 1
Vu le débat sur l'habillement et les croyances religieuses...
Du petit Maghreb au dossier de l'ex-carrière Francon!
Vol 11 no 6
Notre édito des fêtes : Le ron-ron…
2010 en politique canado-québécoise
La grippe se propage facilement.
Vol 11 no 4
Dans la merde naissent les plus beaux fruits!
La religion, c’est une croyance!
L’Iran : appuyons le mouvement de changement!
La fausse nation : en voilà la preuve!
Le nucléaire! Pas à n’importe quel prix, mais des compromis sont possibles!
Vol 11 no 3
Est ce que la croyance est un droit?
Vous trouverez certains de nos éditos antérieurs que nous avons sélectionnés sur http://www.netrover.com/~stratji/Archives.html
Quant à nos archives complètes elles sont disponibles…
En ligne à Bibliothèque et Archives Canada
Revue Societas Criticus à Bibliothèque et Archives nationales du Québec
Vol 12 no 2
Michel Handfield, éditeur de Societas Criticus
Societas Criticus, revue de critique sociale et politique, Vol. 12 no 2, Éditos : www.societascriticus.com
Les nazis, quand ils se sentent menacés, tuent sans commune mesure des innocents et des pacifistes.
Comme les enfants battus deviennent parfois des batteurs d'enfants, certaines victimes du nazisme sont peut-être devenues des nazis à leur tour. En cette triste journée (1), quelques lignes blanches pour souligner mon opposition à la violence entre Israël et la Palestine et dans toute cette région du monde qui est, soit dit en passant, un lieu saint où toutes les grandes religions monothéistes puisent leur inspiration. Pas vraiment rassurant...
Note:
1. « Des commandos israéliens ont pris d'assaut la flottille qui transportait 10 000 tonnes d'aide humanitaire, durant la nuit de dimanche à lundi » vers la bande de Gaza nous apprend le site de nouvelles de Radio-Canada.
« La flottille est une initiative du Mouvement Gaza libre. Environ 700 personnes d'une quinzaine de nationalités différentes se trouvent à bord. Le convoi est composé d'activistes, des journalistes, d'humanitaires et de députés. Plusieurs pays sont représentés comme la France, l'Algérie, la Turquie, la Grèce, la Suède, l'Irlande, les États-Unis, la Grande-Bretagne, l'Australie, la Malaisie, la Serbie, le Koweït, la Belgique et la Norvège. » (Gaza: Israël s'en prend à un convoi humanitaire, Radio-Canada/international, mise à jour le lundi 31 mai 2010 à 12 h 28:
www.radio-canada.ca/nouvelles/International/2010/05/31/001-Gaza-attaque-Israel.shtml )
Michel Handfield (31 mai 2010)
Societas Criticus, revue de critique sociale et politique, Vol. 12 no 2, Éditos : www.societascriticus.com
Monseigneur Ouellet s'en prend avec véhémence au libre choix en matière d'avortements depuis un certain temps. Il faut en finir avec l'avortement même en cas de viol dit-il. (1) Mais, le libre choix comprend les mots « libre » et « choix ». Ce n'est donc pas une obligation. En cas de besoin, la personne est libre d'y recourir ou non selon son évaluation et sa conscience. Le libre choix ne nie pas la liberté religieuse ni la foi. Par contre, au nom de la religion on semble vouloir nier ce libre choix pour toutes, même celles qui ne croient pas ou qui ont une spiritualité différente. Si l'Église doit venir en aide à ses fidèles, elle ne peut cependant imposer ses préceptes aux autres pas plus que les autres ne peuvent lui imposer les leurs. Il en est de la séparation des religions et de l'État. La société civile ne peut imposer l'ordination des femmes même si des fidèles la revendiquent, incluant des religieuses. L'inverse doit être tout aussi vrai. Vous ne pouvez imposer vos préceptes à l'ensemble de la population pas plus que les autres religions ne le peuvent. Cela s'appelle la démocratie et la séparation des pouvoirs. (2)
Ces discussions sur l'avortement ou la place des femmes dans l'Église ne concernent que les fidèles en leur âme et conscience, pas l'État qui doit représenter tous les citoyens peu importe leurs croyances et leurs tendances (3), parfois contraires, voir contradictoires! C'est pour cela que l'État est toujours mieux de se baser sur des faits scientifiques et des comités d'experts davantage que sur des croyances et des lobbyistes! Mais, parfois...
Le libre choix en matière d'avortement est donc une solution politique et médicalement acceptable, voire éthique, non pas une solution religieuse ou morale. C'est bien ainsi. Mais, si à force d'insistance, de pressions et de rapprochement avec la droite politique vous réussissez à ouvrir cette porte, entre religion et État, dites-vous, monseigneur, qu'une porte ouverte permet la libre circulation dans les deux sens! En conséquence, la société civile aura alors les mêmes droits de demander à l'État d'imposer ses préceptes d'égalité à l'Église en commençant par l'obligation d'ordonner des femmes; de marier des gais et même de permettre le mariage des prêtres! Ne venez alors pas plaider la séparation des pouvoirs entre l'Église et l'État si des progressistes prennent le pouvoir et vous imposent ces changements. Vous aurez ouvert la porte alors le vent du changement entrera. Cette mise en garde s'applique à toutes les religions qui voudront forcer la porte de l'État.
Par contre, je n'ai rien contre de l'éducation en matière d'avortement et de sexualité, car il y a une différence entre recourir à l'avortement pour des raisons de santé et d'équilibre et y recourir comme à un banal moyen de contraception si la femme et/ou l'homme ne se protègent pas autrement. Mais, je ne juge pas, ni ne pose de barrière à la personne même si certains comportements sexuels peuvent être moins responsables que d'autres. Il y a aussi une différence entre « la pilule du lendemain » et un avortement à 20 semaines de grossesse, d'où une éducation sexuelle nécessaire à l'école. On ne peut faire comme si tous les parents donnaient efficacement cette éducation, car tel n'est pas le cas. On ne peut davantage faire comme si les croyances étaient un talisman efficace contre le fait de tomber enceinte la première fois ou d'attraper une maladie transmise sexuellement, car la pensée magique ne fonctionne pas en matière de sexualité comme en bien d'autres cas. Ne vous en déplaise, mais « la croyance forte ne prouve que sa force, non la vérité de ce que l'on croit. » (4)
Monseigneur, dire qu'il faut en finir avec le libre choix au nom des croyances, des vôtres comme des miennes, peut être dangereux, car d'autres pourraient un jour avoir le même raisonnement pour en finir avec l'Église catholique au nom de leurs croyances ou de leur incroyance. Faisons l'exercice avec la nouvelle religion du consumérisme! Les temples les plus fréquentés le dimanche sont maintenant les centres d'achats et non plus les églises. En conséquence, la majorité mange son pain quotidien de l'épicerie alors pourquoi cette majorité laisserait des privilèges à la religion ou accepterait d'investir pour sauver des églises en perte de fidèles et qui n'ont plus les moyens de s'entretenir? Pour conserver un libre choix en lequel vous ne croyez pas? Pour laisser un libre choix à une minorité qui le nie aux autres? Avec une telle optique, qui est la vôtre et celle de toutes les religions soit dit en passant, il ne vous resterait plus qu'à fermer si le peuple juge qu'il est plus intéressant d'aller au centre d'achat qu'à l'église le dimanche!
Cependant, une société libre et démocratique consent à des arrangements; des accommodements raisonnables comme on dit! C'est ainsi que même si elle ne peut sauver toutes les églises, on en a sauvé quelques-unes collectivement, avec nos taxes et impôts, au nom du patrimoine. C'est ainsi que l'on enseigne encore la religion dans les écoles laïques plutôt que la sexualité. Pourtant, cette dernière touche beaucoup plus les adolescents que la religion! On aurait très bien pu faire le choix de parler des religions et des croyances des peuples et des personnages historiques dans les cours d'histoire et de géographie plutôt que dans un cursus séparé, car il s'agit de croyances et non de faits fondés scientifiquement. Mais non, on a quand même conservé un cursus d'histoire religieuse! C'est dire que cette société du libre choix vous sert encore. Alors, pourquoi nier ce libre choix et ce libre arbitre aux autres? Être pour le libre choix, ce n'est pas imposer l'avortement ni une croyance, mais c'est d'être libre, comme vous l'êtes, de penser et d'agir selon sa conscience et sa foi même si celle-ci est en l'Homme plutôt qu'en Dieu. On peut même dire des choses qui vont contre les avancées de la science au nom des croyances! Mais, de là à changer les lois pour ça, il y a un pas à ne pas franchir pour ne pas revenir à l'obscurantisme.
Imaginez qu'un jour le peuple ait le même raisonnement que vous et cherche une vérité, voire la Vérité. N'allant plus à l'église, il regardera les statistiques et dira que cette religion est morte comme le latin, chiffre à l'appui. Alors, pourquoi sauver des églises plutôt que de les démolir pour construire des habitations et de nouveaux temples à la consommation? (5) Les chiffres parlent d'eux-mêmes Monseigneur! À moins qu'en cette question vous ne deveniez soudain un défenseur du libre choix et de ses vertus pour le dernier fidèle!
Je vous appuierai alors au nom du libre choix, monseigneur, car malgré les divergences que j'ai avec la droite religieuse que vous représentez, j'avoue aller à l'église parfois. De façon irrégulière, c'est vrai, mais c'est que je crois qu'il ne faut pas laisser la religion qu'aux gens de droite. La gauche y a aussi sa place même si la hiérarchie ecclésiastique semble l'avoir oublié. La théologie de la libération avait sa raison d'être, car ne pas faire de politique c'est laisser toute la place à certains idéologues, donc faire de la politique sans le dire! C'est peut être pire que d'en faire ouvertement, car plus insidieux pour ne pas dire plus hypocrite! Pour moi, monseigneur, « aimer vous les uns les autres » de Jésus n'est pas très loin de « Prolétaires de tous les pays, unissez-vous » de Karl Marx. Quant à sa « religion, opium du peuple », ne sont-ce pas les grands prêtres qui ont monté le peuple contre Jésus et conduit à sa crucifixion? Deux révolutionnaires que les conservateurs de leur temps n'aimaient pas. Je ne sais par quel retournement de l'histoire cependant cela est arrivé, mais les conservateurs d'aujourd'hui vous aiment bien. Trop pour ne pas susciter un certain questionnement, voir un scepticisme, de ma part. Vous devriez plutôt vous pencher sur cette question et travailler à la canonisation d'un homme de gauche pour montrer que l'Église est aussi partie prenante de la justice sociale. Pourquoi ne pas plancher sur la béatification de Michel Chartrand? L'Église romaine en a béatifié des pires dans son histoire.
Notes:
1. « Invité d'honneur du congrès Campagne Québec-Vie, le cardinal Marc Ouellet a fait valoir samedi que rien, pas même le viol, ne justifiait l'avortement, suscitant un concert de reproches. » (Marco Bélair-Cirino, Sortie pro-vie de Mgr Ouellet - Des propos dignes d'une autre époque », in Le Devoir, 17 mai 2010: www.ledevoir.com/societe/ethique-et-religion/289116/sortie-pro-vie-de-mgr-ouellet-des-propos-dignes-d-une-autre-epoque
Marc Ouellet - Archevêque de Québec, Le débat est ouvert (Libre opinion), in Le Devoir, 27 mai 2010 : www.ledevoir.com/societe/ethique-et-religion/289649/libre-opinion-le-debat-est-ouvert
2. À ce sujet, je vous invite à méditer ce passage, tiré d'un ouvrage sur les droits démocratiques et les identités, qui porte sur la moralité et le pluralisme dans les sociétés démocratiques:
« La moralité libérale comporte un tel engagement envers le respect de la divergence des conceptions religieuses, philosophiques, et métaphysiques, conceptions qui, de pair avec les principes et valeurs politiques, donnent un sens à la vie des individus. Seul un tel engagement peut fonder la valeur morale du pluralisme. En effet, toute défense du pluralisme et du désaccord raisonnable implique minimalement de défendre l'idée que l'adhésion aux valeurs morales passe nécessairement par l'intériorité individuelle, et que la coercition est inutile en ce domaine. Toute minimale qu'elle soit, cette exigence implique une contrainte épistémique relativement forte: le respect du pluralisme et du désaccord raisonnable exige que les doctrines dites « raisonnables » soient conciliables avec le pluralisme, c’est-à-dire que les tenants de ces doctrines doivent accepter qu’il est raisonnable pour les autres de nier la véracité de leurs convictions. En retour, cette exigence n’a de sens que si elle provient d’un engagement à l’endroit de la croyance en l’égale liberté de conscience. » (Genevievre Nootens, Moralité fondamentale et normes subjectives : la justification d’un cadre moral commun dans une société libérale, in Luc Vigneault et Bjarne Melkevik (sous la direction de), 2006, Droits démocratiques et identités, PUL : Administration et droit, Collection Dikè, 160 pages, p. 34 pour cette citation.)
3. Dieu sait qu'il y en a des croyances, des tendances et des incroyances s'il existe. Il y a ceux qui ne croient pas, puis ceux qui croient en lui, en d'autres divinités, aux extraterrestres, au hasard, que l'on est les personnages d'un roman écrit par Dieu – voir l'excellent film « Des nouvelles du bon Dieu » de Didier Le Pêcheur (1996), avec Marie Trintignant, sur ce sujet – ou d'un jeu vidéo et j'en passe de meilleures! Comme on n'a aucune preuve de son existence ou non, on peut fabuler longtemps. Certains diront que les choses ne pouvant se créer d'elles-mêmes il a fallu que quelqu'un les crée: Dieu! Mais, si les choses ne peuvent se créer d'elles-mêmes, qui a créé Dieu? Une solution: Dieu aurait créé le Monde et le monde aurait créé Dieu, l'un ne pouvant exister sans l'autre! Certains diront que la réponse est dans les livres religieux, mais Dieu n'a rien écrit. Ce sont des révélations, mais ce peut tout aussi bien être de la littérature. D'entendre des voix, aujourd'hui ça se soigne avec la médication appropriée. J'avoue être sceptique et que c'est dans ma nature de l'être, mais vous ne vous posez jamais de questions monseigneur? Ça ne m'empêche pas de croire en Dieu, même si je doute qu'il ait réellement parlé aux hommes comme on le dit dans la littérature religieuse – surtout l'Ancien Testament en ce qui nous concerne les chrétiens. Mais, si Dieu parle réellement aux Hommes ou à travers certains d'entre eux qu'il éclaire de sa divine lumière, je crois alors que les écologistes en sont, car on ne les écoute pas davantage qu'on n'écoutait les prophètes! Vous devriez alors vous éloigner des conservateurs pour vous approcher des Verts monseigneur. De toute manière, si Saint-Thomas pouvait être sceptique, je ne vois pas pourquoi je ne peux l'être.
4. Nietzsche, F., 1995, Humain, trop humain, Paris: Le livre de poche, Classiques de la philosophie, 15e pensée du premier chapitre, Des choses premières et dernières, p. 45, mais elle est beaucoup plus longue que cette seule phrase.
5. Dans les années 1970, quand l'orgue était à la mode, on l'entendait dans tous les centres commerciaux. On pourrait peut-être sauver l'orgue de l'église du Très-Saint-Nom-de-Jésus en transformant cette église en centre de boutiques culturelles avec une salle de concert par exemple. Après avoir sorti les marchands du temple, on verra ainsi les marchands sauver le temple puisqu'on est passé de la religion de masse à la mystique individuelle et au consumérisme de masse! Autre temps, autres mœurs.
Societas Criticus, revue de critique sociale et politique, Vol. 12 no 2, Éditos : www.societascriticus.com
J'ai reçu récemment une publicité d'Inky Mark, député, contre Michael Ignatieff. Je n'ai rien qu'il soit contre et qu'il envoie de la publicité à ses électeurs. Cependant, ce n'est pas mon député. Une petite recherche m'a permis de savoir que M. Mark est le député conservateur de Dauphin-Swan River-Marquette, Manitoba. Je ne sais même pas c'est où et j'imagine qu'il ne sait pas davantage ce qu'est St-Michel à Montréal. Alors, je lui ai envoyé ce mot dans mon meilleur anglais, suivi du français, car même si mon nom est anglophone je suis un francophone. Je suis assez clair, je crois. Et si vous voulez savoir qui est Mark, voici le lien vers son site: http://www.inkymark.com/
Dear Mark,
I received your pub against Ignatieff at home (in link with www.ighatieff.me), in Montreal. If Ignatieff isn't the leader we hope, what to say about your party who follow USA as a small dog. No thinking by ourselves! Sorry, but I don't want a dog but a leader. And you waste our money and resources – paper is a resource – to send us an ideological paper in place too listen what citizen say. Don't forget you had less vote than the opposition at the last ballot and if we count the abstention, as the message saying « nobody has the serious to gain our confidence », your very low in our value scale. All party are very low! You don't do anything to parade. Listen citizen in place to send us your propaganda at our fee! What you know about St-Michel, Montreal?
Cher Mark,
J'ai reçu votre publicité contre Ignatieff à la maison (en lien avec le site www.quisuisje.ca), à Montréal. Si Ignatieff n'est pas le leader que nous espérons, quoi dire de votre parti qui suit les États-Unis comme un petit chien. Pas capable de penser par nous même! Désolé, mais je ne veux pas un chien, mais un leader. Et vous gaspillez notre argent et nos ressources – le papier est une ressource – pour nous envoyer cette feuille de chou idéologique au lieu d'écouter ce que le citoyen dit. N'oubliez pas que vous avez eu moins de votes que l'opposition à la dernière élection et que si nous y ajoutons les abstentions, comme un message disant « personne n'a le sérieux pour gagner notre confiance », vous êtes vraiment faible dans notre échelle des valeurs. Tous les partis sont vraiment faibles. Vous n'avez rien fait pour parader. Écoutez les citoyens à la place de nous envoyer votre propagande à nos frais. Que connaissez-vous de St-Michel, Montréal?
Michel Handfield
Montréal (QC)
Vol 12 no 1
Vu le débat sur l'habillement et les croyances religieuses...
Michel Handfield
Societas Criticus, revue de critique sociale et politique, Vol. 12 no 1, Éditos : www.societascriticus.com
4 mars 2010
Je suis d'accord avec la liberté de croyance et religieuse, mais il faut bien voir que ce n'est pas un droit, mais une liberté. Elle se limite donc à la personne. Elle ne doit pas contaminer les autres.
Une croyance, incluant la croyance religieuse, n'est pas non plus une vérité. Elle ne devrait donc pas avoir force de loi. En conséquence, toute croyance doit être jugée en parallèle avec d'autres croyances pour éviter les préjugés. On devrait ainsi prendre des comparables un peu comme on le fait en grammaire. Par exemple, pour conjuguer le participe passé d'aimer on peut prendre un verbe étalon comme finir. La même chose devrait être vraie pour les croyances religieuses: si on a le droit pour la croyance en l'horoscope, on a le droit pour celle religieuse ou aux extras terrestres! Mais, si on n'a pas le droit pour l'une, on n'a pas le droit pour l'autre! Ainsi, si mon horoscope me dit de prendre congé aujourd'hui ou de m'habiller en rose et que c'est accepté par mon employeur, la même chose doit être vraie pour la religion. Mais, si je suis juge et que je n'ai pas le droit de m'habiller en rose, même à cause de mon horoscope, ni de prendre congé pour cette raison, je n'ai pas davantage de droits pour des principes religieux, car ce sont des préceptes personnels et culturels, non fondés scientifiquement, qui s'appliquent. Bref, des croyances! Une liberté n'est pas un droit. Et la liberté des uns s'arrête où celle des autres commence. De toute manière, on n'a aucun texte écrit par Dieu lui-même pour fonder tous ces comportements, parfois contradictoires, qui se réclament de lui. Ces préceptes viennent tous de gens, des prophètes, qui disent que Dieu leur a dit, mais Dieu n'a rien écrit. Mieux vaut parfois s'en remettre à la science qu'aux croyances, surtout en matière de droits et de libertés! Combien d'êtres humains sont sacrifiés aux croyances, aux mythes et aux idéologies d'ailleurs? L'histoire regorge de telles histoires d'horreurs! Des génocides ont été faits sur des croyances et des idéologies.
De plus, même si je voudrais faire témoigner Dieu de toutes mes forces, je ne le peux pas. Au mieux, je pourrais faire témoigner quelqu'un qui a les mêmes croyances que moi, mais ça ne prouverait rien puisque d'autres ont d'autres croyances, parfois contraires! Mieux vaut savoir que les croyances ne sont que des croyances, jamais des vérités vérifiables. Il ne faut pas en faire des droits! Ni pour moi, ni pour les autres! En conséquence, dans le domaine des croyances, c'est le principe d'égalité qui doit s'appliquer et nul autre. Elles doivent aussi être placées sous le droit et la science, jamais au-dessus. En conclusion, mon principe de jugement en matière de croyances se résume à ceci: si c'est permis, ce doit l'être pour toutes les croyances. Si ce ne l'est pas, ce l'est pour aucune, incluant pour ceux qui croient aux extras terrestres, au vide sidéral ou que leur casquette est vissée sur leur tête! Pour le reste, il y a le droit et la science, incluant les sciences humaines!
Post-scriptum:
Au sujet des libertés fondamentales, l'article 2 de la « Charte canadienne des droits et libertés » se lit ainsi:
Chacun a les libertés fondamentales suivantes :
a) liberté de conscience et de religion;
b) liberté de pensée, de croyance, d'opinion et d'expression, y compris la liberté de la presse et des autres moyens de communication;
c) liberté de réunion pacifique;
d) liberté d'association.
Pour consulter la « Charte canadienne des droits et libertés » en son entièreté: http://lois.justice.gc.ca/fr/charte/1.html
Societas Criticus, revue de critique sociale et politique, Vol. 12 no 1, Éditos : www.societascriticus.com
Montréal, 3 mars 2010
A/S Michael Ignatieff
Chambre des communes
Ottawa (Ontario)
K1A 0A6
cc:
Parti libéral du Canada
81, rue Metcalfe, bureau 400
Ottawa (Ontario) K1P 6M8
Je fus jadis péquiste, mais le virage à droite de Lucien Bouchard m'avait fait décrocher. Comme je m'intéressais d'abord à « où l'on va » plutôt que « d'où on vient », je croyais, et je crois toujours que l'on devra un jour aller vers un fédéralisme continental à l'européenne. J'avais donc pris une carte des libéraux fédéraux non par militantisme extrême, mais par goût de l'avancement du débat politique. Libre penseur, je n'ai jamais été à l'aise avec les drapeaux, mais je le suis avec les idées. Plutôt libéral de gauche, je préférais le PLC au NPD parce que, parti de pouvoir, c'est un tremplin pour que certaines idées finissent par se concrétiser. Pas toutes, je le sais, mais au moins quelques-unes.
Je n'ai donc pas eu trop de difficultés à faire ce mouvement vers un parti fédéral, car je ne me suis jamais senti bloquiste à ce niveau, même quand j'étais péquiste. En effet, j'ai toujours cru que la question du Québec ne devait pas se poser à Ottawa, mais au Québec. Au Fédéral, ce sont d'autres questions et d'autres enjeux dont on doit débattre. Comme ils nous touchent aussi, on doit s'impliquer dans les partis qui en décident tant qu'on fait partie du Canada, donc les partis fédéraux, si on ne veut pas être gouverné par les autres! C'est ainsi que même lorsque j'étais péquiste, je votais PLC ou NPD au fédéral. Seule chose, je n'aurais pas été à l'aise de prendre une carte de membre d'un parti fédéral alors que j'étais membre du PQ. Comme ces partis sont des genres de coalitions pancanadiennes sans le nom, une fois que je n'étais plus membre du Parti Québécois, je pouvais donc être membre du Parti libéral du Canada pour les questions qui m'intéressent au fédéral tout en votant vert ou Québec solidaire au provincial. Je me sens même plus à l'aise ainsi que de voter PLQ au Québec, ce parti étant trop conservateur à mon goût! N'oublions pas que M. Charrette tout comme M. Bouchard viennent de la même mouvance des progressistes-conservateurs! Vous aurez compris que je ne veux surtout pas d'un État de droite, mais un État de droit! Question de point de vue.
Pour moi, la souveraineté étant d'abord environnementale, j'ai bien aimé le plan vert de Stéphane Dion. (1) Ça me parlait. De centre gauche, j'espérais aussi beaucoup de Michael Ignatieff sur la liberté, notamment celle d'expression. Mais, quand je vois qu'il veut s'acoquiner aux conservateurs pour s'opposer à la dénonciation d'Israël (2), je ne suis pas tout à fait d'accord tout comme je ne le suis pas davantage avec toute diabolisation d'Israël. C'est une question éminemment idéologique qui mérite la nuance. Je ne peux appuyer le terrorisme arabo-palestinien, ni la construction d'un mur israélien autour de ce qui reste du territoire palestinien, car cela me fait trop penser au ghetto de Varsovie que l'on voit dans le film « Le pianiste » de Roman Polanski! (3) Le « vous êtes avec nous ou contre nous » de l'ère Bush, très peu pour moi.
Peut-être que l'événement en question, la Semaine contre l'apartheid israélien (4), soulève des questions. Mais, il y a quand même 500 artistes québécois qui ont signé une lettre dénonçant la politique israélienne (5) sur le site de Tadamon (6). Ce n'est quand même pas rien, d'autant plus qu'on y retrouve des noms comme Paul Ahmarani, acteur; Anaïs Barbeau-Lavalette, réalisatrice; Hugo Latulippe, cinéaste; Gilles Vigneault, artiste, pour ne nommer que ceux-là . Pas des fous, ni des êtres insensibles!
D'ailleurs, pourquoi ne peut-on pas questionner Israël ici alors que « la gauche israélienne critique les violations des droits de la personne commise par l'État et ces gens ne sont pas moins juifs que les autres! » (7) On ne le peut pas parce qu'Israël est un pays démocratique selon M. Ignatieff. Ainsi, au sujet de la motion d'un député conservateur d'arrière-ban, Tim Uppal, qui dit en substance que le parlement est un ami de l'État d'Israël et qu'il doit donc condamner cette « Semaine contre l'apartheid israélien » pour cause d'antisémitisme (8), il semble que...
« Selon toute vraisemblance, le Parti libéral appuiera cette motion. «Je suis contre ces semaines parce qu'elles établissent une comparaison injuste entre un pays démocratique, de droits et d'égalité juridique, Israël, et un pays, l'Afrique du Sud, qui n'était pas démocratique», a déclaré le chef Michael Ignatieff lors d'un point de presse hier midi. » (9)
Mais, au siècle dernier des partis fascistes furent pourtant portés au pouvoir dans des démocraties. Ce n'est donc pas une raison de ne pas surveiller les démocraties selon moi. Il faut toujours être à l'affût des dérapages même dans les démocraties.
Cependant, vu le côté piégé de cette question, l'une et l'autre des parties prenantes de cette guerre fratricide, juifs et palestiniens étant des Sémites (10) que l'idéologie religieuse et politique divise, j'aurais préféré que M. Ignatieff dise qu'il s'abstiendra de voter sur cette question, car il n'appuie pas certaines politiques d'Israël qui vont à l'encontre des déclarations de l'ONU, mais ne peut non plus condamner cet État démocratique sur toute la ligne, vu le caractère idéologique, négationniste et violent de certains États opposés à Israël. Il devrait être clair que les abus des uns ne permettent pas ceux des autres! Ce qu'il faut, c'est une solution diplomatique qui ne passe pas par la violence. En conséquence, une abstention bien sentie du PLC lors de ce vote serait la bienvenue selon moi! Mais, à la place, on envoie déjà le message qu'il sera à côté du parti conservateur encore une fois! C'en est trop.
Moi qui trouve que les choses sont rarement noires ou blanches et qui suis pour une saine critique, je trouve le chef libéral trop conservateur à mon goût. D'ailleurs, il a appuyé si souvent le parti de M. Harper, que c'est comme si je voyais les conservateurs au pouvoir appuyé d'ex-progressistes conservateurs qui avaient noyauté les libéraux! Je ne le comprends pas. Si vous pouviez au moins vous abstenir plutôt que de voter avec le gouvernement, ce serait déjà se tenir droit, car on sait bien que vous ne pouvez pas renverser le gouvernement Harper pour des raisons stratégiques et d'argent, mais de là à l'appuyer aussi souvent, il y a une marge ! En conséquence, je ne renouvelle plus ma carte du PLC. Quant aux quelques semaines qu'il reste à ma carte, je vous les redonne! Si cela peut vous faire réfléchir à l'avenir du parti et à un retour vers le centre gauche, ce sera déjà une bonne chose. Peut-être qu'une fusion avec le NPD serait même souhaitable pour faire un parti démocrate-libéral. Ce serait aussi une occasion de faire un bilan des réalisations du dernier siècle au niveau de certains principes constitutionnels et juridiques et de les revoir à l'aune du XXIe siècle. Une nécessité de mon point de vue.
Pour ma part, déçu de cet alignement du parti de M. Ignatieff avec les conservateurs, c'est davantage le parti vert qui m'attire pour la prochaine élection fédérale. Comme libre penseur, je ne sais cependant pas si je vais reprendre une carte de membre d'un parti même si j'aime l'implication politique. Je suis tiraillé sur cette question. Naturellement, j'aurais pu laisser aller ma carte de membre et ne rien dire pour le peu de temps qu'il me restait, mais je crois que c'est davantage vous rendre service que de vous interpeller ainsi en espérant que cela serve à votre réflexion, car je ne crois pas être le seul à penser ainsi au pays.
Bien à vous,
Michel Handfield, M.Sc. Sociologie
(Ma carte accompagnait ma lettre à M. Ignatieff)
Notes:
1. Plus vert que chez le voisin! Societas Criticus, Vol 10 no 4/Essais.
2. Buzzetti, Hélène, Ottawa s'oppose à la dénonciation d'Israël, in Le Devoir, 2 mars 2010:
www.ledevoir.com/politique/canada/284151/ottawa-s-oppose-a-la-denonciation-d-israel
3. Polanski, Roman, The Pianist (Le pianiste), DVD TVA Films, 05052T
5. http://www.tadamon.ca/post/5824#more-5824
6. « Tadamon! (« solidarité » en arabe) est un collectif montréalais qui travaille en solidarité avec les luttes pour l’autodétermination, l’égalité et la justice, au «Moyen-Orient» et dans les communautés de la diaspora à Montréal et ailleurs. » (http://www.tadamon.ca/about-us/information) Leur site est http://www.tadamon.ca/.
7. Castonguay, Alec, Quand le politique s'arroge tous les droits, Le Devoir, Samedi et dimanche 27-28 février 2010: http://www.ledevoir.com/politique/canada/283974/la-crise-a-droits-et-democratie-quand-le-politique-s-arroge-tous-les-droits
8. Voici le passage exact du Devoir:
« Un député conservateur d'arrière-banc, Tim Uppal, déposera une motion cette semaine au Parlement stipulant que «cette Chambre se considère comme une amie de l'État d'Israël; que cette Chambre s'inquiète des manifestations d'antisémitisme sous le couvert de la Semaine contre l'apartheid israélien; et que cette Chambre condamne explicitement toute action, au Canada et au palier international [sic], consistant à assimiler l'État d'Israël à la politique raciste et rejetée de l'apartheid». » ( Buzzetti, Hélène, Op. Cit.)
9. Buzzetti, Hélène, Ibid.
10. Le nouveau petit Robert 2007 (CD-ROM) nous dit que sémite « Se dit des différents peuples provenant d'un groupe ethnique originaire d'Asie occidentale et parlant des langues apparentées. Les Arabes, les Éthiopiens, les Juifs sont des Sémites. »
Du petit Maghreb au dossier de l'ex-carrière Francon!
Societas Criticus, revue de critique sociale et politique, Vol. 12 no 1, Éditos : www.societascriticus.com
Michel
Handfield (
En refaisant les pages de Societas Criticus, j'ai vu qu'il y a plus d'un an que je n'ai pas écrit sur le sujet de l'ex-carrière Francon et du projet de Smart Center. Rien ne semble bouger dans ce dossier depuis un certain temps, sauf ce mot dans le bulletin de Vivre Saint-Michel en Santé cette semaine:
« Le projet de développement commercial dans la carrière Saint-Michel est en attente de la réponse du promoteur concernant les conditions imposées par la Ville; » (1)
Crise économique? Exigences trop élevées au goût du promoteur? Peu importe, ce délai donne le temps de penser autre chose, car en même temps, le petit Maghreb se développe sur la rue Jean-Talon et vise à grandir. Les membres de l'Association du Petit Maghreb « veulent que le Petit Maghreb devienne une destination commerciale et touristique au même titre que le Quartier chinois ou la petite Italie » ont-ils dits au journal Métro cet été.(2) Normal, mais cela crée aussi des problèmes aux résidents du secteur de la rue Jean-Talon, car la vocation de ce secteur était mixte (résidentielle avec des commerces de proximité) jusqu'à tout récemment et aller vers une vocation commerciale et culturelle plus large peut être problématique pour les citoyens.
Le premier irritant est le stationnement sur les rues transversales, d'autant plus que nous avons déjà des gens qui viennent stationner sur nos rues pour aller prendre le métro St-Michel. Des Maghrébins de l'extérieur du quartier, qui viennent sur la rue Jean-Talon, m'ont même dit qu'ils n'aimeraient pas demeurer dans les alentours. Au moment des fêtes de la victoire de l'Algérie au soccer, ce qui n'est pas un exemple probant, car ponctuel, il y en a même un qui m'a demandé pourquoi j'étais venu vivre dans le petit Maghreb puisque je suis Canadien-français d'origine, ce à quoi je lui ai répondu que c'est le petit Maghreb qui est venu dans mon quartier, puisque je suis né ici près de Jean-Talon! Ça permet par contre de jaser!
Cette rue, a vocation locale, n'est peut-être pas la plus appropriée pour être transformée en artère à vocation régionale et touristique. Déjà, faute de place, des gens s'assoient sur les marches des résidents pour jaser tard le soir, car ils sont dans le Petit Maghreb et n'ont pas vraiment d'autres places où s'assoir. Quant aux résidents, qui se disent chez eux et qui veulent une certaine tranquillité, ils n'ont jamais choisi de vivre sur une rue commerciale à vocation régionale. Ils se font parfois dire des choses comme « vous avez juste à ne pas vivre dans le petit Maghreb » comme deux personnes âgées de rue Jean-Talon me l'ont rapportée cet été. Peut-être des faits isolés de jeunes frondeurs, mais qui pourront s'accentuer si cette artère prend de l'importance. Rien à en faire une histoire, mais cela permet de comprendre qu'il faudrait des aménagements pour permettre cette transformation sans heurts dans le futur, surtout si elle se poursuit et s'accélère, car le quartier n'est pas maghrébin, mais multiethnique. On y trouve des Canadiens français, polonais, Ukrainiens, Italiens, Vietnamiens, Haïtiens, « Latinos » et maintenant des Maghrébins, car ce fut toujours un quartier d'accueil, même dans les années 30 à ce que me disaient mes parents. Si certains ne furent que de passage, le temps de s'intégrer et d'aller ailleurs, d'autres ont adopté le quartier et sont devenus Michelois! (3) Ils se sont enracinés! Il est difficile pour ces gens de se faire dire qu'ils vivent maintenant dans le petit Maghreb, car le petit Maghreb n'est pas un quartier, mais un bout de rue commerciale au cœur d'un quartier pluriethnique duquel les médias ne donnent pas toujours l'image la plus juste.
Avant de transformer la rue Jean-Talon, qui n'est peut-être pas la plus appropriée pour en faire une rue à vocation commerciale régionale, on pourrait regarder ce qui pourrait être fait avec l'ex-carrière Francon, car rien n'a bougé dans ce dossier depuis plusieurs mois. Pourquoi pas, au lieu d'un projet de centre commercial « big boxes » comme on en connaît déjà plusieurs dans la région métropolitaine, y faire un projet multifonctionnel privé, public et communautaire avec lieux touristiques, places commerciales, marché public, souk, etc., ce qui plairait autant à la clientèle multiethnique du quartier qu'à la grande région de Montréal, car le site est situé près des grands axes de transports régionaux en plus d'être desservi par le transport en commun dans son pourtour! Ce pourrait être à l'image du quartier et davantage porteur économiquement. De plus, socialement, ce serait un point de rencontre interculturel pour le quartier et la métropole. Imaginez les fêtes de la culture et du sport qu'on pourrait y tenir, car il y aurait de la place pour le faire! On désenclaverait ainsi les résidents du quartier, trop longtemps séparé par les carrières. Cela deviendrait certainement un carrefour à fréquenter pas très loin du pôle de la cité des arts du cirque. De quoi faire quelque chose de bien!
Par la même occasion, la rue Jean-Talon retrouverait son statut de rue locale, avec des commerces de proximité, incluant quelques commerces maghrébins qui sont bien intégrés à cette réalité, et peut être quelques services professionnels, ce qu'il n'y a pas tant que ça sur la rue Jean-Talon. On éviterait ainsi les commerces de grande surface qui entreront certainement en collision avec la rue Jean-Talon et le centre d'achat Boulevard (coin Pie-IX et Jean-Talon) si ce type d'établissements est développé dans l'ex-carrière Francon. On ne peut soutenir à la fois une rue commerciale et ce qui la concurrencera à 1 km à peine. C'est pourtant ce que la ville risque de faire si elle ne change pas son approche face à l'ex-carrière Francon et poursuit avec le projet de centre d'achat.
Notes:
1. VSMS en bref, Semaine du 14 décembre 2009: www.vsmsante.qc.ca
2. STÉPHANE ROLLAND, Le Petit Maghreb à Montréal: un tronçon à saveur maghrébine, in MÉTRO, 20 août 2009 02:00: http://journalmetro.com
3. Bien des gens des communautés culturelles de la région de Montréal sont d'abord passés par St-Michel, Parc-Extension ou Côte-Des-Neiges avant de s'établir ailleurs à mesure que leur statut socioéconomique s'est amélioré. C'est d'ailleurs pour cela, demande oblige, que des services communautaires et d'aide aux immigrants se sont développés dans ces quartiers. Maintenant que les services y sont, cela ne peut faire autrement que d'y attirer des nouveaux arrivants qui sont des demandeurs de ces services. La vague maghrébine ne sera probablement pas différente des autres et dans quelques années certains iront dans d'autres quartiers et s'achèteront même des maisons en banlieues comme l'ont fait toutes les vagues d'immigrants avant eux.
Vol 11 no 6
Notre édito des fêtes : Le ron-ron…
Michel Handfield, M.Sc. sociologie, éditeur de Societas Criticus
Societas Criticus, revue de critique sociale et politique, Vol. 11 no 6, Éditos : www.societascriticus.com
3 décembre 2009
Depuis
quelques années déjà nous avons pris l’habitude
de faire un édito des fêtes (1) qui a
ttire
l’attention sur un point de changement. Donner de la culture
par exemple, en lieu et place de bébelles.
Mais, quelle année avons-nous passé en 2009? Les scandales dans le monde municipal québécois, particulièrement à Montréal; les coûts des partenariats publics privés au Québec; les jeux mafieux dans le monde de la construction; les faux-fuyants du parti conservateur et l’impossibilité pour l’opposition libérale de le renverser, le vote étant trop divisé et friable pour assurer une majorité à quelques autres partis que ce soit au Canada actuellement, à moins d’une coalition libérale-néodémocrate vers laquelle il faudra aller en toute logique; l’entreprise de diaboliser l’assurance-santé proposée par le président Barack Obama aux États-Unis, que les Républicains qualifient d’ailleurs de communiste! Quel changement face à l’espoir que suscitait son élection il y a un an à peine!
Il y eut aussi la perte rapide de la crédibilité du Canada au plan international, alors que nous avons mis à la poubelle nos objectifs en matière d’environnement d’une part et que nous recourrons maintenant à la torture dans nos missions de paix d’autre part, nous qui étions encore considérés comme porteurs de valeurs pacifiques il y a quelques années à peine. Nous sommes maintenant en complète rupture de banc avec la politique qui nous avait inspirées depuis l’ère Pearson; davantage en harmonie avec les politiques de l’ancienne administration Bush aux États-Unis, comme si nous marchions dorénavant un pas en arrière! Enfin, que dire de l’enlisement de la politique internationale dans les idéologies religieuses, nouvelles lignes de fracture du monde! Où il faudrait de l’éducation et de la solidarité, il n’y a qu’alliances stratégiques, intérêt économique et faux-fuyants. Quel horizon pour demain?!
Comme le citoyen vit de plus en plus un sentiment d’impuissance, il se replie sur lui-même, écoute sa musique et lit de moins en mois les grands quotidiens! C’est le journal télévisé qui a pris la place. L’essentiel dans un clip! (2) On lira le journal du lendemain matin, souvent un gratuiciel distribué dans le métro, pour en savoir davantage. Quant aux affaires internationales, pas assez vendeuses, on les écarte pour du « people » et du local! Les articles les plus attirants ont naturellement la meilleure place. Quant à la nouvelle internationale, elle est reléguée dans des espaces réduits, moins en vue, entre deux pubs alléchantes, et on titre la colonne « En bref! » à moins qu’elle ne soit réellement sensationnaliste, donc vendeuse! Alors, les journaux du lendemain la joueront en une. Les médias se nourrissent souvent eux-mêmes!
On crée parfois la nouvelle, surtout dans le variété, pour susciter de l’intérêt. Le journal nourrit ici la télé et la télé nourrit la revue! L’empire est heureux, le citoyen diverti. Il oublie ses problèmes, la politique et l’économie. De la musique et du sport pour oublier la morosité de la vie comme autrefois du pain et des jeux! C’est le modèle des médias privés. Pas surprenant que ces groupes rationalisent dans leurs médias plus traditionnels, mais se concurrencent avec des gratuiciels, manière d’aller chercher les lecteurs qui n’achètent pas le journal. En fait, plus la même information, remaniée, attire de l’achalandage, plus le groupe médiatique gagne son beurre, car le groupe ne vend pas de l’information, mais de la visibilité aux annonceurs! Le gratuiciel est donc rentable dans cette optique. Ce n’est donc pas un hasard s’il y a tant de gratuiciels qui se disputent le marché du transport en commun, car il y a là un marché semi-captif, puisqu’on peut toujours amener sa propre lecture ou son baladeur. Mais, une majorité prend un des journaux disponibles dans le métro pour le lire en chemin. Ça se voit!
Remarquez que la chaîne publique suit un peu le même modèle, compétition oblige, mais avec un angle d’affaires publiques et internationales, reprenant sous divers angles une même nouvelle selon qu’elle s’adresse aux auditeurs de la radio, de la télé ou de l’internet. Ainsi, nous aurons droit aux images à la télé, mais nous aurons davantage d’entrevues de fonds et d’analyse à la radio. Nous trouverons des hyperliens et des références sur le site internet ainsi que des images d’archives non disponibles ailleurs. Comme elle est publique, la radio/télé d’État aura plus ou moins fréquemment recours à des collaborateurs des médias privés de l’écrit.
Si le citoyen écoute le journal télévisé du soir et lit les nouvelles du matin, une fois au travail cependant, son cerveau doit être orienté vers une tâche ou un but précis. Fini la distraction et la discussion. (3) Prière de ne pas penser est parfois la devise:
« Employee are compelled to lead a double existence : outside their work they may enjoy considerable liberties, independence and self-confidence, although their capacity to structure and restructure social life to any significant degree is quite limited; in their place of work they are subject to strict authority and control, particularly those at the lower end of the hierarchy, and to forces of technological and social organizational change over wich they have little or no control – in Touraine’s phrase, “dependant participation”. » (4)
Ce fut écrit en 1979. Avec la mondialisation et la rationalisation du personnel que l’on a connu depuis, les choses ne se sont pas améliorées. Le surtravail fait qu’on a de moins en moins de temps pour s’occuper des enfants ou de la bouffe, le système capitaliste compensant alors par les garderies et les repas préparés; les traiteurs pour les plus riches! Brûlé, on ne s’occupe plus de l’autre et de moins en moins de la communauté, de la cité ou de la politique. On laisse cela à des militants de carrière; professionnels de la communication ou de la politique, membres des cabinets de relations publiques ou de groupes reconnus pour le faire. Les individus qui ont encore le temps de représenter le petit monde et de manifester en leur nom sont surtout les travailleurs d’organismes communautaires et les sans-emploi, genre de militants professionnels et critiques qui vivent bien souvent de peu : des programmes de subventions, le chômage ou l’aide sociale! Mais, le système met tout en œuvre pour les dénigrer, ce qui fait qu’on voudrait bien qu’ils aillent travailler à la place de militer, quitte à leur couper les subsides gouvernementaux pour les y forcer. On veut des citoyens qui entrent dans le rang et une démocratie qui ne nous dérange pas, genre de dictature élue qui nous gère en nous laissant dormir. Quand on ne sait pas, on est heureux! L’humanité perdue comme le dit Alain Finkielkraut! (5)
On est maintenant dans le règne de l’individualité. On s’en plaint, mais on y participe. Les baladeurs les plus populaires sont d’ailleurs les modèles sans radio, car on veut être dans notre bulle avec notre musique. Le ron-ron quotidien; la musique pour oublier son effet! Surtout ne pas savoir, car cela accroît le stress. Marcher pour la démocratie ou la communauté!? Revendiquer!? Pas le temps ou inutile. On laisse ça aux contestataires professionnels, gauchistes, anarchistes et utopistes! Puis, de toute manière, nous écoute-t-on? Peut-être ne sommes-nous plus assez nombreux pour être écoutés! On passe donc dans l’indifférence collective à moins qu’il n’y ait suffisamment de casse pour passer dans les nouvelles! Ce n’est pas un hasard que les manifestations où il y a le moins de gens soient parfois si violentes, car la violence assure une visibilité à l’ère des médias! Visibilité relayée par « You Tube » (6) à la planète!
Le modèle chinois est finalement celui de l’avenir : travailler, consommer et, surtout, laisser les politiciens nous gérer en nous en laissant savoir le moins possible! Malheureusement, il y a encore quelques journalistes qui nous informent plutôt que de nous divertir! Alors, ne pas s’informer pour continuer sa routine sans s’inquiéter. Ni vu, ni connu! Ce n’est pas pour rien que le tirage des quotidiens est en baisse : On ne veut pas le savoir!
De toute façon, on a trop d’élections! À preuve, les taux de participation sont en chute libre. Par désintérêt bien souvent, même si j’aimais mieux que ce soit par contestation! Il y a tant d’autres choses à faire. L’agora est vide, le centre commercial est plein. C’est le nouveau centre du monde. On choisit la société de consommation par nos actes. Si un jour on perd notre liberté de choix, là on voudra certainement revenir en arrière, mais il sera trop tard. Pourtant, si on ne s’occupe pas de la politique, le Politique s’occupera de nous (7) avec ses amis du monde des affaires! C’est à souhaiter que cela n’arrive pas, mais…
Dans une société d’individualités, le tissu social ne peut que se défaire. Une chance que certains réseaux numériques prennent le relais. Mais, est-ce suffisant? En cette année de crise de l’information, je vous donne un cadeau : des sources d’informations à mettre dans vos baladeurs à défaut d’avoir le temps de lire. Je les ai éprouvées et je peux vous dire qu’elles sont de qualité. Vous serez ainsi moins seul sous vos écouteurs, connecté à la société autrement. Une expérience à faire!
Sur le site de ballado diffusion de Radio-Canada
(www.radio-canada.ca/mesAbonnements/baladodiffusion/), je vous recommande :
- Les coulisses du pouvoir
- Euromag
- L'après-midi porte conseil
- Christiane Charrette
Parmi les émissions de France inter
(http://sites.radiofrance.fr/franceinter/pod/), je vous suggère:
- 2000 ans d'histoire
- L'autre économie
- Interception
- Reporters
- La revue de presse
Enfin, de France culture
(http://sites.radiofrance.fr/chaines/france-culture/podcast/),
les Enjeux internationaux sont un must!
Quant à notre souhait criticus de cette année: dites bonjour à votre voisin et qu’il vous réponde, car c’est le début d’une reprise en main de nos collectivités. Petit à petit, mot à mot, voisin par voisin! On ne veut pas avoir l’air de se mêler de ce qui ne nous regarde pas, mais il faut bien voir que l’humain a franchi l’histoire parce qu’il était capable de solidarité sociale. Sinon, il n’aurait jamais été assez fort pour faire face au monde ambiant. (8) Nous avons devoir de mémoire, de perpétuation et de solidarité! Se mêler de nos affaires est parfois une renonciation ou un abandon! Rien de moins.
Notes:
1. Sur la photo des fêtes, vous voyez Socrate, notre oiseau, qui représente la discussion ou les dialogues socratiques; une vache pour Societas Criticus; le fanal pour Diogène le cynique; le globe terrestre pour le monde, car on est une revue internet donc mondiale; l’appui livre en forme de masque pour l’Afrique, trop souvent oubliée; la radio à ondes courtes pour l’information et les écouteurs pour montrer qu’on peut aussi être branchée sur le monde et non seulement dans sa bulle musicale! Question de choix. Quant aux livres, ce sont :
- Saul, John Ralston, 1992, Voltaire's Bastards, Toronto: Penguin book.
- Barreau, Jean-Claude, et Bigot, Guillaume, 2005, Toute l'histoire du monde de la préhistoire à nos jours, France : Fayard (Histoire)
- Hosbawm, Eric, 1999, Age of extremes. The short Twentieth century, 1914-1991, London: Abacus
- FINKIELKRAUT, Alain, 1996, L'humanité perdue, Paris: Seuil, coll. points.
Ces choix ne sont pas innocents ! Puis, l’illustration d’Age of extremes est une scène du film « Hitler, A film from Germany » (1977) de Hans Jurgen Syberberg selon la jaquette du livre. Mais, les cinéphiles auront reconnu qu’il s’agit d’une image tirée d’un film de Charlie Chaplin : « The great dictator » (1940). Ceci boucle donc la boucle avec le cinéma, objet d’étude de Societas Criticus comme révélateur social!
2. Une courte analyse.
3. Discuter d’actualités et de politique avec les collègues est parfois mal vu. Cela pourrait-il en venir à mériter un avertissement ou le renvoi dans certains cas jugés sensibles, surtout si cela touche des enjeux ethnoculturels ou religieux? Mieux vaut alors parler de sports, plus rassembleur. Que ceux qui émettent ces politiques ne soient pas surprit du désintérêt des citoyens pour la chose publique. Au temps de Socrate, on discutait ferme! Cela faisait partie du processus démocratique. Maintenant, la discussion est perçue comme une chose négative. Mais, que reste-t-il de la démocratie sans dialogues, débats ou discussions entre les citoyens? Quand, la dernière fois, avez-vous débattu d’un enjeu politique avec un confrère de travail, un voisin ou un citoyen assis à côté de vous dans le métro ou le bus? En fait, quand avez-vous même discuté d’un enjeu public ou politique en famille?
4. Baumgartner, Tom, BURNS, Tom R., et De Ville, Philippe, “Work, Politics, and Social structuring under capitalism: impact and limitation of industrial democracy reforms under capitalist relations of production and social reproduction”, p. 182 in BURNS, Tom R., KARLSSON, Lars Erik, and RUS, Valjko, 1979, Work and Power, England/U.S.A.: Sage publ.
5. L'humanité perdue est le titre d’un livre d’Alain FINKIELKRAUT (1996, Paris: Seuil, coll. points) qui parle justement de ce que nous devrions savoir du XXe siècle, mais qu’on ignore parfois délibérément, parfois parce qu’on n’enseigne plus qu’un succédané d’histoire : ce bris d’humanité! L’arrière de couverture dit :
« Ce livre est, d'un bout à l'autre, hanté par les événements qui font du XXe siècle la plus terrible période de l'histoire des hommes. Il ne se veut ni panorama, ni bilan, mais méditation obstinée et narration inédite de ce qui, depuis 1914, est advenu à l'humanité et plus précisément à cette idée d'humanité si difficilement conquise par les Temps modernes. Il cherche à comprendre pourquoi l'affirmation la plus radicale de l'unité du genre humain a pu, comme son désaveu le plus fanatique, produire un univers concentrationnaire.
À la fois mortelle et meurtrière, l'idée d'humanité ne peut plus être maniée ni pensée innocemment. Il nous faut la défendre et la concevoir autrement, veiller à ce qu'elle vive et faire en sorte qu'elle ne recommence pas à tuer. »
7. « Si vous ne vous intéressez pas à la politique, la politique s'occupera de vous » est une expression passée dans le langage courant. J’ai aussi trouvé «Vous avez beau ne pas vous occuper de politique, la politique s'occupe de vous tout de même.» Cette expression serait redevable à Charles de Montalembert. Voir : http://fr.wikipedia.org/wiki/Charles_de_Montalembert
8. A ce sujet lire Barreau, Jean-Claude, et Bigot, Guillaume, 2005, Toute l'histoire du monde de la préhistoire à nos jours, France : Fayard (Histoire) (Distribution Hachette)
2010 en politique canado-québécoise
Michel Handfield (2 décembre 2009)
Societas Criticus, revue de critique sociale et politique, Vol. 11 no 6, Éditos : www.societascriticus.com
Le Parti Libéral du Canada (PLC) a des difficultés depuis le scandale des commandites. (1) S’il a subi un vote de protestation en 2004, où le Parti prend le pouvoir, mais minoritaire, ce sera la défaite en 2006 et en 2008, car l’opposition de droite a su profiter de l’occasion pour se souder davantage autour du nouveau Parti Conservateur (PC) issu de l’union de l’ancien Parti Progressiste Conservateur avec l’Alliance Canadienne. Si les conservateurs n’ont pu encore prendre le pouvoir de façon majoritaire, ça pourrait cependant arriver si l’opposition continue à être divisée au centre et à la gauche du PC.
Face à cette union de la droite, la division du vote de centre gauche entre le Nouveau Parti Démocratique (NPD) et le PLC fait mal. À cette division s’ajoute le vote nationaliste au Québec pour le Bloc Québécois (BQ), vote d’affirmation nationale pour ne pas se fondre dans le Canada. Mais, ce vote n’est pas un appui automatique à l’indépendance du Québec, car devenir un petit pays à côté des États-Unis n’est pas nécessairement plus rassurant pour certains Québécois. On est donc pris dans un pays qui sera de moins en moins facile à gouverner pour plaire à tous, certaines parties du Canada étant plus à droite, d’autres plus à gauche et le Québec plus autonomiste à défaut d’avoir l’indépendance. On ne haït pas être dans ce pays tout en sachant qu’on n’a pas non plus signé pour le rapatriement de la constitution en 1982 : on couche dans notre chambre, mais avec la fenêtre ouverte sur le monde! On a un sentiment d’indépendance à défaut d’être indépendant, car on se réserve toujours le droit de sortir par la fenêtre!
Si on a des élections en 2010, quel sera alors le portrait? Difficile à dire, mais il est clair que la division du centre vers la gauche fait mal. Il faudrait peut-être penser à une union des progressistes libéraux (PLC), néodémocrates (NPD) et peut-être mêmes bloquistes (BQ) qui seraient prêts à tenter cette aventure sous un nouveau chapeau. Pourquoi pas les démocrates-libéraux ou, plus simplement, les démocrates comme chez notre voisin du Sud? Le programme pourrait être totalement remodelé, incluant plus d’ouverture à une décentralisation constitutionnelle vers les provinces. Pourquoi pas les Provinces-Unies du Canada? Sincèrement, il faut remodeler le Canada, sinon nous allons vers un mur, la constitution étant trop rigide et les provinces trop disparates. Il faut un nouveau contrat social canadien. Rien de moins. Et cela, nous ne n’y arriverons pas sans une nouvelle proposition politique, comme un parti unissant une large frange progressiste canadienne incluant le Québec.
Reste à trouver comment amener ces discussions au centre gauche de l’échiquier politique canadien. Avec Bob Rae, un ancien premier ministre néodémocrate ontarien maintenant au PLC? Avec Stéphane Dion (2) au PLC et sa femme, Janine Krieber (3), au NPD? Avec des militants qui prendraient des cartes de deux des partis en cause, par exemple PLC-NPD pour les fédéralistes de centre gauche et Bloc-NPD pour les nationalistes de centre gauche, le NPD reconnaissant le droit à l’autonomie du Québec! C’est à voir, mais face à une droite unie, les autres doivent bouger. Ça presse, d’autant plus que des élections sont toujours possibles en 2010!
Notes :
1. www.thecanadianencyclopedia.com/index.cfm?PgNm=TCE&Params=F1ARTF0009864
2. Je regrette Stéphane Dion et son plan vert, « le Tournant vert. Bâtir l’économie canadienne du XXIe siècle », que j’avais lu et commenté dans Societas Criticus : Handfield, Michel, Plus vert que chez le voisin!, in Societas Criticus, Vol. 10 no. 4 (Du 27 mai 2008 au 4 août 2008), section Essais. Il me semble qu’on en aurait bien besoin aujourd’hui! Mais, on s’est arrêté à l’image de Stéphane plutôt qu’au contenu…
3. Madame a jeté un pavé dans la marre du PLC et à fait bien des vagues en écrivant…
« Le parti libéral est en pleine déconfiture, il ne s'en remettra pas. Comme tous les partis libéraux d'Europe, il deviendra une pauvre petite chose à la merci des coalitions éphémères. »
C’était là un commentaire privé de Janine Krieber publié sur son facebook, mais coulé dans les médias.
Spécialiste du terrorisme et de la sécurité internationale, Mme Krieber enseigne au niveau universitaire. Mais, elle est aussi la femme de l’ex-chef du PLC, Stéphane Dion, ce qui donne d’autant plus de poids à ce mot dans lequel elle…
« (…) affirme amorcer une « réflexion sérieuse » pour rejoindre éventuellement un « parti dédié, qui ne conteste pas son chef à chaque hoquet des sondages. Un parti où la règle serait le principe de plaisir et non l'assassinat. Un parti où l'éthique du travail et de la compétence seraient respectés et où les sourires ne seraient pas factices. » »
C’est ce que nous apprenait le site des nouvelles de Radio-Canada le 23 novembre dernier. De quoi penser au NPD!
Sources :
Parti libéral du Canada : Mme Dion règle ses comptes sur Facebook, radio-canada.ca/nouvelles/Politique, Mise à jour le lundi 23 novembre 2009 à 18 h 27 : www.radio-canada.ca/nouvelles/Politique/2009/11/21/002-Janine-Krieber-critique-plc.shtml
http://pipl.com/directory/name/Krieber/Janine
http://en.wikipedia.org/wiki/Janine_Krieber
« La grippe se propage facilement.
Faites-vous vacciner. »
Societas Criticus, revue de critique sociale et politique, Vol. 11 no 6, Éditos : www.societascriticus.com
« Le vaccin contre la grippe A (H1 N1) est offert sur une base volontaire. Il est gratuit et sécuritaire. Même si vous êtes en bonne santé, vous devriez vous faire vacciner. »
Voilà les premières lignes de l’appel au public qui paraît régulièrement dans les journaux ces jours-ci. Après, on nous dit… mais, pas vous ou pas trop vite!
Le problème est qu’on n’a peut-être pas commandé les vaccins à temps du côté fédéral, à ce qu’on a entendu en Chambre de la part de l’opposition libérale. (1) En cette matière, je suis de leur bord!
Quant à la procédure de distribution, avec réception, déballage, remballage et redistribution du côté du gouvernement du Québec, cela me semble beaucoup de procédures et de risque d’erreurs. Pourquoi ne pas distribuer directement aux centres régionaux à partir du fournisseur? On pourrait toujours mettre des responsables gouvernementaux sur place si c’est exigé par un protocole de sécurité ou pour rassurer le public. De toute manière, ne serait-ce pas plus sécuritaire de faire la distribution à la source pour éviter les manipulations répétées du vaccin?
Cette « procédurite » semble propre au vaccin A (H1 N1), mais j’admets qu’il faudrait d’abord voir ce qu’il en est de la distribution du vaccin de la grippe saisonnière pour comparer. Passe-t-elle par autant d’étapes avant d’arriver aux cabinets des médecins ou arrive-t-elle directement du fournisseur? Si cette procédure n’est pas régulière, retarde-t-elle indûment les choses? Si on ne peut changer la procédure actuellement, il faudra certainement en faire le bilan après coup. On devra se demander si cette façon de faire fut utile ou non? Il faudra aussi rendre ce processus d’évaluation public! Rien de moins. Pour l’instant, j’ai des doutes sur ce processus, mais je ne peux en juger raisonnablement, car on n’a pas toute l’information. Un bilan clair et transparent devra donc être fait après cet épisode de grippe.
Michel Handfield, sociologue
Éditeur de societascriticus.com
15 novembre 2009
Note :
1. MARIE VASTEL, H1N1: la mauvaise planification du gouvernement a coûté des vies, dit le PLC, La presse canadienne, in http://qc.news.yahoo.com/s/capress/091029/nationales/20091029_grippe_critiques_federal. Cette nouvelle s’est retrouvée dans plusieurs médias, dont Le Métro de Montréal.
Vol 11 no 4
Dans la merde naissent les plus beaux fruits!
Michel Handfield
Societas Criticus, revue de critique sociale et politique, Vol. 11 no 4, Éditos : www.societascriticus.com
samedi, 15 août 2009
Hier soir J’ai écouté le « Le roi Arthur » (King Arthur, É.-U. – Irl., 2004) aux « Grands films » de Radio-Canada et je n’ai pu m’empêcher de remarquer que de la barbarie nait la démocratie par le désir de la dépasser! C’est comme pour l’agriculture : les plus beaux fruits viennent du fumier que l’on a bien brassé! Alors, tout n’est pas perdu : des scandales politiques et financiers actuels viendront peut être un désir de changement et une reprise en main pour se faire une nouvelle démocratie politique et économique. I hope so! Une leçon du cinéma.
Résumé du film sur le site de radio-Can :
Drame d’aventure réalisé par Antoine Fuqua. Avec Clive Owen, Ioan Gruffudd et Keira Knightley. Lorsque l’Empire romain se retire de la Bretagne, les barbares germaniques se préparent à envahir le sud du pays. Arthur et ses chevaliers de la Table ronde décident alors de ne pas quitter l’île et de livrer bataille à l’armée ennemie.
La religion, c’est une croyance!
Michel Handfield
Societas Criticus, revue de critique sociale et politique, Vol. 11 no 4, Éditos : www.societascriticus.com
samedi, 15 août 2009
J’ai écrit à plusieurs reprises sur ce sujet. La dernière fois ce fut au mois de juin, à l’occasion des événements en Iran. Alors, je le répète encore une fois: la religion, c’est une croyance, comme l’horoscope, mais surtout pas un droit, ni une obligation. La seule obligation est celle que vous croyez avoir, mais, et on doit insister là-dessus en démocratie, les autres ne sont pas obligés d’y croire et encore moins de s’y soumettre! La liberté de croyance s’arrête où celle des autres commence. Cela est vrai pour tous les citoyens, incluant les proches et dépendants, comme les enfants.
Là, est tout le problème du multiculturalisme cependant, car on assimile souvent la culture et les croyances à des droits en son nom; parfois même à des obligations qui s’imposent aux individus, ce même si ces croyances ne sont que des mythologies ou des coutumes tribales, parfois inacceptables selon les connaissances scientifiques modernes et les valeurs d’égalité et d’éducation propres aux régimes démocratiques. Si la liberté nous permet d’agir selon d’autres valeurs que celles socialement acceptées par la société, on doit aussi être éduqué aux valeurs et aux règles de cette société pour savoir ce qui n’est pas à franchir sous peine de sanctions, notre liberté s’arrêtant où elle menace celle des autres, incluant celle de nos dépendants. Par exemple, retirer les enfants de l’école pour des motifs religieux pourrait être fortement encadré, voir interdit, car cela pourrait menacer l’avenir de ces enfants dans la société. Ce serait là une limite raisonnable à la liberté de croyance et, surtout, à son imposition par les parents n’en déplaise à quelques-uns. Cependant, les limites doivent être claires. Mais, dans notre société dite multiculturelle, où se situent ces limites? C’est la grande question, puisque la culture de l’individu est jugée acceptable par le principe même du multiculturalisme. Les limites sont donc susceptibles d’être testées au cas par cas devant les tribunaux. Ce ne sera malheureusement qu’après coup que l’on jugera de la légalité des actes posés.
Si la loi sur le multiculturalisme vise à « aider les Canadiens à conserver, à valoriser et à partager leur culture, leur langue et leur identité ethnoculturelle » (1), cette utopie n’en pose cependant pas les limites. Voilà un problème de taille pour une société dite de droits et où les obligations ne sont pas clairement édictées, mais jugées implicitement selon la charte des droits et libertés du Canada (2); donc interprétables au cas par cas par la cour suprême du Canada (3). Dans une telle société multiculturelle on peut se demander si un Chinois peut être aussi chinois à Montréal qu’à Hong-Kong ou à Pékin et s’il pourrait agir ici comme en Chine? Oui, diront certains. (4) La même chose sera vraie pour toutes les communautés ethnoculturelles et religieuses, même les sectes. (5) Politiquement, il sera difficile de préjuger les choses. Ce sera à la justice et, finalement, à la cour suprême de trancher et de poser les limites, pas au Politique qui devrait pourtant être l’arène privilégié de ces débats. On aura dépolitisé ces questions pour les judiciariser. La loi, si je peux dire, se fera par essais et erreurs! (6)
La question des limites reste donc totalement ouverte tant qu’il n’y a pas de cause devant les tribunaux pour que la cour commence à les baliser. Parfois, il faudra plus d’une cause pour commencer à baliser le terrain du droit, des libertés et du multiculturalisme. Malheureusement, certains pourront commettre des gestes graves, parfois irréparables, pendant ce temps (7), ce au nom de leur culture. Comme les jugements ramèneront rarement les choses en leur état premier, surtout dans les cas d’infanticide, de viols ou de meurtre au nom de l’honneur, c’est donc le multiculturalisme qui est ici en cause face aux droits et libertés de la personne, dont le droit à l’égalité homme/femme qui est maintenant une de nos valeurs fondamentales, puisqu’il crée l’illusion que les croyances et la culture originelle sont un droit, ce qu’elles ne sont pas et ne devraient jamais être. On se doit donc de choisir entre multiculturalisme et droits. Je l’avais écrit il y a plus de dix ans suite à une cause de viol (8). Je le maintien ici suite à cette possibilité d’un crime d’honneur pour expliquer la mort de quatre montréalaises d’origine afghane. Ma conclusion est toujours d’actualité :
« On voit là que le recours aux cultures, le multiculturalisme si cher à Trudeau, va à l'encontre de l'égalité entre les individus. On se doit de choisir si nous sommes une société égalitaire ou multiculturelle. On ne peut être les deux à la fois comme l'a montré Alain Finkielkraut dans La défaite de la pensée (Gallimard, 1987). Un livre à lire pour nos Honorables juges, politiciens et Citoyens pour dépasser cette illusion du multiculturalisme et de l'égalité. » (9)
En fait, nous devrons un jour choisir si nous sommes dans une société d’égalité et de droit ou multiculturelle! C’est ce que je disais et ce que je maintiens sans broncher, car le multiculturalisme est une utopie à l’aune d’une société de droits individuels, où l’individu se fait par de multiples influences et choix personnels. (10) Autant ses premières cultures d’appartenances peuvent l’influencer (11), autant il peut aussi les rejeter et apprendre d’ailleurs, que ce soit de l’école, des amis ou de l’internet, car nous avons la chance d’être dans une société encore ouverte, mais il faudrait qu’elle le demeure. Pour cela on devrait revoir cette notion de multiculturalisme et au moins la réduire et la baliser si, politiquement, on ne peut plus l’éliminer. Mais, en échange de cette concession aux canadiens qui tiennent à cette notion de multiculturalisme, on se doit d’ouvrir la constitution pour y ajouter les responsabilités aux droits car elles ne doivent pas qu’être implicites, mais bien enchâssés dans une charte des droits et responsabilités de la personne. Par la même occasion on devrait enlever Dieu de notre proclamation constitutionnelle et tout simplement dire que le Canada est fondé sur la primauté du droit, car on ne peut en appeler à Dieu pour justifier des gestes inadmissibles dans une société laïque, moderne et ouverte. (12)
Notes :
1. http://www.parl.gc.ca/information/library/prbpubs/936-f.htm
2. http://lois.justice.gc.ca/fr/charte/index.html
4. Je me rappelle avoir déjà lu que lorsque Pierre Elliot Trudeau avait parlé du multiculturalisme canadien en 1971 il avait dit quelque chose du genre « un chinois pourrait être aussi chinois au Canada qu’en Chine… », mais je n’ai pu retrouver la citation après quelques heures de recherches et de lecture de documents. L’internet a aussi ses limites. Mais, si je n’ai pas trouvé cette citation, j’ai au moins pu confirmer que c’était là l’esprit de cette loi. Ainsi, Gabriel Gagnon dit, dans son « Plaidoyer pour la convergence culturelle », qu’« il n'est pas question que le Québec devienne un réseau de ghettos culturels où les francophones de souche et d'adoption ne seraient plus qu'une minorité un peu plus importante que les autres, où on pourrait être aussi Italien qu'à Naples ou aussi Chinois qu’à Hong-Kong », ce qu’est l’esprit du multiculturalisme trudeauien! (L’article de Gabriel Gagnon fut publié dans la revue Possibles, vol. 12, no 3, été 1988 (pp. 37-44).Il est disponible sur http://classiques.uqac.ca/contemporains/gagnon_gabriel/plaidoyer_convergence_culture/plaidoyer_convergence_culture.html)
5. D’ailleurs certaines sectes acceptées ici sont illégales ou en voie de le devenir ailleurs en occident, notamment en Europe où certains groupes sectaires sont sous surveillance.
6. « Trial and error » dissent les Anglo-Saxons.
7. Comme ce « crime d’honneur » qui a fait la manchette pendant quelques jours dans nos médias au mois de juillet « pour expliquer le meurtre des quatre femmes de la famille Shafia. » (JUDITH LACHAPELLE, Le crime d’honneur, La presse, 24 juillet 2009, Cahier A)
8. En 1998, l'Honorable juge Monique Dubreuil a laissé sortir deux violeurs avec une peine à purger «dans la collectivité» vu le «contexte culturel particulier à l'égard des relations avec les femmes» chez les haïtiens. Déjà, à cette époque, je trouvais que le recours aux cultures, le multiculturalisme si cher à Trudeau, allait à l'encontre de l'égalité entre les individus. Cela soulevait donc une question fondamentale chez moi, soit : le multiculturalisme va-t-il à l'encontre de l'égalité? (Handfield, Michel, M.Sc. sociologie, Le multiculturalisme à l'encontre de l'égalité?, La Presse, 28 janvier 1998, p. B 2)
9. Dans Le multiculturalisme à l'encontre de l'égalité? (Op. Cit.)
10. John Ralston Saul est d’ailleurs fort éclairant sur le sujet:
« But the social reality of our diversity— the reality we all live— has never had much to do with the formal politics of multiculturalism. I would say that both the Utopia and the bogeyman of multiculturalism are false. And the pattern of the last hundred and fifty years is relatively clear: the immigrants who come here and stay do so because in the long run they want to become something called Canadian. If you look back over that long experience, you find it has normally taken about two and a half generations for families to find their place in the larger community. If you consider the destabilizing drama of emigration and immigration, this is quite fast. » (Saul, John Ralston, 1998, Reflection of a siamese twin, Canada at the end of the twentieth century, Canada: Penguin book, p. 439)
11. On peut penser ici à la famille, l’entourage et la religion par exemple.
12. En effet, notre constitution s’ouvre sur ces mots :
« Attendu que le Canada est fondé sur des principes qui reconnaissent la suprématie de Dieu et la primauté du droit » (http://lois.justice.gc.ca/fr/charte/1.html)
Si ce ne sont que des paroles pour plaire aux groupes religieux, car on ne peut amener Dieu en cour, ni prouver son existence ou sa non-existence, on devrait réécrire ce passage de notre constitution en appui à ceux qui luttent contre des dictatures religieuses ou basées sur des croyances pour en éliminer Dieu. J’invite donc nos politiciens à changer cette formulation pour celle-ci, plus rationnelle et juridiquement fondée sur la séparation de l’Église et de l’État dont on se réclame pourtant : « Attendu que le Canada est fondé sur la primauté du droit »… (Passage repris de mon éditorial du 25 juin 2009 : L’Iran : appuyons le mouvement de changement!)
L’Iran : appuyons le mouvement de changement!
Michel Handfield
Societas Criticus, revue de critique sociale et politique, Vol. 11 no 4, Éditos : www.societascriticus.com
25 juin 2009
Depuis l’élection proclamée de Mahmoud Ahmadinejad (1), l’actualité iranienne est à suivre, car une majorité semble s’être éveillée aux problèmes d’une dictature religieuse qui va contre la volonté populaire, mais aussi contre le scrutin exprimé. C’est une première conscientisation. On ne peut cependant pas en tirer de conclusions hâtives. Il est en effet trop tôt pour dire quel en sera l’impact sur le fondamentalisme musulman iranien. (2) Les fondamentalistes profitent d’ailleurs de la situation pour accuser les pays occidentaux de fomenter le trouble, principalement la Grande-Bretagne et les États-Unis! (3) Alors, ce fondamentalisme disparaîtra-t-il ou se mutera-t-il dans une dictature encore plus fermée? On ne peut vraiment pas le dire pour l’instant. Tout est possible, allant d’une ouverture vers l’extérieur, en particulier vers l’occident, jusqu’à l’imposition d’une chape de plomb plus épaisse encore, réfrénant ainsi les possibilités de changement pour un temps et refroidissant encore davantage les relations déjà glaciales de l’Iran avec le monde occidental. On espère cependant que cela ira vers plus de liberté, mais…
On est encore loin de la séparation de l’Église et de l’État; encore plus loin du constat que la religion est une idéologie et une croyance; à des années lumières de comprendre que même si on est croyant, aussi fort que l’on veut, cela ne fera jamais de notre croyance une vérité absolue. Croire, c’est croire, ce qui n’empêche pas la spiritualité au plan personnel, mais ce ne sera toujours qu’une croyance; jamais un fait scientifiquement prouvable, ni une vérité absolue.
Même ici, on n’en est pas là, la constitution canadienne promulguant la suprématie de Dieu. Mais, duquel, car on nous a dit bien des choses en son nom dans toutes les religions, mais lui n’a jamais rien signé de sa propre main. En droit, pourtant, ce sont les traités, les contrats et les faits prouvables qui comptent; pas les croyances et les on-dit! Sinon, surtout si Dieu passe avant la primauté du droit comme le veut notre constitution, comment condamner quelqu’un pour avoir commis un acte criminel que Dieu aurait lui-même commandé? Et, pourrions-nous accuser Dieu de complicité? Poser la question, c’est montrer la limite de cette promulgation constitutionnelle! En conséquence, si ces mots, « Attendu que le Canada est fondé sur des principes qui reconnaissent la suprématie de Dieu et la primauté du droit » (http://lois.justice.gc.ca/fr/charte/1.html), ne sont que des paroles pour plaire aux groupes religieux, car on ne peut amener Dieu en cour, ni prouver son existence ou sa non-existence (4), quoi qu’en pensent et en disent certains (5), on devrait réécrire ce passage de notre constitution en appui à ceux qui luttent contre des dictatures religieuses ou basées sur des croyances pour en éliminer Dieu. J’invite donc nos politiciens à changer cette formulation pour celle-ci, plus rationnelle et juridiquement fondée sur la séparation de l’Église et de l’État dont on se réclame pourtant : « Attendu que le Canada est fondé sur la primauté du droit »… Ce serait une façon d’appuyer le peuple iranien et les autres peuples qui commencent à remettre en cause le religieux dans la sphère publique et politique de leur pays. Osons le faire à l’unanimité du parlement fédéral et des législatures provinciales! C’est tout ce que j’avais à dire sur cette crise. Pour l’instant du moins.
Notes :
1. http://fr.wikipedia.org/wiki/Élection_présidentielle_iranienne_de_2009
2. Si je parle ici de « fondamentalisme musulman iranien », il y a d’autres formes de fondamentalisme aussi, musulman et non musulman. Toutes les religions ont leurs fondamentalistes d’ailleurs, juifs et chrétiens inclus. Ce n’est pas propre aux grandes religions non plus, car même de petites sectes peuvent être fondamentalistes ou le devenir, parfois même davantage que de grandes religions, car beaucoup plus fermées sur elle-même! Il y a aussi des fondamentalismes politiques. Pensons au régime nord-coréen par exemple. Des fondamentalismes, il y en a autant qu’il y a d’idéologies! C’est dire qu’il peut y en avoir beaucoup. Parfois, deux ou plusieurs fondamentalismes peuvent s’unir pour en former un nouveau, comme religion et politique se sont unies dans le sionisme. Mais, ce ne sont pas tous les juifs qui sont sionistes faut-il le rappeler! (Rabkin, Yakov M., 2004, L’opposition juive au sionisme, Québec : Les presses de l’université Laval)
3. Radio-Canada.ca/Nouvelles/International, « Crise en Iran :
Téhéran sermonne l'Occident », mercredi 24 juin 2009 :
www.radio-canada.ca/nouvelles/International/2009/06/24/002-iran-durcit-ton-occident.shtml
4. Même si j’ai mes croyances, je suis pleinement conscient que ce sont des croyances. De toute façon, en matière de Dieu, de religion et de spiritualité tout est croyance : on croit en l’existence ou la non-existence de Dieu ou d’une force quelconque, car on n’a pas de preuves ni dans un sens ni dans l’autre. Que des questions philosophiques, théologiques et existentielles? On peut alors se demander qui a créé l’univers, si ce n’est Dieu? Mais, on peut aussi se demander qui a créé Dieu? Et pourquoi Dieu, l’univers ou l’Homme ne se seraient-ils pas créés seuls? Autocréation ou évolution à partir d’une poussière céleste qui serait Dieu? Mais, d’où venait cette poussière?
S’il faut absolument qu’une chose soit créée pour exister, ce que disent certains, alors, qui a créé Dieu et qui a créé celui qui a créé Dieu? D’où venait cette particule divine ou cette poussière céleste d’où tout est parti? Énigmes sans fond! Pourquoi Dieu n’aurait-il pas créé les Hommes à son image et les Hommes n’auraient-ils pas créé un Dieu, ou des dieux, par besoin ou pour atteindre leurs fins? De là à créer son propre Dieu, il n’y a qu’un pas qui fut franchi plus d’une fois déjà, que ce soit individuellement ou collectivement, pour des raisons spirituelles, de bien-être, de cohésion sociale ou de politique! Toutes les raisons sont bonnes d’avoir un Dieu à son image. Bref, Dieu, la foi, les religions et la spiritualité sont de l’ordre des croyances et non de la science, n’en déplaise aux fondamentalistes de toutes religions, tendances ou croyances. Dieu, une belle énigme qui n’a pas fini de faire parler! Certains ont même écrit qu’il était mort, façon de résoudre cette énigme de la création par un Dieu qui ne serait plus! C’est le cas de Nietzsche dans « Ainsi parlait Zarathoustra » (1998 [1883-5], France: Maxi-poche classiques étrangers).
5. Je pense ici à quelques philosophes, théologiens et exégètes de toutes tendances et confessions religieuses qui soient, même sectaires!
Quelques hyperliens à suivre vers les événements iraniens, avec la coopération de Luc Chaput :
Élection iranienne sur Google actualités:
www.google.com/news?pz=1&ned=fr&hl=fr&q=élection+iranienne
Iran sur Radio-Canada :
www.radio-canada.ca/nouvelles/International/2009/02/10/004-iran-accueil-intro.shtml
The independant :
www.independent.co.uk/news/world/middle-east/
Robert Fisk :
www.independent.co.uk/opinion/commentators/fisk/
Moyen-Orient sur le Courrier international :
www.courrierinternational.com/categorie/moyen-orient
Aljazeera.net (english):
Tehran times:
Et sur Twitter :
http://twitter.com/persiankiwi
http://twitter.com/mousavi1388
(Source: www.radio-canada.ca/nouvelles/surLeWeb/2009/06/16/)
La fausse nation : en voilà la preuve!
Michel Handfield
Societas Criticus, revue de critique sociale et politique, Vol. 11 no 4, Éditos : www.societascriticus.com
19 juin 2009
En juillet 2006, j’écrivais un texte sur la question de la nation québécoise. (1) Pour moi, cette notion de nation, avec laquelle on faisait tant de tapage, ne voulait pas dire grand-chose quoiqu’en disaient le Bloc québécois et le PQ à l’époque. Maintenant, on a la preuve « en pleine face » comme le chantait jadis Harmonium. (2)
Si la nation se définit d’abord par l’occupation d’un territoire, alors les groupes anglophones et d’autres cultures doivent avoir leur place aux fêtes nationales, car ils habitent le territoire. Ils font partie de la place. C’est la nation géographique qui se confond aux frontières du Québec. N’y auraient cependant pas droit des chanteurs francophones d’autres territoires s’ils n’habitent pas ici. Cette nation est territoriale et n’est rien d’autre, finalement, qu’un autre nom pour définir la province. On pourrait avoir la nation ontarienne ou la nation albertaine au même titre que la nation québécoise par exemple! Un bel emballage tout simple, mais on a oublié de regarder ce qu’il y avait à l’intérieur!
En fait, on peut même demeurer québécois, sous emballage canadien, avec cette notion de nation si on en décide ainsi. C’est ce que font les premières nations par exemple, car les nations ethniques, sociologiques, politiques et territoriales peuvent cohabiter et se chevaucher sans être mutuellement exclusives, ni totalement inclusives, dans un même espace géographique comme l’est le Canada! C’est une question de force du groupe. Les plus forts conservent ainsi leurs caractéristiques distinctives alors que les autres sont assimilés avec le temps aux plus forts. Cela n’empêche cependant pas les emprunts, car tout groupe social emprunte et donne à ceux avec qui il interagit. C’est une caractéristique propre aux groupes sociaux et aux Hommes en général.
Si la nation québécoise définit par contre un groupe homogène, ayant des valeurs communes, c’est autre chose. Toutes personnes partageant ces valeurs sont invitées à la fête nationale, car elle n’est plus synonyme de territorialité, mais de groupe social. Ces valeurs peuvent être linguistiques, sociales, religieuses ou politiques par exemple. On peut penser ici au partage de la langue française comme on peut penser à l’appartenance à la communauté hellénique pour la fête de la Grèce! De là, cependant, vient la confusion, car si est québécois toutes personnes habitant le Québec, comment on peut dire que la fête nationale ne concerne que les Québécois francophones? C’est que la fête nationale vient de la St-Jean-Baptiste, fête des Canadiens français. C’était une fête ethnique et religieuse. La St-Jean pouvait ainsi unir tous les canadiens français et leurs descendants, même ceux établis hors du Canada comme les Franco-américains. On pouvait donc les inviter à se joindre à nous dans cette grande fête de la nation canadienne-française. Mais, on ne parlait pas d’une fête du Québec. En parlant d’une fête du Québec, cela doit inclure les Québécois de toutes origines à moins de revenir à la fête des Canadiens français à laquelle seraient conviés tous nos amis québécois… en français d’abord! Mais, s’ils veulent nous en pousser une ou deux dans leurs langues, entre amis ça se fait!
Cependant, comme les nationalistes ne peuvent accepter l’étiquette de Canadiens, ils ne peuvent pas davantage accepter celle de l’ethnie canadienne-française. Ils doivent donc se contorsionner pour faire une fête des Québécois qui concerne d’abord les Canadiens français tout en se montrant inclusive sans laisser de place à l’anglais, même s’il est du Québec! Ça en devient parfois gênant. Quant aux autres ethnies, on les accepte les bras grands ouverts, car on en a besoin pour gagner un éventuel référendum sur la souveraineté! Puis, on aime bien la musique du monde. Pourtant, ça doit bien inclure de la musique anglophone si je me fie à ce que les radios diffusent. Il faut même des quotas pour empêcher les radios francophones de trop diffuser de musique anglaise, car on en demande et en redemandons encore plus! Toujours plus! On est donc carrément dans nos paradoxes avec cette fête nationale, ce qui donne une fête qui n’a plus de sens. Alors, fêtons plutôt Montréal! C’est même ma nation, car je me sens bien plus montréalais que québécois, ce depuis plusieurs années.
Avis :
Ceux qui croient que j’ai écrit ce texte parce que je m’appelle Handfield se trompent, car je suis francophone. Francophone au point de me faire dire que je ne suis pas assez « fluent » en anglais pour certains emplois! C’est t’y assez francophone pour vous?
Notes :
1. Quelle notion que la nation?, Societas Criticus Vol 8 no 4, section Dossier/Essai
2. Chanson de l’album « Les cinq saisons » d’Harmonium (1975).
Pas à n’importe quel prix, mais des compromis sont possibles!
Michel Handfield
Societas Criticus, revue de critique sociale et politique, Vol. 11 no 4, Éditos : www.societascriticus.com
19 juin 2009
La réfection de la centrale nucléaire de Gentilly-2 d’Hydro-Québec a fait objet de quelques oppositions (1), mais de peu de débats. Certainement moins que la crise des isotopes dont on entend beaucoup parler! Alors que ceux-ci sont nécessaires en médecine moderne, le Canada « sortira [pourtant] progressivement de l'industrie pour laisser la place aux concurrents étrangers » a dit le premier ministre Harper dernièrement! (2) Ma question est donc :
Pourquoi ne pas profiter des rénovations de Gentilly II pour en faire un lieu de production d’isotopes puisqu’ils sont si nécessaires et si peu produits?
Quant aux profits, ils pourraient être réinvestis dans notre système de santé! Ce n’est cependant qu’une suggestion, car n’étant pas un spécialiste de la question, il y a peut-être des facteurs techniques, de coûts ou de sécurité qui rendraient cette aventure hasardeuse et que je ne connais pas. J’en conviens, mais avant toute chose, il faudrait examiner cette possibilité vu la crise des isotopes médicaux dans laquelle on est actuellement plongé.
C’est ma suggestion, car je crois qu’il y a une différence entre faire de l’énergie nucléaire, énergie qu’on peut aussi obtenir autrement (3), et faire des isotopes médicaux en plus de l’énergie produite par le nucléaire. C’est là une nuance importante que les environnementalistes devraient considérer. Je crois que s’ils ne le comprennent pas, une vaste majorité de la population ne serait pas contre le fait qu’on regarde attentivement cette avenue. La balle est donc relancée! A Hydro-Québec et au gouvernement de la saisir au bond.
Notes:
1. Michel Duguay, Michel Fugère, et Pierre Lambert, Pourquoi la centrale nucléaire Gentilly-2 devrait être fermée, Alternatives, mercredi 26 novembre 2008: www.alternatives.ca/article4164.html
2. Hélène Buzzetti, Finis, les isotopes made in Canada, Le Devoir, Édition du jeudi 11 juin 2009 : www.ledevoir.com/2009/06/11/254490.html
3. On peut toujours faire de l’énergie autrement ou réduire notre consommation, puisque Gentilly 2 ne « représente [que] 3 % du parc de production d’Hydro-Québec », ce qui est peu. (www.hydroquebec.com/gentilly-2/index.html)
Autres Hyperliens :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Centrale_nucl%C3%A9aire_de_Gentilly
www.urgencenucleaire.qc.ca/centrale.php
Vol 11 no 3
Est ce que la croyance est un droit?
Michel Handfield (8 juin 2009)
Societas Criticus, revue de critique sociale et politique, Vol. 11 no 3, Éditos : www.societascriticus.com
Depuis plusieurs mois on débat de la religion à l’école comme étant un droit. On croyait pourtant la question réglée avec la déconfessionnalisation des commissions scolaires, en 1997, qui devinrent linguistiques. Cependant, la loi laissait les écoles confessionnelles. (1) Ce ne sera qu’en 2005 que Québec annoncera « qu'il n'y aura plus d'enseignement religieux confessionnel à compter de l'automne 2008. » (2) Un nouveau « programme d'éthique et de culture religieuse » (3) prendra la place des anciens cours de religion et de morale, mais obligatoire pour tous! (4) Les enfants seront exposés à un topo généralisé des religions peu importe la foi de leurs parents. Là, des parents diront leurs droits brimés, l’éducation de la foi étant leur responsabilité. Mais, l’éducation générale n’est-elle pas celle de l’école?
Attention, pour comprendre, il y a au moins un a priori : la croyance religieuse, ce n’est pas un droit, mais une liberté! L’article 2 de la Charte canadienne des droits et libertés (5) et est très clair sur le sujet :
« Chacun a les libertés fondamentales suivantes :
a) liberté de conscience et de religion;
b) liberté de pensée, de croyance, d'opinion et d'expression, y compris la liberté de la presse et des autres moyens de communication;
c) liberté de réunion pacifique;
d) liberté d'association. »
Quant à l’article 3 de la Charte des droits et libertés de la personne du Québec (6), il va comme suit et est tout aussi limpide :
« Toute personne est titulaire des libertés fondamentales telles la liberté de conscience, la liberté de religion, la liberté d'opinion, la liberté d'expression, la liberté de réunion pacifique et la liberté d'association. »
La religion est donc une liberté. Alors, comment juger de la place de l’enseignement religieux à l’école? Comme pour les autres libertés et croyances tout simplement. Comparons!
Comme c’est de l’école dont on parle ici, prenons une comparaison scolaire. Si on veut savoir comment conjuguer un verbe en « er », comme aimer par exemple, on peut prendre un verbe en « ir », comme finir, pour en vérifier la conjugaison. Ainsi « j’ai aimer » sera « j’ai aimé » puisqu’on ne dit pas « j’ai finir », mais « j’ai fini ». Alors, sur l’obligation de l’enseignement religieux que certains revendiquent, vérifions avec l’enseignement d’une autre croyance : l’horoscope! Enseigne-t-on l’horoscope à l’école par exemple? Peut-on s’absenter d’un examen parce que l’horoscope du journal nous dit un matin que « le capricorne est mieux de ne pas donner de réponses aujourd’hui »? Non! Pourtant, l’horoscope est une croyance au même titre que la religion. Des leaders du monde d’aujourd’hui consultent leur astrologue comme d’autres le curé. (7) Alors, l’une comme l’autre s’équivalent. Mais, l’une comme l’autre ne devraient pas avoir un accès privilégié à l’école puisque ce sont des croyances, pas de la science!
On ne devrait pas pouvoir empêcher un enfant d’apprendre la science ou l’histoire parce que les parents croient que la science est une invention romanesque; que Darwin est un « cave »; que la terre est plate; ou que l’histoire va contre leurs croyances que la terre n’a que 10.000 ans! (8) On ne devrait pas non plus poursuivre ce jeu religieux en enseignant la religion ou l’éthique et la culture religieuse à l’école. Du moins, pas sous la forme d’un cours consacré à cette seule matière. Ainsi, on ne heurte plus les croyances, car on les met à leur place hors de l’école, et on instruit les enfants.
Par contre, il n’est pas dit que les enfants, vivant dans un monde de plus ouvert, ne doivent pas savoir de quoi il s’agit en matière de croyances religieuses, que ce soit celles de leurs parents ou des autres, car ces croyances ont un impact social et politique important même dans un monde dit déconfessionnalisé. On le voit par les débats qui traversent nos sociétés modernes que ce soit ici ou ailleurs. Il suffit de regarder les nouvelles pour le comprendre. Comme on parle ici de croyances qui ont influencé l’histoire et qui influencent encore la politique dans certaines régions du monde, on devrait intégrer cela aux cours d’histoire et de géographie, où cela aurait davantage sa place, car cela enlèverait la charge religieuse et émotive qui demeure autour de ce terme de religion dans un système qui se dit – et se veut – laïque et ouvert. (9) Quant à la partie éthique et citoyenne on devrait faire un nouveau programme sur ce sujet : Vie sociale ou Société 101 par exemple!
En conclusion, on ne peut brimer le droit à l’éducation de l’enfant pour les croyances des parents, même si « Les parents ou les personnes qui en tiennent lieu ont le droit d'assurer l'éducation religieuse et morale de leurs enfants conformément à leurs convictions, dans le respect des droits de leurs enfants et de l'intérêt de ceux-ci. » (10) Mais, il ne faudrait pas oublier les derniers mots de cet article : « l'intérêt de ceux-ci », ce qui ne va pas nécessairement avec les croyances des parents. Ils doivent donc avoir une éducation plus large et neutre à l’école qu’à la maison dans leur propre intérêt. Aux parents de leur enseigner des balivernes s’ils le veulent, mais ils ne doivent pas imposer à l’école de les enseigner à leur place ni les retirer du cursus éducatif au nom de ces croyances, car ce ne sont que des croyances! Au moins, s’ils ont une bonne éducation à l’école, ils pourront toujours choisir en connaissance de cause plus tard. L’école doit former des citoyens, pas des crédules! Moi aussi j’ai des croyances, mais j’ai aussi des doutes, car je suis conscient que ce ne sont que des croyances. C’est ce qui fait que je mettrais cet avis sur toutes les églises : « Attention, le danger croit avec l’usage! » Comme pour la cigarette, car parfois la religion peut devenir aussi nocive. C’est là qu’on voit la nécessaire séparation de l’État et de l’église quelle qu’elle soit! Et cela commence en éliminant l’enseignement religieux de l’école sans compromis, ce qui inclut de mettre fin aux écoles confessionnelles même privées.
Notes :
1. Claude Gauvreau, Éthique et culture religieuse à l'école (au sujet du livre de Georges Leroux, « Éthique, culture religieuse, dialogue », paru chez Fides), in Journal L'UQAM, vol. XXXIV, no 8 (7 janvier 2008) :
www.uqam.ca/entrevues/2008/e2008-003.htm
2. Ibid.
3. Ibid. Pour connaître ce programme :
www.mels.gouv.qc.ca/sections/ecr/pdf/EthiqueCultRel_Primaire.pdf.
4. Il y a encore des exceptions religieuses nous apprenait Le Devoir cette semaine. Voir Clairandrée Cauchy, Écoles juives orthodoxes - Une solution dans les zones grises, Le Devoir, Édition du samedi 06 et du dimanche 07 juin 2009 : www.ledevoir.com/2009/06/06/253651.html
Puis, il y a ceux qui utilisent la voie légale pour briser cette obligation :
« Après des parents de Granby qui revendiquent auprès des commissions scolaires la possibilité d'exempter leurs enfants du nouveau cours d'éthique et culture religieuse (ECR), voilà maintenant qu'un collège catholique anglophone réclame la possibilité de le remplacer par un programme local, qui n'abandonnerait pas la perspective catholique. »
Et ces deux cas se retrouvent en cour, façon de tester la validité de la loi! Voir Clairandrée Cauchy, La cause du Loyola High School en cour - Les jésuites contestent à leur tour le nouveau cours d'éthique, Le Devoir, Édition du lundi 08 juin 2009 : www.ledevoir.com/2009/06/08/253885.html
5. http://lois.justice.gc.ca/fr/Charte/index.html
6. Charte des droits et libertés de la personne :
http://www2.publicationsduquebec.gouv.qc.ca/dynamicSearch/telecharge.php?type=2&file=/C_12/C12.HTM
7. « Politiques, artistes, financiers, stars des médias, patrons... personne ne résiste à ces gourous des temps modernes. A tort ou à raison? » Voilà la présentation de cet article étonnant de Marie Huret : « L'étonnante influence des astrologues » publié le 07/12/2000 dans l’express et que nous retrouvons encore sur le site de cette revue :
www.lexpress.fr/informations/l-etonnante-influence-des-astrologues_640693.html
8. Je suis convaincu, même, que certains parents auraient dû avoir une meilleure éducation scientifique plutôt que religieuse. Les choses n’en seraient que mieux!
9. La même chose est vraie de l’horoscope. Si un personnage historique ou un homme politique avait un astrologue, c’est le cours d’histoire que cela regarde. Si c’est un personnage contemporain qui est reconnu pour avoir recours à ce genre de conseiller, c’est alors le cours de géographie que cela concerne si on y parle de lui. Mais, on n’en fera pas pour autant un cours sur l’astrologie pas plus qu’on devrait en faire un cours sur la religion.
10. On ne retrouve pas cet article dans la charte canadienne, car l’éducation est de compétence provinciale. C’est donc la charte québécoise (voir note 5 pour la référence) qui devrait avoir préséance ici, surtout que les deux chartes reconnaissent que la religion est une liberté de croyance, pas un droit.
Hyperliens :
Historique de la déconfessionnalisation des écoles québécoises (Source : Soleil - 18 mars 2006, page D-2) repris avec la permission du journal sur
www.paroissendf.ca/Doc/060318_Sol-Deconfession.pdf
Michel Handfield, éditeur de Societas Criticus
Societas Criticus, revue de critique sociale et politique, Vol. 11 no 3, Éditos : www.societascriticus.com
13 avril 2009
Cette
nuit, vers 1 heure du matin, nous a quitté une collaboratrice
ailée qui se tenait souvent sur mon épaule, me mordant
l’oreille lorsqu’elle me trouvait dissipé devant
mon ordinateur. 15 ans qu’elle m’accompagnait, étant
là quand je cogitais l’idée de faire Societas
Criticus. Informée, elle comptait parmi les auditrices de
Radio-Canada, écoutait le téléjournal, des
émissions de sciences et des DVD choisit par l’éditeur.
Elle n’aurait pas coupé les budgets de la Société
Radio-Canada ni à l’exportation de la culture. Bref,
elle aurait dû se mériter le droit de vote, car elle
était plus informée que certaines gens qui croient
davantage aux histoires religieuses et à l’horoscope
qu’à la science. (1) Ce n’est pas peu dire. Cela
montre tout le chemin à parcourir pour sortir d’un
certain obscurantisme qui existe encore, surtout quand un oiseau est
plus informé qu’un ministre conservateur, soit le
ministre d’État aux Sciences et à la Technologie
du Canada, Gary Goodyear, « qui
refuse depuis quelques jours d'admettre clairement que la théorie
de Darwin sur l'évolution est la théorie qui explique
les formes de vie sur terre, laissant l'impression qu'il est plutôt
créationniste. »
(2)
Qu’ajouter à cela, sauf salut Bozo. Tu me manqueras dans ce monde où l’obscurantisme religieux et conservateur passe comme un gros nuage au dessus de nos têtes. Toi, tu étais un oiseau brillant. Je ne peux en dire autant de certaines gens qui nous gouvernent. Si vous êtes un ou une idéologue de Dieu ou politique, qui connaissez la bible sur le bout de vos doigts, mais ne connaissez ni Marx, ni Diogène, passez votre chemin et ne sonnez pas à ma porte pour me conter vos histoires, car vous écouter serait faire injure à la mémoire de cet oiseau qui avait plus de savoirs que vous.
Notes :
1. Moi aussi j’ai des croyances, mais je suis conscient que ce sont des croyances. Alors, j’ai toujours une certaine dose de doute et de scepticisme qui m’accompagne. Parfois, je me demande si certains prophètes respectés de ma propre tradition religieuse (catholique) ne seraient pas sous médication aujourd’hui, car ils attendaient la voix de Dieu ou de ses anges aux endroits les plus insolites et improbables, n’en déplaise aux fondamentalistes, même chrétiens. J’ai donc des doutes, je suis de gauche, mais j’ai une certaine foi et je ne l’abdique pas, car je ne peux me résoudre à laisser la foi aux seuls fondamentalistes et idéologues de droite, trop sûrs d’eux et dangereux pour cette seule raison. Si on a crucifié Jésus, c’est peut être qu’il était révolutionnaire. Ne disait-il pas « aimez-vous les uns les autres » comme Marx dira plus tard « unissez-vous! »
2. Lina Dib de La Presse Canadienne, Ottawa, Des communicateurs scientifiques réclament la démission du ministre Goodyear, in cyberpresse.ca, 19 mars 2009 :
Sur le même sujet, voici une autre citation, du Devoir celle-là :
« Le ministre d'État aux Sciences et à la Technologie, Gary Goodyear, ne devait pas s'attendre à ce qu'une entrevue au Globe and Mail le plonge dans pareil embarras. Cependant, en refusant de dire ce qu'il pensait de la théorie de l'évolution parce qu'il considérait ne pas avoir à répondre de ses croyances religieuses, ce fervent évangéliste et créationniste s'est retrouvé au cœur d'une polémique. Une vraie tuile pour le gouvernement, qui tente de démontrer que son budget ne néglige pas le soutien à la recherche. » (Manon Cornellier, Revue de presse - Cocktail explosif, Le Devoir, Édition du samedi 21 et du dimanche 22 mars 2009 : www.ledevoir.com/2009/03/21/240902.html)
1. « De la critique… naît la fleur du changement » fut notre «slogan » du vol. 2 no. 2 (Mars 2000) au vol. 2 no. 4 (Hiver 2000-1)… et fut remplacé dès le Vol. 3 no. 1 par « On n’est pas vache… on est critique! » qui était le « slogan » du site Internet, car à l’époque la revue n’était pas en ligne, mais envoyé par courriel. Nous avons récupéré ce slogan pour notre page éditoriale au Volume 5 de la revue. Un clin d’œil à nos débuts.
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